- Speaker #0
Bienvenue sur Parcours de Vin, le podcast qui part à la rencontre des gens qui font le vin. Au fil de nos discussions, nous allons partager avec vous les étapes inspirantes de leur cheminement. Parce que, encore plus qu'ailleurs, dans le vin, il y a autant de parcours que de personnes. Je suis Paul-André Saulnier, oenologue associé chez ES20 Oenologie ABC, et je suis très heureux de partager ce moment avec vous. Aujourd'hui, je reçois Vanessa Méline, directrice de la OP Terrasse du Larzac. Nous avons évidemment parlé de terroir, mais aussi de rebouchons, d'artisanat et de collectif. Route pour ce troisième épisode. Merci de prendre ce temps d'échanger et de partager avec nous.
- Speaker #1
Merci à toi.
- Speaker #0
On enregistre aujourd'hui au cœur des terrasses du Larzac. Est-ce qu'on peut démarrer avec un peu de géographie et nous donner les contours géographiques des terrasses du Larzac ?
- Speaker #1
L'appellation de terrasses du Larzac, elle est à l'ouest de Montpellier et le vignoble est structuré autour, sur les contreforts du plateau du Larzac. dans une forme un peu en V, incluse d'un côté l'hérault et de l'autre côté son affluent qui est l'Allergue. Donc on remonte jusqu'au-dessus de l'Audeve, on descend jusqu'à la confluence de l'Allergue et l'Hérault à Saint-André-de-Sangonis, et à l'est, on remonte jusqu'à la vallée de la Buège et le plus honneur, c'est Brissac, au contrefort, au piment des Cévennes. Et donc, le point commun de ce vignoble terrasse du Larzac, c'est le fait d'être sur les terrasses fluviatiles de l'hérault et de ses affluents, d'où le nom terrasse du Larzac et les contreforts du Larzac.
- Speaker #0
Ok, c'est une très très bonne introduction. On va revenir sur les terrasses après et on va faire un petit retour en arrière, un retour vers le passé. avec la question qui est où est-ce que tu as grandi et est-ce que tu peux nous partager une odeur de ton enfance ?
- Speaker #1
J'ai grandi à Doucard, au bout du lac d'Annecy, où je suis née à Annecy. Et mes parents avaient une maison dans ce village de Doucard, qui était à l'époque un village encore assez agricole, plutôt d'élevage. Une odeur... Je dirais une odeur du jardin. On avait un grand jardin où mes parents... Mon père faisait un potager et mes parents faisaient... Il y avait souvent pas mal de fleurs. Peut-être les roses. On avait des roses tout au long de la pelouse. Ou l'estragon, que je n'arrive pas à faire pousser ici et qu'on avait... qu'on mettait dans la sauce de salade.
- Speaker #0
L'estragon. Je n'ai aucune idée de quel goût ça a, l'estragon, en fait.
- Speaker #1
Et c'est assez fort. donc tout le monde n'aime pas, soit on le met avec aussi des poissons parce que c'est un peu fort mais j'ai essayé plusieurs fois d'en planter ici, j'ai jamais réussi à ce que ça perdure d'ailleurs on n'en voit pas dans les magasins de plants ok,
- Speaker #0
tu l'as remplacé par le par le thym ? basilic c'est vrai, bien joué donc Annecy comment tu passes d'Annecy au terrasse du Larzac ? Il y a un voyage direct ou il y a eu quelques petits détours ?
- Speaker #1
Beaucoup de détours, je pense. En fait, à Annecy, il n'y avait pas possibilité de faire des études déjà. Il y avait très peu de choses. Maintenant, je pense que ça s'est un peu développé. Mais à part un IUT, peut-être, il n'y avait rien pour faire les études à Annecy. Donc, même si j'ai dit longtemps que je ne quitterais jamais mon lac, c'était l'endroit le plus fabuleux du monde. En fait, je ne suis jamais retournée. Enfin, mes parents sont encore dans le coin. et j'ai D'abord, j'ai fait deux ans d'études à Grenoble, puis à Lens, dans le puits de Dôme, à côté de Clermont-Ferrand. Ensuite, à Montpellier. Et ensuite, j'ai habité d'abord dans le Cantal, puis dans la Drôme. Puis je suis arrivée en 2012, ici, dans la région.
- Speaker #0
Ok. Directement au syndicat ?
- Speaker #1
Non, j'ai d'abord... En fait... Merci. J'ai quitté mon emploi dans la Drôme pour me rapprocher de mon conjoint qui habitait dans le Cantal. Et on a trouvé un lieu de rapprochement familial, on va dire, qui était à mi-chemin de tous nos enjeux. Et je n'avais pas trouvé de travail en bossant dans la Drôme. Donc au bout d'un moment, j'ai fait le choix de quitter le boulot et de venir ici. Et après une période relativement importante de chômage, j'ai finalement commencé à l'Odev, à la communauté de communes des Wailersac, sur plutôt un poste de développement agricole au sein du service économie.
- Speaker #0
Ok, ça consiste en quoi ? Le développement agricole dans une communauté de communes.
- Speaker #1
C'était assez nouveau parce que c'était une création de postes. C'était nouveau. Sur le cœur des roues, il n'y avait pas de postes agricoles dans les collectivités, dans aucune des trois collectivités, puisque dans la zone, il y a trois communautés de communes. Mais moi, j'avais déjà fait ça dans la Drôme, en fait. Et on va dire que c'est plutôt des postes de chargés de projets, en fait. En tout cas, moi, la façon dont j'envisageais aussi, c'est aussi mettre des partenaires autour de la table pour faire sur un même territoire, essayer de faire converger, d'émerger une politique agricole et de faire en sorte que tous les acteurs qui sont déjà dans la place travaillent ensemble pour favoriser. Développement d'agriculture sur un territoire.
- Speaker #0
Ok. Et l'agriculture sur ce territoire-là, c'est beaucoup de vignes ?
- Speaker #1
L'Audevoie et l'Arzac, en fait, il y a 28 communes et donc il y a une partie de vignes. Et c'est comme ça que je suis arrivée finalement au syndicat après, parce que j'ai rencontré les vignerons de l'appellation quand j'étais à ce poste. Et il y a aussi une partie élevage, puisque la communauté de communes, elle inclut aussi un certain nombre de communes qui sont sur le plateau de l'Arzac. Le Kélars, Saint-Félix-de-l'Hérace, Sorpes, etc. Donc il y avait aussi tout un volet élevage qui donnait à la fois pour mon poste et pour une couleur un peu particulière à cette collectivité, puisqu'elle n'est pas uniquement viticole.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a des liens, je ne sais pas du tout, est-ce qu'il y a des liens entre l'élevage et la viticulture ?
- Speaker #1
En fait, il y a des liens forts entre le Larzac et les vignes du Piémont de Larzac. Parce que même les communes, en fait, une partie des communes, elles sont découpées en long avec une partie qui est dans la plaine et une partie qui est sur le plateau. Et il y avait des interactions assez fortes entre l'activité d'élevage sur le plateau et les activités de plaine, qui n'ont pas toujours été des activités de vignes. Il y avait aussi des zones de prairies. y compris des prairies irriguées. Notamment à Lorus, il y a tout un réseau d'irrigation qui est assez ancien et qui irriguait plutôt des prairies où on mettait les animaux de trait, par exemple, à un moment donné, ou les animaux du plateau qui transumaient. Et ces liens ont été assez forts pendant longtemps parce que malgré tout, le fait de faire redescendre les animaux, c'est aussi les échanges de fumures. qui se remettent un peu en place dans la logique des vignerons, aussi de l'appellation autour de la bio, etc. J'ai entendu récemment que certains se mettaient en cheville avec des éleveurs qui sont par exemple à Saint-Félix-de-l'Hérace pour récupérer du fumier, pour avoir la matière organique qui voyage aussi le moins possible.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a justement des vignerons qui... qui suit. qui sont en suivi avec des transhumances, qui les font venir pour pâturer entre les vignes. Est-ce que ça existe ça ?
- Speaker #1
Ça se redéveloppe aussi. Moi, ça fait 6 ans ou 7 ans que je travaille au syndicat, plus la période où je travaillais à la communauté de communes, où j'avais aussi cette vision territoriale. Le fait de faire venir des bergers dans les vignes, ou en tout cas déjà des brebis. dans les vignes se développe pas mal. Moi, je vois que ça faisait partie des choses que, quand j'étais à la communauté de communes, on voulait essayer de développer. Et puis finalement, c'est le genre de choses où il faut être assez modeste. Finalement, ça se fait au contraire par des liens. Il y a une fois un vigneron qui fait venir tel berger dans ses vignes. Et puis en fait, ça se fait de proche en proche parce que les autres le voient et ils s'organisent finalement entre eux. pour faire circuler les bêtes de vigne en vigne. Et il y a plusieurs facteurs qui ont favorisé ça. Il y a aussi le fait, alors déjà, qu'il y a des pratiques agricoles qui changent avec l'enherbement dans les vignes, spontanées ou semées, d'une part. Et on va dire le côté positif de la pression sur les sangliers. Il y a aussi de plus en plus de vignes qui sont clôturées, ce qu'on peut éventuellement déplorer, mais ce qui aussi facilite le fait d'accueillir des brebis parce que c'est un peu moins contraignant en termes de surveillance. Après, il y a aussi des endroits où ça reste des bergers qui sont avec leurs toux. peau toute la journée. Mais il y a différentes pratiques.
- Speaker #0
Il y a un intérêt au-delà de l'intérêt visuel des brebis dans les vignes, il y a un intérêt agronomique.
- Speaker #1
Oui, d'une part, il y a un intérêt de calendrier de travail, c'est-à-dire que si l'herbe est mangée par l'hémineton, ça fait aussi moins de boulot pour la tondre, d'une part. Et puis du coup, quand les brebis sont dans hum Dans les vignes, malgré tout, ça fait de la fumure qui est directement sur place et directement intégrée au sol. Alors, je pense qu'à ce jour, il n'y a pas vraiment d'études hyper pointues ou structurées sur ça. Mais je sais que le civam bio de l'héros et civam empreinte, qui est la partie plus élevage, ils essayent de mettre en place des essais autour de ce sujet-là.
- Speaker #0
Ok. Je vois le truc sur le territoire et la relation entre les différents acteurs du territoire. Pour moi, c'est toujours positif d'avoir des relations, même au sein de l'agriculture. C'est un sujet, la mise en relation des différents acteurs, c'est toujours positif. Même si agronomiquement, l'impact est faible, il y a toujours un point positif. C'est combien de... C'est combien d'adhérents les terres du RASAC aujourd'hui ?
- Speaker #1
Il y a une centaine de structures de vinification. Nous, le syndicat terres du RASAC, on est l'organisme de défense et de gestion de l'appellation, et on regroupe la partie production, c'est-à-dire les producteurs de raisins, vinificateurs, vendeurs de raisins, coopérateurs, mais pas les négociants en fait. Il faut avoir la partie amont. et ou vinifiés. Il y a donc une centaine de structures dont trois caves coopératives, le reste sont des caves particulières. On est plutôt un syndicat avec une forte propension de caves particulières par rapport à d'autres appellations langue de sienne. Et les trois caves coopératives doivent regrouper entre 30 et 40 adhérents. Disons qu'en termes de nombre d'adhérents, on est autour de 140.
- Speaker #0
Tu dis organisme de défense et de gestion ODG. Est-ce que cette ODG, ou même la OP en elle-même, c'est un outil de protection ou de promotion ?
- Speaker #1
À mon sens, mais c'est aussi un... Je ne sais pas si tout le monde ferait la même défense, mais moi je... Je pense, et ça, ça fait le lien avec mon origine peut-être savoyarde, et mon passage dans le Cantal, c'était plutôt des zones d'élevage avec des AOC fromagères. Ce que moi je perçois des AOC et de ce pourquoi elles ont été créées, c'était quand même un outil d'abord de protection. J'aime assez rappeler que c'est pour moi un outil politique et économique avant toute chose. C'était quand même à un moment donné des outils qui ont permis, justement on parlait de développement agricole, c'est aussi un outil de développement agricole. On lie un produit à une origine et toute la partie de contrôle, enfin une grosse partie de la partie de contrôle qu'on met en place, c'est pour démontrer qu'il y a bien un lien entre l'origine de la production et le produit. Ce lien à l'origine, il permet d'empêcher la délocalisation de la production. Donc ça permet de garder des économies agricoles dans leur lieu d'origine. L'histoire en Haute-Savoie, des haussiers fromagères, Beaufort, Reblechon, etc. C'est tout à fait ça. Après, ça s'est en plus lié au fait qu'il y a eu le développement du ski qui a permis la double activité dans ces zones-là, etc. Mais c'était quand même des zones de déprise agricole. Et moi, ça me fait quand même pas mal écho avec l'histoire de notre appellation. que je connais mieux que celle des autres appellations langue de sienne. Aujourd'hui, l'appellation est assez successful, mais il y a 25 ans, cette zone, c'était plutôt une zone de déprise viticole. C'était des zones plus difficiles à travailler, plus difficiles à mécaniser, avec des parcelles plus petites pour une partie, et dont les gens se détournaient plutôt. Et moi-même, quand je suis arrivée à la communauté de communes, justement, c'était 2013 ou 2014, c'est pas si vieux que ça. J'avais tout un pan du projet sur lequel je travaillais qui était la reconquête agricole, la reconquête des friches agricoles. Et on était bien plus tôt dans une période où un certain nombre de vignes étaient délaissées. Alors, mon action en tant que pouvoir public était assez proche de zéro. par contre la L'action de la réputation de l'appellation, donc des vignerons qui ont créé cette appellation, leur exigence qualitative, leur travail de promotion et la reconnaissance de cette appellation, ça, ça a eu un impact évident sur le fait, d'une part, que les enfants des vignerons reprennent les vignobles. Et d'autre part, qu'il y ait des gens qui venaient de l'extérieur, qui récupèrent les vignes qui étaient délaissées. Et donc, c'est bien, enfin, je reviens au départ de la question, c'est-à-dire pour moi, c'est bien un outil aussi de développement économique et de développement agricole, là où c'est. Après, effectivement, derrière, l'organisme de défense et gestion a un rôle de promotion. Et bien sûr, il y a des allers-retours entre les deux. c'est à dire si le produit est connu, est réputé et se vend bien, ça génère de la valeur ajoutée. Et donc, on est dans un cercle vitertueux où ça permet que les exploitations, elles survivent, que les gens s'installent, que les enfants reprennent, etc.
- Speaker #0
Dans le dé de défense, je voyais uniquement la fraude aux gens qui mettaient Terrasse du Larzac, Comme le... Le syndicat de Champagne va faire des procès à travers le monde pour les gens qui utilisent le champagne alors que ce n'est pas du champagne. Je le voyais comme ça, mais l'aspect anti-délocalisation et défense de l'économie locale, c'est génial. Ça me plaît beaucoup.
- Speaker #1
On n'a pas les moyens de champagne, ni la notoriété, ni les moyens pour faire des procès. Donc, on va se contenter de faire en sorte que les gens, ils essayent de vivre de leur métier. Non, mais vraiment, au départ, c'est ça quand même.
- Speaker #0
Ok. Qu'est-ce que toi, Vanessa, les adhérents du syndicat attendent de toi ?
- Speaker #1
Il faudrait leur demander. Ce que je fais au quotidien.
- Speaker #0
Par exemple ?
- Speaker #1
En fait, moi, je suis arrivée de la même manière que l'appellation. Ce que je viens de dire sur la zone qui était plutôt en déprise, l'appellation, elle est récente. Ses origines, on va dire, c'est plutôt début des années 90.
- Speaker #0
Juste une parenthèse. Moi, ce que j'ai comme date, c'est 2014. Pas l'apparition, mais... validation de l'appellation de la OP Terrasse du Lardac. Avant, elle était inclue dans l'appellation Languedoc. C'est ça l'idée.
- Speaker #1
Tout à fait. Après, on n'émerge pas non plus de nulle part. C'est-à-dire que l'histoire viticole de cette région, elle est séculaire. Et donc, évidemment que les savoir-faire et les pratiques s'inscrivent dans une longue histoire, y compris... l'histoire récente d'ailleurs, soit qu'on s'inscrive dans quelque chose de positif qui se construit, soit qu'on s'inscrive en opposition de quelque chose, de toute façon on est bien inscrit dans une évolution. Donc effectivement, le fait qu'on soit une appellation à part entière, une AOC en tant que telle, c'est 2014. Avant ça, on était effectivement une dénomination de l'appellation... A partir de 2004, au départ, c'était l'appellation Cotou du Languedoc, puisque... L'appellation Coteau du Languedoc a aussi effectué une mue pour passer de Coteau du Languedoc à Languedoc, avec une délimitation plus large et le fait qu'elle est devenue une appellation régionale. Et c'est dans ce contexte que Thérèse du Larzac s'est construit, avec un sentiment à un moment donné des vignerons que rester dans une simple appellation régionale... qui iraient de Perpignan à Nîmes, ils perdraient un peu leur identité. Et Naussé, c'est aussi une identité, en fait. C'est un groupe humain qui se reconnaît les uns les autres. Donc ça, ça implique aussi... Enfin, l'histoire récente, ça implique aussi derrière une structuration professionnelle progressive avec des choses qui étaient beaucoup portées bénévolement par les vignerons initialement. On est très, très liés, c'est pour ça qu'on s'inscrit quand même dans cette histoire, au syndicat de la haussée Languedoc, à qui on mutualise un certain nombre de moyens, notamment toute la partie, justement, contrôle interne et aussi la partie défense, parce que c'est des compétences quand même spécialisées. Et donc, moi, au quotidien, j'ai toujours un peu de mal à dire ce que je fais. Il y a la partie qu'on appelle animation syndicale, en tant que telle, c'est-à-dire... Conseil d'administration, aborder là où, quand on était 40, les liens entre vignerons se faisaient peut-être plus spontanés. Après, quand on est 100 ou 150, il faut l'organiser pour maintenir des bons liens, faire des moments d'échange, etc. Faire circuler l'information. Il y a la dimension politique dont je parlais tout à l'heure, dont on ne parle pas souvent. La dimension politique, évidemment, elle est portée par le conseil d'administration, parce que le syndicat fonctionne un peu comme une loi de 1900, avec un conseil d'administration élu par l'Assemblée générale, un bureau élu par le conseil d'administration.
- Speaker #0
L'Assemblée générale, c'est l'ensemble des adhérents ?
- Speaker #1
Tout à fait. La grosse différence avec une association de la 1901, c'est qu'on ne choisit pas nos adhérents, et nos adhérents ne choisissent pas d'être adhérents chez nous. C'est-à-dire qu'on est habilité par l'INAO. Si les adhérents respectent le cahier des charges, On est obligé de les accepter, en gros. Et si quelqu'un veut faire de la haussée Thérèse du Larzac, il est obligé d'adhérer au syndicat à l'ODG, en fait.
- Speaker #0
Ok. Ce qui me soulève une question, quelle différence, mis à part la production de vin, entre une CAF coopérative et un syndicat viticole ? Dans le fonctionnement.
- Speaker #1
Dans le fonctionnement, on n'a pas du tout la partie production, on est d'accord. Mais après, dans la façon d'organiser la vie collective, oui, ça se ressemble. Après, c'est régi par les statuts. Et chaque organisation a ses propres statuts. Alors, il y a certes des statuts à ses types au bout d'un moment, mais il y a bien, à un moment donné, les adhérents qui se réunissent en assemblée générale. pour valider un certain nombre de propositions faites par le conseil d'administration. Et donc oui, en ce sens-là, dans la partie, on va dire, structuration de la vie de l'organisation, c'est assez proche.
- Speaker #0
Ok. Si je tourne la question dans l'autre sens, toi, qu'est-ce que tu attends des adhérents ?
- Speaker #1
Oui, parce que c'était large. Sur le quotidien... Moi, je suis quand même au service de l'organisation politique et technique des adhérents. Il se trouve qu'on est une petite structure, et c'est ça qui me plaît de travailler dans ce type de structure. C'est qu'à la fois, il y a une forte proximité entre les vignerons et moi, et ça fait partie, au fur et à mesure de ma carrière, Je... fait peser mes choix, c'est à la fois avoir évidemment un boulot qui me plaît et quand je vais le matin, un boulot, ne pas traîner les pieds. Et deuxièmement, un truc qui est très important pour moi, c'est pouvoir me regarder dans la glace par rapport à ce que je fais. Et donc, il faut que ça soit assez raccord avec globalement ce que je pense du monde, on va dire. C'est assez large, mais... Et le deuxième point, c'est les échanges et les relations et les interactions avec les gens. Et en l'occurrence... Dans ce collectif qui est les Vignerons du Terrace de l'Arzac, il y a une diversité de profils et vraiment beaucoup de gens intéressants, bienveillants, avec le souhait d'être ensemble et de construire quelque chose en commun. Je trouve que ce n'est pas tellement dans la tendance du vent de manière générale dans la société, donc c'est assez plaisant de vivre ça. Et donc, dans qu'est-ce que j'attends ou qu'est-ce qu'attendent les vignerons de moi, il y a ça déjà. Maintenir ce collectif, c'est un enjeu en tant que tel et ce n'est pas forcément quelque chose qui est évident et ce n'est pas forcément quelque chose qui est dans ma fiche de poste. Mais on va dire que c'est la base quand même d'une organisation qui fonctionne bien. J'ai perdu le fil de ce que je voulais dire.
- Speaker #0
Tu disais que tu es à l'ancien.
- Speaker #1
Ce qui est plaisant, c'est que c'est dans les deux sens. Comme on est petite structure et qu'il y a un niveau de conscience fort, je crois, à la fois je peux proposer des choses et vice-versa. Ce côté un peu, cette souplesse d'organisation. Cette plasticité dans ce qu'on peut faire, c'est très encourageant et mobilisateur.
- Speaker #0
Il y a de la proximité, c'est une petite organisation, on dirait une centaine d'adhérents. 100 adhérents, c'est exceptionnel pour une appellation ? Je ne sais pas l'ordre de grandeur.
- Speaker #1
En réalité, c'est beaucoup d'adhérents par rapport au volume qu'on produit. Parce qu'on est plutôt une appellation de petite structure familiale. Le type un peu classique, c'est un domaine familial. Enfin, à part les coopératives quand je parle de ça. 10 et 20 hectares, avec principalement de la main-d'oeuvre familiale, et 2 à 4, 5 salariés. Ça, c'est le truc un peu type. Et même chez les coopérateurs, c'est des exploitations qui sont quand même relativement limitées en termes de surface, ceux qui sont dans l'appellation. Et donc, finalement, une centaine, c'est pas peu, au regard de nos voisins qui ont... les appellations voisines, qui font peut-être plus de volume, mais avec moins de structure. Mais je parle en termes d'autres organisations associatives qui peuvent recouper beaucoup plus de gens, ou si on reste dans le domaine des appellations, le syndicat d'appellations Languedoc, évidemment, recoupe beaucoup plus de monde. Et l'étendue géographique... rend plus complexe le fait de connaître chaque adhérent. Disons que moi, je suis basée à Saint-André-de-Sangonis, qui est facile d'accès pour tous les vignerons. On a un certain nombre d'événements où on se rencontre les uns les autres et que ça favorise une certaine proximité. Et le fait que je travaille seule au syndicat fait que je suis un peu le nœud d'information pour plein de choses et que forcément, ça crée une proximité. avec les uns et les autres.
- Speaker #0
Ok. J'avais fait un stage dans le Médoc. Tu vas voir où je veux revenir. C'était à Saint-Julien. Saint-Julien, c'est entre Saint-Estèphe et Margot. C'était un point du Médoc. Et à Saint-Julien, ils buvaient que du Saint-Julien. alors que de l'autre côté de la rue il y avait une autre appellation comment est-ce que dans ton quotidien tu essaies de faire rencontrer d'autres appellations les terrains de Jérusalem, d'autres appellations est-ce que toi tu le fais quand je dis d'autres appellations ça peut être dans la région, en France ou même à l'étranger c'est très bon Saint-Julien je ne l'ai pas Non, je ne dis pas de mal de Saint-Julien. Alors que moi, dans ma fiche de poste, par contre, c'est marqué « je ne bois que de la haussée Thérèse du Larazac » .
- Speaker #1
C'est mieux ce qui me semblait.
- Speaker #0
On essaye. Après, ça fait partie, par exemple, des choses qu'on peut mettre en œuvre au niveau du syndicat. Ce n'est pas forcément aisé parce que, comme je le disais juste à l'instant, les structures étant de petite taille, quand même les vignerons sont souvent déjà mobilisés sur des tas de... On a déjà plusieurs métiers et on n'est pas non plus hors du monde. Donc même si l'appellation fait amortisseur d'un point de vue économique aujourd'hui, c'est quand même difficile. Et les vignerons doivent passer beaucoup de temps sur la partie commerciale, etc. Cela dit, d'une part, il y a eu une période, il y a deux ans, où c'était un peu l'inverse. C'est-à-dire que c'était des appellations d'ailleurs qui venaient nous rencontrer. Il y a eu une période où on a reçu 3-4 syndicats qui voulaient voir un peu comment on fonctionnait.
- Speaker #1
Ce n'est qu'à
- Speaker #0
France ? Après, il y a les enjeux de déplacement. Il y a eu des périodes où ça arrivait que je fasse des échanges d'envoi de bouteilles avec d'autres syndicats. Du coup, on buvait les bouteilles proposées en AG. On est évidemment très en lien avec nos collègues proches, déjà institutionnellement, parce que le syndicat a aussi un enjeu de représentation institutionnelle dans différentes structures, puisque l'agriculture de manière générale et la viticulture et le vin, c'est quand même une foultitude d'institutions, de conseils, d'appuis, de représentations politiques et autres. et après on est assez proche finalement désormais aussi de nos collègues de Pique Saint-Loup parce qu'on est assez complémentaires il y a eu, en tout cas moi je vois l'évolution, il y a eu à un moment donné sans doute un fantasme qui était peut-être plus renvoyé de l'extérieur que vraiment interne que les deux appellations étaient un peu opposées ou concurrentes moi je pense que c'est c'était quelque chose qui était un peu plaqué d'extérieur, malgré tout. Et en tout cas, ce que je ressens aujourd'hui, c'est qu'on est plutôt en rapprochement, parce qu'on a plutôt des complémentarités, en fait. Sur la typologie des exploitations, par exemple, sur les volumes produits par chaque appellation, et des points de convergence sur le fait que, quand même, ce sont les deux appellations qui fonctionnent très bien en doc. avec des vignerons exigeants sur la qualité de leur vin. Donc il y a à la fois des points communs et des points de complémentarité qui rendent... On travaille aussi, on a un groupe qui s'appelle le Cercle de Terroir, où on est avec Pique Saint-Loup, mais aussi Boutenac, la Livanière et la Clappe, où on fait des événements ensemble. Et après, on est en train de structurer un... des échanges techniques avec l'appui du CIVAM Bio. Ma collègue Morgane Maîtrejean, qui est animatrice de Viti au CIVAM Bio. Et dans ce cadre-là, récemment, par exemple, on est allé dans les Pyrénées-Orientales, rencontrer deux domaines là-bas, plutôt sur la thématique du sol, découvertes végétaux et l'hydrologie régénérative. Donc, une fois, on avait fait un voyage d'études en côté... Château-Neuf-du-Pape et Gigondas. Donc oui, c'est des choses qu'on fait avec nos moyens parce que malgré tout, on reste tout petit. Donc c'est plutôt une contrainte de temps. Mais à titre personnel, je pense que les vignerons aussi sont très en lien avec les vignerons d'autres régions. Et ce, d'autant plus qu'il y a aussi un quart quasiment des... Il y a un quart des vignerons d'aujourd'hui qui ont eu une autre vie avant d'être vignerons, en fait. Une autre vie professionnelle. Et dans cette appellation, il y a aussi beaucoup de gens qui sont venus d'ailleurs. Et donc forcément, ils gardent leur lien avec ailleurs.
- Speaker #1
Donc quand tu dis un quart, ce que je pourrais appeler reconversion, ces reconversions sont aussi des relocalisations ?
- Speaker #0
Oui, pour partie. Dans les reconversions, il y a des gens qui étaient dans la région, mais qui ont fait d'autres métiers. Soit qu'ils avaient... quand même leurs parents qui étaient viticulteurs ou pas. ou leurs grands-parents, et qui, après une première phase de vie professionnelle, arrivent au vin par différents biais. Et il y a aussi des gens qui avaient ce profil aussi d'avoir une autre vie professionnelle, mais qui étaient aussi d'autres régions du monde. Ou alors des vignerons d'autres régions du monde qui sont venus, j'ai en tête notamment... Conrad du domaine de l'accent, qui était vigneron dans le Tirol, ou Flo Busch, qui a ses parents qui sont en Moselle allemande. Et donc ça aussi, forcément, ça crée des circulations, des échanges sur les pratiques, sur les typicités de produits, les pratiques à la cave, à la vigne, etc. Et c'est riche.
- Speaker #1
On enregistre en 2026. C'est un peu tendu en termes d'économie. Est-ce que cette dynamique d'installation ou de relocalisation est toujours d'actualité ?
- Speaker #0
Il y a quand même toujours des nouveaux arrivants dans l'appellation. Cette année, il y a eu plutôt une vague de reprises de domaines par les enfants, qui est aussi importante. dans le monde agricole de manière générale et la viticulture. Déjà, faire en sorte que les enfants se projettent dans la reprise d'un domaine, ce n'est pas rien, je pense. Après, évidemment, tout ça, c'est une réalité contrastée, puisque comme dans tout autre métier, il y a des moments où on se lance dans un métier, il y a des réussites et des moins bonnes réussites. Sans doute, évidemment, ça va être accentué par le contexte un peu compliqué en ce moment. Mais quand même, on en revient à la question d'origine. Est-ce que c'est un outil de promotion uniquement ou est-ce que c'est un outil de protection ? Malgré tout, les AOC, c'est quand même une façon de créer une niche économique. Et en créant une niche économique, chercher de la valeur ajoutée et donc essayer d'avoir des modèles économiques un peu plus solides. Même si ce n'est pas une vérité absolue, évidemment. Et ça reste inscrit dans l'économie de manière plus générale, qui n'est pas hyper porteuse aujourd'hui.
- Speaker #1
La question est un peu en lien avec ça. Je faisais un peu de recherche de chiffres au Linao. Linao, c'est le chef de toutes les organisations de protection. Ils annoncent en 2023 1 232 produits. un sous-signe officiel de qualité et d'origine, donc IGP, AOP, et ainsi de suite. Label rouge, aussi, là-dedans. Et 366 AOC, AOP 20. Ce qui fait pas mal. Il y en a des plus grandes que d'autres, des plus petites que d'autres, ça dépend dans le sens où on voit. Et moi, la question là-dedans, c'est comment on fait rayonner une appellation ? Et comment on arrive à sortir du lot de ces 366 appellations ?
- Speaker #0
Moi, je pense que c'est important déjà de se souvenir tout le temps que c'est d'abord les gens qui font le vin. Parce que moi, je ne suis pas issue, on ne l'a pas dit, mais finalement, je n'ai pas du tout une formation pour le vin au départ. Mais étant un peu un transfuge de la filière. Je trouve qu'il y a quand même beaucoup de gens qui gravitent autour du vin parce qu'il y a le côté un peu luxe, bling bling, c'est aussi ça. Et des fois, beaucoup de gens qui s'attribuent le succès de tel ou tel vigneron ou de telle et telle appellation et qui oublient que la base, c'est quand même les gens qui font le vin, la première pierre. Donc déjà, je pense que comme on sort du lot, il y a la pierre de base qui est le travail des vignerons, leur ambition, leur exigence. Et en l'occurrence, quand on forme une appellation, plus cette ambition et cette exigence, elle est partagée fortement par l'ensemble des vignerons et plus ça fait déjà une réputation. La répétition par exemple de Thérèse du Larzac, elle a été finalement faite à l'extérieur par des vignerons aussi un peu stars qu'on a sur cette zone. ou pas dans la collective de Thérèse Jardec d'ailleurs. Évidemment, il y a le terroir. Certains vignerons diront que c'est le terroir plus que leur travail. Donc ça, c'est pour moi la base de tout déjà. Et ensuite, effectivement, je pense pour chaque histoire, chaque appellation a une histoire propre. Et c'est pour ça que les échanges avec d'autres, c'est bien. Évidemment, rien n'est reproductible. Nous, on a... Il y a eu une conjonction des toiles à un moment donné. Il y a le fait qu'effectivement, certains vignons ont très en amont, dès les années 80, ont fait des choix radicaux qui étaient plutôt en rupture avec le contexte de l'époque.
- Speaker #1
Tu penses à quoi comme choix radicaux ?
- Speaker #0
Le fait de choisir délibérément de faire des petits rendements, de choisir délibérément d'aller sur des terres que les autres abandonnaient parce qu'ils n'étaient pas facilement travaillables. mécanisables, le choix de faire du vin, déjà, aussi. Dans cette région, c'était quand même aussi... Après, certains, qui du coup ne sont pas d'Empelation, mais comme de Masgassac, pour ne pas le citer, c'était aussi faire le choix, des fois, d'introduire des cépages autres. Et après, il y a eu des personnalités. dans les fameux vignerons qui ont été sur le devant de la scène et qui ont fait des choix en rupture dans les années 80, il y a évidemment aussi Olivier Jouliens entre autres mais finalement leur succès c'est à la fois leur produit et leur personnalité, c'est ça qui est pour le coup intéressant dans le vin, il y a le côté bling bling mais il y a aussi le côté où il y a Hmm... plus facilement que dans d'autres produits agricoles, le côté storytelling qui prend une place importante et qui est plus facilement lié derrière à une progression de la valeur ajoutée. Si vous faites des pêches, malheureusement, des pêches ou des abricots ou des haricots verts, c'est vachement plus difficile, même si vous arrivez à avoir une AOC, derrière de le vendre 20 fois plus cher qu'un haricot vert qui ne l'est pas. Non, mais c'est tout bête à dire, mais c'est que ça fait quand même partie. Donc voilà, un travail de qualité, des choix en rupture à un moment donné, des ambitions. Et derrière, effectivement, après, il y a le travail collectif avec, du coup, moi, là où je suis en appui, sur faire des liens avec des journalistes qui se fait à la fois à l'échelle individuelle et collective. Mais c'est plutôt une alchimie plein de marches qui vont dans le même sens.
- Speaker #1
La question que j'avais après, tu as répondu à 90%, c'est que si demain, j'achète trois parcelles autour de chez moi, en terrasse du Larzac, pour quelles raisons je devrais faire un terrasse du Larzac au lieu d'un vin de France ? Ou à l'inverse, pour quelles raisons je ne devrais pas faire un terrain du Larzac et je devrais plutôt faire un vent de France ?
- Speaker #0
Je pense que ça reste un choix très personnel de chacun. Et évidemment, le truc très pragmatique, c'est à un moment donné, est-ce que la contrainte entre guillemets collective d'un cahier des charges, etc. apporte un gain individuel ? qui est au-delà des contraintes. Enfin, voilà. Moi, je vois beaucoup la vie comme ça. Il y a rien qui est rose ou noir, en fait. Il y a toujours un choix que tu fais à un moment donné avec le positif que ça t'apporte et puis les contraintes. Une AOC, c'est un cahier des charges avec un certain nombre de règles à respecter, de se conformer à un système de contrôle qui peut parfois sembler lourd, etc. Les vignons font ce choix-là à un moment donné parce qu'ils rejoignent une communauté. Je pense que vraiment chez nous, c'est le cas. Et ça fait partie d'ailleurs des points que l'INAO regarde pour la reconnaissance en AOC. On oublie souvent ça, c'est un lieu, une spécificité de produits et un collectif humain, une appellation. Et donc, qu'est-ce que va t'apporter le collectif ? À la fois, ça peut être dans le côté humain du quotidien basique, de prêt de matériel. d'échanges sur tes pratiques, etc. Et derrière, la notoriété quand même d'une marque collective. Formellement, ce n'est pas une marque, mais pour simplifier le propos, qui malgré tout porte... les vignerons au-delà de leur cercle premier. Et nous, on est aujourd'hui dans une dynamique positive qui fait qu'effectivement, les gens ont envie de venir à Terrace du Larzac parce que, pour toutes les raisons qu'on a exposées avant, qui sont historiques, qui sont de l'exigence de leurs prédécesseurs, etc., c'est un nom qui porte et qui fait que, même si c'est dur en ce moment, ça reste peut-être moins dur de vendre en Terrace du Larzac. qu'autre chose. Mais ça suppose d'accepter les contraintes qui vont avec. Il peut y avoir un vigneron qui n'a pas envie de s'embêter avec la paperasse, avec les contrôles et tout ça, et auquel cas, il a plus potentiellement de liberté en faisant du vin de France, mais il ne bénéficie pas de la marque collective.
- Speaker #1
Tu parles de cahier des charges. Est-ce que le cahier des charges évolue petit à petit ? Est-ce qu'il y a des... Des points de discussion qui reviennent souvent. Et aujourd'hui, c'est quoi les points qui seraient en discussion et qui pourraient évoluer ?
- Speaker #0
Alors, il peut évoluer. Alors nous, il est quand même assez récent puisqu'on l'a déposé. Il a été décrit à date de 2014. Donc à l'échelle de l'histoire de mes appellations, c'est récent. Donc en fait, c'est un équilibre entre avoir une certaine continuité. parce que AOC, patrimoine, inscription dans l'histoire, etc. Et en même temps, le fait de pouvoir anticiper un certain nombre d'évolutions. Et en ce moment, c'est assez complexe d'anticiper les évolutions d'un point de vue changement climatique. Il y a des contraintes techniques de plus en plus fortes et les vignerons se trouvent confrontés à des... à une reproductibilité des choix qui est de moins en moins évidente. Ça a toujours été, les paysans ont toujours dû faire avec la météo, les contraintes, les salaires climatiques, etc. Mais là, la variabilité interannuelle et intra-annuelle est telle que presque chaque choix doit être repensé pour chaque partiel et chaque millésime. Donc c'est très complexe. Le cahier des charges ne peut pas complètement se conformer à une telle souplesse et en même temps il doit permettre une telle souplesse. C'est forcément des compromis. Et le truc moins drôle, c'est qu'il doit se ranger dans un cadre institutionnel de cohérence des différents cahiers des charges, des différentes appellations viticoles, qui là donnent parfois des résultats qui... qui peuvent paraître de temps en temps éloignées de ce qu'aurait voulu le groupe humain. Nous, il se trouve que notre cahier des charges est récent. Le fait qu'on l'ait finalisé en 2014, ça permet d'avoir neuf cépages et donc de permettre quand même d'avoir une palette d'assemblage et de choix de cépages, parcelles, etc. relativement. vaste, et il est en train d'évoluer puisqu'on travaille sur l'intégration des Blancs dans l'appellation, et ça c'est une évolution majeure du cahier des charges.
- Speaker #1
En termes de temporalité, intégrer, inclure les Blancs, les terrasseurs d'art à Blancs, puisque pour moi, un des critères... Un des critères d'appartenance à la famille des terrasses du Larzac, c'est la fraîcheur. Parce que les terroirs sont plutôt des terroirs d'altitude, en fonction de la géographie sur les terrasses du Larzac. Ce qui pourrait plutôt laisser penser que des productions de vin blanc seraient intéressantes. Et donc je reviens à ma question de temporalité. Combien de temps ça prendrait ou ça prend ? De dire, tiens, on va rajouter, à partir du moment où on a l'idée, de dire, tiens, on va rajouter des blancs dans le cahier des charges. Et la première sortie d'un terrasse du RASAC blanc, sur le papier, ça prend combien de temps ?
- Speaker #0
En fait, il n'y a pas de règle là-dessus. Non, mais parce que, justement, c'est la composante collectif humain qui est déterminante là-dessus. C'est-à-dire qu'avant de déposer un dossier à l'INAO, Il faut que le collectif soit vraiment soudé, raccord sur les objectifs. Et ce qui fait parfois envie en Thérèse du Larzac sur le temps extrêmement court qui a été entre le dépôt en 2010 du dossier auprès de l'INAO et l'obtention de l'appellation en 2014. Alors que... 2010-2014,
- Speaker #1
c'est un temps extrêmement court.
- Speaker #0
Oui. Parce qu'il y a un record dans l'histoire des appellations. Alors, évidemment, ça, c'est la finalisation. En fait, quand on dépose le dossier à l'INAO, c'est presque... Pas tout à fait, mais c'est le début du parcours administratif qui a ses propres aspérités, mais c'est l'aboutissement, finalement, de la démarche interne. On s'est mis d'accord sur ce qu'on propose, le produit qu'on veut et dans quelles conditions on veut le produire. Et c'est ça qui est long la plupart du temps. Et plus le collectif est raccord, uni derrière ses propositions, plus quand la commission d'enquête de l'INAO vient, elle est convaincue. Ça paraît évident, mais en fait, c'est souvent là-dessus que ça chope dans l'histoire des appellations. Donc tout ça pour dire qu'il n'y a pas de règles sur dire une temporalité. Concernant le blanc, pour ce qui nous concerne, c'est dans les tuyaux presque depuis l'origine. Sauf que les producteurs ont fait un choix un peu stratégique en 2014, ou en 2010 du coup plutôt, de vouloir aller que sur les rouges dans un premier temps pour être plus rapide, parce qu'il y avait un consensus. Assez évident sur... Alors je dis assez évident, évidemment, peut-être qu'entre 90 et 2010, il y a eu plein de discussions en interne. Mais en 2010, il y avait un consensus sur où est-ce qu'ils voulaient aller pour faire un 20 à Thérèse du Harzac rouge. Et ce n'était pas le cas, à l'époque, sur les Blancs. On a récemment relu, justement pour le dossier, des comptes rendus de visite d'enquête INAO sur l'AOC Languedoc Blanc des années 90. ce qui était un peu dans les tuyaux à l'époque et encouragé. Ce n'était pas du tout là où on va aujourd'hui sur un blanc Thérèse de Larzac. On était sur encore beaucoup les cépages aromatiques, des vins gras, opulents, etc. en blanc. Ce n'est pas du tout le chemin qu'on prend aujourd'hui vers un Thérèse de Larzac blanc. Et du coup, en 2010, ce n'était pas évident en interne. euh Ils ont déposé le rouge pour aller vite et avoir vite l'appellation. Et c'était déjà dans les tuyaux, mais le travail des vignerons depuis 10-15 ans sur les Blancs, le développement progressif du Blanc, leurs échanges entre eux, etc. a fait qu'après, quand on a commencé à reprendre le dossier, c'était beaucoup plus clair. la direction à prendre. Et comme premier lieu, quand même, il faut défendre une typicité de produit. Donc là, on est plutôt sur toujours un produit d'assemblage, puisque le blanc sera assemblage de trois cépages aussi. Et on est plutôt sur un vin un peu le pendant du rouge, donc frais, élégant, plutôt minéral, même sifflité. Il est tendu et pas ce qui était plutôt prôné dans les années 90 en Languedoc sur les Blancs. Et là, maintenant, c'était évident pour nous. Donc, on a déposé le dossier en juillet 24. La commission d'enquête est venue assez vite derrière en juin 25. Et on espère avoir des blancs Thérèse du Larzac en 27 ou 28. C'est ce qu'on nous laisse entendre aujourd'hui et ce qui est quand même plutôt rapide aussi.
- Speaker #1
En dessous de la dizaine d'années, c'est rapide.
- Speaker #0
C'est ça. Mais certains vignerons le disent, en même temps, on ne plante pas la vigne non plus pour deux ans. Donc le fait de s'inscrire dans quelque chose de long, surtout que le cahier des charges, justement, on ne peut pas le modifier tous les cinq minutes. Donc quand on dépose le dossier et là où on veut aller, il faut que ce soit quelque chose quand même de suffisamment assumé, assis, pour que ça s'inscrive justement dans un temps long, un temps long collectif en plus. Donc forcément, le collectif... C'est à la fois très enthousiasmant pour plein de choses et ça peut être extrêmement pesant. C'est beaucoup plus facile de faire un truc tout seul dans l'absolu que de faire un truc à plusieurs.
- Speaker #1
C'est le célèbre tout seul on va plus vite mais à plusieurs on va plus loin.
- Speaker #0
Oui, mais si on commence à se poser la question de pourquoi on fait un truc collectif, en premier lieu, on peut voir toutes les contraintes. Il faut se trouver un calendrier commun, il faut s'accorder des personnalités des uns et des autres. C'est beaucoup plus compliqué. Donc forcément, tout ce qui est collectif, on prend nécessairement plus de temps. Et plus on prend du temps en amont pour être d'accord, plus après, quand on défend le dossier... contre les autres collectifs, parce qu'il y a quand même aussi ça derrière. Après, il faut défendre le dossier, non pas auprès seulement des administratifs de l'INAO. Les commissions d'enquête et les instances qui valident les demandes sont des instances où ce sont des représentants professionnels qui siègent de toutes les régions. Donc il faut convaincre les autres représentants de la filière viticole, des AOC, de la France. que notre dossier tient le coup et qu'il faut qu'ils nous donnent la reconnaissance d'appellation.
- Speaker #1
C'est cette partie-là la plus difficile ? Par rapport aux personnes, aux salariés à l'INAO ? Entre les représentants des autres appellations et les officiels de l'INAO ?
- Speaker #0
C'est différentes natures de posture et donc ce n'est pas plus simple. Je pense que c'est quand même important de rappeler que l'INAO, ce n'est pas que des administratifs. C'est aussi les représentants de la filière. C'est quand même une spécificité du modèle agricole en général en France. Il y a beaucoup d'institutions qui sont co-gérées par les professions et ce n'est pas rien. comme toute chose ça a des contraintes et des avantages je pense que quand même c'est assez précieux pour le préserver et du coup de s'en souvenir après des fois ça fait aussi des enjeux de billard à 4 bandes qu'on ne maîtrise pas toujours et c'est pas le propre de ces institutions là,
- Speaker #1
je pense que c'est le propre de toutes les institutions tout à l'heure on parlait de relocalisation délocalisation comment on fait venir des gens sur le territoire, des consommateurs, des touristes, le touriste ce n'est pas le bon mot, et est-ce que c'est important que les gens qui boivent du terrasse du Razak viennent sur le territoire ?
- Speaker #0
Je pense que c'est important parce que j'ai entendu ce premier mot par un... Un géologue qui bosse beaucoup dans le sud de la vallée du Rhône, notamment à Châteauneuf, qui s'appelle Georges Utruc, qui parlait de co-mémorisation, mémoriser ensemble. Et que du coup, boire le vin dans le paysage, ça fait quand même une expérience forte. Et que le vin, au-delà du goût du vin, c'est aussi... D'ailleurs, c'est pour ça qu'on fait des AOC, c'est aussi tout ce qui va derrière. Le terroir, c'est d'abord aussi les paysages. Et nous, on a la chance d'avoir des paysages quand même assez frappants. Et donc, ça me paraît effectivement essentiel de faire venir les gens sur le territoire. Comment on les fait venir ? On est justement, nous, en train de se poser la question, parce qu'on avait un événement qui avait cet objectif-là, qui s'appelait la circulaire dans le terrasse du Larzac. qu'on a choisi d'arrêter parce que différentes raisons, notamment que c'était au début juillet et qu'on a quand même à cœur de présenter les vins dans les meilleures conditions et que les conditions, notamment climatiques et organisationnelles, devenaient vraiment tendues. Et donc on est en train de repenser justement comment on fait venir les gens dans le vignoble. Il y a sans doute des façons auxquelles on n'a pas foncé aujourd'hui. On a aussi essayé de faire des routes des vins sur une application. On a pensé un peu à des parcours où on avait fait des partenariats avec d'autres acteurs du territoire, justement. L'association Demain la Terre, le géoparc, puisqu'on vient d'être connu géoparc, alors pas à Thérèse du Larzac, mais le territoire. qui englobe l'ensemble de l'appellation, d'être reconnue et labellisée par l'UNESCO comme un géoparc mondial. C'est des éléments comme ça et le fait d'être en lien aussi avec les acteurs du territoire qui ne sont pas forcément que dans le vent. Et puis sans doute des événements, et là nous on est en pleine réflexion sur le sujet.
- Speaker #1
Est-ce que ça se fait toujours à travers des partenariats, des points d'ancrage touristiques ? Ou ça peut se faire en tant que tel ?
- Speaker #0
Nous, jusqu'ici, on le faisait en tant que tel. La Circulade, c'était le syndicat qui organisait avec l'appui du syndicat Languedoc. Évidemment, c'était relié par les offices du tourisme, mais c'était quand même nous qui mettions en œuvre l'ensemble de l'événement. Ce qui en faisait aussi un peu sa lourdeur organisationnelle pour nous, qui sommes une toute petite structure. Donc là, je parle de partenariat, mais c'est surtout aussi les... dans les éléments qui semblent importants pour les vignerons, quand on a à un moment donné réfléchi à justement à quoi servait le syndicat, comment se positionner, etc., le fait d'être ancré dans le territoire, ça faisait partie des choses importantes pour eux. Et l'ancrage, c'est relationné avec aussi d'autres structures qui ne sont pas forcément dans le vin, et les collectivités locales évidemment, mais au-delà des collectivités locales. Et après... C'est comme, nous, en interne, le collectif donne plus d'avantages que chacun dans son coin. Je pense que sur un territoire, c'est la même chose. Si on arrive à se mettre en relation avec un certain nombre de partenaires, forcément, on tire la meilleure partie de chaque partenaire et on élargit les réseaux, les idées et le pouvoir d'action.
- Speaker #1
Est-ce que tu as, si mes infos sont bonnes, tu es au sein des terres du Ratac depuis 2019 ? Est-ce qu'il y a des choses que vous avez réalisées dont tu es fière ou dont tu te dis ça c'était bien ça ? Ça on a bien joué quoi.
- Speaker #0
Déjà faire la circulate chaque année, c'était un challenge qu'on réussissait. Moi, seulement depuis 2019 avec le groupe, mais qui a tenu quand même depuis 2003. C'est un truc énorme. Avec une évolution dans l'événement, le positionnement, la qualité qui était proposée, où il y avait toujours des bons retours quand même. Donc pour moi, ça, c'est déjà une réussite. L'an dernier, on a fait des événements à Paris. Ce n'est pas simple du tout. Et c'était un gros challenge, mais je pense qu'on s'en est plutôt bien sortis. Ça, c'est pour la partie promotion. Merci. l'histoire du blanc, la façon dont on l'avance, et finalement le cheminement assez rapide, l'enthousiasme que tous les vignerons ont de s'inscrire dans cette démarche, ça c'est une réussite. Et globalement, un truc que j'apprécie vraiment énormément de travailler pour ce collectif, c'est qu'il y a... On a quand même régulièrement des retours, soit le bureau, soit moi par mail ou de manière orale, des remerciements ou des marques de témoignages du côté positif de notre action. Et moi, j'ai bossé dans différentes structures. Et puis, même au quotidien, ce n'est quand même plus tellement la mode. On ne prend pas souvent le temps de dire aux gens qu'on a précisé de bosser avec eux. Et pourtant, je trouve que c'est extrêmement précieux. Et dans la reconnaissance, en tout cas moi, à titre personnel, dans la reconnaissance au boulot, je trouve que c'est absolument indispensable. C'est ça aussi qui te meut au quotidien pour avoir envie de bosser pour des gens. Donc j'imagine que si on a ces témoignages, c'est qu'on...
- Speaker #1
Si tu as des bons retours, c'est que c'est...
- Speaker #0
Et un truc plus interne, c'est qu'on s'est posé en 2021 et c'était assez coûteux en temps pour les administrateurs. On s'est fait accompagner, on a investi de l'argent aussi pour ça pendant un an sur la stratégie du syndicat pour avoir un cadre de travail pour le conseil d'administration qui soit partagé, etc.
- Speaker #1
Quand tu dis stratégie, c'est à quelle temporalité ?
- Speaker #0
On avait dit 10 ans. parce qu'on n'a pas les moyens de refaire ça tous les ans. Mais par contre, cette année, par exemple, on a pris une journée en séminaire. Alors là, on l'a fait en interne, mais avec l'ensemble du CA, pour repartir chez les éléments, se redire, voilà, on s'était dit ça en 21, aujourd'hui, on en est. Est-ce que c'est toujours valable ou pas ? Et ça, moi, je trouve que c'est des éléments de réussite aussi, parce que ce n'est pas du tout intuitif ni spontané, en fait, de prendre du temps. collectivement pour se projeter dans un projet, comment on le construit, comment on le met en œuvre, etc. C'est du temps que tous les vignerons prennent sur leur temps d'entreprise dans un contexte où ils en ont peu. Donc ça aussi, moi, je pense que c'est des aimants de réussite, le fait qu'on arrive à faire en sorte que les vignerons, ils aient, dans un contexte de peu de temps, ils aient envie de s'investir en temps pour le syndicat.
- Speaker #1
Justement, à mi-parcours sur les 10 ans, est-ce que ce que vous aviez dit en 2021, vous l'avez réalisé ou est-ce que c'est encore d'actualité ?
- Speaker #0
C'est globalement encore assez actuel. Et comme on est tout petit, on a mis aussi les choses en place progressivement. Donc, il y avait tout un volet autour de la communication, la promotion, la remise à jour. Des outils, tout ça, ça a été fait assez vite après. On a développé du coup la partie technique avec le partenariat avec le CIVAMBIO. Donc, on a un groupement d'intérêts économiques et environnementaux maintenant avec toute une dimension formation, conférences autour du sujet. Il y avait le blanc aussi dans les orientations stratégiques. Donc, on a quand même avancé un certain nombre de points. on avait mis... clairement et acté que l'animation syndicale, c'était une activité en tant que telle du syndicat, par exemple. Ce qui n'est pas rien, mais c'était bien que les vignerons rassemblés, c'était un peu plus large que le conseil d'administration, ils avaient conscience et ils le maintiennent que c'est un enjeu en tant que tel de maintenir vivant, actif et positif ce collectif de personnes. et quand on a reçu la commission d'enquête pour le blanc. Au-delà de la qualité exemplaire des vins, les membres de l'INAO, ils ont bien souligné ça. C'est-à-dire que les vignerons étaient nombreux à la présentation. Quand on les amenait dans le vignoble, à chaque étape, il y avait plusieurs vignerons, et qui sentaient bien que tout le monde était au courant du dossier. tous les vignerons portaient ce dossier collectivement. Et ça, c'est aussi ce qui permet d'avancer vite après.
- Speaker #1
On a un tout petit peu parlé tout à l'heure du volet climatique, développement durable. Comment toi, ou le syndicat, vous voyez quelle vision vous avez pour les 5, 10, 20 prochaines années ? sur la partie changement climatique ?
- Speaker #0
Déjà, peut-être qu'on peut dire que 80% des vignerons d'appellation aujourd'hui sont en bio. Il y en a entre 15 et 20 qui sont en biodynamie, certifiés.
- Speaker #1
Est-ce que passer l'appellation en bio 100%, c'est un sujet ?
- Speaker #0
On s'est posé la question. À un moment donné, il y a deux contraintes majeures à ça. La première contrainte... Parce que c'est une possibilité depuis peu en fait. On pourrait intégrer bio dans le cahier des charges par exemple. La première contrainte vraiment forte et juridique, c'est que du coup on lie l'évolution de notre cahier des charges à l'évolution d'un autre cahier des charges au cahier des charges de l'agriculture bio, dont on ne maîtrise pas l'évolution, ni dans un sens ni dans un autre. Donc ça, c'est quand même potentiellement un risque. qui est une part de ce qui va du coup faire le cahier des charges, dont on ne maîtrise pas l'évolution. C'est le point majeur. Et le deuxième point, c'est que malgré tout, il reste quand même une partie des vignerons qui ne sont aujourd'hui pas en bio. Et que politiquement et même en termes d'efficacité, le fait de l'imposer... Ce n'est pas le meilleur moyen d'arriver à faire progresser les pratiques agro-environnementales. Donc on a abandonné assez vite cette option. Et on prend plutôt la porte d'entrée justement de travailler. Alors là, les vignerons qui sont plus proches dans le groupe technique, ils ont choisi le sol, mais le sol, en fait, c'est assez large. Donc on a plutôt pris le pari de dire, on anime des échanges techniques en interne pour travailler sur ces sujets-là. et c'était quelque chose que j'avais en tête assez vite parce que déjà ça me passionne mais aussi je trouve malheureusement il y a énormément d'institutions de conseil agricole et j'avais le sentiment qu'au sein de l'appellation finalement les vignerons restaient dans la mise en oeuvre et l'essai de pratique Merci. de manière relativement isolée. Soit en parlant en petits groupes, mais en tout cas avec pas d'appui extérieur, parce qu'il y avait une défiance forte vis-à-vis de ces mêmes institutions qui sont censées accompagner techniquement. C'est un peu dommage parce que ces institutions sont financées en partie par l'ensemble des agriculteurs, en partie par les contribuables. Donc bon, au fur et à mesure, on essaye, alors en s'appuyant sur ma collègue du CIVAM Bio, Il y a un petit groupe qui fait des échanges, qui fait des essais sur les couverts. On a fait intervenir un certain nombre de gens en conférence ou en formation depuis un an. On a eu aussi cette réflexion sur l'intégration des blancs ou des variétés, puisqu'on était interpellés par nos collègues sur l'intégration des variétés bouquets dans le cahier des charges. La position assez globale des vignerons de l'appellation, évidemment je simplifie parce qu'il y a des nuances dans tout ça, est plutôt de parier sur le terroir, les cépages, le matériel végétal, le fait d'avoir un sol vivant. d'être le plus résilient possible. Ça ne veut pas dire que c'est simple, au contraire, c'est même peut-être plus complexe. Je ne sais pas si c'est plus ou moins complexe, en tout cas c'est très complexe. Et du coup, dans le blanc, par exemple, on a dit assemblage 2-3, mais il y a 17 cépages. En disant qu'il y a aussi le côté de choisir au mieux les cépages en adéquation avec les parcelles. les orientations, etc. Et c'est un peu ça la base, le matériel végétal et le sol. Après, on a la chance aussi, de par notre positionnement sur les contreforts du plateau du Larzac, d'être moins impacté par la diminution de pluviométrie que d'autres régions du Languedoc. Donc c'est aussi potentiellement plus facile à ce stade de dire ça. Maintenant, il y a quand même une certaine irrégularité dans l'année et une modification du régime des pluies de manière générale qui ne rend pas les choses simples. Donc, c'est plutôt essayer de parier sur avoir pas tous les oeufs dans le même panier aussi. Du coup, le fait d'avoir plus de cépages possibles dans les assemblages, ça permet aussi... Il y a des cépages qui passent mieux une année et d'autres qui sont plus difficiles. mais ça va être des choses comme ça. Il n'y a pas de recette miracle.
- Speaker #1
La résilience passe plus facilement par la multiplicité des choix que par la solution unique de miracle.
- Speaker #0
Et les travaux qu'on a faits, enfin qu'on n'a pas faits, mais c'est pas nous qui avons fait des travaux, mais ce qu'on a... travailler les gens qu'on a fait venir, etc. pour parler des couverts végétaux, ça illustre tout à fait ça. C'est-à-dire qu'en fait, par exemple, un point très concret, est-ce qu'on détruit le couvert végétal et à quelle période ? En fait, en fonction de l'objectif pour lequel on met ce couvert végétal, il n'y a pas de réponse. En fonction même de la météo de l'année, on peut adapter. Et c'est ce qui fait que moi, je ne ferai jamais un boulot comme ça. Parce que j'aime beaucoup maîtriser tout et qu'en fait, il n'y a plus rien qui est maîtrisé. qui est maîtrisable. Et j'imagine que c'est aussi ça qui fait que le métier est absolument passionnant.
- Speaker #1
J'ai la même vision que toi. Moi, mon métier, c'est que de l'onologie. Je ne sais pas ce qui se passe avant que les raisins arrivent. Je ne sais pas d'où ils viennent, d'ailleurs. Ils arrivent à la cave, je ne sais pas d'où ils viennent. Mais j'ai l'impression... Déjà, en onologie, il y a... des milliers de choix possibles, mais j'ai l'impression que du fait du temps long de la viticulture, ou l'impact d'un choix à des répercussions, pas dans les minutes ou dans les heures qui viennent, mais dans les années qui viennent, que c'est beaucoup plus complexe que l'onologie. Peut-être que c'est parce que je ne connais pas cette vision-là, mais... Mais ça me paraît être beaucoup plus compliqué de faire des choix par la temporalité. Donc je te rejoins complètement. Est-ce que on a pas mal avancé ? Est-ce qu'il y a une question que j'aurais dû te poser et que je ne t'ai pas posée ? Ou dit autrement, est-ce que tu as une actualité bouillante pour toi ou pour le syndicat à nous partager ?
- Speaker #0
Si ce n'est de vous inviter à découvrir, redécouvrir les vins, les vignerons. Parce que malgré tout, ce qu'on vient de dire, c'est aussi ce qui fait la force de l'appellation. Et moi, ce qui me rend ce boulot plaisant aussi, c'est que c'est un métier d'artisanat. Et que donc chaque... En fait, les vins, ils reflètent le terroir, ils reflètent aussi la personnalité des vignerons. Et il me semble que quand les vignerons ont créé Sky Deshages, ils ont réussi justement ce compromis entre rentrer dans un cadre, qui est comme tous les cadres... Ça fait des limites, des bordures, etc. Et en même temps, trouver des formules pour qu'il y ait suffisamment de marge de manœuvre pour les vignerons, pour qu'ils soient créatifs, qu'ils puissent faire plaisir, et du coup qu'ils puissent créer des vins qui appartiennent à la fois à la famille Thérèse du Larzac, tout en dégageant leur propre singularité, leur propre personnalité. Si après ça, vous n'avez pas envie de boire... D'ouvrir une bouteille de Thérèse du Larzac, je ne sais pas.
- Speaker #1
On va déclencher le Wahoo Effect. Est-ce que, ça va être ma dernière question, est-ce que le lac du Saint-Lagou arrive à la cheville du lac d'Annecy ?
- Speaker #0
Écoute, j'ai rencontré quelqu'un récemment qui habite au bord du Saint-Lagou et qu'on s'est découvert qu'on était au lycée ensemble à Annecy. En tout cas, ses parents étaient venus sur place à Vénix. Ce n'était pas du tout le cas. Moi, je trouve que c'est très différent. Ma fille, elle te dirait qu'il n'y a rien de plus beau que les ruffes, qu'elle trouve que le lac d'Annecy, c'est vraiment pas à la hauteur des ruffes. Moi, je suis plus partagée parce que souvent, il me manque le printemps, en fait, dans cette région. Et cette année, ce n'est pas le cas. C'est magnifique, c'est très, très vert. Mais il y a eu pas mal d'années où on passait de l'hiver, il y a une semaine de fleurs de printemps. Et après, quand je retourne parfois chez mes parents, le côté vert tendre. sur les montagnes, c'est quand même quelque chose. Mais je pense que toutes les régions... En fait, c'est inutile de comparer. C'est beau, c'est tout. Il n'y a pas besoin de comparer la beauté.
- Speaker #1
Belle conclusion. Vanessa, merci beaucoup.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
A bientôt. Voilà, c'est la fin de ce troisième épisode. Merci à Vanessa. Et surtout, merci à vous d'avoir pris ce moment avec nous. Si cet échange vous a plu, N'hésitez pas à le partager autour de vous, parce que le vin, comme les bonnes histoires, ça se déguste à plusieurs. Quant à nous, on se retrouve très bientôt pour rouvrir une nouvelle bouteille, pour raconter un nouveau parcours de vin.