- Speaker #0
Je ne m'endors jamais, je ne me réveille jamais lorsque je pense à nos techniciens, à nos ouvriers, nos personnels qui sont sur le terrain ou sur la route. On est obsédé par alimenter la machine, donner du travail à nos salariés pour que nos salariés puissent nourrir leur famille. 6 millions et demi de mètres carrés vides de bureaux, ça veut dire que ça bloque complètement toute une industrie.
- Speaker #1
Bienvenue dans ce nouvel épisode Parole de bâtisseur. Pour tenir 42 km, il faut deux choses, un mental d'acier et une capacité à voir très loin devant soi, même quand les muscles brûlent. Mon invité aujourd'hui connaît bien cette sensation. C'est un marathonien, mais son terrain de course à lui, ce n'est pas seulement le bitume, c'est le monde complexe, brut et passionnant du bâtiment. Il dirige un paquebot centenaire qui ne s'arrête jamais. Un géant de 1200 collaborateurs, dont 800 ouvriers sur le terrain, pour une croissance qui demande une endurance hors du commun. Il est le président du groupe ERI. J'accueille avec plaisir François Loutelier. Mais attention, on ne parle pas d'une simple entreprise de BTP. On parle d'une machine de guerre qui pèse plus de 210 millions d'euros de chiffre d'affaires. Une institution de 100 ans qui a su séduire les plus grands. Regardez sa liste de clients. Elle ne ferait pas lire n'importe quel concurrent. La RATP, la SNCF, la Sorbonne, la mairie de Paris, la... La Poste, France Télévisions et même le ministère des Armées. Et quand il s'agit d'excellence et de luxe, c'est vers eux que Dior se tourne. Et la liste est encore longue. Son groupe façonne la ville de demain avec une seule obsession, l'humain et l'innovation. Avant de recevoir François, continuez à vous abonner sur YouTube et les plateformes podcast comme Deezer ou Apple Podcast. On va rejoindre François, c'est parti. François, merci d'être avec nous. Je sais que votre temps est... précieux. Merci d'être avec Parole de bâtisseur. Soyez le bienvenu dans ce studio. Une première question un petit peu déconnectée du bâtiment, mais j'ai lu ça, j'ai entendu dire que vous faites 3h42. Est-ce que ça vous dit quelque chose au niveau du marathon de Paris ?
- Speaker #0
Ça commence fort. Ça me disait quelque chose il y a quelques années et puis j'ai perdu quelques minutes l'année après année.
- Speaker #1
Donc ce n'est pas quelques heures.
- Speaker #0
Mais effectivement, c'est mon record au marathon de Paris.
- Speaker #1
que vous avez fait il n'y a pas longtemps.
- Speaker #0
Il y a quelques années. Il y a quelques années. Que je fais chaque année depuis.
- Speaker #1
Ah voilà, vous faites ça chaque année. Non, j'ai lu ça parce qu'on va commencer par une question comme ça. Être un patron, et pas qu'un patron, être patron et sportif, c'est important. Vous faites attention à cette hygiène de vie. Vous essayez.
- Speaker #0
Déjà, être patron, c'est sportif en tant que tel. C'est un sport respectable. Un sport de combat. C'est pas facile. un sport de combat et puis je pense que le sport nous permet de nous vider la tête et puis d'être sur d'autres sujets de se régénérer de reprendre des forces en tout cas merci d'être là encore
- Speaker #1
François vous avez racheté l'entreprise il y a 8 ans à peu près il y a bientôt 8 ans est-ce que vous pouvez nous dire déjà cette aventure là comment c'est passé D'où vous venez et comment vous êtes arrivé à racheter cette entreprise qui est juste centenaire ?
- Speaker #0
Juste centenaire, oui, effectivement. La société ERI, qui est la brique d'origine du groupe ERI, qui est un petit groupe, une entreprise de taille intermédiaire. En fait, je ne l'ai pas rachetée tout seul, d'abord parce qu'elle était trop grosse et je n'étais pas assez riche, mais aussi parce qu'il y a plein de talents autour de moi et je les souhaite de plus en plus nombreux pour être autour de moi au capital. de cette société. On partage le capital avec un investisseur financier qui a mis beaucoup d'argent pour soutenir notre projet. Et en fait, j'ai envie de répondre à votre question en vous disant que c'est un énorme regret de ne pas l'avoir fait avant. J'ai beaucoup, beaucoup travaillé dans des grands, des très grands groupes nationaux, internationaux. Quels sont les groupes ? Toutes sortes de majors, on dit ça comme ça dans notre jargon. J'ai démarré chez Bouygues Construction et puis après j'ai travaillé une petite dizaine d'années chez Cégélec et puis j'ai dirigé en France et en international des pays ou des zones du groupe Schindler Ascenseur, donc des grands et des très grands groupes. Et puis, le temps passant et finalement l'apprentissage dans cette très très belle maison avançant, j'ai laissé un peu filer le temps. Je me suis sans doute un peu éloigné de mes premières amours et de mes valeurs, notamment mes valeurs familiales qui sont des valeurs de terrain, d'authenticité, de proximité avec le monde des ouvriers. je me suis laissé piéger et je regrette de ne pas avoir basculé dans des plus petites entreprises plus tôt. Mais je l'ai fait quand même, un peu sur un effet d'opportunité, en me disant « Allez, j'y vais, c'est maintenant ou jamais » . Et j'ai eu cette occasion, un chasseur de têtes qui voulait staffer la tête du groupe ERI. Et c'est sur moi qu'il a jubelé son dévolu. Et j'ai un peu signé en aveugle. sur un coup de cœur et je regrette rien.
- Speaker #1
On est venu vous chercher.
- Speaker #0
Un chasseur de tête a trouvé mon numéro de téléphone et donc on est venu me chercher.
- Speaker #1
On est venu vous chercher. Il a bien fait.
- Speaker #0
Il faut le demander à nos clients, à nos salariés. En tout cas, moi, je trouve qu'il a bien fait.
- Speaker #1
Alors, question un petit peu, pas provoque, mais vous êtes président d'une ETI qui compte 1200 collaborateurs, c'est ça ? Dont 800 ouvriers qui sont sur des chantiers. Je crois que vous avez... à peu près 5000 chantiers, c'est ça ? J'ai bien lu et bien retenu surtout. Quand le matin vous vous réveillez, est-ce que vous pensez d'abord à votre chiffre d'affaires ou justement à cette responsabilité que vous avez en tant que patron par rapport à ces 1200 familles ? Ou les deux ? Qu'est-ce qui pèse le plus ?
- Speaker #0
C'est une question qui me touche particulièrement. Et en fait, je vais décaler ma réponse. En fait, je ne m'endors jamais, je ne me réveille jamais lorsque je pense à nos techniciens, à nos ouvriers, nos personnels qui sont sur le terrain ou sur la route. Parce qu'on fait beaucoup, beaucoup, vous disiez, 5000 chantiers. En fait, c'est beaucoup plus. C'est des dizaines de milliers de petites interventions jour et nuit. Beaucoup de nuits. Et en fait... C'est une population dont la responsabilité m'oblige. Et je pense d'abord et avant tout à leur sécurité. La sécurité dans une boîte qui travaille 24-24, un peu partout en France, en fait, c'est un non-stop. Donc je ne m'endors jamais et je ne me réveille jamais en me disant qu'est-ce que je vais faire ce matin pour elles et pour eux. Parce que la sécurité, c'est tout le temps, et c'est assez obsessionnel pour moi, de m'assurer qu'on protège nos salariés. On n'est pas au zéro accident, ni sur la route, ni sur les chantiers, mais c'est de mieux en mieux. Et c'est vraiment une grande fierté pour moi d'avoir fait progresser de façon quantique cette société ces huit dernières années, qui était un peu à côté de la plaque en la matière, mais il reste immensément à faire. Chaque accident est pour moi un drame. Je ne m'endors pas sur un accident. Je ne me réveille pas sur un accident. Après, plus directement, tout particulièrement en ce moment où on traverse sur pas mal des segments d'activité sur lesquels le groupe ERI opère, on traverse une crise avec des marchés qui sont en récession. On est obsédé, mon équipe et moi-même. Donc avec tous les managers de l'équipe et tous les commerciaux et les développeurs, j'en suis le premier. On est obsédé par alimenter la machine et donner du travail à nos salariés pour que nos salariés puissent nourrir leur famille. C'est vraiment d'abord et avant tout le chiffre d'affaires pour faire tourner la machine et attendre des jours meilleurs. Parce que ce n'est pas la fête au village en ce moment.
- Speaker #1
Vous confirmez, c'est dur.
- Speaker #0
C'est à la fois dur et pas dur. Il y a des segments qui sont en très forte récession. Il y a une notoriété publique de partager avec vous que les bureaux en Ile-de-France sont un segment de marché qui n'a jamais été aussi bas depuis l'après-guerre, depuis la sortie de la Seconde Guerre mondiale. On n'a jamais connu pire. Moi, en 35 ans, je n'ai jamais connu ça. Et on ne voit pas le bout du tunnel. 6,5 millions de mètres carrés vides de bureaux, ça veut dire que ça bloque complètement toute une industrie. Donc, c'est des segments qui sont catastrophiquement en récession. Il n'y a pas rien, mais il y a beaucoup moins qu'il y a 5 ans. On pourrait parler aussi, même si nous, on travaille... de la rénovation, de la transformation, de l'entretien, de la maintenance, et pas sur de la construction. Mais les concurrents qui travaillent sur de la construction neuve de logements, en France c'est pareil, c'est une industrie qui est complètement bloquée. J'espère que ça va s'améliorer à court terme, mais ce n'est pas le cas au moment où je vous parle. Donc sur ces segments-là, c'est très dur. Et puis c'est des segments qui cohabitent avec des segments qui sont en croissance. ou en hypercroissance, c'est ce qui fait un peu le charme du groupe ERI, avec des activités comme la sûreté, la sécurité, la rénovation énergétique, la transformation, les conversions des bureaux en foyers, en logements. Ça, c'est des activités qui restent en croissance, un petit peu moins toniques qu'avant la dissolution de l'Assemblée nationale, il y a quelques trimestres. Mais ça reste des porteurs et donc ça nous permet de tenir le choc, de ne pas être en trop forte récession au global. C'est vrai qu'en ce moment c'est dur et du coup la préoccupation principale c'est de trouver de la charge de travail pour nos capacités et ne jamais aller jusqu'à engager des plans sociaux, ce que je n'ai jamais fait dans le groupe ERI. C'est assez obsessionnel pour moi de ne pas faire de licenciement collectif. C'est un peu ma façon de faire du business.
- Speaker #1
Je vous posais cette question-là, c'était pour montrer justement à ceux qui nous écoutent, qui nous voient qu'on est patron d'une grosse boîte, de 1 200 salariés, mais que cette charge mentale compte et pèse sur vous. C'était plus dans cette démonstration-là et ça se voit. Et puis je sais de ce que j'ai lu, c'est que vous avez une politique managériale qui est très proche des collaborateurs. C'est pour ça que je vous ai posé cette question.
- Speaker #0
Effectivement, je dis « je » , mais c'est nous, et notamment toute l'équipe qui m'entoure et qui est très puissante, sans laquelle je ne pourrais absolument rien faire. La période où même une entreprise de taille intermédiaire pouvait être managée par une seule personne, de façon autocratique, je pense qu'elle est révolue. Je pense que ça ne marche plus, et d'ailleurs ça ne convient plus tout particulièrement aux nouvelles générations. de salariés. Et puis moi, je ne sais pas le faire. Et je n'ai pas du tout envie de ça. Je pense que quand on a l'honneur de faire la direction d'une boîte qui a 100 ans, on l'a trouvée dans un certain état. Il faut absolument qu'on la laisse dans un état meilleur à nos successeurs. On reste de passage. Je déteste le principe de créer de la dépendance, même si ça flatte mon égo. Quand je débranche mon égo, ma tête sait qu'il faut absolument détruire toute dépendance du collectif à l'individu, quel qu'il soit moi en ce moment, mais j'aurai des successeurs. La deuxième chose, c'est que j'ai une conviction profonde, c'est que dans les métiers de service, de travaux, c'est très caractéristique du BTP, qui est ma passion de toujours. Ce sont d'abord les personnes, on dit le capital humain, qui fabriquent. La richesse, la satisfaction des clients, la pérennité de nos entreprises et de notre emploi. Et quand on zoome sur comment ça se produit cette satisfaction, je pense qu'il faut qu'on soit au service des compagnons, des techniciens, de l'encadrement de chantier, tous les autres, à leur service, parce que c'est ça le front office qui fabrique la valeur. Et c'est là que ça se passe. Et donc, c'est vrai que le coup de cœur que j'ai eu pour ce groupe Eric, qui m'anime encore, c'est un coup de cœur parce que c'est une boîte qui est très orientée métier, qui considère que le métier, c'est la valeur.
- Speaker #1
Vous avez quoi comme métier en entreprise ?
- Speaker #0
On a des dizaines de métiers. On travaille dans le bâtiment et les infrastructures, tout type de bâtiment, tout type d'infrastructures, de transport, d'énergie. portuaires, aéroportuaires, beaucoup de transports ferroviaires. Donc, on est très large de bande et tout ça de façon cohérente au service plutôt du public et du parapublic. C'est une boîte qui est très orientée service à la collectivité, directement ou indirectement. Et donc, pour bien servir nos clients qui sont en charge de bâtiments et d'infrastructures. qui in fine loge, transporte, organise les loisirs, ou assure la santé du citoyen, du contribuable, il faut manipuler beaucoup de métiers, tous les métiers du bâtiment, que ce soit des corps d'état techniques. L'électricité, la clim, la ventilation, le chauffage, la plomberie, des corps d'état de seconde œuvre, la métallerie, la serrurerie, la peinture, les cloisons, les faux planchers, les faux plafonds.
- Speaker #1
Beaucoup de métiers.
- Speaker #0
Beaucoup de métiers, de la structure de spécialité, on travaille le bois, on répare, on rénove le bois.
- Speaker #1
De la serrurerie.
- Speaker #0
Beaucoup de métallerie, de serrurerie.
- Speaker #1
J'ai cru voir que vous avez travaillé à la mairie de Paris.
- Speaker #0
La ville de Paris est un de nos grands clients historiques.
- Speaker #1
Vous avez refait les serrures ?
- Speaker #0
On refait des portails, on refait des monuments historiques.
- Speaker #1
Vous n'avez pas acquis en fait,
- Speaker #0
c'est ça ? Je pense qu'on restera là à la prochaine mandature. En tout cas, nos marchés le permettent. C'est des marchés publics pluriannuels.
- Speaker #1
J'ai vu aussi qu'en 2023, il y a quelques années, vous avez affirmé de doubler votre chiffre d'affaires. Je ne sais pas si j'y ai rêvé ou pas. Est-ce que, grâce à de la croissance externe, c'est une stratégie que vous avez ? D'abord, est-ce que vous êtes sur la bonne voie ? Et est-ce que vous rachetez assez fréquemment des entreprises pour faire grandir vos compétences et répondre à votre clientèle ?
- Speaker #0
Effectivement, notre projet, vous le rappelez à l'instant, c'est un projet de développement. C'est-à-dire, quand on rentre dans cette boîte... On sent un peu ce qui rend les gens fiers. Il y a trois choses, je pense. Et pour moi, c'est la même chose au bout du bout. Il y a d'abord la fierté du travail bien fait. C'est le métier, les métiers. Les métiers des compagnons, des agents, des applicateurs, des ouvriers, des techniciens. Ça, c'est très prégnant chez nous. Quand vous parlez à mes collègues, ils sont d'abord et avant tout attachés. à la qualité de leur travail. Et on touche leur travail. Il y a une très grande fierté. Très grande fierté tactile. Le métier de l'ouvrier, du compagnon, au sens le plus noble possible. Ça, ça me plaît beaucoup et c'est très prégnant dans notre boîte. Ce qui n'est pas une évidence. Toutes les boîtes de BTP ne sont pas aussi attachées à la qualité du geste du compagnon et du technicien. La deuxième chose, c'est une passion pour la croissance. cette volonté de se développer, d'aller proposer à d'autres territoires nos métiers des territoires existants. Pour nous, l'Île-de-France, le Grand Ouest, pour nos activités de proximité et l'ensemble du territoire national pour nos activités de spécialité. Ça, c'est un moteur aussi, de la fierté d'engagement, se développer sur des nouveaux types de clients, sur des nouveaux métiers et sur des... et sur des nouveaux territoires. Et puis la troisième chose, c'est mourir pour le client. Et finalement, je ne suis pas vraiment le patron de cette boîte. Nos compagnons, nos salariés sont beaucoup plus attachés à garder pour la vie leurs clients. Je pense qu'on pleurera moins le départ de François Loutelier, qu'on pleurera la fin d'un contrat à la ville de Paris, par exemple, qui serait vraiment... Un crève-cœur. Il y a ce grand attachement à...
- Speaker #1
C'est un client historique ?
- Speaker #0
C'est un des clients historiques. Au gré des années, des décennies, on y pratique différents métiers, différents services, différents travaux. Et dans ce contexte, j'ai oublié votre question.
- Speaker #1
C'était de savoir si jamais au niveau de la croissance externe, si jamais vous avez une... Une politique de croissance externe, est-ce que vous pouvez racheter des entreprises régulièrement ?
- Speaker #0
Dans ce contexte, le projet que j'ai repris et que j'ai un peu dopé, un peu refondu, mis à ma main, c'est un projet de croissance au service du client avec une passion pour le métier. Et il m'a semblé nécessaire de permettre à la boîte Merci. de continuer à doubler de taille tous les 5 ans. Et ça, tout particulièrement en ce moment, ça ne se fait pas seulement en croissance organique. En tout cas, nous, on ne sait pas le faire. Doubler de taille tous les 5 ans seulement en croissance organique, ça ne marche pas.
- Speaker #1
Quand vous êtes arrivé il y a 8 ans, il y avait combien de collaborateurs ?
- Speaker #0
Il y avait 750-800 salariés.
- Speaker #1
D'accord. Donc déjà,
- Speaker #0
vous avez très grand du monde. On n'a pas doublé tous les 5 ans. Non. même si on a complété avec des acquisitions, 6 acquisitions en 8 ans, on n'a pas réussi à doubler de taille. Et tout particulièrement parce que ce que j'avais imaginé comme taux de croissance des marchés sur lesquels on opère... On en parlait il y a quelques minutes, c'est fortement affaissé ces deux dernières années, deux dernières années et demie. Mais le projet reste le même, soit parce qu'on va plus vite avec de la croissance externe, soit parce qu'on vient compléter notre puzzle de métiers, de savoir-faire, et on peut offrir à nos clients ce dont ils ont besoin demain après-midi ou après-demain. parce que le monde change profondément. La demande du client est en profonde mutation et ça va beaucoup plus vite que ce qu'on aurait pu imaginer, on va dire, avant le Covid. Il y a une accélération des recrutements. Il y a un avant et un après. Ça, c'est clair. Dans tous les registres.
- Speaker #1
On en a parlé juste avant d'enregistrer sur le recrutement, qui est un vrai sujet. Pareil, je vous ai beaucoup lu en 2024. Je crois que j'ai vu que l'entreprise recrutait 200 personnes par an. C'est un rythme colossal. Comment ça se passe le recrutement et quel type de profil vous recherchez ? Je dis ça parce qu'il y a des gens qui nous écoutent, et j'espère qu'il y a des gens qui nous écoutent. Voilà, peut-être que ça peut les intéresser. Donc, le profil et quels sont les vrais problèmes que vous rencontrez au niveau du recrutement ?
- Speaker #0
Alors on cherche dans tous les compartiments de notre organisation et sur trois postes à pourvoir, il y en a deux sur le terrain et un dans les bureaux. Que ce soit du management ou des fonctions support, de l'expertise.
- Speaker #1
Ce qui est proportionnel à votre masseur. Exactement,
- Speaker #0
1200 salariés, 800 ouvriers et 400 cols blancs. Et on maintient ce taux, il est très important pour nous. parce que c'est notre raison d'être, parce que c'est vraiment volontaire, c'est extrêmement souhaité et piloté. Et que ce soit sur le terrain où on cherche dans tous les métiers, ou que ce soit dans les bureaux, dans les fonctions support, dans les fonctions managériales, y compris managériales des opérations, on est en recherche permanente. Pour deux raisons. D'abord parce qu'on a un turnover et on parlait à l'instant du Covid. Depuis le Covid, notre turnover s'est fortement accru et un turnover plutôt subi. D'accord. Je pense qu'il y a une mutation assez irréversible. J'y croyais pas, mais aujourd'hui, je pense que je m'étais trompé. Je pensais qu'après le Covid, on reviendrait au monde d'avant. Et on ne revient pas au monde d'avant. Je pense que la relation au travail des nouvelles générations, c'est une évidence, mais pas que. Post-Covid, elle est complètement reconfigurée. Et du coup, on a des gens qui veulent changer de vie, veulent partir à l'autre bout de la France, veulent entreprendre, veulent switcher sur un autre projet, peut-être avec plus de sens. que ce qu'on peut leur offrir à l'instant T. C'est aussi des gens qui peuvent tout à fait revenir. Il y a une augmentation des turnovers de nos boîtes et le groupe ERI ne déroge pas à la règle. Ça veut dire qu'on recrute plus, ne serait-ce que pour maintenir nos effectifs avec des départs qu'on subit. Il y a un vieillissement de nos pyramides des âges. Le groupe ERI a une pyramide plutôt plus jeune que la moyenne du secteur, 44 ou 45 ans. Mais ça vieillit quand même. On a du mal à être attractif. Ça vieillit. Moi y compris. Et donc, il faut assurer la relève. Et puis, il y a des métiers en hypertension pour lesquels... Le pays ne fabrique pas assez de candidats. Des métiers de technicien, des métiers de maintenance, des métiers d'expertise en sûreté, en sécurité, des métiers d'ingénieur en bureau d'études sur des nouvelles technologies d'études. Il n'y en a pas assez. Le pays n'en fabrique pas assez. En tout cas, les talents qui sont fabriqués... par la société, par les écoles, par les territoires ne viennent pas assez dans nos industries. Je crois que c'est un combat qu'on partage, que de rendre plus attractive notre filière parce que c'est trop dommage. Et je ne vois pas pourquoi les coups de cœur qu'on a, nous, on ne les partagera pas avec plus de talent. Il y a beaucoup, beaucoup de chouettes choses à faire dans la filière.
- Speaker #1
Donc la bonne nouvelle, c'est que vous recrutez pour 2026.
- Speaker #0
On continue à recruter pour 2026. Je voudrais recruter plus si j'avais plus de chiffre d'affaires, mais on continue à recruter. C'est indispensable.
- Speaker #1
D'accord. Est-ce que vous utilisez les réseaux sociaux justement pour recruter ? Est-ce que c'est un canal pour capter justement des jeunes candidats ? Est-ce que c'est quelque chose que vous faites ou pas ?
- Speaker #0
On utilise les réseaux sociaux en multimédia, multisupports. avec un succès que je trouve mitigé aujourd'hui, sans doute parce qu'on ne s'y prend pas bien. Je pense qu'il faut trouver le bon support, avec les bons messages pour les bonnes populations. Je pense qu'on n'a pas encore trouvé les clés de cette alchimie, quand on recrute un président. On ne va sans doute pas travailler sur les mêmes réseaux sociaux que lorsqu'on recrute un conducteur de travaux pour aller faire le développement d'un système de climatisation ou de ventilation pour une gare du Grand Paris. où lorsqu'on recrute un contrôleur de gestion, on n'aura sans doute pas les mêmes besoins de contenu et de contenant que lorsqu'on recrute un chargé d'affaires. ou à un directeur ou une directrice d'agence. Donc, je pense que notre vieille maison, déjà, c'est bien. Elle sait écrire réseaux sociaux sans faute d'orthographe. Plus facile avec l'IA et avec GGBT. Mais le monde va vite. Et c'est vrai que quand je nous compare à des homologues qui ont développé des boîtes en créant ou en partant... de noyaux durs beaucoup plus petits et en accélérant leur développement, on n'a pas tout à fait les mêmes agendas que lorsqu'on reprend une boîte magnifique, éternelle, d'une résilience incroyable qu'à 100 ans et qu'il faut projeter sur les 100 ans qui viennent. Ce ne sont pas les mêmes réflexes managéreux, ce ne sont pas les mêmes besoins, ce ne sont pas les mêmes équipes, ce ne sont pas les mêmes agendas. Et c'est vrai que pour nous, la digitalisation... l'injection de l'intelligence artificielle, la connexion sur le monde extérieur. Ça a été un effort. Et je pense qu'on s'en sort pas trop mal, mais on peut encore vachement progresser.
- Speaker #1
Vous-même, au niveau de l'IA, c'est quelque chose que vous allez utiliser, que vous allez utiliser dans le quotidien, c'est quelque chose que vous pratiquez ?
- Speaker #0
De façon incroyablement étonnante. Alors moi, à titre personnel, oui. Les quelques outils qui sont soutenus par l'intelligence artificielle sur de la bureautique, sur de l'assistance à de la gestion de réunions, de rendez-vous. Mais mes équipes, c'est incroyable la vitesse avec laquelle elles s'approprient. Et pas seulement les nouvelles générations, ça c'est assez intéressant. La vitesse avec laquelle on s'approprie les outils. J'étais en réunion ce matin et on faisait un point sur un projet de déploiement d'une brique supplémentaire de notre système de gestion. en connexion au client. Et notre direction des services informatiques m'a annoncé qu'elle avait développé cette brique-là sur base d'intelligence artificielle. Donc c'est l'intelligence artificielle qui avait soutenu, assisté nos informaticiens pour le développement de cette brique logicielle. Ce qui est assez puissant. Deuxième exemple, je pense qu'on doit être une des rares boîtes du BTP à avoir ça à la maison. Aujourd'hui, toutes les demandes... que nous les utilisatrices et les utilisateurs en bureautique, en informatique, où qu'on soit, quel cœur de la journée ou de la nuit qu'il soit, qu'on a à émettre pour se faire aider quand on est bloqué, quand on a un système en vrac, quand ça ne marche pas. Aujourd'hui, on s'adresse à un chatbot qui s'appelle Supportman et qui est un produit interne qui a été développé et qui travaille avec une intelligence artificielle. d'une puissance incroyable et qui permet de délester l'humain de la partie laborieuse de son job pour le concentrer en ultime recours sur de l'hyper expertise, des projets, du développement. Et ça, c'est assez fascinant. Donc, on l'utilise. sans faire n'importe quoi, et en se souvenant qu'il y a des métiers qui restent des métiers ne pouvant être qu'humains. Et c'est ça, ma passion. Et en particulier quand on travaille sur des actifs de nos clients, des bâtiments, des infrastructures existants, qu'on les transforme, qu'on les rénove, qu'on les maintient, qu'on les entretient, qu'on les sécurise, qu'on les rallonge, qu'on les rehausse. dont on change les usages. En fait, j'ai la conviction que l'humain va rester central dans la proposition de valeur sur le terrain. Parce qu'en fait, seul l'humain restera capable de gérer l'aléa. Alors même si les aléas d'aujourd'hui ne sont pas tout à fait les mêmes aléas que ceux que j'ai traités quand j'étais conducteur de travaux, pour un jeune conducteur de travaux qui démarre 30 ans plus tard que moi. Mais le conducteur de travaux, la conductrice de travaux, reste la pièce maîtresse pour gérer l'aléa qui fait partie de ce monde de la rénovation, de la maintenance. L'usiaire ne peut pas être pour remplacer. Non, et ça, c'est central pour nous.
- Speaker #1
Alors, une question, en tout cas, je me pose, c'est comment on fait pour diriger autant de personnes, 1 200 personnes, 800 personnes sur le terrain, c'est ça ? Est-ce que vous êtes un patron, je vous appelle comme ça, mais qui est vraiment sur le terrain ? Est-ce que vous allez sur des chantiers ? Est-ce que vous pouvez me parler de votre politique managériale, votre engagement RSE ? Ça fait beaucoup de questions. Mais est-ce qu'on peut faire un zoom là-dessus ? Comment vous faites pour être un patron de terrain, proche de ses collaborateurs ? Quels sont les secrets que vous avez ? Euh...
- Speaker #0
Je ne sais pas si j'ai des secrets. D'abord, les échecs nombreux de mes 30 ans de carrière que j'ai derrière moi m'ont rendu humble. Même si c'est dur d'être humble, je pense que l'humilité, c'est un prérequis pour faire le moins de bêtises possible. Et Dieu sait pourtant si je continue à en faire. Donc déjà, ce schéma mental qui doit nous installer dans l'humilité, et diriger ou animer ou conduire, ça ne veut pas dire tout savoir. L'humilité prévaut pour éviter d'aller se mêler de choses pour lesquelles on n'est pas pertinente ou pertinent.
- Speaker #1
Complètement, ça se mêle.
- Speaker #0
Et du coup, le corollaire, c'est d'aller autant que possible voir où ça se passe. Donc, je passe beaucoup de temps sur le terrain pour comprendre, pour discuter avec les gens. Peut-être aussi pour dédiaboliser le personnage du patron, pour reprendre vos termes, et essayer d'être connecté à la vraie vie et de ne pas regarder l'entreprise. à travers, même si on n'est pas une très grande boîte, à travers 5 ou 6 étages d'organigramme. Donc c'est avoir l'humilité d'aller voir sur le terrain, sur le terrain c'est sur les chantiers, dans les camionnettes, sur les voies ferrées et chez les clients.
- Speaker #1
Vous êtes sur le terrain ? Sur le terrain. Oui, très bien.
- Speaker #0
Et d'ailleurs je ne pourrais pas vivre sans ça, je m'ennuierais et je n'oserais plus ouvrir la bouche. parce que je parlerais, surtout dans un monde qui change vachement vite, je parlerais sans savoir, encore plus sans savoir. La deuxième chose, c'est que savoir s'entourer, mais ça c'est une lapalisade, on trouve ça dans... J'imagine que tout le monde vous répond la même chose, savoir s'entourer, et j'aime bien l'idée de toujours... choisir des collègues qui sont plus forts que nous. Et quand on se force, même quand ça pique et qu'on n'aime pas se le dire à soi-même, mais quand on reconnaît en humilité qu'on est vraiment mauvais dans tel, tel, tel, tel compartiment, moi j'en ai plein, alors on va chercher des partenaires qui sont beaucoup plus forts que nous. Il y a des partenaires qui... sont facilement plus forts que moi parce que c'est des disciplines qui ne sont pas les miennes. Moi, je viens du terrain, je suis ingénieur, donc je viens plutôt du monde du management, de la technique, des opérations. Et donc, quand je recrute une directrice financière, c'est assez facile pour elle de prouver sa supériorité. Mais ce n'est pas que... Dans la technique financière que j'attends d'elle, c'est une dame, qu'elle soit plus forte que moi, c'est aussi plus forte que moi dans la capacité d'écoute, dans le savoir-être, dans le traitement de certaines situations. Et on essaie de s'appliquer ça à nous-mêmes et tout particulièrement dans l'équipe de tête de l'entreprise. Ça, ça marche pas mal. C'est dur à accepter. On l'accepte plus en vieillissant. mais ça rend vachement puissant c'est la sagesse quoi la sagesse,
- Speaker #1
les échecs au niveau des échecs vous avez un échec que vous voulez partager qui vous a permis d'apprendre parce qu'en fait je trouve personnellement qu'on apprend beaucoup plus de nos échecs que de nos réussites si on en tient une leçon est-ce que vous avez un échec qui vous a marqué, qui vous a permis d'avancer,
- Speaker #0
d'évoluer j'en ai plein des échecs pour moi c'est des échecs personnel, pour le coup, là, je le prends à la première personne du singulier, je le prends pour moi, tous les accidents graves, voire mortels, alors, j'ai pas eu à traiter des accidents mortels dans le groupe ERI, mais j'ai eu à le faire, malheureusement, dans d'autres entreprises. Pour moi, ce sont des drames et c'est des échecs dont j'ai du mal à me remettre. Ça fait écho à ce que on partageait en introduction. Quand on allait annoncer à une épouse ou à un époux qu'ils sont désormais veufs ou veuves, c'est quelque chose que je ne souhaite à personne. Déjà, ça, c'est des échecs et je les compte au pluriel. Tout accident, notamment grave, avec des blessures, avec des familles qui sont endeuillées, c'est compliqué pour moi. Après, j'ai plein d'échecs dans le registre du savoir-être. Vous en parliez à l'instant. Je suis un animal à son chaud, plutôt latin, très rouge, très jaune, dans les couleurs du disque. Et donc, je pars très vite dans les tours. Et il y a des moments où il faut savoir verrer les silences. On entend, vous restez plus en train de l'écouter. On n'en est qu'au tout début. Bientôt la fin. Et donc ça, c'est intéressant. Et ce n'est pas vraiment le boulot, c'est la vie en général, le savoir-être. Et s'occuper d'une boîte, ça nécessite, surtout quand on n'est pas dans le métier. Moi, je suis col blanc, donc je ne fabrique pas. Contrairement à mes collègues ouvriers ou techniciens, ça nécessite d'abord et avant tout une très bonne maîtrise du savoir-être. Et donc, j'ai des échecs de plantage, de gestion de situation particulière. Quelquefois, ce n'est pas grave. Quelquefois, ça peut être embêtant. Après, j'ai fait des conneries. J'ai racheté des boîtes en faisant confiance à des gens qui m'ont trahi. Et donc, j'ai fait dépenser à nous, les actionnaires de notre boîte, beaucoup d'argent pour racheter des boîtes qui étaient des boîtes... qui se sont très vite vidées et qui nous créent des soucis, plus de soucis que de solutions. Donc là, on disait tout à l'heure, double état avec 50, croissance organique, 50, croissance externe. C'est dur de faire de la bonne croissance externe sans jamais se tromper. Alors je me suis peu trompé.
- Speaker #1
Comment vous sourcez les entreprises à reprendre ?
- Speaker #0
Alors d'abord, on a des techniques d'audit qui passent par des phases. de qualification, de préqualification, de bonobo. C'est un vrai métier, c'est très technique. On fait ça seul et accompagné. Et puis après, à la fin, c'est comme prendre une affaire chez un client. Il y a le feeling. Il y a la confiance, il y a le regard, les yeux dans les yeux. Et puis, quelquefois, on donne notre confiance à raison, quelquefois à tort. Quand on est trahi, ça... Ça peut faire mal à l'entreprise, ça peut détruire de la valeur. On apprend toujours.
- Speaker #1
Très bien. Est-ce que finalement, votre plus grande fierté, c'est... Vous avez des clients qui sont prestigieux. J'ai la liste tout à l'heure dans la présentation. Mais est-ce que ce n'est pas d'être en fait un vrai... Ou dans votre boîte, il y a de l'ascenseur social. Est-ce qu'aujourd'hui... Quand on rentre chez vous en tant qu'ouvrier, est-ce qu'on peut gravir les échelons, augmenter, avoir une promotion ? Est-ce que ça existe dans votre entreprise là ? Est-ce que c'est pour vous une vraie fierté si jamais c'est le cas ?
- Speaker #0
D'abord, tout est possible dans le groupe ERI, mais j'ai envie de vous dire que tout est possible dans le BTP. Vous trouverez certains concurrents du groupe ERI chez qui ça sonne plus ou moins juste, mais c'est quand même une des grandes particularités, une des fiertés de nous qui animons des boîtes du BTP, en travaux, en services, c'est que tout est possible. Et preuve au pluriel... à l'appui. Beaucoup de très belles boîtes, et c'est pas beau, ça veut pas dire gros, sont dirigées par des anciens compagnons, des anciens techniciens, et c'est des gens qui font des miracles. Après, j'ai du mal à répondre à votre question, est-ce que l'ascenseur social, c'est possible ? J'espère ne pas être dans la démagogie en répondant à votre question, mais je suis pas très intéressé à plaqué sur mes collègues ou sur nos candidats un regard qui est d'abord et avant tout celui sur un CV et dans le CV celui sur un diplôme. Je crois pouvoir vous dire ça sans vous mentir à vous, sans mentir à moi-même. Je crois. Après, il faut être prudent parce qu'il y a un certain nombre de situations d'entreprise, de postes dans l'entreprise qui... sont plus facilement staffables pour des diplômés que pour des non-diplômés, et vice-versa. Vous mettez un polytechnicien à aller remettre en service une borne antibélier devant le ministère de l'Intérieur, ça n'arrive pas qu'aux autres. Je veux dire, le polytechnicien, il va exploser en vol dans la minute. Chacun va être... avec un cursus, une histoire personnelle, un bagage qui vont le rendre ou la rendre plus adapté à tel poste qu'à tel autre. Pour autant, je n'aime pas trop l'idée de l'ascenseur social puisque je considère que les entreprises les plus performantes, c'est celles qui savent offrir les opportunités à toutes et à tous qui vont leur permettre de créer de la valeur. pour leur kiff, leur plaisir, mais aussi pour la boîte. Parce qu'à la fin, je ne suis pas une ONG. Il faut gagner de l'argent, il faut vivre et survivre et payer les investissements, les salaires ou les fournisseurs. Et du coup, tout ça, c'est du gagnant-gagnant. Et je crois beaucoup en cette notion de mobilité professionnelle dans l'entreprise. Voir dehors et on y revient,
- Speaker #1
ça arrive énormément. Et reviennent vous voir après avoir...
- Speaker #0
Parce qu'ils ont fait un projet, parce qu'ils sont allés grandir sur un autre territoire, dans d'autres métiers. Et puis, ils ont envie de revenir faire un autre chapitre de leur carrière. Il va falloir qu'on s'habitue à ça de plus en plus. C'est la mobilité. La mobilité, y compris extramuros de nos entreprises. On déteste ça, nous, les vieux. On déteste ça. Quand on perd un salarié, on a l'impression que c'est une trahison.
- Speaker #1
Il y a de l'orgueil.
- Speaker #0
beaucoup d'orgueil on vit ça très mal en plus recruter c'est très cher développer, former c'est très cher donc il y a aussi une question économique là-dedans mais je pense que c'est du passé c'est le monde d'avant et qu'il faut qu'on s'habitue et si on ne s'habitue pas il faut donner les clés de nos maisons à d'autres qui savent le faire mieux que nous on s'habitue à raisonner entreprise étendue je pense que c'est le monde d'aujourd'hui et de demain c'est
- Speaker #1
clair Pour bientôt finir, l'émission passe vite, est-ce que vous pouvez nous parler de votre démarche, votre engagement au niveau RSE ? Je crois que c'est assez fort. On a qu'à aller voir votre site et on va voir tout de suite que c'est très fort. Est-ce que vous pouvez nous en dire quelques mots et l'objectif justement de cette démarche-là ?
- Speaker #0
Je vais vous répondre avec deux slogans dont on n'est pas peu fiers. Nous, notre slogan qui... qui résume de façon très synthétique notre proposition de valeur, c'est façonner la ville durable. Façonner parce que quand on est compagnon oubrier technicien, quand on est métier, on façonne avec ses mains, un peu aussi avec sa tête et de l'IA, mais beaucoup avec ses mains. Donc on adore le mot façonner. On assume d'être pour la vie et pour l'éternité une boîte d'ouvriers, de compagnons, de métiers. Et la ville durable parce qu'on a cette vocation, cette ambition, cette prétention de rendre la ville plus enviable que ce qu'elle n'est aujourd'hui. Et Dieu sait si ce n'est pas glorieux en ce moment. Et puis on a une chance, ce n'est pas moi qui l'ai créée, j'ai trouvé ça en arrivant. En tout cas, j'ai trouvé de la matière qui m'a permis de fabriquer une proposition de valeur. co-construire avec nos salariés, on l'a fait tous ensemble, parce qu'on a cette chance, nous, d'avoir beaucoup de grands et très grands clients. Vous citiez la ville de Paris, mais on pourrait citer l'aéroport de Paris, tous les grands bailleurs sociaux d'Ile-de-France, la Sorbonne, les universités, la RATP, la SNCF, les grandes foncières, beaucoup de grands syndicats de copropriété. Donc, on a des magnifiques clients, étonnamment, vu notre... taille modeste, on a en portefeuille des grands et des très grands comptes. Et du coup, quand on discute, et moi en particulier, avec les comités exécutifs de ces grands clients, on discute de sujets qui sont ultra stratégiques pour eux et qui, un peu par chance, mais on a forcé la chance, sont l'offre du groupe ERI. On discute rénovation énergétique, performance énergétique, consommation, sobriété. de leurs actifs, bâtiments, infrastructures. On discute beaucoup mobilité. Nous, on fait beaucoup de transports ferroviaires. On a des centaines de salariés qui, toutes les nuits, quand certains ou certaines dorment, descendent dans les stations un peu partout du métro en Ile-de-France ou en région pour aller faire la maintenance, les petits travaux, les rénovations, les extensions. On discute aussi maintenance, entretien, décarbonation. le prolongement de la durée de vie de leurs actifs. Et puis, de plus en plus, parce que c'est un peu beaucoup la guerre partout sur la planète, sûreté, sécurité, cybersécurité. C'est un sujet. C'est un sujet de plus en plus prégnant dans nos discussions avec nos clients. Donc, on les aide dans la mobilité, on les aide dans la décarbonation, l'entretien, la prolongation. Le prolongement des durées de vie, on les aide dans la... tranquillité, c'est plus joli que sûreté-sécurité. Et on les aide dans les transformations de leurs actifs pour tout faire afin qu'ils ne les rasent pas, ce qui serait dévastateur pour la planète. L'empreinte carbone de la construction neuve est épouvantable, même si la filière progresse. L'idée, c'est quand même de ne jamais raser, transformer, moderniser, convertir. pour que les actifs durent forever.
- Speaker #1
On arrive à la dernière question. Je pose toujours la même question, mais c'est vrai que votre parcours est vraiment inspirant. On a pas mal d'entrepreneurs, de repreneurs d'entreprises. Est-ce que vous pouvez donner un conseil, même deux si vous voulez, que vous pouvez donner à ces personnes-là du fait de votre expérience ?
- Speaker #0
Faites-le le plus tôt possible quand Votre cœur, votre corps ressent que c'est le moment. Et quand votre corps ressent que c'est le moment, fermez les yeux et jetez-vous à fond dans l'entrepreneuriat. Moi, mon corps m'a parlé beaucoup plus tôt que ma tête et c'est ma tête qui m'a empêché. Et je n'ai pas osé et je le regrette. C'est la prudence. Le manque d'ambition, le manque de confiance en soi peut-être aussi. Même si être salarié, cadre dirigeant dans des très belles maisons, avec des très beaux postes, avec une soupe qui est très bonne, c'est confortable, c'est intéressant, ça fait des belles cartes de visite, ça flatte les égaux. Ce n'est pas la même vie pour celles et ceux d'entre nous qui avons envie d'entreprendre. que d'être dans cette chance incroyable de mettre une entreprise à sa main. Et voilà, c'est bien, ça oblige, ça fait peur. Mais j'invite les gens qui nous écoutent à ne pas avoir peur. Quand leur corps parle, il faut y aller.
- Speaker #1
On se lance et on fonce.
- Speaker #0
On y va, on fonce.
- Speaker #1
C'est sur ces bonnes paroles, très optimiste. En tout cas, merci beaucoup François. Je vous souhaite une bonne continuation pour vous, votre groupe. on regardera ce que vous faites et on vous dit à très bientôt merci à vous de nous avoir écouté je vous donne rendez-vous sur notre chaîne Youtube pour vous abonner et sur nos plateformes podcast pour nous écouter à très bientôt et merci à Léo et Emma pour la partie technique, à bientôt