- Speaker #0
Bonjour, bienvenue sur notre podcast Parle-moi de ton mois d'or. Je suis Céline Chadela et ici je laisse la voix à celles et ceux qui témoignent de leur mois d'or et de leur postpartum. Nous échangeons sur ce mois si spécial d'après l'accouchement, sur votre organisation, vos feedbacks, vos surprises, vos coups durs et vos joies. Et pour cela, je serai accompagnée de Marie-Maë Poulain. Bonjour, moi c'est Marie, je suis psychologue clinicienne et co-fondatrice avec Céline du Mois d'Or. Alors le Mois d'Or, c'est un livre, c'est des formations, mais c'est aussi un engagement pour être au plus près des femmes et des couples en post-partum. Parce qu'un bébé qui va bien, c'est d'abord quoi Céline ? Une maman qui est soutenue ! Alors offrons-leur cet espace de paroles et d'écoute. C'est parti ! Bonjour Chloé ! Bonjour Céline ! Alors aujourd'hui je suis très heureuse d'accueillir Chloé Dufault sur le podcast Parle-moi de ton mois d'or. Chloé, je l'ai rencontrée pendant un entretien de candidature car elle souhaite devenir accompagnante post-natale. Et puis elle m'a parlé de son histoire, de comment elle était arrivée au mois d'or et en fait ça m'a tout de suite touchée parce que je me suis dit il faut que son histoire soit connue. Chloé fait partie de ces mamans, on parle aussi des mamanges, dont le bébé a quitté trop tôt le ventre maternel. Et pourtant, elle a quand même réussi, elle a quand même vécu un mois d'or. Et ça, c'est quelque chose de, pour moi, très précieux, parce que souvent, on m'écrit, on me dit... J'avais tout préparé pour mon mois d'or et finalement nous sommes en néonatologie, ça s'est pas du tout passé comme on l'imaginait. Et moi je voudrais rappeler que le mois d'or, il est fait d'abord pour amortir les difficultés. Que c'est pas une promesse d'un petit cocon tout doux, tout rose pendant la première semaine. C'est vraiment beaucoup plus que ça et l'idée c'est d'amortir les difficultés mais c'est aussi de prendre soin de la mère. Et Chloé par son témoignage... Elle est allée encore beaucoup plus loin grâce à sa belle famille qui est laotienne. Et elle va vous expliquer tout ça et elle va vous expliquer aussi comment elle a pu surmonter.
- Speaker #1
Alors moi je m'appelle Chloé Dufault, j'ai 28 ans, je suis du côté de Toulouse et j'ai une soeur... De mon côté, et puis du coup, mes belles-sœurs et mon beau-frère du côté de mon conjoint, qui sont très présents, et on a une famille qui est très soudée. C'est très riche. Et j'ai beaucoup de chance de les avoir, et du coup, dans cette épreuve, ça nous a beaucoup aidé. En fait, on a vécu une grossesse tout à fait lambda, jusqu'à l'échographie du dernier trimestre, où on s'est rendu compte qu'il y avait... Une petite malformation au niveau du cerveau. Et en fait, en poussant les recherches, on a dû faire une amniocynthèse très rapide. Tout est allé très, très vite. Et finalement, on s'est rendu compte que c'était un syndrome rarissime et qu'il était préférable de faire une IMG, mais à terme. Donc du coup, j'ai vécu un accouchement d'un bébé. tout à fait normal, qui était très beau, qui faisait un poids d'un vrai poids de bébé, 3,250 kg, voilà, du coup qui était vraiment formé entièrement. Donc c'était un accouchement relativement normal, puisque c'était par voie basse, et finalement, voilà, c'était quand même une... Un accouchement qui permettait de devenir maman quand même. Donc du coup, on a vécu ça. L'accouchement était particulier puisque moi, première grossesse, je n'étais pas du tout dans tout ce qui est physio, tout ça. Donc j'étais, je veux une péridurale extrême. Et j'étais vraiment sûre de moi, je voulais absolument la péridurale. Et puis du coup, au niveau de l'IMG, on la propose pour éviter justement... les douleurs associées à la douleur psychique. Sauf que je n'ai pas pu avoir la péridurale pour des raisons médicales. Donc du coup, j'ai accouché de façon physiologique. Et ce qui m'a permis aussi de me dire que pour ma seconde grossesse, j'en étais capable.
- Speaker #0
Et alors ce petit bébé, comment ça s'est passé ? Toi, tu étais dans quelle disposition d'esprit au moment de l'accouchement ?
- Speaker #1
En fait, tout est allé très vite. Tout est allé très vite parce qu'entre le moment où on a eu les résultats de la myosynthèse et mon accouchement, il s'est passé deux jours.
- Speaker #0
Et c'était un accouchement qui était déclenché ou un accouchement naturel ? Déclenché ? Oui,
- Speaker #1
un accouchement qui était déclenché. C'était un accouchement, étant donné qu'il y a une IMG, c'était un accouchement déclenché. Du coup, il y a eu deux temps. D'abord, il endorme et puis après, il arrête son cœur. Et finalement, après ça, l'accouchement se déclenche. Oui, c'est un accouchement déclenché avec de l'ocytocine.
- Speaker #0
Et toi, comment tu te sentais là, quand tu t'es dit, mais ça a dû être un bouleversement, entre le moment où tu as les résultats de ton écho, et savoir ce qui va se passer dans les 40 prochaines heures. Comment tu vis ça ?
- Speaker #1
J'étais mécanique. J'étais très mécanique. Il fallait que j'avance, il fallait qu'on prenne des décisions rapides. On avait déjà abordé certaines questions, notamment au niveau de la souffrance médicale, parce que moi je suis éducatrice de jeunes enfants, donc le handicap en soi ne m'effrayait pas. Par contre la souffrance de l'enfant m'inquiétait beaucoup. Et du coup on avait déjà réfléchi en fonction des résultats, si jamais ils nous donnent des résultats qui ne sont pas positifs, quels seront nos... quels seront nos choix en fonction du résultat, enfin en fonction des symptômes des conséquences donc on avait déjà réfléchi un peu à tout ça mais c'était très lointain on s'est dit on y pense parce qu'il faut le faire mais on s'est dit ça ne nous tombera pas dessus ça arrive aux autres on s'est dit toujours ça, ça arrivera aux autres mais pas à nous, il n'y a pas de raison on a vécu une grossesse où tout allait bien c'est Un bébé qui bougeait super bien, tout s'est bien passé. Donc on s'est dit, il n'y a pas de raison que ça finisse mal. Et voilà, donc en fait c'était très mécanique. On s'est dit, il faut y aller, il faut le faire, il faut faire comme ça. Là les étapes c'est ça, on avançait en fait en fonction des rendez-vous. Chaque rendez-vous on avançait un peu et puis on se laissait porter un peu par ça. sans vraiment réfléchir et sans vraiment réfléchir à ce qu'on ressentait aussi et à la possibilité qu'on allait vivre un deuil après. Mais du coup, le mois d'or ne s'est pas posé à ce moment-là. Est-ce que je mets en place mon mois d'or ou pas ? Est-ce que je le laisse ou pas ? Est-ce que je fais ce que j'ai prévu de faire dans mon mois d'or ou pas ? Là, la question, elle n'y était pas du tout. Mais finalement, quand l'accouchement a été du coup très compliqué, a été très long et puis du coup vraiment très compliqué, puisque du coup là on n'a pas l'aide du bébé, c'était un accouchement très compliqué et pourtant je n'en retiens pas de souvenirs négatifs. En fait, j'étais avec mon conjoint et je me suis dit que ça nous soudait encore plus et on vivait ça tous les deux. Et puis, on avait une équipe qui était exceptionnelle. On a vraiment eu une chance folle de tomber sur cette équipe qui était super à l'écoute. En commençant la formation, je comprends certaines choses au niveau des hormones notamment. Et effectivement, c'était une équipe qui était super à l'écoute. équipe qui venait en parlant tout doucement, qui n'allumait pas la lumière quand ils rentraient dans la pièce, qui rentraient mais sans forcément poser de questions, juste attendre de savoir ce que j'allais leur dire, qu'est-ce que j'allais leur proposer. Ils ne m'auscultaient pas, ils ne venaient pas m'ausculter souvent, si je ne leur demandais pas, par exemple. C'était une équipe qui était tellement à l'écoute qu'en fait, ce moment, il n'a pas été si difficile psychologiquement. Il me tardait que ça se termine quand même parce que je souffrais beaucoup. Mais je n'ai pas de mauvais souvenirs de ce moment-là. Mon conjoint, c'est différent, par contre. Il a vécu de façon très différente. C'est-à-dire ? En fait, il me voyait souffrir. Il ne savait pas exactement ce qui allait se passer. Et puis lui, du coup, il cherchait à me soulager. Il était obligé d'être vraiment conscient pour savoir ce qu'il fallait qu'il fasse pour m'aider. Donc, il était vraiment concentré sur moi. Et du coup, il avait les inquiétudes d'un premier accouchement d'un papa qui... qui vient de premier accouchement aussi donc il avait tout ça sans savoir vraiment ce que je vivais et moi j'étais juste concentrée sur En fait, là, il faut que j'avance et je me concentrais sur moi et lui se concentrait sur moi. Donc lui, effectivement, il était bien plus inquiet. Et même concernant notre bébé, du coup, il a vécu en pleine conscience.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Pour lui, c'était bien plus dur. Après, on parlait beaucoup pendant ce moment-là. Et puis après coup, on en a beaucoup parlé aussi. C'est vrai qu'on a vécu un accouchement qui était quand même particulier, qui est rare, qui n'arrive jamais. Mais bon, on l'a vécu. Ça nous rassure pour le prochain. Et alors,
- Speaker #0
comment ça s'est passé ? Donc bébé arrive, et là, qu'est-ce qui se passe ?
- Speaker #1
Alors... il nous propose beaucoup de choses déjà il nous a proposé de le prendre de façon De l'avoir sur moi en peau à peau, comme un bébé qui va bien. Ils nous ont proposé ça. Effectivement, du coup, moi, j'ai préféré que pour le coup, mon conjoint n'a pas coupé le cordon alors qu'il voulait le faire. S'il avait été en bonne santé. Du coup, on a vécu des petites choses où en fait, ils l'ont sorti, nous l'ont ramené habillé comme on le voulait. Et puis là, on passe un temps avec lui. Et du coup, on a passé deux heures avec lui dans la pièce. Pour mon conjoint, c'était vraiment un moment de bonheur de la voir contre lui, de vivre ses moments. C'était ses premiers moments et finalement, il avait beaucoup de bonheur de le rencontrer. Et moi, j'ai eu un rejet terrible.
- Speaker #0
Ok. Ok. C'était très difficile de le voir,
- Speaker #1
en fait, pour moi.
- Speaker #0
J'imagine. J'imagine. Comment vous avez fait ce choix ? Excuse-moi de te demander cette question, mais c'est quand même une question importante sur le plan même éthique. Parce que... Quel était son avenir, en fait, à cet enfant ? Qu'est-ce que vous prédisait la médecine ?
- Speaker #1
Alors, au départ, quand ils nous l'ont présenté, ce syndrome, ils nous ont dit, c'est un enfant qui ne parlera pas, qui ne marchera pas. Et donc, au départ, quand ils nous l'ont présenté, moi, je réfléchissais à, bon, il ne parlera pas, on va mettre en place la langue des signes, il ne marchera pas, ok. Donc là, je réfléchissais à ergothérapeute, psychomote, je réfléchissais dans ça, plutôt dans quelque chose de comment on va faire pour qu'il évolue quand même bien. Et puis après, on arrive sur l'aspect médical. Et du coup là c'était, il ne s'alimentera pas seul, il sera obligé d'être sondé, il aura certainement des arrêts, les arrêts respiratoires feront partie du quotidien, l'épilepsie, beaucoup de souffrance en fait médicale, et on s'est dit mais en fait... En plus du handicap qui finalement risque de faire que sa vie ne sera pas simple, il va avoir une vie de souffrance. Et là, du coup, on passe dans un autre registre. Là, la question ne se posait plus finalement en se disant qu'est-ce que j'offre à mon enfant ? Quelle vie j'offre à mon enfant ? Pas une vie heureuse en tout cas, pas une vie de souffrance. Et c'est vrai que là, du coup, la question se pose beaucoup moins. On a eu beaucoup moins de questions. ça aurait été que du handicap il y aurait eu simplement pas la parole et pas la marche on aurait avancé sans soucis mais c'est vrai que là du coup il y avait vraiment un aspect souffrance médical lourd on nous a dit ça dépend toujours des parents et on a dit dépendant de nous nous ont dit non dépendant de soins oui c'est ça effectivement il faut se projeter aussi dans nous quand on va vieillir qui va s'occuper de lui qui va... qui va prendre soin finalement de lui. C'est, voilà. On a eu, du coup, la question, c'est pas posée longtemps finalement.
- Speaker #0
Ouais, je comprends. Et donc, revenons à ton, à l'après-accouchement. Toi, donc, toi, rejet. Toi, tu pouvais pas le prendre.
- Speaker #1
En fait, quand je l'ai vu, étant donné que moi, le matin même, il bougeait dans mon ventre. D'avoir un bébé décédé dans mes bras, c'était impensable. Et de le voir, du coup, je me disais, mais ce n'est pas mon fils, en fait. Enfin, reprenez cet enfant, ce n'est pas mon fils.
- Speaker #0
Et je vais te poser cette question très crue, Chloé, mais ton enfant, il est vivant ou il est décédé ?
- Speaker #1
Non, il est décédé. En fait, dans le cadre d'une IMG, du coup, d'abord, ils endorment, ils anesthésient, finalement. et après ils font une seconde piqûre où ils arrêtent le coeur et après l'accouchement a lieu ok c'est pour ça que finalement On n'a pas l'aide du bébé pour accoucher, donc l'accouchement est plus difficile.
- Speaker #0
Bien sûr, bien sûr.
- Speaker #1
Mais du coup, on a beaucoup de regrets, notamment de jamais avoir vu ses yeux. Il y a plein de choses finalement. on ne saura jamais exactement on n'aura jamais entendu un cri et à la fois c'est impensable de le faire dans l'autre sens finalement qu'il naisse et qu'après c'est sûr donc voilà d'accord on a vécu comme ça Mais on a eu la chance aussi, dans cet hôpital, il y a une association qui s'appelle Souvenanges et qui est venue prendre des photos. C'est des photographes professionnels qui sont venus prendre des photos professionnelles, comme faire un shooting de naissance, finalement. Ils nous ont permis d'avoir beaucoup de souvenirs, en fait. Et quand on a besoin de repenser à lui, on a des photos.
- Speaker #0
Il a un prénom, ce petit garçon ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Jules. Jules. OK. Et toi, comment tu te sens dans tout ça, alors ?
- Speaker #1
Ouh là, c'est très... C'est pas linéaire.
- Speaker #0
Ah non, j'imagine.
- Speaker #1
C'est pas linéaire, mais dans l'ensemble, j'ai l'impression qu'on a eu énormément de chance dans tout ça parce qu'on a été entourés déjà de professionnels incroyables. d'une bienveillance je vraiment je ne les remercierai jamais vraiment ça a été super de les avoir auprès de nous et puis après on a nos familles qui ont été très à l'écoute jamais jamais Jamais trop envahissant, jamais trop présent, jamais pas assez présent. Finalement, du coup, on a eu un entourage qui nous a beaucoup aidé dans ce moment. Et en fait, on a un entourage aussi qui respecte beaucoup notre façon de vivre les choses et qui nomme Jules très facilement.
- Speaker #0
Ok, c'est très important. Et oui, ça c'est très important.
- Speaker #1
Oui, vraiment. Et puis nous, on a des croyances au niveau spirituel qui sont un peu un peu enfin voilà au niveau vas-y tu peux y aller tu peux y aller ça nous intéresse en fait on on on on l'associe à beaucoup de signes du coup et en fait la famille je me rends compte que la famille qui mon côté de la famille qui sont très ouverts mais pas forcément dans ce sens spirituellement dans ce sens là ben finalement trouve des signes aussi qui appartiennent à Jules et Merci. tout le monde le fait vivre par les signes qu'on voit, le soleil qui se lève, ou alors quand une semaine de vacances, on a prévu de la pluie, finalement il y a du soleil toute la semaine, tout le monde l'associe un peu comme ça, c'est notre façon de le faire vivre dans le quotidien.
- Speaker #0
C'est un peu votre petit ange qui veille sur vous.
- Speaker #1
C'est ça. Et du coup pour toute la famille, je sens que c'est un peu une unité, et puis ça a beaucoup soudé nos deux familles qui se connaissaient très peu finalement.
- Speaker #0
Alors, tu peux parler un petit peu plus de ta belle famille, justement ? Qui sont-ils ? Quelle est leur culture, leurs croyances, etc. ?
- Speaker #1
Alors, ma belle famille, c'est une famille laotienne, de l'ethnie, c'est des mons. Et ils sont chamanes. Et du coup, au niveau... Au niveau croyance, on a beaucoup de croyances dans l'autre monde, dans la vie d'après, tout ça.
- Speaker #0
Tu m'as dit qu'ils étaient d'origine laotienne, c'est ça ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et que là-bas, il y a des pratiques chamaniques, peut-être animistes, et donc qu'ils ont toujours aujourd'hui avec eux en France, en fait, c'est ça ?
- Speaker #1
C'est ça. C'est ça. Ok. C'est ça. C'est ça, et puis... Et puis finalement, moi, quand je suis arrivée dans cette famille, je n'avais pas du tout ces croyances-là. Et en fait, elles me font du bien. Surtout dans ces moments-là, c'est des croyances qui, je trouve, permettent d'avancer. Elles ne sont pas du tout néfastes. Il n'y a pas d'aspect négatif dans ces croyances-là. au contraire, c'est juste que ça permet d'avancer et de se dire que c'est autre chose, il faut le prendre autrement et ça permet de ne pas rester dans ce côté un peu... Comment dire ? en fait le ciel nous tombe sur la tête et c'est comme ça en fait non il y a autre chose il faut le prendre autrement oui ça met un autre sens à ce que tu as vécu tu sors un peu du côté morbide c'est ça oui
- Speaker #0
oui oui bien sûr et oui c'est comme ça qu'il le concevait en tout cas ta belle famille c'est toujours le cas et c'est vrai que du coup ça permet aussi de parler de lui au présent
- Speaker #1
donc de créer en fait on se crée des souvenirs avec lui, même sans lui vu que on arrive à en parler au présent et c'est vrai que j'aurais jamais imaginé ça quand on vit un deuil on se dit c'est terminé, c'est fini en fait non, là du coup grâce à eux on se dit que c'est autrement c'est une transformation c'est ça
- Speaker #0
Mais ce qui est assez fou, c'est de voir la différence culturelle dans la manière de vivre le deuil et vivre la confrontation à la mort. Parce qu'en fait, nous, c'est devenu quasiment un tabou. C'est-à-dire qu'on n'ose pas parler du défunt, on n'ose pas le nommer. On est extrêmement gêné, on ne sait pas comment se comporter. Alors que chez toi, dans ta famille, j'ai l'impression que c'est quelque chose de très intégré, de vivant, en fait.
- Speaker #1
En fait, nos deux familles se portent. Dans ma famille qui est française, on a besoin de Jules pour se motiver parfois, notamment pour faire du sport, parce qu'on n'est pas tout à fait très assidus sur ce sujet. Du coup, mes parents ont fait des t-shirts floqués à l'éphigie de Jules pour se motiver un peu, pour faire des courses, pour pouvoir les porter pendant des semi-marathons, tout ça. Et puis, les on... On en a donné aussi à ma belle-famille et finalement tout le monde porte ça pour se motiver. Et de notre côté, ma belle-famille apporte à ma famille l'aspect spirituel et l'aspect croyance. Et notamment dans les repas où il y a des rites par exemple, où on met des assiettes pour les défunts, on met des assiettes à table, finalement ça nous permet de continuer de vivre des moments en famille avec lui. En tout cas, de les faire parce qu'on n'a jamais eu de moments en famille ou à table avec lui, vraiment avec Jules. Et du coup, de l'avoir à table avec nous, ça nous permet de créer d'autres moments. Et en fait, nos deux familles, ça porte assez sur ça. Et c'est vrai que nous, ça nous a beaucoup aidé dans le deuil, puisque on a des moments, on continue d'avoir des moments avec lui par la pensée ou par les moments. qu'on vit ou on le fait vivre, on le nomme très souvent dans les repas de famille, dans les deux familles.
- Speaker #0
Oui, finalement, les morts et les vivants sont ensemble.
- Speaker #1
C'est ça, complètement. On a un lien qui est très proche. On continue à créer du lien entre les deux mondes, finalement. Et c'est vrai que c'est une façon de se créer une famille, finalement, créer notre famille, déjà, tous les trois. Et de faire vivre Jules aussi dans nos familles. Il a une place dans nos familles à tous les deux.
- Speaker #0
Et tu me disais aussi, en off, que ton beau-père... peut parler aussi avec les défunts ? Du coup, c'est quelque chose qu'il pratique, que vous pratiquez ?
- Speaker #1
Alors que lui pratique, oui. Dont nous, on se sert. C'est vrai que pour les moments qui sont un peu compliqués, qui sont un peu lourds, où on a besoin d'un petit coup de pouce pour savoir vers où aller, c'est vrai que ça nous permet de... Ça nous permet de nous guider un peu et c'est vrai que ça nous permet aussi de nous dire que nous, on a besoin de faire vivre Jules et à la fois que Jules a besoin aussi de vivre avec nous. Donc d'avoir ce lien où mon beau-père peut communiquer, ça nous aide beaucoup pour créer ce lien-là.
- Speaker #0
et ça rend le lien encore plus simple finalement heureusement qu'on l'a est-ce qu'il y a une imprégnation un petit peu aussi issue du bouddhisme de la part de on peut retrouver certaines
- Speaker #1
Certaines pratiques, mais c'est très... Alors, je ne comprends pas tout ce qui se passe. Je ne comprends pas tout ce qui se passe et tout ce qui pratique. Je le prends. Mais j'avoue que je ne comprends pas tout. Notamment le mois d'or, on me l'a légué comme ça. On m'a dit, il faut le faire, c'est comme ça, sans forcément le comprendre. C'était vraiment...
- Speaker #0
Oui, en Asie, c'est souvent comme ça. Ils ne s'embêtent pas à expliquer.
- Speaker #1
Ils ne le savent pas non plus forcément parce que ce sont des pratiques qui sont courantes. Et du coup, il n'y a pas forcément d'explication. C'est comme ça, il faut le faire. Et du coup, il y a plein de choses dans leur culture où on dit que c'est comme ça.
- Speaker #0
Oui, c'est vraiment ancré. C'est ancré, c'est quelque chose de quotidien. Et donc, quel sens... Ouais, c'est intéressant. Du coup, oui, grâce à eux, t'as pu apporter et mettre beaucoup de sens, en fait, à ce que vous aviez vécu, qui reste une épreuve. Et c'est assez incroyable. Quand je t'écoute, j'ai déjà entendu des récits, même type d'épreuve, mais le vécu est très, très différent. et souvent et même très voilà emprunt vraiment de beaucoup de souffrance et là quand je t'écoute c'est pas ton cas enfin t'as l'air assez assez libre en fait par rapport à ça et donc c'est un très très bel exemple et et comment c'est passé même sur le plan funéraire en fait avec cette belle famille qui est très spirituelle comment ça s'est passé ?
- Speaker #1
là il a fallu prendre BLEH Il a fallu faire avec tout le monde. Il a fallu faire avec leurs croyances, donc par exemple, pas d'incinération. Et du coup, avec nos envies, on a réussi à trouver un terrain d'entente. Mais c'est vrai qu'il faut prendre en compte les deux cultures dans ce moment-là. C'est des moments forts, les mariages, les... les mariages, les naissances et les décès, c'est des moments qui sont très forts dans cette culture-là. Et donc du coup, effectivement, il faut pouvoir respecter tout le monde, mais il faut beaucoup discuter avant. On a beaucoup discuté avec mon conjoint. Chacun a sa place, en fait. Mais c'est vrai que sur le plan funéraire, notamment l'incinération, ce n'était pas envisageable.
- Speaker #0
D'accord. Et pourquoi ? Dis-moi pourquoi, ça m'intéresse.
- Speaker #1
Parce qu'il faut que le corps reste... Le corps reste... Comme il est né, en fait. C'est pour ça que chez eux, ils ne font pas de tatouage non plus. Il n'y a pas de piercing. Il faut que le corps soit enterré comme quand il est né.
- Speaker #0
OK. D'accord. OK. De façon pure, quoi.
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
OK. Et donc, vas-y, je te laisse poursuivre.
- Speaker #1
Non, du coup, la sépulture était très simple. Mais c'est vrai que, par exemple, il faut que... le tombeau soit au-dessus bien fermé pour que il n'y ait pas de... Ils estiment que c'est comme une maison finalement donc il ne faut pas qu'il y ait d'infiltration d'eau donc il faut qu'il y ait vraiment un tombeau bien fermé avec vraiment une fondation au-dessus pour qu'il n'y ait pas d'infiltration d'eau comme dans une maison qui prend l'eau.
- Speaker #0
Oui d'accord. Est-ce qu'on parle de l'âme dans cette... dans ses croyances.
- Speaker #1
On parle des âmes.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Ils ont... Alors, je saurais pas le dire exactement, mais il me semble qu'il y a... Enfin, il y a plusieurs âmes. Il y a des âmes vieilles, des âmes jeunes. Quand il y a une naissance, il y a plusieurs âmes qui viennent et qui forment cette personne, la personne. Une entité. Ouais. Oui, c'est ça. Et finalement, du coup, c'est ça. Il y a plusieurs... Il y a des âmes nouvelles et des âmes anciennes. Et du coup, en fait, c'est comme... plusieurs vies finalement qui se regroupent pour faire une personne.
- Speaker #0
Ça c'est une vision. Pour la petite histoire, avant j'écrivais quand même beaucoup, j'étais journaliste et j'écrivais sur la spiritualité, la méditation, le yoga, j'ai fait des études en médiation religieuse, donc c'est des sujets qui m'intéressent hautement. Et c'est la première fois que j'entends ça, la question de plusieurs âmes qui s'agrègent. il faut créer une entité ok en fait du coup ça explique certaines choses pour finalement de se dire Ça, c'est parce que dans une de tes vies, tu as vécu ça. Et du coup, ça explique certaines choses dans notre vie actuelle, finalement. Et puis du coup, les conséquences de notre vie actuelle vont avoir des conséquences sur nos vies futures aussi.
- Speaker #1
Sur les vies futures. Oui, ça, c'est le karma, en fait.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
c'est ça c'est la première fois que j'entends ça sur les réflexions et les actions qu'on a il faut l'avoir en tête quand même de se dire que ça aura une incidence c'est
- Speaker #1
quand même lourd à porter et finalement on porte un passé et on porte le futur mais en Asie c'est vrai que c'est quand même très imprégné de ça je pense que ça joue vraiment sur la culture collective le fait aussi qu'il y ait quand même Bye bye. sur des pays qui sont quand même assez pacifiques je pense que cette croyance là du karma qu'on paye un jour ou l'autre dans cette vie ou dans une autre ça joue c'est sûr et donc finalement leur rapport à la mort il est très différent d'une autre il est très différent d'une autre à la fois
- Speaker #0
on accueille quand même la tristesse on accueille quand même beaucoup la tristesse beaucoup les émotions mais on a le droit de pleurer la perte de l'être mais c'est vrai que finalement rapidement on se projette dans le futur en fait c'est qu'il avait un autre chemin de vie et du coup quel est son chemin de vie et en fait euh on ne reste pas dans ce mal-être. On cherche un sens. On va chercher un sens plus tôt. Et c'est vrai que ça, ça nous a beaucoup aidés tous les deux pour avancer et pour réfléchir au futur aussi et puis remettre aussi notre vie beaucoup en question. On a beaucoup changé de choses dans notre vie suite à ça, sur le plan professionnel, sur le plan de nos projets personnels. Tout a changé. avec l'arrivée de Jules parce qu'en fait on s'est dit, il y avait quelque chose qui n'allait pas et c'était une alarme en fait c'était il nous a amené quelque chose et il fallait qu'on creuse et oui d'accord alors tu peux nous en dire plus ? si tu veux bien il fallait qu'on se reconnecte à l'essentiel on était dans quelque chose de très alors moi j'ai besoin d'organiser j'ai besoin d'anticiper de prévoir Je fais les listes, j'ai besoin que tout se passe comme j'ai prévu. Et du coup, on avait prévu de se marier à telle date, on avait tout prévu dans le mariage déjà bien un an avant, tout était calé sur le plan professionnel. Moi, je savais ce que j'allais faire, donc je travaillais en crèche, j'allais rester dans cette crèche, je passais mon concours de la fonction publique. Mon conjoint, lui, il passait un an avec le bébé et finalement, après, il recherchait un travail. Ça, c'était calé. Et on avait tout calé comme ça, d'avancer sans forcément réfléchir à ce que ça nous correspond vraiment. On avait prévu un mariage avec 250 personnes, sans réfléchir à vraiment quel est le sens de tout ça. Et finalement, avec l'arrivée de Jules, on a arrêté, on a mis en pause le mariage. On s'est dit, on se mariera plus tard. On ne sait pas quand, mais c'est sûr qu'on ne sera pas 250. on sera 60, vraiment tout petit comité. Et finalement, sur un coup de tête, on est parti en Thaïlande pendant un mois. Et on s'est dit, c'est des choses où en fait, il faut qu'on se reconnecte à l'essentiel. Vraiment, il faut qu'on recherche ce qui nous parle vraiment et qu'on travaille sur cette recherche-là. Et pas qu'on avance sans réfléchir, en se disant, est-ce que ce travail me... Enfin, voilà, mon travail me plaisait en soi, mais c'est vrai qu'il me manquait quelque chose derrière. J'avais besoin de... de creuser plus dans la relation avec la famille, l'histoire de l'enfant. Et j'occultais un peu ces recherches-là en me disant, il faut que j'avance dans mon travail, c'est comme ça, il me faut un travail stable pour accueillir ma vie, ma vie de famille. On avait prévu d'acheter une maison, du coup là, toutes les cartes ont été rabattues. Et finalement, on ne sait pas où on va. on ne sait pas où on va on se laisse porter pour l'instant ça nous réussit pas mal parce que du coup je me retrouve dans la formation accompagnante moi adore et je me régale parce que du coup effectivement toutes les recherches tout le sens que je cherchais je le retrouve donc finalement on se laisse porter et ça nous va très bien on a une seconde grossesse rapprochée on a une seconde grossesse rapprochée pour l'instant ça nous réussit plutôt pas mal, c'est vrai qu'il faut sortir de sa zone de confort quand même quand on aime être
- Speaker #1
bien organisé là on se dit il n'y a plus rien d'organisé mais plus rien du tout au point que ni lui ni moi ne travaillent enfin on part de voilà on ne sait pas là vous réinfusez de la vie la créativité dans votre existence en fait c'est ça c'est ça et alors parle-moi de ton Merci. Parle-moi de ton mois d'or, du coup, comment la mer, par rapport, puisque si j'ai bien compris, tu as été plongée finalement dans cette sculpture laotienne chamanique. Et comment s'est occupée de toi, justement, qui étais mère en deuillet ?
- Speaker #0
Alors, au départ, pour moi, le d'or, c'était juste une injonction culturelle. J'avoue que quand on m'a dit, tu vas rester chez toi pendant un mois. Alors, en plus, chez eux, c'est particulier puisqu'on ne mange que du bouillon de poulet, du poulet et du riz pendant le premier mois.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Donc, je me suis dit, d'accord, mais dans ce bouillon de poulet, est-ce qu'on peut caler un cheat meal quand même ou pas du tout ? Parce qu'effectivement, du coup, on m'a dit, bouillon de poulet pendant un mois, tu ne sors pas de chez toi, tu te couvres vraiment bien, tu te couvres la tête surtout, tu bois de l'eau chaude, pas d'eau fraîche. Moi, j'adore boire de l'eau fraîche. Et je me suis dit, ça va être terrible. Mais bon, je me suis dit, c'est comme ça, il faut que je le fasse. Mes belles sœurs l'ont fait, ma belle-mère l'a fait. Je me suis dit, bon, il faut que je le fasse. Et je prenais, en plus, vu que je n'avais pas forcément les explications, je n'étais pas vraiment convaincue. J'étais dans, il faut le faire, c'est comme ça. Il faut le faire pour respecter. Mais je le faisais vraiment sans conviction. Et puis finalement... Très rapidement, j'ai été rattrapée par le bien-être que ça me procurait déjà de ce bouillon qui était déjà très bon. Je me sentais vraiment bien. Après avoir mangé, je ne me sentais jamais ballonnée. Je n'avais jamais mal au ventre. J'étais toujours bien. Je sentais que ce n'était que des choses qui me faisaient du bien. Parce qu'en plus, dans le bouillon, il y a des plantes médicinales. Donc, c'est des plantes qui favorisent la récupération. la cicatrisation, l'énergie. Et finalement, je sentais que ça me faisait du bien. Donc, j'ai continué même un mois de plus après. Un mois de plus, le bouillon. En fait, c'était devenu un peu le sketch. Il fallait que j'arrête de manger du bouillon parce que je me sentais tellement bien que j'ai presque fait ça. Et finalement, de faire le mois d'or... Au début, c'était vraiment comme ça que je le vivais, une injonction. Et après coup, je me suis dit, encore plus en ayant vécu un deuil, ça ramenait du normal dans l'irréel. C'est quelque chose qu'on ne peut pas imaginer, de perdre son enfant. Et en fait, le fait de vivre un mois d'or normal, ça ramenait un peu de normalité dans la vie. Et ça m'avait fait du bien. et puis même en tant que reconnaissance pour être reconnue en tant que mère finalement de vivre ce mois d'or c'était notre premier enfant j'étais reconnue vraiment en tant que mère et c'était vraiment nécessaire je pense de le vivre parce que moi j'avais besoin de ça de me dire effectivement j'ai pas mon bébé mais je suis quand même maman et du coup il faut de vivre ça et voilà je me sentais maman
- Speaker #1
un temps bien sûr et ouais mais en fait tu vois ce dont j'ai l'impression aussi que en t'entendant c'est que t'as été extrêmement bien entourée aussi en fait c'est un peu ça le secret aussi c'est que bon il y a les croyances bien sûr ça donne du sens à ce départ mais il y a aussi le fait que toi Tu as été extrêmement bien entourée par des personnes qui, tu le disais, n'en faisaient jamais trop, pas assez, étaient vraiment toujours là, pile au bon moment, qui t'ont préparé à manger, qui t'ont soutenue, c'est énorme.
- Speaker #0
Oui, alors pour Jules, j'avais que mon conjoint qui cuisinait et qui faisait le ménage à la maison. C'est déjà pas mal ! Oui, mais du coup, là j'anticipe sur l'arrivée du second. Et là du coup, effectivement, étant donné qu'il y aura le bébé, je ne veux pas priver mon conjoint de ces moments-là, je veux qu'il puisse les vivre aussi lui pleinement. Du coup, ma mère sera là en soutien aussi. Donc, on vivra ça tous ensemble. On vivra ça tous ensemble.
- Speaker #1
Super, super. Et qu'est-ce qui t'a... Donc, tu m'as dit pour Jules, ton mois d'or après Jules, on t'a... Donc, tu te reposais, on te faisait du bouillon. Qu'est-ce que tu faisais d'autre ? Est-ce qu'il y avait d'autres choses culturellement ? proposé ?
- Speaker #0
Alors, culturellement, effectivement, du coup, de boire beaucoup d'infusions, beaucoup de chaud, que du chaud, d'ailleurs, parce que il n'y avait pas du tout de possibilité de boire de l'eau, même du robinet. C'était de l'eau chaude, que des tisanes ou de l'eau chaude, mais jamais de... Oui. Ça, après, c'est vrai que du coup, étant donné qu'il y avait... Beaucoup de paperasse, la sépulture à préparer, beaucoup de choses. Finalement, l'horizontalité, je n'y suis pas restée longtemps. J'y ai resté le plus possible, mais c'est vrai que c'était quand même difficile étant donné qu'il y avait beaucoup de choses à gérer à l'extérieur de la maison, je veux dire. Il fallait quand même que je puisse être présente. Donc cette partie-là, je l'ai moins vécue. Après, rapidement, j'ai vu une ostéo qui m'a conseillé de faire le resserrage du bassin, que je me faisais moi-même dès l'accouchement. Mais du coup, là, j'ai pris un soin. c'était un soin exceptionnel qui a duré deux heures il y avait un resserrage des sept points du corps et beaucoup de massages un peu de drainage et un moment à la fin du soin On m'a posé un bol tibétain un peu gros sur mon ventre. Et l'angoisse du ventre vide après l'accouchement est présente pour beaucoup de mamans. mais encore plus quand on vit un deuil parce que du coup il n'y a pas de remplacement de l'avoir dans les bras et plus dans le ventre du coup là le viantre vide il est vraiment très présent et là on m'a mis un bol tibétain et en fait de ressentir vibrer mon ventre et elle l'a sortie tout doucement j'ai eu l'impression que je vivais un accouchement très doux et c'était impressionnant de renaissance pour moi aussi c'était tellement nécessaire finalement en plus avec cet accouchement qui avait été compliqué ce soin là le resserrage du bassin je me le faisais c'était vraiment différent, c'était bien plus poussé
- Speaker #1
Oui. C'est un commentaire. un peu un rebozo approfondi oui c'est ça comment se comportait la belle famille avec toi à ton égard on s'est pas beaucoup vu le premier mois on s'est pas beaucoup vu le premier mois on
- Speaker #0
s'est vu pendant les moments de regroupement notamment pour la sépulture et après pour les rituels de leur côté Mais déjà, je n'avais pas le droit de rentrer dans la cuisine du tout. Ah oui, j'adore. Le cœur de la vie était dans la cuisine. Dans cette famille, tout le monde est dans la cuisine. Les discussions importantes se passent dans la cuisine. Je vais être vraiment en vie dans cette cuisine. Et là, je n'avais pas le droit d'y rentrer. Mais bon, je sentais que je n'étais pas du tout la bienvenue quand je passais le pas de la porte. Effectivement, il fallait que je me repose. Et puis, quand il y avait des rituels, j'étais préservée. J'étais un peu à l'écart pour que je me préservais de l'encens, par exemple, de tout ça, en fait, de tout ce qui pouvait polluer ma récupération. mais après c'était ma belle famille le vivait vraiment comme si je vivais un mois d'or tout à fait lambda il fallait que je prenne soin de moi et c'était indispensable c'était même inimaginable que ça soit autrement
- Speaker #1
Ouais, c'est sûr. Ouais, ouais, ouais. Et comment tu es sortie progressivement de ton mois d'or ? On t'a dit c'est fini ? Comment ça s'est passé ?
- Speaker #0
Ben, on m'a dit c'est fini. Mais bon, du coup, comme je te disais, j'ai continué encore un peu. Je me suis dit, je vais partir en Thaïlande. On est parti en Thaïlande, du coup, un mois, oui, pas tout à fait deux mois après l'accouchement. et du coup je me suis dit non mais il faut que je me remette vraiment bien avant de partir en Thaïlande parce qu'il faut qu'au niveau de mon périnée déjà je puisse gérer et du coup il fallait que je sois vraiment opérationnelle donc du coup j'ai continué jusqu'à la Thaïlande je suis sortie très progressivement finalement du mois d'or en intégrant d'autres une alimentation différente mais vraiment très progressivement pour que pour que je sois prête pour ce voyage. Mais à la fois, je n'ai pas été vraiment très dépaysée puisqu'on a mangé beaucoup de riz en Thaïlande finalement. Et puis, c'était une alimentation qui était très saine finalement là-bas aussi. C'était le retour en France après qui a été le plus difficile.
- Speaker #1
Oui, c'est sûr. Et comment tu te sentais pendant ce premier mois justement à l'égard de ce bébé ? Est-ce que tu as eu... que tu as connue, sur le plan émotionnel, comment ça s'est passé ?
- Speaker #0
C'était très... Il y avait des moments très compliqués, des moments de colère, des moments de tristesse profonde, et puis des moments de joie aussi. En fait, c'était vraiment... Il fallait vraiment jongler avec tous les ressentis, avec aussi la chute des hormones. et en fait on a beaucoup communiqué avec mon conjoint on a beaucoup parlé et les émotions étaient bien plus simples à vivre effectivement mais c'est vrai qu'il fallait accepter ça c'est difficile pour moi d'accepter de se sentir de se sentir mal en fait D'accepter de se sentir en colère, d'accepter de se sentir triste. Et d'accepter cet état, c'est vraiment pas simple. Moi, j'aime pas du tout rester dans cet état-là. J'avais besoin de vite retrouver de la joie, vite retrouver des moments bien plus légers. Et c'est vrai qu'il faut les accepter. Ça fait aussi partie du chemin de se dire, là, c'est normal que je vive ça. Notamment, la fête des mères a été difficile, après coup. Alors que je n'anticipais pas du tout que ce moment allait être difficile. Et finalement, ça ravive beaucoup de choses. Et il faut l'accepter. C'était très déstabilisant. Mais c'est ce qui permet aussi d'aller mieux. Donc il faut se dire qu'il faut passer par là.
- Speaker #1
Et oui, je comprends. Et donc là, bébé 2 arrive quand ?
- Speaker #0
Bébé 2 arrive dans deux mois. D'accord. Il est prévu pour fin novembre.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Il est prévu pour fin novembre. Et bon, c'était une grossesse qui était très particulière finalement du coup aussi puisque deux grossesses rapprochaient déjà puisque j'ai accouché deux. Donc mon accouchement de Jules, c'était le 3 octobre. Donc c'est deux grossesses.
- Speaker #1
3 octobre et l'année dernière. Ah oui. Ah oui, d'accord.
- Speaker #0
Ah oui.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Donc au niveau fatigue. on est vraiment dedans mais même au niveau de toutes les étapes finalement c'est une grossesse qui a une saveur qui est particulière finalement, on a perdu l'insouciance d'une grossesse finalement on se dit les trois premiers mois c'est les mois qui sont un peu risqués et puis après on souffle, on avance mais en fait là on n'est pas dans ça on soufflera plus tard on attend chaque étape on valide chaque étape,
- Speaker #1
on les coche d'accord donc là de moi ce qui nous amène à fin novembre c'est ça ?
- Speaker #0
c'est ça fin novembre j'ai hâte je suis vraiment hâte j'ai hâte et puis j'ai hâte aussi j'ai hâte de l'avoir dans mes bras vraiment de l'avoir dans mes bras et de vivre en fait c'est très bête Merci. à dire mais j'ai hâte du chaos dans la maison j'ai hâte du bazar j'ai hâte qu'il y ait du bruit j'ai hâte de ne pas dormir j'ai hâte de vivre tous ces moments là On n'a pas pu vivre avec Jules. Et finalement, qui était très silencieux, qui était très doux, qui était très beau quand on était avec lui. En fait, j'ai envie qu'il y ait du... Voilà. Qu'il y ait du bazar. Qu'il y ait du bazar, des cris. J'ai envie de ça. Voilà, j'ai hâte.
- Speaker #1
Je comprends. Ouais, t'as hâte d'avoir un vrai postpartum. C'est ça.
- Speaker #0
Bien.
- Speaker #1
Bien corsé. C'est ça, bien corsé.
- Speaker #0
On nous a dit, vous allez voir, les bébés arc-en-ciel, c'est des bébés... Donc, les bébés après. après les bébés étoiles et du coup on nous a dit vous allez voir c'est des bébés qui ont besoin de montrer qu'ils vivent donc ils sont hyper hyper vivants vraiment beaucoup trop vivants et je me suis dit oh j'adorais j'adorais ça qu'ils viennent vite je l'attends je me suis dit ok alors là on va faire ça on va mettre ça en place pour Donc là, j'ai hâte, j'ai vraiment hâte.
- Speaker #1
Ben ouais, bien sûr. Et petit garçon, petite fille, tu sais ?
- Speaker #0
Petit garçon.
- Speaker #1
Petit garçon, ok.
- Speaker #0
On nous a demandé ce qu'on préférait, garçon ou fille. J'aurais même pas su répondre finalement, parce que fille, ça aurait été différent, ça aurait été une grossesse vraiment différente, et c'était bien d'avoir une grossesse extrêmement différente. Et d'un autre côté, un garçon, ça rapproche aussi de son frère. Donc, ça crée un lien avec son frère. Donc,
- Speaker #1
on est contents.
- Speaker #0
On est contents dans tous les cas.
- Speaker #1
Bon. Écoute, un grand merci, Chloé. Tiens-nous au courant.
- Speaker #0
Merci à vous.
- Speaker #1
Merci pour la force de ton témoignage qui, j'espère, pourra en aider d'autres. Parce que c'est quand même pas rien ce que tu as vécu. Et je trouve que c'est très inspirant. Donc tout le meilleur pour la suite.
- Speaker #0
Merci beaucoup. Je vous dirai le chaos de la maison.
- Speaker #1
Oui, tu nous donnes des nouvelles surtout. Merci beaucoup pour votre écoute. Pour aller plus loin, sachez que le mois d'or, ce sont des livres pour bien se préparer. Ce sont aussi des professionnels spécialisés pour bien s'entourer pendant les mois après l'accouchement. Et bien sûr, ce sont des formations sur le postpartum.
- Speaker #2
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