Speaker #0Vous, tout comme moi, êtes, j'en suis absolument sûre, généreux, bienveillants, altruistes, joyeux, etc. On aime bien se définir comme cela. Mais si, à la place, nous nous présentions plutôt comme râleurs, colériques, radins, pourquoi pas ? Quel intérêt cela pourrait bien avoir sur notre bien-être, et bien sûr, sur notre quête de sens ? C'est ce que nous allons voir aujourd'hui. Allez, je vous emmène avec moi. Vous écoutez Où est le sens ? Ici, une flamme s'allume. Celle qui éclaire le chemin, celle qui réchauffe, celle qui guide. Je suis Stéphanie Morand, conférencière et formatrice. Dans ce podcast, on explore ce qui donne direction, profondeur et vitalité à nos vies. Écoutez ce qui se réveille en vous et avançons ensemble vers ce qui fait sens. Ce que je viens d'évoquer en introduction, c'est un thème dont on parle de plus en plus de nos jours, c'est ce qu'on appelle les ombres. Les ombres, ce sont ces parts de nous que nous refusons de voir et de montrer, car elles créent finalement un peu de honte et de rejet de soi. Tout simplement parce que nous avons appris depuis toujours que les défauts doivent être éradiqués. Ainsi, par exemple, la jalousie, l'égoïsme, la colère, Le besoin de reconnaissance, la vulnérabilité sont souvent considérés comme des parts indésirables de nous, au lieu simplement d'être considérés comme des traits absolument humains. Nous voulons donc les faire disparaître à tout prix au lieu de les célébrer. Oui, je dis bien célébrer, car elles ont en réalité des ombres beaucoup à nous dire. Ainsi, selon Jung, qui était un psychiatre suisse décédé en 1961, l'ombre est une partie refoulée de nous que notre partie consciente juge et rejette, car elle l'aperçoit tout simplement comme honteuse ou encore inadaptée. Mais, toujours selon Jung, cette ombre contient aussi tout un potentiel non exploité, tel que des talents cachés par exemple. Je vais prendre mon exemple et cela pour une raison très précise. Nous avons tendance à voir les experts pour ce qu'ils ne sont pas en réalité. Je suis, oui, une spécialiste de la gestion des conflits notamment et je donne beaucoup de formation sur cette thématique-là parce que mon premier métier, c'est la médiation, tant familiale qu'en entreprise. Et donc, en tant que spécialiste de la gestion des conflits, les personnes que je rencontre ont tendance à projeter sur moi Que je suis une personne toujours calme et bien sûr en capacité de gérer en permanence les situations relationnelles difficiles. Et ça, c'est une croyance qui est super dangereuse. Pourquoi ? Car ça nous éloigne de la possibilité de nous identifier, de ne pas avoir honte de nos difficultés et de progresser si on le souhaite. Pour ma part, et je suis sûre que mes proches seront d'accord avec moi, je suis bien sûr pleine d'ombres et de défauts. certains défauts sont bien identifiés, j'en ai bien confiance, et d'autres restent encore à découvrir. Et pour revenir sur le thème de la gestion des conflits, je vous fais une confidence que je fais aussi en formation. On ne devient pas médiateur, médiatrice, donc mon premier métier, si à la base, on n'avait pas de gros problèmes de communication. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'un jour, on découvre une technique, on la tente, on se rend compte que, oh, magie, ça fonctionne ! dans une situation de conflit, et pas à pas, on creuse et ça devient une véritable passion. Et encore une fois, comme je le dis à mes participants, si moi j'y arrive à utiliser certaines techniques de gestion des conflits, tout le monde peut y arriver. Car oui, heureusement, j'y arrive encore de nombreuses fois. Et puis d'autres, en situation relationnelle, eh bien oui, les ombres refont surface, et face à une situation relationnelle difficile, mon côté colérique, rigide... qui a besoin d'être validé aussi, refait surface. Et je vais vous dire la réalité, c'est très bien comme ça. Pourquoi ? Parce que je suis comme tout le monde, je suis juste un être humain en chemin. Donc oui, bien sûr, j'ai des compétences travaillées depuis des années et des années, et très souvent ces compétences sont à l'œuvre dans mes relations, et j'y arrive parfaitement, mais comme je le dis, ce n'est pas toujours le cas. Je crois qu'il faut se méfier d'ailleurs de ceux qui disent être arrivés. Car, et c'est ma vision du monde, nous trouverons tout au long de notre vie de quoi réfléchir sur nous-mêmes. Donc l'ombre, elle est à la fois un peu honteuse, parce que oui, c'est pas facile d'admettre qu'on peut être colérique, rigide ou autre. Et à la fois, comme je le disais, c'est une grande source de créativité et donc de sens. Puisque pour ma part, j'avais des difficultés de communication, c'est devenu une véritable passion qui est devenue un métier, un métier dans lequel je me sens utile, qui aide beaucoup et donc qui a beaucoup de sens. Si j'avais voulu rester uniquement dans ma lumière, c'est-à-dire les qualités validées par la société, pas sûr finalement que j'aurais été autant poussée à cheminer sur le terrain d'abord de la communication et surtout du sens. Donc oui, c'est normal d'avoir un petit peu honte de ces parties que la société rejette, et nous dit que c'est quelque chose d'absolument à combattre presque quelque part. Sauf que cette honte, elle nous empêche de les regarder. et de comprendre surtout ce qu'elles ont à nous apprendre sur nous-mêmes, le monde, nos besoins, etc. J'aime bien une métaphore pour illustrer cette notion-là, c'est la métaphore des deux pièces. Deux pièces, côte à côte, une dans l'ombre et une autre dans la lumière. Donc oui, des pièces, pas une pièce de monnaie, des pièces de maison. Donc une pièce dans l'ombre, une pièce dans la lumière. Si on ouvre une porte entre les deux, nous allons mettre de la lumière dans la seconde pièce. pour autant, ne va pas obscurcir la première. Donc oui, nous pouvons mettre de la lumière, donc accueillir nos ombres, pour autant, on ne va pas forcément tout accepter. Bien évidemment que non. Bien sûr que c'est sain de progresser, si on le souhaite, sur nos ombres. L'objectif d'accueillir, il va être, oui, pourquoi pas travailler dessus, mais surtout de ne pas laisser cette part de nous guider nos vies. Ce qui, malheureusement, est souvent le cas. Quand on la refuse, justement. Alors, ça peut sembler paradoxal. Pourtant, les ondes contiennent une part importante de nous. Nos valeurs, nos besoins, nos blessures, surtout. Ainsi, si on se met en colère pour ce que l'on pense être un manque de respect, si cette notion-là, elle n'est pas conscientisée, c'est-à-dire que pourquoi je me mets en colère, à quoi ça me renvoie, etc., la colère, elle peut clairement devenir fureur. Si elle est au contraire accueillie et acceptée, cette colère, on comprendra qu'elle nous délivre un message qui permettra de mieux le comprendre, de mieux comprendre de quoi on a besoin, notamment au sein d'une relation si on reprend cet exemple, puis de le verbaliser pour cheminer avec la personne. Les ombres ont donc énormément à nous apprendre sur nous-mêmes. Mais comme je l'ai dit, souvent elles sont refoulées, notamment en raison de la honte que nous ressentons. Alors, comment on fait justement pour partir à la rencontre de cette ombre ? Et quel est l'intérêt aussi pour la quête de sens ? Comment ? Eh bien déjà en écoutant les autres. Alors, ça c'est une réalité qui a quand même tendance à piquer, mais très clairement, nous sommes souvent très transparents en réalité pour les autres. Les autres, ils voient souvent bien avant nous, nos crispations, nos blessures, nos failles, nos rigidités. etc. Si la relation est saine, nous pouvons tout à fait accueillir l'information que l'autre nous transmet sur tout ça, en se souvenant que les personnes, elles nous aiment exactement avec ces ombres. Donc finalement, telles que nous sommes. Donc oui, écouter les personnes qui nous sont proches et qui nous aiment peut être, oui ça pique, mais un facteur très pertinent pour aller à la rencontres. de ces ombres. Alors, tiens d'ailleurs, je fais une petite aparté. Pourquoi ombre plutôt que défaut ? Tout simplement parce que le mot défaut, il est connoté. Défaut, c'est encore une fois quelque chose à cacher. Ombre, c'est quelque chose un peu plus dans la lumière. Bon, voilà, je ne sais pas si c'était très très clair dans ma façon de l'expliquer jusque-là, mais voilà, pourquoi ombre plutôt que défaut ? Autre point pour aller justement à la rencontre de ces ombres, c'est l'éphémiroire. Alors, L'effet miroir, souvent, ça déclenche beaucoup de désaccords, notamment quand je l'évoque en formation. Le principe de cette notion-là, c'est que nous critiquons chez l'autre ce que nous ne voulons pas voir en nous. Ça, oui, ça peut piquer un petit peu. Mais pourquoi ? Parce que justement, on a tendance aussi parfois à le présenter de manière un peu simpliste. En gros, s'il est comme ça et que je le rejette, c'est que je suis aussi comme ça. Alors, parfois, oui, c'est vrai. Mais parfois, c'est beaucoup plus nuancé. Je m'explique. Nous sommes tous des êtres humains. Donc nous sommes tous, oui, parfois. Égoïste, agressif, feignant, superficiel, etc. Avec une très longue liste. Ce sont ni plus ni moins que des traits humains. L'effet miroir dit alors, j'ai ça en moi, mais ça me fait peur. Car si je laisse ce trait s'exprimer, ne vais-je pas être aussi tout autant superficiel, etc. Ou ne le suis-je pas déjà ? Voyez, c'est déjà un petit peu plus nuancé que je le suis déjà. C'est plutôt, en effet, c'est une part de moi que je n'ai pas trop envie de voir. Je sais qu'elle existe, mais elle me dérange, donc je préfère la rejeter chez l'autre. Donc, accepter l'effet miroir, ça permet alors d'aller à la rencontre de nos ombres. Mais pour ça, il faut avoir beaucoup d'amour, justement, pour les ombres. Alors, c'est peut-être bizarre, dit comme ça, mais ça recoupe finalement la question de la honte. La honte est un sentiment très douloureux qui incite à ne pas regarder. Or, les ombres sont simplement notre part d'humanité. Les aimer comme telles permet de leur laisser une place, et non plus toute la place, et de se reconnaître aussi dans son entièreté. Et là est finalement le lien avec la quête de sens. La société, elle peut véhiculer l'idée que Une vie pleine de sens n'est que lumière et cohérence. Encore une fois, c'est impossible pour l'humain parfaitement imparfait que nous sommes. Chercher le sens, c'est plutôt composer avec tout ce que nous sommes pour choisir, malgré ou plutôt avec cela, la manière dont nous voulons vivre. Si une personne a envie de s'engager dans l'humanitaire, mais qu'à la fois elle a honte d'une fois où elle a refusé d'aider lors d'un déménagement, En se considérant comme profondément égoïste, cette honte, eh bien oui, l'empêchera peut-être de nourrir son envie de s'engager dans l'associatif et dans l'humanitaire, parce qu'elle se jugera trop sévèrement par rapport à son nombre. Or, bah oui, on peut être les deux à la fois. On peut être profondément engagé dans le soutien, l'aide et à la fois très égoïste. Ça paraît antinomique, mais pourtant cela ne l'est pas du tout. C'est juste profondément humain. Et je crois que c'est justement ce « être profondément humain » qui crée une vie riche de sens. Allez, maintenant, je vous laisse reprendre votre chemin. A bientôt ! Merci beaucoup d'avoir écouté cet épisode de « Où est le sens ? » . J'espère vraiment qu'il vous aura apporté un éclairage sur votre chemin. Pour continuer à avancer ensemble, pensez à me suivre sur votre plateforme d'écoute préférée et on se retrouve très vite dans un prochain épisode.