- Speaker #0
Quand on me demandait à l'école qu'est-ce que tu veux faire plus tard, je m'étais déjà entrepreneur en maçonnerie. C'est marrant parce qu'aujourd'hui c'est ce que je suis. J'avais 26 ans, j'avais rien à perdre, j'avais pas encore d'enfant. Je suis devenu maçon, je suis devenu chef de chantier, je suis devenu conducteur de travaux. Il faut qu'on remette en avant la fierté du travail manuel parce que c'est pas quelque chose qui doit être péjoratif, c'est le contraire. Je n'étais pas fait pour être sur une chaise, j'ai besoin de bouger. Quand on a travaillé pendant 6 mois sur un projet qu'on s'est donné et qu'on a... à donner sa soeur son sang des fois, et qu'on y est arrivé, ce sentiment d'accomplissement, lui, il n'a pas de prix.
- Speaker #1
Bienvenue dans Parle de bâtisseur, mon nouveau invité est William Bonneau, c'est un patron du bâtiment qu'on croise rarement. Un parcours pur terrain, BEP, Bac Pro, premier chantier à 18 ans, maçon à 20 ans, chef de chantier à 22 ans, conducteur de travaux à 24, à son compte à 26 ans. Donc un parcours assez étonnant, c'est un patron qui a gravi tous les échelons avant de diriger et ça change tout, on rejoint tout de suite William. Ce podcast vous est présenté par notre... Notre partenaire, la plateforme L'Union des bâtisseurs, je vous en parle juste 30 secondes, c'est une solution nouvelle pour les pros du bâtiment. Vous êtes dans le bâtiment, vous perdez du temps à chercher des chantiers ou à chercher des partenaires fiables. La plateforme L'Union des bâtisseurs va régler vos problèmes rapidement. C'est une plateforme simple pour trouver de la sous-traitance, remplir votre carnet de commandes et développer votre business. Allez voir par vous-même sur uniondesbâtisseurs.fr. William, merci d'être avec nous.
- Speaker #0
Merci de m'avoir invité.
- Speaker #1
Parole de bâtisseur, c'est un... C'est un pur plaisir. Donc comme je disais dans l'introduction, tu as un parcours assez étonnant. J'ai une première question. Tu m'as dit un truc tout à l'heure, si je ne me trompe pas, c'est qu'à 5 ans, tu savais déjà que tu voulais bosser dans le bâtiment. Alors moi, ça m'a fait réagir parce qu'il y a longtemps, mais je me rappelle de mes 5 ans, moi je voulais être Spiderman. Et toi tu rêvais déjà d'être dans le bâtiment Tu peux m'en dire plus ?
- Speaker #0
Oui complètement Moi j'ai toujours bricolé avec mon père Ça a été depuis vraiment tout jeune J'ai passé beaucoup de temps avec de la famille J'ai beaucoup de famille dans le bâtiment Un peu évidemment T'es né dedans Exactement Et ce qui fait que ça m'a toujours passionné J'ai toujours trouvé ça fascinant Construire, fabriquer Et donc j'ai toujours été bercé là-dedans donc... Quand on me demandait à l'école « qu'est-ce que tu veux faire plus tard ? » , je m'étais déjà entrepreneur en maçonnerie. Et oui, c'est marrant parce qu'aujourd'hui, c'est ce que je suis. Je suis dans le bâtiment, j'ai toujours voulu l'être et je pense que je le serai encore pour un petit bout de temps.
- Speaker #1
D'accord, donc dans la classe, il y en a qui voulaient être pompier, footballeur. C'est ça, et moi je voulais être maçon. Et toi tu voulais être maçon, super. Déjà voilà, étonnant déjà très jeune, alors c'est bien. William Bono aujourd'hui, est-ce que tu peux nous dire c'est quoi Bono & Enco ?
- Speaker #0
Bono & Co, nous, on est une entreprise de rénovation TCE, tout corps d'État.
- Speaker #1
En région parisienne ?
- Speaker #0
En région parisienne, à Paris. À Paris, essentiellement. Quasiment, essentiellement à Paris. Tu bosses qu'à Paris ? À 95%, je suis à Paris, Paris. Donc, on est une entreprise de rénovation, on est portée sur le haut de gamme. On n'est que dans la qualité, c'est-à-dire que c'est là-dessus qu'on veut vraiment miser sur nos projets. On ne fait que des chantiers globales. Donc des chantiers complets où on a 100% des lots du bâtiment, de la démolition à la peinture en passant par l'agencement. On chapeaute tous les corps de métier et on mise surtout sur l'organisation, l'accompagnement. des clients et pour moi, c'est ce qu'il y a de plus important, c'est la qualité du travail avant tout. Mais bien sûr, on fait des plannings de chantier pour les démarrages, pour donner des dates de fin de chantier. On a des suivis budgétaires ultra précis, donc on est vraiment sur un suivi complet du projet.
- Speaker #1
Donc c'est une boîte qui existe depuis, tu as quel âge ?
- Speaker #0
C'est ça, alors moi j'ai 33 ans. 33 ans,
- Speaker #1
donc c'est une boîte qui existe.
- Speaker #0
Alors ça fait depuis 2019.
- Speaker #1
2019, d'accord.
- Speaker #0
Donc tu as survécu au Covid. J'ai survécu au Covid, tout à fait.
- Speaker #1
Et donc tu as combien de chantiers en cours à chaque fois ?
- Speaker #0
Alors là en cours, à l'heure où je vous parle tout de suite, on a 20 chantiers environ ouverts.
- Speaker #1
Des particuliers essentiellement ?
- Speaker #0
Exactement, particuliers, on ne fait que du particulier. Donc on est souvent amené sur nos affaires via les architectes d'intérieur. C'est là-dessus qu'on a le plus d'affaires. et les archis aiment bien passer par nous parce qu'on les accompagne justement en avant-projet au maximum. Je vais souvent visiter des projets avant qu'ils commencent à dessiner pour savoir les faisabilités techniques. Ok, ta salle de bain, tu pourras la mettre là. Ta cuisine, attention ici, pompe de relevage, là, il faudra déposer le parquet. De façon à ce qu'ils puissent dessiner déjà avant le projet. C'est pour ça qu'ils aiment bien passer par Bono & Co. C'est qu'on est en soutien technique. Et c'est une vraie relation entre le dessinateur et le constructeur.
- Speaker #1
Donc tu es dans l'exécution et dans la création.
- Speaker #0
Voilà, dans l'accompagnement de la création. Dans la conception en fait. Voilà, c'est ça. J'aide sur tout, mais je laisse plaire et entier mes imaginations aux archives. Je laisse faire.
- Speaker #1
D'accord. Oui, tu ne mélanges pas le métier.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Je reviens sur ton parcours, parce que par le bâtisseur, c'est en fait de faire un zoom sur des entrepreneurs comme toi. des petites, des moyennes, des grandes boîtes mais de valoriser les acteurs et les actrices du bâtiment donc je me laisse sur ton parcours comme je disais tu as un parcours assez étonnant tu as choisi de faire un BEP ensuite tu as fait un bac pro et puis ensuite tu démarres chez un artisan tout jeune, à 18 ans et ma question c'est pourquoi tu n'as pas continué vers nous. à la gang en école nagée, etc.
- Speaker #0
Ou BTS, machin. Je ne suis pas fait pour l'école. Je ne suis pas fait pour ce système-là. Il est fait pour le plus grand nombre.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu referais si jamais tu avais une baguette magique, toi, William, sur ce système ? Sois à l'aise dans le système.
- Speaker #0
Non, je ne referais rien. Je pense qu'il est adapté pour le plus grand nombre. Moi, il n'est pas fait pour moi. Il n'est pas fait pour... pas mal de jeunes aussi. Il ne faut pas s'inquiéter, on a notre voix ailleurs. Mais je n'ai pas continué parce que je n'aimais pas l'école. Il fallait que j'aille bosser, il fallait que je sois sur le terrain. Je n'étais pas fait pour être sur une chaise. J'ai besoin de bouger. Mais ça n'empêche pas qu'on peut réussir très bien sans passer par un cursus scolaire. Voilà, c'était juste tout simplement pas fait pour moi.
- Speaker #1
C'est ton ADN. C'est-à-dire que quand tu es un homme de terrain, c'était compliqué d'être sur une chaise en train d'écouter un prof.
- Speaker #0
C'est un petit peu ça.
- Speaker #1
Tu m'as dit qu'aujourd'hui, tu ne touches plus une truelle. Enfin, voilà, tu n'es plus là-dessus. Donc, c'est une nostalgie pour toi ou c'est un soulagement ?
- Speaker #0
Non, c'est une nostalgie pour moi. Oui, vraiment ? Oui, vraiment, parce que c'est comme le rapport avec l'école. C'est-à-dire que j'ai beaucoup de mal à être assis derrière une chaise. Aujourd'hui, l'essentiel de mon boulot, il doit se passer derrière un bureau. Ce n'est pas ce qu'il y a de plus facile pour moi. La truelle me manque tout le temps.
- Speaker #1
Ça peut être le titre de l'émission. Oui, c'est ça. La truelle me manque. La truelle me manque. Je retiens ça.
- Speaker #0
C'est ça. Mais bon, je bricole tous les week-ends. Je suis sur le chantier la semaine et puis le week-end, je bricole. Je me rattrape.
- Speaker #1
C'est-à-dire que quand tu as fini ta semaine de boulot, qui doit être pas mal, qui doit être bien en temps. Oui, c'est bien chargé. Pour te détendre, ce que tu fais, c'est que tu fais un peu de travaux.
- Speaker #0
Ah oui, je bricole tout le temps.
- Speaker #1
D'accord. Donc, c'est une passion.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Je reviens. Donc, à 26 ans, tu te mets à ton compte, tout jeune. Oui. Globalement tout jeune quand même. Si, si. À cet âge-là, beaucoup de tes amis, peut-être font autre chose. Ou rien. Ou autre chose ou rien. Ou les deux en même temps, ils font rien et autre chose. Et toi, tu crées Bono & Co. Est-ce que tu peux me parler de ton déclic ? C'est-à-dire, comment c'est venu ?
- Speaker #0
Je pense que tu as tout dit sur les premières phrases. C'est-à-dire que j'ai commencé jeune, ma neuve. même pas maçon je suis devenu maçon je suis devenu chef de chantier je suis devenu conducteur de travaux je suis allé en haut de ce que je pouvais j'étais au plafond de verre jusqu'où je pouvais aller dans une boîte et la suite parfaitement logique C'était de se mettre à son compte. J'avais 26 ans, j'avais rien à perdre, j'avais pas encore d'enfant.
- Speaker #1
Là, t'es un jeune papa.
- Speaker #0
Voilà, jeune papa, une petite de 5 ans et demi et de 2 ans. Mais il pouvait rien m'arriver. J'avais déjà des compétents, j'avais déjà des connaissances, j'avais déjà un petit peu de réseau. Si ça fonctionnait pas, j'aurais fait autre chose. Ce qui est important, c'est de ne pas avoir de regrets et d'y aller. Et d'y aller, faut y aller.
- Speaker #1
Mais qu'est-ce qu'elle fait ? Tu t'es dit, parce que moi, des fois, je croise des gens. Je pousse à l'entrepreneuriat, c'est un peu le but. Il y a des gens qui disent non, non, moi je n'ai pas envie d'être entrepreneur. Je rentre le soir, je n'ai pas de soucis pour être poli. Voilà, je suis tranquille, etc. Donc toi, tu aimes bien les soucis, tu aimes bien te stresser et tu aimes bien surtout ta liberté.
- Speaker #0
Voilà, c'est ça. En fait, moi je vois ça plutôt comme un challenge. On est en compétition tout le temps. Moi, j'aime ça. J'ai besoin de me mettre en danger. J'ai besoin de compétition. Maintenant, il y a des choses bien, il y a des choses qui sont des fois plus difficiles. Mais c'est la meilleure expérience qui soit. La liberté, ça n'a pas de prix.
- Speaker #1
C'est vraiment ta première motivation, c'est ça ? C'est la liberté ?
- Speaker #0
C'est...
- Speaker #1
Ne pas être dépendant de quelqu'un, etc. Voilà.
- Speaker #0
Je pense que ma première motivation, c'est de savoir que je ne l'obtiens pas moi-même. Alors évidemment... que c'est jamais par moi-même, c'est toujours avec mes équipes, mais ça vient d'une réflexion qui vient de moi, c'est-à-dire on fait ce projet-là, on va y arriver avec telle équipe, avec telle compétence pour arriver à un objectif final et atteindre cet objectif, cette petite saveur sucrée qu'on a à la fin, quand on a travaillé pendant six mois sur un projet qu'on s'est donné, qu'on a donné sa soeur, son sang des fois, et qu'on y est arrivé, ce sentiment d'accomplissement. Lui, il n'a pas de prix. La liberté et la fierté, ce sont des choses qui me motivent.
- Speaker #1
Fierté, c'est ce qui revient souvent. Tu viens de le dire. Est-ce que tu peux me parler de ton premier chantier ? Je pense que tu me parlais, côté sucré, mais au niveau de la saveur, le premier chantier, ton premier client, on ne l'oublie pas, je pense. Est-ce que tu peux me rappeler ton premier client ?
- Speaker #0
J'en ai deux en tête. Mon premier chantier, vraiment le premier truc que j'ai fait quand j'ai ouvert et que j'étais encore auto-entrepreneur à l'époque, je suis parti carrer un toilette à Maison-la-Suite, un mètre carré de toilette. Ça, c'était mon premier chantier, tout seul, avec ma petite truelle. Mais celui que j'ai le plus en tête, c'est la première fois où des clients m'ont vraiment fait confiance pour pouvoir faire leur appartement complet. C'était ma première année d'ouverture. C'est des clients qui étaient jeunes, qui ont acheté leur appartement, qui étaient tout à refaire. qui ont décidé de me faire confiance pour leur projet, des économies qu'ils avaient eu du mal à avoir. C'est quand même une responsabilité. Une responsabilité, bien sûr. T'as pas intérêt à foirer. C'est ça le truc. Donc, ils ont décidé de me faire confiance. Le chantier s'est hyper bien passé. Et aujourd'hui encore, sept ans après, je leur envoie encore tous mes voeux, mes voeux tous les ans à la fin d'année. Donc, je ne me trompe pas. Les premiers clients, c'est vraiment quelque chose. Il y a plein de chantiers que j'ai sûrement déjà oubliés. Mais le premier, c'est marquant.
- Speaker #1
Ils t'ont donné cette chance, ils t'ont fait confiance à un jeune. Et puis c'est là où tu as été vu avec beaucoup de fierté comme un vrai professionnel du bâtiment.
- Speaker #0
C'est exactement ça.
- Speaker #1
Tu as un sentiment quand même d'avoir une utilité.
- Speaker #0
D'avoir de la reconnaissance aussi, c'est agréable.
- Speaker #1
Je comprends. Quand on a gravi tous les échelons, qu'on devient patron, on a un avantage énorme. On connaît le métier. Mais il y a aussi d'autres pièges. Vouloir tout faire soi-même. par exemple. Comment tu as géré ce passage ? Je fais ou je fais faire ? Est-ce que ça te parle ?
- Speaker #0
On y est tous amenés à un moment ou à un autre. Soit on décide effectivement de faire confiance, soit on n'y arrive pas. Moi, j'ai la chance, comme j'ai commencé jeune, d'avoir un très bon réseau, d'avoir beaucoup de personnes qui m'entourent qui ont travaillé avec moi, qui ont eu la même formation que moi, et qui au moment où du coup, eux, on s'est tous mis un petit peu à notre compte en même temps, On a tous travaillé ensemble directement. Et donc, ça a été plus facile parce que j'ai des bonnes équipes de pouvoir, OK, moi, je me mets sur ce chantier-là. Toi, fais-moi ce chantier-là. Et d'avancer comme ça. Mais c'est grâce aux équipes. D'avoir des bonnes équipes sur lesquelles on peut se reposer, qu'on peut avoir confiance, qu'on arrive à déléguer en fait. Mais si on n'est pas sûr de ceux avec qui on travaille, là ça devient compliqué. Mais quand on a les bonnes équipes, ça se fait très naturellement.
- Speaker #1
Toi tu as deux salariés, c'est ça ?
- Speaker #0
J'ai deux salariés, tout à fait. Moi je suis TNS.
- Speaker #1
Tu peux nous parler d'eux, pas à titre privé, je parle professionnel.
- Speaker #0
Non, bien sûr. J'ai Adrien qui est un de mes maçons. Donc lui c'est un maçon-carleur
- Speaker #1
Ce que moi j'étais De ton âge C'est ça il a deux ans de plus
- Speaker #0
Adrien C'était pas mon premier salarié Mais lui Il est exceptionnel Il est déjà très travailleur Il est toujours à l'heure Les horaires pour moi c'est des choses qui sont hyper importantes C'est un peu bête mais quand on dit 8h C'est 8h avec les outils dans la main Lui il fait partie de cette nature là De... de ces convictions-là, on fait ses horaires, on fait son travail et on le fait bien. Donc voilà, Adrien là-dessus, c'est quelqu'un pour qui j'ai énormément de respect et qui se gère. Il va prendre son matériel, il fait son truc. C'est très agréable d'avoir quelqu'un comme ça. Et ensuite, j'ai Alexandre qui est en avant-projet, qui lui, il va chiffrer des chantiers. Il fait le chiffrage. Exactement. et lui prend beaucoup de plaisir là-dessus il est très à l'écoute des clients aussi c'est énormément de boulot parce que c'est beaucoup d'échanges avec un client quand on commence à faire des gros devis on fait des fois une version, deux versions, dix versions il faut être patient, il faut être à l'écoute et Alexandre a toutes ces qualités-là il faut se montrer patient une question comme ça les gens négocient pas mal ? il y a plusieurs profils c'est étonnant comment ça négocie en ce moment ? Alors, sur le principe, ça négocie déjà toujours un petit peu. C'est la règle du jeu. C'est la règle du jeu. On joue pour ça. Nous, on ne fait, et c'est ce qu'on essaye de faire, c'est que nous, on ne fait aucun prix au pif, au doigt mouillé. On a des devis très précis, lot par lot, poste par poste. Et donc, on est capable, évidemment, toujours sur des chantiers globales où on a beaucoup de budget, d'aller chercher un petit bas de page. Mais on arrive généralement plus souvent à modifier le projet. de façon à rentrer dans une enveloppe budgétaire pour arriver au budget qu'ont les clients. Mais ce qui est important avant tout, pour moi, et c'est ce que je dis toujours aux clients, c'est qu'il faut que techniquement, l'électricité soit impeccable, la plomberie soit impeccable. Si vous n'avez pas après de budget pour le canapé, ce qui est important, c'est que tout fonctionne bien et qu'il n'y ait pas de malfaçons. C'est là-dessus qu'on mise. Mais oui, ça négocie un petit peu, mais normalement.
- Speaker #1
Oui, ça se négocie. Non, mais je veux dire, tu as vu une évolution sur quelques années, au niveau comportemental, des gens qui négocient, ou ça ne change pas plus que ça ? Non,
- Speaker #0
non,
- Speaker #1
non.
- Speaker #0
C'est toujours trop cher.
- Speaker #1
C'est toujours trop cher. Donc la règle reste la même, de toute manière. Écoute, on a pas mal de gens qui pensent, ou qui ne pensent pas encore, mais en tout cas, de se mettre à son compte, à se lancer dans le bâtiment. sur ces gens-là qui hésitent ou qui vont le faire. Par rapport à ton expérience, ce serait quoi le premier conseil que tu donnes et pourquoi le bâtiment ? Alors, il y a plusieurs questions.
- Speaker #0
Oui, oui. Moi, j'ai même deux conseils. Le premier conseil que je donnerais, c'est celui que mes patrons, mes anciens patrons m'ont donné avant que je parte, avec qui on est resté assez proche, des gens que j'adore, que j'admire même. Ils m'ont dit, William, ne vole rien, fais tout tout seul. Il y a du... Tu seras d'autant plus fier. C'est-à-dire que ta réussite, ce sera la tienne. Ça, c'est le premier conseil qu'on m'a donné et que je trouve plein de sens. Moi, celui que je donnerais, on en discutait tout à l'heure, le premier employé que vous prenez, il doit être meilleur que vous.
- Speaker #1
Ça,
- Speaker #0
c'est le meilleur conseil que je puisse donner. Vous mettez votre fierté de côté.
- Speaker #1
Le deuxième, il peut être moins bon.
- Speaker #0
Le deuxième, il peut apporter au premier. Mais le premier, il doit être meilleur que vous. Et là, on fait progresser la société. Pas l'ego, mais la société, oui.
- Speaker #1
La cause. C'est-à-dire que c'est de s'entourer de gens meilleurs. En fait, c'est là la chose.
- Speaker #0
C'est ça. On pense tous qu'on est très bon dans ce qu'on fait. Donc, si on a quelqu'un qu'on pense être meilleur que soi, on prend la bonne direction. On prend la bonne direction pour les clients aussi. Parce que du coup, on se professionnalise et on essaie d'améliorer toujours la qualité. Et c'est ça qu'on essaie d'aller chercher.
- Speaker #1
Oui, et le bâtiment, tu me disais, c'est notre tour aux gens du bâtiment. L'IA, c'est merveilleux.
- Speaker #0
Merveilleux.
- Speaker #1
Que ça continue comme ça et ça va continuer comme ça. Sûrement. Est-ce que tu peux me dire ce que tu penses de tout ça ?
- Speaker #0
Je trouve, c'est un peu sarcastique, mais je trouve qu'on a un peu ce qui se passe, c'est qu'on dit qu'un peu l'IA va supprimer beaucoup de postes un peu col blanc pour rester un peu dans le cliché, qu'il y a beaucoup de postes où finalement on avait... Forcer les gens à faire beaucoup d'études et on se rend compte qu'ils vont vite être remplacés par l'intelligence artificielle sur certains aspects, pas sur la totalité évidemment. Là où du coup, avant qu'il y ait des robots qui te changent ton robinet, il va y avoir beaucoup de temps. Et c'est un peu la revanche de ceux qui travaillent manuellement. Et je trouve ça assez, voilà, pour un petit clin d'œil, je trouve ça bien que l'histoire s'inverse un petit peu et qu'il faut qu'on remette en avant. la fierté du travail manuel parce que ce n'est pas quelque chose qui doit être péjoratif, c'est le contraire. Dans le bâtiment, pour citer ce que moi je connais, on construit, on fabrique. C'est l'objectif de la vie, c'est de construire. Et je trouve qu'on a un métier qui est magnifique pour ça parce que c'est concret.
- Speaker #1
Je suis content que tu le dises parce qu'on le répète souvent dans cette émission, le savoir-faire de la main ne sera jamais remplacé par l'IA. Et heureusement. Voilà, et que ça continue comme ça. Donc, c'est l'heure du bâtiment. C'est l'heure où les gens du bâtiment ne seront pas remplacés.
- Speaker #0
C'est notre revanche.
- Speaker #1
Voilà, c'est notre revanche à un prêt des siècles.
- Speaker #0
C'est ça, exactement.
- Speaker #1
Je vais te faire balancer un petit peu. C'est-à-dire, tu m'as dit, j'ai plein d'anecdotes sur des moments qui ont été pénibles, des salaires de misère, bosser le week-end, etc. C'est juste comme ça pour la petite histoire. C'est quoi le souvenir le plus dingue que tu as comme ça ?
- Speaker #0
Le plus dingue ? Quand je travaillais les week-ends, j'ai eu un chantier pendant longtemps, pendant un peu plus de trois ans, où je partais en province une fois par mois. Je travaillais samedi-dimanche. Quand j'ai démarré ce chantier-là, je n'avais pas d'eau courante, je n'avais pas de toilette, je n'avais pas de douche, rien. On dormait sur place, il y avait deux vieux canapés qu'on avait réunis avec un paquet de laine de bois pour aller agrandir un peu, mettre une couverture. on dormait là-bas tout le week-end et une fois on était en train de faire du béton de chambre on faisait toute une rénovation biosourcée et j'avais les pieds trempés j'étais trempé vraiment la journée pourrie tu sais où tu étais à moitié dehors tout mouillé dans le froid on se projette bien et on avait fait un feu de cheminée à l'intérieur pour se réchauffer sur le canapé le soir, on avait bu un coup j'avais mis mes chaussures Devant la cheminée, et le lendemain au réveillon, ils avaient complètement fondu, tout fondu, il ne restait plus que les coquilles en ferraille devant la cheminée, tout avait fondu. Et puis finalement, j'avais fini de travailler avec mes baskets toute la journée de dimanche pour rentrer. Rentrer tard, redescendre les machines au dépôt, machin, c'est... Oui, oui, ça fait partie des...
- Speaker #1
On est avec toi dans le... Oui, on est dans le... Et justement, souvent on entend, les jeunes, ils ne veulent plus... plus bosser le week-end, ils veulent plus compliquer la vie. Donc, il y a du bon à ça ? Ma question, c'est, est-ce qu'il y a du bon ou quelque part, est-ce qu'il rate un truc ? Parce que toi, bon, voilà, on va dire, je vais le dire comme ça, t'es un patron, même une petite boîte. Mais bon, t'as connu les chaussures qui fondent devant la cheminée. C'est ça. Donc, est-ce que c'est, quelque part, c'est bon aussi, à un moment donné, de connaître le dur pour la suite ?
- Speaker #0
Moi, je pense que c'est formateur. C'est important parce que Sans la souffrance, c'est un grand mot la souffrance, d'accord ? Mais sans la souffrance, on profite moins bien des bons moments aussi.
- Speaker #1
C'est pas la même saveur.
- Speaker #0
C'est un équilibre. Ce qu'on doit vraiment comprendre quand on est jeune, c'est qu'aujourd'hui on est un petit peu dans la fast life. On regarde les réseaux, les gens sont riches à 25 ans. Ça, c'est pas la vie normale. La vie normale, quand on est jeune, il ne faut pas aller chercher du salaire. Il ne faut pas aller chercher tout de suite d'être le meilleur, d'être le chef. Ce qu'il faut d'abord aller chercher, c'est la compétence. C'est apprendre. Et c'est quand on sait, quand on a des connaissances, qu'on va pouvoir se les faire rémunérer plus tard. Donc, aller sur des chantiers le week-end, aller souffrir, aller être sous la pluie pendant longtemps, aller se lever tôt le matin, aller sur le chantier, aller descendre des sacs à gravats, monter du placo, poser du carrelage, c'est pas facile. Mais quand on a les compétences, une fois qu'on les a, c'est ça qui va nous rémunérer. Et on pourra les vendre cher après. Et ça, c'est vraiment un truc qu'il faut qu'on se mette dans la tête, nous les jeunes. On doit d'abord apprendre, on doit d'abord se remplir la tête avant de se remplir les poches. C'est hyper important. Pour moi, c'est le bon sens. Donc, il faut... Ok, c'est dur, mais ça finit par payer. Mais par contre, il faut être constant, il faut être régulier, il faut être rigoureux.
- Speaker #1
D'accord, constant, régulier.
- Speaker #0
et rigoureux ça c'est c'est la clé pour réussir à faire quelque chose et je pense pas que ça soit que dans le bâtiment là je parle du bâtiment c'est ce que je connais je pense que c'est partout la constance c'est très important le bâtiment me fait penser beaucoup au secteur de la restauration
- Speaker #1
et d'ailleurs dans ce secteur là la restauration comme le bâtiment il y a un gros problème qui est le problème de recrutement compliqué de trouver tu as des choses à dire là dessus ?
- Speaker #0
c'est compliqué de trouver nous on fonctionne beaucoup par le réseau c'est à dire que mon maçon, mon plombier mon électricien qu'a le bon état d'esprit en tout cas qu'a notre état d'esprit je vais forcément lui dire si mon plombier est connu par un électricien parce que s'il en connait un J'imagine qu'il sera un petit peu dans le même état d'esprit, donc il nous correspondra. Donc nous, on fonctionne beaucoup par le réseau. C'est là-dessus que ça fonctionne. Bouche à oreille. Bouche à oreille. Et ensuite, effectivement, garder les talents. Ça passe évidemment par de la rémunération, mais ça passe aussi parce que comme on a quand même beaucoup de très beaux chantiers, ça rend le boulot très agréable. On ne travaille pas dans du HLM, on fait des belles choses. Et c'est vrai que quand on... Quand on démarre un chantier, tout est pourri. Quand on en ressort, trois, quatre mois, six mois après, selon la taille des chantiers, c'est hyper gratifiant.
- Speaker #1
C'est une vraie fierté.
- Speaker #0
Voilà. Et je pense que nous, on arrive vraiment à garder nos talents. Et je pense que c'est aussi parce que le boulot est intéressant. L'ambiance ne doit pas être mauvaise, j'imagine, mais le boulot est intéressant. C'est superbe.
- Speaker #1
Le secteur du bâtiment, je pense à ça, se féminise de plus en plus. Voilà. Alors quand je dis de plus en plus, c'est pas assez. Mais est-ce que toi tu le vois, au fur et à mesure, est-ce que tu vois plus de femmes ? Et si jamais tu as déjà bossé avec des femmes, est-ce que tu vois une différence dans l'approche professionnelle et choses comme ça ?
- Speaker #0
Moi pour la petite histoire, deux fois j'ai eu une jeune femme qui était peintre, une jeune hein, qui faisait de la peinture peintre en bâtiment. Elle avait fait pas mal de chantiers pour nous. Puis ensuite, elle a fini par déménager en province, peu importe. Mais ça s'était hyper bien passé. Quelqu'un de caractère. Et nous, on a recruté une chef de chantier, Apolline, qui est toute neuve. Ça fait déjà un an à vrai dire. Et Apolline, elle, elle a 25 ans. Elle est dynamique. Elle est jeune.
- Speaker #1
Qui est dans ton équipe. Exactement. Oui, tout à fait. Et qui fait quoi ? Elle est chef de chantier.
- Speaker #0
Elle coordonne tous les corps de métier sur le chantier. C'est le premier interlocuteur du client. Donc l'interlocuteur, son entonnoir, c'est Apolline. Et Apolline, elle organise tous les corps de métier pour avoir un bon déroulement du chantier. Et donc, Apolline, elle fait un petit mètre cinquante. Elle doit aller voir le plombier, voir l'électricien, leur dire on va faire comme ci, on va faire comme ça. Quand on organise des chantiers, on n'est jamais en train de donner des ordres. On est plutôt en train de dire voilà, c'est ça qu'on veut. Et c'est eux les professionnels pour nous dire ok, on va faire comme ci, on va faire comme ça. Mais elle a un super caractère. Tout le monde l'adore et ça se passe très bien, femmes ou hommes. Ce qui est important, c'est que le travail soit bien fait. Même auprès des gars sur le chantier, ça se passe très bien parce que tout ce qu'ils veulent finalement, c'est pouvoir avoir une bonne organisation, être efficace sur leur chantier, que ça soit efficient. La compétence. C'est tout. Donc femmes ou hommes, là-dessus, il n'y a pas de différence. Mais en tout cas, sur les équipes propres, sur le terrain, on manque encore de femmes évidemment, mais ce ne sont pas des métiers qui sont... qui sont aussi très faciles.
- Speaker #1
Oui. Et alors, justement, on arrive à la fin de notre échange. On pose une question rituelle. Enfin, c'est si jamais tu dois donner envie à ceux qui veulent, justement, à des plus jeunes qui veulent s'investir, ils ne savent pas où, mais pourquoi pas dans le bâtiment, vends-nous le bâtiment. Voilà. Parce qu'on a parlé de l'IA. C'est-à-dire que c'est un secteur qui est moins menacé qu'un autre. Oui, peut-être. Enfin, j'espère. Normalement. Et sans doute. On aura toujours besoin d'habiter quelque part. C'est un secteur... où on a toujours besoin de gens. On recrute, on recrute. Mais toi, par rapport à ton expérience, il y a des jeunes qui nous écoutent. Si tu peux donner envie, justement, comme ça, de t'investir dans le bâtiment, voilà, qu'est-ce que tu pourrais nous dire ?
- Speaker #0
La première chose, déjà, c'est d'être passionné. Quand on vit avec passion, le travail n'est plus un travail. Et le bâtiment, c'est passionnant. Parce qu'on rentre dans des trucs, pour parler simplement, on rentre dans des trucs pourris et on repart, c'est magnifique. Et ça, c'est hyper gratifiant et c'est concret. C'est réel, on parle de produits bruts, qu'on arrive à des produits finis, qui sont superbes. Donc au-delà de la fierté, on a quelque chose qui est hyper concret et qui donne du sens. Je trouve que ça donne du sens à la vie. Parce qu'après nos clients, ils s'installent dedans, ils y restent une grande partie de leur vie. Il y a les enfants qui courent dans les chambres, dans tout ce qu'on a fabriqué. Et c'est absolument formidable. Donc il faut promouvoir ça, il faut y aller. le bâtiment, c'est superbe.
- Speaker #1
Superbe. C'est sur ça qu'on va conclure. William, grand merci. Merci à toi. Je retiens, le secteur du bâtiment, c'est un secteur passionnant, mais William est un homme qui est passionné, c'est pour ça que ça devient passionnant. Merci. Merci à vous tous de continuer à nous suivre. Merci aux 3 millions de personnes qui ont déjà vu l'ensemble de nos épisodes. Continuez à vous abonner et je vous donne rendez-vous avec un prochain invité. A bientôt.