- Speaker #0
« Parlons cheval » , le podcast de l'Institut français du cheval et de l'équitation. Bonjour, je suis Laurent Vigneault de l'Institut français du cheval et de l'équitation. Aujourd'hui, on vous parle de la filière équine européenne en 2040. Et pour ce soir, je reçois Amandine Julien. Bonjour Amandine.
- Speaker #1
Bonjour Laurent.
- Speaker #0
Alors Amandine, tu es responsable du service des relations internationales à l'IFCE et tu es également secrétaire de l'EHN. Qu'est-ce que c'est l'EHN ?
- Speaker #1
Alors l'EHN, c'est le European Horse Network, le réseau européen du cheval. C'est une organisation qui rassemble des fédérations européennes, internationales et aussi des organismes nationaux. Et l'objectif, c'est de travailler sur les textes européens qui peuvent impacter la filière et porter la voix de la filière pour pouvoir défendre ses intérêts auprès des instances européennes.
- Speaker #0
Alors là, c'est une étude que justement le HN a menée. C'est une étude prospective. De quoi s'agissait-il exactement ?
- Speaker #1
Alors en fait, c'était un souhait pour l'EHN de réaliser cette étude pour justement pouvoir orienter ses travaux pour les prochaines années et voir un petit peu quel sens donner aux communications qui sont faites au niveau européen. Et pourquoi nous sommes partis sur une étude prospective ? Parce que c'est un outil d'anticipation. Donc si on doit expliquer un petit peu ce qu'est une prospective, une prospective ce n'est pas un outil de prédiction. Je pense qu'il faut le dire un petit peu en introduction parce qu'on peut avoir tendance à attendre qu'une étude prospective nous... nous disent l'avenir. Malheureusement, ce n'est pas possible. Donc, ce n'est pas une prédiction et ce ne sont pas non plus des scénarios qui sont souhaitables. C'est-à-dire que les acteurs qui ont participé à l'élaboration de cette étude ne se sont pas dit qu'ils voulaient aller vers ces scénarios-là. Du coup, c'est plutôt un outil d'anticipation. On travaille sur des scénarios qui sont volontairement extrêmes, volontairement poussés, pour pouvoir, derrière, anticiper les défis de demain. Et en fait, l'objectif là-dedans, c'est de voir si la filière est préparée à ces grands défis et à ces grands enjeux. Et si elle ne l'est pas, du coup, quelle réponse on peut réfléchir à apporter dès maintenant pour être prêt si ce scénario a lieu ?
- Speaker #0
Je pense que c'était important de bien définir ce cadre. Effectivement, on n'est pas dans la prédiction, mais dans l'anticipation au travers de ces scénarios qu'on va voir tout à l'heure. Avant ça, je voudrais que tu nous parles de la méthodologie et du cadre que vous avez fixé pour mener à bien cette étude. C'est une étude participative déjà ?
- Speaker #1
Oui, c'est tout l'intérêt d'une étude prospective. C'est de pouvoir faire participer les parties prenantes d'une filière. C'est comme ça que les scénarios sont élaborés. Au niveau de l'EHN, ça s'est fait en plusieurs étapes. On a eu plusieurs ateliers qui ont été réalisés avec les membres de l'EHN. Comme je l'ai dit en introduction, ce sont des fédérations européennes, des fédérations internationales. Mais on a aussi eu des représentants de la filière française qui ont participé aux différentes étapes. Par exemple, on a eu Interbev, Filière Cheval, l'ASHF, la Fédération Française d'Equitation, l'ASETF, l'IFCE qui ont participé. et Et on a aussi l'Institut national du tourisme de l'Université d'Angers qui a participé à un de ces ateliers. Donc pour le coup, on peut dire qu'on a été très largement associés. Et ça s'est passé sous format d'atelier pour pouvoir définir les tendances et les enjeux. Sous format d'enquête aussi, on a élargi au-delà des membres HN au travers d'un questionnaire pour essayer d'avoir une plus grande représentation géographique et essayer d'avoir un peu des apports de tous les pays de l'Union européenne. Et enfin, on a eu un dernier atelier pour définir vraiment le contenu des scénarios et les grands enjeux.
- Speaker #0
Alors à noter aussi que tous les segments de la filière ont été représentés.
- Speaker #1
Oui, effectivement, on a eu une représentation de tous les segments. Ça, c'était vraiment quelque chose qui était important pour nous. Ça se voit au travers des membres français qui ont participé aux différents ateliers. Le sport avec la SHF et la FED, les courses avec la SETF, Interbev. Donc voilà, on a vraiment eu tous les segments. et au niveau européen, pareil, à l'EHN. Tous les acteurs sont représentés. Il y a les courses, il y a le sport, il y a les équidés de travail, il y a les maréchaux ferrants, il y a les acteurs de la nutrition. Donc c'était vraiment l'objectif d'être dans une démarche participative, de croiser les expertises et les expériences.
- Speaker #0
Au niveau de la méthodologie, vous avez utilisé ce qu'on appelle une méthodologie matricielle. Alors ça, il faut que tu nous expliques un peu ce que c'est.
- Speaker #1
Alors en fait, c'est une méthodologie qui permet de réaliser des études prospectives assez rapidement. On définit deux axes qui sont les enjeux qu'on identifie comme majeurs et comme partagés par tous les acteurs de la filière au niveau européen. Et à partir de ces deux axes, on va décliner des scénarios en y intégrant les différentes tendances qu'on a identifiées lors des ateliers. Et donc au niveau européen, ce qui a été identifié par les membres de l'EHN comme étant les deux défis majeurs et les deux axes vraiment constitutifs de cette étude, c'est l'acceptabilité sociale des activités équines. Comment est-ce qu'on continue à être acceptés socialement et leur durabilité, qu'elle soit environnementale ou économique ?
- Speaker #0
Alors on va voir que tous les scénarios effectivement s'articulent autour de ces deux axes. Maintenant les scénarios, ils ont été aussi décrits de la même façon autour de plusieurs éléments communs. Ce sont par exemple... Trois parties qu'on retrouve à chaque fois ?
- Speaker #1
C'est ça. Donc en fait, dans le rapport, chaque scénario est décrit de la même façon, avec le même nombre de pages. Ça commence par une description du contexte international, expliquer dans quelle situation on se trouve. Ensuite, on a un focus qui est fait sur la place du cheval dans la société par rapport à cette situation et à ce contexte international. Et il y a un dernier paragraphe qui est intégré, qui porte sur l'emploi et la formation.
- Speaker #0
Alors il y a des indicateurs clés aussi ? Par exemple, l'acceptabilité, on l'a dit tout à l'heure.
- Speaker #1
C'est ça. On a défini quatre indicateurs clés pour chaque scénario qui, à chaque fois, viennent un peu influencer la façon dont ils sont décrits. Donc, on retrouve nos deux axes majeurs, l'acceptabilité et la durabilité. Et on a aussi intégré la mobilité des équidés, parce que ça, c'est un sujet en Europe. En fait, il y a des discussions en cours autour d'un texte sur le transport. Et c'est un sujet qui revient régulièrement. La question de, est-ce qu'on peut continuer à transporter des chevaux ? Et dans quel périmètre ? Et dans quelles conditions ? Avec quelle facilité ? Et la disponibilité de la main d'œuvre. Parce que ça aussi, c'est un enjeu qui est largement partagé au niveau européen.
- Speaker #0
Et ensuite, il y a quelque chose d'assez classique, c'est les opportunités et menaces pour la filière.
- Speaker #1
Exactement. L'idée, c'était de pouvoir identifier, dans chaque scénario et face à chaque situation, comment est-ce que la filière peut réagir ? Quelles vont être les opportunités pour elle pour continuer à exister ? et pour continuer à exercer ses activités. Et d'un autre côté, les menaces auxquelles elle va devoir faire face et qui, pour le coup, pourraient venir l'impacter et la restreindre.
- Speaker #0
On va détailler maintenant les quatre scénarios. Il y en a quatre. Donc le premier, le scénario 1, c'est le cheval est partout.
- Speaker #1
Exactement. Donc le premier scénario, si on reprend nos deux axes, c'est le scénario le plus favorable, puisqu'on conserve une acceptabilité sociale des activités équines et aussi une durabilité de ces activités. Comment est-ce que ça se concrétise ? Le contexte international dans ce scénario, c'est une Europe qui s'est largement tournée vers l'agroécologie. Le cheval a aussi saisi ce tournant, s'est rapproché des autres filières agricoles et s'est inscrit dans ce paysage agricole. Le statut agricole du cheval est confirmé, il est renforcé et la filière équine s'intègre aux côtés des autres filières agricoles et contribue à la mise en place de ces systèmes agroécologiques.
- Speaker #0
Et comment se place le cheval dans la société dans ce scénario ?
- Speaker #1
Dans ce scénario, la filière équine est très proactive. C'est vraiment la filière qui va être à l'origine des évolutions qui lui permettent de conserver cette acceptabilité sociale et d'être intégrée dans les systèmes agroécologiques. Elle va être très proactive en matière de bien-être animal, en matière d'adaptation au changement climatique et cette proactivité lui permet de maintenir la confiance de la société. De ce fait, on a une filière qui est reconnue pour ce qu'elle apporte à la société en général, à l'environnement, et on a une diversité d'activités qui peuvent être maintenues dans ce cadre-là.
- Speaker #0
Au niveau de l'emploi, on a une attractivité de la filière ?
- Speaker #1
Dans ce scénario-là, oui, on a une attractivité de la filière, puisque pour le coup, la filière est reconnue socialement, on maintient une diversité d'activités, donc une diversité d'emplois associée à ces activités, et c'est une filière qui reste attractive pour les jeunes, puisque pour le coup, elle est porteuse de sens et elle est reconnue socialement.
- Speaker #0
C'est le scénario le plus positif ?
- Speaker #1
Exactement, c'est le scénario le plus positif.
- Speaker #0
Et ça repose en partie sur l'anticipation, si j'ai bien compris.
- Speaker #1
Exactement, ça repose sur l'anticipation et sur la capacité de la filière à être force de proposition en amont de règles qui pourraient lui être imposées par ailleurs si elle ne réagissait pas par elle-même au départ.
- Speaker #0
Alors maintenant, on va voir le scénario 2. Alors lui, il est beaucoup moins sympa, c'est le cheval en danger. Donc là, quel est le contexte international ?
- Speaker #1
Alors là, on est sur un contexte international qui est effectivement beaucoup moins favorable. Alors si on reprend nos deux axes, on est dans un contexte où l'acceptabilité sociale des activités est maintenue. Donc le cheval n'est pas remis en cause par la société en général en tant qu'activité. Par contre, effectivement, la durabilité, elle est remise en cause, la durabilité environnementale et économique. Parce qu'en fait, on est dans un contexte géopolitique qui est marqué par la montée des populismes et le retour du protectionnisme au niveau des États et des continents. On a une fermeture des frontières, on a un commerce international qui est largement impacté par des conditions commerciales, douanières, tarifaires extrêmement contraignantes. Et dans ce contexte-là, l'Union européenne doit recentrer ses efforts sur l'autonomie alimentaire, la réindustrialisation et la production d'énergie.
- Speaker #0
On sent bien que ce n'est plus une priorité le cheval. Donc justement, quelle place il prend dans la société ?
- Speaker #1
Dans ce scénario-là, le cheval est complètement marginalisé par rapport à d'autres productions. qui elles sont perçues comme essentielles et ça entraîne tout un tas de conséquences pour la filière. Elle n'est plus prioritaire dans l'accès aux fonciers, donc déjà c'est une des conséquences très concrètes, l'accès aux terres et l'accès aux terrains. Pour le coup, c'est une filière qui n'est plus soutenue par les politiques publiques, puisque les soutiens sont concentrés sur les secteurs essentiels.
- Speaker #0
Et au niveau de la pratique, on va vers des activités plus occasionnelles ? De quel type ?
- Speaker #1
Oui, parce que dans ce scénario-là, ce qui est noté aussi, c'est qu'il y a une perte de compétitivité en Europe, et cette perte de compétitivité s'accompagne d'une perte de pouvoir d'achat des Européens. Ce qui a une conséquence sur la pratique régulière de l'équitation, puisque pour le coup, la perte de pouvoir d'achat baisse de la pratique régulière. Par contre, effectivement, dans ce scénario, ce qui ressort, c'est la possibilité de voir se développer les activités plus occasionnelles autour du tourisme, de la médiation, de l'équithérapie. En fait, autour des activités qui sont porteuses de valeurs sociales, quelque part, et pour le coup, qui, elles, continuent à attirer. Et le lien entre la société et le cheval continue à se faire par ce biais-là.
- Speaker #0
Et quelle est l'incidence sur l'emploi ?
- Speaker #1
Eh bien, l'incidence sur l'emploi, c'est qu'il y a une perte d'attractivité de la filière. Puisqu'en fait, les jeunes vont se tourner vers les secteurs qui sont perçus comme plus valorisants. Forcément, quand on a une filière qui est marginalisée, elle devient moins attractive. Et pour le coup, il y a aussi la baisse des activités qui entraîne une baisse du nombre d'emplois disponibles dans la filière. Donc, il y a une perte des emplois.
- Speaker #0
Donc, si on se résume sur ce scénario, on a un contexte géopolitique très compliqué. Et on est contraint de repenser totalement les activités équines.
- Speaker #1
Exactement, puisque pour le coup on a une fermeture des frontières, donc tout notre modèle internationalisé tel qu'il est pensé ne peut pas continuer à exister. Donc là notamment, ce qui est mis en avant dans les opportunités et menaces, c'est le fait de repenser les compétitions internationales, les courses internationales, tout ce qui est aussi autour du commerce de chevaux qui pour l'instant est très internationalisé et en fait on est toujours parti du principe que ça allait continuer, là ce n'est plus le cas. Du coup, quelles conséquences sur l'élevage, sur les critères de sélection ? Donc voilà, il y a tout ce modèle en fait qui est à repenser.
- Speaker #0
Donc là, un scénario, on rappelle le cheval en danger, qui n'est vraiment pas optimiste pour le coup, qui se distingue vraiment du 1. On va voir le scénario 3 maintenant, qui est un petit peu différent. Ça s'appelle le cheval oublié. Alors là, il y a un contexte international qui n'est pas le même. Et puis, des effets sur nos axes qui sont un petit peu différents.
- Speaker #1
Alors le scénario 3, c'est clairement le plus défavorable pour la filière. En reprenant nos deux axes et notre matrice, c'est le scénario où il y a à la fois une... une perte d'acceptabilité sociale des activités et une perte de durabilité. Donc en fait, au niveau du contexte international, la conséquence, c'est qu'en Europe, les idées animalistes deviennent dominantes dans le débat public. Donc clairement, c'est celles qui sont le plus visibles. Et du coup, c'est celles que les politiques viennent à écouter sur du long terme. Et du coup, on a tout un tas d'interdictions qui sont mises en place pour venir restreindre les activités équinées. Et en fait, toutes les activités traditionnelles viennent à disparaître.
- Speaker #0
Donc là, on est sur un net recul de l'acceptabilité. Et donc, quelle va être l'incidence sur ces activités ? Elles sont interdites ?
- Speaker #1
Comme je le disais, c'est vraiment un scénario qui est pour le coup très négatif pour la filière, puisqu'effectivement, on est parti du principe qu'il y aurait une interdiction de toutes les activités traditionnelles. La pratique de l'équitation, les courses, l'utilisation de l'attraction animale. Donc vraiment tous les usages auxquels on est attaché aujourd'hui et qui sont largement développés. les seules... usages qui continuent d'exister, c'est autour, là encore, de tout ce qui est thérapie, médiation, éducation, donc vraiment ce lien homme-animal et ce que l'animal peut apporter à l'homme. Donc ça, ça reste des activités qui peuvent continuer à exister et après, du coup, la conséquence c'est qu'on va plutôt utiliser les chevaux pour entretenir des espaces naturels. Ça, ça reste aussi une utilisation du cheval. En gros, la mise en place de systèmes écosystémiques avec les équidés. La préservation de zones naturelles, de zones nature à 2000, etc.
- Speaker #0
Oui, intéressant de voir effectivement que dans ce scénario, on a aussi un développement des activités plutôt médiation et équithérapie. Au niveau de l'emploi, justement, la disparition de toutes ces activités a forcément une incidence.
- Speaker #1
Mais du coup, tous les métiers qui sont attachés aux usages traditionnels disparaissent. Donc, les conséquences sur l'emploi sont très importantes. Et en fait, il y a quelques nouveaux métiers qui vont émerger autour de ces nouveaux usages, la médiation, la thérapie, l'éducation. Et autour de la surveillance des chevaux qui sont pour le coup maintenus dans les zones naturelles. Puisque pour le coup, vu que le bien-être est une considération majeure, il faut quand même s'assurer du bien-être de ces chevaux qui sont gardés en liberté. Donc il y a quelques métiers, un peu niches, qui se créent autour de ces activités-là. Mais on a un effondrement. Un grand nombre qui disparaissent.
- Speaker #0
Finalement, ce scénario est diamétralement opposé au scénario 1, où on a effectivement une problématique d'acceptabilité très très forte. Et c'est là qu'on voit peut-être l'intérêt de l'anticipation par rapport à ces scénarios qui pourraient permettre de s'adapter de façon préalable à un risque qu'évoque ce scénario. On peut voir maintenant, si tu veux bien... Amandine, le scénario 4 qu'il a est vraiment très différent. Le cheval est un luxe.
- Speaker #1
Oui, alors le scénario 4, du coup, c'est un scénario dans lequel on conserve une durabilité des activités de la filière, à la fois sur le plan environnemental et économique, et par contre, on a une perte d'acceptabilité. Dans ce scénario, le contexte européen dans lequel on se situe... C'est le contexte d'une agriculture européenne qui se tourne massivement vers l'agriculture de précision. Sur l'investissement dans les nouvelles technologies pour répondre à tous les enjeux de notre siècle, les enjeux environnementaux, les enjeux en matière de bien-être, les enjeux en matière de sélection, les enjeux en matière de biosécurité. Et la filière saisit également ce tournant et investit massivement dans ces pratiques-là. Et dans le même temps, on a une société européenne qui se fracture. C'est-à-dire qu'on a vraiment une fracture sociale entre les classes sociales et des tensions qui se créent.
- Speaker #0
Et là, dans un scénario comme celui-là, il y a le développement de nouveaux métiers qui sont des métiers très techniques, très pointus ?
- Speaker #1
Oui, puisque pour le coup, la filière investie dans l'agriculture de précision, donc il y a des investissements très importants qui sont faits pour adapter les bâtiments, pour adapter les pratiques. Du coup, ça veut dire qu'il y a des nouveaux besoins en compétences, que ce soit sur l'utilisation des nouvelles technologies, sur... des compétences en matière d'environnement, la gestion des ressources naturelles, etc. Donc on a vraiment le développement de nouveaux métiers de pointe et une professionnalisation très forte de la filière autour de ces nouvelles compétences.
- Speaker #0
Donc on voit bien effectivement que là se dessine une fracture avec le cheval qui devient une activité vraiment symbole de luxe et d'enjeu financier. Alors si on résume maintenant ces quatre scénarios, vous avez je crois dégagé dans cette étude quatre enseignements communs. Autour de ces scénarios, donc il y a le premier, c'est la légitimité des activités équines, qui n'est jamais acquise.
- Speaker #1
Exactement, puisque en fait, si on regarde les quatre scénarios, même le plus favorable, il n'y a aucun scénario où les activités peuvent continuer telles qu'elles existent actuellement, sans évolution. C'est-à-dire que si on veut arriver au scénario 1, qui est le scénario le plus favorable, donc une diversité des activités qui se maintient, une attractivité de l'emploi, etc. Il faut quand même un engagement très fort de la filière. Donc en fait, même ça, ça nécessite des efforts et des actions et une anticipation de ces grands défis. Donc en fait, oui, cette légitimité, elle n'est jamais acquise. Et en fait, le fait de conserver la confiance de la société ou de la perdre, c'est vraiment quelque chose qui vient de l'investissement de la filière à proposer un pacte social et des activités qui vont être porteuses de sens pour l'ensemble de la société.
- Speaker #0
Oui, donc là, le maître mot, c'est l'anticipation. Autre point, autre renseignement commun, la diversification des activités équines.
- Speaker #1
Exactement, c'est quelque chose qui est ressorti également dans les quatre scénarios, c'est-à-dire que pour conserver la durabilité économique de la filière, dans tous les scénarios, on a une diversification des activités, avec le développement de nouvelles activités autour du tourisme, de l'éducation, de la thérapie, de la médiation. Toutes ces activités-là se développent. et viennent en gros stabiliser le modèle de la filière.
- Speaker #0
Donc là, ça demande une agilité effectivement des professionnels de la filière pour s'adapter. Troisième point, les activités doivent s'inscrire dans la transition écologique.
- Speaker #1
Complètement. Ça, c'est également un élément qui ressort des quatre scénarios, c'est-à-dire que peu importe la situation, le changement climatique, lui, est inévitable. Il aura des conséquences plus ou moins fortes, mais il sera présent et il aura des conséquences quoi qu'il arrive. Et donc, en fait, la filière doit adapter. ses pratiques, ses infrastructures à ces enjeux-là, puisque pour le coup, elle sera forcément impactée et concernée à l'avenir.
- Speaker #0
Et dernier renseignement, là, ça concerne directement l'emploi. Il y a une nécessité d'adaptation et de formation à tous ces enjeux.
- Speaker #1
Exactement. Ça aussi, c'est quelque chose qui a été largement identifié par les participants à cette étude. C'est que vraiment, on a un monde de demain qui est marqué par... des enjeux nombreux et très forts, que ce soit en termes d'environnement, de bien-être animal, de biosécurité, d'utilisation des nouvelles technologies, de l'intelligence artificielle. Et donc en fait, tout ça, ça nécessite dès maintenant d'adapter les formations pour avoir les professionnels de demain.
- Speaker #0
Alors Amandine, on arrive à la fin de notre entretien. Moi, j'ai envie de te poser une question parce que tu as été très impliquée dans cette étude. Alors bien sûr, il n'y a pas un scénario unique qui va se développer plus qu'un autre. Mais toi, ton avis, vers quoi on irait ?
- Speaker #1
Alors, si on regarde un petit peu les signaux actuels, je dirais que ça dépend de l'échelle à laquelle on se situe. Au niveau européen, j'aurais tendance à dire que le scénario 2 est un scénario probable. Là, actuellement, on arrive en fin de cadre financier plus... Le prix annuel de la Commission européenne.
- Speaker #0
Le scénario 2, c'est le cheval en danger.
- Speaker #1
Exactement. Donc en fait, on va ouvrir une nouvelle programmation et qui dit nouvelle programmation, dit nouvelle politique agricole commune, nouveau programme de recherche, etc. Donc la Commission est en train de proposer beaucoup de textes réglementaires en ce moment. Et clairement, ce qui se dessine, c'est un recentrage de la PAC, ou en tout cas une volonté de recentrer la PAC sur l'autonomie alimentaire, recentrer le programme de recherche sur le soutien aux entreprises pour la réindustrialisation. Augmenter l'autonomie énergétique de l'Europe. Donc en fait, on voit que ce qui a été identifié dans le scénario 2, c'est clairement la dynamique dans laquelle la Commission s'inscrit actuellement. Ça ne veut pas dire que ce seront les textes définitifs, mais en tout cas, le discours est marqué par ces discours-là. Après, si on se place au niveau national en France et qu'on regarde un petit peu les débats qui ont pu avoir lieu autour du projet de loi de finances en 2026 et 2025, pardon. Et les discussions autour de la TVA, je dirais que le scénario 4, le cheval est un luxe, est aussi un scénario probable au niveau national. C'est quelque chose qu'il faudra suivre. Pour l'instant, ce sont des premiers signaux. Mais voilà, ce sont deux options qui sont possibles.
- Speaker #0
Oui, d'ailleurs, je précise que dans le descriptif du podcast, on retrouve tous les liens, notamment sur le rapport complet qui est en ligne. Merci, Amandine.
- Speaker #1
Merci, Laurent.
- Speaker #0
Si vous souhaitez en savoir plus sur le sujet, rendez-vous dans la description du podcast. où vous trouverez des liens utiles sur notre site équipédia.ifce.fr Vous pouvez aussi nous rejoindre sur notre groupe Facebook Équipédia Sciences et Innovations Ekin pour plus de contenu. Pour ne manquer aucun épisode, abonnez-vous, partagez, commentez et n'hésitez pas à laisser 5 étoiles sur Apple Podcasts et Spotify. A très vite pour un nouvel épisode.