- Speaker #0
Connaissez-vous le CMSEA, le Comité Moselland de Sauvegarde de l'Enfance, de l'Adolescence et des Adultes ? Il s'agit d'une association française implantée en Lorraine qui accompagne des enfants, des adolescents et des adultes à travers différents établissements et services. J'ai eu la chance d'y intervenir pendant de nombreuses années, entre 2014 et 2024, en tant que sexologue et formatrice. Parmi les établissements avec lesquels j'ai travaillé, il y en a un, il y en a d'autres aussi, mais il y en a un, qui occupe une place particulière dans mon parcours. C'est l'IM Pro de Morange. Au fil des années, j'y ai animé de nombreuses formations autour de l'accompagnement. accompagnement de la vie affective et sexuelle des personnes en situation de handicap, ce que j'aime appeler la bientraitance sexuelle. Au moment de mon départ pour la Suisse, une idée a émergé, transmettre mes compétences à des professionnels de l'établissement afin qu'ils puissent à leur tour former leurs collègues et faire vivre cette dynamique dans la durée. Un projet comme celui-ci ne peut exister que grâce à l'engagement de nombreuses personnes, comme ça spontanément je dirai, j'espère que je vexerai personne. La direction générale, la direction d'établissement, les chef.fes de service et bien sûr les professionnels qui ont accepté de s'investir dans cette aventure. Le podcast que vous allez écouter est le récit de cette expérience. Une expérience professionnelle, bien sûr, mais aussi profondément humaine. J'ai eu l'impression d'apprendre autant que les personnes que j'accompagnais. C'est sans doute cela, l'intelligence collective. Chacun transmet quelque chose et chacun reçoit quelque chose en retour. C'est donnant-donnant. Pour enregistrer cet épisode, les participants et les participantes, en fait il y a un participant et des participantes, m'ont rejoint à Châtel, Châtel en France. Nous avons enregistré ce podcast, mais nous avons aussi partagé des moments beaucoup plus simples. Nous avons fait une randonnée, on est allé au restaurant, on a chanté, on a fait des jeux, on a beaucoup discuté. Un temps à la fois professionnel et détendu. Et je crois que cette convivialité s'entend dans nos échanges. Je vous laisse maintenant découvrir leur voix, leurs réflexions, leurs expériences. Pendant un peu plus d'une heure, nous allons vous parler de ce que signifie devenir formateur et formatrice en vie affective et sexuelle, essentiellement auprès des collègues, mais aussi des personnes en situation de handicap, à travers un programme qui porte un nom particulièrement approprié. Vous saurez en écoutant le podcast, la formation pas à pas. Je vous souhaite une... Très belle écoute.
- Speaker #1
Bonjour, je suis Bénédicte, l'une des psychologues qui travaille au sein de l'IMpro et j'y travaille depuis 18 ans maintenant. Et donc j'ai rejoint l'équipe Pas à Pas en 2023.
- Speaker #2
Bonjour, je suis Rémi. Je suis enseignant au sein du MAMIM PRO. Je travaille là-bas depuis 8 ans et je suis en charge d'adolescents en déficience intellectuelle de 14 ans à 20 ans à peu près.
- Speaker #3
Bonjour, je suis Stéphanie. Je suis également psychologue et je fais partie de l'équipe avec mes collègues.
- Speaker #4
Bonjour, je m'appelle Muriel. Je suis infirmière de secteur psychiatrique dans cet établissement, plus particulièrement dans une unité où vivent à l'année 7 jeunes qui présentent... une déficience intellectuelle et des troubles du comportement.
- Speaker #0
Je travaille à l'IMpro depuis 5 ans.
- Speaker #5
Bonjour, je m'appelle Marine, je suis infirmière d'établissement à l'IMpro depuis 4 ans et ça fait 3 ans que je rejoins ce projet.
- Speaker #0
Et bien parfait, on connaît tout le monde maintenant. On va rentrer dans le vif du sujet. Qu'est-ce que c'est que cette formation PASAPA ?
- Speaker #1
Oui, alors cette formation, pour retracer un peu l'historique, c'est important, les origines. Elle est née en 2023 lors d'un échange entre toi, Nora, et notre directeur adjoint, parce que l'idée que tu avais, tu me corriges si je me trompe, mais c'était de pouvoir transmettre de ton expérience et permettre finalement de créer une équipe qui vienne former ses propres collègues à l'accompagnement, à la vie sexuelle affective des personnes en situation de handicap que nous accueillons et accompagnons au quotidien. Cette formation... Elle est éminemment importante puisqu'elle met au centre la vie affective et sexuelle des jeunes, qui du coup est un élément éminemment important pour leur développement psycho-affectif.
- Speaker #0
Est-ce que quelqu'un peut nous dire quel âge ils ont, le profil des jeunes que vous accompagnez ? Un rapide résumé de l'établissement dans lequel vous travaillez, donc c'est une IMPro. Qu'est-ce qu'on peut savoir d'autre ? Quel âge ils ont ? Est-ce que c'est mixte, non mixte ?
- Speaker #3
Alors nous avons un public très très hétérogène puisque nous accueillons des adolescents âgés de 14 ans et des jeunes adultes. En théorie, jusque 20 ans, ils sont censés être dans notre établissement mais effectivement ils y passent bien plus longtemps parce que c'est compliqué pour eux de trouver des orientations adaptées. Donc voilà, déjà en âge, ça fait une longue période d'accompagnement au sein de notre établissement. On a majoritairement des garçons et des jeunes hommes, mais on a également de plus en plus ces dernières années des jeunes filles, des jeunes femmes, puisque notre internat à présent est mixte, donc qui nous permet d'accueillir plus. plus de femmes. Nous avons des profils très différents, donc évidemment des jeunes en situation de handicap, on retrouve la déficience intellectuelle, mais aussi, j'ai envie de dire, des parcours de vie très cabossés, avec des profils très carencés, des troubles du comportement, des carences socioculturelles, voilà, et puis nous avons des traits autistiques, voilà. C'est difficile de le résumer, mais en tout cas, une population très hétérogène qui demande quand même pas mal de créativité, d'adaptation, mais c'était extrêmement riche de les accompagner au quotidien.
- Speaker #0
Donc en 2023, il y a cette proposition de former des professionnels qui vont former des collègues, c'est ça pour résumer. Avant 2023, il n'y avait rien du tout dans l'établissement ? La question de la vie affective et sexuelle n'était pas traitée ou il y a eu d'autres choses ? Je pose la question, je sais très bien qu'il y avait autre chose. Mais qu'est-ce qu'il y avait avant 2023 ?
- Speaker #2
Avant 2023, il y avait surtout la vie intime, affective et sexuelle qui était dispensée par une infirmière, une psychomotricienne à un moment, au niveau des jeunes adolescents que nous suivons. Et chacun avait la possibilité de pouvoir suivre plusieurs séances avec plusieurs thèmes différents, plusieurs fois durant leur cursus au sein de l'établissement, puisque... Au fur et à mesure de la révolution, les questions sont différentes. C'est-à-dire que quand ils arrivent à 14 ans, leurs questions sur la sexualité ne sont pas les mêmes que quand ils en ont 18. Leur parcours évolue tout comme eux. C'est la principale chose qui finalement était présente dans l'établissement. Grâce justement à cette formation pas à pas, nous avons la possibilité de mettre au fait tout le personnel de l'établissement pour qu'il soit en capacité, au moins un minimum, de pouvoir accompagner chaque... jeunes de l'établissement.
- Speaker #1
Oui, l'idée effectivement c'était de permettre à tout un chacun professionnel de l'institution de pouvoir répondre à ces questionnements-là et que la vie intime et sexuelle et affective ne soit pas seulement abordée par soit le corps médical ou paramédical ou par les psychologues, mais qu'elle soit finalement accompagnée par tous. et que ce soit quelque chose qui soit transversal, voire transdisciplinaire. Et donc, en fait, l'idée de cette formation, c'est de pouvoir donner des références et des modalités de réponse qui vont permettre à chacun d'accompagner à un moment donné, voire d'orienter, si besoin, à d'autres professionnels.
- Speaker #0
Et c'est qui ces autres professionnels ? Quel type de métier ? Ces collègues que vous formez, ils sont ?
- Speaker #5
Donc il y a des éducateurs, des maîtresses de maison, des cadres, même la direction, donc directeur et directeur adjoint.
- Speaker #2
En fait, le fait est que nous essayons de former tout le monde, c'est-à-dire qu'à l'établissement, tout le monde est formé au maximum pour que n'importe qui qui est en contact avec un adolescent qui a une question puisse au moins rediriger vers le professionnel adapté. Que ce soit les maîtresses de maison, les secrétaires, n'importe qui peut à un moment avoir affaire à un adolescent en difficulté, qui a une question sur la sexualité, qui a un souci, et il faut savoir au moins l'amener vers la bonne personne pour pouvoir entendre sa demande. Donc le but c'est vraiment que tout le monde puisse être en capacité de recevoir la demande de l'usager.
- Speaker #3
Oui, j'ajouterais que c'est essentiel que tout le monde soit formé parce qu'effectivement, certains jeunes vont s'adresser à un professionnel sur une question spécifique, mais c'est avant tout une question de confiance et de relationnel. Et par exemple, des personnes comme des maîtresses de maison qui sont au quotidien peuvent être un repère hyper sécurisant pour un jeune et donc peuvent être des personnes qui vont aller voir préférentiellement. Et de par leur parcours, leur formation, ces professionnels... En tout cas, avant que nous fassions ces formations, on ne se sentait pas toujours légitime à répondre à leurs questions. Alors que très souvent, et c'était important qu'à ce moment-là, ils se saisissent pour que le jeune se sente entendu et écouté, et que effectivement sa demande puisse être, soit on peut y apporter une réponse immédiate, mais ou en tout cas lui dire, voilà, sinon moi je te propose de t'accompagner. Et souvent, c'est quelque chose d'important. Justement, que ça soit entendu et qu'il y ait une réponse. Et non pas, là, moi je ne sais pas, je ne peux pas te dire, va plutôt voir un tel. Ce qui peut conduire le jeune à finalement se dire, oh là là, qu'est-ce que j'ai demandé là ? Je vais me taire. Voilà.
- Speaker #0
Est-ce que vous avez une idée du nombre de personnes que vous avez formées ?
- Speaker #1
Environ 60 personnes, je crois. Quasiment toute notre équipe. Enfin, pour leur... pas toute notre équipe, ça fait deux ans qu'on fait... On propose ces formations qui sont sur deux journées et non, pour l'instant, on n'est qu'à une soixantaine de personnes de mémoire.
- Speaker #0
Oui, soixantaine de personnes, c'est beaucoup. Vous avez dit, c'est quasiment la totalité des collaborateurs et des collaboratrices. Comment ça s'organise ? C'est des demi-journées ? C'est des journées entières ? Comment ça se passe ?
- Speaker #4
Alors il s'agit de journée complète qui démarre en général vers 9h le matin avec... Et c'est prévu dans le cadre de la formation des pauses bien précises, que ce soit des pauses intermédiaires pour souffler, pour échanger de façon plus décontractée. La pause repas, bien évidemment. une troisième pause l'après-midi. On respecte strictement les horaires et on effectue donc une deuxième journée qui comporte donc d'autres modules qui sont très précis aussi dans cette formation. Et cette deuxième journée est placée en fonction un peu des possibilités de l'établissement parce que bien évidemment, les groupes qui sont prévus sur ces formations peuvent perturber l'organisation de la prise en charge des jeunes sur les unités. Donc c'est fait au mieux pour que ces formations ne soient pas trop... éloignées l'une de l'autre, mais elles ne peuvent malheureusement pas avoir lieu de façon consécutive. Tout le monde est amené à faire ces deux formations pour valider la formation complète. S'il n'y a pas participation sur ces deux journées, la formation n'est pas valide.
- Speaker #0
Donc si je comprends bien, c'est une formation obligatoire ?
- Speaker #2
Oui, c'est une formation obligatoire pour finalement tout le personnel de l'établissement, pour que chacun puisse être en capacité d'accueillir la demande de n'importe qui à n'importe quel moment. C'est-à-dire, comme je l'ai dit tout à l'heure, moi qui suis en classe, je peux avoir une demande à un moment pendant un temps de classe, mais la maîtresse de maison peut avoir une demande à un autre moment, les veilleurs pendant la nuit. Donc tout le monde doit être formé pour pouvoir répondre aux questions.
- Speaker #1
Je dirais même plus, ce n'est pas seulement accueillir la demande, c'est aussi la sexualité, ce n'est pas un sujet facile et qui résonne en chacun de nous. et l'idée de la formation, et c'est notamment... La première journée qu'on aborde cette question-là, c'est la question de ses propres représentations, parce que c'est vrai que quand un adolescent vient questionner au sujet de sa sexualité, on peut répondre en fonction de son propre bagage et de sa propre culture. Parfois, maladroitement, on peut aussi émettre des jugements, compléter ce que disait Rémi, que c'est accueillir la demande, mais c'est aussi pouvoir répondre de façon un peu plus objective. aux questions qu'on nous pose.
- Speaker #3
Oui, on aura sans doute l'occasion de revoir les modules plus dans le détail, mais effectivement, l'idée, c'est d'avoir un référentiel commun. Et à partir de là, on a déjà une première posture qui apporte de la cohérence et surtout un étayage, puisque on a en tête cette formation, on l'a faite, et puis on peut s'y référer facilement. Un autre objectif, c'est que malheureusement... Pour des questions organisationnelles, on n'a pas réussi encore à proposer la formation aux veilleurs de nuit ou à certains professionnels qui interviennent sur les services généraux ou la maintenance. C'est vraiment des questions organisationnelles, puisqu'effectivement, trouver le moyen de détacher ces personnes sur une journée complète, c'est compliqué. Mais ça sera l'occasion d'une suite, puisqu'on réfléchit à un format qui pourrait être adapté à ces professionnels-là. et voilà, c'est l'objet d'une autre réflexion et d'une suite, on l'espère.
- Speaker #0
Donc vous parlez d'un référentiel commun, vous l'aviez déjà, comment vous êtes arrivée vous à avoir un référentiel commun, comment vous l'avez travaillé, comment vous étiez connectée, tous et toutes, comment c'est arrivé ce référentiel commun ?
- Speaker #1
Ce référentiel commun, alors Stéphanie et moi par exemple, On travaille depuis longtemps à IMPro et on nous l'avait, Norah, tu nous l'avais proposé. Donc en 2014, tu nous avais proposé ce référentiel et lorsque du coup nous avons... Former l'équipe à Zappa, quand tu es revenu et que tu nous as formés, on a travaillé ensemble ce référentiel pour qu'il soit encore plus optimal et plus exploitable, beaucoup plus lisible et transmissible. Donc ce n'est pas quelque chose qu'on a créé à notre ainsi, c'était vraiment une co-création avec toi Nora. À partir aussi de ton expérience, puisque tu nous en avais déjà parlé en 2014, c'est quelque chose qui a été un cap, j'ai l'impression, aussi dans ta pratique.
- Speaker #0
Vous avez tous des métiers différents, vous êtes devenus formateurs et formatrices. Comment ça se passe de former ses collègues ? Est-ce que vous vous êtes sentis immédiatement légitimes ? Ou est-ce que vous avez dû travailler sur la légitimité ? Ou est-ce que d'emblée, votre établissement vous a accompagnés ? Par rapport à ça, comment ça se passe quand on forme ses propres collègues alors qu'on n'est pas a priori formateur et formatrice ? Est-ce que vous avez des... ne serait-ce que votre ressenti, comment ça s'est passé ? Ou quand vous avez commencé à vous dire, ça y est, là, je suis formateur et formatrice. Vous avez des années... Des anecdotes sur comment vous avez vécu ça ?
- Speaker #3
Effectivement, c'était quand même pas simple. Mais on avait anticipé le stress, puisque ça ne fait pas partie, on n'avait jamais été formateur et formatrice. Donc on s'était préparé, on avait fait des petits jeux de rôle, et on avait essayé de faire au mieux. Pour autant, moi je n'ai pas très bien dormi la veille. Il faut savoir que ces formations, on les présente en binôme. Et alors là, ça règle déjà beaucoup de choses, parce que c'est extrêmement rassurant d'être à deux. Et effectivement, on a plutôt, je crois qu'on l'a tous vécu de manière très positive, avec de l'appréhension, mais on a découvert finalement un nouveau métier qu'on ne pensait pas faire. Et le caractère obligatoire de la formation a finalement posé un cadre où la question de la légitimité, en tout cas, ne se posait pas vraiment, puisque c'était comme ça. Et puis je crois qu'on appartient à cette institution, les gens nous connaissent. Et je pense qu'il y avait sans doute la curiosité de nous voir à une autre place, une place de formateur, mais que, en tout cas, c'était plutôt une curiosité bienveillante.
- Speaker #2
Je pense en effet qu'au niveau de la légitimité, il n'y avait pas de notre côté de question, puisque finalement, on a été formé, on a appris des choses, on s'est préparé, etc. Mais le fait de présenter à des collègues, ça... Il y a une certaine ambivalence dans la mesure où finalement, on se sent plus à l'aise parce qu'on connaît les personnes. Mais oui, on se retrouve face à des personnes qui, eux, peuvent questionner notre légitimité. De notre côté, elle est là. De l'autre côté, on ne sait pas forcément, puisqu'on a un poste d'enseignant, d'infirmière, de psychologue, dans lequel, a priori, on évolue de manière habituelle et où les gens nous repèrent. Là, on a une place qui est différente. Donc, c'est à nous, justement, aussi de... Montrer qu'on est capable à ce moment-là d'avoir cette place de formateur. Et ça demande quand même malgré tout du travail et un petit peu d'assurance quand on y va à deux devant les groupes.
- Speaker #5
Après, on est deux formateurs lors des séances, des formations pardon. Et ce qu'on essayait de faire, c'était mettre deux professionnels qui n'ont pas le même métier pour pouvoir chacun apporter des choses spécifiques. Et pour vous, une petite anecdote. Effectivement, la première fois, j'ai... pas beaucoup dormi. Pour ne pas dire pas du tout. Mais par contre, effectivement, à force d'être formatrice et de faire différents groupes, on devient de plus en plus à l'aise.
- Speaker #4
Comme le disaient mes collègues, la veille, on est un peu stressé, on révise, on relit nos notes. Le gros avantage, c'est d'avoir été préparé à beaucoup, beaucoup de cas de figure et surtout d'avoir été décomplexé par notre formatrice Nora et sur Merci. Et on connaît bien nos collègues, donc ça aide aussi. On partage les mêmes problématiques sur le terrain. On est confrontés nous-mêmes à tous ces problèmes de sexualité que l'on rencontre quasiment au quotidien, en fonction des unités où on travaille et des postes qu'on occupe. On a été aussi décomplexés par rapport aux questions auxquelles on ne pourrait pas répondre, en sachant qu'on peut remettre dans le temps cette réponse. On a un système dans la formation qui s'appelle le parking à question. Et le fait aussi de côtoyer nos collègues par la suite, ça nous permet aussi de revenir sur des réponses qu'on n'a pas pu formuler sur le moment. Et ça, c'est important pour se sentir à l'aise ou décomplexer, en tout cas rassurer si on n'a pas la réponse sur le moment.
- Speaker #0
Je crois que c'est vraiment important, moi qui suis de passage dans des établissements, quand on forme et qu'on est face à des professionnels et à une problématique précise, Très souvent, les personnes lui disent « oui, mais vous ne connaissez pas notre établissement, oui, mais vous ne connaissez pas nos jeunes, vous ne savez pas quelles problématiques on peut rencontrer » . Alors même si moi, je me considère comme complètement 100% légitime par rapport à la formation et à la question de la sexualité de la personne en situation de handicap, moi, je trouve vraiment intéressant que la formation, elle vienne de l'intérieur. Quand quelque chose vient de l'extérieur, c'est l'extérieur qui perd la légitimité. Parce qu'il y a toujours l'idée que nous, ce qu'on va proposer, c'est la théorie. Alors que je pense que lorsque ça vient à l'intérieur, donc vous avec vos collègues, il y a de la théorie parce que c'est un module où il y a de la théorie, mais surtout il y a de la pratique. Il n'y a pas ce sentiment de se dire non mais elle débarque de où, elle n'a pas la moindre idée de ce qui se passe. J'imagine qu'on n'a jamais pu vous dire que vous ne saviez pas de quoi vous parliez.
- Speaker #1
Non, on ne nous a jamais fait de tel renvoi. En tout cas, vous me direz les collègues si c'est le cas, mais moi, je n'en ai pas le souvenir. Je pense que... Les personnes qui viennent, les professionnels qui assistent à nos formations sont à l'écoute de ce qu'on peut leur proposer, ça leur parle. Et puis je crois qu'on arrive aussi avec une forme d'humilité parce qu'on dit on n'est pas sexologue, on a notre propre discipline. On n'est pas juriste parce qu'il y a beaucoup de questions autour des lois qui viennent. Du coup voilà, on a aussi comme disait Muriel, ce parking à questions qui permet de différer. Du coup, ça permet un investissement qui est plutôt serein. Et effectivement, le fait d'être à deux pendant la formation, c'est porteur parce qu'on se regarde et on peut associer les uns les autres. Et le fait d'être en groupe aussi, c'est super important. Qu'on soit formé en groupe, je pense que ça nous aide à poursuivre parce que seul, personnellement, je ne sais pas si j'aurais pu le faire.
- Speaker #3
On précise aussi que la formation n'a pas vocation à résoudre des problématiques. Alors évidemment, chacun arrive avec une idée en tête ou une situation dans laquelle il s'est trouvé. Et puis on voit quand même au fil de la formation, les gens se disent « Ah oui, tiens, c'est vrai, je n'avais pas pensé sur cet angle-là. » Et c'est ça qu'on cherche à faire finalement, c'est de donner un cadre qui ne va pas pouvoir… ce ne sont pas des recettes. qui s'applique à chaque situation, à chaque jeune. Mais en tout cas, on a un étayage, un cadre qui permet déjà de situer sa propre position, sa propre posture professionnelle. Et ça paraît la première des choses, c'est de réfléchir sur sa posture pour pouvoir apporter la réponse la plus adaptée possible.
- Speaker #4
On a aussi dans le déroulé de la formation des outils que l'on présente. On fait participer les personnes du groupe à des jeux. Il n'y a pas que des apports théoriques, ce qui nous permet à nous aussi de gérer notre stress et de reprendre le fil de la formation. Alors il y a un effet un petit peu ping-pong entre les deux personnes qui font cette formation. Et puis il y a aussi tous ces temps où il y a de l'interaction. avec le groupe. Et ça, c'est très important pour se sentir à l'aise et pour que les choses soient fluides.
- Speaker #2
En général, pour les groupes qui sont reçus, c'est un public qui est aussi hétérogène que notre population. C'est-à-dire qu'on ne met pas les secrétaires ensemble, les gens de la maintenance ensemble, les éducateurs ensemble, ce qui est finalement très bénéfique pour justement la différence de point de vue. C'est-à-dire qu'un éducateur qui prend en charge un jeune toute la journée ne va pas le voir de la même façon que celui qui le ramènera dans le véhicule le soir, que la maîtresse de maison qui ne va le voir que très peu, mais qui pour autant, par exemple, pourra avoir un lien particulier avec parce qu'elle sera là le matin, etc. Donc ça permet aussi à tous ces individus-là de pouvoir, eux, donner leurs avis, d'échanger sur, finalement, des points de vue qui sont souvent différents, mais qui ont aussi des avis intéressants de par, justement, leur pratique. Et c'est ça qui est important dans, justement, la... complémentarité des groupes.
- Speaker #3
Oui, tout à fait. Cette mixité, elle est très importante puisqu'elle amène de la dynamique aussi dans les réflexions. Mais surtout, on revient aussi sur cette idée de départ que la sexualité, c'est l'affaire de tous. Et à ce moment-là, quand ils discutent avec leurs collègues, parce qu'on crée aussi des binômes par moment, des jeux, etc., c'est aussi une façon d'apprendre avec qui on travaille et des personnes qu'on côtoie un peu moins dans le quotidien. Et du coup, on se dit, tiens, effectivement, j'avais pas pensé que tu pouvais vivre les choses de cette façon, que tu avais pu te retrouver dans telle situation. C'est pas une dynamique de groupe, mais je trouve que ça renforce aussi la cohésion entre les professionnels issus de différents secteurs.
- Speaker #5
Ce qu'il faut noter aussi, c'est que la journée 1, on mélange les professions, mais c'est pas forcément les mêmes qui vont se retrouver dans la journée 2. Le groupe va de nouveau être mélangé, et idem par rapport aux formateurs.
- Speaker #0
Je vois Rémi qui a pris son référentiel, il va peut-être pouvoir nous dire ce qu'il se passe la journée 1.
- Speaker #1
Alors la journée 1, elle est dense. En fait, on a quatre objectifs en tout pour cette formation et la journée 1, on va aborder quasiment trois objectifs. Donc, du coup, c'est d'ailleurs dans les retours qu'on nous fait, ils nous disent que souvent la J1, donc la journée 1, est beaucoup plus prenante que la seconde. La journée 1 est donc composée d'un travail sur ses propres représentations vis-à-vis de la sexualité en général, vis-à-vis de la sexualité des personnes en situation de handicap. Et puis, une fois que nous avons abordé cette thématique, nous essayons de revenir sur des concepts et des notions, soit biomédicales, soit juridiques, autour de la sexualité des personnes en situation de handicap. Là, c'est l'occasion soit d'apprendre des choses, soit de confirmer des savoirs qu'on a, soit de s'actualiser. Et ça va nous amener à aborder le référentiel commun, ce qui constitue notre élément principal de cette formation. Je vois Rémi qui tourne ses pages. Et l'après-midi, nous commençons à regarder quelques outils dont nous disposons et nous continuons à travailler le référentiel d'attitude commun. commun que nous développons ensuite lors de la journée 2.
- Speaker #2
La journée 1, elle sert aussi malgré tout à pouvoir prendre connaissance des personnes qui sont devant nous et à ces personnes-là de voir sur ce que nous allons travailler, c'est-à-dire vraiment leur représentation et leur posture, c'est-à-dire de comment eux se situent au travail par rapport à l'usager. Le but est de travailler sur cette posture-là pour qu'au final, tout le monde arrive à Merci. Avoir la même posture en cas de demande. C'est vraiment l'élément central de la journée, présenté aussi grâce à des jeux, grâce à des vidéos, grâce à des lois. À ce moment-là, le but c'est justement de faire en sorte que chacun puisse avoir le même comportement, la même attitude, quand un usager vient lui poser une question. C'est vraiment le plus important pour nous, qu'il y ait une cohérence dans l'établissement, et que... On met finalement plus d'objectivité et moins de subjectivité dans l'accueil de la demande.
- Speaker #0
Je pense que c'est le point le plus important de cette formation, c'est que j'imagine un jeune, un usager, dans une journée, il peut rencontrer une multitude de professionnels avec des métiers différents. Si chacun, sur une même question, donnait son avis personnel, son expérience, sa propre éducation, ça ferait un nombre incroyable de réponses qui pourraient être en plus contradictoires. et qui ne seraient pas totalement professionnels. Mais j'imagine quand même que l'idée, ce n'est pas de devenir un petit peu des copies conformes les uns et les autres. Est-ce que pendant cette formation, les personnes ont quand même la possibilité d'apporter quelque chose qui n'est pas de l'ordre de la loi, alors sans être hors la loi, mais de dire aussi un petit peu ce qu'ils pensent ?
- Speaker #2
Bien sûr. Malgré tout, on va rester sur la loi de prime abord. C'est-à-dire que... Si on reçoit une demande et que la demande comporte quelque chose d'interdit par la loi, on s'arrêtera là et finalement notre part de subjectivité n'existe pas. Mais évidemment qu'une fois qu'on a pu balayer ce sujet-là de la loi, c'est d'accord pour que tu puisses faire ce que tu m'as demandé, qu'on a regardé si ça n'allait pas avoir de danger physique pour lui, pour quelconque personne, on peut apporter justement cette touche personnelle. Malgré tout, il faut surtout rester... dans le non-jugement, dans la certaine distance à l'autre, pour ne pas lui donner finalement nos propres représentations. C'est-à-dire qu'on peut mettre évidemment un peu de soi, mais sans finalement teinter l'usager de ce qu'on est nous.
- Speaker #3
Oui, et puis pour y arriver, on arrive un petit peu à l'élément central, c'est ce fameux outil référentiel.
- Speaker #0
Et on sait souvent qu'une image, un schéma, ça reste par rapport à des longs discours. Donc nous, on a travaillé, on présente un schéma qu'on a nommé les cercles vertueux. Et alors, on a trois cercles qui s'imbriquent, qui se croisent à certains endroits pour montrer le lien qu'il y a. Donc il y a la loi, le corps et la relation. Donc, évidemment, en fonction de son métier, on peut se sentir plus ou moins légitime ou plus ou moins à l'aise pour pouvoir aborder un peu plus précisément ces différents domaines. Mais en tout cas, si on fait le tour de ces questions, on sait qu'on n'est pas à côté de la plaque et qu'on aura déjà eu une posture cohérente. Donc ça, c'est vraiment notre outil principal. Et une fois qu'on l'a présenté, expliqué, on le travaille avec des exemples. C'est souvent assez drôle parce que de là, effectivement, on a le droit de se tromper. Et puis, je crois qu'il faut aussi pouvoir aborder les choses de manière aussi... On peut travailler sérieusement, mais aussi dans une humeur agréable. Et chacun va le faire à sa façon. Encore une fois, il n'y a pas de recette. On ne dit pas les choses de cette manière ou avec tel mot. Là, c'est aussi la personnalité de chacun qui entre en ligne de compte. L'important, c'est que ces trois thématiques... ont été évaluées. La loi, le corps, la relation.
- Speaker #1
Quelle représentation vos collègues, sans nommer de nom, vous diriez globalement c'est quoi leur représentation par rapport à la sexualité ? Ça c'est la première question que je vais vous poser. Puis la deuxième c'est vous avez parlé du corps. Moi dans mon métier de sexologue je me rends compte que mes patients ne connaissent pas du tout leur corps. Est-ce que vous diriez que vos collègues ont pu dans l'information initiale avoir de bonnes connaissances du corps ?
- Speaker #2
Je pense que depuis certaines années, justement, ça a évolué au niveau des représentations, puisqu'il y a quelques années, finalement, c'était très tabou. Il ne devait pas y avoir de relations intimes, sexuelles, même presque affectives, dans ce type d'établissement, alors que la loi le permet. Mais c'était bien plus facile, finalement, d'interdire que de réguler. Et désormais, je pense malgré tout que ça reste une question un peu délicate, puisque ça questionne chacun, d'une part, et on... Tout le monde n'est pas forcément à l'aise pour répondre aux questions de sexualité de nos usagers. Donc je pense que la formation permet de ne pas éluder ces questions, parce qu'elles restent malgré tout, à mon avis, plutôt cachées, plutôt taboues, et ce n'est pas quelque chose qu'on va verbaliser de manière naturelle.
- Speaker #3
Oui, comme dit Rémi, les représentations ont quand même drôlement évolué. Depuis, moi je parle de 2014, mais c'est vrai qu'au départ c'était des choses extrêmement taboues et clandestines et mythifiées. Il n'y avait pas du tout de parole sur ça et il fallait du coup interdire alors que ce n'était pas effectivement le cadre légal. Aujourd'hui, je dirais comme Nora, tu interviens aussi chez nous depuis 2014, Donc, lorsque nous, on reprend les formations, il y a... des personnes qui t'ont déjà rencontré. Donc, quand nous, on propose notre référentiel, ça leur parle, ça résonne. Après, les nouveaux arrivants, les nouvelles personnes et les nouveaux professionnels, c'est vrai que moi, j'ai l'impression que quand ils arrivent, c'est plutôt une question de ne pas trop penser autour de la sexualité. Vous me direz les autres ce que vous en pensez, mais c'est peut-être parce qu'ils ne se sentent pas légitimes à être, comment dire, dans... dans un accompagnement, on va dire, qui soit efficient. Alors peut-être parce que c'est encore attaché à la discipline, soit paramédicale des infirmières, on va aller du coup solliciter l'infirmière ou les psychologues. Voilà, je dirais, j'ai l'impression de ça.
- Speaker #2
Les nouveaux arrivants, en fait, ils se concentrent tout simplement sur le travail qui leur est demandé tout de suite. C'est souvent finalement... Plus facile pour eux de se mettre là-dessus et la sexualité, ce n'est vraiment pas la première question qui se pose. Donc au final, c'est une opportunité pour eux d'être formés là-dessus, parce que sinon, je pense que ce n'est pas quelque chose qui prendra en main.
- Speaker #4
On parle beaucoup, on a parlé beaucoup de demandes des jeunes qui sont dans notre établissement. Il faut savoir aussi qu'il y a des professionnels qui, même en arrivant fraîchement sur le terrain, sont confrontés à des situations concrètes qui peuvent très vite... être préoccupante, surtout au niveau de l'aspect légal de la situation. Et je pense que sur... Certaines unités, les professionnels sont vraiment très contents et se retrouvent rassurés, et on le voit au niveau des échanges qui se passent pendant la formation, d'avoir des réponses et un cadre qui leur est proposé, parce qu'il n'y a pas que les demandes des jeunes qui sont fréquentes et qui concernent tout le personnel de l'établissement, il y a aussi ce qui est vécu concrètement par ces jeunes. Des situations de besoin, de pulsions, la notion de consentement est régulièrement remise sur le tapis au niveau des explications. Et nous, professionnels, on est en première ligne quand on est dans des unités. Je pense particulièrement aux éducateurs et maîtresses de maison parce qu'on est les premiers spectateurs de choses qui se passent. et il faut pouvoir se positionner avec... Le cadre légal, les règles de l'établissement, les familles qui peuvent aussi demander des comptes, et puis la fragilité, la vulnérabilité des jeunes. Et souvent, on est aussi surpris pendant la formation, quand on aborde justement les lois, la plupart du temps, on méconnaît ces lois, ou on a des idées erronées sur les précisions qu'apportent ces lois dans ce cadre-là. Je rajouterais aussi que sur les unités, Le choix des partenaires est plutôt limité et ces jeunes hommes, souvent, n'ont pas d'autre alternative que d'avoir recours à des sextoys. Aujourd'hui, grâce au programme de la formation qui est divulgué à tous les professionnels de l'établissement, la question de l'achat de ces sextoys, les réflexions d'équipe qui émanent. de cette problématique ne sont plus du tout tabous. Et on voit aujourd'hui des jeunes ne pas avoir honte et être accompagnés dans cet achat.
- Speaker #0
Oui, effectivement, il y a également la réalité de vivre dans un foyer et la réalité d'y résider de manière continue, puisque c'est le cas dans notre institution. Donc nous avons eu... une dizaine de jeunes qui résident de manière permanente et qui sont tout le temps avec les mêmes personnes, les mêmes camarades, les mêmes professionnels. Et la possibilité de rencontre est aussi nécessairement limitée.
- Speaker #1
En tout cas, ça renvoie à la formation initiale. Moi, ça fait des années que je travaille sur la question de vie affective et sexuelle dans les établissements, personnes en situation de handicap ou pas. Merci. Ce qui me semble clair, c'est qu'il devrait y avoir de toute façon une formation dès le départ et que les professionnels, quand ils arrivent, ils ne s'attendent absolument pas qu'il y ait autant de situations liées à la sexualité. Ce sont des adolescents, préadolescents, jeunes adultes. C'est les hormones qui fonctionnent à 2000 à l'heure. Je reviens sur ma question sur le corps. Est-ce que vous avez l'impression que vos collègues... Ils ont conscience que ce sont des jeunes pubères, avec des hormones qui fonctionnent, avec la volonté de se rapprocher de l'autre, d'être dans la séduction, j'imagine pas encore reproduction, mais en tout cas, ils ont l'idée d'une sexualité récréative qu'ils imaginent davantage en actes reproductifs, que ce soit la pénétration ou autre. Est-ce que vous avez l'impression que vos collègues, ils sont faits d'avoir en face d'eux des personnes avec des hormones ? en ébullition et comment fonctionnent les corps ?
- Speaker #0
Oui, je crois qu'ils en ont conscience, mais il y a une partie de cette première journée de formation justement où on parle du corps, et c'est souvent une partie qui est très sympa à réaliser, puisqu'on ne peut pas parler de sexualité sans parler du corps. Et si on veut pouvoir parler effectivement de ces hormones qui sont en ébullition et toutes ces questions, il faut à un moment donné parler concret. Eh bien, il faut savoir de quoi on parle. Et on a un petit jeu où on propose des définitions et on demande aux personnes de trouver à quelle partie du corps, appareil reproducteur, ça correspond. Et ça c'est intéressant parce que ça permet aussi aux professionnels de revoir leurs connaissances, parce qu'on se rend compte que ce ne sont pas des termes qu'on utilise souvent, et le simple fait de prononcer le mot, ce n'est pas évident non plus. Donc voilà, je trouve que ça enlève plein de complexes, parce que spontanément, on ne va pas s'autoriser à lui dire... Tu peux m'expliquer, tu peux me montrer, c'est où exactement, qu'est-ce qui se passe ? Et c'est important de poser ces questions-là autour du corps, qui sont très souvent renvoyées vers les services plus paramédicals, les infirmières. Et du coup, cet aspect-là, effectivement, du corps, c'est très important. Et généralement, les souvenirs que les personnes gardent des formations... C'est souvent le mot qu'ils ont dû deviner. Donc ça montre quand même que ça les impacte et que ça résonne et qu'ils se disent qu'on ne peut pas parler sexualité sans parler du corps.
- Speaker #1
En ce moment, on sent qu'il y a une espèce de révolution. De plus en plus de professionnels disent qu'il faut nommer, il faut dire pénis, il faut dire vulve, il faut dire sperme, il faut dire anus. Bon, anus, on n'y est pas encore totalement, c'est encore très tabou. On dit fesse, anus, Il y en a qui disent Anus, il y en a qui disent Anu, moi personnellement je dis Anus, je ne dis pas Penny, je dis les S. Aujourd'hui on est vraiment dans une situation où les gens disent qu'il faut qu'on arrête. Je pense que vraiment particulièrement arrêter de dire les fesses pour dire Anus, Anus et fesses ce n'est absolument pas la même chose. Donc la première journée c'est référentiel commun, c'est les représentations, c'est les questions du corps. C'est quoi cette journée 2 ? Qui veut répondre à la journée 2 ?
- Speaker #3
La journée 2, du coup, elle est consacrée à une révision du référentiel commun et des cercles vertueux dont a parlé Stéphanie. Donc on revoit ça à plusieurs reprises parce que l'idée c'est vraiment d'intégrer au maximum le schéma et cette façon d'appréhender les choses dans leur globalité. Mais c'est aussi l'occasion de demander aux participants de chercher... Quels sont les outils que nous avons à disposition au sein de notre institution ? D'en présenter encore plus parce qu'on en présente déjà beaucoup en première journée. Nora nous a beaucoup fourni et elle continue à nous documenter régulièrement. Et l'après-midi, on va demander aussi aux professionnels d'être plus dans de la créativité et de songer à... Qu'est-ce qu'il pourrait créer en termes de dispositifs sans limite de moyens financiers au niveau d'un meilleur accompagnement à la vie intime et sexuelle ?
- Speaker #2
Elle permet aussi, cette journée 2, de discuter de la question de l'orientation sexuelle, du genre, puisque c'est quand même une question qui est dans la mouvance actuelle et qui pose beaucoup de questions à plein certainement de nos professionnels. Donc on évoque ce sujet-là. Et on parle aussi justement de la vie intime, affective et sexuelle qui est proposée dans notre établissement à tous les usagers. Elle est décrite un petit peu, enfin même pas un petit peu, elle est décrite entièrement pour expliquer ce qui est proposé à chaque jeune au fur et à mesure de leur parcours.
- Speaker #1
Et quel outil vous utilisez pour la question de l'orientation sexuelle ? Je vérifie si vous le savez. Tino Controll, chère superviseuse,
- Speaker #3
c'est la personne, le genderbread person, le petit bonhomme, le pain d'épices, le genderbread, si mon accent est bon.
- Speaker #2
Excellent.
- Speaker #1
Je me souviens que c'est de toute façon dans votre formation, mais dans les formations en général. C'est le point où on a plus de crainte d'être dans des débats, dans des discussions interminables, où chacun donne son avis alors que vous êtes en train de présentation d'outils. Mais je pense que c'est probablement la question de la formation où on peut perdre des participants parce qu'à un moment donné, ils peuvent penser qu'on va trop loin. Moi, c'est souvent ce que j'entends. Est-ce que vous avez l'impression que parfois, dans votre établissement, vous avez eu des... Des professionnels qui vous ont dit, oui mais non, mais ça suffit avec ces histoires d'identité, un homme c'est un homme, une femme c'est une femme, puis les orientations sexuelles, ça suffit, c'est une mode, est-ce que vous avez comme ça l'impression que ça a pu arriver ça ?
- Speaker #2
Évidemment que c'est arrivé, mais notre but à nous c'est finalement de faire une présentation, on n'entre pas dans le débat, c'est-à-dire qu'on n'est pas là pour se contredire, pour essayer de convaincre, on est là seulement pour présenter justement les possibilités. de genre, les possibilités de préférence, d'attirance, etc. Chacun a le droit d'avoir son avis. Nous, on est là pour justement donner ce qu'on sait, ce qu'on a appris, et c'est-à-dire de pouvoir expliquer que le genre peut changer, le genre est fluide, que certaines personnes peuvent se sentir différentes des autres, etc. On sait qu'on va se retrouver face à des personnes qui peuvent être parfois convaincues de l'inverse, qui peuvent rester fermées, obtues. Et finalement, le but, c'est pas de rentrer dans cette confrontation, puisqu'au final, on sait que personne ne va gagner. En général, la personne ne changera pas d'avis. C'est pas notre but, mais au moins, on a donné l'information. Et le principal, c'est que si cette personne, à un moment, a une question qui lui est posée là-dessus, il puisse soit être en capacité de répondre de manière un petit peu plus ouverte, un petit peu plus tolérante, ou bien, si vraiment, parce que ça peut arriver, évidemment, si ça le dérange trop, de finalement aiguiller la personne vers quelqu'un d'autre qui, elle, pourra la prendre en charge sur sa question.
- Speaker #5
Il y a aussi l'effet inverse. Moi, je suis tombée sur des collègues qui savaient énormément de choses et qui ont pu nous donner plein d'informations et qui étaient très dans le partage. C'était vraiment très intéressant.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai ce que tu dis. Je me souviens, il y a quelques années, quand je faisais les formations en 2014, on me disait oui, mais vous savez, on a des jeunes, ils ne savent pas trop en termes d'identité. Et je leur disais... pour l'instant vous êtes en train de me parler des jeunes mais un jour ces jeunes ce sera vos collègues vos collègues vous diront, moi je suis IEL et là si vous dites pour les jeunes c'était déjà pas facile d'accepter maintenant qu'on a des collègues qui disent qu'ils sont IEL, qu'ils sont peut-être dans une transition de genre donc n'oubliez pas que pour l'instant ce sont des jeunes ça c'est ce que je disais en 2014 mais un jour ce sera votre collègue et partout où j'ai pu aller dispenser des formations, et bien aujourd'hui C'est plus difficile d'être en contradiction avec les formateurs quand on a à côté de soi un collègue qui connaît très, très bien la question. Et là, on n'est pas en train de parler de jeunes en déficience. Est-ce que parmi ces programmes de deux jours, il y a un outil, un moment que vous aimez particulièrement, où vous prenez vraiment beaucoup de plaisir à transmettre ou un outil ou un référentiel ? Est-ce qu'il y a quelque chose qui... Qui vous plaît davantage par rapport au reste de cette formation que tu as dit être danse, danse, c'est-à-dire D-E-N-S-E, pas danse ou dansez pas. Enfin, je ne crois pas.
- Speaker #2
Oui, il y a un outil que j'aime particulièrement. C'est un jeu qu'on peut faire avec les participants. De souvenir, c'est le candidon, c'est-à-dire qu'on propose des phrases à des... aux participants, c'est-à-dire qu'ils se mettent debout. Il y a des groupes qui vont se former puisqu'on va poser une affirmation et chaque personne va devoir se mettre du côté du oui ou du côté du non en fonction de s'il est d'accord ou non avec la phrase qui lui est proposée. Et c'est un moment que j'affectionne particulièrement dans la mesure où finalement, nous formateurs, on se met toujours du côté où il y a le moins de personnes. Merci. régulièrement quand même le côté où finalement ce n'est pas forcément la vie qu'on partage donc ça fait travailler un petit peu intellectuellement parce que ça nous permet de chercher des arguments finalement contre ce qu'on pense et le fait est aussi que ça n'est pas un débat c'est-à-dire que nous avons des personnes qui vont donner trois arguments pour étayer leur raisonnement et de l'autre côté pareil mais il n'y a pas de débat c'est-à-dire qu'on ne peut pas répondre à l'autre groupe ce qui paraît très frustrant pour certaines personnes des fois, mais c'est justement assez sympathique et assez rigolo d'aller chercher des arguments qui des fois peuvent paraître très très clichés, voire un peu limites, mais qui sont des fois partagés par certains de nos collègues. Donc ça peut aussi faire penser qu'on n'a pas tous le même raisonnement, on n'a pas tous la même logique, et qu'il faut faire attention à ce qu'on dit et à ce qu'on pense.
- Speaker #0
Oui, je suis d'accord avec toi, c'est aussi un de mes moments préférés de la formation, parce que c'est aussi se mettre à entendre des points de vue différents, même si des fois ça paraît des arguments qui sont complètement incroyables à écouter, mais de changer de point de vue, et c'est ça qui est intéressant. Et au-delà de ça, les gens s'amusent beaucoup, parce qu'ils réfléchissent, des fois ils vont en courant d'un côté ou de l'autre, et puis ça nous permet aussi ce petit jeu, finalement, de... de revenir sur un peu l'ensemble de la formation, puisque à chaque fois qu'on évoque un argument, une posture, un ressenti, on revient aussi sur ce qu'on a appris lors de la formation. Donc c'est une façon de voir aussi ce qui est appris, en fait, et ce qui est retenu.
- Speaker #4
Moi, j'affectionne particulièrement le brainstorming, qui est proposé tout au début de la journée 1. Parce que le formateur écrit le mot sexualité sur le tableau au papier et attend 40 mots. Donc chacun s'exprime, on précise bien qu'il n'y a pas de jugement, que le mot qu'on va dire ne parle pas de nous. Et souvent les personnes, pour la plupart, ont un petit peu de mal à se lâcher. Alors on participe aussi, volontairement on lance les mots les plus tabous. Et quelquefois aussi, on a des personnes qui ont... Un vocabulaire qui n'est pas habituel et ça permet de découvrir plein de nouveaux mots. de s'amuser à deviner ce que ça veut dire au niveau des pratiques sexuelles. Et c'est vrai que ça dégèle énormément l'ambiance et c'est le but aussi.
- Speaker #1
J'aime bien le brainstorming aussi parce que c'est aussi une manière de dire on va pour l'instant être les formateurs, mais vous pouvez aussi nous apprendre quelque chose. Ça permet de ne pas se mettre en posture, de dire vous ne savez pas grand-chose et nous on va vous apprendre plein de choses. C'est vraiment, on va être ces donnant-donnant. Je vais vous apprendre des choses, mais... S'il vous plaît, apprenez-moi aussi des mots ou des pratiques parce que les âges sont différents et les expériences sont différentes. Et je trouve que pour le formateur, c'est extrêmement formateur, ça permet d'apprendre des choses. Moi, j'aime bien aussi le brainstorming.
- Speaker #5
Moi, j'aime beaucoup aussi le t-shirt. Alors, la deuxième partie du t-shirt, donc la première partie, c'est de savoir les outils ou les choses qui sont mis en place dans l'établissement. Et l'autre côté, donc le dos du t-shirt, c'est pour si on n'avait pas de... les problèmes de budget, tout ce qu'on pourrait mettre en place. Et je trouve ça très drôle à ce moment-là, parce que certains ont une grande, grande imagination, et ça peut aller très, très loin. Donc ça dépend du groupe, mais c'est vraiment très enrichissant.
- Speaker #3
Oui, moi aussi. J'ai l'impression que, je ne sais pas pour les autres, mais moi j'aime assez toutes les propositions qu'on fait dans cette formation. Parce que, comme vous disiez, c'est éminemment interactif et que finalement, chacun... Nous, on est formateurs, mais on apprend aussi beaucoup des autres. Et il y a comme une co-création. Et c'est vrai qu'on nous donne souvent des références qu'on n'a pas et sur lesquelles ensuite, on peut s'appuyer. Et je pense que c'est ce partage-là qui reste aussi, finalement, en mémoire de ces deux journées qu'on passe ensemble sur des sujets qui ne sont pas faciles. J'aime particulièrement Guy et Patricia, parce que c'est aussi un outil fondamental de la VIAS qui est proposé aux jeunes. Je pense que Rémi ou toi Nora, vous pouvez nous en parler plus précisément.
- Speaker #2
De Guy et Patricia, je suppose. Guy et Patricia, oui, c'est un outil... qu'on utilise régulièrement, aussi bien dans la formation pas à pas avec les adultes qu'en vie intime, affective et sexuelle avec les élèves en fonction de leur âge. Quand ils sont trop jeunes, en général, on ne les utilise pas tout de suite et on attend qu'ils soient un petit peu plus grands. C'est une série de vidéos qui nous permet d'expliciter la sexualité. C'est-à-dire qu'on a plusieurs types de vidéos qui parlent du consentement, qui parlent de l'hygiène... qui parle du corps, du bien-être du corps, et qui parle aussi finalement de la masturbation, de comment faire l'amour de manière hétérosexuelle, de manière homosexuelle. Et en fait, ce sont des marionnettes qui sont utilisées pour montrer ce qu'est exactement la sexualité. C'est un support qui finalement maintenant date un petit peu, puisqu'il date des années 90. Alors, pour nous, professionnels... Certains diront qu'il était un peu glauque, ou peut-être un petit peu étrange, un petit peu bizarre. Mais en tout cas, avec les élèves, ça fonctionne vraiment très très bien. C'est-à-dire qu'il y a une différence entre les professionnels et les usagers. Les professionnels, finalement, au clair en général avec la sexualité, avec toutes ces questions-là, se concentrent sur la forme. Et on voit des marionnettes un peu moches. des gens qui sont derrière, c'est pas très joli, il manque quelque chose, etc. Alors que finalement, nos usagers ne se posent pas du tout cette question-là, se basent exclusivement sur le fond et sont très concentrés en général durant les vidéos. Donc c'est quand même un outil qui est très efficace avec eux. Ça fonctionne vraiment très bien, ça permet de poser des questions. On n'a pas évidemment la possibilité de passer des... des vidéos porno pour expliciter quelque chose parce que c'est interdit par la loi mais là ça permet d'avoir un visuel. On a des élèves qui sont, enfin des élèves ou des usagers qui sont déficients intellectuels et pour qui finalement le visuel c'est quelque chose de très important, c'est à dire que ça marquera beaucoup plus que si moi je discute pendant dix minutes de théorie de le pénitentiaire rentrant dans le vagin blablabla blablabla non ça ça fonctionnera pas donc autant mettre une vidéo et avec cette vidéo alors au début évidemment ils sont tous là burk burk burk je regarde pas, finalement je regarde entre mes doigts, finalement j'ai les yeux grand ouverts devant l'écran et c'est quelque chose qui fonctionne parce qu'après le premier visionnage, en général, ça dit « j'ai pas trop regardé, ça m'intéresse pas » et comme on le regarde une deuxième fois, après le deuxième, finalement, il y a des questions, il y a des réponses à nos questions, il y a des interrogations qui arrivent et c'est quelque chose qui est hyper enrichissant, hyper productif. Et je pense que sans ce support-là, ce serait bien plus compliqué pour nous de travailler avec les adolescents. Parce que ça a un impact hyper important.
- Speaker #1
Oui, moi j'aime aussi beaucoup les vidéos qui s'appellent d'ailleurs « La sexualité pas à pas » . Quand votre directeur adjoint a proposé d'appeler ça la formation « Pas à pas » , j'ai cru qu'il connaissait le support, mais en fait pas du tout. Comme quoi, parfois, les planètes sont alignées. C'est vrai que le 7 août... outils de marionnettes et anciens, mais pour l'instant, moi, je n'ai rien vu de mieux que ça. Sinon, je le proposerais. Il y a plein d'autres outils. Il y a aussi les papillons blancs qui ont fait cet outil, tu peux ou tu ne veux pas. Il y a aussi le game, enfin, Serious Game. Il y a plein de choses maintenant. On ne peut pas dire qu'il n'y a rien, mais un outil qui montre explicitement une pénétration anale, vaginale, un cunnilingus, une fellation, pour accompagner les personnes dans le monde de handicap, à part Guy et Patricia, ça n'existe pas. Et puis pour revenir, Marine, sur le t-shirt, moi j'ai travaillé dans énormément d'établissements et énormément de propositions se sont faites sur « Ah ben ça serait bien de faire le même type d'outil de Guy et Patricia, mais en actuel. » Et ça ne s'est jamais fait, parce que je pense que c'est extrêmement coûteux. que de faire une vidéo sur une marionnette, avec des marionnettes pour montrer. Et donc pour l'instant, on connaît celle-là. Et c'est vrai qu'elle n'est pas destinée aux professionnels. Elle est destinée aux usagers et elle n'est pas destinée aux professionnels pour qu'ils l'utilisent. Il faut que ce soit des personnes formées qui utilisent. Guy et Patricia, quand on vous montrait des outils, je ne sais pas si c'est très clair dans ce qu'on vient d'évoquer tous ensemble, mais parce qu'on a nous la tête dans le guidon, donc on sait très bien de quoi on parle. Mais les outils qui vous sont proposés... qui sont proposés en formation, c'est par informatif. On ne demande pas aux personnes d'utiliser, de montrer la vidéo de Guy et Patricia, ni d'utiliser des supports qui vous sont proposés. Il y a des formations qui sont spécifiques pour pouvoir accompagner. Là, c'est ce qui existe dans notre établissement. Et vous savez que si vous nous envoyez quelqu'un parce que vous avez besoin, parce que cette personne a besoin de plus d'informations, nous, on va utiliser des outils parce que... Le verbal, la parole dans le monde de handicap n'est pas suffisante. Ça serait quoi l'avenir ? Comment vous voyez, maintenant ça fait un moment où vous formez, vous avez presque formé tout le monde, vous allez former j'imagine des nouveaux arrivants. C'est quoi la suite ? Comment vous aimeriez ? C'est quoi la suite ? Vous n'êtes pas décideur malheureusement, mais vous aimeriez faire quoi de plus ?
- Speaker #2
La suite pour nous elle est simple tout de suite, c'est qu'on a quelques idées à court terme. Puisqu'on a l'idée de mettre en place, même si ça fait un certain temps que ça n'est pas encore en place, mais on y travaille, la mise en place d'une permanence au sein de notre établissement, c'est-à-dire pour recevoir, on dirait par exemple, une ou deux heures une fois dans le mois, recevoir les usagers, recevoir les professionnels, les deux, qui ont des questions sur la sexualité, justement pour qu'on ait un créneau qui soit fixe, qui soit, comment dire... dédié tout à fait, dédié à ça et que les gens puissent se dire à ce moment-là, c'est le moment où si j'ai une question, je peux aller voir justement les professionnels. C'est aussi une question importante pour nous parce que c'est un temps qui nous permettrait aussi si à l'avenir d'autres personnes veulent nous rejoindre parce qu'actuellement, nous ne sommes plus que cinq pour le moment à faire la formation, même si on a une sixième personne qui est sûrement... Dans l'avenir, reviendra avec nous, il faudrait qu'on puisse recruter d'autres personnes pour qu'on soit justement plus en cas d'absence, en cas de désistement, en cas de départ, peu importe. Et ce temps-là permettrait aussi de former au niveau des outils les personnes qui sont intéressées pour rejoindre l'équipe. Dans la suite, sinon hors de l'établissement et hors des murs, ce qui a déjà été discuté finalement avec la direction, ce serait peut-être... de sortir justement de chez nous pour pouvoir aller former d'autres équipes. Alors peut-être au sein d'établissements partenaires d'une autre ou autres en fonction, pour en tout cas rester dans le médico-social, puisque finalement c'est notre public et ça nous permettrait de pouvoir prodiguer la formation à des gens qui a priori en ont besoin.
- Speaker #1
Oui, c'est des beaux projets et probablement que dans le t-shirt côté Verso, c'est des choses qui peuvent être... qui peuvent être proposées. Pour sortir un petit peu justement de cette formation, et vous n'êtes pas que des professionnels, vous êtes des individus, qu'est-ce que ça vous a apporté, vous, personnellement, de devenir formateur et d'être à l'aise ? avec les questions de sexualité, parce qu'une formation, c'est aussi vous permettre d'être plus à l'aise. Qu'est-ce que ça vous a apporté à vous en tant que personne ? Si ça vous a apporté quelque chose.
- Speaker #3
En tant que personne...
- Speaker #0
Je dirais le fait effectivement de partager une expérience de groupe avec mes collègues qui sont présents là. Je trouve que c'est une opportunité pour nous d'avoir cette possibilité de transmettre autour de questions qui sont fondamentales dans un épanouissement pour une personne. Voilà, c'est quelque chose qui est très nourrissant et nous stimule. Enfin, personnellement, c'est ça. Et je ne pensais jamais devenir formatrice, parce que je préfère écouter les gens. Et voilà, je me retrouve finalement à être debout, à occuper l'espace et à essayer de porter avec mon binôme quelque chose qui nous tient à cœur.
- Speaker #1
Rejoins ce que dit Bénédicte, pour moi c'est un beau challenge relevé, même si au départ j'étais un peu désignée d'office de par ma fonction dans l'établissement, ça m'est tombé dessus et aujourd'hui je suis contente d'avoir participé à cette aventure, d'avoir appris autant, d'avoir clarifié mes connaissances, de découvrir des choses que je n'avais pas forcément travaillées dans mes cursus. C'est surtout l'aspect devenir formatrice. I did it !
- Speaker #2
Je ne sais pas si concrètement ça apporte quelque chose de précis à ma vie, mais en tout cas c'est quelque chose que j'affectionne aussi particulièrement. J'ai plutôt l'habitude malgré tout d'avoir une audience avec les élèves qui sont devant moi et quelque chose que je dois animer. Mais avoir des adultes et des professionnels, c'est encore quelque chose de différent, parce qu'en général, on attend un peu plus d'échanges, puisque normalement, il y a plus de connaissances. Ils sont supposés être un minimum intéressés. Le sujet m'intéresse en général, donc c'est quelque chose qui est agréable à partager avec les autres. Et je prends un certain plaisir à mettre les gens mal à l'aise durant la formation.
- Speaker #3
Oui, je partage complètement ce que disent mes collègues. C'est vraiment une expérience humaine, déjà, qui est très, très riche, parce que je crois qu'effectivement, sinon, on ne se serait pas trouvé dans une situation d'être formateur, de transmettre, d'autant plus avec nos métiers en tant que psychologue, effectivement. Et comme on le disait, c'est des formations où on transmet, mais c'est des formations où on apprend. Donc, du moment qu'on apprend, on en sort forcément grandi. Et au-delà de cette richesse-là, moi je trouve que ça m'a permis aussi de... ça a quand même un petit peu modifié ma pratique en tant que psychologue et dans la manière dont je peux aussi aborder toutes ces questions-là quand je suis plus en séance, en rendez-vous avec un jeune. Donc effectivement quelque chose de très positif et puis... À la fin, on est content, on se dit « waouh, on l'a fait, super ! » C'était super ! Et puis ça fédère quand même, parce qu'on est un groupe, on est une équipe, et puis on veut être à la hauteur, donc on fait au mieux.
- Speaker #4
En plus, je trouve qu'on voit l'évolution lors de la première fois, et à force de faire. Également quand il y a un écart très important entre la dernière fois et actuellement, donc effectivement là c'est un peu plus compliqué, mais... Voilà, moi j'ai été aussi commis d'office, comme on dit, étant infirmière d'établissement. Bon, la thématique ne me perturbait pas plus que ça par rapport à mon métier, mais j'ai trouvé aussi une cohésion d'équipe. Je veux dire, entre vraiment l'équipe pas à pas, on peut se croiser, on se dit bonjour, on travaille ensemble. Mais je trouve que ce programme nous a permis aussi de me découvrir sur certaines choses et découvrir aussi mes collègues. Je trouve que c'est quelque chose qui était plutôt positif.
- Speaker #5
Bien, on arrive à la fin de ce podcast. Est-ce que vous voulez ajouter quelque chose ? Est-ce que vous auriez aimé parler de quelque chose qui n'a pas été évoqué ? Est-ce que vous voulez ajouter quelque chose ?
- Speaker #0
Oui, j'aimerais ajouter qu'on a aussi eu la chance de te rencontrer. Voilà, on est à Châtel. Je crois que ça, c'est... Vraiment, je pense qu'on est tous d'accord pour dire que c'est une chance d'avoir croisé ta route. Et en plus, tu as fini de nous superviser officiellement, mais tu continues à nous driver. Et on a de la chance de te connaître.
- Speaker #5
Moi aussi, j'ai de la chance. Mais effectivement, il y a un groupe WhatsApp où forcément je suis à l'affût de tout ce qui pourrait être nouvel outil, qui pourrait être référentiel. Aujourd'hui Il y a beaucoup de choses, mais il va y avoir de plus en plus de choses, notamment sur les questions du consentement, qui sont quand même des sujets très, très difficiles à aborder chez les lambdas, mais aussi dans le monde du handicap. Donc, on a aussi ce groupe WhatsApp qui permet de voir plein d'outils intéressants. Je pense à cette vidéo sur la question de la prostitution, de ces rabatteurs qui peuvent rencontrer des jeunes filles, des jeunes hommes. Enfin, il y a vraiment plein, plein de supports qui sont... qui sont intéressants et même si on ne les utilise pas tous, de se dire à un moment donné, peut-être en individuel, peut-être pas en formation, de se dire tiens, effectivement j'avais vu passer un truc sur WhatsApp, peut-être que je pourrais l'imprimer, l'utiliser. Aujourd'hui, les recommandations sur les questions de vie affective et sexuelle. Je pense que le risque pour les établissements de manière générale, il y ait des audits sur alors qu'est-ce que vous faites ? Et bien je pense que dans votre établissement, vous faites pas mal de choses, il y a encore plein de choses à faire. L'établissement et l'association pour laquelle vous travaillez, ils travaillent sur la question depuis longtemps. Mais moi je dis souvent, même si je trouve que l'association pour laquelle vous travaillez est assez audacieuse, on est quand même en 2026 et il est quand même plus que temps de mettre un petit coup d'accélérateur sur l'accompagnement. Et je ne sais plus, je pense que c'est Muriel qui disait, les parents, il y a toujours des gens pour freiner. Et vous êtes, vous, un groupe tenace. Vous n'avez pas lâché de 2014 à aujourd'hui, vous n'avez pas lâché. Et je pense que la question de la vie affective et sexuelle, elle n'est pas prête de s'arrêter. C'est tant qu'il y aura des organes génitaux, la reproduction. Heureusement, nous sommes dans un pays, dans des pays en Europe où l'eugénisme est interdit. Donc les personnes en situation de handicap. on doit en avoir des relations sexuelles mais on ne doit pas traiter que de la contraception ni des IST, on va vraiment bien au-delà. Et bien voilà ça va être la fin de ce podcast moi j'ai un petit cadeau pour vous vous avez peut-être remarqué que mon logo c'est un petit éventail et bien à chaque fin de podcast mais ne soyez pas surpris, je suis sûre que vous écoutez mes podcasts jusqu'à la fin et vous savez qu'aux invités j'offre donc un éventail et il s'avère que je suis allée à Madrid il y a un peu moins d'un mois et donc je vous ai apporté à chacun un éventail je vous les apporte tout de suite merci beaucoup Nora merci pour tout Nora merci beaucoup il y a plein de couleurs différentes et bien voilà c'est maintenant que se termine ce podcast qui sera probablement d'un peu plus d'une heure et bien j'espère que vous prendrez beaucoup de plaisir à l'écouter on a déjà un petit peu discuté pendant une randonnée de la musique que nous allons mettre à la fin de cet épisode, puisqu'on choisit toujours une musique ensemble, ce sera la musique de cette vidéo de Guy et Patricia quand Patricia est dans sa chambre et elle prend un plaisir solitaire pendant qu'elle écoute une musique. Et très souvent en formation, je ne sais pas si vous le vivez comme ça, mais les gens disent « Mais c'est quoi cette musique ? » « C'est nul ! » vous allez avoir l'honneur de l'écouter pour la fin de ce podcast. On termine en musique avec la musique préférée de Patricia. À bientôt !