- Speaker #0
Je pense toujours que les chefs d'entreprise s'en mettent plein les poches, etc. Mais en fait, je pense que c'est faux, le chef d'entreprise, quand on est dans des petites structures, c'est celui qui se sert en dernier. Tu ne peux pas avoir des collaborateurs qui se donnent à 100% pour toi s'ils sont payés au lance-pierre. J'avais regardé cette boîte juste après le Covid. Ce groupe était vraiment costaud financièrement. C'est littéralement ramassé. Et la boîte, aujourd'hui, elle a été liquidée. Donc moi, dans les boîtes que je regarde, c'est vraiment un conseil que je donne. S'il y a un client qui représente plus de 25% du chiffre d'affaires, Moi, je trouve que c'est trop risqué. Le dirigeant dans le monde des rachats d'entreprise s'appelle l'homme-clé. Et donc, l'homme-clé est bien trop important pour qu'il fasse un mois d'accompagnement et qu'il s'en aille. Donc, il faut que l'homme-clé ne soit pas trop clé. Et c'est là toute la difficulté.
- Speaker #1
Comment tu fais pour savoir ? Bienvenue dans Parole de bâtisseur pour ce nouvel épisode. Aujourd'hui, on a le plaisir de recevoir à notre micro Cédric Fouchet, qui est le président fondateur du groupe Victor Hugo. Cédric, c'est un entrepreneur qui ne crée pas des boîtes à partir de zéro. Enfin, si, il en a créé deux, mais surtout, il en a racheté six. Son terrain de jeu favori, le bâtiment, et ça tombe bien, plomberie, climatisation, chauffage, il va nous expliquer ça dans quelques minutes. En quelques années, il a construit un groupe en reprenant des entreprises du bâtiment, une par une. Diplômé de l'IAG, formé recrutement dans un grand cabinet, Victor va nous partager ses plus grands secrets pour acheter une ou plusieurs entreprises. Il va nous confier les clés pour réussir. Vous allez voir, c'est très précieux. Ce podcast, vous êtes présenté par notre partenaire, la plateforme L'Union des Bâtisseurs. Je vous en parle juste 30 secondes. C'est une solution nouvelle pour les pros du bâtiment. Vous êtes dans le bâtiment, vous perdez du temps à chercher des chantiers ou à chercher des partenaires fiables. La plateforme L'Union des Bâtisseurs va régler vos problèmes rapidement. C'est une plateforme simple. pour trouver de la sous-traitance, remplir votre carnet de commandes et développer votre business. Allez voir par vous-même sur uniondesbâtisseurs.fr. Merci d'avoir répondu présent à notre invitation. Merci pour l'invitation. C'est moi qui te remercie. Une première question, tu viens du monde du recrutement. Oui. Je crois que tu as bossé, on va le dire, je crois que c'est chez Michael Page.
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
Donc alors, des costards, des cravates, des grands cabinets, tu finis par acheter des boîtes de... couverture, plomberie, on va en parler. Quand tu annonçais à tes proches, à tes anciens collègues que tu te lances dans le bâtiment, ça a été quoi la première réaction ? Une surprise ou pas ?
- Speaker #0
Alors, oui et non. En fait, moi, j'ai fait une école de commerce à l'ISG. À la sortie de l'ISG, j'ai été pris chez Michael Page, qui, géographiquement, n'était pas très loin, donc c'était commode. Chez Michael Page, je suis rentré, j'ai fait un peu de recrutement en effet pendant 5 ans en finance. Et en fait, au bout de 5 ans, les consultants tournent assez régulièrement chez Michael Page. Et moi, au bout de 5 ans, j'étais déjà un vieux consultant. C'est un turnover natural ? Non, c'est un turnover parce qu'en fait, c'est un métier qui est compliqué. C'était un cabinet anglo-saxon. On nous demandait de rencontrer énormément de monde. de rencontrer énormément de clients, etc. Et puis au bout d'un moment, quand vous rencontrez des candidats, au bout d'un moment, en fait, vous en avez ras-le-bol.
- Speaker #1
Il y a une sorte de lassitude.
- Speaker #0
Exactement. Et donc il y en a plein qui partent. Moi, j'étais avec des équipes super sympas. C'est aussi pour ça que je suis resté. Il y avait une bonne ambiance. Et quand je suis parti de chez Michael Page, en fait, je me suis posé la question de ce que je voulais faire. Et j'avais déjà pour idée de monter des boîtes. Et je voulais monter une boîte, en fait, à l'époque, c'était pas... aussi florissant qu'aujourd'hui de distributeurs de café dans les entreprises. Les automates, les distributeurs...
- Speaker #1
Et comment t'es venu l'idée ?
- Speaker #0
Parce que je trouvais qu'il y en avait déjà dans les stations-service, etc. Je parle de ça, on est en 2006. Je trouvais que c'était un métier qui allait se développer. C'était un modèle économique. Et j'ai été idiot à la limite de ne pas continuer dans cette voie. Donc en fait... Du coup, c'était une grande idée que j'avais. J'avais commencé à tout organiser pour essayer d'acheter les premières machines, etc. Et puis un jour, la vie est faite de rencontres et j'ai rencontré une personne qui venait de créer, enfin de développer une petite boîte dans le nettoyage industriel et qui m'a donc proposé de le rejoindre parce qu'il y avait beaucoup de choses à faire. Quand on dit nettoyage industriel, ce n'est pas le nettoyage des grandes surfaces, des plateaux de bureaux, etc. C'était du nettoyage spécifique. de réseaux de gaines de ventilation, de hôtes de cuisine dans les restaurants, voilà, nettoyage assez technique. Et donc finalement, j'arrête mon projet de distributeur de café, qui donc n'a jamais vu le jour, et je rejoins cette personne qui avait une entreprise qu'il avait commencé à développer deux, trois ans auparavant. Je l'aide pendant... Je l'aide. Je travaille avec lui pendant 4-5 ans. En tant que... Un peu son bras droit, lui était président, moi j'étais un peu... T'étais associé ou t'étais associé ? J'étais associé. Et donc j'étais associé avec lui. Donc j'étais un peu... Dans des petites boîtes comme ça, on fait tout. J'étais à la fois... Je m'occupe un peu du développement, un peu du recrutement, de... Voilà, etc. Il y avait une comptable qui était là, qui... Bon. Et la boîte a grossi, On s'est mis d'accord au bout de cinq ans, il m'a racheté mes parts de manière tout à fait correcte. Et c'est avec ces premiers sous, si je puis dire, que j'ai racheté ma première entreprise en 2012. Et donc tout ça pour vous dire que l'ISG, c'est une école qui forme un peu tous les métiers. C'est pas général, mais c'est surtout une école qui forme à être débrouillard. Donc quand vous sortez de l'ISG, vous n'êtes pas dans une case que vous pouvez tout faire. D'ailleurs, quand vous regardez aujourd'hui les anciens de cette école, il y en a qui président des grands groupes, il y en a qui sont commerciaux dans je ne sais quoi. Ça a gardé des liens ? Alors il y a un réseau d'anciens auxquels je ne participe pas beaucoup, à vrai dire. mais voilà j'ai gardé des liens avec 2-3 personnes de l'époque, des amis etc mais voilà après chez Michael Page c'est vrai que rapidement on est assez indépendant et donc voilà j'ai eu ce goût d'entreprendre etc qu'en fait j'ai toujours eu sans le savoir parce que c'est pas inné et dès que je suis sorti de chez Michael Page, dès que j'ai monté cette boîte avec cet ami parce que c'est devenu un de mes amis très proches voilà et c'était enfin j'ai trouvé ça extraordinaire cette... Une manière de pouvoir à la fois gérer son temps, mais être extrêmement pris par le développement. Et donc, en fait, c'est ça qui passe par-dessus tout. Et c'est vrai qu'on dit souvent, on pense toujours que les chefs d'entreprise s'en mettent plein les poches, etc. Mais en fait, je pense que c'est faux, le chef d'entreprise, quand on est dans des petites structures, c'est celui qui se sert en dernier. Avant, il a ses salariés à payer, ses fournisseurs, ses trucs, machin, etc. Donc voilà, mais tous les chefs d'entreprise, que ce soit le responsable d'un bistrot, un gérant d'une station-service, etc. Tous ces métiers-là, un boulanger, il paye tous ses employés, ses apprentis, sa farine, et puis à la fin, comme les agriculteurs, à la fin...
- Speaker #1
Tu as combien de salariés ?
- Speaker #0
Aujourd'hui, le groupe représente 7 structures, et pour une centaine de salariés. Voilà, donc ça aussi... entre 90 et 110 selon les entreprises, les entreprises qu'on vend, qu'on rachète, etc. En l'occurrence, moi, je n'ai pas beaucoup vendu d'entreprises, mais j'ai constamment une centaine d'employés.
- Speaker #1
D'accord. Et je me demandais ça, tu sors du recrutement, c'est ton métier d'identifier les bons candidats, les bons profils, etc. Ça t'a servi à identifier les bonnes boîtes ? Je sais qu'il y en a un à avoir, mais est-ce que ça t'a fait quelque chose ? Non,
- Speaker #0
ça ne m'a pas du tout servi à identifier les bonnes boîtes. Par contre, je dois dire, je ne sais pas si ce sont mes restes du recrutement, que je n'ai pas fait beaucoup d'erreurs de casting. J'en ai fait une importante sur un responsable financier qui a mis un peu la zizanie dans tout le groupe. sachant qu'on est constamment en plein développement, machin, etc. Heureusement, on s'en est rendu compte assez rapidement. Voilà, mais sinon, aujourd'hui, je dois dire que toutes les personnes qui m'entourent... Très peu de gens qui partent, j'ai peu de turnover, ce qui est assez rare dans le monde du bâtiment. Voilà, après évidemment, les quelques derniers départs que j'ai eus, souvent ce sont des gens qui se sont mis à leur compte, donc qui ne sont même pas partis pour d'autres, sachant qu'en général, dans les grands groupes, dans les entreprises, etc., vous avez énormément de turnover parce que les gens dans le bâtiment vont souvent au plus offrant. pour un même métier. Un plombier, il préfère gagner 300 euros de plus par mois pour faire le même métier à côté que la We Day.
- Speaker #1
Donc ton bilan social, il est très favorable ? Moi,
- Speaker #0
mon bilan social, il est très favorable. Je pense que... Après, moi, je demande beaucoup à mes collaborateurs. Je pense qu'ils sont aussi payés très convenablement quand je vois les salaires dans les autres structures, etc. Nous, voilà... On gagne peut-être un petit peu moins à la fin de l'année, mais vous avez des gens qui restent, qui sont fiables et qui, lorsqu'il reste une demi-heure de plus, ne sont pas là à mettre le compteur en route. C'est la première clé que tu partages. Oui, ça, c'est des gens.
- Speaker #1
C'est-à-dire que si tu veux fidéliser, il faut aussi bien payer.
- Speaker #0
En fait, tout est corrélé. C'est-à-dire que tu ne peux pas avoir des collaborateurs qui se donnent à 100% pour toi s'ils sont payés au lance-pierre. Ça n'existe pas. Donc les gens, il faut bien les payer. Quand ça se passe bien, il faut savoir dire que c'est bien. Quand ça se passe mal, il faut aussi savoir taper sur les doigts. Voilà, je pense que le mot, ce qu'il faut, c'est être juste. Et moi, c'est vrai que souvent, mes collaborateurs me disent que je suis quelqu'un de juste. Ça peut m'arriver de pousser des énormes gueulantes, mais c'est justifié. C'est vraiment qu'il y a eu une grosse bêtise de fête.
- Speaker #1
Une grande rancunière.
- Speaker #0
Non, non, pas du tout. Moi, j'ai une grande phrase. Il n'arrive rien à ceux qui ne font rien. Celui qui reste chez lui et qui regarde la télé toute la journée, il ne va jamais rien lui arriver. Celui qui est plombier, qui est maçon, qui est couvreur, etc., ça peut arriver de faire une connerie. On n'est pas à l'abri. On manie des outils toute la journée. Oui, de temps en temps. Quand vous avez beaucoup d'employés, vous avez aussi des flottes de voitures importantes. Vous avez régulièrement des accidents. Mais c'est comme tout. celui qui... qui ne prend jamais de transport, jamais de voiture, etc. Il n'y arrivera jamais rien. Eux, ils sont en voiture toute la journée. Ceux qui font du dépannage toute la journée, qui font 7-8 dépannages par jour, forcément, à un moment donné, ils passent de leur voiture à se garer, à repartir, à se regarrer, etc. De temps en temps, il y a un carton. Si on commence à tenir rigueur de ça, on n'y arrive pas.
- Speaker #1
C'est une question que je pose souvent à nos invités. Le matin, quand tu te réveilles, est-ce que tu as cette charge mentale ? C'est-à-dire, la première question, c'est... Je dis ça, c'est un peu volontairement, c'est est-ce que quand tu te lèves le matin, tu penses d'abord à ton chiffre d'affaires ? Est-ce que ça se développe ? Ou tu as cette charge mentale au niveau de tes collaborateurs, si tout va bien ? Alors,
- Speaker #0
je n'ai pas la charge mentale au niveau des collaborateurs parce que maintenant, je suis quand même affûté. J'ai commencé en 2012, en 2026, ça fait 14 ans que j'ai des boîtes, que j'ai pas mal de salariés. Donc, j'ai entièrement confiance dans tous mes collaborateurs. Et voilà, vous savez, quand vous n'avez que 100 salariés, c'est à la fois beaucoup et pas beaucoup. C'est assez pour que chacun ait un rôle important. Donc, celui qui fait une connerie, qui vient jamais, machin, etc., de toute façon, à un moment donné, il est dénoncé. Et puis, je veux dire, ça se voit. Ça se voit dans ses résultats, dans ce qu'il fait, dans ses... dans ses feuilles d'heures, etc., dans son quotidien. Ça se voit. Moi, je n'ai pas vraiment de brebis galeuse. Là où je peux en avoir, c'est quand je rachète une entreprise. En effet, il peut y avoir dans les salariés, mais on fait le nécessaire. On arrive à remettre des gens dans le droit chemin parce qu'en fait, ils s'étaient un peu endormis. Et puis, de temps en temps, il faut se séparer de personne. Mais je dois dire que c'est assez rare. En fait, moi, ma charge mentale, le matin quand je me lève, c'est plus la trésor en général. Parce qu'aujourd'hui, on est dans un pays où le sport national, consiste à ne pas payer les factures fournisseurs. Donc, ce qui est d'ailleurs une aberration totale. Et vous avez des lois qui sont passées régulièrement sur les délais de règlement des grandes entreprises cotées, etc. En fait, vous vous rendez compte. La réalité, c'est que même les entreprises cotées payent mal leurs fournisseurs, que vous passez votre temps à faire de la relance. Et en fait, du coup, c'est un cercle vertueux parce que c'est le plus petit qui prend. Et même moi, quand je ne suis pas payé, je fais en sorte toujours les sous-traitants, parce que souvent ce sont des artisans, etc., de les payer vraiment régulièrement. Mais il est sûr que des gros fournisseurs de matériel de plomberie, de sanitaire, etc., ou du matériel de couverture, les gros fournisseurs connus, le plus gros, c'est toutes les filiales de Saint-Gobain, Il est évident que... Quand nous, toutes les grosses boîtes du dessus qui nous mettent des retards de paiement, à un moment donné, nous, on fait la même chose. Parce que moi, je suis trop petit pour être une banque. Je ne peux pas financer les grosses boîtes. Vous en avez quelques-unes qui payent rubis sur l'ongle. Des grosses institutions, souvent bancaires, qui ont beaucoup d'immobilier, pour lesquels on fait beaucoup de travaux. Vous envoyez une facture le 15. À 15 jours, vous êtes payé. Mais le jour J. Donc là, il n'y a rien à dire. Après, vous avez beaucoup d'institutionnels pour qui vous faites des travaux. Et tant qu'ils n'ont pas de relance, ils ne payent pas.
- Speaker #1
Donc, tu es devenu le sport national.
- Speaker #0
Tout ça pour vous dire que le matin, quand je me lève, ma problématique, c'est la trésorerie. Il est évident que quand la trésorerie va bien, que quand l'activité va bien, que les comptes des boîtes sont tous positifs et que tous les fournisseurs sont payés, etc., vous dormez quand même sacrément plus tranquille que lorsque il n'y a plus une thune, qu'il faut commencer à se dire « Aujourd'hui, ma journée, ça va être de faire de la relance. » Et je vais passer ma journée à faire de la relance et après un tel, Globalement,
- Speaker #1
tu dors plutôt bien ?
- Speaker #0
Alors moi, j'ai une clientèle qui est extrêmement variée. Donc la moyenne fait que je dors plutôt bien. Mais ce n'est pas toujours facile. Il y a quand même eu des hauts et des bas. J'ai eu une année 2024 très compliquée parce que c'était le moment où tout le bâtiment s'est un peu cassé la figure.
- Speaker #1
Donc c'est une répercussion.
- Speaker #0
En fait, c'est une répercussion parce que moi, dans mon groupe, j'ai des boîtes de couverture, de ravalement, etc. Ce sont des boîtes qui travaillent avec les syndicats d'immeubles, les syndicats de copropriétés. Donc à un moment donné, quand toute l'économie va moins bien, les gens ont moins d'argent et votent moins facilement un ravalement de façade. C'est un impact. Une couverture, forcément, c'est un impact parce que tant qu'ils ne les votent pas, nous, on ne reçoit pas d'ordre de service de démarrage. Et du coup, on n'a pas de boulot. Les entreprises de couverture et de ravalement, c'est des cycles qui sont très longs. Vous faites un devis, trois mois après, il faut qu'il passe en AG. Souvent, comme c'est trop cher, ils se disent qu'ils vont le mettre à l'AG de l'année d'après.
- Speaker #1
C'est un cycle de vente qui est vraiment très long.
- Speaker #0
C'est un cycle qui est super long. Il faut toujours avoir un an d'avance.
- Speaker #1
D'accord. Je reviens sur ton entreprise. Tu as créé le groupe Victor Hugo en
- Speaker #0
2018. Non, en fait, j'ai racheté des boîtes. Ça a été un peu décousu, mais en gros, j'ai racheté des boîtes. à partir de 2012. Donc j'ai créé une première holding. Et en 2018, comme ça s'agrandissait avec tous les gens qui me conseillent, qui m'aident, etc., j'ai créé une autre holding, un peu plus costaud, qui s'appelle le groupe Victor Hugo. Et dans lequel, je m'amuse à dire que c'est familial, parce qu'il y a mon père et moi. Mon père, aujourd'hui, a un certain âge. mais il est toujours là au quotidien pour me filer un peu de main. Donc,
- Speaker #1
mon père est également entrepreneur ? Non, non, pas du tout. Mon père,
- Speaker #0
il était banquier. Il a fait de la gestion patrimoniale toute sa vie. Et aujourd'hui, il a 82 ans. Il vient tous les jours au bureau. Moi, je trouve ça formidable parce que, du coup, c'est ça qui maintient les gens en super santé, que ce soit mental, physique, tout.
- Speaker #1
Oui, c'est le secret.
- Speaker #0
Vous verriez, mon père, vous vous direz, il a 72 ans. Et donc voilà, et puis comme nous, j'ai la chance de vivre dans une famille, parents, frères, sœurs, etc., tout le monde s'entend bien, il n'y a pas d'engueulade comme il peut y avoir dans beaucoup de familles, donc moi il n'y a pas d'embrouille, mais zéro, donc moi je suis ravi d'avoir mon père à mes côtés au bureau, que je vois du coup très régulièrement, et donc voilà, je profite le plus possible parce que personne n'est immortel.
- Speaker #1
Tout à fait, donc en plus il y a donc un aspect familial. Il y a un aspect familial. Qui a un plus, ça renforce. Oui,
- Speaker #0
alors après, c'est vraiment, il intervient sur des sujets administratifs, etc. Mais le quotidien, c'est vraiment, c'est moi qui suis aux manettes de tout. C'est une aide et une présence, en fait.
- Speaker #1
Donc, tu as créé deux boîtes, deux structures, c'est ça ?
- Speaker #0
Oui, en fait, j'ai deux structures holding. Alors, on va dire qu'il n'y en a qu'une parce que je suis en train de les réunir. Donc, la structure holding s'appelle le groupe Victor Hugo. Et c'est sous groupe Victor Hugo qu'il y a toutes les boîtes. En fait, mon système est extrêmement simple. On ne peut pas être plus simple. C'est-à-dire que vous avez une holding qui s'endette auprès d'une banque pour racheter des entreprises.
- Speaker #1
Croissance externe.
- Speaker #0
Croissance externe vraiment classique. Dans le langage financier, on appelle ça des LBO. mais bon Voilà, moi, c'est des LBO à mon niveau.
- Speaker #1
C'est ta stratégie depuis le début ?
- Speaker #0
C'est ma stratégie depuis le début et c'est celle que je continue à mettre en place.
- Speaker #1
D'accord. On va parler justement du rachat parce que ça intéresse pas mal de nos auditeurs. On a eu beaucoup de questions là-dessus. Et comme tu as une grande expérience là-dessus, ça sera l'occasion de partager. Ça va bien. Donc, c'est ta stratégie. Tu te dis, je vais grandir, faire de la croissance externe pour faire de la croissance commerciale et me développer. Comment ça se passe sur le premier achat ? Par exemple, quelqu'un ici qui nous écoute veut racheter une entreprise. Il y a plein de réseaux comme le CRA, pour ne pas le citer, et d'autres, réseaux entrepreneurs, il y a les chambres consulaires.
- Speaker #0
Alors le CRA, en effet, il y a les chambres consulaires, il y a les chambres des métiers. mais il est vrai que le CRA... Moi, je n'ai jamais fait de stage ni quoi que ce soit au CRA parce que j'avais un peu commencé comme ça directement par un coup de chance, dont je vais t'expliquer. Mais le CRA, moi, tous mes copains qui sont passés par le CRA ont pratiquement tous trouvé des entreprises à reprendre. Et c'est vrai que je pense que c'est un moyen, l'un des moyens les plus connus. vous avez évidemment, il y a toujours quelques sites internet Je pense à Fusac, etc. Mais bon, le CRA, déjà, vous avez une formation pour vous expliquer quand on reprend une boîte. Ce n'est pas inné de reprendre une boîte. Il y a des choses à savoir. Moi, j'ai fait des erreurs comme tout le monde. Certaines qui m'ont coûté très cher. Lesquelles ? Reprendre une boîte en se disant que tout va être tout beau, tout rose au tout début. et que tout le monde va suivre et que tous les clients vont rester, et que ça va être formidable, extraordinaire, et qu'en fait, voilà, il y avait déjà quelqu'un en place et qu'il suffira de venir une fois tous les quatre jours pour gérer sa boîte. En fait, ça ne fonctionne pas comme ça. Après, je reviens sur le début, reprendre une boîte. Pour moi, c'est un avis très personnel, il y a deux possibilités. Soit vous avez une idée de génie, et donc vous créez une boîte avec votre idée de génie, etc. Soit vous vous mettez sur un créneau porteur sur lequel il y a encore de la place. Et moi, quand je me suis lancé dans le bâtiment, c'est ce que je me suis dit. Je me suis dit, OK, aujourd'hui, il y a les très gros, Bouygues, Eiffage, Vinci. Et puis après, il y a les moyens, Fayal, Léon Grosse, etc. Et puis... Après, il y a les artisans et puis il y a les boîtes moyennes. Mais en fait, c'est sur ces boîtes-là qu'ils demandent à être développés.
- Speaker #1
C'est ton positionnement.
- Speaker #0
C'était mon positionnement. Et puis, quand j'ai commencé, il commençait à y avoir la fin du fameux baby boom. Et donc, je suis arrivé il y a 15 ans. Et encore maintenant, il y a pas mal d'entrepreneurs qui vendent leurs boîtes. Certains ne savent même pas qu'ils peuvent la vendre et arrêtent leur boîte, ce qui est complètement idiot. Voilà, et ceux qui ont des entreprises dignes de ce nom peuvent les vendre. Quand vous rachetez une boîte, si on part sur le principe de racheter des boîtes, vous avez plusieurs possibilités et surtout, quelle vision vous avez de l'avenir ? Moi, la vision que j'avais, une fois de plus, c'est une vision qui ne me concernait que moi. C'était de me dire, je vais monter un petit groupe, je vais essayer de me fixer un objectif de chiffre d'affaires, etc. Mais sans que ce soit non plus démesuré, parce que je connais mes capacités, et je sais que demain, atteindre 50-60 millions d'euros de chiffre d'affaires, potentiellement, en rachetant plein de boîtes, je pourrais, mais je n'ai pas envie. Je n'ai pas envie parce que je préfère être chez moi, tranquille, tout seul. Moi j'ai pas de fonds d'investissement.
- Speaker #1
Ah t'as pas envie parce que tu veux rester indépendant tout le temps ? Moi je suis complètement indépendant. Tu vas pas porter un indépendant ?
- Speaker #0
Moi tout m'appartient à 100%.
- Speaker #1
Oui parce que tu dis qu'à un moment donné...
- Speaker #0
Les seuls à qui je dois un peu de sous, c'est les banques, qui m'ont prêté pour acheter des boîtes. Mais en soi, j'ai pas de fonds d'investissement, j'ai de compte à rendre à personne, je fais ce que je veux. Et j'ai envie que ça reste comme ça.
- Speaker #1
T'es vraiment chez toi ?
- Speaker #0
Je suis chez moi. Ouais. Donc ça veut dire que quand vous êtes comme ça, voilà, si vous voulez grossir, il y a plein de moyens. il y a des groupes Et c'est tout à leur honneur. Il y a un ou deux groupes qui sont connus dans Paris qui ont grossi très, très vite en rachetant des entreprises à tour de bras qui, aujourd'hui, font, je prends des fourchettes larges, mais entre 2 et 300 millions d'euros de chiffre d'affaires. Oui,
- Speaker #1
mais qui ont plus de 60 entreprises de rachat, je crois.
- Speaker #0
Exactement. Exactement. Donc voilà. Après, c'est bravo à eux. Voilà. Moi, c'est pas mon concept. Ils ont des fonds d'investissement, des trucs, etc. Eux, aujourd'hui, ils sont plus dans de la... Ils gèrent de la stratégie de haut vol. Est-ce que je rachète cette boîte, etc. ? Ils ont les fonds pour racheter des très grosses boîtes maintenant. Voilà. Et c'est très bien comme ça. Mais moi, ce n'est pas ma vision du truc. Moi, je veux rester tranquille chez moi. Je veux développer mon petit groupe. Il est évident qu'un jour, je vais avoir 50 ans bientôt. donc euh Il est sûr qu'entre 55 et 60 ans, je me poserai la question certainement de céder le groupe. Mais pour l'instant, on est encore loin. J'ai encore beaucoup de choses à faire. Donc moi, ma vision, c'était de racheter des petites entreprises à taille humaine en faisant très attention que... Donc ça, c'est un conseil que je donne à tous les auditeurs. Pour moi, la première chose quand je reprends une entreprise, c'est de voir... de quelle manière le dirigeant actuel est impliqué. Si vous achetez une boîte qui fait un million d'euros de chiffre d'affaires et que le dirigeant, il a avec lui une assistante et quatre collaborateurs, ou six collaborateurs, et que le dirigeant vous dit « Moi, je vous accompagne pendant deux mois et au bout de deux mois, je m'en vais. » Vous savez qu'une boîte qui fait un million d'euros de chiffre d'affaires où il n'y a pas de backup dans la boîte, forcément, le dirigeant connaît tous ses clients par cœur. Il passe son temps à les bouffer avec eux, à les emmener en week-end, etc.
- Speaker #1
C'est un risque.
- Speaker #0
Et donc, c'est un risque parce que, en fait, le dirigeant dans le monde des rachats d'entreprises s'appelle l'homme-clé. Et donc, l'homme-clé est bien trop important pour qu'il fasse un mois d'accompagnement et qu'il s'en aille. Et en fait, qu'est-ce qui va se passer ? Il va vous accompagner pendant un mois ou deux. Et puis après, il va vous dire, ne vous inquiétez pas, bien sûr, je serai toujours joignable, vous pouvez toujours m'appeler, etc. Sauf qu'il va partir, forcément, il part à la retraite avec son... le billet qu'il a pris en vendant sa boîte. Mais au quotidien, vous vous retrouvez avec l'assistante qui souvent est aussi liée de près ou de loin avec le dirigeant. Et ce qui est affectif, souvent dans les petites entreprises, ça peut être sa femme. Ça arrive très souvent. Ça peut être quelqu'un de sa famille, sa sœur, une nièce, etc. Qui dit qu'elle va rester, mais peut-être, en fait, le dirigeant lui a dit, tu restes 8 mois, et puis voilà. Donc, c'est très casse-gueule. Très casse-gueule, parce qu'à un moment donné, vous vous retrouvez avec une boîte que vous avez achetée à un certain prix. Il faut quand même la rembourser.
- Speaker #1
Donc, il faut que l'homme-clé soit pas trop clé, quoi.
- Speaker #0
Donc, il faut que l'homme-clé soit pas trop clé. Et c'est là toute la difficulté.
- Speaker #1
Et comment tu fais pour savoir ?
- Speaker #0
Alors, donc, du coup, il y a plusieurs manières de racheter des entreprises. Moi, j'ai toujours racheté des entreprises de deux manières. soit il y a assez de personnes pour que quand le dirigeant parte, il y a une personne sous lui qui peut prendre sa place et qui connaît l'entreprise par cœur, qui connaît les clients, qui connaît les architectes, qui connaît bien tous les collaborateurs, etc. Encore faut-il que tous les collaborateurs acceptent que ce gars-là, qui était au même niveau qu'eux, passe au stade du dessus. Donc il y a toujours beaucoup de difficultés. Excusez-moi. Mais quand vous trouvez une entreprise où la personne, vous savez qu'il y a la bonne personne qui va pouvoir la diriger, déjà, vous êtes tranquille. Donc déjà, vous pouvez aller à l'étape d'après. Est-ce que les banques vont pouvoir financer ? Est-ce que ceci ? Est-ce que la clientèle ? Est-ce que la Tréso ? Sur la clientèle,
- Speaker #1
tu épluches toute la clientèle un petit peu quand même. On n'épluche pas toute la clientèle,
- Speaker #0
mais moi, typiquement, j'ai souvent acheté des boîtes où... la clientèle n'était pas forcément que des particuliers, parce que c'est toujours compliqué de travailler avec une clientèle de particuliers. B2B essentiellement. Il faut travailler B2B essentiellement. Moi, je fais à 80%, 85% du B2B, et j'ai 15% de particuliers parce que j'ai des entreprises, notamment une entreprise tout corps d'État, qui refait beaucoup d'appartements, etc., donc qui est une entreprise destinée, qui a des clients institutionnels, mais qui fait aussi des particuliers. Quand on va acheter une boîte, il y a l'homme clé et d'une importance folle avant toute chose, avant de regarder les bilans de l'entreprise, savoir quel poids il a dans l'entreprise.
- Speaker #1
Quand le poids te semble trop important, il y a une espèce de warning ?
- Speaker #0
Quand le poids est trop important ou quand je vois que sur des prix d'entreprise, ça va un petit peu avec le chiffre d'affaires. Plus le chiffre d'affaires est bas, plus forcément l'homme est clé. Je vais te donner un exemple qui est très précis. J'ai rencontré il y a 15 jours, je suis en train de refaire un hôtel actuellement dans lequel on crée un ascenseur. Et donc, pour créer un ascenseur, il faut faire ce qu'on appelle la maçonnerie de l'ascenseur. La cage, la cuve dans laquelle il y aura le moteur, etc. Et je discute avec le maçon, qui est un sous-traitant de l'ascensoriste, qui fait le truc et qui est un gars d'un certain âge, très gentil, et qui me dit, de toute façon, moi, c'est un de mes derniers chantiers parce que je pars à la retraite. Je lui dis, ah bon ? Vous partez à la retraite, mais à votre entreprise, etc. Comme je vous ai dit tout à l'heure. Comme je t'ai dit tout à l'heure, le gars me dit, je vais partir à la retraite parce que je suis portugais et j'ai 62 ans, ça fait 40 ans que je bosse, j'ai qu'une envie, c'est de repartir au Portugal. Et j'en ai ras-le-bol, etc. Je lui dis, ça m'intéresse, etc. Et je lui dis, votre boîte, qu'est-ce qu'elle fait comme chiffre d'affaires, c'est quoi votre clientèle, etc. Il me dit, moi je fais entre 5 et 600 000 euros de chiffre d'affaires, donc petite boîte, j'ai 4 salariés et je suis spécialiste. de la maçonnerie d'ascenseur. Je travaille pour tous les ascensoristes parisiens, et donc c'est vraiment une niche. Et je lui dis, qu'est-ce que vous allez faire de votre boîte ? Il me dit, je comptais l'arrêter, etc. Et je lui dis, mais vous ne voulez pas la céder ? Ou au moins vendre le fonds de commerce ? Ou vendre la boîte ? Etc. Il me dit, c'est vrai, je n'avais pas pensé. C'était il y a dix jours. Et donc je lui dis, on peut peut-être regarder, etc. Donc je l'ai rappelé derrière, on a discuté cinq minutes. Et en fait, il m'a confirmé, il m'a dit non, mais moi, je veux bien vendre ma boîte, etc. Mais j'accompagne trois semaines, un mois et puis je pars au pays. J'arrête, j'en peux plus, etc. Et donc, je lui ai dit en fait, ça ne peut pas marcher parce que en un mois, vous n'avez pas le temps de rencontrer toute la clientèle, tous les ascensoristes, avoir la connaissance du métier. Il vous explique que dans sa boîte, sur les quatre compagnons qu'il a, il n'y en a pas un qui potentiellement peut prendre un petit peu le relais, c'est faire des devis, etc. Donc en fait, ça c'est typiquement le bon exemple. Soit vous êtes maçon et vous voulez reprendre une petite boîte comme ça, franchement pas très cher, il y a tout à faire et c'est top. Soit vous n'êtes pas maçon dans l'âme et vous passez votre chemin. Parce que typiquement, le gars il va partir, le chiffre d'affaires il va passer de 600 000 à 200 000 euros en 4 mois. Oui,
- Speaker #1
il va fondre. En fait, il faut que dans la boîte, il y a une autre personne justement sur laquelle tu peux t'appuyer. Alors voilà,
- Speaker #0
ça c'est la première possibilité. Et la deuxième possibilité qui est très simple, c'est la personne reste. Elle reste associée avec vous. J'ai racheté au mois de février une entreprise de couverture et de plomberie qui d'ailleurs était lorgnée par les groupes dont nous discutions tout à l'heure. Et en fait, ce que j'ai fait, c'est que j'ai racheté 70% de l'entreprise. Le dirigeant qui a 62 ans, qui est en pleine forme, a gardé 30%. Et comme ça, on s'est fixé 3 ans, mais peut-être que dans 2 ans, il en aura ras-le-bol et peut-être que dans 8 ans, il sera toujours là. On ne sait pas de quoi l'avenir est fait. Et ça marche ? Et ça marche. Depuis le mois de février, ça marche parfaitement bien. Lui, il s'est libéré de toute la partie administrative, juridique, sociale, les payes, les règlements fournisseurs, les comptes en banque, etc. Parce que quand je reprends l'entreprise, c'est la première chose. On reprend tout ça avec mes équipes. Et donc lui, aujourd'hui, il n'a plus qu'à faire ce qu'il adore, c'est-à-dire aller bouffer avec des archis, voir des clients, faire des devis. L'entreprise est très bien structurée. Et donc, par la force des choses, ça va bien se passer, puisqu'il y a du nouveau chiffre d'affaires qui va arriver.
- Speaker #1
Il développe.
- Speaker #0
L'entreprise va se développer. Sauf que là, ces deux dernières années, je ne vais pas dire qu'elle s'endormait sur ses lauriers, mais on arrivait à avoir une belle endormie finalement, parce que quand ça fait 30 ans que vous gérez votre boîte, que vous avez des habitudes, des trucs et tout, certaines sont bonnes, d'autres sont moyennes. Donc ça, typiquement, c'est le cas. C'est fantastique pour moi pour reprendre une entreprise où le dirigeant reste. Là, je suis en train de regarder deux autres entreprises à reprendre. Une qui est assez grosse, où il y a une quarantaine de salariés, ce qui est un peu plus gros que les entreprises que je regarde d'habitude. Et typiquement, là, j'ai rencontré un peu les têtes pensantes. Le dirigeant est une personne qui a un certain âge, qui partira. Et typiquement, dans les têtes pensantes de l'entreprise, dans les 40, vous avez toujours un directeur travaux. Un directeur maintenance, un directeur je ne sais pas quoi.
- Speaker #1
Parce que là, c'est fait autrement.
- Speaker #0
Exactement. Et donc là, là-dedans, je sais que potentiellement, il y a une personne qui pourra prendre la suite. Après, je sais que je peux aussi faire un recrutement pour une boîte de cette taille-là et faire venir quelqu'un de l'extérieur pour diriger la boîte. Parce qu'il n'y a pas d'intitut personnel.
- Speaker #1
Mais en fait, c'est ça. C'est vraiment un retien. C'est que si jamais l'homme, le chef d'entreprise... En fait, le mot,
- Speaker #0
c'est le mot que je cherchais tout à l'heure. Si l'intitulé personnel... est trop important, il faut vraiment faire très attention.
- Speaker #1
Voilà, et il faut pouvoir s'appuyer sur quelqu'un d'autre.
- Speaker #0
Et il faut pouvoir s'appuyer sur quelqu'un d'autre, à minima, qui connaît l'entreprise, etc. Donc pour moi, la meilleure façon aujourd'hui, c'est si le dirigeant est bien sûr d'accord. Moi, quand un dirigeant me dit, bon, je veux bien vous vendre ma boîte, mais j'ai envie de bosser encore, je ne me sens pas du tout de rester à la maison, je ne sais pas quoi faire, je suis en pleine forme. C'est le meilleur des scénarios.
- Speaker #1
Et ça marche, parce que moi, j'entends des fois... Des discours un peu inverses, où justement, quand l'ancien chef d'entreprise reste, des fois, ça peut être compliqué pour manager, pour marquer...
- Speaker #0
Exactement. En fait, c'est... Après, c'est quelque chose qui ne s'apprend pas. C'est une question de feeling. C'est comment vous sentez la personne. Moi, cette personne, en l'occurrence, et la personne dans les autres boîtes, et dans les autres boîtes que j'ai rachetées avant, si vous sentez la personne, Il est évident que c'est plus facile de faire monter quelqu'un que de rester avec le dirigeant qui a toutes ses habitudes, etc. Mais moi, typiquement, les dirigeants, avant de racheter leur boîte, je vais souvent déjeuner avec eux, régulièrement, et je leur dis, à chaque fois que je les vois, est-ce que tu es certain que tu vas accepter le matin en pleuvant que tu continues à bosser dans ta boîte, mais ce n'est plus toi qui es aux manettes ? C'est plus toi qui as la carte bleue de la boîte, c'est plus toi qui vas aller sur les comptes tous les matins.
- Speaker #1
Tu les prépares psychologiquement, tu les projettes.
- Speaker #0
Et bien sûr, et je leur dis, et quand au bout de la huitième fois, la personne vous dit, Cédric, j'y ai réfléchi, je suis ok, ça me va, machin, etc. Bon, à un moment donné, on y va, parce que sinon, il ne se passe jamais rien. Et donc, voilà. Ça m'est arrivé de rencontrer des dirigeants où je sentais qu'ils étaient tellement accros à leur boîte que ça allait être compliqué. Dans ces cas-là, vous trouvez une excuse ou une porte de sortie. C'est pas grave, vous n'êtes pas obligé de racheter toutes les boîtes. C'est compliqué de reprendre des boîtes parce qu'il faut trouver ce qui vous correspond.
- Speaker #1
Il y a l'aspect chiffre, il y a l'aspect feeling. Exactement. Donc en fait, il faut être bon dans les deux. Exactement.
- Speaker #0
L'aspect chiffre, évidemment, est très important parce que souvent, les chefs d'entreprise vivent sur leurs entreprises. proprement parlé, ont leur salaire, font passer des frais, les bagnoles, les trucs, les machins, bref. Et donc, ce qui est difficile quand vous reprenez une boîte, c'est de jauger dans les comptes quelle est l'importance de tout ça. Vous avez des gens qui prenaient dans leurs entreprises des salaires énormes, et donc forcément l'entreprise était à plat régulièrement à la fin de l'année. Et donc, quand je dis à plat, c'est-à-dire avec des bilans proches de zéro. Et donc là, c'est sûr que quand vous reprenez une boîte comme ça et que vous allez présenter les bilans aux banques, c'est difficile de leur expliquer qu'en fait, la boîte vaut quelque chose alors que... Bon, alors après, il y a aussi... Les banques savent que le dirigeant va peut-être réduire son train de vie, etc. Et donc tout ça, c'est ce qu'on appelle retraité. des sommes, donc vous le retraitez dans le bilan, c'est-à-dire que vous dites, c'est retraité de manière à ce que ça fera du résultat après. S'il remontait 5 000 euros tous les mois sur sa holding et qu'il s'en va, ça fait 60 000 euros par an, ces 60 000 euros par an, vous n'aurez pu aller payer. Ça peut peut-être servir à rembourser le crédit de la banque.
- Speaker #1
Oui, que tu peux réinvestir.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Très bien. Une dernière chose, lorsque tu identifies une boîte, est-ce que tu fais systématiquement, est-ce que tu es accompagné par un expert comptable, en tout cas par des financiers ? Pour la première boîte, quelqu'un veut reprendre une entreprise, est-ce que tu conseilles ? On avait dit tout à l'heure, c'est le réseau CERA. qui est un réseau qui est plus que correct, tout à fait valable, qui peut vraiment t'accompagner, qui a une sphère autour de lui qui permet d'avoir les bonnes personnes au bon moment. Exactement. Et est-ce que tu conseilles aussi de faire cette expertise financière ?
- Speaker #0
Alors moi, je pense que pour la première boîte qu'on va reprendre, c'est indispensable.
- Speaker #1
C'est la plus dure, non, la première boîte ? On dit ça souvent.
- Speaker #0
Oui, mais en fait, la difficulté, c'est de la trouver.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Mais après, quand vous êtes dans un secteur, je ne sais pas moi, vous dites, moi j'adore la plomberie, donc je vais essayer de racheter une boîte de plomberie. Il ne fait que de la plomberie. En fait, des boîtes de plomberie, sur le papier, il y en a certainement des tonnes à vendre. Mais il y a aussi bien des artisans que des moyennes-battes. Après, les très grosses boîtes de plomberie, celles où vous avez 150 personnes qui ne font que ça, elles sont trustées par les gros groupes, machin, donc ça, vous oubliez. Mais quand vous voulez racheter une boîte... Que ce soit dans la pleurerie ou dans un autre domaine, je pense qu'il faut se faire accompagner parce que lire un bilan, même moi au bout de la huitième boîte rachetée, lire un bilan dans le détail, savoir exactement, etc. C'est exactement ce que tu viens de dire. Chacun son métier. Quand vous reprenez une boîte et que moi, je suis plutôt dans l'exploitation des boîtes. Moi, ce qui m'intéresse, c'est quand je vois une boîte, ce que je regarde, c'est OK, il y a combien de bonhommes ? Il y a combien de voitures ? Combien il paye d'assurance ? Parce que moi, j'ai un regard où je sais où est-ce que je vais pouvoir aller chercher des coûts, des trucs, etc. Après, comment il achète ? Comment c'est chiffré ? Quel co-FIM est-il ? Mais après, lire un bilan à proprement parler, je veux dire, ce n'est pas donné à tout le monde. Savoir exactement si les stocks, est-ce qu'ils sont réels ou pas ? Tout ce qui est immobilisé, est-ce que ça l'est vraiment ? Il y avait une petite ligne de loyer. Qu'est-ce que c'est ? On se rend compte que c'était un garage pour madame dont le loyer passait sur la boîte, etc. Ce n'est pas grave, mais si vous ne connaissez pas, vous ne pouvez pas le deviner. Donc, il faut se faire accompagner. Le CRA, une fois de plus, je ne connais pas bien les entrailles de la machine CRA, mais je sais que je crois qu'il y a beaucoup de bénévoles qui aident et qui sont capables, etc. Mais après, tout le monde... A, dans ses copains, dans ses relations, etc., peut trouver un ami dont le père est peut-être, je ne sais pas, moi, chef d'entreprise et qui connaît un bon comptable qui peut filer un coup de main, ne serait-ce que pour faire juste une première lecture rapide en disant « Voilà, là déjà, je vois que vous devez toucher en client 200 000 euros et en dette fournisseur, il y a 350 000. » Déjà, il y a un problème.
- Speaker #1
Pour le futur repreneur, c'est primordial. D'abord, c'est d'avoir une première lecture des chiffres, grâce à un expert, d'une autre manière. Et puis après, il y a tout ce que tu disais avant, c'est de voir la composition, si jamais il y a un homme-té, etc. Exactement. Et l'équipe.
- Speaker #0
Exactement. Le plus important, c'est... La première chose, c'est les chiffres. Parce que les chiffres... La compta ne se trompe pas. Sauf si... le mec est un énorme escroc et qu'il a magouillé tous ces chiffres, ce qui existe aussi dans le bâtiment, beaucoup. Donc il faut aussi se méfier de ça, c'est pour ça qu'il faut faire super gaffe. Mais après, des boîtes qui ont un peu, des entreprises qui ont un petit peu pignon sur rue, en général, les gens font attention et l'URSSAF et la TVA sont réglées en temps et en heure. Mais voilà, la première chose, c'est en effet les chiffres. Après, c'est les chiffres, l'intitulé personnel du dirigeant, ses collaborateurs, etc. La difficulté, c'est de savoir si vous allez reprendre une boîte de 4 personnes ou une boîte de 12 personnes. C'est complètement différent. Parce que dans la boîte de 4 personnes, si il y en a 2 qui s'en vont, vous êtes cuit.
- Speaker #1
Et puis là, l'homme clé, il est d'office. Voilà, exactement.
- Speaker #0
Et puis il fait tout. C'est lui qui fait les devis, c'est lui qui répond au téléphone, c'est lui qui fait la facturation, c'est lui qui fait tout. Dans une boîte de 12 personnes, je prends 12, je pourrais dire 14 ou 13. Ou 9, mais une boîte entre 10 et 20 personnes, déjà, vous avez un peu plus de matière. Donc, il y a un peu plus de collaborateurs. Voilà, s'il y a une assistante qui s'en va, ce n'est peut-être pas trop grave, on peut peut-être la remplacer. S'il y a un collaborateur qui s'en va, bon, bref, donc vous n'êtes pas dépendant. Donc, quand vous rachetez une boîte, en fait, il y a plein de critères à vérifier. Le premier, là où tu as raison, c'est le critère financier. L'intitulé personnel et dirigeant, j'insiste vraiment là-dessus,
- Speaker #1
mais c'est d'une importance capitale. On n'en parle pas beaucoup.
- Speaker #0
On n'en parle pas beaucoup, mais c'est d'une importance capitale. C'est mon expérience. C'est mon expérience, mais en fait, ça devrait être l'expérience de tout le monde. Si vous reprenez une boîte dans laquelle il y a six personnes et que le dirigeant fait absolument tout, le mec, quand il s'en va, il faut savoir tout faire. Et ce n'est pas en un mois qu'on apprend à gérer une boîte que le mec a créée il y a 25 ans. Et puis sa manière de fonctionner avec les clients, qui y voient beaucoup, est-ce qu'il les emmène en voyage, est-ce qu'il n'offre jamais rien, est-ce qu'il offre des bouteilles de champagne à l'un et pas à l'autre, est-ce qu'il va tout le temps déjeuner avec l'un parce que c'est devenu son grand pote, et que s'il s'en va, le pote...
- Speaker #1
C'est le risque, c'est que tu reprends une boîte et que la deuxième clientèle part. C'est le risque. C'est pour ça que... T'as constaté ?
- Speaker #0
Alors... Ça peut arriver. J'ai racheté une entreprise de couverture et de plomberie en 2020 ou 2021, pendant le Covid. Je me suis vite rendu compte que ça allait être compliqué à récupérer, parce qu'il y en avait plein, parce qu'il avait des relations avec, où c'est compliqué, et puis il y avait des archis qui avaient un certain âge, donc qui allaient partir à la retraite. Donc j'ai pris une décision radicale, typiquement dans cette entreprise. Il y avait une dizaine de coubreurs et il y avait trois plombiers. J'ai arrêté la plomberie. Et je me suis focalisé sur la couverture. Et on a développé la couverture. Aujourd'hui, cette entreprise, elle fait le même chiffre d'affaires qu'à l'époque en faisant 100% couverture. Et quand il y a de la plomberie, elle la sous-traite à d'autres boîtes du groupe parce que c'est facile. Et il se trouve que les deux plombiers qui avaient, ou les trois plombiers, adoraient la couverture et qu'aujourd'hui, ils se sont devenus d'excellents couvreurs.
- Speaker #1
Ils se sont reconvertis.
- Speaker #0
Ils se sont reconvertis chez nous et se sont devenus d'excellents couvreurs. Donc aujourd'hui, vous avez un responsable de l'entreprise. C'est une entreprise qui ne fait que de la couverture. Avec forcément qu'on fait une couverture tantôt, vous avez des descentes, des trucs, etc. Donc vous avez toujours un peu de plomberie. Mais voilà, donc typiquement, tout ça pour vous dire que j'ai axé la boîte et j'ai pris la décision parce que je pouvais me le permettre. En amont, au début. Non, pendant que le dirigeant m'accompagnait. Et je me suis rendu compte que cette partie plomberie, je trouvais que les mecs n'étaient pas assez occupés, etc. Donc à un moment donné, j'ai coupé. Après, je l'ai aussi fait parce que je pouvais le faire, que j'avais d'autres boîtes à côté, que je pouvais récupérer la plomberie, etc. La culture que ça aurait été pour une première boîte, c'est compliqué.
- Speaker #1
Et donc, tes boîtes, tu les trouves comment ? Il y a différents réseaux, il y a le off, il y a tes rencontres. Les boîtes,
- Speaker #0
je ne les trouve que par opportunité. Et quand je dis opportunité, c'est-à-dire que je n'ai jamais... J'ai jamais cherché en tapant sur internet boîte à vendre.
- Speaker #1
En Boncoin t'as pas trouvé ?
- Speaker #0
Non j'ai pas trouvé, mais si ça se trouve il y en a. Mais je pense que ceci dit, sur le Boncoin il y a des fonds de commerce à vendre. Des fonds de commerce, ouais, mais pour le type de boîte que tu cherches. C'est différent mais... Donc en fait, oui, tout vient du réseau. Tout vient du réseau, un de vos collaborateurs qui vous dit tiens j'ai été chez un fournisseur. Qui m'a dit que... Le gars d'avant, peut-être, etc. Après, les groupes dont on discutait tout à l'heure, eux, ils ont une force de frappe qui est très importante. Donc, ils envoient des courriers. Ils appellent toutes les boîtes de Paris. Et puis, de temps en temps, ça mord. Et puis, de temps en temps, un peu moins. Je me suis retrouvé deux fois en phase 2 avec des boîtes que j'ai pu acheter moi parce que le dirigeant n'avait pas envie de rejoindre un énorme groupe dans lequel il allait devenir la 62e ou la 63e boîte. Quand bien même, souvent, ils proposent des sommes plus importantes parce qu'ils ont les fonds derrière, qu'ils ont de l'argent, etc. Il y a des dirigeants, moi, les boîtes que j'ai vues, les dirigeants, tous les gens ne sont pas omnubilés par l'argent. Parce qu'il y a ce que vous allez toucher, mais il y a aussi ce qui va se passer derrière. Donc un dirigeant, de temps en temps, il préfère peut-être toucher un petit peu moins, mais accompagner pendant 3-4 ans, continuer à toucher, avoir une carte bleue de la boîte, etc. On ne laisse pas humain compte. Voilà, exactement. Donc moi, j'ai toujours... Je vais te donner un exemple hyper concret. La dernière entreprise que j'ai achetée au mois de février, en discutant, on discute souvent avec le dirigeant parce qu'on s'entend très bien. Et je lui ai dit, la boîte de ravalement que j'ai dans le groupe, elle est un peu sur une jambe parce que le dirigeant que j'ai gardé et qui est toujours là, typiquement... Donc lui, il était dirigeant, il est devenu dirigeant salarié. C'est toujours lui, mais demain... En fait, demain, il s'en va. Je ne devrais pas le dire, mais je suis mort. Parce que c'est lui qui connaît tous les clients, etc. Bon, normalement, ça fait cinq ans qu'on fonctionne comme ça. Ça se passe bien. Il a encore quelques années devant lui. Mais c'est trop risqué. Et donc, je cherche. Il faut absolument que je rachète une entreprise de ravalement pour adosser les deux boîtes, pour avoir un vrai pôle ravalement. Sachant que le ravalement, c'est dans Paris, j'en aurai jusqu'à la fin de mes jours. Et les générations d'après aussi. Pour le ravalement, oui, bien sûr. Le ravalement couverture, c'est des métiers... Voilà. Et donc, en discutant... avec le dirigeant de la boîte que je viens de racheter. Il me dit, mais moi j'ai un copain, il a une boîte de ravalement qui fait 3-4 millions d'euros de chiffre d'affaires. Je lui ai expliqué comment on avait fait tous les deux. En plus, ça l'intéresserait peut-être de rester et de faire le même système, etc. Bon ben voilà, et donc je suis censé le rencontrer le mois prochain. D'accord, donc de rencontre. Voilà, mais tout ça pour vous dire, à force d'en parler, onche à oreille. D'où le port-pité, c'est ce que tu disais. Exactement. C'est vraiment ça. Exactement. Après, moi, je dis à tous mes patrons de boîtes, je leur dis, si vous entendez, si un architecte vous dit, tiens, j'ai un copain qui va peut-être... Voilà, moi, je suis à l'écoute de tout. Après, je fais comme les grands groupes, etc. Je trie. Mais bon an, mal an, des entreprises à vendre, je regarde des dossiers, j'en regarde, je ne sais pas, deux, trois par mois. Mais sur les deux, trois par mois, j'en achète une ou deux entreprises par an. Parce que je n'ai pas envie d'aller. Je ne pourrais pas diriger à 28 boîtes à la fois. Là,
- Speaker #1
tu as acheté 6 boîtes, c'est ça ?
- Speaker #0
Aujourd'hui, j'ai 6 boîtes. J'ai 6 réelles boîtes. Après, j'ai des petites boîtes à côté. D'accord.
- Speaker #1
Et le but, c'est quoi ? Tu penses...
- Speaker #0
Je n'ai pas de but, en fait.
- Speaker #1
Il y a une opportunité qui arrive et tu vois quoi.
- Speaker #0
En fait, tant que ça m'amuse de racheter des boîtes et de continuer, je le ferai.
- Speaker #1
Et que ça a du sens.
- Speaker #0
Et que ça a du sens, exactement. Aujourd'hui, le petit groupe que j'ai monté... Les groupes dont on discutait tout à l'heure, etc., m'ont déjà appelé à plusieurs reprises en me disant « le jour où tu es vendeur, je suis acheteur » .
- Speaker #1
Pour acheter ton groupe.
- Speaker #0
Pour acheter mon groupe. Donc moi, je n'ai aucun problème. Aujourd'hui, je continue à développer. Je leur ai dit d'ailleurs, je les ai eus au téléphone un peu plus tard, un de ceux de tous ces groupes qui rachètent pas mal de boîtes. Donc j'ai eu au téléphone il y a un mois. Et je lui ai dit, je lui ai dit, je saurais vous appeler le moment venu, mais pour l'instant, voilà, j'ai 50 ans, si je vends pas... Il n'y a pas de vendeur. Non, mais qu'est-ce que je vais faire ? Je ne vais pas rester chez moi à regarder la téloche. Et puis voilà, tous les gens, dès qu'ils ont trois sous, ils disent qu'ils vont faire de l'immobilier. Mais ça veut dire quoi faire de l'immobilier ? C'est des cycles hyper longs. C'est pour acheter un petit appart et le retaper, le revendre. Je préfère m'occuper de mes boîtes.
- Speaker #1
Et Cédric, alors, tu rachètes une boîte les 100 premiers jours. Les 100 premiers jours, quand tu rachètes une boîte, tu fais quoi ? C'est-à-dire que tu passes du temps avec le personnel ? Tu as déjà identifié le personnel ? Comment ça se passe ?
- Speaker #0
Exactement. Après, c'est très différent entre le moment où vous rencontrez le personnel au début et ce que sont réellement les gens au fil du temps. Forcément, quand vous rencontrez les gens au début, c'est un peu comme vous allez à un entretien d'embauche. Vous êtes tout beau, tout propre. etc. Tout va bien dans le meilleur des mondes. Après, le personnel, ça reste le personnel comme dans toutes les boîtes de France et de Navarre. Quand vous reprenez des entreprises, vous avez des gens qui bossent, vous avez des gens qui sont sérieux. Et puis, vous pouvez avoir une brebis galeuse ou des gens qui arrivent, qui sont à trois mois de la retraite, etc. qui freinent un peu des cas de fer, qui ne vont pas changer leurs habitudes pour les cinq derniers mois. Ça m'arrive très régulièrement, mais ce n'est pas très grave. Je sais qu'au bout de cinq mois, ils sont à la retraite. Je leur demande juste de finir le truc correctement. Mais les 100 premiers jours, je dirais déjà que le premier mois...
- Speaker #1
Ils sont importants, les 100 premiers jours ?
- Speaker #0
Ils sont très importants, surtout le premier mois. Montrer qu'on est là, qu'on a repris le truc en main. Et après, voilà, là, on rentre tout de suite dans du management. Parce que forcément, le patron a annoncé à ses équipes qu'il avait cédé toute ou partie de son entreprise. Donc les gens, forcément, sont complètement déboussolés parce qu'ils sont habitués à avoir le même patron depuis des années et des années. Donc il ne faut pas arriver avec ses gros sabots, comme un gros lourdingue, machin, en disant « Salut, c'est moi maintenant » . Non, ça se fait en douceur. Toutes ces transitions se font en douceur. C'est pour ça que ce sont des process qui sont longs. Mais les 30 premiers jours, c'est hyper important pour tout de suite essayer de voir qu'est-ce qui va, qu'est-ce qui ne va pas. Évidemment, de temps en temps, il faut un peu plus. Mais là, voilà. Après, vous découvrez des trucs. Là, la dernière entreprise que j'ai reprise, il se trouve que dans tous les salariés, je regardais les bulletins de salaire. Et il y en a un, ça fait des mois et des mois que le bulletin de salaire est à zéro. Et donc je lui dis, mais je lui dis, c'est qui ce gars-là ? Pourquoi ce machin ? Et en fait, il me dit, mais en fait, ça fait depuis 2022 qu'il est en prison. Il a fait des conneries, je ne sais pas quoi. Le mec est en taule. Mais il est toujours dans la masse. Il est toujours dans les effectifs et trucs. Je lui dis, mais il m'a dit, oui, mais parce que typiquement, parce qu'on ne s'en est jamais occupé. Parce qu'en fait, c'est chiant de gérer, c'est de la paperasse administrative. Donc il est tout le temps là. Mais en fait, il n'est plus payé. Donc il est à zéro. mais Si vous regardez les coûts, ça fait quand même un bulletin de salaire tous les mois. Un bulletin de salaire, c'est 24 ou 25 ou 26 euros. Multiplié pour toute l'année, ça fait 300 balles. Et puis au bout de 10 ans, s'il est toujours là, ça fait 3000 balles. Pour un mec qui est en taule. Donc on découvre plein de trucs. Sur le parc automobile, en fait, il y a trois bagnoles. Elles sont complètement HS. Elles sont dans le fond du parking, pleines de poussière. Mais on continue de payer les assurances. C'est idiot. Je veux dire, on appelle, il y a des numéros de téléphone partout sur les feux rouges à Paris. On appelle le mec, il vous file 50 euros, il prend la bagnole, vous arrêtez les assurances. Donc, les 30 premiers jours, vous découvrez l'environnement de l'entreprise, tout ce qui va, ce qui ne va pas, qu'est-ce que vous pouvez changer, etc. Il faut vraiment fouiller, quoi. Il faut fouiller, mais il faut fouiller partout quelles sont les habitudes. Moi, j'ai une habitude que je fais avec mon directeur financier, qui connaît par cœur maintenant, donc je n'ai même plus besoin de lui dire. Quand il arrive dans une boîte, il prend les relevés bancaires. Et il regarde les 5 mois de dernier relevé bancaire. Et il regarde toutes les lignes. Ça en fait.
- Speaker #1
Ce n'est pas une chose que tu demandes avant ?
- Speaker #0
Toutes les lignes. Non, parce qu'avant, j'ai les bilans, les comptes, etc. Et puis, c'est délicat avant même d'avoir acheté une entreprise de dire, filez-moi vos relevés de comptes. Donc, tu arrives,
- Speaker #1
tu demandes les relevés de comptes.
- Speaker #0
Donc, on regarde les relevés de comptes. Et puis, en fait, sur 3-4 mois, vous faites ligne par ligne. Et vous voyez absolument tout. Vous pouvez tout relever. Mais ça, c'est quoi ? Non, mais typiquement, et ça, je vois... Je vois que tous les mois, il y a 126 euros à un truc. On ne sait pas trop ce que c'est. Vous vous rendez compte que c'est un abonnement d'un truc qui était pour les anciens locaux. Mais vous payez 126 euros tous les mois. Je prends un exemple comme ça. Mais il y a des exemples comme ça. Il y en a des tonnes. Et vous vous rendez compte que la téléphonie, vous payez 400 euros de frais de téléphone mobile par mois chez Orange ou SFR, peu importe. Et puis, moi, j'ai un contrat cadre avec Bouygues ou un autre. Et je paye ma ligne, je ne sais plus, 9 euros par mois. Donc, voilà, il faut tout de suite. Mais quand on rachète une boîte pour la première fois de toute sa vie, moi, je pense, c'est un conseil aussi que je donne, je pense qu'il faut prendre les relevés bancaires, regarder les 2-3 derniers mois, regarder ce qui est récurrent et vérifier qu'est-ce qu'il n'y a pas des trucs qui ont été oubliés. Est-ce que les frais bancaires des banques, parce qu'en fait, on ne regarde jamais, mais à la fin de l'année, quand vous avez payé 1800 euros de frais bancaires, alors que les comptes sont toujours positifs, il faut peut-être se poser la question, pourquoi est-ce que les frais sont aussi élevés ? Il y a des banques, dès que vous faites le moindre virement, elles vous prennent 10 centimes, ce qui est totalement scandaleux, etc. Donc, vraiment regarder la banque pour se rendre compte du truc. Et puis après, faire le tour de l'environnement général de la boîte.
- Speaker #1
Les clientes, tu vas les voir à partir de quand ?
- Speaker #0
Alors les clients, typiquement, les gros clients, il faut aller les voir tout de suite. Après, il y a aussi des stratégies où vous rachetez des boîtes. Et typiquement, la boîte de couverture que je viens de reprendre, comme j'avais déjà une boîte de couverture dans le groupe, il y a des clients qui sont communs, des archis qui sont communs.
- Speaker #1
Dans ces cas-là,
- Speaker #0
vous n'allez pas les voir en leur disant, tiens, je me suis fait racheter par Cédric Fouché. Le mec, il va dire, attendez, je l'ai déjà sur une autre boîte, etc. Donc, en fait, vous ne dites rien. Et puis, adviendra ce que pourra. Mais c'est vrai que c'est important pour la première fois qu'on rachète une boîte. Aller voir les clients, c'est délicat d'y aller avant d'avoir racheté la boîte. Mais s'il y a possibilité, c'est quand même hyper important d'aller voir les 2-3 gros clients en disant, voilà, c'est moi qui vais reprendre la boîte. Est-ce que vous allez me suivre ?
- Speaker #1
Parce que le risque qui est là, c'est que si jamais tu as 2-3 ou 5 gros clients et qu'ils partent, ton chiffre d'affaires...
- Speaker #0
Alors... Troisième conseil important quand vous reprenez une boîte, il faut que les clients soient éclatés. Si vous reprenez une boîte, j'ai regardé une boîte il y a 3-4 ans, et c'était une boîte qui marchait super bien et qui faisait des seuls PVC et lino dans des constructions de maisons neuves. En fait, il avait un gros client. Je ne sais plus comment ils s'appelaient, les maisons Phoenix ou les maisons Bouygues ou les maisons je ne sais pas quoi, ce que vous voulez. Bon bref. Et le mec construisait, je ne sais plus, 300 ou 400 maisons par an. Enfin, c'était un gros truc.
- Speaker #1
Il était dépendant.
- Speaker #0
Et il était dépendant. Et il se trouve qu'on est arrivé, j'avais regardé cette boîte juste après le Covid. Et en fait, comme tous les constructeurs de maisons individuelles, le mec, ce groupe qui était vraiment costaud financièrement, s'est littéralement ramassé. Et la boîte aujourd'hui, elle a été liquidée. mise en redressement, etc. Un seul client, le client principal plonge, lui, il a plongé. Donc, moi, dans les boîtes que je regarde, s'il y a, c'est vraiment un conseil que je donne, s'il y a un client qui représente plus de... Je dirais 25% du chiffre d'affaires.
- Speaker #1
Ça devient risqué.
- Speaker #0
Moi, je trouve que c'est trop risqué.
- Speaker #1
Oui, il faut vraiment que ce soit bien ventilé avec plusieurs clients. Exactement.
- Speaker #0
Je trouve que c'est trop risqué parce que si demain, pour X raisons, le client s'en va, vous perdez tout de suite 25%. Sur un million d'euros de chiffre d'affaires, quand votre boîte, ça se passe bien, vous avez les bons effectifs et tout, vous pommez tout de suite 250 000 euros de chiffre d'affaires, tout de suite, vous avez deux personnes en trop dans vos effectifs. Qu'est-ce que vous en faites ? Vous avez licencié, ça va vous coûter de l'oseille, etc. Donc c'est très compliqué. Donc les boîtes qui ont des clients qui sont très importants, moi je me méfie énormément. Et j'avais racheté ma première entreprise de tout corps d'État en 2012. C'est une boîte qui avait un gros client que je peux citer, qui s'appelle le Crédit Agricole Immobilier, et qui a, comme toutes ces banques, un énorme parc immobilier, etc. Et quand j'avais racheté cette boîte, le crédit agricole immobilier représentait... Donc le conseil que je donne, je ne me le suis pas appliqué à moi-même, bien sûr, représentait...
- Speaker #1
C'est ça que tu me donnes maintenant.
- Speaker #0
Exactement. Non, mais représentait 60-70% du chiffre d'affaires. Donc c'était vraiment un gros client. Il se trouve, il se trouve, et je dis bien, il ne faut pas miser là-dessus, que je me suis hyper bien entendu avec les gars du crédit agricole de l'époque parce que la boîte que j'avais rachetée, le mec m'avait bien présenté, ça s'était bien passé. Il m'avait bien expliqué la manière dont il travaillait avec eux, comment ça se passait, les chiffrages, les devis, les trucs, etc. J'ai continué dans la même lignée que lui. Ça s'est bien passé. Aujourd'hui, 14 ans après, le Crédit Agricole Immobilier est toujours un de mes bons clients. Mais sauf qu'aujourd'hui, la boîte que j'ai rachetée à l'époque, elle faisait 600 000 euros de chiffre d'affaires. Aujourd'hui, elle en fait 3 millions. Donc aujourd'hui, le Crédit Agricole... fait toujours un peu le même chiffre d'affaires qu'à l'époque, de 300 000 euros par an ou 400 000, mais sur 3 millions. Donc ça fait... Parce que t'as su développer. Moi je suis passé de 60% à moins de 15%.
- Speaker #1
Oui, c'est le meilleur chemin à faire.
- Speaker #0
Et d'ailleurs aujourd'hui, des gros institutionnels comme ça, comme les banques, etc., vérifient énormément ce qu'on appelle le taux de dépendance. Et si vous êtes à plus de 35% de votre chiffre d'affaires dépendant d'eux, ils coupent les chantiers. parce qu'ils savent que... Moi, à l'époque, j'aurais très bien pu, s'ils avaient arrêté de bosser avec moi, j'aurais très bien pu les poursuivre en disant que la boîte s'est cassée la gueule à cause de vous. Vous étiez mon client unique, vous le savez très bien. Et aujourd'hui, vous avez arrêté, donc je n'ai plus de business. Donc les gens font très attention à ça.
- Speaker #1
Écoute, on arrive à la fin de notre épisode. Merci. C'était un spécial reprise. Il y en a peu. Merci beaucoup. C'était vraiment passionnant, parce qu'on est rentré vraiment dans le... Dans le détail, on en parle assez peu. Et surtout, c'est que c'est ton expérience. Une dernière question, si tu dois partager, justement, l'envie d'entreprendre dans le bâtiment, puisqu'on est écouté par des jeunes, moins jeunes, etc. Le bâtiment, c'est toujours un secteur qui intéresse. Ce podcast existe aussi pour valoriser les chefs d'entreprise comme toi et le secteur. Est-ce que tu peux dire un mot là-dessus ? Oui,
- Speaker #0
alors je pense qu'il y a encore de... Très belles années dans le bâtiment pour les petites boîtes à taille humaine qui savent être réactives, qui savent répondre présent, qui savent conseiller techniquement, être là. Je vais prendre ne serait-ce qu'une clientèle en particulier qui existe dans toutes les villes de France, qui sont les syndics d'immeubles et syndics de copropriétés. Les syndics, eux, ce dont ils raffolent, c'est qu'ils envoient une demande d'intervention. La colonne en fonte dans le parking de l'immeuble de Mme Michu est fendue. Ce qu'ils veulent, c'est ne plus avoir à s'en occuper. Donc si en face, ils ont une bonne petite boîte où le gars, dans la journée, il va y aller, il fait des photos, il répare, il fait son rapport, etc. Donc il y a encore de très belles années dans le bâtiment à venir. Surtout, je pense... pour les boîtes de taille moyenne, comme je viens de le dire. Voilà, après, je le redirai toujours, reprendre des boîtes, ce n'est pas tout repos, ça demande beaucoup d'énergie. Il faut savoir, il faut se préparer à faire des sacrifices. Quand je dis des sacrifices personnels, on ne vous demande pas de travailler de 6h du mat à minuit le soir. Mais ça demande, voilà, il faut avoir les reins solides, pas que financièrement. Il faut avoir les reins solides psychologiquement et mentalement pour reprendre une boîte, pour gérer des gens, etc. Mais je pense sincèrement, je le dis aux auditeurs, je pense qu'il y a encore de belles choses à faire. Il va y avoir de très nombreuses entreprises encore à reprendre.
- Speaker #1
Tu vois des secteurs d'opportunité à cibler ?
- Speaker #0
Non, je ne vois pas de secteur en particulier, mais typiquement, il y a des secteurs comme la couverture, les métiers de la couverture. Il y a de moins en moins de coureurs, de gens qui font des études de couverture. Et forcément, c'est des métiers dans lesquels quelqu'un qui se lance dans la couverture avec un peu de connaissance, une bonne petite boîte de couverture à reprendre, etc. Il aura du boulot jusqu'à là. Normalement, il aura du boulot. La plomberie, l'électricité sont des métiers où il y aura toujours beaucoup de travail, mais il y a tellement d'acteurs.
- Speaker #1
Ou des niches, peut-être.
- Speaker #0
Oui, alors après, ça peut être des niches, évidemment. Mais voilà, la couverture, le ravalement, la menuiserie, la menuiserie sur mesure. Aujourd'hui, la menuiserie sur mesure, c'est des métiers. Il y aura toujours besoin de fabriquer des dressings, des bibliothèques, faire des escaliers, remplacer des fenêtres, etc. Après, il faut se battre pour faire fabriquer en France et produire en France. Aujourd'hui, la menuiserie est beaucoup fabriquée au Portugal ou dans les pays de l'Est. C'est très bien aussi, mais il y a encore beaucoup de place. Il y a des tonnes de boîtes à racheter. Dernier conseil, il faut être patient. Quand on se dit, je me lance, je vais racheter une boîte, le process avant d'acheter sa première boîte, il va se passer en général entre un an et deux ans, entre le moment de percer le marché. de comprendre quelles sont les boîtes à vendre, etc., de monter le dossier, de monter le dossier avec les banques, etc. Même moi, quand j'achète une boîte aujourd'hui, le process, c'est entre 8 mois et un an et demi.
- Speaker #1
C'est bon. C'est-à-dire qu'entre le moment où tu fais une offre qu'elle est acceptée, après, ça...
- Speaker #0
Entre le moment où tu fais l'offre et elle est acceptée... Il s'est déjà passé quelques mois. Parce qu'une fois que l'offre est acceptée, ça veut dire qu'on a signé ce qu'on appelle une LOI. Donc, c'est une lettre d'intention qui est signée entre les deux parties. Et cette lettre-là, en fait, elle va juste dire, je te donne l'exclusivité pour acheter ma boîte. On s'est mis d'accord sur tel prix. Tu vas me payer comme ci et comme ça. Et moi, je m'engage à gérer la boîte en bon père de famille jusqu'à ce que tu rachètes. Parce que voilà, etc. Bon, bref. Donc ça, déjà, toute cette partie. approche de la personne qu'elle ait acceptée parce qu'elle a rencontré d'autres candidats, machin, etc. Rédiger la lettre, etc. Il s'est déjà passé quelques mois. À partir du moment où la lettre est signée par les deux parties, rentre en compte les audits, les banques, les trucs et tout. Et là, oui, c'est encore un bon 5-6 mois.
- Speaker #1
5-6 mois. D'accord. Donc, patience. Merci Cédric beaucoup. Merci beaucoup. Pour tous ces conseils. partager et puis d'être vraiment rentré en profondeur. Il n'y a aucun problème. J'espère que cet épisode vous a plu. On a eu un discours très optimiste. Dans le bâtiment, il y a des belles années à venir. Donc ça fait plaisir à entendre. Continuez à regarder notre chaîne. Vous êtes 1,5 million. Donc un grand merci à vous abonner et à très bientôt. Merci.
- Speaker #0
Merci beaucoup.