- Speaker #0
Bienvenue dans Pas là pour plaire, je suis Alice Veil, journaliste. Ici, on parle de femmes qui n'ont pas attendu qu'on leur tende le micro pour exister. Des femmes qui osent tracer leur route, casser les codes, dire non, même quand ça dérange. Des femmes entières, passionnées, ambitieuses, parfois en colère, souvent inspirantes, toujours vraies. Ce podcast, c'est une porte d'entrée vers ce qu'on nous a appris à terre. Les injonctions qu'on déconstruit, les forces qu'on découvre quand on arrête de vouloir être parfaite. Ici, Pas de discours formatés, pas de faux-semblants, juste des conversations sincères, parfois brutes, toujours lumineuses. Parce qu'on n'est pas là pour plaire, on est là pour vivre, créer, s'affirmer et faire bouger les lignes, une discussion à la fois. Donc Jade, selon toi, pourquoi tu ne plais pas ?
- Speaker #1
Alors je ne plais pas parce que j'ai décidé de vivre ma vie en tombant le masque. J'ai décidé d'épouser une radicale sincérité, même quand c'est effrayant et vertigineux, même quand ça ne plaît pas. Je ne plais pas parce que si, je suis assez autoritaire, il faut bien le dire, je suis assez bossy parfois. Je sais ce que je veux, je sais ce que je ne veux pas et je ne m'excuse plus pour toutes les choses que j'aime et que je souhaite accomplir dans cette vie.
- Speaker #0
Jade, je suis extrêmement ravie de te recevoir aujourd'hui dans le podcast. Il faut savoir qu'on est des dynamo lovers, on fait partie de cette secte-là.
- Speaker #1
Cette coupable.
- Speaker #0
Voilà, c'est comme ça qu'on s'est connus d'ailleurs. Je dis tout le temps que c'est un peu la boîte de nuit de la trentaine. Voilà, et ça crée des amitiés qui sont trop cool. Et je sais que tu as beaucoup de choses à dire et j'avais trop hâte de t'avoir ici. Donc, bienvenue parmi nous.
- Speaker #1
Merci beaucoup, je suis ravie d'être là. Merci de me recevoir.
- Speaker #0
En tout cas, on passe une partie de notre vie à apprendre à plaire et l'autre, on essaye de se retrouver ou de se trouver tout court d'ailleurs. Et aujourd'hui, avec toi, on va explorer un peu ce chemin-là, celui qui mène à la vérité quand on enlève le masque, quand on passe du doute à la confiance et... du rôle à l'identité et finalement comment on redéfinit notre définition du succès. Donc on a beaucoup de choses à se dire aujourd'hui.
- Speaker #1
Sacré programme. Sacré programme. Je vais tâcher d'être à la hauteur de cette bande-annonce.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Et j'ai hâte d'avoir cette conversation.
- Speaker #0
Mais avant de commencer, je voulais qu'on se mette un peu dans un petit mood et j'avais envie de te faire tirer une petite carte. Je ne sais pas si tu es une adepte un peu des oracles ou…
- Speaker #1
Écoute, j'en ai un à la maison, c'est un oracle de mythologie. Voilà, c'est mon petit côté entelo, tu vois, mythologie grecque et compagnie, philo. Mais je ne connais pas celui-ci, donc j'ai hâte de tirer.
- Speaker #0
Écoute, c'est l'oracle de lumière. C'est assez positif. Même la lumière. Je pose mon micro et tu vas prendre la carte qui t'attire le plus. Ok,
- Speaker #1
let's go. La cohérence. La cohérence.
- Speaker #0
C'est quel numéro ?
- Speaker #1
C'est le numéro 14. Alors,
- Speaker #0
je m'engage à mettre davantage de cohérence dans mon quotidien afin de servir mes objectifs et mes aspirations les plus hautes.
- Speaker #1
Que dire si ce n'est qu'on est pile dans le thème finalement. C'est vrai ? Ça marche ces petites choses. Comme quoi. J'aime beaucoup. J'aime beaucoup. Cohérence, congruence, ce sont des termes que j'affectionne parce que je pense que justement c'est révélateur de à quel point on est dans sa vérité, à quel point nos actions sont alignées avec nos émotions, nos croyances, nos valeurs, etc. Donc c'est un mot que j'aime beaucoup, je suis ravie de l'avoir tiré.
- Speaker #0
Ça te parle grave quoi. Ça me parle grave. Est-ce que tu peux nous expliquer un peu aujourd'hui ? qui tu es et comment t'en es arrivée là ?
- Speaker #1
Ouais, alors qui je suis ? Je suis une femme de 32 ans, métisse, donc ma mère est noire, mon père est blanc, je suis née en Martinique, j'y ai grandi. Je suis arrivée à Paris à l'âge de 15 ans, donc ça fait désormais 16 ans que j'habite à Paris. Et donc qui suis-je ? Je suis quelqu'un de passionné, de sensible, d'esthète, qui peut être bouleversée par une conversation ou par un coucher de soleil. qui aime voyager, qui aime connecter, qui aime discuter, qui aime s'inspirer des joyaux de ce monde. Ce que je fais comme métier, alors j'ai plusieurs casquettes, je suis écrivaine, donc j'écris des livres de philosophie pratique, de développement personnel aux éditions Erol. Je suis coach exécutif, donc en gros mon job c'est d'accompagner des leaders, que ce soit des managers, des entrepreneurs, des artistes, des sportifs, etc. Dans... la performance, l'épanouissement et l'alignement de leur vie personnelle ou professionnelle. Et puis j'ai une troisième casquette, donc je crée du contenu. J'ai un podcast, un compte Instagram et tout un tas de plateformes où je prends la parole finalement sur les sujets que j'affectionne comme le leadership, la performance, l'épanouissement, le bonheur, etc. Donc j'ai pas mal de casquettes, je suis bien occupée. Je suis passionnée de danse. Passionné des comportements humains, je pense que c'est une bonne fiche d'identité.
- Speaker #0
Un bon résumé, déjà, c'est...
- Speaker #1
C'est bien ça !
- Speaker #0
Je pense que tes journées, elles sont bien remplies, tes journées, dis-moi !
- Speaker #1
Bien remplies !
- Speaker #0
Tu ne dois pas t'ennuyer ! Et tu penses que tu as toujours été comme ça, ou c'est quelque chose que tu as cultivé et que tu as développé au fil du temps ?
- Speaker #1
Je pense que j'ai toujours été comme ça, qu'ensuite j'ai eu une période où j'ai réfréné ces élans-là et je les ai mis un petit peu sous cloche, et que là je redécouvre et je revis pleinement et je reviens à ce que j'ai toujours été.
- Speaker #0
Et pourquoi à un moment de ta vie, finalement, tu as mis tes aspirations sous cloche ?
- Speaker #1
Bah Alice, c'est pas à toi que je vais le dire, je pense que... Pourquoi ? La société, les parents, les mecs, tu vois, il y a tellement de... De choses finalement qui invitent une femme à se mettre sous cloche. C'est vraiment cette espèce de piège dans lequel on tombe, de vouloir plaire, de vouloir satisfaire, de vouloir cocher les cases, de vouloir être parfaite. Et le problème, c'est que j'ai été très performante à ce jeu-là. Et donc quand on est performante à ce jeu-là, on développe une forme d'addiction à la validation extérieure. Et j'ai dû me désintoxiquer de ce sentiment-là, tu vois. Et donc, le temps de faire ça, effectivement, j'ai été un petit peu sous cloche. J'ai rendu la copie parfaite à plein de niveaux. Et j'ai performé un petit peu cette perfection-là. Mais en fait, ce n'est pas souhaitable. Ça booste ton égo, mais en fait, tu ne te rends pas compte qu'en même temps, ça t'emprisonne et ça t'empêche. d'être pleinement toi, parce qu'un être humain qui est pleinement soi, il est sûrement pas parfait. Non, c'est clair.
- Speaker #0
Mais après, c'est vrai que quand on te voit, on pourrait se dire, c'est encore l'élève parfaite. Parce qu'en soi, tu coches un peu toutes les cases, on va dire, de la société, dans le sens où t'es sportive, t'es intelligente, t'es performante dans ton travail, t'es en couple, blablabla, t'es jolie, bref. Et on se dit, quand je te regarde, je dis, c'est elle la fille parfaite. et Quand je te dis ça, ça résonne comment, toi ?
- Speaker #1
Tu vois, émotionnellement, quand tu as dit « t'es encore la fille parfaite » , il y a un petit fragment à l'intérieur de moi qui s'est crispé. Parce que je vois ce que tu veux dire et je ne peux pas nier que, par rapport au code de la société actuelle, je continue à performer et à être un bon petit soldat. Et en même temps... je sais quel a été le parcours pour incarner cette version-là de la lumière. C'est-à-dire qu'en fait, je continue à cocher des cases extérieurement, c'est-à-dire quand on me regarde de l'extérieur, néanmoins, intérieurement, en fait, je coche plus du tout les mêmes cases. Je te donne un exemple. Il y a dix ans, j'étais en CDI dans une start-up, j'avais le bon diplôme, la bonne relation amoureuse, j'habitais à Paris. Donc, ça pouvait ressembler à ce que... que j'ai aujourd'hui. Néanmoins, je détestais mon job en salariat, j'avais une espèce de fatigue, d'usure atroce du corporate bullshit, donc du monde de l'entreprise que personnellement je détestais et par rapport auquel j'avais vraiment un rejet total. Je me rejetais aussi physiquement, je n'aimais pas mon corps et typiquement, je faisais déjà du sport, mais je faisais du sport pour changer, je faisais du sport... sport pour me réduire, je faisais du sport pour essayer de rentrer dans des carcans toujours plus étroits et rigides, alors qu'aujourd'hui je le fais pour libérer mon énergie, je le fais pour aimer mon corps, ce qui n'est pas tout à fait la même chose, je le fais pour me sentir pleine de vitalité et de force, tu vois donc en fait ça peut ressembler à la même chose mais intérieurement c'est vécu différemment. Et je voudrais aussi dire ça à toutes les femmes qui nous écoutent que en fait ce qui compte finalement à la fin du... de la journée, c'est pas de se dire est-ce que je continue à performer ou non certains codes, est-ce que je continue à cocher ou non certaines cases, c'est comment est-ce que moi je le ressens et comment est-ce que moi je le vis. C'est vraiment de revenir à soi et de ne pas regarder les choses avec le vernis extérieur mais réellement avec la sève intérieure.
- Speaker #0
En fait, c'est se poser la question de savoir finalement est-ce qu'on le fait pour soi ou est-ce qu'on le fait pour les autres.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
C'est un peu à chaque fois toute la limite qui est là. Après, c'est un travail de chaque instant, j'imagine. et c'est un travail aussi de construction parfois il y a des retours en arrière il y a des avancées c'est un chemin qui est absolument pas linéaire toi tu penses que tu as eu un déclic parce qu'il y a quelque chose qui a fait où tu t'es dit ok ça je supporte plus faut que ça change,
- Speaker #1
faut que ma vie elle change il y a eu plein de moments déclics c'est vrai que je fais partie de ceux qui pensent que les transformations de fond se construisent dans la répétition de plein de petits déclics invisibles plutôt que de grands raz-de-marée ponctuels. Donc moi, je crois beaucoup au travail sur soi en continu. Je crois beaucoup à la thérapie en continu. Je crois beaucoup à l'accumulation de Ausha courageux tous les jours. Et finalement, c'est comme ça qu'on se transforme en profondeur. Maintenant, je pense qu'il y a eu des moments clés, évidemment, quand j'ai démissionné à l'âge de 23 ans pour monter ma boîte. Et finalement, je suis entrepreneur depuis.
- Speaker #0
Et prendre un risque à ce moment-là en plus.
- Speaker #1
Et prendre un risque à ce moment-là. Mais qui est un risque mesuré parce que quand on a 23 ans, on n'a pas non plus grand-chose à perdre. Il faut aussi remettre les choses en perspective et aussi pouvoir reconnaître ses privilèges. Parce qu'à ce moment-là, je peux encore compter plus ou moins sur le soutien de mes parents. À ce moment-là, j'ai un petit peu d'argent de côté. À ce moment-là, voilà. Donc, c'est un risque qui est vraiment mesuré. Je pense qu'il y a eu des moments pivots, ce moment où je démissionne de mon corporate job pour me lancer dans l'entrepreneuriat. Je pense qu'il y a eu un deuxième moment pivot, au moment où je reprends mes études à HEC pour vraiment faire le métier de mes rêves, à savoir accompagner les gens sur tout le volet comportement humain, philo, socio, dev perso, etc. Ça, ça a été un moment effectivement clé parce que ça a été vraiment le point de départ de la construction de ma carrière de rêve, où vraiment je me lève et le lundi matin, c'est mon jour prêf. il y a eu aussi des moments pivots bien sûr dans ma vie amoureuse et amicale où finalement on fait le tri, on se questionne on se dit est-ce que c'est vraiment ce que j'ai envie de vivre est-ce que je suis dans telle ou telle relation parce que j'ai peur de pas retrouver mieux de pas être aimée de cette manière là d'être abandonnée, d'être rejetée d'être critiquée pour ce choix là de ne pas être comprise Oh ! Donc, on cherche tellement à être comprise. Là, on va être comprise de tout le monde, tout le temps. Nos amis, nos parents, du monde. En fait, ce n'est pas nécessaire.
- Speaker #0
Comprise ou validée, tu vois.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
D'ailleurs, c'est quoi ton rapport au regard des autres ? Comment tu le vis ?
- Speaker #1
Alors, je pense que pendant longtemps, j'ai vu le regard des autres comme une source de souffrance, comme une menace, comme une source de jugement. Je dirais qu'aujourd'hui, j'ai un rapport beaucoup plus nuancé au regard des autres. Je pense qu'il peut être bien sûr une entrave si on ne s'en est pas libéré et si on attend justement du regard des autres qui soit uniquement un regard de bienveillance, de validation, etc. Mais je pense aussi sincèrement que le regard de l'autre peut être aussi une caresse, peut être aussi un réconfort, peut être aussi un repère, peut être aussi une source de joie. Et je pense que l'enjeu n'est pas... pas du tout de s'affranchir du regard des autres, de se couper, de se libérer du regard des autres, comme on entend beaucoup. Pour moi, ça, c'est vraiment une injonction moderne. Finalement, il est assez ridicule. Je vais mettre le pied dans la fourmilière. Parce qu'on est fondamentalement des êtres de lien. On est fondamentalement des êtres sociaux. Et s'il y a bien un besoin qui est propre à 100% des êtres humains de cette planète, c'est un besoin d'aimer et d'être aimé. Et donc, à partir de là, vouloir se couper, s'affranchir du regard de l'autre, en fait, c'est se couper de la plus grande source de bonheur et de sens qu'il y ait dans le monde.
- Speaker #0
Peut-être finalement, c'est se couper du regard de l'autre, ceux qui sont négatifs, on va dire. Exactement. Et finalement, se faire son cercle de ceux du regard positif. Et c'est aussi avoir le courage de couper avec ces regards qui ne nous apportent plus des bonnes choses, pour ensuite... passer sur des regards, en effet, qui nous apportent de la bienveillance et que nous aussi, en retour, on leur apporte de la bienveillance et qui nous tirent vers le haut. Et c'est vrai que cette étape-là, elle n'est pas facile. D'ailleurs, avec tout ce côté du regard de l'autre, etc., nous, en tant que femmes, je trouve qu'on se construit beaucoup de masques que nous impose un peu la société. Tu disais tout à l'heure le masque de la bonne élève. Il y a plein, plein de masques. Et on peut d'ailleurs avoir plusieurs masques auprès de la société. Qui se les propose. Exactement. et c'est un peu comme un oignon tu vois avec plein de couches et Et finalement, on se met tellement de masques, on s'impose tellement de choses. Et je trouve surtout en tant que femme qu'on peut se retrouver à 30 ans ou même plus jeune ou même plus tard à se dire mais qui suis-je ? Qui suis-je vraiment, tu vois ? Et ça, c'est un truc à la fois cette histoire de déconstruction du regard de l'autre et qui va avec cette histoire de masque. Et quand tu t'en rends compte, oh mon Dieu, tu te dis mais qui suis-je ? Qu'est-ce que j'aime ? Qu'est-ce que je veux dans la vie ? Et tu te retrouves complètement paumée. Et je pense que c'est là aussi que tu peux avoir un déclic et tu te dis là, il faut que ça change parce que sinon je vais droit dans le mur. Et finalement, quand t'en arrives à ce constat-là, qu'est-ce que tu fais ?
- Speaker #1
C'est très juste. Je pense que la question de l'identité, at some point, elle remonte. Et que ça peut être extrêmement... choquant et vertigineux pour une femme. Par exemple, j'imagine bien une femme, tu vois, 35 ans, qui a été pendant 10 ans en couple. Elle a rencontré son chéri sur les bancs de la fac. Elle est restée 10 ans en couple. Et puis, en fait, un matin, elle se réveille à 35 ans et elle se rend compte qu'en fait, elle s'est complètement modelée au contact de l'autre par rapport au désir de l'autre, par rapport à la famille de l'autre, par rapport aux codes sociaux de l'autre. Et en fait, elle se lève un matin et se dit mais qui suis-je ? Qu'est-ce que j'aime ? Qu'est-ce qui me fait vibrer ? Et elle n'a pas les réponses à cette question. Et ça peut être extrêmement angoissant. Et donc là, la réponse, en un mot, c'est vraiment l'introspection. D'ailleurs, mon premier livre, le Manifeste Journal aux éditions Erol, c'est un livre que j'ai dédié à cette thématique. C'est vraiment, OK, comment je fais pour apprendre à me connaître ? Parce que ce n'est pas quelque chose qu'on apprend à l'école. Ce n'est pas quelque chose qu'on apprend en entreprise. Ce n'est pas quelque chose qu'on apprend dans la famille. Donc finalement, on est assez dépourvu, démuni, face à cette question de... Qui suis-je ? Et donc, vraiment, dans le livre, notamment, je partage tout un tas d'exercices, déjà, d'écriture, parce que je crois vraiment à la force du journaling, et je trouve que l'écrit est un outil hyper puissant.
- Speaker #0
Oui, ça te permet de poser les mots, en fait, sur ce que tu ressens, et aussi, d'une certaine manière, de prendre du recul dessus, et d'évacuer, tu vois, des choses, c'est écrit, c'est fait, allez, hop, je passe à autre chose.
- Speaker #1
C'est tout à fait ça. Et souvent, je donne cette métaphore-là, c'est-à-dire que, si vous regardez votre main, ici, Vous ne pouvez pas voir le détail de votre peau, de vos doigts, etc. Si vous vous mettez ici, tout à coup, il y a une espèce de mise au point oculaire où je vois mes traits de main, je vois ma bague, je vois mes ongles, etc. C'est exactement ça l'écriture. C'est mettre suffisamment à distance pour pouvoir observer avec plus de lucidité, plus de précision et donc avoir les prises de conscience qui sont liées.
- Speaker #0
Parce que parfois, c'est genre le brouillard dans ta tête. Il y a 40 000 idées qui poppent. Moi, en tout cas, personnellement, je me suis mis au journalisme, en tout cas à l'écriture parce que je ne le fais pas au quotidien, etc. ... Mais dès que j'ai trop de choses dans la tête, personnelles, professionnelles, etc., je vais les écrire. Et là, d'un seul coup, ça devient plus clair. Et tu vois, quand tu passes aussi par des moments un peu compliqués, le fait de l'écrire déjà, ça rend la chose réelle. Tu vois, c'est pas que dans ta tête. Et aussi, on évacue, on passe à autre chose. Et ça, je trouve que ça aide beaucoup aussi, tu vois, dans le genre de moments qui peuvent être intenses, d'introspection, de qui je suis, etc. Voilà, c'est quelque chose qui aide, quoi. Moi, en tout cas, ça m'a énormément aidée. Parce qu'en fait, finalement... On se rend compte qu'en faisant ces activités-là, en se reconnectant à soi, en trouvant aussi du temps pour soi, parce que c'est hyper important, tu vas aussi connecter avec des gens qui finalement sont un peu dans le même mood que toi. Et je trouve qu'après, on s'élève toutes vers le haut. Typiquement, moi, j'ai 35 ans. C'est vrai que quand tu as la vingtaine, quand tu ne réfléchis plus trop... Alors peut-être la nouvelle génération, elle réfléchit plus, mais nous, on est vraiment cette génération de transition, les millennials, où on s'est dit, on a fait nos études, on a trouvé quelqu'un, on a emménagé. on s'est fiancés, on s'est mariés, on a fait un enfant, et tout ça, tout ça, tout ça, et finalement, moi je suis très contente d'avoir pris ce chemin-là, j'ai aucun regret, mais tu te dis, est-ce que ma vie aurait été différente, ou est-ce que si j'avais un peu réfléchi, tu vois, si j'avais pas été dans ce tunnel-là, est-ce que j'aurais fait les choses différemment ? Bon, maintenant c'est fait, c'est fait, mais toi, on va dire, toi ça a été quoi ta construction là-dessus ? Est-ce que toi aussi t'as été dans ce tunnel ? Est-ce que tu t'es dit ça, et finalement tu te dis, non, c'est peut-être pas ça que je veux et donc tu t'es remis en question. Enfin, c'était un peu quoi tes clés là-dessus ?
- Speaker #1
Oh, wow ! Ok, là, on y va. Là, on y va vraiment. On rentre dans le vif du sujet. On rentre dans le vif du sujet. En fait, moi, j'ai un espèce de fonctionnement que j'ai unlock quand j'étais à Bali, où en fait, moi, je vais au bout du bout du bout du bout du bout du tunnel. Je sais que c'est un cul-de-sac. Je sais.
- Speaker #0
Ah ouais, tu le sais.
- Speaker #1
J'y vais, j'y vais, j'y vais, j'y vais, j'y vais. Et en fait, vraiment, au moment où je vais... entre guillemets faire la connerie définitive je me dis oula attends et je commence à me poser les vraies questions courageuses et en fait quand je dis je sais que c'est un cul de sac en fait c'est pas tout à fait exact au fond de moi, mon gut mon intuition dans mes tripes je sais que c'est pas la bonne direction genre quand il y a un doute il y a pas de doute ouais mais j'aime pas trop cette phrase je pense que parfois le doute est bienvenu même si t'es dans une voie positive donc j'aime bien la relation mais je pense qu'il y a vraiment deux parties en nous qui souvent sont en bras de fer alors qu'en fait on pourrait les harmoniser souvent mon intuition dans mon ventre, dans mon coeur je sais qu'une voie n'est pas la mienne mais par dessus ça il y a une autre partie de moi qui est tout à fait valable aussi c'est juste que je ne l'ai pas assez peut-être rassurée mon mental qui me met des couches de peur qui me met des couches de conditionnement, qui me met des couches de croyance limitante, qui me met des couches de blocage, et donc je vais... Aller quand même dans la direction, parce que cette direction-là, soit c'est ma zone de confort, soit je la connais déjà, soit elle me rassure et donc ça apaise mon cerveau archaïque, mais au fond, dans mon gut feeling de mon identité, je sais que c'est pas bon. Mais à ce moment-là, en fait, qu'est-ce qui se passe ? Je n'ai pas encore les ressources morales, émotionnelles, psychiques pour suivre cette voie-là. Et donc mon job, c'est de développer ces ressources-là, en thérapie, en journaling, dans mes lectures, dans mes choix.
- Speaker #0
Typiquement, tu as un exemple concret de tunnel que tu as exploré jusqu'au bout. Il y en a plein.
- Speaker #1
Je pense que, sans trop rentrer dans les détails, le domaine où je suis allée le plus loin dans ce schéma-là, c'est les relations amoureuses. Parce qu'il y a un vrai bras de fer chez moi, dans mes assifférations amoureuses. Et je pense que j'ai beaucoup de paradoxes et d'ambivalences dans mon rapport. aux couples, à l'amour, aux hommes. Je te donne un exemple, c'est que, par exemple, dans ma relation de couple, j'aspire vraiment à vivre une amitié très profonde avec vraiment de la complicité, du rire, de la confiance. Voilà, vraiment que, d'une certaine manière, mon mec, c'est un peu mon meilleur pote. Et en même temps, il y a une part de moi qui aspire à vivre un amour romanesque, romantique, hum magique, presque passionnelle. Et donc, ce bras de fer-là, tu vois, il peut parfois m'amener à donner une chance à une relation et aller au bout du bout du bout à y aller à fond. Alors qu'au fond, je sais que ce que j'aspire à vivre ne sera pas possible avec ce partenaire-là. Mais je vais me laisser peut-être embarquer là-dedans et puis aller au bout du truc, tu vois. Alors qu'au fond, comme je te dis, je sais. Mais... Ça, c'est quelque chose, aujourd'hui, que je ne referais plus. Mais tu vois, quand je repense à la jade d'il y a quelques années, ça, c'est typiquement quelque chose que je... Oui,
- Speaker #0
bien sûr. Après, c'est vrai qu'au fur et à mesure où on grandit, tu vas en prendre l'expérience et on sait un peu plus ce qu'on veut. Ce qui n'empêche que ça reste quand même très compliqué, si on est sur le thème des relations. Personnellement, j'ai vécu 12 ans en couple. J'étais jeune. J'étais en couple à partir de 22 ans, etc. Je me suis construite là-dessus et je ne me suis jamais trop posée de questions. aujourd'hui. ma vision de l'amour et du couple est complètement différente. Et c'est un casse-tête chinois dans ma tête entre ce qu'on nous a appris de ce que doit être un couple et moi, aujourd'hui, ce que j'envisage dans ce que je voudrais que ce soit un couple. Mais ça se tiraille tout le temps. Ce qui fait que je suis complètement perdue. Parfois, je dis, oui, moi, je veux quelque chose où on vit ensemble, où on construit, etc. Et d'un autre côté, je suis, non, non, je veux que mon couple, ça soit... que du bonus. Chacun chez soi. On se voit que quand on a envie de se voir. Et vraiment, ça ne doit être que la cerise sur le gâteau de ma vie. Et tu vois, les deux se tiraillent tout le temps. Donc finalement, qu'est-ce que je fais ?
- Speaker #1
Ok, alors j'ai une piste de réflexion à te proposer. Déjà, je pense que la première chose, c'est de bien différencier trois choses. L'amour, la relation amoureuse et le couple. Ce n'est pas la même chose. L'amour, c'est vraiment un sentiment, une valeur. une émotion, c'est-à-dire que c'est quelque chose finalement qu'on ne décide pas vraiment. La relation amoureuse, déjà, c'est un cran un petit peu différent. Elle est choisie, consentie, on décide de s'élancer avec quelqu'un ou plusieurs personnes dans l'exploration de l'amour, de ce ressenti, de cette émotion, de cette valeur. Et puis le couple est encore quelque chose de différent. C'est une construction sociale qui, par définition, prend racine dans plein d'autres choses. La société, l'argent, le quotidien, le partenariat, c'est encore autre chose. Et donc, c'est déjà de se, encore une fois, revenir à soi et se regarder avec une sincérité radicale dans le miroir, de se dire, aujourd'hui, déjà, dans quel registre est-ce que je suis ? Est-ce que je ressens de l'amour ? Est-ce que j'explore une relation amoureuse ? Ou est-ce que je construis un couple ? Et on voit bien que ce ne sont pas les mêmes verbes et ce ne sont pas les mêmes choses. Donc déjà, il faut se demander par rapport à soi, attends, où est-ce que j'en suis ? De quoi est-ce que je suis capable aujourd'hui ? et Est-ce que j'ai envie ? Le désir ? Questionner toujours son désir véritable.
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Et surtout, en tant que femme, ne pas s'oublier dans la relation.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Parce qu'il y a aussi tout ce côté-là, genre, c'est le glow-up post-rupture.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Je me dis, pourquoi c'est que les meufs qui ont des glow-up post-rupture, les femmes, elles ont des glow-down post-rupture.
- Speaker #1
Elles ont des glow-up en relation.
- Speaker #0
En relation, exactement.
- Speaker #1
C'est incroyable.
- Speaker #0
Et tu vois, eux, ils ont des glow-up en relation. Nous, on a des glow-down en relation et des glow-up post-rupture. donc là tu dis il y a quand même un petit souci et donc toute cette question aussi de finalement, le couple, ça nous apporte quoi ? Et toi, c'est quoi ta vision par rapport à ça ? Tu le vis comment ?
- Speaker #1
Je vais répondre à cette question dans deux secondes, mais tu me fais penser à quelque chose qui m'a marquée, que j'ai vue il n'y a pas très longtemps dans le book club d'Oprah. Elle a reçu, son nom m'échappe, mais l'écrivaine qui a écrit le livre « Mange, Prie, Aime » qui a été ensuite adapté, etc.
- Speaker #0
Je ne pourrais pas t'aider sur le nom, je suis très très nul pour ça. Voilà.
- Speaker #1
Gilbert, son nom de famille, mais son... Elisabeth Gilbert. Et... Et elle expliquait en fait qu'il y a une étude qui a été menée, Globally, où en gros, la meilleure chose qu'un homme puisse faire, à tout niveau, c'est-à-dire qu'on a mesuré tous les points sociologiques possibles, argent, santé, santé mentale, carrière, etc., c'est de se mettre en couple avec une femme,
- Speaker #0
bien sûr.
- Speaker #1
Et on a mené la même étude, Globally, encore une fois, dans le monde entier. sur les femmes, et la pire action à tout niveau mesurable qu'une femme puisse faire, c'est de se mettre en couple avec un homme. Ça, c'est ce que les chiffres démontrent. Et l'étude, elle a été menée, je crois, l'année dernière. Et là, tu sens la goutte. Donc maintenant, je vais te répondre.
- Speaker #0
J'ai peur de ta réponse, parce que je me dis qu'il y a une solution. À part faire un coven géant entre nous.
- Speaker #1
Donc, est-ce que je réponds à la question maintenant ? Ma vision, du coup, je vais te répondre de deux manières. ma vision vraiment personnelle, affective, et puis ma vision un peu plus stratégique, parce que je pense qu'il faut aussi construire sa vie avec de la stratégie. Ma vision affective du couple, je ne vais pas te cacher que moi, je suis vraiment une amoureuse de l'amour, je suis une romantique invétérée, ça me rend heureuse d'être une romantique amoureuse de l'amour, et je n'ai pas envie de ternir ou d'affadir mon rapport à l'amour, parce que ces statistiques existent. Néanmoins, et là je passe sur le volet stratégique et donc là je vais vraiment aussi parler des travaux d'Esther Perel qui est donc une psychothérapeute belge mais qui travaille aux Etats-Unis qui est extrêmement connue et qui a un podcast qui s'appelle Where should we begin donc elle travaille en anglais mais il y a quelques contenus à elle en francophone, enfin français qui explique qu'en fait aujourd'hui aussi le problème en 2025 c'est qu'on n'attribue trop de compartiment de sa vie au couple Je m'explique. On attend de son partenaire amoureux, justement, qu'il soit son meilleur ami, son amant, son confident, son partenaire business, son épaule sur qui pleurer. Et en fait, ça met une pression sur le couple qui fait que les couples, aujourd'hui, sont voués à l'échec pour cette raison-là. Alors qu'il y a quelques années, en fait, entre guillemets, on avait un village autour de nous.
- Speaker #0
C'est ça. Il y a aussi toute la question de village.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Surtout quand on a des enfants.
- Speaker #1
Exactement. It takes a village to raise a kid. En fait, c'est vraiment cette notion. But it takes a village to be happy. En fait, on a besoin d'avoir nos amis pour have fun et avoir des conversations de femmes, de sororité et prendre des fous rires. Et on a besoin d'un mec, mal en l'occurrence, si on veut avoir des enfants et se reproduire. et on a besoin peut-être d'un homme dans le quotidien qui va être ce partenaire avec qui on va pouvoir construire des choses et avoir des énergies complémentaires. Et on a besoin de nos parents pour peut-être nous apporter une forme de réconfort ou de soutien financier ou que sais-je. En fait, c'est important aussi de stratégiquement construire son écosystème comme un village.
- Speaker #0
Pour que ça soit équilibré.
- Speaker #1
Exactement, avec des rôles complémentaires. Sinon, ça met trop de pression et ça crée un déséquilibre qui, par définition, vacille sur le couple.
- Speaker #0
c'est ça voilà moi ce que je pense finalement si on est c'est ce qu'on c'est un peu ce qu'on disait tout à l'heure c'est la cerise sur le gâteau en tout cas ça fait partie c'est un des volets qui doit compartimenter ta vie et qui fait un ensemble qui est cohérent etc exactement et en effet ça met beaucoup moins de pression sur le couple en général c'est juste en fait revoir un peu notre vision du couple celle qu'on l'a instaurée au fur et à mesure du temps quoi c'est ça après je dirais que c'est plus la ganache que la cerise parce que je suis quand même une amoureuse Oui,
- Speaker #1
bien sûr.
- Speaker #0
à partir du moment quand tu as des enfants, etc. Et c'est peut-être aussi... être plus réaliste sur ce qu'on veut dans un couple aussi, mieux communiquer, et aussi revoir ce qu'on nous a appris. Est-ce qu'être en couple, c'est forcément vivre ensemble ? Est-ce que tu vois, c'est un amour qui est exclusif ? Je pense que les nouvelles générations, elles explorent différents types d'amour, différents types de formes, différentes manières de vivre l'amour, qui sont peut-être au cas par cas, plutôt que celui qu'on nous a imposé qui était peut-être plus celle de nos parents où tu vivais à deux, après tu avais les enfants, etc. Enfin, toutes ces questions qu'on ne s'est pas posées à l'époque qu'on aurait dû se poser.
- Speaker #1
Qu'on aurait dû se poser.
- Speaker #0
Et qu'on peut se poser d'ailleurs aujourd'hui.
- Speaker #1
Je pense qu'il y a vraiment autant de couples que d'options possibles. En fait, tu vois, je pense qu'il y a vraiment...
- Speaker #0
Tout a créé à partir du moment où deux personnes prennent la décision, encore une fois, de construire leur version du couple.
- Speaker #1
Oui, exactement. Et tu vois, je lisais un article du Vogue british qui disait « Est-ce que c'est gringe aujourd'hui d'avoir un boyfriend ? » Et j'ai trouvé ça hyper intéressant. Et en fait, c'est juste que je pense que la femme aujourd'hui, elle se déconstruit de plus en plus autour du couple. En fait, ce qui est gringe, c'est que tout tourne autour de ton mec. Donc en fait finalement c'est un peu ça C'est avoir plein de volets dans ta vie Et aussi ce volet là qui est cool Mais qui ne doit pas être le centre de ta vie Totalement et l'une des manifestations De ça et par rapport auquel
- Speaker #0
J'invite aussi les personnes qui nous écoutent peut-être A revoir la manière dont elles font ça C'est que quand vous retrouvez Vos copines pour un verre le vendredi soir Peut-être que sur deux heures de discussion On peut attribuer peut-être que 20 minutes au mec et le reste du temps parler de nos business parler de nos activités, parler de nos rêves parler de nos voyages,
- Speaker #1
parler de notre dressing j'en sais rien mais d'autres choses notre santé par exemple il y a beaucoup de tabous autour de ça les femmes parlent assez peu de ça et ça tu vois on le fait on nous a appris à ce que nos conversations tournent beaucoup autour de nos mecs et des mecs ou de nos histoires etc et en tout cas moi c'est vrai que c'est un truc que je fais tout le temps avec mes communes j'ai bon ok on a eu les 15 minutes réglementaires sur lesquelles maintenant on passe à autre chose mais en tout cas Ça fait une bonne transition sur la réussite. Parce que finalement, pareil, c'est une chose, je trouve qu'entre femmes, on ne parle pas assez. Notre vision de la réussite, qu'est-ce que la réussite, en fait ? Et je pense que toi, tu as une vision de la réussite qui ne doit pas être forcément classique parce que nous, on nous a appris que la réussite, c'était une réussite professionnelle et aussi, ce qu'on vient de dire, une réussite dans son couple. Toi, pour toi, c'est quoi la réussite ?
- Speaker #0
Un vaste sujet. Un vaste sujet qui est La Réussite, l'un de mes sujets vraiment préférés. Pour moi, la définition de la réussite, c'est pouvoir être pleinement soi dans tous les compartiments de sa vie et pouvoir non seulement explorer et révéler son potentiel, tout en maintenant un sentiment de joie et de vitalité dans chacune de nos activités. Donc évidemment que dans les critères de réussite... Il va y avoir l'argent, le confort matériel, parce qu'on vit dans une société qui est basée sur des échanges monétaires, donc extraire cette notion-là de la réussite, ce serait s'installer dans une forme de précarité qui n'est pas souhaitable. Néanmoins, je pense que la réussite va bien au-delà des étiquettes sociales ou de la reconnaissance. Je pense que c'est vraiment le fait de pouvoir s'accomplir, se réaliser pleinement en tant qu'être humain. Le fait de pouvoir porter au plus haut nos aspirations, le fait de pouvoir accomplir certains de nos rêves, le fait de pouvoir pousser loin nos compétences, que ce soit des soft skills ou des hard skills, et rejoindre l'excellence. Le fait de pouvoir contribuer au monde avec qui l'on est sincèrement, c'est-à-dire d'apporter vraiment sa pierre à l'édifice, d'apporter sa singularité au monde. et d'avoir un impact sur les autres et le monde avec ça, d'explorer, de développer sa zone de génie. Pour moi, c'est vraiment ça, réussir, et de se lever le lundi matin avec joie et passion. Ça, c'est un bon symptôme, tu vois.
- Speaker #1
Moi, je suis 100% alignée avec cette vision. Et je pense que, tu vois, la mienne, elle a beaucoup évolué au fur et à mesure du temps. Au début, la réussite, c'était la reconnaissance, je pense. Si tu étais reconnue pour ce que tu faisais, c'était pour moi le goal de la réussite. Aujourd'hui, ma vision, elle a... tellement changé. Je pense que vraiment, la réussite pour moi, c'est en effet de pouvoir se lever le lundi matin, excité. Parfois, je me couche le soir en disant vite, vite, vite, vite, il faut que la nuit passe parce que j'ai trop de trucs trop sympas à faire demain. Et ça, c'est... En fait, ça va avec la définition du bonheur, tu vois. Mais en effet, aujourd'hui, j'estime que j'ai réussi. Alors, encore une fois, rien n'est linéaire dans la vie. En tout cas, aujourd'hui, j'ai réussi parce que je me lève le matin en faisant des choses qui me plaisent. Après, pareil, tu vois, j'ai 35 ans. J'ai aussi une réussite matérielle avant qui me permet aujourd'hui de faire exactement ce que j'ai envie de faire, sans faire attention aussi au regard des autres. Il y a eu ce gros travail-là. Et je pense que, je le dis souvent en tant que femme, mais parce que je pense que c'est différent par rapport aux hommes, c'est qu'on ne s'autorise pas forcément du tout à cette réussite-là. Parce qu'on est toujours dans cette idée d'injonction, tu vois. Et donc, accrocher des cases, tu vois, et aussi cette case de la maternité, qui est une injonction en plus, et tu vois, quelque chose qui fait que ça peut entraver aussi cette envie, toi, de réussite.
- Speaker #0
Totalement.
- Speaker #1
Qui peut être très compliquée et qui peut aussi rendre très, très malheureux. Je suis d'accord que c'est pas toujours facile, tu vois, de se dire « Ok, je me lève tous les matins en faisant quelque chose qui me fait plaisir parce que t'as tellement de choses autour qui gravitent et une charge mentale en tant que femme. » C'est quelque chose qui est pas facile. Donc c'est facile toujours à dire dans le micro ce genre de choses, tu vois, en disant « Bah, fais ce qui te plaît en fait, c'est facile. » Donc tu vois, je suis toujours un peu nuancée aussi parce que c'est des choses qui sont à mettre en place qui sont pas toujours faciles et qu'il y a quand même beaucoup de facteurs pour arriver à cette notion de réussite là, tu vois. Je sais pas ce que t'en penses, mais...
- Speaker #0
En fait, je pense que la réponse, elle est dans le propos. C'est-à-dire que fais ce qui te plaît, n'aie pas, monte ta boîte, et bosse de chez toi et lance un podcast. En fait, encore une fois, attention aux nouvelles injonctions qui prennent juste un nouveau masque. De girlboss, d'entrepreneur, de je ne sais pas quoi. En fait, non. Fais ce qui te plaît pour certaines femmes. Fais ce qui te plaît, c'est être maman full time.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Fais ce qui te plaît pour une autre, ça va être... être directrice marketing dans un grand groupe. Fais ce qui te plaît pour une autre, ça va être d'avoir une ferme avec des chèvres. Fais ce qui te plaît, ça va être de lancer un podcast. Mais encore une fois, attention à ne pas tomber dans un autre extrême qui est en fait le même problème mais qui porte un autre costume. Donc encore une fois, j'aimerais vraiment déculpabiliser les femmes. Un, si ce qui leur plaît n'est pas en phase avec les codes de la société à un instant T parce que ces codes, ils ne font pas. qui évoluaient, exactement comme les standards de beauté. Donc ça, c'est le premier point. Le deuxième point, je voudrais aussi déculpabiliser les femmes si elles n'ont pas encore de réponse à « qu'est-ce qui te plaît ? » parce que c'est extrêmement difficile d'entendre la voix de nos désirs lorsqu'on l'a étouffée toute notre vie. Donc déjà, il faut réaffûter les capteurs pour entendre ce désir et ensuite transformer en action ce désir, en élan de vie, en projet, en construction. Mais déjà, il faut faire ce travail. Donc attention, allons-y étape par étape. Et donc, je pense qu'il est vraiment, en fait, le message le plus important, c'est de dire que la réussite est vraiment propre à chacun et chacune et que donc l'enjeu n'est pas de trouver une version de la réussite qui nous inspire et de dupliquer. Mais encore une fois, je suis désolée, il n'y a pas de shortcut, il n'y a pas de raccourci, il n'y a pas de trucs et astuces. Non, c'est revenir à soi. avoir le courage d'entendre les réponses, déployer le plan d'action stratégique pour faire émerger ces solutions-là, et construire encore et encore et encore, parce qu'effectivement, tu l'as dit, rien n'est jamais établi forever. Donc en fait, tu dois refaire et refaire et refaire. Et finalement, c'est ça vivre, c'est se réinventer encore et encore. Mais on pourrait voir ça comme, un peu comme le mythe de Sisyphe, il faut reporter la pierre à chaque fois, et donc du coup, je ne suis jamais arrivée. Non, au contraire, ça veut dire que chaque jour, Tu as une nouvelle opportunité de te réinventer, de créer, de progresser, de te réaliser, de t'accomplir sous un jour nouveau. Mais c'est génial, c'est ça en fait qui te donne envie d'être en vie.
- Speaker #1
Et d'ailleurs, je sais qu'il y a beaucoup de femmes qui se parlent mal, qui ont un peu cette petite voix toxique dans leur tête, ce qui a été mon cas pendant longtemps. Quels conseils tu peux leur donner pour un peu shifter cet état d'esprit ?
- Speaker #0
Oh waouh ! Alors déjà... Je ne sais pas s'il y a une seule personne sur cette terre qui n'a plus du tout cette petite voix. Oui, bien sûr.
- Speaker #1
Mais tu vois, il y a quand même des gens qui, de facto, se parlent plutôt bien. Moi, je sais que j'avais un discours 100% négatif sur moi. Et le jour où j'ai commencé à poser la question « Toi, tu te parles comment dans ta tête ? » et que je me suis rendue compte qu'il y a des gens qui se parlaient bien, j'étais choquée. Je pensais que tout le monde se parlait comme ça.
- Speaker #0
Moi, je suis un peu dans ta team. À la base, je suis un petit peu dans ta team, c'est-à-dire que j'ai une forme d'intransigeance vis-à-vis de moi qui... on l'a dit, c'est lié à ce besoin de perfection, etc., qui m'a aussi amenée à être ma plus grande critique, vraiment la mean girl dans ma tête. Aujourd'hui, c'est un petit peu différent, même si je continue, mais parce que je le choisis aussi à avoir, encore une fois, une forme d'exigence éthique et morale et comportementale vis-à-vis de moi, que je souhaite conserver. Donc cette voix, elle est quand même hyper exigeante. Elle n'est jamais complaisante. Elle est bienveillante, mais elle n'est pas complaisante. mais je dirais que Ce qui aide, tout simplement, c'est de travailler l'estime de soi et l'amour de soi. Donc c'est vraiment un travail thérapeutique de fond, c'est-à-dire de décorréler sa valeur. Quand je parle de valeur, je parle du regard que tu portes sur toi, je parle de ton rapport à ta dignité, je parle du respect à ton égard, vraiment dans l'estime de soi pure et dure. Donc de décorréler ta valeur de tes actions, de tes réussites, de tes échecs. C'est-à-dire qu'en tant qu'être humain, tu as une valeur intrinsèque. rien que le fait d'être en vie et d'appartenir au genre humain, tu as une valeur intrinsèque. Et donc c'est vraiment de muscler ce qu'on appelle cette sécurité ontologique, cette sécurité intérieure, pour ne pas vaciller. lorsqu'on a des revers dans la vie, pour ne pas vaciller lorsqu'on n'a pas été à la hauteur, parce qu'on n'est pas toujours à la hauteur, parce qu'on est profondément imparfait, parce que parfois on est même moche dans nos actions, dans nos pensées, dans nos croyances.
- Speaker #1
Et c'est aussi comme ça qu'on apprend.
- Speaker #0
Et c'est aussi comme ça qu'on apprend. Et donc c'est de porter sur soi vraiment un regard bienveillant. Et donc le shift peut-être, c'est de cette petite voix, de la voir comme la meilleure amie. profondément aimante, mais aussi profondément exigeante. C'est-à-dire que je pense que le piège, justement, c'est de tomber dans une forme de bienveillance molle, qui serait en fait de la complaisance, qui est une fausse solution. Parce qu'au fond, encore une fois, le corps sait. On peut se raconter toutes les histoires qu'on veut dans la tête, dans notre corps, on sait. Donc si tu adoptes une espèce de petite voix super sympa, mais factice, ça va pas solutionner ton problème. Par contre, si tu cultives une véritable éthique, que tu transposes en voix à l'intérieur de toi qui est hyper exigeante, même si hyper aimante, là, je pense qu'il y a une voix qui est intéressante à explorer.
- Speaker #1
Ok. C'est intéressant. Écoute, je vais essayer, parce que c'est vrai que maintenant, à chaque fois que je me parle mal, je me dis non, non, non, non. Et là, je me reparle bien. Mais en effet, j'essaie quand même de rester exigeante avec moi-même et surtout, comment dire, sincère.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Je pense que c'est ça qui est important.
- Speaker #0
radicale sincérité.
- Speaker #1
Mais en tout cas, maintenant, je ne m'insulte plus, tu vois, déjà.
- Speaker #0
C'est déjà pas mal ! High five !
- Speaker #1
C'est déjà une bonne chose. Mais tu vois, le fait de mieux se parler aussi, moi, ça m'a permis de me lancer. Tu vois, de faire des choses que j'osais pas faire, parce que je me disais « Non, t'es nulle, tu vas jamais y arriver, etc. » Maintenant, dès que je me dis ça, je fais « Non, t'essayes et tu verras. » De toute façon, au pire, qu'est-ce qui va se passer ? Bah rien.
- Speaker #0
J'ai deux tips, dans ce cas, pour questionner cette petite voix et la comprendre. La première, c'est « Pourquoi ? » Elle est présente, cette voix ? « Pourquoi ? » C'est-à-dire, elle vient d'où ? Si par exemple... Je me parle mal par rapport à une situation amicale. Pourquoi est-ce que je me parle mal par rapport à cette situation amicale ? Est-ce que c'est parce que j'ai entravé l'une de mes valeurs morales ? Est-ce que c'est parce que je n'ai pas été à la hauteur de ce que je m'imagine être une bonne amie ? Et dans ces cas-là, c'est peut-être un bon signal. Je ne dis pas qu'elle doit perdurer cette voix. Je dis juste qu'on doit l'avoir comme un signal qui nous indique qu'on doit se mettre à la hauteur de nos valeurs. Donc finalement, merci cette petite voix. Tu n'as pas besoin de continuer à mal me parler. Je t'ai entendu, je progresse. Et la deuxième, c'est la petite voix de quoi ? Est-ce que c'est la petite voix qui me parle mal de la peur ? Est-ce que c'est la petite voix de mon égo ? Est-ce que c'est la petite voix de ma mère quand j'avais 6 ans ? Est-ce que c'est la petite voix de Geoffrey quand j'étais au CP et qu'il m'a dit que j'étais chum ? En fait, c'est la petite voix de qui ? Est-ce qu'elle m'appartient vraiment ? Ça, c'est hyper important de se demander qui est cette petite voix, d'où elle vient, et donc est-ce que je la dégage ou est-ce que je la prends en considération ? est-ce qu'elle m'appartient ou est-ce qu'elle ne m'appartient pas ?
- Speaker #1
Bon Jade, merci beaucoup pour tous ces conseils. Je pense que là, les filles, elles vont repartir boostées de cet épisode. J'avais une dernière question à te poser. C'est si tu devais écouter quelqu'un à ce micro, quelqu'un qui pour toi est une badass, ça serait qui ?
- Speaker #0
Alors je pense à mon amie Clarisse Abgenienou. C'est vraiment une badass dans tous les sens du terme. Une méga sportive. Chanteuse olympique de judo, évidemment. porte-flamme elle est exceptionnelle et surtout maman dans un contexte de sportif de haut niveau une histoire de vie en plus exceptionnelle que je la laisserai te raconter mais ouais ça serait avec joie j'espère qu'on l'aura au micro franchement ça serait super intéressant ça va être,
- Speaker #1
on manifeste bon en tout cas vraiment merci pour ton temps et bah écoute à très vite sur un vélo dynamo C'est trop bien