- Speaker #0
Bonjour à tous, bienvenue dans un nouvel épisode de Pays Amour Story. Aujourd'hui, je ne suis pas seul, je suis accompagné de Chérine et je la laisse se présenter en détail.
- Speaker #1
Bonjour à tous, je m'appelle Chérine, j'ai 30 ans et je suis maman de deux adorables garçons de 8 ans et 4 ans et je travaille sur les réseaux sociaux.
- Speaker #0
Super, pour ceux qui ne me connaissent pas, je m'appelle Rudine Ngomakala, je suis éducateur de rue, 31 ans. Et aujourd'hui, on va parler de tout ce qui concerne la grossophobie, l'obésité, comment retrouver de la paix et de l'amour de soi-même après une opération. Donc, c'est le sujet du jeu. Si vous vous souvenez bien, pour ceux qui ont vu le premier épisode de... la saison 1, j'ai parlé de mon parcours de vie. Et dans mon parcours de vie, j'ai eu à faire face à l'obésité, surtout à l'âge adulte, une dizaine d'années facile, avant de prendre la décision de me faire opérer d'un bypass il y a deux ans. Et de là, de cela, dans l'épisode, je suis parlé de... tout ce qui m'a permis de prendre cette décision et de ce que j'ai vécu dans la prise de poids et aussi également dans la perte de poids. Je voulais voir avec toi aujourd'hui, je voulais qu'on en discute un peu plus en profondeur. Déjà pour commencer, quel était ton rapport à la nourriture quand tu étais jeune ?
- Speaker #1
C'est une question physique. Je suis issue d'une très grande famille. Je suis la vingt-dernière, j'ai un jumeau. Et en fait, quand j'étais petite, aux environs de 7 ans, donc c'est une exclusivité, je vous le dis aujourd'hui, en sorte de guérir, j'ai eu affaire à des viols et des intouchements sexuels. Ce qui a fait que, quand je l'ai dit à des adultes, ils n'ont pas pris en considération mes dires, et ce qui a fait que je rentre. dans des troubles du comportement alimentaire qu'on entend plus parler sous le terme TCA. Donc en fait, j'ai pris la nourriture comme refuge. Et à partir de ce moment-là, à partir de mes 7 ans, on voit très bien dans mon carnet de santé que ma courbe de poids a explosé et qu'à partir de mes 12 ans, je ne suis plus jamais descendue sous la barre des 100 kilos. Donc j'ai un rapport très, très, très toxique avec la nourriture. Et ce qui a fait que je... J'ai pris, j'ai pris, j'ai pris, malgré le fait qu'on me ramène sur l'administrationniste. Mais le problème souche n'était pas réglé. Ce qui fait que malgré le fait qu'on me fasse voir des spécialistes, qu'on me mette sous régime, il y avait le régime du camp à l'époque, il y avait d'autres régimes, la chrononitrition, tout un panel de régimes en étant adolescent, ça n'a pas fonctionné. Parce qu'on n'a pas réglé le problème de fond.
- Speaker #0
Et justement, ma question est la suivante. Est-ce qu'à l'époque, les médecins, les nutritionnistes faisaient un lien entre la prise de poids, les problèmes liés à l'alimentation et le problème psychique, psychologique ?
- Speaker #1
Non, parce que ça a été mon erreur. La formation a été très cloisonnée. C'est-à-dire que... Personne ne le savait.
- Speaker #0
C'est rester à la maison.
- Speaker #1
C'est rester à la maison. Et les anciennes générations, on te dit, tu ne sais pas. Tu sais, il y avait... Ce n'est pas comme aujourd'hui où on a mis une solution pour prendre soin de nous, voir un thérapeute, voir un psy. Ce n'est pas une honte. C'est justement, on veut se guérir. C'est un acte noble. Et en fait, à cette époque, ce n'était pas ça. La génération, c'était, on cloisonne la formation. Parce que si eux savent, eux savent, et ça va faire des problèmes, je ne sais pas qui, Et du coup, j'ai été un peu... Dommage, je crois. J'ai pris énormément de poids. Et les médecins ne savaient pas. Ils se sont dit, c'est juste qu'à gourmandise.
- Speaker #0
OK, voilà, c'est ça. Ce qui fait mal, c'est que, par exemple, moi, j'ai eu des problèmes avec mon poids plus à l'âge adulte, 20 ans après, peut-être parce qu'on a à peu près le même âge. Et la question ne s'est pas posée dans le sens ou dans le processus pour pouvoir faire... L'opération, il t'inclut automatiquement le fait de voir un thérapeute, un nutritionniste, un psychologue, pardon, un nutritionniste, thérapeute, nutritionniste, c'était quoi le dernier ? Ouais, c'est ça. Je pense qu'à ce moment-là, ils ont fait le lien, en fait, que la prise de poids se manifeste lorsque quelqu'un ne va pas bien dans sa vie, enfin à l'intérieur de lui-même. Alors que je pense qu'à... à ton époque, ils ne faisaient pas le lien. Donc au-delà des familles, oui, les restrictions, le fait de ne pas, l'interdit de parler et tout, je pense que même dans le domaine médical, sur ça, il y a eu un loupé. J'ai l'impression qu'ils se sont dit, bon, voilà exactement, c'est de la gourmandise, et mange, et puis basta. C'est bien après que je pense qu'il y a eu la réflexion de dire, mais attends, peut-être que quelqu'un qui prend énormément de points en très peu de temps, C'est déjà quelque chose qui s'est passé dans sa vie. Il y a un trauma qui a fait qu'on ne prend pas du poids comme ça, par gourmandise. Surtout quand après, ça devient une addiction et tout.
- Speaker #1
Surtout que mon père ne le savait pas. Comme c'est lui qui m'a ramené voir le nutritionniste, lui s'est dit, tu vois, c'est noble, je vais aider ma fille, je vais la ramener voir des spécialistes pour le problème de poids. Mais derrière, il ne savait pas.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Je pense que c'est là où c'est dommage. Voilà, là, j'attaque plus un peu le... Le côté médical, pas forcément nos parents. Parce que nos parents, de là où ils viennent, il n'y a pas ce côté psy.
- Speaker #1
C'est très tabou.
- Speaker #0
C'est très tabou. Mais par exemple, le secteur médical, il est bien présent au côté psy. Et c'est là où je n'arrive pas à comprendre comment, on n'aura peut-être pas la réponse aujourd'hui, mais comment à l'époque, ils n'avaient pas fait de lien. En tout cas, sur la prise de poids et les traumas de la personne. Pendant l'adolescence également, il y a eu la prise, il y a eu... de pas mal de prises de poids aussi. Exactement. Directement, dès qu'on arrive au collège, généralement, c'est un peu le moment de la vie où il y a les vannes à tout va, il y a les insultes, il y a les critiques, il y a les commentaires. Est-ce que tu as, je pense que oui, tu as dû subir ça ou pas ?
- Speaker #1
Ça a commencé très tôt.
- Speaker #0
Bien avant ?
- Speaker #1
CE2, CM1, CM2, j'étais la grosse de l'école. Si tu veux, c'était de l'harcèlement scolaire. À un moment donné, j'ai voulu mettre fin à ma vie parce que toute la classe était retournée contre moi. Ils m'ont pris dans un côté à la récréation. Ils m'ont bien enchaîné. Vous avez l'âne. Et ça, malheureusement, on ne peut pas en vouloir aux enfants. C'est l'éducation des parents. Moi, je parle du principe que c'est l'éducation des parents. C'est les parents, peut-être, que les enfants voient. de la toxicité au quotidien ou autre, et ça se répercute. Ils ne se rendent pas compte que ça se répercute sur leurs enfants et que leurs enfants le répercutent à l'école. Comme les insultes. Les insultes, un enfant ne va pas insulter à part s'il entend dans son quotidien des insultes. Et moi, ça a commencé très tôt, au collège ça a continué, au lycée vraiment, j'étais là. Tu sais, pour bien me faire aimer, on me disait, ouais Chéven, tu peux faire mes punitions. Et en fait, moi j'étais tellement dans le truc, ouais, je vais me faire aimer de tout le monde, il y a déjà mon poids, je ne vais pas être méchante,
- Speaker #0
D'accord. Donc pour te faire accepter, t'as dû te sacrifier.
- Speaker #1
À cette époque, on se découvre aussi. C'est quelque chose que je ne referais pas aujourd'hui. Que si mon enfant fait, c'est directement directeur.
- Speaker #0
Et du coup, très tôt, on peut quand même conclure qu'il y a un rapport avec les gens gros, obèses, qui est... presque, qui est destructeur.
- Speaker #1
C'est destructeur parce que même aujourd'hui, même en tant qu'adulte, sachez une chose, je m'adresse directement à la caméra, l'obésité ce n'est pas un choix, c'est une maladie. C'est-à-dire que cette maladie peut découler par exemple de problèmes hormonaux, de santé, chez les hommes de tabac, d'alcool, de trauma. Il y a mille et une causes à ça. L'obésité ce n'est pas un choix. Ça ne fait pas plaisir de monter des escaliers et d'être essoufflé. de ne pas pouvoir s'habiller comme on le souhaite, de vraiment passer à côté de sa vie. Ce n'est pas un plaisir. Ce n'est pas un plaisir. Moi, quand je faisais 160 kilos, j'étais dans ce truc. Il y avait le mouvement body positif.
- Speaker #0
Attends, tu vas trop vite. On va en parler juste un peu après. Là, justement, parce que justement, dans le premier épisode, j'en ai parlé brièvement. Je vous invite à aller voir l'épisode. De toute façon, on va revenir dessus, c'est sûr. On arrive au lycée. Tu continues à prendre du poids, c'est compliqué le rapport avec les autres. Tu t'aimes de moins en moins ou à ce moment-là tu t'aimes plus du tout ?
- Speaker #1
Ah non, je ne vais pas regarder dans l'avenir. Tu sais, j'avais une sorte de toxicité avec une personne dont je ne citais même pas. Tu vas te reconnaître. Et j'ai été exploité. Exploitation de mineurs, là c'est en justice. Vraiment, j'étais... désolé, j'ai eu de terre, mon maha ghar. Il y avait... à la maison ça n'allait pas. À l'école ça n'allait pas. La seule personne en qui je pouvais me confier, et encore... pas sur les attouchements sexuels, c'était des professeurs. Le seul moment de liberté que j'avais, c'était quand j'étais à l'école. J'adorais aller à l'école.
- Speaker #0
Et ils étaient à l'écoute ?
- Speaker #1
Ils étaient à l'écoute, ils étaient là, mais malgré, à partir d'un moment...
- Speaker #0
Ouais, après 17h, c'est compliqué.
- Speaker #1
Et surtout que, comme je n'ai pas tout dit, on ne pouvait pas agir non plus. Je ne leur en veux pas, mais c'est vrai que c'était ma bulle d'air. Je confiais à des adultes, sachez que si vous êtes à l'école, que peut-être des jeunes vous regardent, vous avez des adultes qui sont à disposition. pour vous écouter. Il y a des psychologues à l'école ou des psychiatres qui peuvent vous écouter, qui peuvent vous accompagner. Si vous vous sentez en danger, allez-y, vous ne serez jamais jugé.
- Speaker #0
Franchement, c'est un bon conseil à prendre parce que c'est vrai qu'on cherche toujours des repères au niveau des adultes. Et souvent, quand on a vraiment de la chance, on va vers les parents directement et c'est cool. Malheureusement, tout le monde n'a pas cette chance-là. de se dire bon bah je m'appuie sur mes parents. Donc voilà, c'est un très beau conseil pour continuer. Donc là on arrive, là t'es au lycée, t'arrêtes tes études ou tu vas un peu plus loin ?
- Speaker #1
Alors j'étais au lycée, j'étais dans cette bulle de toxicité. Donc j'avais commencé un premier semestre en management des unités commerciales.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Donc j'avais eu les félicitations et en fait j'ai rencontré ce qui est aujourd'hui mon ex-mari. D'accord. Donc j'ai rencontré mon ex-mari et ça s'est frais très rapidement parce que quand mon père était âgé et que j'habitais cette personne qui était très toxique, mon père n'est pas perdu. D'accord. Ma soeur et mon jumeau sont venus et m'ont dit « Chérine, il faut que tu rentres, il ne va pas bien » . Et en fait, j'ai pris mon courage à deux mains, j'en ai pleuré, c'est parti très très loin et je suis rentrée à la maison. Et en fait, dans la foulée, je me suis mariée et ensuite j'ai repris mes études.
- Speaker #0
Peut-être que là, je vais rentrer un peu plus à la profondeur. Tu me diras, enfin, tu n'es pas obligé d'y répondre, mais au moment où tu prends la décision de te marier, est-ce que dans le fond, c'est parce que tu avais besoin d'être accepté par une personne ou c'est vraiment, ça mélange par amour et parce que tu avais besoin d'être accepté par une personne ou tu penses que la personne en face, elle t'a vraiment pris tel que tu es ?
- Speaker #1
En fait, je pense vraiment, alors peut-être que ça va paraître cru, mais c'est un très beau... Bon garçon, mon ex-mari, on a nos différents, sinon on n'aurait pas divorcé. Je souhaite tout le bonheur du monde. D'ailleurs, aujourd'hui, on s'entend très, très bien. Je pense que c'était ma porte de sortie. C'est peut-être un peu méchant de dire ça, mais je pense que plus le temps passe, plus je me dis que c'était vraiment ma porte de sortie de voir quelqu'un qui m'accepte et à qui je pouvais fuir tout cet environnement toxique. Et je pense que c'est ça qu'a fait avec un millimiload. d'amour, c'était mon premier, c'était... Tu vois, tout s'est mélangé et c'est pour ça qu'on s'est mariés. Tu vois, par exemple, aujourd'hui, je suis face à un homme comme lui, alors, il a des qualités, mesdames, d'ailleurs, si vous le voulez, prenez-le, il a toutes les qualités, mais on n'a pas la même vision.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
On n'a pas la même vision et la même façon de penser. Ben, donnez ça.
- Speaker #0
On va revenir un peu sur ça. C'est pas pour moi que je te pose cette question, parce que, dû à notre maladie, on a eu des difficultés de rentrer en lien ou de maintenir des liens parce qu'on n'allait pas bien. Donc, c'est pour ça que je voulais te poser cette question. Mais par la suite, tu comprendras aussi pourquoi et ce que je développerai. Donc, du coup, quel était ton déclic pour que tu puisses te dire, là, c'est trop, il faut que j'ai essayé les régimes, j'ai essayé ceci, j'ai pris tous les rendez-vous possibles. Et ma situation ne s'arrange pas. Quelle a été ta motivation, ton déclic qui a fait que tu t'es dit, bon, je vais m'orienter sur cette opération ?
- Speaker #1
J'avais atteint 145 kilos. En 2018, j'avais entamé une perte de poids naturelle, pour ceux qui me suivent sur Instagram, c'était Sarah nous paye nos gains. J'avais réussi à perdre 35 kilos naturellement. Je partageais mes menus, j'allais à la salle de sport. Vraiment, j'avais trouvé le bon fil. Sauf que le 4 mai 2019, mon grand frère est décédé d'un accident tragique.
- Speaker #0
Et le
- Speaker #1
4 août de la même année, mon père est mort aussi.
- Speaker #0
D'accord, il y a eu un enchaînement.
- Speaker #1
Il y a eu un enchaînement. Et en fait, moi, je pensais que tout allait bien. Sauf que non. Je me suis réfugiée dans la nourriture. Tu sais, j'avais un coffre en dessous. Mais je mangeais. Parce que je n'ai pas pleuré, en fait. Même mon frère, j'ai aidé sa femme à le changer. D'être confrontée à la mort. On va tous mourir un jour. Mais je ne pensais pas que ça allait avoir autant d'impact. Et en fait, j'ai repris en quelques mois le double. Et en fait, je me suis dit, j'avais ramené mon fils dans un parc intérieur et je l'avais perdu dans les jeux. Sauf qu'à 560 kilos, tu ne peux pas passer. Te mettre à genoux, te mettre sur les genoux, faire tes lacets, c'est une épreuve. Et en fait, je pleurais. Je demandais aux personnes si elles me priaient, est-ce que vous l'avez vu ? Parce que tu sais, un enfant, même si on est dans un environnement cloisonné, tu as quand même peur.
- Speaker #0
Oui, tu as peur.
- Speaker #1
Tout peut arriver. Surtout avec mon passé, tout peut arriver. Donc, quand je suis rentrée, j'étais en larmes. J'ai dit non. J'ai larmes à faire alors que je fasse quelque chose. Non seulement... Alors moi, je pensais que mon obésité m'impactait moins. Ce que je fais n'impacte que moi. Mais maintenant que j'ai un enfant, c'est dire que je l'impacte aussi parce que je ne peux pas jouer avec lui. Non, je ne peux pas. Et j'ai commencé mon parcours. Donc quand on fait un parcours, on a tout un panel de spécialistes à voir, nutritionnistes, cardiologues, gastro-entérologues. Enfin vraiment, vous avez tout un panel.
- Speaker #0
Pendant 8 ou 9 mois, facile.
- Speaker #1
Alors la sécurité sociale demande minimum 6 mois. Moi, j'ai décidé de passer par une clinique privée parce que ça allait plus vite. Je ne me suis pas dit, bon, peut-être... Non, je me suis dit, bon, plus rapidement c'est fait, mieux c'est. Généralement, les hôpitaux, c'est un peu plus long parce qu'il y a du monde qui en charge.
- Speaker #0
C'est ça, oui.
- Speaker #1
Après, c'est normal. Ce n'est pas choquant. Maintenant, un hôpital public comptait environ un an, un an et demi.
- Speaker #0
Oui, en moyenne.
- Speaker #1
C'est vraiment la durée qui va déterminer. Donc, vous avez toute la pannelle de spécialistes à voir. Chacun doit donner leur accord. C'est important. et en fait vous avez un examen qui est primordial, donc c'est une gastroscopie sous anesthésie générale ou locale qui va déterminer si vous avez l'hélicoptère bactérien, donc une bactérie à l'estomac. Si vous avez des reflux, si vous avez la moindre chose dans vos examens, l'opération peut être refusée ou vous allez devoir passer par le bypass. Donc pour rappel, la slip c'est sur les quantités. Donc on enlève trois quarts de l'estomac, on les retire Merci. Et vous avez l'équivalent d'un pot de yaourt. Vous pouvez reprendre du poids après parce que l'estomac se distend. Ça aussi, c'est important à dire. Et si vous avez, par exemple, des reflux, vous serez obligé de passer sur un bypass. Un bypass qui fonctionne sur la malabsorption. Les médicaments, les vitamines, tout ce que vous mangez. Vous n'allez pas prendre 100% des nutriments essentiels à votre corps. Donc, ça veut dire que, moi, je suis une femme, la pilule ne fonctionne plus avec le bypass. Ça, on ne lui dit pas beaucoup. Mais la pilule ne fonctionne pas.
- Speaker #0
Pourtant, on a fait pas mal de réunions, mais la formation n'est pas sortie.
- Speaker #1
Mais tu vois, c'est ça qui est décevant. C'est qu'en fait, comme on a des cliniques privées, des hôpitaux, en fait, c'est la même opération. Mais ils n'ont pas tous le même protocole. Et moi, comme mes examens étaient bons, elle m'a dit, écoutez, vous faites 560 kilos, le mieux, c'est de faire un bypass. Moi, j'étais dans l'objectif, il faut que je perde le maximum de temps. Parce que ce livre, vous perdez entre 30 et 40. C'est des bypass entre 50 et 60. C'est encore dans le meilleur des cas. Et moi, j'ai dit, je fais le bypass. On est parti pour faire un bypass. Donc moi, j'ai pu choisir mon opération parce que mes examens étaient bons.
- Speaker #0
Ils étaient bons.
- Speaker #1
Tout le monde ne donne pas cette possibilité.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Donc toi, je ne sais pas si tu as fait le bypass. Moi,
- Speaker #0
je fais le bypass, mais c'était selon les résultats que c'était soit bypass, soit sleeve. On m'orientait sur le bypass. Donc moi, après, c'est ce que je voulais aussi parce que... À ce moment-là, j'étais dans la même réflexion que toi, j'étais plutôt c'est fait, mieux c'est. Ce qui était bien, pareil, ce qui ressemble à ton histoire, c'est que moi, avant, j'avais perdu une dizaine de kilos, naturellement. J'étais assez content et tout, mais j'étais quand même... Moi, quand j'ai fait le bail, j'étais à 144 kilos. Donc, j'avais perdu une dizaine de kilos et en fait, je suis passé en hôpital. Privé. Ah, ok. Privé. Mais moi, c'est par recommandation. On m'a recommandé. Je n'ai même pas cherché à comprendre. On m'a dit que c'était bien. Le chirurgien, tout, l'hôpital, tout. On m'a vraiment recommandé cet hôpital. Je me suis dit, OK, c'était sur Paris. Et c'est ce que j'ai fait. Et ensuite, quand j'avais la perte de poids, je m'étais blessé. Là, ça m'avait mis en frein. Je n'ai pas repris du poids, mais en fait, j'ai senti que je ne pouvais pas perdre plus que ce que j'avais perdu. psychologiquement, je n'arrivais pas à me projeter plus en faisant du sport, même de manière intensive. Et en mangeant correctement, c'est hyper dur.
- Speaker #1
À plus de 100 kilos, on s'entend, à part ceux qui font du sport, l'haltérophilie, 110 kilos, généralement,
- Speaker #0
tu as quand même moins de capacité.
- Speaker #1
Ce qui fait que tous tes mouvements se courent. Et moi, pendant mon parcours, j'ai pris du poids. Et je pense qu'elle a été très clémente parce que c'était dans la période du confinement. Et j'ai devu me faire opérer, elle a décalé l'opération parce qu'il y avait le plan blanc. Mais quand elle a su que j'avais pris du poids, même elle, elle s'est dit non, c'est le moment parce qu'on va la perdre en fait. Là, j'étais dans un schéma, c'était manger, manger, manger, manger, manger. Je ne voyais que manger.
- Speaker #0
Tu te sentais à ce moment-là en train de mourir ou pas à l'intérieur de toi-même ?
- Speaker #1
Est-ce que c'est à dire que je subis aujourd'hui ? Alors je suis quelqu'un qui a toujours le sourire. Il y a toujours pire et meilleur que soi. C'est la vie, c'est la philosophie. Si on a compris ça, on comprend tout. On finira tous au sol. Mais je pense qu'une bonne partie de mon âme est partie à l'âge de mes 7 ans. De me dire que l'injustice existe vraiment et que derrière en fait... même si tu as beau avoir la plus grande des familles, même un compte en banque énorme, si tu ne te guéris pas toi-même, en fait, il n'y a personne qui sera là pour toi. Et moi, je me sentais déjà. Tu vois, même là, j'ai défaité mon anniversaire. J'ai toujours dit que jamais je n'atteindrais les 30 ans. Et j'étais en pleurs. Je me dis, je vais faire une crise cardiaque. Je vais mourir. Alors que tu vois, j'ai perdu du poids. Je me suis dit, mais jamais je n'atteindrais ces 30 ans. Ce palier de 30 ans, je ne me suis jamais dit ça. Dans ma tête, je me suis toujours confortée avec tout ce qui m'arrivait.
- Speaker #0
30 ans j'arrive à moi et j'ai fêté mes 30 ans. Comme quoi, c'est beau. Non, franchement, c'est l'histoire et l'histoire commence mal. Elle est dure. En plus, moi, je suis éducateur de rue et j'étais éducateur dans les foyers il n'y a pas plus d'un an. Donc, ces histoires-là, on entend parler régulièrement, l'interdiction de parler et les conséquences surtout. Parce que nous, du coup, quand on reçoit les jeunes, on est déjà dans les conséquences. Tout ce qui s'est passé, ça s'est déjà passé.
- Speaker #1
Oui, ça s'est déjà passé.
- Speaker #0
Il faut rester pas courageux. Déjà, essayer de capter ça, créer une relation avec le jeune. Le jeune qui a aussi sa loyauté envers sa famille, malgré tout. Donc c'est tout ça. Et en fait, je comprends totalement tout ce que tu me racontes. Parce que j'ai même certains jeunes que j'ai en tête quand tu me parles de tout ça. Tu sais,
- Speaker #1
je viens d'avoir Quentin, Jémy. 7 ans, 23 ans. 23 ans à prendre du courage d'en parler. Je ne suis pas la personne concernée, je n'ai pas encore les épaules pour, mais tu te sentiras concernée. Mais 23 ans, tu te rends compte, 23 ans où j'ai eu ce combat dans ma tête entre dire tu as ta famille, mais il faut te guérir, mais tu as des enfants, mais du coup ils vont dire quoi ? Sachez une chose, c'est que dans l'histoire vous êtes la victime. C'est-à-dire, s'il y a quelqu'un qui vient, même appelez-moi, c'est moi je vais le bagarrer. Justement, je vais le bagarrer. Parce qu'on ne s'en prend pas aux victimes, on s'en prend aux malfaisants. C'est-à-dire que vous êtes une victime, vous avez des droits et vous avez le devoir de vous protéger. Parce que si vous ne vous protégez pas vous-même, qui va le faire ? C'est comme le bypass, la cible. On dit que c'est une facilité.
- Speaker #0
Un raccourci, souvent, j'ai entendu moi aussi.
- Speaker #1
C'est non.
- Speaker #0
Alors que pas du tout.
- Speaker #1
C'est tellement dur psychologiquement et même physiquement.
- Speaker #0
Mais moi, on me l'a dit, mais je n'avais pas pris. En fait, je me suis dit, une fois que tu perds du poids, oui, les prochains mois, la transformation, c'est à ce moment-là que ça peut être dur parce que tu es méconnaissable pour certains. Mais en fait, là, ça fait presque deux ans et je trouve que c'est dur. Moi,
- Speaker #1
ça va faire cinq ans. 5 ans et j'ai jamais eu autant de problèmes de santé que ça. J'ai 30 ans, on parle de me retirer de la colle de l'utérus. Je dois mettre un filet dans mon ventre parce que le bypass, une des complications, c'est une dernière à l'estomac. Je suis constamment fatiguée. Tu sais, en octobre, j'ai failli tomber dans le coma. Parce qu'en fait, je ne me suis pas rendu compte que je n'avais plus d'hémoglobine.
- Speaker #0
Là, pour le moment, tu as quand même un rapport avec le médical. Tu te rends souvent à l'hôpital, tu as souvent des rendez-vous.
- Speaker #1
Très, très souvent. C'est contradictoire, tu vois. C'est parce qu'à 5-6 ans, je suis tombée une fois par an malade. Mais tu avais des problèmes, tu avais une hypertension, tu avais tout ça, ce qui a été réglé. En fait,
- Speaker #0
c'est... Combat,
- Speaker #1
avantage.
- Speaker #0
Comment tu te sens là actuellement ? Tu regrettes de l'avoir fait ou pas du tout ? Ou tu en veux un peu peut-être au système médical de ne pas forcément t'avoir formé sur tout ? Comment tu te sens vraiment ?
- Speaker #1
En fait, je pense que quand on passe par le parcours de chirurgie bariatrique, on est tellement matrixé par cet objectif de perdre de l'âge qu'en fait on va nous dire les conséquences mais on va pas les écouter. On va pas chercher à comprendre et c'est pour ça qu'on dit c'est important de faire des réunions, c'est important de parler avec des personnes qui ont beaucoup de recul sur le bas, ils passent 5, 10 ans, 15 ans et moi je suis arrivé au moment où personne n'en parlait sur les réseaux. C'était très très rare et je me suis dit le jour où je me suis perturbée, je me suis dit c'est quoi ça va être ça ? J'ai dit Shannon elle est sans tabou, je mets pas de filtre, j'en ai rien à faire. je ne surveille pas ce que je dis, je n'ai pas envie d'être dans une agence je suis moi-même, donc c'est pour ça que je dis ok des fois je pleure, mais en fait ça n'arrête pas tout le monde de pleurer, il y a des inconvénients et vous aurez des inconvénients et au départ quand tu te fais opérer du bypass tu tombes en dépression tu sais que je me suis fait opérer du bypass et que je ne m'arrêtais pas, je mangeais désolé du terme, je ne vous le disais pas pas, pas, pas, je vous le disais une quinzaine de fois par jour, je me disais mais qu'est-ce que j'ai fait je pleurais, et en fait c'est là où tout m'a rattrapée. C'est qu'en fait, avant, je ne parlais pas de ce qui m'est arrivé en étant petite. Et là, j'ai appelé, j'ai dit, mais pourquoi vous ne m'avez pas protégé ? Pourquoi vous ne m'avez pas protégé ? Pourquoi vous ne m'avez pas écouté ? Parce que je me suis dit dans ma tête, si j'ai fait le bypass, c'est parce qu'en fait, derrière, j'étais obèse. Et pourquoi j'étais obèse ? Et du coup, j'avais des troubles du comportement alimentaire. Mais pourquoi ? À cause de cette base, un effet boule de neige.
- Speaker #0
Franchement, c'est étonnant. Enfin, j'allais dire c'est étonnant, ce n'est pas étonnant, mais c'est vrai que c'est particulier. Parce que moi, quand je fais le parcours, c'est au moment où je vois le psychologue que j'arrive à comprendre le pourquoi du comment. J'ai pris autant de points en 10 ans. Effectivement, c'est dû à des traumas. C'est dû surtout à un rapport avec... Moi, je suis quelqu'un de très ritualisé. Et dès qu'il y a un petit changement, je suis déstabilisé. Et quand il y a des changements ou, par exemple, des décès, où tu ne vois plus du tout une personne tout de suite... Ça a été la nourriture. Tout de suite. Mais ce moment où tu te dis, bon, je mange ça, je mange ça, je mange ça, en fait, quand tu fais le bilan, tu as mangé presque 4 heures non-stop. Et des quantités. Et des quantités incroyables. Tu manges même 4 fois par jour et tout. Et c'est que vraiment au moment où j'ai discuté avec le psy que j'ai compris.
- Speaker #1
Parce que toi, tu étais dans une bonne démarche.
- Speaker #0
Oui, je pense.
- Speaker #1
Parce qu'il y a des personnes qui pensent que c'est... tellement la facilité que vas-y je vais mentir en psychiatre, je vais te dire tout va bien. Ne faites jamais ça, parce que tôt ou tard, votre passé vous rattrapera. Tôt ou tard, et tu sais qu'il y a plein de bails passés, plein de slivés, depuis qu'ils se sont fait opérer, comme ils n'ont pas réglé leur trauma. Alors je ne dis pas que ça se réglera en un coup de pouce.
- Speaker #0
Non, ça prend du temps. C'est un temps de guérison. Il y a vraiment un temps de guérison.
- Speaker #1
Ils tombent dans la clandestine. Ah ouais. Parce qu'en fait, ils ne peuvent pas manger, donc ils boivent. Mais le bypass et la slive, vous avez les effets de l'alcool plus rapidement. Du coup, ils tombent dans l'alcool. Et ça, il y a de plus en plus de cas qui tombent vraiment dans l'alcool et qui sont obligés, au lieu d'avoir réglé le problème principal, tu as des problèmes qui sont sous-jacents, qui reviennent. Et puis en fait, ça fait un millimélo, un millimélo, puis après, tu dis stop en fait.
- Speaker #0
J'en ai pas croisé, j'en ai pas croisé. C'est moins tabou qu'avant de parler de ces opérations. Avec Internet, il y a beaucoup de choses qui sont diffusées. Mais ce n'est pas tout le monde qui vient et qui dit « j'ai fait une opération » .
- Speaker #1
Non, moi je le crée.
- Speaker #0
On fait partie de ces personnes aujourd'hui. Et moi encore, c'est tout récent. Il y a un petit moment où je n'en ai pas parlé du tout. Même à mes proches, très peu de gens étaient au courant. Donc ils m'ont vu transformé. Ils m'ont aperçu en train de perdre du poids et tout. Mais je disais oui, c'est sport. J'écoutais les conversations pour ne pas rentrer dans la profondeur. Là, aujourd'hui, franchement, les gens, quand on en parle, tout de suite, on se sait que la prise de poids, c'est beaucoup lié au trauma. Et là, du coup, on n'arrive plus facilement à parler des traumas. À toi, il t'est arrivé quoi ? Pas avec tout le monde, mais avec les gens de confiance. Et c'est là où moi, j'arrive à dire que oui, effectivement, pendant une période, j'ai perdu des proches. Pendant une période, je n'ai pas eu les diplômes qu'il fallait. Donc du coup, ça, ça a été des échecs qui m'ont grave impacté. Ce qui m'a agacé, c'est que je me sentais fort, mais je n'arrivais pas à stopper la nourriture. Donc ça m'a agacé grave. T'enchaînes avec les réflexions, les réflexions d'un adulte dans le monde du travail. Donc déjà, t'as pas mal de réflexions quand t'es enfant, adolescent, pré-adulte. Mais là, t'es un adulte plus dans le monde du travail. Il y a une discrimination pour moi qui est présente. Ah oui,
- Speaker #1
oui, oui.
- Speaker #0
Et ça, on n'en parle pas.
- Speaker #1
Quand je me dis que j'ai laissé couler, je me dis mais... Tu sais, je faisais 160, je suis allée faire un entretien dans une école pour être assistante. Et elle regarde, donc moi sur mon CV, moi j'ai rien à cacher en fait. Donc je dis que je crée du contenu parce que j'ai perdu du... Enfin, parce que je suis en perte de poids.
- Speaker #0
La seule phrase qu'elle a réussi à me sortir, c'est « Mais comment vous avez fait pour travailler à 140 kilos ? Moi, je ne me prendrais pas. »
- Speaker #1
Non, en fait, comment tu travailles ?
- Speaker #0
OK, on est obèses, mais ce n'est pas parce qu'on est obèses qu'on ne peut pas travailler. La ligne est très fine, en fait. Les réflexions et la grossophobie, parce que quand ça émane de personnes qui n'ont jamais été confrontées elles-mêmes ou leurs proches à ça, c'est très mal vu. Et du coup, tu te dis, mais attendez, par exemple, Moi, je ne sais pas si tu étais là, à 160, je m'autorisais 1,7 mille par semaine parce que toute la semaine, c'était strict. Figure-toi que tous les regards étaient sur moi. Ils devaient se dire, encore une grosse qui mange un râteau, alors qu'ils ne savent même pas mon parcours. C'est des réflexions, des préjugés.
- Speaker #1
Des préjugés. On est dans une société où, moi, je le dis clairement, le body positive, là, pour en parler, pour moi, ça nous a causé encore plus de tort qu'autre chose. Quand c'est mal compris ce terme-là ou quand il est mal utilisé, en fait, ce n'est pas si positif que ça. Moi, j'ai plus vu ça comme un point commercial, dans le sens où Body Positive, ça a été dans le but de créer des vêtements très larges et de dire que tout le monde est concerné par ce vêtement large. Les gens obèses, les gens en surpoids et les gens fins. Et donc, pour pouvoir apporter du poids à cette stratégie marketing. on est beaucoup à dire, oui, aimer les gens comme ils sont. C'était ça un peu le mot d'ordre à un moment donné.
- Speaker #0
Les personnes en obésité, elles ont le droit de s'habiller aussi.
- Speaker #1
Totalement.
- Speaker #0
Moi, je ne pense pas que c'est commercial.
- Speaker #1
Tu ne penses pas ?
- Speaker #0
Je pense que c'est beaucoup plus profond que ça, que quand le body positif est arrivé, on suivait tous ce mouvement. Je faisais 160, je me proclame un droit d'aimer mon corps, de respecter mon corps. Et je prenais soin de moi. C'est-à-dire que c'était en mode, je fais 160, je prends soin de moi. Je n'ai pas de problème. Mais avec du recul, c'est un voile. Oui. Vous voulez faire, faites ce que vous voulez de vos réseaux. Et n'oubliez pas que des jeunes vous regardent. C'est-à-dire que si toi, ça te plaît, par exemple, si je ne sais pas, Inès, ça te plaît de peser 160 kilos et de proclamer ta... ta taille fine, tes grosses fesses, et que tu n'as pas de problème de santé, volte-toi. Mais, mais bien, dans ta biographie, disclaimer, ce n'est pas le cas pour tout le monde. Parce qu'il y a des jeunes qui se tombent en obésité et qui vont voir qu'en fait, toi, tu t'assumes. Mais il ne vaut pas se dire que derrière, tu as fait un travail. C'est-à-dire qu'ils vont dire, attends, je vais m'assumer sans pour autant régler ce problème. On arrive toujours à ce problème.
- Speaker #1
Oui, toujours.
- Speaker #0
Et en fait, c'est porter un voile. Les réseaux, c'est porter un voile. C'est pour ça que moi, je me suis fait sur les réseaux, tu sais pas, on me reconnaît, on me dit « Ah, mais tu es fidèle à tes photos. » Je dis « Oui, je ne retouche pas mes photos. » Moi, j'ai de la peau qui pend. J'ai mes cicatrices. On me dit « Enlève tes cicatrices. » Je dis « Non, je n'enlèverai jamais mes cicatrices. » C'est la marque de mon parcours. Demain, on me dit « Pourquoi tu as des cicatrices ? » J'ai perdu 80 kilos.
- Speaker #1
T'as le fait d'avoir cette identité-là ?
- Speaker #0
C'est mon point. Par exemple, moi, demain, je me fais critiquer sur les réseaux, ce qui arrive très, très souvent. Moi, j'ai compris qu'en fait, maintenant, il faut plus donner l'air. En fait, c'est la frustration qui fait parler les fois.
- Speaker #1
Moi, justement, j'en ai conclu qu'ils ont peur des gens qui se rétablissent. Ils ont vraiment du mal avec les gens obèses. Mais à un point où, parfois, je me suis dit, les gens qui commettent des crimes, ils sont mieux traités que des gens obèses. Et j'ai essayé de comprendre pendant longtemps, mais pourquoi, en fait, quand quelqu'un voit une personne obèse rentrer dans la pièce ou en serre-poids, la première chose qu'elle a envie de lui dire... c'est de lui parler, qu'elle a envie de parler avec elle, c'est de lui parler de son poids. Alors qu'il n'y a pas que ça. La personne, elle peut t'apporter d'autres choses super positives dans sa vie ou dans la tienne, dans les repas de famille, et même dès que je suis avec les jeunes. La première insulte, c'est TG. Et la seconde insulte, si la personne est forte, c'est report. Et ça, que ce soit pour les garçons et pour les filles, ce n'est même pas que les garçons. Et c'est là où je me dis, ah ouais. C'est-à-dire que dès le bas âge, il y a quelque chose qui se joue avec le fait d'être en surpoids.
- Speaker #0
Moi, je pense que quand on était jeune, les histoires d'obésité ne s'étaient pas traitées comme aujourd'hui. C'est-à-dire que les histoires d'obésité, ça a été un peu mis à l'écart par rapport aux maladies qu'il y avait. Maintenant, on arrive à comprendre que l'obésité, c'est une maladie. Tu vois, même sur les réseaux maintenant, on dit que ceux qui ont perdu du poids, dont moi, dont toi, on est devenu grossophobe. Ce n'est pas vrai.
- Speaker #1
Non, ouais.
- Speaker #0
C'est juste qu'en fait, on se voit en vous. On voit notre ancien nous en vous et en fait, on se dit, mais il faut que tu aies le déclic. C'est parce qu'on veut du bien. Mais comme la ligne est très fine, tu vois, là, on arrive sur un basculement. Avant, on ne parlait pas d'obésité. Tu sais, il y avait même Ducamp qui disait, ... ouais, tu auras des points en plus si tu as un IMC normal. Tu sais que moi, je paniquais. Je paniquais parce que je n'avais pas un IMC normal. Je me suis dit, je vais perdre des points au bac. Ah oui ? Je suis du camp, sachez que j'ai eu 14,75 de moyenne au bac.
- Speaker #1
Et ça, il l'a déclaré ?
- Speaker #0
Mais oui, il voulait faire passer la loi.
- Speaker #1
D'accord. Tu vois,
- Speaker #0
je pense que ce problème, on l'a mis à l'écart. Et qu'en fait, là, on est dans… Comme il y a eu le mouvement body positive, qu'il y a eu beaucoup plus de retours sur la slavelle bypass parce qu'il y a cinq ans,
- Speaker #1
c'était pas ça.
- Speaker #0
On a les langues qui commencent à se délier. On a les langues qui commencent à se délier, à se délier. Et nous aussi, par exemple, moi je suis sur les réseaux, des fois je reçois des insultes de personnes en obésité. Ça veut dire qu'en fait, il n'a pas encore eu le courage de faire face à ses problèmes, d'affronter ses problèmes. Et du coup, sa frustration, elle se rejette sur la première chose qui arrive. Qu'est-ce qui est facile ? Les réseaux sociaux.
- Speaker #1
Les réseaux sociaux, le terme à l'écran.
- Speaker #0
Et c'est généralement comme ça. quand on comprend que c'est la frustration que l'être humain va... Oui, on est tous un peu égoïstes. Tu vois, c'est normal, c'est dans nos gènes. On est tous un peu égoïstes, mais il faut être... Je prends le mot égoïste, mais utilisez-le pour toi. Alors, soigne-toi. Sachez que vous avez 12 séances par an qui sont remboursées par la Sécurité sociale prises en charge pour voir un psy. Utilisez. Moi, je veux voir un psy. Je ne le cache pas. Ce n'est pas une honte. C'est justement parce que je veux prendre soin de moi. Parce que je me suis dit à un moment donné... Ce que j'ai vécu dans ma vie, ça a affecté mon obésité, mais ça a affecté ma vie en termes de relations, et ça a affecté le travail. J'étais incapable de garder un travail. Donc moi, dans mon CV, c'est un panel d'expérience professionnelle, parce que j'étais incapable, dès qu'il y avait un schéma de toxicité, je rentrais, je pleurais, et je me disais « Non, non, non, je ne peux plus aller, je faisais un blocage. » Le problème souche va ramener, OK, de l'obésité, mais il va ramener aussi d'autres problèmes.
- Speaker #1
Il y a trop de répercussions en fait.
- Speaker #0
Il y a tellement de répercussions et on n'en prend pas soin.
- Speaker #1
Et le body positif pour toi, ça a été... Est-ce que ça a prêté le sujet ou pas ?
- Speaker #0
Aujourd'hui, je peux me considérer comme body positif parce que j'ai pris soin de moi et je m'accepte avec mes... Tu vois, il y a des filles qui me disent « Oui, je ne fais pas de trucs parce que j'ai un petit point. » Mais moi, j'en ai rien à faire. Si j'ai chaud, je mets un de garde. Pour moi, ça, c'est du vrai body positif. c'est à dire que t'as un parcours que tu t'es soigné et que t'as des cicatrices demain par exemple je sais pas on m'enlève une jambe, pour X raisons, de ne pas assumer sur les raisons, d'avoir confiance en moi, ça c'est du body positive. Mais de juste montrer qu'on est en obésité et pas montrer derrière qu'il y a des problèmes ou que vous n'avez pas de problème, même mettez-le, vous avez géré vos problèmes et tout, ça ce n'est pas du vrai body positive pour moi.
- Speaker #1
Parce que moi, en étant obèse, déjà j'étais confronté à un pré-diabète, il y avait l'apnée du sommeil. Mais moi, quand je vois les campagnes body positives, je n'ai jamais entendu quelqu'un faire sa publicité autour de ça et parler de tous ces problèmes de santé.
- Speaker #0
Après, il y en a qui n'en ont pas. Il y a des comptes, c'est body positive. Par exemple, Tania Makeup, Tania, je ne sais plus, désolée. Mais en fait, tu vois, elle s'assume, par exemple, elle dit que ce n'est pas parce qu'on a de la peau en peau en trop ou qu'elle n'a pas été opérée. Je pense que sa santé, ça va bien, à part si je me trompe. Mais comme elle n'a pas un corps qui rentre dans les cases, elle s'assume. Pourquoi un corps avec des formes ne pourrait pas mettre des bikinis ? Ça, c'est intéressant.
- Speaker #1
Du coup, il faut quand même que dans ta profondeur, il faut quand même être en phase avec soi-même.
- Speaker #0
En fait, ce que je dis, c'est... Parce que tu vois, par exemple, quelqu'un qui a une maladie, un cancer, il peut être positif, sa santé... En vrai, je pense que c'est un sujet qui comporte tellement, tellement de... Il y a des intérêts, il y a des inconvénients, il y a des choses, on peut être là comme ça. Et la ligne, en fait, elle est encore trop fine sur la grossophobie, sur pas la grossophobie, sur l'obésité, sur prendre soin de soi. En fait, comme on vient d'être dans le tournant, je pense qu'il faut encore quelques années pour que le terme body positive soit créé. C'est très vague, en fait.
- Speaker #1
En fait, on peut parler du body positive, mais ne pas avoir la même définition et la même conception autour de... C'est vrai.
- Speaker #0
Juste moi, je faisais du body positive par 160. Je me rends compte que ce que je faisais, c'était du bullshit, en fait. Genre, tu peux pas faire... Tu t'acceptes alors que tu sais même pas marcher un escalier.
- Speaker #1
Moi, c'était ça. Moi, c'est vrai que dès que j'ai commencé à... En fait, à un moment donné, je tombais trop sur des contenus body positifs. Et en fait, je me suis regardé, je me suis dit, mais j'avais un peu pris le sol contre eux. Je me dis, mais pourquoi vous ne dites pas la vérité ? Parce que moi-même, je suis quelqu'un d'obèse là. Et en fait, là, je suis en train de voir que faire du sport, c'est compliqué. Que quand tu vas dans un restaurant ou avec des amis, tu es le gros du coin, que tu ne peux pas t'habiller correctement. Et ça, c'est dur à vivre au quotidien. Mais c'est parce que peut-être que je n'avais pas forcément pris du recul ou parce que, en fait, comme on montre que tout va bien, en fait, on ne se dit pas que la personne qui… Il n'y a pas de côté psy. Quand je regardais la personne me parler du body positif, je ne voyais pas le côté psy. Je voyais juste ce qu'il me déclarait, comme quoi il était de bonne humeur et tout. Il n'y a pas le côté psy. Je trouve que dans le body positif, il faut qu'on, avec le temps, qu'on arrive à poser le côté psy dedans pour qu'on ait une réponse ou une définition.
- Speaker #0
C'est comme, en fait, le body positif, l'inconvénient, c'est qu'on ne montre pas le mauvais côté. Mais il y a des mauvais côtés, c'est normal de pleurer. On crie un peu sur les influenceurs qui se filment en train de pleurer. Mais si on se filme en train de pleurer, c'est pour vous montrer que rien n'est facile dans la vie. On peut avoir des hauts et des bas, mais l'important, c'est de garder cet objectif en vue. C'est votre bien-être. Parce que si vous êtes bien, vous mangez bien, vous dormez bien, vous faites des activités, vous vous épanouissez. Si on pleure, dites-vous qu'on est là. C'est-à-dire qu'on bafoue un peu notre égo de se dire qu'on va être positif. et qu'on va vous montrer vraiment les dessous. Et ça, c'est vraiment mon compte Instagram. Je me dis, Chérine, tu as été sans tabou. Reste sans tabou.
- Speaker #1
De toute façon, dès qu'on voit ton compte, c'est ça. C'est qu'on voit de la joie. On peut avoir aussi un sentiment de... Selon les vidéos que tu fais, on peut se dire, ah ouais, là, ce n'est pas si facile que ça. Là, c'est facile. Là, elle a l'air bien. Là, elle a l'air... Elle dit qu'elle va moins bien. Et en fait, tout cet ascenseur émotionnel... Pour moi, ça apporte quelque chose de réel. On est en phase avec la vraie vie. Et la vraie vie, ce n'est pas que tout va bien. C'est que des fois, ça va mal aussi.
- Speaker #0
Des fois, ça va mal. Et même très souvent.
- Speaker #1
Très souvent,
- Speaker #0
oui. Avec la sleeve et le bypass, c'est pas un rouleau. C'est un ascenseur. Un ascenseur. C'est les montagnes russes. Pour ma part, depuis que j'ai fait le bypass, ça m'a... Tu sais, c'est une opération. Il faut comprendre qu'il y a des décès. Et que, surtout chez une femme, des hormones. Le bypass, c'est ça qui fait qu'aujourd'hui, on ne sait pas ce que j'ai et qu'on me parle de col de l'utérus. De col de l'utérus, de retirer l'utérus. Un, deux, trois. Jamais un médecin ne va vous dire, peut-être qu'on va vous enlever l'utérus à trois ans parce que vous avez fait le bypass. Chaque corps est unique. C'est pour ça qu'on a des empreintes digitales qui ne sont pas les mêmes. Il faut réfléchir. Ma réaction au bypass ne sera pas la vôtre. Mais je m'engage à vous donner toute transparence sur mon expérience et ça peut vous aider.
- Speaker #1
De toute façon, on est deux et effectivement, on n'a pas vraiment le même parcours, on n'a pas vécu les choses de la même manière. Tu es une femme, je suis un homme. C'est ça, c'est pour ça que... Mais après, c'est bien, je pense qu'aujourd'hui, je suis assez fier d'en parler. Oui,
- Speaker #0
moi, je me suis toujours dit que je lui montrerais tout.
- Speaker #1
Pourtant, quand je l'ai fait, moi, jamais je ne me serais dit que dans un an, je vais en parler. Moi, je me suis dit, c'est bon, je l'ai fait pour moi, tranquille, je fais ma vie avec. Et on n'est pas obligé, les gens ne sont pas obligés de le savoir. Mais j'ai ressenti qu'il y a des gens qui vivent ça, mais ils n'arrivent même pas à avoir quelqu'un à qui parler, tout simplement. Et ça, c'est dur.
- Speaker #0
Je me suis fait un message de femme dans mon parcours. Je me dis, mais on est tellement nombreux.
- Speaker #1
Oui, on est nombreux.
- Speaker #0
Mais on est tellement nombreux. Et il y a encore très peu d'informations, parce que moi, OK, je suis sur les réseaux, mais je n'ai pas toutes les expériences possibles, les imaginaux non plus. J'en ai vécu, pour le dire, j'en ai vécu. mais Je n'ai pas la science. Vous avez votre entourage, vous avez les réseaux. En plus, maintenant, je ne suis pas la seule. Maintenant, on est beaucoup de personnes qui partagent.
- Speaker #1
Que ce soit en France ou à l'étranger.
- Speaker #0
Mais réfléchissez. Réfléchissez parce que ce n'est pas une opération. Ce n'est pas la facilité comme certains diront. Vous avez la phase de tout le parcours pré-op qui dure un certain temps, qui va réouvrir des traumatismes même des traumatismes que vous n'avez même pas à souvenir qui va ouvrir. Ensuite, vous avez l'opération. qui n'est pas anodine. Et ensuite, vous avez tout le travail de réadaptation alimentaire. Donc, vous êtes comme un nouveau-né.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai.
- Speaker #0
Vous êtes comme un nouveau-né que vous commencez la diversification alimentaire. Même aujourd'hui, il y a certaines choses que je n'ai même pas tentées, mais parce que je sais que ça ne va pas passer.
- Speaker #1
Moi, je sais. Et c'est dur de l'expliquer.
- Speaker #0
On sait, on ne va pas. Moi, les pâtisseries, tout ça, loin de moi.
- Speaker #1
Moi, c'est quelque chose que j'aimais beaucoup, c'était le riz.
- Speaker #0
Ah, le riz, ça ne passe plus. Tout ce qui est lourd, ça passe plus.
- Speaker #1
Ah, ça m'a fait mal que ça passe plus. Mais je pensais que ça allait passer un peu, mais non, j'en mange... Enfin, c'est off.
- Speaker #0
Je crois que j'en ai mangé deux fois dans l'année.
- Speaker #1
Dès que j'ai... Enfin, j'en prends légèrement, mais il ne faut pas que ce soit deux cuillères, grand max.
- Speaker #0
Mais tu vois. Donc, vous avez toute cette diversification alimentaire qui va vous impacter psychologiquement, parce que la question qui va venir, c'est est-ce que je vais vivre comme un homme ? Est-ce que je vais être capable d'aller au restaurant comme un homme ?
- Speaker #1
Comme un homme.
- Speaker #0
Ça, c'est la question que tout le monde se pose. J'ai mis qui est-ce que j'ai fait ? Qui m'a envoyé ? Ah parce que tu t'envoyais tout seul ma coco, tu m'as assumé. Donc vous avez tout ce travail de diversification et ensuite vient tout le travail d'acceptation du corps avec cette peau en plus. Donc c'est-à-dire qu'il faut qu'on s'habitue à 80 kg en moins, enfin, ou à beaucoup de poids en moins, mais que votre corps est en train de changer également, que ce soit à l'extérieur ou à l'intérieur aussi, dans la tête aussi. Et ensuite, vous avez tout le parcours de chirurgie réparatrice. Ça fait trois ans que je suis en stagnation. J'ai fait que mes cuisses. C'est pour dire que ça ne va pas être comme ça sur un baguette. Vous allez faire l'opération de chirurgie réparatrice, mais s'il y a un parcours, vous allez faire opération par opération. Il va falloir vous réhabituer à votre corps avec des cicatrices. C'est un combat d'une vie. En fait, je me dis que c'est un combat d'une vie.
- Speaker #1
Non, mais c'est vrai. En plus, il y a une dame qui nous disait ça. C'est toute une vie. Ce n'est pas que un temps. Ce n'est pas que deux passages.
- Speaker #0
Et sachez que si vous ne guérissez pas, vous reprenez du poids. parce que vos traumas vont vous rattraper et les TCA, ça revient. C'est très, très dur de s'en défaire. Même moi, aujourd'hui, des fois, quand je ne suis pas bien, par exemple, quand je suis allée à la police, je me suis réfugiée dans la nourriture, mais mon bypass m'a dit « Eh, ma cocotte, ça ne va pas bien. » Ou tu fais des dumpings. Donc, la slive et le bypass, c'est une surveillance quotidienne à vie.
- Speaker #1
À vie.
- Speaker #0
À vie. C'est-à-dire qu'il y a plusieurs personnes qui font la slive et ensuite font le bypass.
- Speaker #1
Et c'est émotionnellement aussi, on ne parle pas beaucoup. En tout cas, les femmes ont plus de facilité à en parler, je trouve. Mais les hommes, émotionnellement, moi, je trouve que ça marque un coup.
- Speaker #0
Parce que vous êtes dans votre schéma d'égo, d'être homme, et que l'homme ne peut pas pleurer.
- Speaker #1
Non, c'est dur.
- Speaker #0
L'homme ne peut pas s'exprimer. Tous les êtres humains, on a tous nos failles, on a tous des défauts, on a tous des agressions.
- Speaker #1
Moi, je suis devenu encore plus sensible. Déjà, j'étais sensible, mais à l'époque, je le cachais énormément. Mais là, je suis encore plus sensible. plus sensible qu'avant. Même un film, des fois, je peux me retenir qu'avant, je calculais même.
- Speaker #0
Je suis devenue plus... Non, on ne va pas dire dure. Je suis très empathique. Je suis très sociable. Mais je pose mes limites. C'est-à-dire que si je ne me sens pas respectée à un endroit, je pars. Surtout jusqu'avant, je ne faisais pas.
- Speaker #1
Ça, je le fais. Mais par exemple, vraiment, des choses, je me disais, bon, c'est rien. Aujourd'hui, non, aujourd'hui, ça me... Ça y est,
- Speaker #0
Il y a une semaine, j'ai pleuré chez moi.
- Speaker #1
Ah ouais ?
- Speaker #0
Non, parce que comme j'ai des problèmes d'anémie. Les vitamines sont essentielles à vie tous les jours. Je ne voulais pas y passer. Je ne faisais que dormir. OK, d'accord. Et en fait, à l'arrivée du travail, je venais de me réveiller. Je suis fatiguée d'être fatiguée. Vraiment, c'est un état. Mais les gens ne comprennent pas. C'est un état où tu es fatiguée d'être fatiguée.
- Speaker #1
Attends, moi, ça va. Au niveau de la fatigue, ça va. Ça ne m'a pas fait... Non, moi, ça va, la fatigue. Je pensais justement que ça allait me mettre...
- Speaker #0
Ça ne va pas y passer.
- Speaker #1
Mais ça ne m'a pas impacté sur la fatigue. Non, sur autre chose. Les émotions, par exemple. Peut-être même des choses inconsciemment. Je n'ai pas...
- Speaker #0
Oui, après, c'est bien d'en parler parce qu'on n'a pas les mêmes...
- Speaker #1
Oui, inconsciemment, peut-être, il y a des petites choses qui ont été réveillées, mais je n'ai pas forcément dit que c'est dû à ça. Je n'ai pas encore fait de lien, on va dire.
- Speaker #0
C'est comme ils disent... Quand vous faites la chirurgie bariatrique, vous vous divorcez. 45 % des couples se séparent après une chirurgie bariatrique.
- Speaker #1
Moi, je fais partie de ça.
- Speaker #0
Pourquoi ? Pas à cause de l'opération. Parce que vous apprenez à prendre confiance en vous et que vous vous apercevez que ce n'est pas, ça n'a pas été malheureusement un choix d'amour, mais un choix par rapport à la situation, le contexte que c'était.
- Speaker #1
Franchement, c'est… Là, on peut faire un prochain. On peut faire un prochain. On peut faire encore un… Mais vraiment, effectivement, ça, on n'en parle pas beaucoup, mais c'est vrai que… Moi je fais partie des personnes, après l'opération il y a une séparation. Et en fait, au début j'ai cherché à savoir le pourquoi du comment, mais je me suis rendu compte, au moment où j'ai positionné mes... Là, ça a commencé. Comment la dégradation dans le couple ? En fait, ouais, c'est l'opération. Enfin, c'est pas que l'opération, mais une grosse partie, c'est l'opération. Pourquoi ? Parce que j'ai vu qu'en fait, prendre confiance en soi, ça change tout et ça fait. Malheureusement, la personne qui a l'habitude de te tenir, de te tenir, d'être là pour te ramener, elle perd ce rôle-là. Et quand elle perd ce rôle-là, en fait, à quoi je lui sers maintenant ? Vu qu'il a l'air d'être établi, il a l'air d'être bien. Et du coup, tout... tous les rôles sont redistribués.
- Speaker #0
Moi, je suis très terre-à-terre. C'est-à-dire que toutes tes questions d'intérêt dans la vie, tu peux me dire le contraire, on peut avoir des discussions. Il y a des intérêts nobles et des intérêts vicieux. Tu te maries, c'est parce que l'intérêt est qui t'apporte une sécurité, que ça va être ton confident, que tu vas être attentionné, qu'il va être attentionné avec toi. C'est une sécurité, c'est des intérêts nobles. T'es en amitié, c'est parce que la personne, elle t'écoute. C'est des intérêts. Vous pouvez dire ce que vous voulez, c'est des intérêts. Et en fait, il y a les intérêts vicieux. Par exemple, je suis avec toi parce que tu me donnes de l'argent. Là, c'est des intérêts vicieux. Donc, il y a les intérêts nobles et les intérêts vicieux. Mais tout est question d'intérêt. Quand on comprend ça, c'est facile. Maintenant, l'intérêt, quand on s'est mis en couple, c'était parce que la personne nous acceptait, parce que nous, on pensait que personne n'allait nous accepter. Et qu'en fait, on était dans ce schéma-là qu'on ne mérite pas le bonheur, c'est... incroyable ce qui nous arrive. C'est comme ça parce que on est... Enfin, désolé, moi, je me considérais comme une bouchette, genre, vraiment une merde. Je me suis dit, mais c'est mon sauveur. C'est mon sauveur. Sauf que en soi, les intérêts s'effacent. Ouais.
- Speaker #1
Et tout est rejoint.
- Speaker #0
En fait, tu t'apportes toi-même ce que la personne était censée t'apporter. Et tu te dis, mais là, la question qui est, c'est qu'est-ce que je fais là ? Et là, tu as ton tableau qui se fait dans ta tête, avantage, inconvénient. Et après, tu viens de divorcer. Et après, si vraiment tu es dans le schéma de la reconstruction de toi, tu te dis, est-ce que c'est la personne qui me manque ou est-ce que c'est les habitudes ? Et là, tu te dis, ah, j'ai pris une bonne décision. Parce que si ces habitudes-là, je les aurais prises avec quelqu'un d'autre, ça n'aurait pas changé. Donc, ce n'est pas de l'amour. Tu vois ? C'est très complexe.
- Speaker #1
C'est technique. Oui, c'est technique. Non, parce qu'en même temps, tu me parles, monsieur.
- Speaker #0
En fait, c'est logique. C'est quand quelqu'un dit « Non, il n'y a pas de question d'intérêt, c'est parce que tu es gentil, parce que tu es… » Genre, c'est intérêt noble.
- Speaker #1
Et ce n'est pas que dans l'amour, c'est aussi dans le… Je l'ai vécu aussi dans le monde professionnel. Dans le monde professionnel, je sais que quand j'ai perdu du poids et que j'ai commencé à prendre beaucoup de… En fait, on m'a catalogué comme « Ouais, il ne va pas bien. » Comme il a… Suite à l'opération, il ne va pas bien. En fait, ce n'est pas le Rudy qu'on connaît. Là, c'est un Rudy qui est… En fait, limite, on m'a fait passer pour un Rudy plus agressif.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Tu vois ?
- Speaker #0
En fait, tu te confies.
- Speaker #1
C'est ça. Et ça, ce n'est pas tout le monde qui est en phase avec ça, qui est d'accord avec ça. Et ça peut te poser… En fait, ça te fait des problèmes. Mais tu vois, ça te fait des problèmes, mais tu ne les vois même pas venir. Toi, tu te dis, je vais bien. Je parle comme d'habitude. C'est juste qu'effectivement, mon corps a changé. mais pour cela Mais pour comprendre ça, je pense que la personne vraiment, la personne qui t'a recruté à l'époque, elle t'a recruté avec un certain poids, un certain physique. Et en fait, quand tu commences à prendre soin de toi-même, ils sont au départ dans la félicitation ou dans quelque chose de très impressionnant. Mais ensuite, une fois que tu as fermé tes idées, j'ai l'impression que là, tu peux devenir... Ça leur envoie certaines choses où c'est...
- Speaker #0
Moi, je pense que c'est plus complexe. C'est plus complexe ? Genre en mode... À 160, je te dis dans ta tête, tu fais déjà un certain poids qui va t'accepter. Donc, tu vas baisser tes standards, tu vas baisser tes attentes et tu vas essayer de copier les gens. En fait, ta personnalité est inexistante à 160. Tu as genre ta petite personnalité, mais tu fais en sorte d'être acceptée par tout le monde.
- Speaker #1
Je ne suis pas d'accord avec ça. Je pense que vraiment, je suis d'accord avec ça. Je pense que oui, pour beaucoup de gens, c'est comme ça. Je pense que pour d'autres... pas forcément c'est juste oui c'est pas une généralité voilà c'est ce que je voulais dire c'est juste que c'est quand je dis je suis pas d'accord c'est juste que je pense que non c'est pas une généralité je pense que c'est selon les personnes moi j'ai toujours la phrase à dire ah bah cette fille elle est grosse elle est gentille oui oui oui il y a des cas oui on met on met les gros dans certains dans certaines cas ouais je dis ça c'est parce qu'en fait on a accepté de faire des choses par exemple je sais pas en termes de profession en termes de trucs
- Speaker #0
On les a rangés. « Oh, tu veux un café ? Vas-y, je te ramène un café. Vas-y, ça. » Et puis après, ils changent ce service-là contre des habitudes imposées. Et nous, on va accepter. Parce qu'on se dit, déjà, ils me traitent bien, alors que non, ils ne te traitent pas bien. Ils t'utilisent. Au terme du travail, j'étais grosse. Grosse n'est pas un terme. Grosse, c'est dans la langue française. Voilà, ne commencez pas à attraper ma veste. C'est dans la langue française. Moi, j'étais au travail. On me disait, mes chérines, elle est gentille, elle va faire ça. Ah, mes chérines, elle est gentille. Et toi, tu ne peux pas dire non. Parce que tu te dis déjà que tu es en obésité. Si tu dis non,
- Speaker #1
ils vont t'attaquer de tous les côtés. Oui, mais ça, c'est quand tu as un caractère qui n'est pas forcément un caractère de leader inné.
- Speaker #0
Non. Après, ça, c'est par rapport à mes soins.
- Speaker #1
Moi, par exemple, j'ai ce caractère-là où dès le début, en fait, je me positionne, enfin, on me positionne, je me positionne souvent comme le leader. Et donc, du coup, de la même façon où quand j'étais obèse, je pouvais lead, effectivement... entre guillemets, c'est le gros qui lit. De basique, tranquille. Tu ne représentes pas un danger. Ton poids fait que tu ne représentes pas un danger. Une fois que j'ai commencé à perdre du poids à la salle de sport, à muscler certaines parties, je ne sais pas, j'ai vu le regard changer. Voir comme si le danger arrivait. Et c'est là où je me suis dit, en fait, ça a ses avantages. On perd du poids, on est content et tout. Mais de l'autre côté, ce n'est pas qu'ils ne veulent pas que tu maigrisses.
- Speaker #0
Mais je pense qu'en fait... Je pense qu'en fait, c'est des personnes qui voient le courage que tu as eu de régler tes traumas et qui te disent, mais j'aurais aimé avoir ces traumas, sauf que le langage corporel, il n'a pas le remboulon. Je suis pour la paix et l'amour.
- Speaker #1
Tu reprends le plan. Mais à l'époque, je ne comprenais pas. Je rentre un peu plus dans les standards de la société. Pourquoi vous ? J'ai l'impression que c'est comme...
- Speaker #0
La jalousie, mais la jalousie, les cools, c'est un problème. c'est vrai que ça revient souvent sur le problème tout est lié c'est à l'intérieur tu vois moi quand je voyais le psy et qu'il m'avait expliqué je lui disais, même j'éternuais j'éternuais ou je me mouchais ou je pleurais je lui dis tout le temps désolé je te bouscule désolé il me dit mais pourquoi vous dites désolé, je dis parce que j'ai fait ça il me dit mais vous avez pas à vous excuser vous avez le droit d'exister et ça ça a été fort dans ma tête parce qu'il m'a dit ... On vous a fait grandir dans un schéma toxique où vous n'aviez pas le droit de dire ce que vous vouliez, où vous n'avez pas le droit de même dire bonjour, qu'en fait, vous vous excusez même de vivre.
- Speaker #1
C'est inconsciemment. À
- Speaker #0
30 ans, je m'excuse de vivre, alors que je ne devrais pas le faire, tu vois.
- Speaker #1
C'est genre,
- Speaker #0
tu vois. Tu vois, je me dis, mais jusqu'à... J'ai 30 ans, j'ai deux enfants, c'est les amants de ma vie. Mais je me dis, j'ai encore tellement de chemin devant moi.
- Speaker #1
Donc, on peut conclure qu'en vrai, il y a encore du travail à faire.
- Speaker #0
tu vois là on est en procédure judiciaire je ne sais pas ce que ça va donner même là personne n'est au courant que j'en parle face cam le jour où je suis allée à la police j'ai fondu en larmes parce que tu as toujours cette loyauté de dire tu as le nom de famille qui était là qui était là quand moi Chérine ma Chérine de 7 ans a subi ce qu'elle a subi Oui. C'est-à-dire que personne ne m'a protégée. Et je ne suis pas l'agresseuse, je ne suis la victime. Donc c'est-à-dire qu'il y a une justice et que moi, j'espère que la justice française va faire son devoir. Parce que j'ai toujours dit que si demain, c'était classé sans suite, j'allais faire ma propre justice sur les réseaux. C'est peut-être trop dire ça, mais je serais arrivée à un moment donné à me dire mais on ne protège pas en fait. Donc je me protège toute seule.
- Speaker #1
Franchement, on va espérer. espérer que cette justice fasse le maximum. Et que si tu es dans une phase de guérison actuellement, tu puisses continuer à guérir. Savourer dans cette phase de guérison les bénédictions, parce que c'est important. En société, on aime bien, on passe vite à autre chose. On ne savoure pas, on n'a pas assez de temps de savourer les bonnes choses qui nous sont présentées. Donc vraiment, au nom de toute l'équipe de Paix et Amour Story, on ne te souhaite que du bonheur. Ça a été un plaisir de partager vraiment ce moment avec toi. Ça m'a permis en tout cas personnellement d'avoir un témoignage qui est complètement différent de ce que moi j'ai vécu. Et c'est ça le but de Paix et Amour, c'est de partager. Il n'y a personne qui vient avec la vérité absolue. Ah non, c'est vrai. On est vraiment dans... One shot. C'est ça. Tu as totalement compris. Je suis vraiment content d'avoir partagé ça avec toi. Et je te souhaite une bonne continuation, toi et toute ta famille. Merci. Que la paix et l'amour vous accompagnent. Merci. Merci chérie. Guérissez-vous.
- Speaker #0
Guérissez votre cœur. Parce que si vous ne vous aimez pas... qui va le faire. Vous êtes le propre maître de votre corps. Je vous fais de gros bisous. Et s'il y a quelqu'un qui vous embête, vous m'appelez.
- Speaker #1
Paix et amour, on est ensemble.