- Speaker #0
Bienvenue sur Parlons Pain, le podcast qui parle pain. Je suis Louis Couchet, un passionné de food, mais surtout de bon pain. Ce podcast a pour vocation de mettre en avant et donner la parole aux acteurs qui font rayonner le monde de la boulangerie. Bonne écoute. Bonjour à tous. Aujourd'hui, on se retrouve pour un nouvel épisode avec Alice de Ten Bells. Bonjour Alice, comment ça va ? Est-ce que tu peux te présenter, nous parler de ton parcours ? four et de ce qui t'a amené au pain.
- Speaker #1
Oui, alors je m'appelle Alice qui est de Ten Bells. J'ai ouvert Ten Bells il y a 14 ans maintenant, avec mes associés Anselme et Anna. Et je suis chef, boulangère, chef d'entreprise. Plein de casquettes différentes.
- Speaker #0
D'accord. Déjà, Ten Bells, c'est quoi ?
- Speaker #1
Alors, Ten Bells, c'est trois coffee shops, un fournil, une torréfaction de café.
- Speaker #0
Sur Paris. Donc tu te... Déjà... où tu démarres, c'est quoi ton parcours ? Tu viens d'où ?
- Speaker #1
Oui, c'est vrai que c'est à Paris, Ten Bells, mais on est assez internationaux parce que moi, je suis franco-anglaise, Anselm, il est franco-irlandais et Anna est anglaise. On a toutes des racines anglo-saxonnes, mais on a voulu, en fait, ouvrir à Paris quand on a décidé de se lancer, mais on voulait qu'il y ait quand même toute cette influence anglo-saxonne, donc c'est pour ça que ça s'appelle Ten Bells aussi, parce que le premier Ten Bells, c'est au numéro 10 de la Rue de la Vangevelle. 10, 10 et Bell. Et aussi parce que les 10 Bells, c'est aussi des noms qu'on utilise pour des pubs en Angleterre. Donc c'est un clin d'œil à notre côté anglais. Il y a un 10 Bells, c'est un pub à Londres par exemple, qui s'appelle The 10 Bells. Et voilà, c'est un petit clin d'œil.
- Speaker #0
Super. Vous ouvrez 10 Bells il y a 14 ans. Vous êtes 3. Oui. Parcours dans l'alimentaire. Tu as quoi comme formation ? Comment tu en arrives à monter ? Alors déjà, il y a 14 ans, vous êtes quoi ? Vous êtes aussi un torréfacteur de café ? Vous commencez par le pain, par le café ?
- Speaker #1
Oui. Alors, il y a 14 ans, non, on n'était pas encore sur les facteurs de café. On était restaurateurs. Donc, on avait un restaurant depuis deux ans qu'on avait ouvert tous les trois dans le 18e, qui s'appelle Le Bal Café, qui faisait partie d'une salle d'expo qui s'appelle Le Bal, qui existe toujours, qui est un lieu qui est dédié à l'image document. C'est l'ancienne directrice de l'agence Huito Malden qui avait monté ça et qui était venue nous chercher parce qu'elle cherche quelqu'un pour tenir le resto de la salle d'expo. Donc, ça faisait déjà deux ans qu'on faisait de la cuisine. Mais moi, mon parcours, il n'est pas du tout dans la cuisine. J'ai fait des études de lettres et de philo à l'étranger. Et c'est quand j'ai fini mes études que je me suis rendu compte que la cuisine m'attirait pas mal. Et je suis allée bosser dans un restaurant à Paris pendant un an et demi. Avant de me dire que peut-être que la cuisine, c'était... Enfin, je voulais essayer autre chose parce que horaire difficile, conditions de travail difficiles. Du coup, j'ai arrêté la cuisine et après, je me suis tournée vers le journalisme. Et pendant six ans, j'ai bossé trois ans pour un quotidien et trois ans pour un magazine.
- Speaker #0
La fesse ?
- Speaker #1
Non, enfin oui et non. J'ai bossé pendant trois ans pour l'International Herald Tribune, qui fait partie du groupe New York Times, donc qui est un quotidien américain, qui est basé à Paris, enfin qui n'existe plus maintenant, mais qui était basé à Paris. J'ai bousé un peu de tout, enfin vraiment un peu de tout. Et après, j'ai bossé pour un magazine à New York qui s'appelle Monocle. qui est un magazine actualité, business, culture, design. Et là, pareil, on faisait un peu de tout. Donc, j'écrivais en anglais. Et quand j'étais à New York, avec Anselm, qui est mon associé et mon mari, c'est là qu'on s'est dit que peut-être qu'on avait envie de rentrer en France et de retenter l'expérience de la restauration et d'ouvrir un resto. C'est là qu'on a ouvert le resto du Bal, avec Anna, qui était une ancienne collègue de notre premier travail ensemble. Donc Rose Becquery, c'est là qu'on a travaillé tous les trois au début des années 2000. Et d'ouvrir le bal et après, deux ans après, d'ouvrir le premier Ten Bells, donc rue de la Grande Jouvelle, qui au début n'était vraiment qu'un petit coffee shop. Et c'était parmi les premiers cafés spécialités à Paris. À l'époque, il y en avait très peu. Et ça, c'est je pense parce qu'on avait vécu à New York, j'avais aussi vécu en Australie, à Londres. On avait vu qu'ailleurs, il y avait quand même du café de meilleure qualité que le café Richard qu'on peut boire. dans les brasseries et les cafés parisiens. Donc c'est là qu'on s'est vraiment intéressés au café et qu'on a ouvert le premier Thelmels. Et il y avait une petite cuisine où on faisait des sandwiches, des gâteaux. Mais c'est plus tard, donc c'est quatre ans plus tard qu'on a ouvert en 2016 la boulangerie. Et la boulangerie, c'est parce que... Moi, j'ai toujours aimé apprendre. Enfin, je suis assez autodidacte. La cuisine, je n'ai pas fait formation. J'ai appris en m'entourant de gens qui connaissaient... plus de choses que moi et en faisant des stages et en cuisine. J'ai aimé avoir des projets différents, donc je me suis intéressée à la charcuterie, à la fermentation aussi. Et j'ai une amie qui m'a dit « Tiens, tu devrais essayer de faire du pain, c'est sympa » . Et donc au restaurant, j'ai commencé à faire du pain. Au début, je faisais du pain avec des livres que je trouvais, que j'avais chez moi, que je trouvais dans les librairies. Et puis après, je me suis dit « Ah bien, apprendre à faire du pain en levain » . Et donc j'ai acheté le livre de Chad Robertson qui est… un boulanger américain qui a une boulangerie à San Francisco qui s'appelle Tartine et qui aux US et à l'étranger est un peu le gourou du pain en levain inconnu sûrement en France on a quand même Tartine et dans son livre j'ai pris son livre et je me suis dit dans le livre on apprend à s'occuper d'un levain à faire du pain donc j'ai commencé à faire à la maison Et je me souviens très bien du jour où j'ai réussi à faire ma première belle niche de pain en levain. Et j'ai appelé la seule personne que je connaissais qui faisait du pain en levain à Paris, qui était un chef australien, pour lui dire que j'avais réussi ma niche magnifique. Il s'en foutait un peu, je crois qu'il était à une soirée, donc ça ne l'intéressait pas du tout. Bref, et après j'ai commencé à en faire pour le restaurant. Mais après, faire du pain dans un restaurant, ce n'est pas non plus...
- Speaker #0
Ce que je veux dire, ce n'est pas trop complexe, pas le matériel adapté, pas le four.
- Speaker #1
Pas le matériel à thé, pas le four, ranger le sang en cocotte. Notre restaurant était fermé deux jours par semaine. Donc, de marmire le levain, d'avoir une poêle régulière, ce n'était pas évident. Et après, l'aventure du bal café arrivait un peu à sa fin parce qu'on nous mettait à disposition des locaux, mais ce n'était pas un fonds de commerce. Donc, on voulait quand même se concentrer sur Ten Bells. Donc, on a quitté le restaurant.
- Speaker #0
Il y a 14 ans, vous montez le premier Ten Bells. Mais vous avez les deux, en fait. Vous avez toujours le bal café qui est présent. Toi, tu jongles entre les deux ?
- Speaker #1
Voilà, pendant 4 ans, on a eu le restaurant et le premier 10 Bags. Et c'est au bout de... Donc en 2016, qu'on a décidé de quitter le bal et de chercher un autre endroit pour ouvrir un 10 Bags qui serait aussi une boulangerie. Parce que je m'intéressais à ça et parce qu'on voulait un peu développer.
- Speaker #0
Alors tu peins avec cette offre-là ?
- Speaker #1
Ouais. Et donc on a cherché, surtout via les sites de la mairie de Paris, la CMA Est ou Paréalita qui mettent à dispo des locaux. Et on a trouvé ce local dans le 11e, qui fait 220 mètres carrés, où ils avaient fait une sorte de sondage dans le quartier pour voir ce que voulaient les gens de ce quartier-là. Parce qu'ils refaisaient en fait tout un îlot entre la rue Briguet et la rue du Chemin Vert, en fait. Qui avant était un parking de la Poste. Ils voulaient mettre des commerces et donc ils avaient décidé que cet espace-là serait une boulangerie. C'était une très grande boulangerie, donc ils voulaient aussi des gens qui pouvaient faire de la restauration et qui avaient déjà l'habitude de faire des choses sur place, de la servietterie, du snacking, enfin toutes ces choses-là.
- Speaker #0
Boulangerie Bride en 2016.
- Speaker #1
Oui, voilà.
- Speaker #0
Vous, c'était le projet parfait, l'emplacement parfait. C'est vrai que c'était quelque chose qui n'était pas commun à l'époque ?
- Speaker #1
Non, pas du tout. Alors que maintenant, c'est très à la mode. Oui, d'avoir du... du café, des sandwichs, des choses comme ça, maintenant, de plus en plus. Et voilà, donc on s'est un peu lancé à ce moment-là dans l'aventure pain. Au début, c'était vraiment l'idée, c'était de faire des supports pour nos sandwichs, et de vendre un peu de pain aux gens dans le quartier.
- Speaker #0
C'est quoi, tu montes un fournil là-bas ?
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Et tu proposes quoi ? Tu fais direct du pain au levain ? Tu vas faire quoi de la focaccia, de la viennoiserie ?
- Speaker #1
Direct du pain au levain, comme ce que j'avais appris à faire dans ce livre de Chad Robertson. Et entre-temps, j'étais allée faire un stage aussi à San Francisco, pour voir un peu comment eux fonctionnaient. J'ai fait aussi un stage à Copenhague, à Mirabel. Là aussi, ils font du pain au levain. Enfin, maintenant, c'est fermé, mais à l'époque, ils avaient du pain au levain. Et aussi, une organisation un peu différente, parce qu'à Tartine, ils... Les boulangers ne travaillaient que la journée et le pain sort du four à 16h30. La petite histoire, c'est que Chad Robinson allait surfer le matin et donc il ne voulait pas avoir des horaires de boulanger, donc il usait son pain l'après-midi. Et après, par contre, à Copenhague, c'était les types qui arrivaient à 3-4h du matin et qui travaillaient un peu dans les conditions comme on pense. Voilà, donc c'est un peu pour voir des modèles différents de boulangerie. Avant de me lancer. Et voilà, donc en ouvrant, je faisais vraiment le pain de campagne classique que j'avais vu à San Francisco. Et on avait une gamme très courte. On a toujours une gamme très courte. On n'a pas fait de baguettes. Et on avait vraiment un peu de pain de seigle. Notre pain de campagne. On n'a jamais fait de viennoiserie. Enfin, au début, on ne faisait pas de viennoiserie. Donc, on restait aussi dans tout ce qui était pâtisserie anglaise, les scones.
- Speaker #0
La biscuiterie,
- Speaker #1
des cakes de voyage, des choses comme ça. Et après, on a fait de la focaccia pour faire des sandwiches, dans laquelle il y a de la pouliche et du levain. On n'a pas été non plus anti-levure.
- Speaker #0
Pas de l'intérêt, c'est la qualité de produit, la simplicité de travail.
- Speaker #1
Oui, pour un résultat qui nous plaisait. On a fait ça vraiment pour pouvoir un peu vendre du pain dans le quartier et faire des sandwiches. C'est le but.
- Speaker #0
Tu démarres en 2016, il n'y a que toi qui fais le pain, vous vous staffez un peu, parce que là, 200 m², je pense que... Il y a une autre ampleur ? Vous avez dit combien de mètres carrés sur le premier thème base ?
- Speaker #1
30 peut-être ? Oui, donc ce n'est pas du tout la même chose. Je me souviens, j'avais acheté un pétrin, un gros pétrin. Et on me dit, je ne sais pas, 40 kilos par jour, un truc comme ça. Donc il y a de la petite boule qui tournait dans le pétrin quasiment vide. Oui, l'idée, c'était vraiment juste... Parce qu'on était un peu inconscients, mais c'était juste de vendre du pain dans la boutique et surtout de faire de la restauration rapide, de vendre des cafés. Il y avait des bureaux avec 2000 personnes qui allaient s'installer au-dessus. Donc c'était aussi d'avoir toutes les clientèles là. Au début dans le quartier, les gens ne connaissaient pas trop ce qu'on faisait parce que c'était vraiment les codes traditionnels de la boulangerie. Je sais que quand je parlais à la pharmacienne, elle me disait qu'on parlait de nous à la pharmacie. Genre, qui c'est ?
- Speaker #0
Oui, puis ils ne font pas de baguettes en 2016.
- Speaker #1
Ils trouvaient que notre pain était trop cuit aussi parce qu'on fait du pain assez... assez cuit. Après, on n'avait pas un nom français aussi. Les gens n'aimaient pas trop. Il y a une dame qui est rentrée pour nous dire qu'elle trouvait ça aberrant qu'on n'ait pas un nom français. Au début, ce n'était pas évident. Et même au bout de 2-3 mois, 4 mois, je crois qu'on a ouvert en juillet. Et en octobre, on n'était pas sûrs de s'en sortir. On avait pas mal d'investissements, les travailleurs étaient en retard. On avait des situations où il fallait payer les salariés. Après, est-ce qu'il nous reste à attendre ? les fournisseurs. Vraiment, c'était très difficile. Et heureusement, à ce moment-là, l'activité B2B a commencé à se développer. Et donc là, en fait, notre réseau d'amis restaurateurs, on connaissait quand même depuis pas mal de temps, parce que ça faisait six ans qu'on était dans la restauration à Paris, s'est activé et de plus en plus de gens nous ont demandé du pain pour leur restaurant. Et en fait, ça tombait bien parce que c'était déjà un peu, enfin, déjà vraiment plein dans tout ce qui était vers nature. Et donc, pour la même raison que les... Les restaurateurs voulaient plutôt servir du vin nature. Ils voulaient aussi un pain au levain, donc une fermentation naturelle, et un sourcil local, de farine locale. Donc ça tombait bien. Et en fait, c'est ça qui nous a permis. C'est le B2B qui n'était pas du tout inscrit dans notre business plan, qui nous a permis de nous sortir. Ça vaut l'air.
- Speaker #0
Je n'ai même pas pris en compte. Dans le labo, je ne me suis pas dit je vais vendre au restaurant autour, on est sur un pain qui est quand même haut de gamme.
- Speaker #1
Non, pas du tout. C'était...
- Speaker #0
Et c'est eux qui sont venus ? Ou vous pouvez quand même passer dans 2-3 restos ? Tiens, regarde, je fais ce pain-là. Non,
- Speaker #1
c'est eux qui sont venus.
- Speaker #0
Génial. Non, mais génial.
- Speaker #1
Oui, mais ce n'était pas du tout... C'est pour ça que des business plans, c'est toujours bien d'en avoir. Mais en général, on les fait et on les met dans un tiroir.
- Speaker #0
Il faut l'avoir pour avoir un prêt à la banque. Et puis, il s'en va le prêt. Après, c'est bon.
- Speaker #1
Mais c'est vrai que ce n'était pas du tout prévu de faire du B2B. Et vraiment, on a commencé comme ça. Donc au début, on n'avait pas vraiment réfléchi à la logistique non plus. Donc c'était Ansem qui faisait des livraisons à vélo. Après, c'était le plongeur qui partait, qui faisait des livraisons. Enfin voilà, c'était quand même pas évident. Et puis petit à petit, de manière assez organique, ça a augmenté, Parce que oui, quand on a commencé, on faisait à peu près 30 kilos de pain, de pâtes. Et maintenant, ça va faire 10 ans. au mois de juillet, on est autour de 750 par jour.
- Speaker #0
Là, ça commence à faire un peu de temps.
- Speaker #1
On a quand même pas mal au ventre.
- Speaker #0
Toujours livré à vélo ?
- Speaker #1
Toujours livré à vélo. À part une partie de matin qui part du fourniment 20e, qui part en camionnette électrique et qui fait un drop dans le 11e pour qu'après les vélos partent. Mais c'est vrai que du coup, on est resté rebrégué qu'il y a deux ans. On a fabriqué tout notre pain là-bas, tout en continuant aussi toute la partie pâtisserie plus la partie salée.
- Speaker #0
Parce que tu te retrouves en 2016, entre-temps l'offre évolue un petit peu, donc tu es toujours sur de la grosse paix sur le vin, vous faites de la biscuiterie, et vous faites quoi d'autre ? C'est quoi la gamme quand on va chez Ten Bells ?
- Speaker #1
Après, soupe, salade, sandwich, quiche, on a commencé post-covid aussi à faire à ce moment-là de la viennoiserie, mais plus pas des croissants ni des pains au chocolat, parce qu'on restait un peu dans notre image plutôt internationale, et donc on a fait des roules à la cannelle, des choses comme ça.
- Speaker #0
C'est un mix entre boulanger anglo-saxonne, scandinave, la vie nobrique un peu cherchée.
- Speaker #1
Voilà. et aussi qui est un peu plus facile à vendre à un prix qui correspond à... À valoriser.
- Speaker #0
C'est le problème de la viennoiserie. Le problème, c'est qu'un tournier, ça coûte très cher. Les matières premières, on n'en parle pas. Et puis, en fait, c'est ce qui demande le plus de temps. C'est comme la baguette, au final. C'est le produit qu'on valorise le moins et qu'on devrait valoriser le plus, au final.
- Speaker #1
Oui, complètement. Donc, voilà, de le faire avec un format différent et une taille différente, vous permettez de les retrouver, en fait. Ça,
- Speaker #0
c'est que dans vos boutiques ? Vous le proposez aussi en B2B ? Votre offre biscuiterie est pareille ? C'est qu'État de Belge ou vous l'avez en B2B ?
- Speaker #1
Non. Par contre, tout ce qu'on fait en pâtisserie, tous les cakes de voyage, la viennoiserie, les scones, les cookies, c'est principalement dans nos boutiques.
- Speaker #0
Ok, super. Et puis après, il y a un petit développement. Vous étiez à deux Ten Bells. Entre temps, on passe à trois. Tu parles d'un déménagement de fournil.
- Speaker #1
Avant de quitter le fournil rubriqué, on a ouvert en 2019 notre troisième boutique dans le sixième arrondissement. Ça, ça s'est fait aussi parce qu'on commençait à avoir pas mal de restaurants rue de gauche. Donc on s'est dit que ce serait bien qu'il y ait quand même un tenbel sur les couches pour que les gens qui allaient au resto ne mangeaient même pas, ils pouvaient aussi nous retrouver sur la répoche. Donc on a ouvert rue du Cherche-Midi en 2019. Et la même année, on a aussi ouvert notre torréf. Donc c'est là qu'on a commencé à torréfier du café. Anselm avait déjà un peu commencé la torréfaction parce qu'il avait déjà monté la brûlerie de Belgique là, quelques années avant. Mais il avait quitté le projet et donc pendant un certain nombre d'années, on n'a pas fait de torréfaction. En 2019, on a trouvé... les bonnes personnes avec qui le faire. Un de nos barissas qui voulait se former en torréfacteur. Et le temps d'acheter la machine et de trouver un endroit où s'installer.
- Speaker #0
Jusque-là, vous sourciez du café de spécialité ?
- Speaker #1
Oui, toujours. En France, à Paris, on achetait notre café chez la bruerie de Belleville. Bien sûr. L'idée, c'était de pouvoir continuer. Surtout maintenant qu'on avait tout mis en place, tout ce business de B2B, c'était aussi de vendre du café en B2B. Et comme... Comme on avait été restaurateur, aussi, on comprenait un peu les besoins des restaurants en café, qui n'est pas tout à fait le même que ceux des coffee shops, parce que c'est des personnes qui sont moins formées en tant que baristas, c'est des machines qui ne sont pas utilisées en permanence, et qui sont utilisées qu'à des heures, genre après le repas. Et donc, vraiment, de pouvoir proposer un café qui correspondait plus à ce genre d'établissement, et un café assez accessible et démocratique, et un café de super geek, qu'on peut, enfin, on fait aussi, mais... Mais là, c'était vraiment des trucs et des choses qui fonctionnaient dans tous les restaurants, les brassiers, les rembossés pour le pain.
- Speaker #0
Et donc, vous commencez à développer la torréfaction en 2019. Oui. Il y a une année après qui va peut-être être compliquée. Qu'est-ce qui se passe en 2020, Covid ? B2B, est-ce que le modèle est remis en question ou vous arrivez à vous maintenir ?
- Speaker #1
En fait, comme on fait pas mal de choses, enfin même beaucoup de choses, parce qu'on fait aussi beaucoup de retail, le Covid, évidemment, était très difficile parce que tous les restaurants ont fermé. Mais on avait quand même nos trois magasins où on pouvait vendre nos pâtes serrines et notre café aussi. Comme les gens à ce moment-là se sont tournés vers tous leurs commerces de quartier pour acheter, on s'en est à peu près sortis à ce moment-là. Mais à l'époque, je crois que ça représentait à peu près 30% de notre chiffre d'affaires de B2B. On a été impactés, mais on avait quand même...
- Speaker #0
Ce n'était pas votre cœur d'activité, donc vous n'en dépendiez pas, c'était un plus. qui était le bienvenu, mais c'est une période que vous avez pu un peu absorber. Et derrière, tu parles d'aménagement de fournils.
- Speaker #1
Oui, donc au bout d'un moment, on ne pouvait plus avoir plus de place. Et on avait une liste d'attente assez importante de restaurants qui venaient demander...
- Speaker #0
Ah, vous étiez en KP. Oui,
- Speaker #1
pendant 2-3 ans, on ne prenait plus de nouveaux clients. Et donc, on a cherché pendant 2 ans un nouveau local. On a trouvé qu'à Mairie de Paris, aussi, dans le 20ème, il y avait 700 m2. Et l'idée, c'était d'avoir la torréf et le fournit dans le même endroit. Parce qu'à l'époque, la torréfaction de café était en dehors de Paris, à Bonneuil-sur-Marne, chez un ami qui s'appelle Thomas Deck, qui a la brasserie Deck et Donoghue, et qui avait de la place à sa brasserie. Et donc, on a pu s'installer là pendant deux ans. Et donc, on a ouvert en juin 2024, en juillet. pardon, 2024, le nouvel espace de production et aussi de bureau. Et on a aussi un espace, en fait, dans lequel on a construit exprès, dans lequel on fait des ateliers pédagogiques. Donc, on reçoit pas mal d'écoles en fait, au cours de l'année, pour venir faire des ateliers sur le pain. Nous, on leur explique d'où viennent les céréales, comment on fait de la farine. On fait une visite du fournil et ils mettent la main à la pâte et ils font avec un peu de pain.
- Speaker #0
Génial ! De quel âge à quel âge ?
- Speaker #1
On a fait ça jusqu'aux élèves de 5e, mais c'est principalement des enfants de l'école primaire. Souvent, je le fais avec l'école comestible, qui intervient en école en... à Paris, aussi dans toute la France. Et après, maintenant, je suis sollicitée par des écoles indépendamment. Donc ça, ça a toujours été assez important pour nous aussi de pouvoir avoir cette partie, de pouvoir accueillir des écoles. Et là, justement, on est rentré en contact avec la Caisse des écoles du 20e arrondissement aussi pour pouvoir fournir des cantines, des quartiers, et aussi de...
- Speaker #0
Vous le faites déjà, ça, fournir les écoles, ou c'est encore en discussion ?
- Speaker #1
Non, c'est encore en discussion.
- Speaker #0
Parce que c'est assez les marchés publics, ça... C'est compliqué d'y rentrer, souvent ?
- Speaker #1
Oui, c'est compliqué. J'avoue que dans le XXe, ils sont tout le temps en train de créer des nouvelles filières.
- Speaker #0
Ils sont hyper ouverts là-dessus. Après,
- Speaker #1
c'est comme tout. Ce qui est compliqué, c'est que dans les écoles, c'est plus facile de couper de la baguette qu'une niche de campagne. Pour une baguette, ils ont un tube.
- Speaker #0
Ils ont déjà la machine qui est là.
- Speaker #1
Pour la manutention, c'est beaucoup plus simple. Et dès que c'est de changer, par exemple, Merci. un pain de campagne, un couteau différent, une manière de faire différente, ça change tout. On ne s'en rend pas compte. Et tout est rodé. Il faut que ça fonctionne. Donc ça,
- Speaker #0
quand vous obtenez le fournil, tu le mets en place, vous avez vos bureaux, vous déplacez la torréfaction. Le fournil, vous le démontez dans le 11e ou vous le gardez ?
- Speaker #1
Non, on a tout démonté. On a fait bien le four ici et le pétrin. On a racheté un four en plus, beaucoup plus grand. On a eu du mal à faire rentrer parce qu'on est aussi au 3e étage. ce qui n'est pas facile ça fait une bonne idée c'est contraignant disons qu'on est limité par la portance contraint le sol oui donc notre four il tient mais il est sur une sorte de châssis en acier qui redistribue les charges mais qui fait qu'il est un peu trop haut donc c'est un peu pénible et pour nos pétrins par exemple on est assez limité parce que les pétrins c'est hyper lourd et c'est compact ça. Et on a du mal à trouver des pétrins plus gros.
- Speaker #0
Sans ne pas dépasser cette contrainte de poids.
- Speaker #1
Oui, voilà. Donc ça, c'est un peu compliqué. Pour l'instant, on compose avec. Et puis, on verra. Mais en tout cas, ma main, c'est un fournil super agréable.
- Speaker #0
Oui, vous êtes toutes plein pied. Bon, troisième étage, mais il y a un énorme ascenseur.
- Speaker #1
Oui, il y a deux monts de charge. On est quand même trimitaires des monts de charge. Donc, on a déjà eu des jours où il y en a un qui ne fonctionne pas. Et voilà. mais c'est vrai qu'on a beaucoup beaucoup de place ça c'est un luxe énorme à Paris ça c'est sûr,
- Speaker #0
tout plein pied l'équipe s'est développée tu démarres,
- Speaker #1
t'es toute seule à faire le pain alors quand j'ai commencé dans le 11ème on était deux et maintenant on est en pain, on est neuf,
- Speaker #0
neuf qu'en production de pain oui,
- Speaker #1
on est ouvert 7-7 et il y a deux personnes qui font le plus de la pâtisserie et le tourage Et après, on a aussi deux apprentis. Donc l'équipe, oui, c'est... Avant, je n'avais pas d'apprentis, par exemple. Avant d'arriver dans le 20e,
- Speaker #0
je n'avais pas d'apprentis.
- Speaker #1
Parce qu'il n'y avait pas d'espace ? Non, ce n'était pas des conditions d'apprentissage qui sont bien. Donc là, ça fonctionne. Et l'apprentissage aussi, ça vient parce qu'on est partenaire d'une asso qui s'appelle Soul Food. Et en fait, qui fait de l'accès à la culture pour des mineurs isolés étrangers. Et souvent, ce sont des jeunes qui aussi cherchent des contrats d'apprentissage. apprendre des métiers. Et donc, on prend souvent en stage des jeunes qui sont des millions isolés étrangers pour qu'ils puissent mettre leur stage sur leur CV. Et quand il y en a qui ont des profils qui nous intéressent, on les garde et on les prend en apprentissage. Donc ça aussi, ça fait partie des choses importantes aussi, c'est de pouvoir continuer à bosser avec des assos et avoir ce genre de partenariat.
- Speaker #0
Génial. Donc, 9 personnes, ça se développe. Tout TenBelge, vous êtes combien à l'heure actuelle ? Que ce soit torré, vente, boutique, livraison ?
- Speaker #1
On est presque une cinquantaine à TenBelge.
- Speaker #0
Comment ça a bien se développé ? T'as la partie, parce que ça c'est vrai que t'en as parlé vaguement avec les écopes qui venaient, mais t'as un petit amphithéâtre donc tu reçois, tu fais des ateliers. Ça c'est quelque chose que tu voulais faire, tu faisais peut-être déjà sur les autres sites TNBelge avant de venir ici. Où là t'as eu l'espace et tu te dis, il faudrait qu'on le développe, on a cette opportunité là, il faut qu'on transmette, il faut qu'on montre ce qu'on fait.
- Speaker #1
On n'avait pas du tout la place de le faire avant ça. C'est vraiment quand on a trouvé ce local et qu'on a vu un peu la forme de la pièce en sorte des demi... demi-cercle, qu'on s'est dit qu'on ferait un amphi et qu'on s'en servirait pour faire des ateliers, pour recevoir aussi des assos qui veulent faire des AG, pour nous faire des réunions.
- Speaker #0
C'est un vrai lieu de vie, espace partagé. Si tu parles des écoles, est-ce que tu fais des ateliers café aussi ? Ou là, non, là, c'est purement associatif, engagement citoyen ?
- Speaker #1
Pour l'instant, non. On fait un petit peu d'ateliers café avec les entreprises à qui on travaille, par exemple, quand ils veulent faire du team building, par exemple, ils viennent. des dégustations, des ateliers d'extraction douce ou des choses comme ça. Mais sinon, pour l'instant, non, on n'a pas vraiment développé le business des ateliers pour les particuliers. L'idée pour l'instant, c'est vraiment d'essayer de faire un truc plutôt de partage et de transmission.
- Speaker #0
C'est sûr, les écoles, c'est parfait. Franchement, c'est impeccable. Tu parlais aussi d'engagement associatif. Vous avez ça sur le côté apprenant. Vous en avez d'autres ? Qu'est-ce que vous mettez en place ?
- Speaker #1
Oui, alors pour les assos, on est assez proche aussi d'Ernest, qui fait de l'aide alimentaire. Donc, on participe à pas mal de leurs actions. On fait des dons aussi. Tous les ans, il y a un festival qui s'appelle les chefs, où on met en ombre des femmes dans la restauration. pour deux jours, donc on participe aussi à ça. Et pour d'autres assos, moi je suis membre aussi de Bondir, qui est une asso qui fait de la prévention de la violence en cuisine, vu que j'étais en cuisine avant, et qu'après je reçois beaucoup de... On prend pas mal de stagiaires, et donc on a beaucoup de témoignages sur ce qui se passe dans d'autres endroits, que ce soit des boulangeries ou des restaurants, et donc on peut pas être insensible à toutes les délances qu'il y a dans notre métier. Donc voilà, donc Bondir...
- Speaker #0
Et ouais, casser le schéma de violence, toi tu mets quoi en place comme condition de travail ? Parce que t'en avais parlé déjà quand tu montes le café, t'es déjà passée en cuisine, t'es partie dans le journaliste parce qu'en fait t'avais vu un monde qui te plaisait pas. Finalement t'es revenue, mais avec tes conditions, tes valeurs, celles d'Anselme et celles de ton associé. Qu'est-ce que vous avez mis en place chez Time Bells d'abord dans la partie resto, puis café, puis maintenant boulangerie ?
- Speaker #1
Bah déjà c'est... Enfin ça s'est pas fait du jour au lendemain. Au début je pense qu'on a reproduit pas mal de choses qu'on avait vues. ailleurs et dans la façon dont on avait été formés donc ça a mis du temps à mettre des choses en place j'ai essayé la semaine de 4 jours et économiquement ça ne marchait pas du tout pour nous on n'arrivait pas à s'en sortir financièrement ça vous demandait d'être surstaffée ?
- Speaker #0
d'avoir un ou deux postes en plus et via le modèle ça ne passait pas
- Speaker #1
Non, ça ne passait pas. Et après aussi, ça voulait dire des shifts plus longs. Et donc, pour l'équipe de boulangerie aussi, c'était pas nécessairement... C'était rechercher, en fait, d'être moins nombreux que sur quatre jours et avec des journées plus longues, en fait.
- Speaker #0
Ça faisait une charge de travail qui était trop lourde pour eux, même en termes de... Voilà.
- Speaker #1
Et donc, du coup, ça se sentait quand même bosser sous pression. Donc, on a essayé post-Covid. Voilà, on a essayé pendant deux, trois ans, sur la semaine de quatre jours. En tout cas, ça ne marchait pas. Après, quand on est venu ici, on a essayé d'arrêter le travail de nuit et de cuire en fin de journée nos pains pour qu'ils partent en livraison le lendemain matin. Parce qu'on partait du principe que c'était du pain en levain et donc ça tient et tout ça. Nous, on avait quand même une perte de fraîcheur qui ne dérangeait pas, mais qui nous...
- Speaker #0
Ce n'était pas votre niveau de qualité, ce n'est pas ce que vous avez trouvé.
- Speaker #1
Ce n'était pas les standards qu'on voulait. Donc, on a fait ça pendant un an et demi jusqu'à ce qu'on se mette d'accord avec l'équipe. recommencer à cuire le matin en s'organisant différemment mais du coup à partir de 5h du matin donc pour pas mal de personnes dans l'équipe de boulangerie c'était 5h ça va c'est pas non plus embaucher à minuit et travailler jusqu'à jusqu'à l'hiver c'est pas une vie sociale ils finissent la journée à 13h au midi ça reste et donc ça c'était important aussi que tout le monde soit d'accord là-dessus voilà donc maintenant on cuit à 5h à 5h une partie de l'équipe en tout cas cuit à 5h du matin Il finit vers 13h, 13h30. Et l'autre partie commence à 7h du matin. Et je vis à 15h30. Donc, je trouve que les horaires de travail sont plutôt... Enfin, sont bien. Il y a rarement des heures sup. Et quand il y a des heures sup, elles sont payées. Je ne pense pas que...
- Speaker #0
Faire un an de métier, mais il faut le souvenir à chaque fois parce qu'on peut le faire. Et on arrive quand même à fidéliser les gens. Je pense que, pareil, tu as peut-être une évolution de profil. Il y a des gens qui sont arrivés chez toi qui venaient peut-être du modèle plus conventionnel. D'autres qui n'avaient jamais fait de peintre, t'as formé, fait progresser.
- Speaker #1
C'est sûr qu'il y a des gens qui viennent du conventionnel qui ont du mal à s'arrêter pour une pause-déjeuner, par exemple, parce qu'ils ont bossé ou ils ont mangé un bout de pain ou quelque chose sur un coin de table en faisant leur shift et sans s'arrêter. Donc c'est vrai que oui, il a fallu un peu s'organiser différemment. Mais en fait, je crois que le plus gros changement, je pense, c'est quand on a bossé sur nos systèmes. Je pense que les gens n'ont pas envie de travailler dans nos... Sous pression, dans un environnement qui n'est pas organisé, nous, les commandes changent, les quantités changent, les livraisons n'arrivent pas le jour où elles sont arrivées, on ne sait pas quel est le jour de congé, qui sera là, les sheets ne sont pas clairs, il n'y a pas de fiche de poste, il n'y a pas d'outils pour les recettes, toutes ces choses-là. Donc en fait, nous, je pense que ces cinq, six dernières années, on a l'air bossé sur tous les systèmes et on a vraiment essayé de... De s'inspirer du monde un peu corporette. Enfin, je sais que c'est évidemment pour certains, mais vraiment de...
- Speaker #0
Du cadre. De la visibilité, une vision et savoir où on va. Je pense que c'est le plus intéressant.
- Speaker #1
On a beaucoup bossé aussi sur notre ADN et pouvoir dire quelles sont nos valeurs.
- Speaker #0
Voilà, et donc ça, ça a énormément changé. Donc, c'est des outils informatiques, c'est des applis, c'est des systèmes, c'est des réunions plus fréquentes, c'est énormément travailler sur la communication, comment est-ce qu'on communique, c'est bosser sur le management.
- Speaker #1
Ouais, c'est communication interne, c'est comment les gens se parlent, comment tu fais remonter les problèmes, comment tu parles avec une personne, parce que c'est des métiers qui sont très physiques, on peut vite jeter beaucoup de violence. Et vous, vous travaillez là-dessus, vous essayez en tout cas de vous former. et de former vos collaborateurs ?
- Speaker #0
Oui, donc nous, on se forme. On s'est fait accompagner pendant pas mal de temps par un coach qui nous a aidés. À un moment donné, où en fait, on avait vraiment besoin de réfléchir à justement vers quoi on allait, ce qu'on voulait, et pouvoir, à nous trois en tout cas, avoir une vision commune et après pouvoir la transmettre. Donc, on l'a fait entre 2018 et 2022, je pense. Et après, on a... on a essayé de continuer à transmettre tout ça et de recruter des personnes qui adhéraient à nos visions et à nos valeurs et qui étaient prêtes à aller dans ce sens-là. Donc on recrute pas nécessairement pour des connaissances techniques mais plus un partage.
- Speaker #1
Oui, vous recrutez sur profil. Oui,
- Speaker #0
voilà.
- Speaker #1
Et si vous sentez la personne plutôt que pour ses compétences, parce que les compétences peuvent toujours le développer, la partie technique aussi. Par contre l'humain, ça match ou ça match pas.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et c'est quelque chose qui fonctionne, là ? Vous avez des profils qui sont là depuis un petit moment, qui progressent ? Vous avez quand même pas mal de turnover, parce que ça reste Paris, et il y a des gens qui ont des styles de vie.
- Speaker #0
C'est vrai qu'en salle et dans les boutiques, on a du turnover parce que c'est souvent des étudiants, c'est des jeunes, maintenant les gens sont beaucoup plus mobiles et voyagent. Et après, en prod, on a des gens qui sont là plus longtemps, 7 ou 8 ans, pour certains.
- Speaker #1
Ah oui, depuis le début, quasi.
- Speaker #0
D'autres, ouais, 4. 4 ou 5 ans. Puis on essaie aussi de proposer des formations. On a fait une formation sur la communication non-violente, par exemple, pour essayer justement de changer la façon dont on communiquait en interne et tout ça. Et oui, plus de réunions. Et on a travaillé beaucoup sur ce qu'on appelle notre culture du feedback. Et en fait, comment est-ce qu'on fait du feedback et à quel moment ? Et enfin, toutes ces choses-là, qui sont propres aussi à des entreprises qui grandissent, quoi.
- Speaker #1
ça fait partie enfin on est obligé en fait je pense arriver à un certain nombre de salariés on est obligé de baisser sur ce genre de sujet c'est sûr c'est génial je pense que c'est top après au niveau produit vous avez toujours la même gamme ou depuis 2016 t'as quand même fait un petit peu évoluer niveau pain vous avez ouvert est-ce que 2024 votre carnet de commandes je suppose que vous l'aurez ouvré vous ouvrez à plus des restaurateurs déjà est-ce que vous faites une sélection de restaurateurs est-ce que vous proposez d'autres pains ou vous êtes vraiment sur la gamme pure gamme courte
- Speaker #0
La gamme n'a pas changé quasiment depuis qu'on a ouvert en 2016 la boulangerie. Ce que j'ai fait par contre, c'est petit à petit, j'ai réduit la farine T65 qu'on utilisait pour...
- Speaker #1
Vous étiez sur la farine blanche ? Oui,
- Speaker #0
pour privilégier des farines semi-complètes, complètes et intégrales. Et après maintenant, ça fait six ans... qu'à peu près 50% des farines qu'on achète viennent directement de Paysans ou Paysannes-Megnay, en Ile-de-France. Donc on travaille avec quatre fermes qui sont en Seine-et-Marne, en Essonne, et la ferme d'Orvilliers qui est vers Dreux. Donc eux, plus ils ont des moulins à ceriller à la ferme, quand ils font pousser leur blé, ils ont un moulin et ils fabriquent la farine. Et après, à 50%, on travaille avec un moulin bio. qui est plus un typique qui réglait de vente artisanale à Paris, mais qui achète aussi dans un rayon de 100 km du Mlin. Donc ça, c'était par rapport à... La gamme n'a pas changé, mais par contre, l'approvisionnement a un peu changé. Pareil pour les fruits et les légumes. Maintenant, on bosse avec une boîte, par exemple, qui s'appelle Atypic, qui vend des fruits et légumes hors calibre. Donc ça, ça nous permet d'acheter des deux gros volumes, qu'on va transformer assez rapidement. compote, confiture, tout ça, cake, et d'avoir des prix qui sont avantageux et aussi de réduire le gaspillage alimentaire en achetant ce genre de fruits. Donc ça, ça n'a pas changé. Je suis assez inflexible, en fait, quand les clients, les restaurants me demandent des formats différents, des farines différentes, des trucs un peu... Je dis non en général. Donc on a toujours fait la même taille de miche et c'est le pain qu'on vend principalement au restaurateur. Et d'ailleurs j'ai des clients que j'ai... perdu ou alors que j'ai pas pu, qu'ils m'ont contacté plusieurs années d'affilée mais que...
- Speaker #1
T'as pas pu donner suite ?
- Speaker #0
Voilà, parce qu'ils voulaient un pain pour 4 personnes, voilà ou des trucs genre un pain qui fait pas de miettes par exemple.
- Speaker #1
Alors toi t'as ta gamme et tu fais pas de pain à façon...
- Speaker #0
Non, et en plus je pense que pour les équipes c'est donc compliqué d'avoir dit le format différent et de dire oui à... Enfin au début c'est hyper tentant, on l'a fait au début de dire oui à tout le monde qu'on en avait besoin mais maintenant on est dans une position où on peut se permettre de... de ne pas le faire. Donc, la gamme n'a vraiment pas changé. Je ne fais pas trop le tri dans les clients. Je vérifie quand même. Je fais un peu du diligence et je vérifie un peu quel genre de boîte c'est. Et j'ai une petite liste noire d'acteurs. Non, surtout de violences. J'ai une petite liste. Ça, je sais que je ne travaillerai pas avec eux. mais sinon on est assez on travaille avec des brasseries ou des épiceries de quartier comme on travaille avec des 3 étoiles et c'est le même pain pour tout le monde et là pour la suite vous avez toujours au niveau livraison donc tu m'as dit vélo et une petite camionnette qui part du
- Speaker #1
20ème pour livrer le 11ème d'où il y a d'autres départs en vélo qui se font vous avez développé ça c'est aussi le café qui est livré en vélo ou ça va être que le pain ?
- Speaker #0
non le café est aussi livré en vélo ouais tout tout même système c'est
- Speaker #1
Paris, Intramuros, vous allez quoi comme lutte ? Vous allez un peu plus loin ?
- Speaker #0
On va un peu plus loin quand c'est à l'est ou au nord. Donc on livre Pantin, Saint-Ouen, voilà. Et après, on est limité par la capacité de la batterie de vélo. Donc on livre jusqu'à, par exemple, la Tour Eiffel. Mais ce n'est pas l'idéal parce que c'est une batterie qui est utilisée. Mais la logistique, c'est le plus compliqué aussi. Et ça a un vrai coût aussi. Les restaurateurs parisiens n'ont pas l'habitude de payer la livraison à Paris.
- Speaker #1
Ils n'ont pas l'habitude qu'on leur dise non. Ils n'ont pas l'habitude aussi qu'on leur dise qu'il ne faudrait pas annuler le matin pour le jour même. Enfin, il y a toutes des habitudes à remettre en place.
- Speaker #0
Ouais. Après, quand ils... Enfin, mon parent-neuvant, ils ont compris qu'ils ne pouvaient pas annuler du jour au lendemain. Et ça, c'est plutôt pas mal. Mais aussi, ce qui est de la particularité de la livraison de pain, c'est que c'est quotidien. Alors qu'un restaurateur va commander des carottes peut-être une ou deux fois par semaine, mais il ne va pas en commander tous les jours, alors que nous, on livre tous les jours quasiment. Et donc, c'est vrai que de livrer trois pains sept jours sur sept, il faut que ça soit un vrai coût en termes de logistique. Et il faut pouvoir le faire répercuter sur d'autres choses.
- Speaker #1
C'est sûr. Après, c'est un repose qu'il faut penser. Quand on est sur ce type de business, c'est pas la même chose d'être en B2C où on a nos boutiques, on vend. C'est quelque chose qui fonctionne très bien, comme tu nous disais. Après B2B, il faut le repenser et s'adapter. En termes de capacité, tu penses être à combien de pourcents ?
- Speaker #0
J'avais calculé où vous pouvez aller jusqu'à 3000 pièces. Donc autour de 750. Normalement, j'ai là. Dans notre process de fabrication, en fait, on va pétrir, façonner, diviser, façonner, et après on va passer en chambre froide et sécu le lendemain. C'est vraiment la chambre froide qui va être le facteur limitant par rapport à la prod. Et là, on a une capacité d'aller jusqu'à 3000 pièces par jour. Là, on est à peu près à un tiers, je pense. Enfin, on va arriver à un tiers bientôt. Et voilà, en fait, nous, vraiment, notre... Le pari ici, c'est de montrer qu'on peut faire du pain en levain de manière artisanale, mais à grande échelle. Il y a peu d'autres personnes à Paris qui font ça. Donc on développe cette activité-là principalement. Et moi, je suis persuadée que ce n'est pas parce qu'on augmente notre production qu'on va perdre en qualité. Et que tant qu'on a une équipe de boulangers et de boulangères passionnées, qui a de l'expérience et qui sait... lire la pâte, qui sait travailler avec des farines de variété ancienne, des peuples d'agent, qu'on peut continuer à augmenter la production et à ne pas mécaniser la division et le village, je pense qu'on peut le faire.
- Speaker #1
Parce que là, l'idée, c'est de faire du volume, tout en gardant ta qualité, tu ne vas pas déroger. Et ça, tu le mets en place via des process. c'est avec des personnes qui ont des compétences et puis que tu accompagnes et que tu veux le finaliser les conditions de travail et puis après tout le cadre, la vision commune que vous mettez en place là pour l'instant depuis le changement malgré que vous augmentiez les volumes t'es quand même contente de la qualité du pain et t'arrives à garder ton curseur
- Speaker #0
Je suis très contente de la qualité du pain. Maintenant, je suis moins dans les effectifs. Je vais peut-être faire un shift une ou deux fois par mois. Par contre, je vais souvent dans les restaurants confournis.
- Speaker #1
Tu continues de goûter le pain ?
- Speaker #0
Je goûte tous les jours, c'est sûr. Surtout en ce moment, il est vraiment excellent. Je suis très fière de ce qu'on fait.
- Speaker #1
C'est superbe. Pour la suite, tu as toujours envie de développer le pain ? Le café ? Vous le développez, c'est les deux bras ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
C'est quoi les futurs projets ? Vous continuez le développement, envie de faire plus de choses ? Vous partez dans quelle direction ?
- Speaker #0
Là, c'est vraiment de continuer à développer le B2B. Le café, ça se développe très bien. Les restaurants, mais aussi pas mal de bureaux qui cherchent à améliorer aussi la qualité du café dans leur bureau. Et pour le pain, à continuer, on commence à avoir des... à faire des collaborations avec des entreprises qui sont un peu comme nous, qui partagent un peu les mêmes valeurs que nous, comme Miam, par exemple, qui est une chaîne d'épiceries, enfin de grandes épiceries, qui se développent aussi et pour lesquelles, par exemple, on va...
- Speaker #1
Vous fournissez Miam, là-dessus ?
- Speaker #0
Là, on a trois pains actuellement qu'on fait pour Miam.
- Speaker #1
Tous leurs pains sont pariés ou vous en livrez que certains, pour l'instant ?
- Speaker #0
Tous leurs pains sont pariés. Et là, ils continuent à ouvrir, donc on va les accompagner là-dessus. Et ça, c'est vraiment cool. cool aussi de grandir aux côtés de boîtes comme la leur. Voilà, donc ce genre de projet aussi, c'est assez enrichissant.
- Speaker #1
C'est sûr, puis là vous allez toucher indirectement notre clientèle B2C, mais qui viendra acheter son pain.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Il y aura pas de qualité, mais c'est super.
- Speaker #0
Et dans des quartiers où on n'est pas, donc...
- Speaker #1
Oui, ça vous fait d'autres annexes. Donc il n'y a pas une volonté de développer d'autres 10 belles, en tout cas des points de vente. Ça va être la clientèle B2B, puis indirectement, via ce partenaire, et puis il y a d'autres. On vous retrouve un peu partout. Non, mais superbe. Ok, ben, félicitations, Ali. Je ne sais pas si tu as d'autres choses à nous partager, mais franchement, c'est génial.
- Speaker #0
Non, non, je suis très contente de pouvoir parler de ce qu'on fait et d'ouvrir un peu les portes de ce fond de l'île.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Puis après, pareil, je ne sais pas, au niveau reflétement, si on est un restaurateur, déjà, si on est un boulanger et qu'on veut travailler avec toi, on fait comment ? On vous envoie un CV via Instagram. Comment vous mettez ça en place ?
- Speaker #0
Sur notre site internet, il y a toutes les infos soit pour postuler, pour travailler chez nous, soit pour contacter,
- Speaker #1
trouver votre pain ou du café. Super. Tout le meilleur pour la suite. C'est génial. Merci beaucoup, Alice. Cet épisode est désormais terminé. Un grand merci pour votre écoute. Et si vous souhaitez en savoir plus sur Parlons Pain ou nos invités, n'hésitez pas à nous rejoindre sur notre page Instagram Parlons Pain. A très vite.