Speaker #0Bon, on va parler d'un sujet que personne n'a vraiment abordé de manière directe et complète, mais qui est sur toutes les lèvres, enfin presque. Le sexe pendant la grossesse. Ce moment où tu te demandes si t'as encore le droit, ou pire, si tu vas pas lui faire mal. Ou au bébé, ou à toi, ou à vous. Spoiler, le bébé ne verra rien, il a pas de GoPro. Mais derrière les blagues, il y a plein de questions sincères. Est-ce que c'est encore possible ? Est-ce qu'elle en a envie ? Et moi, est-ce que j'ai le droit d'en avoir envie ? Pourquoi c'est si différent, si sensible, si flou ? Dans cet épisode, on va lever le voile, doucement, sans pression, sans jugement, juste avec de la vérité, de la tendresse et un peu d'humour. D'abord, non, tu ne risques pas de toucher la tête de ton bébé, pas même du doigt. C'est physiologiquement impossible. Et pourtant, tu vas me dire, pendant un toucher vaginal, il est fréquent que la sage-femme ou le gynécologue palpe quelque chose. Alors, qu'est-ce qu'ils sentent vraiment ? Ce qu'ils évaluent lors d'un toucher vaginal, en fin de grossesse ou en travail, c'est le col de l'utérus, sa consistance, sa longueur, son ouverture, sa position. Ils évaluent aussi la présence du bébé. En fin de grossesse, quand le col est déjà un peu ouvert, on peut sentir la partie la plus basse du bébé, souvent la tête. tête dans une présentation céphalique. Mais il ne s'agit pas de toucher la tête comme on caresserait un front. On sent une masse dure, arrondie, rebondie à travers la poche des os et les tissus. C'est très très indirect. Ils évaluent aussi l'engagement. Ils évaluent si la tête du bébé est descendue dans le bassin en se basant sur le repérage des épines sciatiques dans le bassin maternel. Cela permet de noter le niveau d'engagement de la tête. On parle alors de station. Enfin... Ils évaluent la mobilité de la présentation. Une tête qui est bien engagée et moins mobile. C'est un bon signe de descente et de préparation à l'accouchement. Mais tu sais quoi ? Plusieurs couples s'arrêtent complètement d'avoir toute intimité pendant la grossesse. Pas parce qu'ils n'en ont plus envie. Souvent parce qu'ils ont peur. Ou parce qu'ils sont gênés. Parce qu'ils n'en parlent pas. Et que le silence, ben, il tue le lien. Voilà trois idées reçues qui méritent de passer à la benne. 1. Le sexe déclenche l'accouchement. C'est faux. Sauf en toute fin de grossesse et encore. 2. Elle n'aura plus jamais envie. C'est faux aussi. L'envie change. Elle fluctue et c'est ok. 3. Il faut être très doux sinon on fait mal. C'est vrai, mais pas dans le sens que tu crois. C'est pas une question de technique, c'est une question de présence. Le corps change, le ressenti aussi. Mais ce n'est pas la fin de votre intimité. C'est une autre page. Pas envie, mais tu ne sais pas comment lui dire. T'as peur qu'elle se sente obligée ou jugée, voire coupable. Voici une règle simple. Le désir, ça se partage. Ça ne s'impose jamais. Enceinte ou pas enceinte. Tu peux essayer avec une phrase comme « Je sais que ton corps change, que tu traverses plein de choses, mais j'aimerais comprendre ce que tu ressens aussi dans notre intimité. » Ou encore, si un jour tu veux qu'on se retrouve autrement, en tendresse, en massage, en câlin, je suis là, sans attente particulière. Ce qui compte à nouveau, ce n'est pas la performance, c'est la connexion, c'est le lien. Et parfois, ce qui va nourrir votre lien, c'est juste une main posée dans son dos. Un « je t'aime » dans le cou, un massage sans arrière-pensée. Est-ce que toi aussi, tu as déjà eu cette conversation silencieuse où vous vous regardez sans savoir comment aborder le sujet ? Tu verras, parfois, ça mène à plus. Parfois, non. Mais c'est pas grave. Tu veux du concret ? Eh bien, en voilà. Ta partenaire, elle n'a peut-être plus envie de pénétration. Mais ça ne veut pas dire qu'il n'y a plus d'érotisme, qu'il n'y a plus d'envie. Voilà quatre pistes à explorer. La première piste, c'est le massage érotique. Pas pour qu'il se passe quelque chose. Pour explorer, sans but, se faire plaisir, se découvrir. Deuxièmement, les baisers. Long, lent, intense. Pas juste un truc à cocher. Trois, le bain ensemble. L'eau apaisante, elle détend, elle invite au contact. Et puis évidemment, il y a les mots. Oui, juste les mots. Dire ce qu'on aime, ce qu'on imagine, même sans se toucher. C'est une période idéale pour apprendre un truc fou. Le désir, ce n'est pas une mécanique, c'est un dialogue. Un truc fluide, vivant. Et parfois, dans la grossesse, ce dialogue prend une voix plus douce, plus lente, mais tout aussi intense. Et toi, là-dedans, tu peux ressentir du désir, et en même temps, tu peux ressentir de la gêne. Tu peux te sentir repoussé, frustré, inquiet et ne pas oser le dire. Et c'est ok. Ce que je te propose, c'est de prendre ce moment pour t'observer aussi. Est-ce que ton désir est blessé ou juste en attente ? Est-ce que tu peux lui faire une place sans le faire peser ? Est-ce que tu peux en parler avec d'autres pères ou un thérapeute si ça coince trop ? Est-ce que t'as parfois l'impression de marcher sur des oeufs ? De ne plus savoir comment exprimer ton désir sans que ça sonne comme une pression ? Tu n'es pas anormal, tu es humain. Et dans cette période, tout le monde tâtonne. L'important, c'est pas d'être parfait, c'est de rester dans le lien. Ce que vous vivez en ce moment, c'est un vrai chantier. Et dans les chantiers, il y a parfois de la poussière. Mais si vous gardez le lien, si vous osez parler, si vous explorez main dans la main, alors vous allez construire bien plus que du sexe. Vous allez construire de l'intimité, de la confiance, du lien. Et parfois, juste poser ta main sur son ventre et lui dire « t'es belle comme ça » . Ça vaut tous les manuels du monde. Dans le prochain épisode, on va parler d'un petit être qui t'entend déjà, même s'il ne parle pas encore. A tout de suite !