- Speaker #0
1730.
- Speaker #1
Dans les vastes salles du palais de Meknes, une femme se prépare à accomplir une mission inédite. Son regard est calme, mais son esprit est en ébullition. Elle n'est ni une guerrière, ni une marchande. Elle est plus que cela. Elle est l'Allah Nata Bontbaka. Et aujourd'hui, elle s'apprête à écrire l'histoire. Au Maroc, le trône shérifien est un champ de bataille incessante. Mouley Esmail, l'un des plus grands sultans du pays, a disparu en 1727. laissant derrière lui un royaume fracturé. Son fils Mouliadallah tente de maintenir son pouvoir, mais il a besoin d'alliés. Et à Tripoli, la régence ottomane pourrait en être un précieux. Mais qui envoyer pour négocier avec ces redoutables diplomates turcs ? Qui pourra représenter la force du Maroc ? Sans brandir l'épée.
- Speaker #2
Dall'Arnata était reçu par le Pacha de Tripoli. Et en fait, le Pachin n'était qu'un représentant du sultan, l'Empire ottoman. Ce sultan, cet empereur, savait que cette dame avait déjà eu des négociations avec les pays européens, l'Angleterre, la France et autres, et que les échos de ces négociations avaient atteint des contrées lointaines.
- Speaker #1
Une seule personne à la sagesse, l'intelligence et le prestige nécessaires. Une femme, une sultane, une conseillère royale, la Larnata Bontbaka. Son convoi s'ébranle au lever du soleil. Caballé enturbané, bannière flottante au vent, caravane chargée de présents, la Larnata est vêtue d'un long haïk blanc. Son visage à peine voilé laisse entrevoir son regard perçant. Elle ne chevauche pas en retrait comme l'exigeraient les conventions, non ? Elle est en tête, guidant ses hommes vers la mer, vers l'inconnu. Après des semaines de voyage, la délégation atteint les rives de la Méditerranée. Une frégate l'attend. La Lernada n'a jamais navigué. Mais elle ne laisse rien paraître. À bord, les vents soufflent fort, les mains grincent. Mais son esprit est déjà tourné vers sa mission. Ripoli, une cité turbulente sous domination ottomane. Les génissaires patrouillent dans les rues étroites, les res saturés des effluves des souks et du sel de la mer. Dans le palais du Dey, le silence se fait lorsqu'elle entre. Les ambassadeurs d'ordinaire sont des hommes vêtus d'apparat militaire. Elle, une femme drapée dans la dignité du Maroc, avance sans trembler.
- Speaker #2
D'un autre côté, elle arrivait dans le palais du Pacha comme impératrice. Et donc, le Pacha la recevait. Lui-même était presque un vassal de cette impératrice qui arrivait avec tous les honneurs. et qui avait l'aura d'une grande reine.
- Speaker #1
Elle s'assoit en face du Dey. Les négociations commencent. Les Ottomans, qui occupent déjà depuis dix siècles ce qui sera l'Algérie, veulent renforcer leur position. Le Maroc, lui, a besoin d'une stabilité commerciale et militaire. La Lernata écoute, pèse chaque mot, puis parle. Sa voix est douce, mais chaque phrase est une lame finement aiguisée. Elle évoque l'histoire commune, le respect entre les puissances musulmanes, l'avenir qui se forge non pas par l'épée, mais par l'intelligence. Après des jours de pourparlers, le traité est signé. Les relations entre le Maroc et Tripoli sont consolidées. La Larnata a réussi, là où bien des hommes auraient échoué. Lorsqu'elle quitte la cité, les regards la suivent, certains avec admiration, d'autres avec méfiance. Mais une chose est certaine, plus jamais on ne sous-estimera une femme en diplomatie. La Lakhnata Bontbacar ne se contenta pas de gouverner dans l'ombre des sultans. Elle traça un chemin que peu osèrent emprunter après elle. Son nom résonne encore dans l'histoire du Maroc, comme celui de la première femme à avoir tenu les rênes de la diplomatie marocaine.
- Speaker #3
Vous écoutez l'histoire du Maroc. Par la Grande Porte, un podcast immersif, écrit par le magazine Zaman et raconté par Rachid Mbarké. Enrichissez votre connaissance sur l'histoire du Maroc avec notre sponsor et partenaire. L'histoire du Maroc, par la Grande Porte.
- Speaker #1
Le désert forge les esprits indomptables. Les vents, ils sculptent les dunes comme le temps façonne les légendes. C'est dans ces terres infinies, brûlées par le soleil, que naît une femme destinée à marquer l'histoire. Son nom ? Lallarh Nata Bantbaka, 1668. Sous le ciel immense du Sahara, une tente s'ouvre sur un campement vibrant d'activité. Des cavaliers m'hafra arrivent au galop. Dans ce monde où règnent les traditions, une enfant voit les hommes. Hnata, fille du puissant Cheikh Abou Bakar el-Roul, pénalit m'hafri. Les m'hafra ne sont pas un peuple ordinaire. Descendant des grandes tribus sanahiennes, Ils sont redoutés et respectés. Ils maîtrisent les routes caravanières et les lois du désert. Dès son plus jeune âge, Renata grandit parmi eux, bercée par les récits anciens, éduquée dans l'art de la parole et de la diplomatie. Mais elle ne se contente pas d'écouter. Renata apprend à lire et à écrire, chose rare pour une fille de son époque. Elle étudie le Coran, la jurisprudence islamique, la poésie. Son esprit vif absorbe tout. Elle comprend vite que le pouvoir ne repose pas seulement sur les armes, mais aussi sur la connaissance. 1678. Ameknes. Un homme règne d'une main de fer, moulé Ismaïl, sultan du Maroc, bâtisseur infatigable, guerrier impitoyable. Son ambition est immense, unifier le royaume, dompter les tribus, imposer son autorité absolue. Pour cela, il lui faut des alliés et une femme capable de régner à ses côtés.
- Speaker #2
Le mariage de l'Allah Nata avec Moulaï Ismail était en lui-même une stratégie géopolitique. Le père de l'Allah Nata dominait le vaste sud saharien, et donc il était presque un sultan, même s'il dominait cette région au nom du sultan Moulaï Ismail. Il avait élevé sa fille pour qu'elle devienne sultane. Il la formait à la politique, au savoir religieux, littéraire et politique. Donc Moulesse Maïn savait qu'il s'était marié à la fois avec une alliée et une conseillère.
- Speaker #1
Quand Natab Bontbacar est introduite dans le harem royal, elle n'est pas une simple épouse de plus, elle est bien plus que cela. Fille de chef, formée aux subtilités du pouvoir, elle sait que dans ses murs, la force réside autant dans les alliances que dans l'intelligence. Moulay Ismail n'est pas un souverain ordinaire. Il respecte la force, admire l'intelligence et voit en Renata une femme à la hauteur de ses ambitions. Elle ne se contente pas d'être une épouse silencieuse. Elle conseille, elle écoute, elle suggère. Et peu à peu... Elle devient plus qu'une favorite. Elle devient une stratège, une alliée. Elle n'a pas seulement épousé un homme. Elle a épousé un empire en construction. Et elle sait que pour survivre dans cet univers impitoyable, elle devrait être aussi redoutable que les hommes qui l'entourent. C'est ainsi que commence l'ascension de l'Alakhna Jabot Vaka, non comme une simple épouse royale, mais comme une femme de pouvoir. qui ne tardera pas à marquer l'histoire du Maroc. Dans les couloirs de l'histoire, il y a des figures qui transcendent leur époque. Des âmes indomptables, façonnées par la volonté, la ruse et la résilience. La Lachnata Bontbacar n'est pas qu'une épouse royale, ni une simple figure de l'ombre. Elle est une reine sans couronne, une stratège silencieuse, une femme qui, dans un monde d'hommes, a su s'imposer. 1678 Lorsqu'elle épouse Moulaï Ismail, elle sait qu'elle ne peut se contenter d'un rôle décoratif. Le sultan n'est pas un homme facile. Connu pour sa poigne de fer, il est redouté de ses ennemis et même de ses proches. Mais il n'est pas dupe. Il reconnaît l'intelligence de Renata. Il sait qu'elle est plus qu'une épouse, plus qu'une mère. Elle est une femme de pouvoir. Dans l'ombre des murs de Meknes, Renata tisse patiemment sa toile. Ministre, stratège, confidente, elle ne se contente pas d'écouter. Elle conseille, oriente, négocie. Pendant que Mouley Ismail bâtit son empire de pierre et de sang, elle s'assure que les alliances se forgent et que les décisions les plus cruciales ne se prennent jamais sans elle. Mais le destin ne laisse jamais de répit à ceux qui se tiennent au sommet. En 1727, le lion de Meknes s'éteint. Avec lui disparaît un règne de fer, mais non pas le pouvoir de la Lernata. Car si le sultan n'est plus, l'instabilité menace. Qui gouvernera ? Qui prendra les rênes d'un empire menacé par les querelles intestines ? Dans les couloirs du palais, les murmures se font insistants. Les prétendants au trône sont nombreux, trop nombreux. Les vizirs complotent, les généraux s'agitent. Mais dans ce chaos, une voix s'élève. Une main ferme guide les fils du sultan des fins. La larnata des rendez-vous devient le pivot du royaume. Elle pourrait se retirer, se réfugier derrière le voile de la tradition, mais elle ne le fait pas. Car une femme qui a passé des décennies dans les cercles du pouvoir ne peut pas s'effacer si facilement. Pendant 25 ans, elle gouverne dans l'ombre, conseillant, influençant, orchestrant l'avenir d'un empire. Les années passent et l'instabilité demeure. Plusieurs souverains se succèdent, mais aucun ne parvient à asseoir son autorité durablement. En 1729, la Larnata joue son atout le plus précieux. Avec une habileté politique rare, elle parvient à faire intromiser son fils, Moulaïa Dalla. Et ce n'est pas qu'un choix dynastique, c'est un coup d'échec magistral. Ainsi... La femme qui n'aurait jamais dû être qu'une simple épouse royale s'impose comme l'architecte de l'histoire marocaine. Elle n'a jamais brandi l'épée, mais elle a forgé le destin d'un royaume. La Lachnata Bontbacar, une reine de l'ombre, une souveraine sans trône, une femme dont l'héritage dépasse les siècles. 1729 Le Maroc est une mer agitée. Les vagues du chaos menacent d'engloutir le royaume. Les luttes de pouvoir se multiplient. Les vizirs complotent. Les tribus se soulèvent. Mais au cœur de cette tempête, une figure demeure inébranlable. Une femme. Une reine sans couronne. L'Allah n'a pas de tracard. Avec une précision d'orfèvre, elle place son fils, Moulay Abdullah, sur le trône. Ce n'est pas qu'un simple choix dynastique, c'est une manœuvre politique d'une habileté rare. La larnata, c'est que gouverner ne se résume pas à brandir l'épée. Il s'agit d'anticiper, de négocier, de tenir fermement les haines d'un empire vacille. Mais le destin n'épargne personne. Lorsque Moulay Yadonla s'éteint prématurément, la crise est immense. Son fils est trop jeune pour régner. Et dans un Maroc fracturé, un sultan faible signifie une nation en péril. La Lachnata le sait. Elle sait aussi qu'elle est la seule capable d'empêcher l'effondrement. Alors elle ne recule pas. Elle ne se cache pas derrière les traditions. Elle prend les rênes du royaume. Pendant 16 ans, elle est la régente de l'Empire shérifien. 16 années de lutte, de décisions audacieuses, de crises évitées de justesse. 16 années où elle ne règne pas. en nom, mais en acte. Les tribus frondeuses sont apaisées. Les ambitions des prétendants sont contenues. Les relations diplomatiques sont renforcées. Elle fait face aux Ottomans, aux Européens, aux factions internes. Là où bien des souverains ont échoué, la Lahnata, elle, tient bon. Pendant 66 ans, elle traverse l'histoire avec une intelligence politique acérée, déjouant toutes les crises qui menacent l'intégrité du royaume. Mais elle ne s'arrête pas là. Une souveraine ne se contente pas de gérer. Elle anticipe. Elle agit. L'année suivante, le Maroc fait face à un défi de taille. La régence de Tripoli, sous domination ottomane, représente à la fois une menace et une opportunité. Une négociation est cruciale. Et qui mieux que la Larnata pour porter la voix du monde ? Alors elle part. Non pas comme une reine en retrait, mais comme une diplomate, une stratège. À la tête de la délégation shérifienne, elle traverse la mer Méditerranée, défiant les conventions, bousculant les traditions. Lorsqu'elle franchit les... porte du palais du dé de Tripoli et regard se fiche. Une femme ? Une négociatrice ? Une ambassadrice ? Les discussions sont longues, complexes. La Larnata ne sait de rien. Elle parle avec l'assurance d'un chef d'État. Elle manie les mots comme une épée. tranche les débats avec la précision d'un général. Et lorsqu'elle repart, un accord est signé. Elle a réussi là où d'autres auraient échoué. Ainsi, dans un Maroc en proie au chaos et à l'instabilité, la larnata Bontbacar ne s'est jamais effacée. Elle a régné sans couronne, gouverné sans sceptre. dominée sans armée. Elle est devenue la première ambassadrice connue de l'histoire du Maroc. Une femme qui n'a jamais eu besoin d'un trône pour laisser une empreinte indélébile sur le destin de l'homme.
- Speaker #2
Comment elle a réussi ça ? Par la finesse politique et la force. D'une part par une alliance avec l'armée guiche des Oudéas, et d'autre part... par une alliance avec les Rulémas, les sabres religieux. L'armée des Guiches était une armée redoutable et les Rulémas avaient justement l'emprise symbolique sur la population. Donc on voit très bien que c'est une alliance entre le sabre et le religieux, ou comme on dit, entre le sabre et le goupilleux.
- Speaker #3
Enrichissez votre connaissance sur l'histoire du Maroc avec notre sponsor et partenaire. L'histoire du Maroc par la Grande Porte.