- Speaker #0
Je parle peut-être 2-3 minutes sur une soutenance de 30 et en fait ils m'ont arrêté et ils m'ont dit « Monsieur, on va vous dire félicitations pour votre parcours, mais vous allez vous rattraper. » J'ai commencé, je passais l'aspirateur, je nettoyais les fenêtres, je mettais le scotch pour le peintre qui venait peindre derrière. Premier chantier, mais je dormais pas. J'étais stressé, dès qu'il y avait un problème, le moins d'autres trucs en plus.
- Speaker #1
Tu avais une charge mentale quoi.
- Speaker #0
Ouais énorme. De loin on a l'impression que ça peut se disperser un peu et que c'est compliqué d'être multi-entrepreneur, de tout gérer, c'est pas possible. Mais au final toutes mes entreprises sont un peu liées. 80 appels par jour, c'est ce que tu m'as dit. Comment on tient le rythme et dis-nous un peu ce que c'est quoi. On répond pas. Non, non. Je rigole. C'est-à-dire que t'as 80 personnes. Du lundi au vendredi.
- Speaker #1
Ce podcast vous est présenté par notre partenaire, la plateforme l'Union des bâtisseurs, je vous en parle juste 30 secondes. C'est une solution nouvelle pour les pros du bâtiment. Vous êtes dans le bâtiment, vous perdez du temps à chercher des chantiers ou à chercher des partenaires fiables. La plateforme Union des bâtisseurs va régler vos problèmes rapidement. C'est une plateforme simple pour trouver de la sous-traitance, remplir votre carnet de commandes et développer votre business. Allez voir par vous-même sur uniondesbâtisseurs.fr
- Speaker #0
Bienvenue dans Parole de bâtisseur,
- Speaker #1
aujourd'hui mon invité est Adrien, un architecte comme on a rarement vu, un parcours hors normes, ouvrier, sur les chantiers avant même ses études, un an et demi en Amérique du Sud, un passage par Dubaï et aujourd'hui il a quatre sociétés, donc un multi-entrepreneur à son actif, un architecte qui a tenu la truelle avant le crayon et ça change tout, on reçoit tout de suite Adrien. Adrien. Merci d'être dans Parole de bâtisseur, sois le bienvenu.
- Speaker #0
Salut Sylvain, merci à toi pour l'invitation et je suis ravi d'être là aujourd'hui.
- Speaker #1
Ravi également. Alors tout de suite Adrien, on enregistre dans tes propres studios, donc j'ai envie de te dire bienvenue chez toi en fait, parce que tu viens de raconter mais tu es un multi-entrepreneur, donc tu es un architecte pas comme les autres, tu as un parcours jeune, tu as quel âge ?
- Speaker #0
J'ai 27 ans.
- Speaker #1
27 ans, voilà, mais déjà beaucoup de choses. Avant qu'on parle de boulot, j'ai une vraie question. C'est quoi cette manie d'avoir 50 projets en parallèle ? T'es du genre à ne pas dormir la nuit ou sinon t'as juste compris un truc que nous, on n'a pas compris ? Non,
- Speaker #0
alors, je dors la nuit déjà, je te rassure. Je dors la nuit. J'ai passé beaucoup de nuit sans dormir avant, forcément. Donc, je n'étais pas loin alors. Tu n'étais pas loin. Mais aujourd'hui, j'arrive à faire la part des choses et à justement prendre du temps. mais c'est vrai que oui c'est sûr que c'est beaucoup de travail pour en arriver là où aujourd'hui c'est que le début et du coup non j'arrive aujourd'hui à faire la part des choses et c'est super important je pense qu'on reviendra dessus, on en discutera plus tard mais c'est très important de avoir le pro, les business le travail etc et à côté prendre du temps pour soi et c'est ce qui permet au final d'aller encore plus lent dans le pro t'arrives à trouver du temps pour toi tu prends soin de toi ? je prends soin de moi je prends du temps alors C'est toujours un peu... Je ne pense pas assez, mais je vais au sport trois fois par semaine. Je ne travaille plus le samedi et le dimanche, sauf si vraiment c'est des périodes de rush. Si c'est vraiment des périodes de rush, là, je vais travailler...
- Speaker #1
Tu t'accordes un week-end.
- Speaker #0
Voilà, je m'accorde le week-end. C'est quelque chose que je n'ai pas fait pendant très longtemps. Et en fait, le jour où j'ai commencé à prendre le week-end, je ne voulais plus m'arrêter, en fait. C'est magnifique d'avoir deux jours dans la semaine sans rien faire. On fait toujours des choses. Et c'est vrai que pendant longtemps, vu que j'avais l'école... Je travaillais à côté, donc en fait je travaillais les samedis et les dimanches.
- Speaker #1
Tu n'arrêtais pas quoi ?
- Speaker #0
Je n'arrêtais pas. Donc en fait c'était du continu tout le temps.
- Speaker #1
Donc maintenant tu prends du temps pour toi et ça permet, comme tu dis, de mieux te réinvestir dans le travail quoi.
- Speaker #0
Exactement, c'est ça.
- Speaker #1
Donc Adrien, c'est qui aujourd'hui Adrien ? Tu fais quoi exactement ? Parce que tu as plusieurs casquettes, parce que je disais tu es multi-entrepreneur.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Et on va remettre les choses dans l'ordre. D'ailleurs ici on est chez toi, tu vas nous expliquer. Voilà, est-ce que tu peux nous dire rapidement qui t'es Adrien ?
- Speaker #0
Ouais. Alors moi, je suis... Donc avant tout je suis un architecte Donc de formation architecte 5 ans d'études ? 6 ans d'études C'est comme les avocats il y a le barreau des architectes C'est l'habilitation et la maîtrise d'oeuvre Donc t'as eu un bac ? Un bac scientifique à l'époque Et après t'as enchaîné ? J'ai enchaîné directement Et donc voilà Donc de base architecte J'ai très vite travaillé Pendant mes études J'ai commencé à travailler Je devais avoir 16 ans Merci. 16-17 ans parce que tu le voulais pour gagner de l'argent ouais c'est ça tu sais partir en vacances avec les copains pouvoir acheter ce que je voulais avoir de l'argent et puis je suis très curieux donc j'aimais bien aller travailler voir vraiment comment ça se passait et donc Pourquoi architecte ? En fait, c'est en me préparant que ça m'est revenu. Mais c'est vrai que quand j'étais en cinquième, je me souviens, on avait un prof de techno. Je ne sais plus s'il y a encore la techno. Je ne crois pas. Non, il n'y a plus. Du coup, à l'époque, mon prof de techno nous avait fait télécharger Sweet Home 3D. C'est un logiciel pour faire des petits 3D, des petits aménagements. Et on devait réaménager des containers en logement.
- Speaker #1
Et comment il s'appelle ce prof ?
- Speaker #0
Monsieur Moreno.
- Speaker #1
Donc tu es Ludo pas mal.
- Speaker #0
C'est mon rénom. Faisalement. Et oui, pas mal. Et c'est ce jour-là, quand j'ai commencé à faire un peu, je me suis dit, c'est pas mal, pourquoi pas être architecte en cinquième. Et c'est pour ça que je me suis dit, bon, architecte, c'est parti.
- Speaker #1
Donc dès la cinquième.
- Speaker #0
Dès la cinquième, je voulais déjà être architecte. Je voulais être astronaute, mais je fais des convulsions, etc. Donc ma mère m'a tout de suite dit, ce ne sera pas possible pour toi.
- Speaker #1
Oui, il vaut mieux faire architecte. Voilà,
- Speaker #0
donc elle m'a dit architecte. Je me suis dit architecte, c'est pas mal.
- Speaker #1
Bravo. Donc c'est une ambition qui vient d'un prof. Tu viens d'un professeur, c'est vrai. Avant, j'ai ma fille de sa part.
- Speaker #0
Oui, oui.
- Speaker #1
Mais d'accord. Et donc, tu es multi-entrepreneur, c'est ça qui est un peu rare.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Dis-nous ce que, rapidement, tu as fait de différentes entreprises.
- Speaker #0
Alors, j'ai plusieurs sociétés, mais de loin, on a l'impression que ça peut se disperser un peu et que c'est compliqué d'être multi-entrepreneur, de tout gérer, ce n'est pas possible. Mais au final, toutes mes entreprises sont un peu liées. Donc, la première entreprise, c'est mon agence d'architecture, où je fais de la construction. de la surélévation, de la réhabilitation. J'ai des salariés dans toutes les sociétés.
- Speaker #1
T'es sorti de l'école ? T'as monté ton étude tout de suite ?
- Speaker #0
Mon agence directement, exactement. Directement, j'ai monté mon agence.
- Speaker #1
Qui se trouve en région parisienne.
- Speaker #0
Ma première agence qui a le valo apéré. En région parisienne, tous les projets en Ile-de-France quasiment. Et en fait, architecte. Ensuite, j'ai développé une plateforme en ligne pour tout ce qui est déclaration de travaux de ravalement qui s'appelle madepravalement.fr.
- Speaker #1
qui s'appelle comment ?
- Speaker #0
MADP, donc déclaration préalable de travail, madp-ravalement.fr. MADP,
- Speaker #1
on le mettra dans le commentaire.
- Speaker #0
Ça permet aux entreprises de déposer très facilement leur déclaration préalable de travail de ravalement ou de couverture, avec isolation, sans isolation, mais surtout pour les copropriétés. C'est vraiment dédié aux entreprises. Ce n'est pas trop pour les particuliers.
- Speaker #1
Donc c'est du B2B pur.
- Speaker #0
Exactement. Donc j'ai vu qu'il y avait un problème dans ce secteur-là, que c'était compliqué, ça décalait tous mes chantiers.
- Speaker #1
Et ça marche bien comme plateforme ?
- Speaker #0
Ça marche bien, on a déposé un peu. plus de 1500 déclarations en deux ans.
- Speaker #1
Et c'est quoi le modèle économique ?
- Speaker #0
Il y a tout un process. L'entreprise dépose son dossier. Elle nous donne les informations principales. Nous, on va monter tout le dossier. On va le déposer à la mairie. On va faire le suivi jusqu'à l'obtention. On a 99% d'avis favorables. Le peu d'avis défavorables, c'est la conception du projet qui n'est pas bonne. Donc, ce n'est pas de notre fait. Donc, cette plateforme-là, au final, qui est liée avec l'architecture. Ce n'est pas quelque chose qui est à part. C'est pour ça que c'est facile de se concentrer.
- Speaker #1
C'est une autre façade.
- Speaker #0
C'est une autre branche. Au final, ça reste lié. C'est grâce à mon réseau en architecture que j'ai pu développer cette société. J'ai utilisé le réseau d'entreprise.
- Speaker #1
Ça s'emboîte bien. C'est un puzzle qui se monte.
- Speaker #0
Ensuite, après ça, j'ai décidé de faire de l'architecture de copropriété. Tout ce qui est rénovation énergétique, ravalement de copropriété, couverture. Donc là, j'ai ouvert une agence dédiée à la copropriété. J'ai séparé les deux en fait. Parce que de mon point de vue, si je faisais les deux en même temps, donc la construction et la copropriété, il y avait quelque chose qui allait prendre le dessus. Et les gens allaient t'assimiler. Tu sais, les clients, cet archelaire, il fait ça. Mais après, au final, il fait aussi de la copro. Ils ne vont pas trop comprendre. Donc, j'ai préféré créer deux agences.
- Speaker #1
Pour pouvoir bien clarifier ton positionnement.
- Speaker #0
C'est ça. Et au moins dire que voilà. sur ça on est spécialisé dans la copropriété et de ce côté on est spécialisé tu as différentes expertises donc à chaque fois avec des employés dans toutes les entreprises tu as combien d'employés dans ton étude d'architecte ? mon étude d'archi la première j'en ai 4 j'ai une architecte un dessinateur et deux assistantes qui travaillent tous les jours avec moi donc ça permet aussi de déléguer de prendre du temps pour faire autre chose genre des podcasts obligatoire Oui, elle est en train de m'éteindre. et après sur ma dépeur allemande j'ai deux assistantes c'est elles qui gèrent vraiment toute la partie dépôt suivi des dossiers en administratif etc moi je suis vraiment pour superviser quand il y a des problèmes mais au final c'est quelque chose qui est assez facile à gérer cette société là et ensuite Atelier CoPro qui est l'agence de copropriété d'architecture donc pareil tu vois c'est lié encore une fois c'est de l'architecture, c'est de la maîtrise d'oeuvre et puis
- Speaker #1
Tu n'as pas ouvert une boucherie ou une boulangerie. Voilà, exactement.
- Speaker #0
Et au final, c'est un petit peu un cercle, tu vois, tout s'alimente. C'est-à-dire, des fois, j'ai des gens en copropriété qui veulent refaire un appartement.
- Speaker #1
C'est un vrai écosystème.
- Speaker #0
Voilà, exactement. Et c'est pour ça que, de l'extérieur, on peut se dire que je me perds un petit peu, mais au final... Moi, je sais, ma vision, je sais que l'idée, c'est de créer vraiment un groupe complet et qui va pouvoir faire un peu de tout.
- Speaker #1
Et tu as ce bouche du bureau, l'enregistrement qu'on voit ici.
- Speaker #0
C'est la dernière société, celle-là, que SBM. C'est très récent, on a ouvert il y a huit mois, je crois, à peu près. Là, et du coup, les studios, pour la petite soeur, c'est moi qui ai fait les travaux.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Tout ce que tu vois dans les locaux, c'est vraiment moi qui ai tout refait. bravo parce que ça rend bien merci et du coup la dernière pareil on pourrait se dire que c'est pas lié mais au final ça reste des travaux de l'immobilier, de la décoration à la suite c'est sûr que toute l'ingénierie caméra, audiovisuel etc ça c'est pas mon domaine et on a délégué à des personnes compétentes pour ça mais au final ça apporte du réseau et le réseau ça permet d'alimenter aussi l'autre société etc c'est plus faire du réseau c'est développer du réseau pour les gens qui passent pour finir sur ça depuis que j'ai commencé à travailler j'ai que travaillé en bouche à oreille avec du réseau j'ai
- Speaker #1
jamais démarché t'as jamais prospecté t'as jamais utilisé des outils performants sur LinkedIn etc rien du tout exemple d'accord C'est le bouchon à rail. Voilà. D'accord. Super, d'abord, pour cette présentation. Avant qu'on parle de ton parcours et différentes choses, il y a un truc auquel je voudrais que tu racontes. Tu es parti, je le disais dans ta présentation, tu es parti un an et demi vivant en Amérique du Sud. Tu peux nous raconter rapidement ce parcours, pourquoi ?
- Speaker #0
Alors, pourquoi l'Amérique du Sud ? Si tu veux, moi, j'ai un grand frère et une grande soeur. Oui. Ils sont... plus vieux, ils ont 10 ans de plus que moi, et 13 ans de plus que moi. Et mon frère, depuis qu'il a 18 ans, ça fait 20 ans qu'il habite à l'étranger.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Il est parti de la France, il n'habite plus en France. Et du coup, moi, si tu veux, je me disais, si mon grand frère l'a fait, moi aussi, je peux partir.
- Speaker #1
Ça t'a donné envie ?
- Speaker #0
Ça m'a donné envie, et je viens de banlieue parisienne, j'ai grandi à Corbeil-Essène, donc on va dire, les gens qui habitent en banlieue le savent, en fait, on ne bouge quasiment pas. Je ne venais jamais sur Paris, alors que c'est à 30 minutes de... de là où on habitait, je ne bougeais pas trop, je restais avec mes amis, dans ma bulle, ma famille, etc. Et en fait, du jour au lendemain, j'ai dit, allez, je pars.
- Speaker #1
Tu as en profité, comme ton grand frère, tu es parti de l'Essonne.
- Speaker #0
Voilà. Il est parti, si lui peut le faire, moi je peux le faire aussi.
- Speaker #1
D'accord, et donc tu es parti d'abord un an et demi, et tu as fait quoi là-bas ?
- Speaker #0
Je suis parti un an et demi, donc j'ai voyagé, j'ai fait toute l'Amérique du Sud en stop. J'ai fait du stop.
- Speaker #1
Toute l'Amérique du Sud en stop ?
- Speaker #0
je suis parti d'Ushuaïa seule la pointe la plus basse seul d'Ushuaïa la pointe la plus basse je suis remonté jusqu'en Colombie et j'ai fait Chili Pérou Brésil en 2019 donc j'avais j'avais j'avais 21 ans d'accord ok bon
- Speaker #1
ça a dû t'apporter plein de choses exceptionnelles en termes d'expérience ça a changé ma vie je pense ça te sert encore aujourd'hui ça me sert encore aujourd'hui j'imagine c'est ça voilà ouais en fait c'est l'ouverture d'esprit ouais l'ouverture vers le monde l'esprit tu te rends compte que
- Speaker #0
Aller vers les autres, échanger avec les autres, ça apporte quelque chose qui est incroyable.
- Speaker #1
Et on part d'un autre voyage. Là, on va parler de ton voyage dans tes études d'architecture. C'est un autre voyage. Tu bossais aussi comme ouvrier sur les chantiers. C'est ça qui m'a étonné, en tout cas qui m'a sensibilisé même, je dirais. C'est que tu faisais tes études et tu étais ouvrier sur les chantiers. Donc, tu me disais parquet, carrelage, électricité. Donc ça, c'est assez rare. Du coup, moi, je ne l'ai pas souvent vu. D'abord, alors, pourquoi tu as fait ce choix-là ? Peut-être toujours pareil, pour gagner de l'argent et vivre ta vie, j'imagine. Mais également, ce qui m'intéresse, c'est que ça a dû développer en toi une force aujourd'hui que tu utilises, parce que... Enfin, je réponds un peu à ta place, mais je n'en dis pas plus. Mais j'imagine que tu as dû connaître ce que c'est de bosser de tes mains et de souffrir, entre guillemets. Et aujourd'hui, ça te sert, quoi.
- Speaker #0
Exactement. c'est tout à fait ça t'as bien résumé en fait si tu veux voilà Sweet Home 3D donc avec monsieur Moreno derrière je me dis architecte sauf qu'architecte il y a 6 ans d'études donc pourquoi pas j'avais de la famille qui travaillait déjà dans le bâtiment donc pourquoi pas aller commencer à voir le monde du bâtiment sur les chantiers et aussi on parle de gagner forcément de l'argent donc j'ai commencé à travailler sur les chantiers donc voilà comme t'as dit placo, électricité enfin tout ce qui est secondaire j'ai tout fait
- Speaker #1
mais que tu savais faire ou t'as appris sur le terrain ?
- Speaker #0
j'ai commencé je passais l'aspirateur je nettoyais les fenêtres je mettais le scotch pour le peintre qui venait peindre derrière j'étais payé j'étais pas beaucoup payé au début et beaucoup mieux payé mais t'as appris sur le terrain on t'a montré si tu veux je passais l'aspirateur je faisais la colle pour le carreleur après je regardais comment il faisait au final je regardais et c'est comme ça que j'ai appris après un jour j'ai dit « Bon, bah, moi, je veux... » Maintenant, je pense que je peux faire. Et j'ai commencé à faire.
- Speaker #1
Alors, tu m'as raconté un truc de fou, c'est que tu as rénové la maison de tes parents, c'est ça ?
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Celle de ta sœur aussi, tu m'as dit, je l'ai noté, entièrement et surtout tout seul. Alors bon, je veux bien qu'on apprend, qu'on fait la colle, on regarde les autres, mais alors on regarde et tout d'un coup, on refait toute une maison, c'est ça ?
- Speaker #0
Alors après, comme je t'ai dit, j'ai commencé à passer l'aspirateur extra, après sur les chantiers, j'ai de plus en plus de responsabilités. parce que les gens me faisaient confiance donc j'avais de plus en plus de responsabilités t'as appris vite quoi et au final quand mes parents ont déménagé du coup il y avait tout à refaire dans la maison et donc j'ai tout refait j'ai tout refait de A à Z j'ai dû mettre 5-6 mois pas tous les jours, j'ai pas travaillé tous les jours j'avais les études,
- Speaker #1
je travaillais le soir les vacances c'est ça qu'on se rend compte c'est que tu faisais ça pendant tes études d'architecture Alors que tu avais des amis de classe, des camarades de classe qui, eux, avaient une vie d'étudiant beaucoup plus pépère par rapport à toi.
- Speaker #0
Ben exactement.
- Speaker #1
J'imagine. Donc toi, tu leur disais ça, tu leur disais, ben là, ce soir, je ne peux pas, ce week-end, je ne peux pas, je dois juste refaire la maison de ma soeur, mes parents. Qu'est-ce qu'ils disaient ?
- Speaker #0
Ben...
- Speaker #1
Tu en as embarqué dans l'aventure ? Non ?
- Speaker #0
Non, je n'en ai pas. Je n'ai pas réussi à en embarquer.
- Speaker #1
Tu en as parlé facilement ?
- Speaker #0
oui j'en parlais facilement il n'y a pas de problème non mais je veux dire il devait te regarder surtout que les études d'architecte en plus je pense que tu le sais tu dors pas beaucoup, tu fais des maquettes jusqu'à tard la nuit des plans jusqu'à tard la nuit au début tu fais à la main donc c'est dur de trouver du temps mais après c'est comme tout, c'est une question de volonté et j'arrivais quand même à trouver un peu de temps pour sortir des fois avec mes amis c'est vrai que j'étais fatigué on va pas se mentir À l'époque, c'est simple, quand je me couchais dans mon lit, je tenais peut-être une minute, plus de 30.
- Speaker #1
Oui, là, tu n'avais pas de problème de sommeil. Ah,
- Speaker #0
je n'avais pas de problème de sommeil.
- Speaker #1
Donc, tu faisais tes études d'architecture, qui sont des études qui demandent pas mal d'efforts, du temps, d'efforts. Donc, tu travaillais à côté, plein de jobs. Et en plus, Master 2, avec les félicitations du jury. Oui. C'est-à-dire que plus on travaille, meilleur on est.
- Speaker #0
Je ne sais pas. Je pense que ça m'a beaucoup apporté le chantier. On ne va pas se le cacher.
- Speaker #1
Et les profs, ils te disaient quoi ?
- Speaker #0
Les profs, c'était un peu compliqué.
- Speaker #1
C'était compliqué ?
- Speaker #0
Oui, parce que vu que tout le monde savait que je venais du chantier, ça se ressentait dans ma manière de dessiner. Et du coup, ils disaient que je n'étais pas assez créatif. Ils voulaient que je me lâche plus.
- Speaker #1
Ah d'accord.
- Speaker #0
Oui, parce qu'en fait, on est très technique. J'étais très terre-à-terre, moi. Pour moi, un placo, c'était comme ça. Tu étais très pragmatique.
- Speaker #1
Il y avait une commande et toi, tu exécutais.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Mais je veux dire, de voir un élève comme ça, pas comme les autres parce que t'as un élève qui bossait à côté qui faisait plein de trucs il t'en parlait ou pas plus que ça ? Non,
- Speaker #0
on en parlait pas plus que ça, même moi j'en parlais pas plus que ça J'étais de mon côté, je faisais de mon côté
- Speaker #1
Donc félicitations du jury, donc brillant on peut le dire Donc tu valides ton entrée à l'ordre des architectes C'est simple
- Speaker #0
Un peu compliqué du coup Et...
- Speaker #1
Tu te plantes justement, ce que tu me disais en fait. Dis-moi.
- Speaker #0
Enfin, je me plante. Je passe la dernière année, la sixième année, c'est comme un peu le barreau des avocats. On travaille dans une agence toute l'année. On travaille dans une agence toute l'année. À côté, on fait un mémoire. On prépare un mémoire et on a une soutenance devant un jury de 7 ou 8 architectes inscrits à l'ordre. Et en fait, on était une promo de 20 dans ma classe. Donc moi, j'avais déjà lancé une auto-entreprise d'architectes d'intérieur. parce que je pouvais pas aller lancer d'architecte donc je commençais déjà à travailler à partir du master 1 en tant qu'architecte d'intérieur et donc pour moi c'était la suite logique j'ouvrais mon agence, j'avais déjà des clients et c'était parti quoi et du coup même pour mes profs c'était évident que j'allais ouvrir mon agence et moi j'avais dit à tout le monde de toute façon je fais mon année, même l'agence où j'ai travaillé je leur avais dit moi je fais mon année
- Speaker #1
je pars au bout de l'année et ta promo c'était quoi plutôt les gens comme toi ils voulaient faire quoi ils étaient plutôt dans le mode salariat ouais c'était plus c'était plus voilà on va encore faire 3,
- Speaker #0
4 ans 5 ans, 10 ans notre expérience dans une agence et après on se lancera peut-être là où moi en fait j'étais voilà toi t'étais prêt quoi ma vision elle était là et je savais moi j'ouvrais mon agence dès que j'avais la signature et le cachet à l'ordre des architectes j'ouvrais mon agence d'architecte donc tu m'as dit que sur les 20 t'étais
- Speaker #1
le seul à passer le rattrapage c'est ça
- Speaker #0
donc si tu me l'as dit c'est que ça t'a marqué ça m'a marqué énormément voilà c'est à ce que tu étais passé des félicitations du jury à ça à un rattrapage donc comment t'as vécu ça ? c'était très dur c'était très dur parce que ton orgueil en a pris un coup ? ouais mon orgueil est même un peu le côté injuste ah oui parce que tu bossais beaucoup plus que les autres parce que j'avais toujours bossé Je connaissais le chantier, mais vraiment par cœur. Tout était prêt. J'avais déjà des clients en architecture d'intérieur. J'allais avoir des clients. J'avais déjà un réseau dans le bâtiment, etc. Donc en fait, pour moi, tout était au vert. Et du coup, je fais ma soutenance, qui se passe très bien en plus, ma soutenance. Et à la fin, en plus devant tout le monde, donc Adrien rattrapage. Et là, je me dis, c'est la douche en bas. Bah oui.
- Speaker #1
Parce que moi,
- Speaker #0
je me voyais déjà, c'est parti. J'ouvre l'agent, je trouve des locaux, etc. et au final non donc tu passes au rattrapage alors du coup je voulais pas aller au rattrapage c'est ce que je te disais je voulais pas aller au rattrapage je me suis dit non mais c'est bon je veux pas aller au rattrapage je vais travailler en architecte d'intérieur mais bon c'est pas bien et au final c'est ma prof qui m'a convaincu parce que le rattrapage c'était 3 ou 4 mois après c'est ça aussi ceci c'est 2 semaines après il fallait que t'attendes 4 mois tu perdais 4 mois encore 4 mois pour moi je perdais 4 mois aujourd'hui tu rencontres que 4 mois c'est rien oui aujourd'hui je me dis 4 mois c'est rien j'aurais pu attendre un an au final oui oui bien sûr mais quand t'es plus jeune et quand t'es sur le feu de l'action c'est pareil c'est ça d'accord mais ça t'a servi quoi ça m'a vraiment servi et je remercie ma prof de m'avoir poussé parce que vraiment c'est elle qui m'a poussé elle m'a dit non mais Adrien tu vas y aller et au final j'ai été donc c'est la deuxième prof la deuxième prof la deuxième prof et au final ce qui est fou c'est que je vais au rattrapage je commence à peine à parler je parle peut-être 2-3 minutes Merci. sur une soutenance de 30. Et en fait, ils m'ont arrêté. Et ils m'ont dit, monsieur, on va vous dire... Parce qu'en fait, dans les commentaires du premier jury, c'était félicitations pour votre parcours. Mais vous allez au rattrapage. Et là...
- Speaker #1
Et pourquoi t'es au rattrapage ?
- Speaker #0
Parce qu'ils voulaient être sûrs que je sois prêt. Vu qu'ils savaient que j'allais ouvrir mon agence, parce que moi, je l'ai dit. J'ai dit, voilà, moi, je vais ouvrir mon agence.
- Speaker #1
C'est-à-dire que toi, t'as émis la barre haute, déjà.
- Speaker #0
Je voulais être sûr.
- Speaker #1
C'est-à-dire que si jamais tu voulais être salarié, comme la plupart des gens, peut-être qu'ils te l'auront donné, quoi,
- Speaker #0
ça. Oui, c'est sûr.
- Speaker #1
mais comme t'as mis la barre haute ils voulaient bien vérifier certaines choses c'est ça,
- Speaker #0
ils voulaient être sûrs quand t'as été victime de ton ambition peut-être et au final j'arrive au jury le dernier et je te dis je parle 3 minutes il me dit alors monsieur on va vous dire pareil que la première fois donc félicitations allez-y, allez travailler,
- Speaker #1
merci tout de suite donc ça a atténué ta déception on va dire peut-être j'imagine Merci. On va continuer à voyager après l'Amérique du Sud. Tu en écoles. On va voyager cette fois. Je le fais comme un voyage. Un parcours, c'est un voyage finalement. C'est six mois à Dubaï, dans une agence d'architecture. Comment tu es arrivé là-bas ?
- Speaker #0
J'arrive là-bas. Et j'arrive là-bas, il y a une opportunité. Je vois sur un groupe une opportunité d'un poste pour six mois. Donc je me dis pourquoi pas partir travailler là-bas. Je rentrais d'Amérique du Sud en plus. Donc tu n'as pas voulu te poser quoi. Si, en plus j'avais trouvé quelque chose ici pour aller travailler un petit peu en agence d'architecture. Et au final, une semaine avant, je trouve cette opportunité à Dubaï, donc j'annule en France. Et je pars vraiment deux jours avant, je crois que je prends le billet d'avion. Et je pars à Dubaï, donc pareil tout seul. encore une fois moi j'avais l'expérience d'Amérique du Sud donc là j'étais plus serein.
- Speaker #1
Oui tu avais fait le tour de Dubaï pour toi c'était tranquille ou quoi ?
- Speaker #0
Oui là c'était ça allait et du coup j'arrive là bas dans une agence d'archi une grosse agence d'archi de Dubaï qui fait que des gros projets c'est à dire qui prenait...
- Speaker #1
T'es bilingue ?
- Speaker #0
Je suis bilingue je parle aussi espagnol anglais et portugais du coup.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Vu que mes parents sont enfin je suis portugais aussi et du coup j'arrive dans l'agence donc c'est une agence qui fait que des gros projets donc des grosses tours dans le temps de Dubaï des mosquées des grosses résidences pour des grosses célébrités ou des gens comme on voit dans les images un peu une architecture avec un design très prononcé, très moderne très moderne, c'est pas comme on voit ça mais ça dépendait des projets ça dépendait vraiment des projets et en fait ce qui était pour moi magnifique là-bas c'est que là où quand on me reprochait de ne pas être créatif d'être trop technique etc en fait là-bas il y a zéro limite. Du coup, la créativité, elle explose. On fait ce qu'on veut. Et ça m'a mis un coup, moi.
- Speaker #1
Ça te pousse totalement,
- Speaker #0
quoi. Moi, ça m'a mis un coup, parce qu'en fait, quand je suis arrivé, je dessinais les projets, et voilà, j'étais un peu comme ici, tu vois, je dessinais des projets comme ici, etc., mais il me disait non.
- Speaker #1
Tu me disais que là-bas, tout te semblait possible.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
En fait, c'est ça. Donne-moi le projet le plus fou, quoi.
- Speaker #0
Le projet le plus fou que j'ai fait.
- Speaker #1
Ouais. Vraiment le plus dingue que t'as pu faire. Ouais, ouais.
- Speaker #0
Le plus dingue que j'ai pu faire, c'était totalement démesuré. C'était comme une mini-ville pour le président d'un gros club de foot. Et en fait, il y avait la maison principale qui faisait peut-être 3000 mètres carrés.
- Speaker #1
3 000 m², oui.
- Speaker #0
Un lac au milieu. Trois maisons pour les trois enfants. Un souk avec piste de bowling, piscine olympique, terrain de foot, la maison pour les hommes, la maison pour les femmes, pour, tu sais, les activités. Tu as créé une ville, quoi. J'ai créé une ville. Et je dessinais des stops, des ronds-points.
- Speaker #1
Tu n'as pas dû le faire souvent, non ?
- Speaker #0
Pour lui, bah, qu'une fois. Mais c'était incroyable.
- Speaker #1
Ouais, j'imagine, ouais. Et que tu as vu se réaliser, quoi.
- Speaker #0
Aucune limite.
- Speaker #1
Et qui existe là, aujourd'hui. Qui existe aujourd'hui,
- Speaker #0
dans le désert à Dubaï.
- Speaker #1
Et t'es resté combien de temps à Dubaï ?
- Speaker #0
J'ai fait 6 mois.
- Speaker #1
6 mois, ça va, d'accord.
- Speaker #0
J'y suis retourné après.
- Speaker #1
Et t'as gardé des contacts ?
- Speaker #0
J'ai gardé des contacts.
- Speaker #1
D'accord. Et l'ambiance là-bas de travail avec les gens là-bas ?
- Speaker #0
L'ambiance, tout ce qui est pro, travail, etc., top. Après, c'est vrai que moi, j'avais un peu de mal avec les relations. Les relations, elles ne sont pas toujours vraies. C'est un peu différent, voilà. C'est ça.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Donc, c'est là où je suis rentré,
- Speaker #1
je suis revenu. T'es rentré. Merci. Tu as gardé des contacts avec des camarades de promo ? Tu as des échanges aujourd'hui ?
- Speaker #0
Oui, j'ai des échanges. J'en ai gardé deux.
- Speaker #1
Deux ?
- Speaker #0
Pas beaucoup, au final.
- Speaker #1
C'est deux qui t'ont soutenu quand tu devais refaire...
- Speaker #0
Déjà, c'est deux qui m'ont soutenu et c'est deux avec lesquels j'ai fait tout le parcours. Il y a souvent des projets en groupe, etc. Donc, c'est deux avec qui j'ai pas mal travaillé tout au long des études d'archi.
- Speaker #1
Et la plupart sont à leur compte ?
- Speaker #0
Non, j'en connais peut-être un de ma grosse promo, on va dire sur le bonnet 300-400, quelque chose comme ça. J'en connais un ou deux qui se sont lancés vraiment en architecture aujourd'hui.
- Speaker #1
D'accord, mais finalement, la tendance, c'est d'être salarié, et puis passer la trentaine un peu plus, peut-être de se mettre à 100%. Oui, prendre de l'expérience. Alors, toi, tu lances ta première... auto-entreprise. Je m'assure ça. Je continue le voyage. Donc, tu es étudiant sans local. C'est ça ? Tu habites chez tes parents. La maison que tu as refaite. Que j'ai refaite, exactement. Tu transformes le garage de tes parents en une agence d'architecture. Je pense que dans le projet de tes parents, ce n'était pas prévu au début. Ils ont vu leur garage se transformer en cabinet d'études, architecture, etc. Donc, tu as deux écrans, tu as un bureau et tu reçois tes premiers clients dedans, dans le garage de tes parents, donc fort. Comment ça se passe une réunion client dans le garage de tes parents ?
- Speaker #0
Après, j'étais jeune. Les gens comprenaient ? Oui, mes clients comprenaient. Au final, ils savaient que...
- Speaker #1
Mais c'était vraiment une ambiance de garage ?
- Speaker #0
Je peux te montrer, on le mettra si tu veux. Je peux te montrer si tu veux, que tu te rends compte un petit peu. Mais oui, c'était un garage. C'était comme ça de base. Et moi, j'ai transformé comme ça. J'ai mis mes maquettes au mur.
- Speaker #1
Pas mal, oui. Tu vois, mes maquettes d'études. D'accord, bien aménagé. On le mettra pour que tout le monde puisse regarder. Oui, c'était un garage, mais bien aménagé de ce que j'ai vu. En tout cas, tu recevais. Je recevais. C'était ton siège.
- Speaker #0
C'est ça, siège social. Et mon bureau. Et j'ai ma première stagiaire que j'ai reçue qui venait travailler au garage.
- Speaker #1
Tu poses souvent la question à mes invités, le premier client. parce que le premier client ça marque toujours c'est une marque de confiance et on s'en rappelle souvent toi tu t'en rappelles ?
- Speaker #0
je m'en rappelle très bien je dirais plus mes deux premiers clients parce que il y a mon premier client en archi qui est un membre de ma famille qui est un cousin à moi je venais juste de sortir des études et qui m'a fait confiance pour sa maison j'ai construit sa maison, j'ai tout dessiné Merci. le permis de construire, etc. Donc ça, on va dire que c'est mon premier client, mais famille. Et après, il y a mon premier client réel, inconnu, qui était, je me souviens très bien, une maison dans le 95, pour faire une surélévation. Et donc, j'avais déposé...
- Speaker #1
Tu l'as trouvé comment ? Tu as répondu à un appel ?
- Speaker #0
Bouche à oreille. Bouche à oreille, d'accord. J'avais créé un petit compte Instagram d'architecte. Du coup, quelqu'un m'a dit, j'ai mon oncle, je crois, qui cherche un architecte pour une surélévation. J'ai été. j'avais 23 ans et 22 ans et je fais tout le permis de construire j'avais jamais fait de permis de construire à part pour mon cousin c'était un petit village je fais tout le permis de construire, je dépose le permis de construire et je reçois un incomplet de 4 pages on apprend en faisant voilà, c'est un peu ma mentalité j'ai toujours appris en faisant et en débrouillant et en apprenant des erreurs donc 4 pages d'incomplet Merci. J'ai répondu au bout de deux jours. J'avais répondu à tous les incomplets. On a eu le permis.
- Speaker #1
Un petit coup de stress.
- Speaker #0
Un petit coup de stress, forcément.
- Speaker #1
Comme il faut. Mais on se rappelle toujours de son premier client.
- Speaker #0
Je m'en souviens très bien. Je te pose la question. Je m'en souviens très bien.
- Speaker #1
C'est souvent le cas. On revient un peu sur le quotidien. Je vais parler d'un chiffre. C'est 80. C'est 80 appels par jour. C'est ce que tu m'as dit. Comment on tient le rythme et dis-nous un peu ce que c'est.
- Speaker #0
On ne répond pas. Non, on répond à 80 appels par jour. C'est vrai que ça fait peur. C'est-à-dire que tu as 80 personnes ? Tous les jours qui m'appellent, du lundi au vendredi. Par contre, j'ai réussi à cadrer.
- Speaker #1
Tout de suite, assez rapidement ?
- Speaker #0
Ah non, je parle aujourd'hui. Ah aujourd'hui, c'est 80 appels. Ah non, à l'époque, je n'ai pas... D'accord. j'ai pas 80 mais là aujourd'hui t'as 80 appels par jour 80 appels par jour ça peut être des nouveaux clients ça peut être des problèmes sur le chantier ça peut être du réseau ça peut être et alors comment t'es organisé justement ? au final c'est ce que je te disais l'important c'est d'être accompagné et de pouvoir bien bien redistribuer et rediriger vers les bonnes personnes c'est à dire que si on va m'appeler pour les studios podcast je sais que je vais rediriger vers là si on m'appelle pour mon agence de copropriété ça va être là si c'est un sujet sur un chantier c'est moi qui fais la maîtrise de tous mes chantiers Oui. donc c'est sur de la maîtrise c'est moi qui vais prendre direct le relais et l'important c'est de prioriser en fait c'est de prioriser c'est à dire ok il y a 80 formations qui arrivent mais il y en a qui vont être plus importantes plus urgentes et d'autres qui peuvent attendre et qui peuvent être traitées plus tard c'est arriver à prioriser pour
- Speaker #1
pas être sous l'eau et pouvoir tout traiter oui parce que t'as plus de 2000 appels par mois t'as plus de 2000 appels par mois donc faut gérer Tu ne peux pas laisser des appels sans retour derrière parce que c'est un risque commercial fort. C'est ça. Évidemment.
- Speaker #0
Et moi, toute ma force a été ma réactivité. Depuis que j'ai commencé, ma force a été la réactivité. C'est-à-dire que je fais les projets rapidement, je dépose les permis rapidement, je réponds aux mairies rapidement. En fait, tous les gens qui travaillent pour moi, je leur dis, la clé, c'est d'être réactif, de répondre aux clients. Même si on dit, je vous réponds dans deux jours, au moins on leur répond. Pour leur dire, voilà, on a bien pris en compte votre mail, votre message, etc. Là, on ne peut pas le traiter tout de suite, mais dans deux jours, ce sera testé. Et dans deux jours, vous aurez la réponse.
- Speaker #1
Oui, donc tu vas garantir une réponse.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Là, une question de bien comme ça qui tombe de nulle part, c'est... Donc, tu es un entrepreneur avant tout, en fait, c'est ça ? Oui. Tu es un multi-entrepreneur et un entrepreneur avant tout. Et tu penses que tes collaborateurs, collaboratrices, ils disent quoi de toi ?
- Speaker #0
Ils disent que je suis fou. Ils disent que je suis fou.
- Speaker #1
Mais conscient.
- Speaker #0
Mais conscients, oui, parce qu'ils sentent bien que c'est maîtrisé, tu vois, c'est pas... J'ai quand même... Je fais des réunions tous les jours sur toutes les sociétés. Je sais exactement, je connais tous mes projets, tous mes clients.
- Speaker #1
T'as quel type de management ? ton avis ? Je veux dire, ta management, tu es très proche de tes collaborateurs, tu leur fais confiance à la base ?
- Speaker #0
Je suis proche d'eux, je leur fais confiance parce que en fait, c'est un peu comme je me reproduis un peu ce que moi j'ai été, j'ai appris sur le tas et j'ai appris en faisant. Donc, je préfère leur dire allez-y, faites, s'il y a des erreurs, c'est pas grave, on va corriger ensemble, on va regarder et voilà, on vous allez apprendre comme ça et si vous avez des questions, en tout cas, je suis disponible n'importe quand.
- Speaker #1
Et tu es exigeant sur toi-même ? Donc forcément, t'es exigeant avec les autres. Avec eux aussi, c'est ça. J'imagine, il y a des jours où t'es un peu plus exigeant que d'autres jours.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
J'aimerais travailler avec toi, mais je le suppose. Il y a un truc que je trouve fort, de ce que tu m'as dit, c'est que tu embauches quasiment que des jeunes, sortis d'école ou avec à peine quelques années d'expérience. Donc là, évidemment, ça fait écho avec ton parcours. ou sinon c'est une étrange coïncidence. Donc là, c'est un choix assumé. C'est un engagement même.
- Speaker #0
C'est ça. Oui, c'est totalement assumé. C'est déjà donner la chance. Parce que moi, j'ai commencé Gen, donc je suis content que tous les clients m'ont donné la chance de faire leur projet. Parce que c'est dur, un Gen de 23 ans, de lui confier un projet d'une maison, de construction d'un restaurant. Tu vois, c'est compliqué. Et donc, moi, je pars du principe que je donne la chance au Gen. encore plus souvent dans l'école que j'ai faite au final d'Arsène et je leur dis voilà moi j'ai commencé très jeune et c'est juste une question de motivation et
- Speaker #1
de travail et t'as quel regard sur la jeunesse aujourd'hui ?
- Speaker #0
c'est... après je suis jeune c'est compliqué de parler pour un vieux de 27 ans de... Pour un vieux de 27 ans, je le sens. Parce que du coup, je sors quand même avec des gens qui sont soit plus jeunes que moi, soit plus vieux, mais aussi plus jeunes. Et je sens qu'il y a un décalage, que j'ai un décalage avec les plus jeunes.
- Speaker #1
Non, mais je dis parce qu'on dit souvent, on entend souvent, les jeunes, ils ne veulent plus bosser comme avant. Enfin, tu vois, tous les trucs de ça. Est-ce que tu crois qu'il y a une petite tendance comme ça ? Est-ce que tu crois également, c'est une question que je pose à d'autres invités, Tu sais, maintenant, on voit beaucoup sur YouTube des vidéos, justement, des gens qui sont à Dubaï, comme tu disais, mais qui faisaient autre chose. Tu sais, on les voit à Dubaï, et puis ils gagnent, avec une IA, ils gagnent 1000 euros par jour, avec des voitures rouges, tout ça. Enfin bon, voilà, je caricature un peu. Il y a cette jeunesse-là, tu vois, qui est sensible à ça, et qui ne veut pas se donner l'effort. Donc toi, tu es l'inverse de ton parcours. Mais je pense que toi, quand tu reçois un jeune et... Tu sens qu'il a bossé, qu'il a envie. J'imagine que ça vibre en toi.
- Speaker #0
Je le ressens. Je pense que c'est un peu différent. Les jeunes ne veulent plus travailler de la même manière qu'avant. Ils ne veulent plus travailler, faire des heures, des heures. Moi, à l'agence, par exemple, ils ont des jours de télétravail. Ils travaillent de chez eux. Moi, ça me va très bien. La seule condition, c'est que le travail soit fait. Même s'ils veulent travailler tard le soir, tôt le matin.
- Speaker #1
Oui, toi, tu t'en fais. Je ne pense pas que c'est le résultat.
- Speaker #0
Voilà, exactement. Moi, c'est tant que le travail est fait, il n'y a pas de... il n'y a pas de problème et on peut travailler comme ça il n'y a aucun problème par contre si le travail n'est pas fait ou qu'il y a des erreurs là c'est là où ça va bloquer mais voilà et après non tout ce qui est Dubaï enfin Dubaï ou autre c'est pas rigolé mais c'est vrai on en voit plein oui mais au final c'est un pourcentage infime il y en a qui ont gagné de l'argent et qui ont des business incroyables mais c'est tellement infime qu'on ne peut pas donner ce message le...
- Speaker #1
Ces vidéos-là influencent vers le fait de dénaturer un peu le travail. Aussi, l'entrepreneuriat. Parce qu'on croit qu'aujourd'hui, pour entreprendre, tu montes trois IA et après, tu développes sur les réseaux et puis tu n'as rien à faire. Non, mais il y a un peu cette image-là. C'est vrai. Donc, c'est bien de rappeler qu'entreprendre, c'est beaucoup d'efforts.
- Speaker #0
C'est beaucoup de travail.
- Speaker #1
Quel que soit le business.
- Speaker #0
Quel que soit le business, c'est du travail. Il n'y a rien sans travail.
- Speaker #1
Si on a quelqu'un qui nous écoute, même plusieurs j'espère, et qui veut se lancer dans la maîtrise d'œuvre, est-ce que tu peux nous dire c'est quoi vraiment la maîtrise d'œuvre ? De vulgariser ça. Et c'est quoi le truc qu'on ne lui dit pas une fois qu'on est dedans ?
- Speaker #0
Alors la maîtrise d'œuvre, moi aussi je pensais que c'était régler les problèmes techniques et venir sur le chantier.
- Speaker #1
On entend beaucoup parler de ça.
- Speaker #0
Oui. C'est ce qu'on se dit. Mais au final, c'est tellement différent. On ne gère que de l'humain. On gère des problèmes tous les jours. On gère des responsabilités qui, des fois, sont... qui sont énormes par rapport à un seul humain, tu vois, ou une seule structure, en fait, faire de la maîtrise, c'est tellement complet, ça demande tellement de recul, il faut vraiment prendre du recul, surtout, parce que sinon, on est... Enfin, moi, j'étais très stressé avant. Moi, mes premiers chantiers, mais je dormais pas. J'étais stressé dès qu'il y avait un problème, le moindre truc, en plus...
- Speaker #1
T'avais une charge mentale, quoi.
- Speaker #0
Ouais, énorme. Alors que maintenant, j'arrive à prendre du recul, j'arrive à prendre du recul, et en fait... Ça,
- Speaker #1
c'est avec l'âge.
- Speaker #0
Il y a plein de problèmes où on se dit, mais... c'est rien en fait,
- Speaker #1
c'est pas grave ça c'est en apprenant c'est en apprenant et en faisant,
- Speaker #0
et c'est l'expérience mais en tout cas la maîtrise c'est gérer de l'humain, c'est gérer des entreprises c'est gérer des clients, parce qu'il faut les gérer les clients ça se gère un client, c'est gérer tout ça et arriver, en fait on est tous dans le même bateau et c'est souvent ce que les gens, les entreprises ou les clients ils ont du mal à comprendre ils pensent qu'on est séparés ou contre mais non, en fait on est tous, on veut tous finir le chantier, en temps et en heure que tout le monde soit payé et que tout se passe bien Tout le monde a le même but. Après, il y a des problèmes. Parce qu'il y a toujours des problèmes. C'est un chantier. La définition d'un chantier, c'est justement un chantier où il y a des problèmes, il y a des aléas, il y a des choses. Et donc, du coup, on est tous dans le même bateau. Donc, c'est ça que tout le monde doit garder en tête pour arriver au but final. Et c'est important que tout le monde prenne du recul sur les chantiers. Ce n'est pas tout le temps la faute de l'architecte. Ce n'est pas tout le temps la faute de l'entreprise.
- Speaker #1
Tout le monde est... On est sous le thème du voyage. on est tous sur le même bateau exactement et c'est important chacun est un maillon pour le collectif exactement je vais te mettre en situation délicate mais c'est volontaire tu as une thèse qui est assez forte c'est que tu dis qu'il y a beaucoup d'architectes qui sont trop théoriques je ne sais pas si vous êtes d'accord avec ça si vous connaissez est-ce que tu peux nous en dire un peu plus quoi.
- Speaker #0
sur tes confrères non je vais pas me faire des ennemis mais si tu veux pour moi il y a la théorie et la pratique forcément ça a été mon sujet de mémoire justement sur mon année d'habilitation et maîtrise d'oeuvre pour m'inscrire lors des architectes j'ai parlé de ça, de la créativité et de la technique et de la théorie et de la pratique et au final c'est pas que c'est mauvais mais pour moi un architecte c'est quelqu'un qui construit c'est quelqu'un qui sait construire donc pour un architecte ne pas savoir comment faire telle ou telle tâche sur un chantier ou comment ça se fait ou la durée des choses, en fait forcément après il va y avoir des problèmes de gestion de chantier ou de gestion de projet parce que l'architecte il a une idée, l'entreprise elle a une autre idée et le jour où le problème va arriver c'est là que ça va exploser donc en fait c'est important moi je pense d'avoir le côté pratique et qui te permet justement de tout anticiper. Moi, je vois 90% des projets que je dessine, ils sont réalisables à 100%.
- Speaker #1
Tu as un œil très conceptuel que l'architecte peut avoir. Oui, c'est ça. Créatif. Créatif, de dessiner, de concevoir. Et puis, tu as l'œil, justement, qu'on t'a répété à l'école, où tu étais trop sur le terrain.
- Speaker #0
mais en fait les deux réunis fait que ça reste complet et au final et ça c'est avec l'expérience aussi que tu te rends compte la technique que j'ai et tout ce que j'ai accumulé ça sert ma créativité c'est à dire qu'aujourd'hui je peux être créatif parce que j'ai la technique et ça c'est difficile à comprendre parce qu'on se dit que la créativité c'est quelque chose d'imaginaire d'un peu fou mais au final non, moi justement j'utilise ma technique que je sais, parce que je sais qu'on peut faire ça qui va servir à ma créativité là où un architecte qui est trop théorique et qui n'est pas pratique va dessiner quelque chose mais au final à la fin on n'aura jamais le résultat parce que c'est infaisable donc c'est un appel qui est lancé à des architectes qui sont trop techniques c'est il
- Speaker #1
faut avoir c'est un oeil très très très voilà c'est ça il faut juste l'utiliser cette technique pour servir la créativité en tout cas c'est bon pour les jeunes qui veulent faire architecte à savoir alors je passe à autre chose mais deux petites histoires que j'ai notées évidemment deux petites anecdotes qu'il faut absolument que tu nous racontes la première c'est un chantier de ravalement à Paris raconte nous le jour du rendez-vous chantier, t'arrives et tu vois des pompiers sur place,
- Speaker #0
dis moi qu'est-ce qui s'est passé rendez-vous de chantier donc moi je fais un rendez-vous par semaine tout le temps le même jour à la même heure sur tous mes chantiers il était 9h ou 10h du matin j'arrive sur le chantier Merci. Et donc je marche dans la rue et je vois un camion de pompier devant le chantier. Donc là, gros coup de stress, qu'est-ce qui se passe ? En plus, c'est un ravalement, donc il peut y avoir quelqu'un qui est tombé de l'échafaudage, il y a vraiment plein de choses qui peuvent arriver sur un chantier de ravalement. Et au final, ils avaient percé une canalisation de gaz qui n'était pas...
- Speaker #1
Aïe !
- Speaker #0
qui n'était pas indiqué. Donc, gaz dans toute la cour de l'immeuble. Donc là, c'est super dangereux. Très, très, très dangereux. Donc, gros coup de stress. Au final, les pompiers étaient là. Ils sont arrivés vite. L'entreprise a appelé les pompiers. Ils sont venus.
- Speaker #1
Et le gaz ne sent pas en plus.
- Speaker #0
Ah si, ça sentait. Ah, ça sentait. Ça sentait fort. Il ne fallait pas allumer André.
- Speaker #1
D'accord. Il ne fallait pas allumer André. Donc, un petit gros coup de stress.
- Speaker #0
Gros coup de stress. Et ça, au tout début, en plus, quand j'ai commencé.
- Speaker #1
Donc, là, t'apprends tout de suite. La deuxième histoire encore plus folle, c'est la veille du démarrage d'un chantier de rénovation d'immeubles. Cinq appartements, je crois. Tu te pointes à 7h du matin pour valider des codes, prendre des mesures, etc. Et là, tu découvres quoi ?
- Speaker #0
Et là, inondation dans l'immeuble. Il y a un ballon d'eau chaude au dernier étage qui s'est décroché du mur. Parce qu'en fait, l'immeuble était vétuste. L'immeuble était vétuste, il n'était pas habité depuis longtemps. Et donc, la veille du démarrage du chantier, je devais aller prendre des cotes. Vraiment, le démarrage, c'était par exemple le mardi. J'y vais le lundi. Il est 7h du matin, donc il n'y avait personne dans la rue. J'arrive et en fait, je vois de l'eau sortir de la bouche d'aération du pignon. Mais pas un petit peu. Vraiment, cascade d'eau sur le pignon. Et je regarde et je dis, oh là là. Et en fait, je rentre à l'intérieur de l'immeuble et je vois, en fait, je pense qu'il y avait 15-20 cm d'eau à tous les étages. Et en fait, il y avait un commerce au rez-de-chaussée. au fait le faux plafond du commerce était tombé, donc tout par terre, de l'eau partout, enfin, catastrophique. C'est bien,
- Speaker #1
t'as commencé tout de suite avec des cas...
- Speaker #0
Ah, ouais, mais au final, si ça s'était arrivé le jour d'après, toute la responsabilité serait tombée sur moi. Mais c'est quand même fou.
- Speaker #1
Comme quoi, ça tient un peu, quoi.
- Speaker #0
Ouais, ça tient un peu, et au final, c'était pas de ma faute si le ballon il lâchait ou pas, mais ça me serait tombé dessus. Et là, vu que c'était un jour avant, j'avais pas la responsabilité.
- Speaker #1
Mais t'as mesuré la charge mentale que tu pouvais avoir. exactement c'est ça alors on a dans cette émission là parle de bâtisseurs on a pas mal d'artisans d'entrepreneurs qui nous écoutent c'est quoi le bon architecte avec qui bosser selon toi et puisque t'as pas ta langue dans ta poche et le mauvais quoi non pour moi il n'y a pas de mauvais architecte ou de bon architecte Euh...
- Speaker #0
Les architectes, chacun a son style, chacun a sa manière de travailler. On est tous différents en plus. C'est ça qui est bien et qui permet d'avoir des projets différents. Chaque architecte est différent, les agences d'architectes. Pour les entreprises, je pense que ce qui est important, c'est comme on le disait tout à l'heure, c'est d'être dans le même bateau, d'avancer ensemble, de discuter la communication et d'avoir un architecte qui comprend les choses. Moi, je sais que je suis un architecte. En général, les entreprises m'aiment bien sur le chantier. j'arrive sur le chantier je vais parler à tout le monde, les ouvriers je vais dire bonjour à tout le monde s'il y a quelque chose qu'ils n'arrivent pas à faire même moi je vais prendre l'outil devant eux et leur dire tiens tu peux faire comme ça, sur le chantier donc ça ils aiment bien et au final moi ça devient tous quasiment mes amis à la fin parce que ça se passe bien et on avance ensemble et on trouve des solutions c'est à dire quand ils m'appellent on peut pas faire ça parce que c'est pas possible j'arrive et on va les trouver comment vous vous aurez fait ? leur demande comment ils auraient fait.
- Speaker #1
Tu trouves la solution.
- Speaker #0
On trouve la solution. D'accord. J'ai une histoire, je te l'avais racontée. Je faisais un chantier de couverture à Paris, avenue de la Tour Moubourg. 200 mètres carrés, toiture en zinc. Vu tout, Réffel magnifique le chantier. Donc, on devait isoler la toiture et refaire la couverture en zinc. Je viens une semaine et en fait, je me rends compte qu'ils mettent mal l'isolant. Donc, c'est un isolant spécifique avec une méthode de peau spécifique. Ils le mettent mal sous le zinc. Donc, je les préviens, je leur dis attention, vous avez... mal mis l'isolant enlevez le petit bout que vous avez fait et pour la semaine prochaine vous refaites bien et moi j'ai vérifié la semaine prochaine la semaine prochaine j'arrive je le savais, ils ont continué et ils ont fini comme ça,
- Speaker #1
ils n'ont pas refait mais tu le savais,
- Speaker #0
c'est à dire que tu avais prévu je me doutais parce que en fait tu sais comment c'est aujourd'hui, il y a beaucoup de sous-traitants qui n'écoutent pas forcément. Toi,
- Speaker #1
tu as dit ça dans le vent.
- Speaker #0
Moi, j'ai dit ça, j'ai mis sur le compte-rendu. J'ai même mis le guide de pause sur le compte-rendu. J'étais le chercher, j'ai mis le guide de pause, j'ai dit, suivez bien le guide de pause, etc. Mais je les ai laissés faire. Une semaine à l'autre, je les ai laissés faire. Pour moi, ils allaient le faire. Et j'arrive le jour du rendez-vous, je dis, enlève la feuille de zinc là, enlève les voliges, je regarde l'isolant, et je vois que ce n'était pas fait. Donc, 200 m² de toiture en zinc, tout voligé, fini à 100%. J'ai fait tout déposer, tout reposer. Et au final, aujourd'hui, le patron, c'est mon ami.
- Speaker #1
Ah d'accord.
- Speaker #0
parce que en fait c'était pas de la mauvaise foi il faut le refaire vous l'avez mal posé je vous ai prévenu la semaine dernière j'ai écrit sur le compte j'ai tombé sur quelqu'un qui était aussi à l'écoute et qui a accepté le truc mais après c'est mais j'ai fait tout déposer ils
- Speaker #1
ont déposé 200 mètres carrés de toiture en zéro bon apparemment pas de rancune quoi non pas de rancune pas de rancune à l'étudiant aujourd'hui qui est en architecture qui veut faire architecte Tu pousserais comment ? Tu dirais quoi ? Ces jeunes qui veulent être architectes, qui veulent mettre la main dans le cambouis, sur un chantier, comment tu pourrais les motiver ?
- Speaker #0
Déjà, n'hésitez pas. En étudiant en archi, je dis, va travailler sur le chantier, il y a du boulot partout. Dans le bâtiment, c'est facile à trouver.
- Speaker #1
Tu peux commencer vraiment facilement.
- Speaker #0
Même si au début, vous ne gagnez pas beaucoup, l'expérience que vous allez gagner, elle est folle. Moi, aujourd'hui, même si je n'étais pas payé, je recommencerais. Parce que l'expérience que j'ai eue et tout ce que ça m'a apporté pour avoir mon réseau, pour suivre les chantiers comme je les suis, savoir, tu vois, j'ai tout fait ici. Tout ça, je leur dis, mais en fait, il faut foncer, il ne faut même pas hésiter.
- Speaker #1
Donc, c'est un message vraiment encourageant. C'est le but, comme tu le sais ici, c'est d'encourager vraiment. Mais vraiment, il y a du boulot. C'est passionnant, c'est innovant et c'est sans fin.
- Speaker #0
Et c'est sans fin. Vous pouvez tout faire.
- Speaker #1
et c'est ça qui est bien aussi on pense que c'est monotâche mais non en fait si on est curieux on apprend de tout on apprend tous les jours et on est toujours dans le voyage on a commencé en Amérique du
- Speaker #0
Sud c'est quoi les prochaines destinations d'Adrien c'est quoi tes projets que tu peux révéler j'ai des projets je voyage pas mal j'essaye de beaucoup voyager prendre les cultures sur... m'inspirer un peu de partout, faire du réseau, etc. Et non, pourquoi pas, après, dans le futur, ouvrir une agence à l'étranger, c'est quelque chose que j'aimerais. Quelque chose que j'aimerais bien. Travailler à l'étranger et pouvoir développer une agence sociale.
- Speaker #1
Ou repartir à l'étranger.
- Speaker #0
Ou ouvrir une antenne.
- Speaker #1
T'as une destination ? Portugal ?
- Speaker #0
Non, plus Outre-Atlantique.
- Speaker #1
Outre-Atlantique, d'accord. Donc ça, c'est le projet que t'as en tête.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Adrien, une question pour les jeunes, justement. qui hésitent à se lancer, à entreprendre, tu leur passes quoi comme message d'encouragement ?
- Speaker #0
Pour tous les jeunes, je leur dis de se lancer et de ne pas hésiter. Parce qu'en fait, plus on réfléchit, moi je l'ai vu dans tout ce que j'ai lancé, je n'ai pas réfléchi, j'ai foncé. Pas tête baissée, j'ai quand même un petit peu réfléchi forcément, mais j'ai foncé et c'est sur le tas qu'on apprend. En fait, on a beau prévoir tous les plans et tout vouloir prévoir, au final, ça ne se passe jamais comme on l'a prévu. Et donc, en fait, il faut se lancer. Et c'est là que ça va marcher. On va se rediriger. Donc, non, c'est se lancer. De toute façon, il n'y a rien à perdre. La vie, elle est tellement courte que...
- Speaker #1
C'est clair. Je suis d'accord. Et puis, également, si jamais on doit passer une session de rattrapage, il faut le faire. Oui,
- Speaker #0
s'il y a une session de rattrapage, il faut y aller. Ça, c'est obligatoire. Super.
- Speaker #1
Ok. Super, Adrien, je te remercie. Merci beaucoup. Écoute, vraiment, on pourrait ne pas s'arrêter, parce que tu as plein de projets. En tout cas, tu es quelqu'un sincèrement de vraiment aspirant. J'espère que ce voyage avec Adrien vous a plu. En tout cas, il nous a fait bien voyager, puis il nous a donné la conviction que le secteur du bâtiment est un secteur passionnant, où l'aventure peut être grande. Voilà, donc encore un grand merci à ceux qui nous suivent, aux 3 millions de... Deux personnes qui ont vu nos épisodes et qui vont continuer à les regarder. Je vous propose de nous retrouver une prochaine fois et de continuer à vous abonner. Merci.