- Speaker #0
Et si on parlait vrai dans la tête d'un dirigeant ? Un podcast qui parle de ce que les dirigeants vivent réellement et dont on parle rarement. Très peu parlent de la nuit où ils n'ont pas dormi à cause de la trésorerie, la décision de licenciement qui les a marqués, la solitude, le sentiment de ne plus savoir où donner de la tête, les moments où ils ont eu envie d'arrêter. Ici, On ne va pas parler de méthode miracle ni de success story parfaite, mais du quotidien, des décisions difficiles et des doutes. Des réussites aussi, mais racontées avec leurs coulisses. Des adaptations permanentes et de la transformation. Qui sommes-nous ? Nous sommes Muriel et Marjorie, cofondatrices de la méthode Un Seul Souffle. Nous permettons aux dirigeants de développer leur entreprise sans rester seuls face à leurs décisions. Nous redonnons du souffle aux entreprises. et le sourire à leurs dirigeants. Suite à des post-LinkedIn, un sujet est ressorti très largement, la solitude du dirigeant. Un sujet dont on parle peu, parce qu'un dirigeant est souvent perçu comme quelqu'un qui décide, qui avance, qui maîtrise. Mais la réalité est parfois bien différente. Aujourd'hui avec Muriel, nous allons parler de cette solitude que nous rencontrons régulièrement chez les dirigeants que nous accompagnons. Et surtout, nous allons essayer de comprendre pourquoi cette solitude n'est pas uniquement une question de ressenti. Elle a souvent des conséquences très concrètes sur l'organisation, les équipes, les décisions et parfois même sur la performance de l'entreprise. Alors, premier sujet, la solitude, de quoi parle-t-on vraiment ?
- Speaker #1
C'est bien ce qu'on lui dit, je pense que c'est ça. Moi, ce que je rencontre tous les jours, depuis des années, et même quand j'ai été dirigeante, c'est que même si on est tout seul dans son bureau, même si on est entouré, pardon, on a beaucoup de choses dont on n'ose pas parler. On n'ose pas parler que tous les mois, il faut payer des salaires et que des fois, c'est difficile, qu'il y a des fournisseurs à payer, qu'il y a des grandes décisions à prendre. que des fois, on hésite à licencier, qu'il y a encore des factures à payer, des travaux à réaliser. Et aussi, on voit des gens autour de nous qui peuvent être seuls, qui peuvent être... Tu sens qu'ils ne vont pas très bien et que tu ne dois pas laisser seul. Donc, c'est quelque chose d'autre qu'il faut aller porter, qui n'est pas qu'à soi. Parce que toi, tu vois aussi d'autres choses.
- Speaker #0
Oui, je dirais que c'est surtout à la solitude de la décision du dirigeant. C'est-à-dire qu'il doit prendre au sens des décisions un peu stratégiques pour son entreprise. Est-ce que je peux investir ? Est-ce que je peux recruter quelqu'un d'autre ? Est-ce que je dois aller développer mon chiffre d'affaires pour aller chercher des nouveaux marchés ? Et c'est vrai qu'il se retrouve souvent face à l'incertitude. pas souvent les données financières pour prendre sa décision. Il n'a pas de personne, il ne peut pas en parler à son personnel, ses salariés. Et puis, on le voit souvent, souvent c'est des choses qui ruminent, qu'ils amènent chez eux à la maison le soir. Et ils sont en permanence, en fait, face à des décisions et dans cette solitude qui est... qu'on attribue aux dirigeants, mais aussi un auto-entrepreneur doit aussi prendre des décisions.
- Speaker #1
Il y a même des managers, moi je le vois, des chefs d'équipe, qui sont entre le dirigeant et entre les salariés, et qui aussi se sentent un peu seuls parce qu'ils doivent suivre des consignes d'euros, les appliquer en bas, et des fois tu te dis, mais où je suis ? Et ça, c'est aussi la solitude de manager. Je l'ai beaucoup rencontré aussi.
- Speaker #0
Oui. C'est plus simple dans les entreprises où il y a plusieurs associés parce que forcément, ils sont un peu dans la même problématique, je vais dire, dans cette solitude du dirigeant. Donc, quand on a des associés, c'est un peu mieux. Mais bon. Selon l'entreprise, soit c'est des associés qui ne sont pas très présents, des associés un peu capitalistiques, entre guillemets, juste pour qu'ils soient là pour les bénéfices. Donc là, le dirigeant se retrouve quand même seul aussi. Ou c'est vraiment des associés qui sont présents, mais c'est vrai qu'ils ont souvent des rôles différents. Donc, c'est un peu moins développé dans des entreprises où il y a des associés, parce que du coup, l'un et l'autre portent des sujets. Mais c'est vrai que nous, on rencontre beaucoup d'auto-entrepreneurs, de gens qui sont de solopreneurs, qui sont seuls à la tête de leur entreprise. Et on le voit bien qu'ils ne vont pas bien. Quand moi, je reçois des clients, on a ce discours de « le soir, je rentre, j'ai encore tous mes problèmes dans ma tête. Je ne sais pas si ma boîte, elle va continuer. » Et ça, des fois, c'est en boucle. il faut arriver à sortir en plus de cette...
- Speaker #1
C'est une très grande difficulté quand on est dirigeant ou entrepreneur de ne pas vivre ça au quotidien, et même le week-end, de se dire à quel moment ça s'arrête.
- Speaker #0
Quels sont les signaux qu'on peut observer chez les dirigeants ? Par exemple, des phrases que j'entends régulièrement. je vais gérer, je vais trouver une solution, ça va aller, je n'ai pas le choix, il faut que j'avance.
- Speaker #1
J'ose pas en parler aussi autour de moi, je ne sais pas, je sais que c'est moi le directeur, ils croient tout ce que j'ai les solutions, donc je ne peux pas aller leur dire que je ne sais pas. Aller demander de l'aide, c'est vrai qu'ils me disent, moi les questions qu'on me pose, c'est comment je fais pour demander de l'aide, alors que... C'est moi qui dirige et je ne devrais pas montrer que je doute, que je ne sais pas. Ça, c'est l'écart de mon métier. C'est vrai que c'est comment j'ose dire les choses et demander. C'est des grandes questions qui se posent. Pourquoi je porte tout sur mes épaules ? Pourquoi je ne sais pas aller demander ? Pourquoi cet aspect-là, l'autre personne semble le faire mieux que moi, mais pourtant, je le fais quand même. C'est étonnant parce qu'on a tout autour plein de miracles, plein de personnes et on essaie quand même de faire tout seul.
- Speaker #0
C'est quelque chose qu'on retrouve partout, même dans le rôle de maman. On nous a appris à réussir tout seul sans demander de l'aide. Et si on dit qu'on n'y arrive pas seul, c'est dire qu'à un moment on a eu une faille. Donc, c'est avouer qu'on a eu un moment de faiblesse alors que personne ne réussit seul. Et après,
- Speaker #1
moi, ce que je me suis aperçue, comme tu le dis, dans le rôle de maman ou d'imagente ou de manager, c'est que je crois qu'en avouant ma faiblesse, je vais avoir des critiques alors que plutôt j'ai tout le temps du soutien. J'ai pratiquement eu 99% des gens qui sont tout de suite là à t'écouter et à dire... pas grave, écoute, il y a des solutions qui vont être trouvées. Et moi, c'est vraiment quelque chose que j'ai mis en place dans ma vie. Maintenant, si je n'y arrive pas, je demande. Pas toujours, parce qu'on a comme d'autres toujours des moments où on croit qu'on devrait y arriver seul. Mais c'est vrai que je trouve que ce mouvement de vouloir porter, moi je parle souvent de porter du sac à dos, que c'est super lourd, il fait 30 kilos, alors que si on allégeait autour de nous, il ferait 5-6 kilos et c'est vachement mieux pour marcher avec 5-6 kilos. Et c'est vrai que dans cette solitude dont ils parlent, c'est très souvent qu'ils la gardent pour eux, qu'ils ne partagent pas le problème, ils ne partagent pas leurs doutes et ils ne s'ouvrent pas à d'autres esprits. Et surtout à l'empathie, à la bienveillance des gens parce que beaucoup de gens sont capables de compassion, sont capables… et pourtant, on croit qu'on va être jugé. On va être comparé. Et que c'est une compétition, gros. C'est une lutte. Moi, je trouve qu'une des grandes clés, c'est de sortir de la lutte.
- Speaker #0
Oui. Et puis, des fois, on s'obstine aussi. C'est-à-dire qu'on s'obstine à faire quelque chose parce que ça a toujours fonctionné comme ça. On ne se remet pas en question. Et donc, du coup, jusqu'à ce que ça nous pète à la figure, entre guillemets. Mais c'est-à-dire qu'on s'obstine à faire des choses sans forcément les améliorer. On se dit que ça fonctionne comme ça. que Pourquoi ça ne fonctionnerait pas sur les dix prochaines années ? Et on le voit bien, en fait, une entreprise qui ne s'adapte pas au marché, aux nouvelles méthodes de commercialisation, c'est aller droit dans le mur. Il faut sans cesse se remettre en question et il faut le faire avec des personnes compétentes. Donc, on a tout à apprendre de l'autre, sauf qu'on a du mal à demander de l'aide. Et en fait, c'est…
- Speaker #1
Moi, je trouve qu'on a aussi du mal à se rendre compte que la clientèle, les demandes changent. Moi, je viens d'un milieu, pendant des années, de travailler dans la meunerie. À l'époque, après la guerre, il y avait deux kits de farine, la 45, la 55 et la 65. Et après, le pain de campagne, tout ça. Et après, à une époque, on avait 200 farines différentes. Donc, tu ne peux pas avoir la même organisation.
- Speaker #0
Mais c'est ça.
- Speaker #1
Et tu as des produits hivernaux, tu as des produits... Et c'est vrai que moi, j'ai vu à quel point mon patron, qui avait 20-30 ans de plus que moi, avait des habitudes qui étaient ancrées et qui n'avaient plus sens. Parce qu'on avait tellement, tellement de produits à fabriquer et tellement de... Et bien, totalement, les lignes de production, il fallait les changer. Et c'est vrai qu'il me dit, oui, mais avant. Ben oui, mais on n'est plus avant, on est maintenant. Je trouve qu'une des grandes clés, c'est ça, c'est de se dire maintenant. Et cette prise de recul sur son comportement, sur ses habitudes, c'est celle qu'on néglige, c'est celle qu'on refuse. Parce qu'il faut faire un peu de travail sur soi et aller voir l'intérieur. Et puis gérer aussi les émotions, ce n'est pas simple. Moi, je vois bien toutes les personnes que j'accompagne sur la solitude. On se confond d'autres, il y a des doutes, il y a des... peur, il y a des tristesses, mais il ne faut pas étaler. Alors à partir du moment où tu les déposes, tu vois la différence.
- Speaker #0
Ça nous amène à la question, pourquoi ça devient un risque pour l'entreprise ? On a commencé à en parler avec le risque de ne pas être adapté au marché, de ne pas évoluer. C'est vrai que ça finit aussi par se voir dans les chiffres. Moi, ma partie, c'est ça, c'est les chiffres. les projets prennent du retard, certaines opportunités ne sont pas saisies parce qu'on ne les a pas saisies au bon. Et en fait, par contre, la concurrence, elle, c'est peut-être adapté, pas nous. Les tensions dans les équipes, elles peuvent augmenter aussi. Les arbitrages sont plus difficiles. En fait, il y a aussi ces... Quand le dirigeant est trop dans sa tête, dans cette solitude, toute l'entreprise repose un peu sur lui, donc elle n'est pas…
- Speaker #1
Ce qu'il faut voir, c'est surtout les mécanismes qu'entraînent la solitude, c'est qu'on est beaucoup dans des systèmes de contrôle. Et souvent, moi, je vois les gens, les dirigeants ou des managers, ils font les tâches de leurs managers. ou de leurs collaborateurs. Et c'est comme s'ils ne voyaient pas ce que l'autre est capable. Et non seulement ils en font plus, ça les met seul, mais en plus tu as les gens à côté d'eux qui ne voient pas qu'on ne les reconnaît pas, ils sentent qu'il n'y a pas de confiance, ils se désengagent. Donc en fin de compte, tu payes des salariés qui sont compétents et qui en fin de compte, tu te fais à leur place. Donc ça crée de l'épuisement pour... parce qu'il y a une charge de travail plus élevée, mais aussi beaucoup d'épuisement mental, la surcharge mentale, comme on dit actuellement, c'est un mot qu'on est en train, M-A-U-X, on est en train de traiter beaucoup, et c'est vrai que savoir se dire si j'arrêtais de contrôler, si je faisais confiance, si j'allais vers mes... Moi j'aime bien dire, je vais marcher vers mes équipes, je passe un peu... temps avec eux et je vais chercher leur intelligence. Et surtout, comprendre leur savoir-faire, ça change tout. C'était quoi déjà ta question ?
- Speaker #0
Pourquoi ça devient un risque pour l'entreprise que le dirigeant reste dans cette solitude et dans cette...
- Speaker #1
Il y a l'épuisement, je dirais. Il y a le fait que il y a du désengagement des gens. Au bout d'un moment, il y a le turnover qui est quand même... Et puis moi, je trouve qu'on parle beaucoup d'absentéisme. Et moi, je trouve qu'un des fléaux, peut-être que tu sais chiffrer, mais qui est effectivement déchiffrable, c'est le présentéisme. Parce qu'on a beaucoup de gens qui sont là et qui pourtant ne travaillent pas ou vont faire deux heures ou trois heures de plus parce que c'est bien dans la société de rester tard. Mais ces deux, trois heures de plus, c'est fatigant, elles sont inutiles.
- Speaker #0
Oui. Elles ne sont pas productives.
- Speaker #1
Non. Et puis après, ça t'empêche de rentrer chez toi plus tôt, d'avoir ton temps libre, de passer du temps avec ton mari, avec ton conjoint, avec ta conjointe, avec tes enfants. Et ça fait qu'un des grands problèmes que ça crée, c'est que les gens sont omnibulés par le travail. Et les autres piliers de vie, ils les négligent. Alors que c'est quelque chose d'essentiel. Et c'est ce qui crée beaucoup, beaucoup, beaucoup cet épuisement. Parce qu'on n'a pas de justesse dans l'équilibre de nos différents piliers de vie. Et au bout d'un moment, ça omnibule la tête.
- Speaker #0
On n'arrive plus à en sortir. Et je trouve que ça vaut pour le dirigeant. Et ça donne l'image aussi, ça crée un modèle. Un dirigeant qui reste habitable, éternel dans son entreprise du matin au soir, qui ne prend jamais de recul, qui ne prend jamais de vacances, c'est quelque part un modèle aussi pour son équipe. Et je me dis, un salarié, il va se dire, du coup, pour me faire bien voir par mon patron, je vais faire du présentéisme en fait. Le présentéisme,
- Speaker #1
il y a des gens qui sont présents, qui travaillent. Mais déjà, ça fait beaucoup de trop. Et après, il y a surtout des gens... qui sont là, mais qui font rien, quoi, ou qui font quelque chose qui n'est pas productif pour l'entreprise. Et donc, si le dirigeant, le manager n'est pas en contact avec eux, il ne sait pas redonner du focus, il ne sait pas redonner des vrais endroits où il peut contribuer et où cette personne va être le plus productif pour sa société. Moi, j'ai... Dans ma tête, je me souviens de quelqu'un que j'ai coaché et qui me disait, il ne faut pas que les gens le voient. Donc, au début, j'allais marcher avec lui à 7 heures du matin. Et peu à peu, il a accepté que je vienne la journée. Donc, les gens, ils ont vu qu'il était accompagné, qu'il ne restait pas seul. Et c'est vrai qu'il finissait toujours entre 19 et 21 heures. C'est quand même énorme. Quand il est arrivé en plus à 7 heures et à la fin de l'accompagnement, il finissait maximum à 17 heures. Et il avait aussi, on était allé voir les équipes en disant, à partir de maintenant, maximum, tout le monde finit ça à 17h. S'il y a besoin de plus, on vient se voir, on s'entraide pour que l'autre n'y porte rien plus tôt. Ou s'il y a vraiment, comme toi à l'époque, du bilan.
- Speaker #0
Il y a vraiment des échéances à respecter.
- Speaker #1
Ou il y a une grosse problématique sur la ligne, ou il y a un client qu'il faut aller débanner. Mais là, moi, c'est le sourire, vraiment. Et lui, il l'avait parce que, déjà, il a accepté de montrer à ses salariés qu'il était accompagné et même à ses managers. Et après, il a vraiment, comme il a réparti la charge sur les autres, Bye ! il finissait plus tôt, donc il n'avait pas ce prétendant présentiste, mais surtout il me disait...
- Speaker #0
Il a créé aussi une sorte d'entraide entre équipes qu'ils n'avaient pas peut-être forcément avant.
- Speaker #1
Mais l'entraide, elle a commencé par la vulnérabilité, en se disant je suis humble, et j'ose vous dire que je ne sais pas, ou que je suis dépassée, ou que je suis fatiguée, je ne voulais pas vous montrer que j'étais aidée, alors que moi, dans ma vie, je n'ai jamais rien réussi seule. J'ai fait des tâches toutes seules. Je suis allée demander. Ça a été dur, je reconnais trop mal, de demander de l'aide. Mais à partir du moment où j'ai accepté que j'étais humaine...
- Speaker #0
On ne peut pas tout maîtriser. On ne peut pas maîtriser tous les sujets. On est quand même en France. Nous, les Français, on est très... Il ne faut pas montrer que je ne sais pas. Mais en fait, on ne peut pas tout savoir. On ne peut pas maîtriser tous les sujets. C'est vraiment dommage de rester dans le noir. de ne pas se faire aider quand ça nous ouvre plein de...
- Speaker #1
Le sourire revient parce que justement on retrouve une autre énergie. Parce que l'énergie, elle se multiplie ensemble. Et ça donne un autre enthousiasme. Il y a des jours où tu arrives, tu n'es pas de bonne humeur, et l'autre, il est de bonne humeur, hop, c'est contagieux.
- Speaker #0
Ça se propage. J'écoutais justement un podcast hier sur la chaise de Thu. Et il parlait des réunions en marchant. Et donc, c'est le dirigeant qui a commencé à faire ça, à partir marcher et à faire des réunions en même temps. Et au début, ses équipes disaient, c'est quoi ce fou à partir marcher pour aller faire les réunions ? Et en fait, petit à petit... Ça s'est propagé, en fait, les équipes ont adhéré à ça. Et dès qu'ils peuvent le faire, ils le font. Donc, c'est vraiment…
- Speaker #1
C'est marrant parce que moi, je sais ce que je fais. Je veux dire, on va marcher avec le dirigeant. Et après, on va marcher dans l'entreprise. Ça veut dire qu'au lieu de rester assis sur sa chaise, on est tout le temps en contact avec les autres. Il réapprend à marcher ensemble. Alors, on me dit que je fais du coaching en marchant, mais pas que dehors en marchant. Dans l'entreprise, c'est chouette. Mais quand je te parlais de ça aussi, je te parlais que quand tu... Un des outils que j'utilise en facilitation de l'intelligence collective, c'est l'inclusion. Parce que l'inclusion, la personne, elle arrive avec quelque chose. Et si elle ose le déposer dans cet espace, ça y est, c'est parti. Parce qu'elle vient de le déposer, elle revient dans le moment présent et après, tout de suite, elle est engagée dans son job. Autrement, ça reste tout dans sa tête. Et cet espace, il est chouette parce que c'est comme tu fais le deuil de ce qui s'est passé auparavant. Tu reviens dans le présent et puis tu le dis à l'autre dans quel état tu es. Et c'est impressionnant parce que tu rebascules dans l'énergie de l'entreprise où tu viens d'arriver. On part dans tous les sens.
- Speaker #0
Non, non, ça se tient. Dernier point, en fait, nos pistes de réflexion, parce qu'on ne peut pas dire… On ne peut pas donner des solutions toutes faites parce qu'effectivement, selon la personne, selon l'entreprise, il y a des choses qui vont s'adapter, d'autres non. Donc, c'est plus nos pistes à nous de réflexion. Qu'est-ce que nous, on a vu qui marchait ? Qu'est-ce qu'on a pu mettre en place dans nos accompagnements ? On a commencé à en parler d'ailleurs. Les réunions en marchant, c'est une piste de réflexion. Ça met en mouvement. ça permet d'être dans la nature si on a de la nature à côté de chez nous. Et je pense que c'est assez puissant comme piste.
- Speaker #1
En fin de compte, c'est la nature, mais c'est aussi surtout le mouvement. C'est ne pas rester seule dans son bureau. On peut aussi faire venir les gens dans son bureau. C'est toujours un histoire. Je fais le mouvement vers l'autre, vers la nature, vers l'extérieur. Et l'extérieur va m'apporter des réponses. Il n'y a pas que l'intérieur. Après, il y a le mouvement intérieur aussi pour aller comprendre qu'est-ce qui fait que j'ai ces comportements-là qui persistent ? Qu'est-ce que je cherche ? Quel est mon besoin ? Et ça, c'est quelque chose qu'on travaille. Et c'est assez simple parce que dès que tu fais, toi, tu me poses des questions, j'ai des réponses parce que ça ouvre l'esprit. Mais c'est souvent là le plus dire, parce que pour transformer une entreprise, en général, pour transformer les comportements, ça veut dire qu'il faut un temps de pause, un temps où on ose la ressentir et expliquer à souvent un tiers, comme toi ou comme moi, qu'est-ce qui nous traverse l'esprit, qu'est-ce qui nous empêche de changer et pourquoi ce comportement persiste. qu'est-ce que la solitude aussi ? Ce qu'il faut aussi comprendre, c'est qu'on garde un comportement, mais on oublie ce que... parce que créer la solitude, ça crée quand même beaucoup d'épuisement, ça crée une surcharge mentale, ça crée de l'isolement, ça crée des gens qui, au bout d'un moment, jusqu'à des burn-out, des dépressions, et c'est cette pause qui n'est pas une... une pause parce que tu fais différemment. Tu t'assoies aussi au bar de marché et aussi bien aussi de prendre du recul. Moi, il y a un autre truc aussi que j'utilise beaucoup, c'est ce que j'appelle le détachement. Je me rends compte qu'on veut toujours montrer à l'autre quelque chose. Pourquoi ? Pourquoi tu as toujours besoin de montrer ? Tu as besoin de chercher de la reconnaissance, tu as besoin d'être aimé, tu as besoin de... de prouver, donc se détacher du regard des autres,
- Speaker #0
se détacher du regard des autres et se permettre d'être vulnérable, entre guillemets, en demandant de l'aide, ou juste en déposant, en se faisant coacher, en se faisant accompagner, en déposant ce qui nous tourne dans la tête sans cesse.
- Speaker #1
Quand on est dans le détachement, moi c'est ce que j'appelle, au lieu de s'auto-saboter, de faire de l'auto-alliance. Et là, on va aller chercher les vraies ressources parce que tout le monde a une zone de génie, comme je dis, d'un endroit où on est hyper compétent et aller s'appuyer sur ses propres ressources. Et nos propres ressources, déjà, ça veut dire qu'on sait faire tout seul, mais nos propres ressources, c'est aussi d'aller demander au commercial, à la prod, aux gens qui gèrent l'amélioration continue, qui gèrent le bien-être, la QVT, la qualité de vie au travail, d'aller leur demander des avis. Ça, c'est des ressources. Si tu sais aller demander, et un des grands chemins que je propose, c'est quand même cet intelligence relationnelle où on apprend à dire voilà ce que je ressens, voilà ce dont j'ai besoin, d'aller oser dire à l'autre, là c'est difficile ce sujet, mais là tu n'y arrives pas, il y a des solutions ensemble. Toujours dans un mouvement contributif et surtout un mouvement collaboratif. Et ça s'apprend parce que c'est pas si simple, mais on a souvent tellement peur du regard de l'autre qu'on apprend à s'en détacher. Et dès que tu t'apprends, pas à 100%, parce qu'on a toujours besoin du recul de l'autre, du regard de l'autre, mais plus le nôtre est dominant, plus c'est simple.
- Speaker #0
Et tu parles du coup d'intelligence relationnelle pour aller chercher de l'aide auprès de ces équipes, mais du coup, un solopreneur, un autre entrepreneur, quelles pourraient être les solutions un peu pour casser cette solitude ? Est-ce que c'est des réseaux business ? Ça peut être une des solutions ?
- Speaker #1
Le réseau business, il se permet d'être dans un autre espace où tu es plus centré sur ta société. Après, moi, je trouve que l'idéal, c'est de... Ce que je fais, c'est des groupes d'avancée où non seulement tu vas travailler sur ta société, mais tu vas surtout travailler sur tes freins, sur développer une autre façon de collaborer, de relationner à l'autre. T'apprends non seulement... Et puis, ce qu'il y a de bien, c'est que... Tu as des binômes de cordées, tu as des gens que tu peux appeler. Lors de ces réunions, tu vas dire, voilà, moi ça bloque. Les cinq autres, ils ont plein d'autres idées. Donc, c'est un mouvement où tu apprends à demander, tu apprends à donner, tu apprends à recevoir. Tu apprends tous ces mouvements qui font qu'au lieu de rester tout seul dans ton coin, à chercher la solution tout seul, tu as plein d'autres regards qui... qui t'aident à trouver la solution et surtout qui t'aident à parler, à demander, à questionner, à écouter. Parce que l'une des grandes clés quand même de la réussite d'une entreprise, c'est l'écoute et d'oser questionner. Et moi, je trouve que dans ces groupes, j'en ai vu, j'en ai conduit plusieurs. Il reste six mois, puis ils continuent six mois, ils continuent six mois, et au bout de 18 mois, des fois, au bout de six mois, ils arrêtent. Mais leur entreprise, elle a... totalement changer de visage. Puisque eux, ils sont... Et en fin de compte, ils ont plein de partenaires autour d'eux. Et c'est pas oublié. En plus, dans ce cas-là, c'est pas... Et puis après, t'apprends à justement, moi c'est ce que je dis, déployer ta zone de génie, puisque t'as travaillé comme toi, des indicateurs de financiers, c'est ce que tu sais faire. Tu fais 80% de ton temps là-dessus. Et puis le reste, tu le sous-traites ou tu as trouvé des partenaires qui vont le faire à ta place. C'est des échanges. Et dans ce cas-là, tout ce qui tourne dans ta tête, tu as un endroit pour le déposer. Et en plus, tu fais le métier que tu fais le mieux parce que tu laisses aux autres. Tu trouves des fournisseurs, des partenaires, des sous-traitants qui vont le faire à ta place.
- Speaker #0
Oui, on le voit bien, des gens après le Covid. Beaucoup de gens se sont montés en auto-entreprise, travaillent de chez eux. Il n'y a pas pire situation pour la solitude du dirigeant, de l'auto-entrepreneur.
- Speaker #1
Tu peux faire la même chose avec des clubs de dirigeants qui se retrouveront, qui vont partager leurs difficultés. Ou tout simplement, comme si tu formes un codire autour de toi dans ton entreprise. Ce n'est pas obligatoirement des managers, mais c'est des groupes d'avancée. Et là, ça change tout parce qu'on aura toujours des difficultés, on aura toujours des problèmes, des choses à résoudre. Mais dès que tu le fais à plusieurs, ça change tout.
- Speaker #0
Ça avance plus vite, ça ne reste pas dans la tête, ça n'enrumine pas en fait, parce qu'on le voit, quelqu'un qui travaille de chez lui, qui n'a pas de contact plus que ça, il se dit, j'ai tout à faire, l'administratif, la compta, le truc. Et en fait, il se fait, entre guillemets, manger son activité par d'autres choses qu'il n'avait pas anticipées. Et du coup, il est frustré parce qu'il n'arrive même pas à faire ce pourquoi il avait lancé son entreprise au début. Parce que tout le reste lui prend trop de temps. Et ça, c'est vraiment dommage d'en arriver là alors qu'il y a des solutions.
- Speaker #1
On voit les solutions en entreprise. Je veux dire, en entreprise, tu as différents services. avec des compétences. Donc, c'est comment, déjà, tu t'appuies sur toutes ces compétences et fais la même chose en tant qu'entrepreneur.
- Speaker #0
Oui, externalise ces compétences-là.
- Speaker #1
Alors, au début, on va me dire, je n'ai pas le budget, mais justement, on va construire.
- Speaker #0
ta politique commerciale et ta politique pour déployer ton service pour justement avoir les finances pour déléguer. Et au début, en parlant avec toi, avec moi, la charge mentale diminue et on va vite axer son travail sur les tâches qui te permettent d'avoir le budget ou le temps pour aller demander de l'aide. Et là, ça change tout, parce que c'est vrai que le principe de l'entreprise, c'est ça. On a fait plein de services, parce qu'on a des expertises autour de nous, et c'est sur ces expertises que tu t'appuies. Donc moi, je vois les dirigeants, c'est ce qu'on travaille le plus. Autour de vous, vous avez des gens experts. Si vous ne savez pas ce qu'ils savent faire, c'est un peu dommage quand même. Et en plus, moi, je trouve que ces gens, ils ne sont pas que leur fiche de poste. Ils ont plein d'autres compétences à côté. Il y a des gens qui sont très créatifs, il y en a qui sont très pragmatiques, il y en a qui sont très, je ne sais pas, très cadrants. Tu vas voir encore plus leurs compétences si tu vas marcher vers eux, si tu oses tout le temps libérer un temps dans ta journée pour aller vers l'autre.
- Speaker #1
Pour conclure, du coup, si vous vous reconnaissez dans ce que nous avons décrit, sachez que vous êtes loin d'être isolé, puisqu'on en rencontre souvent des dirigeants où l'isolement est un des premiers sujets du dirigeant et de l'auto-entrepreneur. C'est un sujet dont on parle souvent, la charge mentale, enfin voilà. Tout ça en découle en fait, et c'est vrai que c'est un sujet quand même d'actualité. Et du coup, si vous êtes dans ce cas-là, nous ce qu'on vous propose, c'est peut-être d'aller vers un accompagnement, vers du coaching, vers des groupes d'avancée, comme le disait Muriel. D'ailleurs Muriel... propose un sondage sur notre site internet Un Seul Souffle. Je vais peut-être lui laisser en parler. Ça vous permettra effectivement de savoir où vous en êtes et sur quoi il faut travailler en premier. Donc, si vous avez la curiosité d'aller vous questionner et d'aller faire ce sondage, n'hésitez pas à vous rendre sur le site internet. Je laisse Muriel en parler de façon plus développée.
- Speaker #0
En fin de compte, on a fait 25 questions à laquelle répondre qui permet de voir où tu en es dans ton entreprise, ton propre souffle, le souffle de tes équipes, le souffle de ton système. Et ça permet de voir à quel endroit tu peux être confiant et à quel endroit tu sais déléguer, à quel endroit tu sais... C'est bien structuré. Et donc, en fin de compte, il y a cinq piliers et c'est une évaluation qui te permet... de dire si tu es vert, orange, rouge dans ces cinq piliers et de voir à quel endroit il faut remettre ton souffle. Et voilà. Et en fin de compte, c'est un peu pour le travail de la transformation du dirigeant. Et puis en parallèle, on est six, et donc on arrive en entreprise avec nos différentes expertises, comme un codire externalisé. Et on apprend au dirigeant, en modélisant ce qu'on fait, à créer son propre. groupes de pilotage autour de lui pour que justement il n'ait plus à se sentir seul et à justement ce que je parle souvent de ce sac à dos, de répartir les 30 kilos chacun 6 et c'est mieux. Voilà donc je trouve ça chouette ce sujet de la solitude c'est quelque chose que j'ai beaucoup ressenti que je ne ressens plus du tout d'ailleurs c'est peut-être le un sujet suivant, comment on est sortis de tout ça.
- Speaker #1
On parlera sûrement dans les autres épisodes, on présentera le reste de l'équipe un seul souffle sûrement, pour présenter un peu tous les aspects de notre accompagnement, et je pense que ça pourrait être intéressant d'avoir le point de vue de l'ensemble de notre équipe sur ce sujet-là aussi, ça peut faire partie d'un autre podcast. Eh bien, merci beaucoup. Merci, merci pour votre écoute et à très bientôt.