Speaker #0Tout d'abord, je tiens à vous remercier pour votre écoute. Cette partie-là fut la plus laborieuse à concevoir. Je l'ai repoussée au plus que je le pouvais. Comme quoi, même si les premiers podcasts ont été thérapeutiques sur pas mal de points, j'ai eu beaucoup de difficultés à enchaîner sur cette suite. Les raisons, tout simplement, et que je vais évoquer la personne que j'aime le plus au monde. Malgré notre passif, et ce que je vais détailler dans ce podcast. J'ai fait la part des choses entre son statut de maman, pour qui ma loyauté et mon amour m'ont amené dans les plus bas fonds de mon âme, et l'être humain. Elle a agi avec les ressources qui étaient les siennes. Quoi qu'il en soit, je vais tâcher d'être le plus honnête possible dans mon récit, car aucun intérêt de diluer ce qui s'est passé. Les semaines qui ont suivi le décès de mon beau-père et celui de mon grand-père ont été périlleuses pour ma mère. Niveau financier, elle a dû finir de rembourser les crédits en cours, notamment celui de la voiture, puisque l'assurance décès souscrite ne fonctionne pas en cas de suicide. Ensuite, elle a dû nous trouver un nouveau logement, puisque celui que nous occupions à l'époque était dédié uniquement aux militaires actifs. Entre toutes ces démarches administratives, pour pouvoir percevoir tout ce que l'armée lui devait. Une chance, si je puis dire, qu'elle a perçu à l'avant de la maison. À cette époque-là, je ne connaissais pas réellement tous les détails, en toute sincérité. Je sais jusqu'à un moment, elle pensait pouvoir investir dans un bien, puisque l'on en a même visité deux, pensant les acheter. Mais cela est resté en état de simple projet. La nature n'aimant pas le vide, et l'humain étant chacal en puissance, ma mère étant d'une fragilité émotionnelle, Vous vous doutez bien que certains ont flairé et en ont bien abusé. Cette année-là, mon année de bac et de permis, nous avions déménagé dans une maison à 15 km de Nîmes, où j'étais scolarisée. Ma sœur, elle avait entamé un sport-études, en danse classique, sa grande passion à l'époque. Donc la semaine, elle n'était pas là. Et mon petit frère avait été scolarisé dans une école de la ville d'à côté de la maison. On prenait... Tant bien que mal, l'homme marque dans cette nouvelle vie. Ma mère avait l'air de gérer toute cette organisation forcée, l'avait obligée au final à rester active, donc à ne pas trop penser à la peine qu'elle ressentait. La seule chose dont elle n'avait pas prévu, c'était les répercussions de son laxisme vis-à-vis des petits. Elle leur passait excuser tout ce qu'ils faisaient, bien ou pas. Elle me disait, ils ont perdu leur père, tu comprends ? C'est pour ça. Elle n'arrivait pas à leur dire non. Ou aller reprendre. Puis comment lutter. Puis peu importe ce que je pouvais dire, c'était ainsi. A mon niveau, pas trop mal heurté, puisque, sans doute, égoïstement, je ne voulais pas voir. Sauf peut-être l'arrivée soudaine d'un cousin de deux fois mon âge à l'époque. Cousin dont je n'avais jamais entendu parler. Qui, comme par hasard, avait des soucis de tout ordre à la Réunion, et ne pouvait venir se réfugier. que chez ma mère. Il avait comme projet de s'installer en métropole et d'investir dans une boulangerie vers Narbonne. Pour rappel, nous étions dans la région de Nîmes. Ma mère, qui n'avait jusque-là jamais évoqué l'envie d'avoir son propre commerce, bizarrement devenait principale trésorière. Ce cousin devait, dans mon souvenir, devenir employé de cette affaire familiale. Il avait du mal déjà à faire quoi que ce soit dans la maison, ça aurait dû alerter ma mère, mais non. Sans doute que cette présence même, lui, mettait du bon moqueur. Il devait l'assister dans le quotidien, alors qu'elle s'en plaignait. Je ne me souviens plus du nombre de semaines ou de mois qu'il avait squatté à la maison, occupant la chambre de ma soeur. Son sport-études, qu'elle avait pourtant choisi, on lui avait même demandé de confirmer ce choix. Certes, mais elle nourrissait chez elle un sentiment d'abandon ou de rejet. Sentiment amplifié quand elle rentrait le week-end voyant que son espace était occupé par lui. Un homme qu'on ne connaissait pas. Gentil, certes, et encore. Mais on sentait que le travail n'était pas franchement son fort et il en profitait un max. Quand je discutais avec lui, j'avais compris que c'était une personne qui avait choisi d'être hors cadre social. Mais... qui avait construit une famille. Et pour cela, il devait alors revoir sa copie. Mais entre être conscient des choses et les acter, il y a une marge, que visiblement il avait franchement du mal à franchir. Au bout de plusieurs semaines ou mois de squatage, et sentant que je pense que la situation l'a dépassé, ma mère n'avait pas investi au final dans cette boulangerie, mais avait fini par l'aider à aménager dans un appartement, toujours dans le secteur de Narbonne. Vous donner tous les détails du montant de la facture, je les ignore, mais je sais qu'on parlait beaucoup. de nouveaux équipements électro, je ne serais même pas étonnée qu'elle ait aussi payé la caution et certains loyers. Son passage chez nous nous aura coûté beaucoup d'argent, mais aussi beaucoup d'énergie, qu'on aurait pu mettre dans notre reconstruction. Sachant qu'à l'époque, on vivait uniquement sur l'avant de la maison, puisque ma mère n'avait pas encore trouvé de travail. Preuve, s'il en fallait, qu'il se connaît vous humain, c'était une sous-merde, parce qu'il faut appeler un chat un chat. A la mort de ma mère, il ne s'est ni déplacé, ni ma maman, que d'elle. D'ailleurs, nous n'avions, depuis son départ de la maison, plus jamais entendu parler de lui. Ce qui au final était aussi bien ainsi. En parallèle de cette année-là, j'avais une connexion particulière avec une fille de ma classe. S.V. Elle, fille unique, native d'ici, sociale, nous étions inséparables. Les premières boîtes de nuit ici étaient avec elle. Nous sommes même allés fêter le passage de l'an 2000 à la montagne. Tout allait bien entre nous, sauf ses parents, qui ne m'appréciaient guère. Une première pour moi, vraiment. J'avais compris que ma maturité et mon esprit indépendant ne leur plaisaient absolument pas. Ils voulaient garder leur fille pour eux. Ils ont réussi. À la réussite de notre bac, je n'ai plus jamais eu de nouvelles d'elle. Du jour au lendemain. Sur le coup, j'avoue... Ça m'a naturellement blessée, mais je m'en suis vite remise. Des relations amicales éphémères, j'en avais l'habitude. La seule qui est et qui restera sera celle avec O. Malgré la distance, lui dans le nord, moi dans le sud, nous arrivions toujours à maintenir le lien. Ces péripéties ne m'ont pas empêché de décrocher durant cette année et durant même la même semaine, mon bac et mon permis. La vie est parfois cocasse. À moi la liberté. D'inq ce que l'on peut être naïf quand même. Une fois le bac en poche, je ne saurais vous dire, je me suis retrouvée tout l'été à tenir un stand de chambouletou à la grande motte. Me voilà foraine durant un été. Je travaillais 6 jours sur 7. Drôle de plonger dans ce monde de forain avec ses codes. Je me suis retrouvée à dormir dans une caravane. C'était un été léger. Travail, sortie, plage. Le seul jour... off, je rentrais faire ma lessive. Tout semblait aller. Ça s'est fait à peu près un peu plus d'un mois et ça m'allait très bien. D'autant qu'à la rentrée suivante, j'intégrais une école à Montpellier pour faire une remise à niveau en arts plastiques. S'il vous plaît. Puisque je voulais travailler dans la communication. Je ne sais pas qui m'a soufflé cette idée bidon sachant que je n'avais plus touché un crayon depuis le collège. Les méandres de l'orientation post-bac. Que voulez-vous ? Quoi qu'il en soit, cela signifiait prendre mon premier logement solo. Donc au final, cet été de fourrain me permettait de mettre un pied à l'étrier, à l'indépendance. Et donc à l'époque, je ne me souciais pas vraiment des choix de ma mère. Puis en entrant entre vous, elle me donnait le change. Puis au vu des projets, de mes projets, tant elle ne voulait pas me freiner, je n'en sais absolument rien. Ma mère, ma soeur pardon, allait reprendre son sport études et mon petit frère, toujours dans la même... Un école pas loin de la maison, et moi donc à Montpellier. Niveau financier, mon père avait payé cette école d'art. Les appels et la bourse, puis mes petites pécules durant l'été, m'ont permis de m'organiser. Nous voir les week-ends était une façon pour elle de gérer. Puis un jour, je ne sais plus lequel, G est apparu à la maison. Un nouvel amant super. Je vous l'ai dit, la nature a horreur du vide. Et quelqu'un en détresse, les chacals le sentent. Même si au final, il s'avère que c'était le moins pire de tous.