- Lisette Bourgeois
On apprécie beaucoup qu'ils ont voulu venir s'installer à Chéticamp. C'est des gens très vaillants, des grands travailleurs. L'intégration semble être très bonne, mais ce qu'on souhaite faire, c'est d'organiser plus d'activités, des soirées multiculturelles pour les faire venir nous parler de leur expérience. Comme communauté, on n'a peut-être pas été organisé pour avoir une politique en place pour aller attirer les immigrants de venir ici. Si on avait comme communauté eu une approche plus large, On aurait peut-être pu attirer plus d'immigrants francophones du début, mais on est très contents de ceux qu'on a ici parce qu'on en a besoin. On n'a pas de choix. Notre foyer d'âge d'or, à notre centre de santé, à la boulangerie, à notre magasin, il y a beaucoup, beaucoup de familles immigrantes qui sont déjà ici et on les apprécie parce qu'on réalise que si ce n'était pas pour eux, il y en a des commerces qui devraient fermer leurs portes.
- Amel Souid - CDÉNÉ
Bonjour et bienvenue à Phares et Trajectoires. Je suis Amel Souid, je suis gestionnaire du secteur immigration économique et de la CFA de Clare pour le Conseil développement économique de la Nouvelle-Écosse. Quand on arrive à Chéticamp, on sent tout de suite qu'on entre dans un lieu qui a une âme. Et ce n'est pas par hasard si cette communauté est si vivante. C'est aussi grâce à des personnes comme notre invité. Lisette Bourgeois est née ici, sur cette côte de l'île du Cap-Breton. Elle dirige les Trois Pignons, un lieu unique qui fait vivre la mémoire, le patrimoine et l'identité acadienne, tout en regardant vers l'avenir. Culture, tourisme, accueil des nouveaux arrivants, elle est de toutes les conversations et souvent de toutes les actions. Dans cet épisode, on parle de ce qui forge l'attachement au lieu, de transmission, d'inclusion, d'économie locale,
- Speaker #1
et de cette conviction que même dans les petites communautés, on peut faire de grandes choses. Bienvenue. Bonjour Lisette Bourgeois, je suis ravie de t'accueillir dans notre podcast « Phares et trajectoires » . Je suis très curieuse d'en apprendre plus sur toi, sur tes phares et tes trajectoires qui t'ont guidée. Tu es née à Chéticamp et je m'interroge sur qu'est-ce que ce village a semé en toi, Lisette ?
- Speaker
C'est mon village. Mes parents, mes grands-parents, mes grands-grands-parents étaient tous de Chéticamp. Alors mes racines sont bien ancrées ici. puis d'une grande famille, huit enfants, et une belle petite communauté un peu isolée sur la côte ouest du Cap-Breton. Alors, on a pu travailler peut-être un peu plus fort pour garder notre tradition, nos cultures acadiennes, notre petite communauté ici au Cap-Breton. Mais ce n'est pas une grande, grande communauté, mais quand tes racines sont bien ancrées ici, il fait bien beau.
- Speaker #1
Donc, j'entends de ce que tu me dis que la valeur de la famille, de l'entraide… Oui,
- Speaker
des grands-grands-parents, mais aussi mes petits-enfants qui sont ici aussi à Chéticamp. Alors, doublement raison d'y rester.
- Speaker #1
Comment est née cette passion pour toi de la langue française ? Tu partageais que tes parents, tes grands-parents, mais aussi tes arrière-grands-parents étaient acadiens, fiers acadiens. Et je m'interroge aussi sur ta passion de la langue française, mais aussi du patrimoine acadien.
- Speaker
Oui, le fait que... toute notre famille, c'était tout français, c'était des Acadiens, purs Acadiens, purs francophones. Mes grands-parents ne parlaient presque pas même l'anglais. Ma fierté, peut-être, le fait qu'on a été, qu'on a grandi avec, c'était très proche de nous, de parler le français et notre culture acadienne. Mais le patrimoine n'est pas venu, ma fierté n'est pas venue à l'école. On avait des comités, soit le comité du carnaval d'hiver ou un comité d'annuaire. Dans notre école, dans mon temps, c'était presque tout anglais, nos cours, sauf le français et l'histoire. C'était avant notre conseil scolaire acadien provincial. Alors, si on voulait parler français, s'intégrer et participer dans des activités en français, c'était après l'école. Il y avait un conseil, la Fédération acadienne avait déjà un conseil jeunesse provinciale. On travaillait déjà avec des rencontres jeunesse provinciale, des sessions leadership avec les jeunes en français. Alors cette fierté-là m'est venue assez tôt dans mon cheminement.
- Amel Souid - CDÉNÉ
Donc pour les auditeurs qui nous écoutent, effectivement, l'éducation en français est venue… C'est ça, oui.
- Lisette Bourgeois
On a dû aller en cours suprême du Canada pour nos droits en éducation en français. Alors j'ai pas eu besoin de donner la main. Mes enfants ont pu… participer et être éduquée en français entièrement, mais ce n'était pas le cas dans mon temps.
- Amel Souid - CDÉNÉ
Est-ce qu'il y a un moment dans ta carrière où est-ce que tu t'es dit, c'est dans ça que je veux contribuer ? en ce domaine que je veux m'investir.
- Lisette Bourgeois
Ça a toujours été une partie de moi. J'ai 62 ans et j'étais jeune employée ici au Centre culturel à Chéticamp comme étudiante après ma 10e, 11e et 12e année. J'étais impliquée dans le réseau. Alors ça a toujours été une partie de ma vie. Puis je me suis quittée pour mes études. Puis quand j'ai revenu, j'étais animatrice jeunesse dans ma communauté. En français, encore une fois, j'ai travaillé pour les Jeux de l'Acadie, qui sont très populaires en Nouvelle-Écosse. J'ai travaillé pour la coordination des Jeux de l'Acadie. Alors, c'est toujours été ce que j'aimais faire. Alors, c'était naturel pour moi de continuer dans le développement communautaire de ma communauté.
- Amel Souid - CDÉNÉ
Est-ce que le lien avec le territoire, ça se transmet ? Si oui, comment ?
- Speaker
Je crois que oui. La façon qu'on projette, c'est ce qu'on croit. notre croyance, nos valeurs dans nos enfants et nos petits-enfants, ça va se refléter dans la façon qu'ils vont grandir et la fierté qu'ils vont continuer d'avoir pour leur communauté, pour leur langue, pour nos traditions, pour notre culture. C'est ancré dans leur DNA. Quand ils veulent, quand on peut projeter ça à nos enfants et dans notre famille, qu'on parle le français à la maison, c'est évident que ça va se continuer.
- Amel Souid - CDÉNÉ
Donc, tes petits-enfants, tu commences d'abord par les enfants. Oui,
- Lisette Bourgeois
et ce n'est pas la même réalité que nos années, quand on a élevé. Maintenant, avec la technologie et les enfants, avec la télévision et l'Internet, ils sont parfaitement bilingues. Ils ont juste comme deux ans. Ils parlent le français et l'anglais. Mais quand ils sont dans le système scolaire en français, ils vont apprendre le français. Mais à ma maison, c'est toujours français. On parle français à la maison.
- Amel Souid - CDÉNÉ
On parlait des jeunes générations, mais... Pourquoi rester ici s'il y a un phénomène d'aller rechercher d'autres choses ailleurs ? Il y a des gens qui partent ailleurs. Qu'est-ce que tu pourrais leur dire ?
- Lisette Bourgeois
Je crois que les jeunes parents réalisent qu'avoir des enfants, une famille et pouvoir vivre proche de ta famille, tu as de l'appui, tu as le soutien de tes parents, grands-parents, frères et sœurs et amis, ça vaut beaucoup. Alors, c'est sûr que si on est… poursuivre ces études, puis qu'on est dans un domaine où il n'y a pas d'emploi ici dans notre région acadienne, on est peut-être encouragé de se déménager dans une ville ou dans une autre province ou un autre pays. Mais je pense même depuis la pandémie, je crois que les gens ont réalisé l'importance de la famille, d'être proche de leur famille. Puis la situation mondiale aujourd'hui nous fait peut-être réaliser l'importance encore plus que jamais. que c'est bien de pouvoir vivre dans une petite communauté avec l'appui de tes voisins, avec tes enfants, avec tes comités. Tu connais tout le monde. Ils sont de grande valeur. Je pense que les gens commencent à réaliser ça. Puis les gens de Chétiquan, originaires de Chétiquan qui quittent, pensent beaucoup revenir quand ils ont des jeunes enfants ou si pas avec leur famille à la retraite pour la beauté cynique, revenir à leur barceau.
- Amel Souid - CDÉNÉ
C'est très intéressant ce que tu dis parce que moi, en tant qu'immigrante, quand je suis arrivée en Nouvelle-Écosse, la première grosse tempête que j'ai vécue, c'était Fiona. Et puis ce soir-là, je me suis sentie bien. C'est vrai que l'appui de la famille et des proches est très important. Ton tout premier souvenir d'engagement, ça serait quoi ?
- Lisette Bourgeois
Je pense que ça serait au secondaire, quand j'étais à l'école NDA. Puis j'ai toujours travaillé en arrière scène. Plus que devant la caméra. J'organisais le gala royal, qui était pour choisir monsieur et madame, nous étions des jeunes étudiants, pour représenter le roi et la reine de notre carnaval d'hiver. Alors moi, j'organisais en arrière scène, des gens pour faire le décor, choisir les gens qui allaient se présenter comme candidats. Puis c'était très, très, très impliqué. C'était le plus gros projet jusqu'à date que j'avais organisé. qui m'a fait réaliser que faire du bénévolat et travailler dans ce genre de travail m'intéressait.
- Amel Souid - CDÉNÉ
Tu diriges les Trois Pignons. Qu'est-ce que c'est ?
- Lisette Bourgeois
Les Trois Pignons, c'est notre centre culturel ici dans notre région. C'est une bâtisse à trois pignons. Puis c'est basé sur une chanson traditionnelle. Quand nos architectes ont voulu donner un nom et faire un plan pour ce centre culturel. Il y avait une chanson, c'était « Mon père a fait bâtir maison, l'a fait bâtir à trois pignons » . Alors, on a voulu faire l'édifice un peu pour aller avec la chanson. Puis, ça, c'était dans les années 77-78. Puis il n'y avait aucune place dans la région acadienne qui allait nous permettre de préserver nos archives, notre travail de généalogie, puisqu'on voulait cette place physique pour pouvoir préserver et collecter et ramasser ce que les gens voulaient peut-être préserver pour les générations à venir. Alors les trois pignons ont été construits, puis il y avait une bibliothèque dans le temps, il y avait des bureaux. La Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse avait des bureaux régionales dans notre centre. Puis, il y avait le bureau d'information touristique. Très simple. On l'a encore aujourd'hui. Mais, dans les premières années, c'était très simple. Puis, on embauchait des étudiants, dont j'en étais une en 79. L'édifice était tout nouvel. Puis, dans les années, dans les décennies, l'édifice est aussi important. qu'elle n'a jamais été, si pas plus.
- Amel Souid - CDÉNÉ
Donc aujourd'hui, c'est un édifice culturel qui accueille des activités, des manifestations ?
- Lisette Bourgeois
Notre radio communautaire est située dans notre édifice. On a un centre de généalogie, puis on a un bureau touristique. On a un musée d'antiquité, le musée du tapis hooké, qui est très connu pour Chétican, le tapis hooké. Puis, on a nos bureaux à l'année longue. On s'occupe de la programmation. On prépare d'une année à l'avance la programmation estivale, Fête du Canada. On a un festival des racines et bottines, notre festival acadien, le festival de l'escaouette, la fête du 15 août. Alors, on planifie pendant toute l'année, pour la prochaine année. Puis, on fait beaucoup de marketing pour la communauté acadienne. On a des guides de visiteurs, des achats d'annonces dans des journaux. On fait du travail pour les trois pignons, pour nous promouvoir, mais aussi pour la communauté acadienne. Il faut réaliser que...
- Amel Souid - CDÉNÉ
Donc, il y a beaucoup de travail de promotion.
- Lisette Bourgeois
La promotion, puis la programmation. Chéticamp, c'est sur la fameuse Cabot Trail, à l'entrée d'un parc national. Alors, on est très, très bien situé pour notre industrie touristique. Les gens vont conduire juste devant nos portes. On peut trouver des façons de les faire arrêter ici et faire de Chéticamp une destination.
- Amel Souid - CDÉNÉ
Justement, tu m'offres l'opportunité de te poser la question. Le tourisme est une industrie qui est de plus en plus en développement. Est-ce que tu penses que c'est une industrie qui va embaucher des immigrants et qui va s'investir dans le parc ?
- Lisette Bourgeois
Je crois que oui. Il y a beaucoup de nos commerces qui ont déjà. des immigrants. Il y a beaucoup d'anglophones. Ça, ça va peut-être changer dans les années à venir, mais on a grandement besoin d'eux. Le magasin, puis le visiteur qui arrive à Chéticamp, souvent, c'est au premier point s'il va au magasin chercher de l'épicerie. Parfois, c'est la première personne qu'ils vont parler avec, c'est la personne au magasin. Alors jusqu'à date, c'est une intégration qui semble bien aller. Puis ça répond à un grand besoin pour répondre à la pénurie de la main-d'œuvre qu'on se trouve en situation assez grave aujourd'hui.
- Amel Souid - CDÉNÉ
Donc tu confirmes que Chéticamp souffre d'une pénurie de main-d'œuvre. Comment tu vois le rôle de la CFA dans tout ça ?
- Lisette Bourgeois
On est très optimistes qu'on va pouvoir faire venir des familles francophones. Puis si je me base sur les familles syriennes et les familles des Indes et des Philippines et du Mexique qui sont ici à Chéticamp pour répondre aux besoins, et selon ça, ce qu'on entend, ça a bien été, de s'installer, d'acheter des maisons et de trouver des emplois ici dans la région de Chéticamp, me fait croire que si on peut faire venir des immigrants francophones dans une communauté francophone, qu'on va pouvoir encore amplement, plus facile pour eux de s'adapter. On va certainement les aider à apprendre l'anglais, parce que veut ou veut pas, en 2025, et pour répondre aux visiteurs bilingues, il faut apprendre les deux langues, mais c'est très difficile de ne pas l'apprendre l'anglais. On est entouré.
- Amel Souid - CDÉNÉ
Vivre dans des communautés linguistiques officielles en situation minoritaire implique que tu dois maîtriser un anglais fonctionnel. Pas trop le choix. Je reviens à... Tu parlais tout à l'heure du tapis hooké. j'espère que je prononce bien, comment valoriser ce patrimoine et ne pas le figer dans le temps ?
- Lisette Bourgeois
C'est intéressant parce que pendant la dernière année, on a fait un plan stratégique sur la sauvegarde du tapis hooké. Puis on a pu sécuriser une salle dans la région, juste au centre du village, spécifiquement pour donner des ateliers, une place pour les gens qui veulent venir partager hooké. mais c'est une place que les gens peuvent venir, surtout les aînés, qui peuvent venir travailler puisqu'ils sont seuls parfois dans leur maison. Ils peuvent venir nous voir au centre, travailler à leur aise, prendre un thé, jaser avec les autres. Puis on offre de la formation sur teindre la laine, faire l'atelier pour faire le tapis hooké. Il y a de la formation qui se déroule qu'on va répéter l'année prochaine. Alors on est encouragé que... Le tapis hooké qui auparavant était fait pour un revenu supplémentaire pour les maisons, les familles, que maintenant c'est un or. C'est l'intérêt de faire la même chose que ta grand-mère faisait. Ça peut être fait en cadeau. On en court ça à vendre dans nos boutiques ici à Chétiquan. On les a ici aux Trois Pignons dans notre boutique aussi. Ça fait qu'on en court comme 50-60 personnes qui le font, puis on veut intéresser les plus jeunes. On va travailler sur ça pour les prochaines années, pour intéresser. Et si on avait des familles immigrantes qui nous arrivent, qui voudraient rencontrer les gens, partager, passer du temps entre eux ?
- Amel Souid - CDÉNÉ
C'est un bon moyen de faire du réseautage. J'aime ton idée parce qu'elle permet aussi de transmettre, de créer un lien intergénérationnel entre les aînés et les jeunes, qu'ils soient issus d'ici ou d'ailleurs, sur un art. Bravo ! pour cette initiative, vraiment. Selon toi, quel est le lien entre la culture et l'économie dans une petite communauté comme la vôtre ?
- Lisette Bourgeois
Notre culture acadienne ici à Chéticamp est peut-être un peu différente. On a gardé plus la chanson traditionnelle. On va dans nos archives, dans notre histoire, que ce soit avec notre troupe de danse, nos jeunes dans les chorales. Nos jeunes à l'école NDA qui vont apprendre des chansons de nos artistes connus, comme Ronald Bourgeois, André Aucoin de Chéticamp qui est décédé l'année passée. Mais nos jeunes chantent ces chansons-là. On va à le spectacle annuel à notre école, puis c'est des chansons traditionnelles de notre région qu'ils vont chanter. Puis le fait qu'on ait cette petite communauté entourée de communautés anglophones. Je pense que ça a peut-être travaillé un peu à notre avantage qu'on a pu garder notre accent de Chéticamp, même si on en a perdu peut-être un peu. Il y a parfois des mots anglais dans notre vocabulaire, mais en gros, ça se parle français. Des outils comme notre radio communautaire, très important, 25 ans d'histoire où les gens écoutent leur radio communautaire à tous les jours. Ils vont écouter la météo, les nouvelles en français. qui n'était pas le cas auparavant. Le fait qu'on ait une école française aussi nous aide beaucoup. Alors ça, c'est des outils très importants qui nous ont aidés à préserver notre culture. Alors au niveau économique, quand les gens nous arrivent de l'extérieur, ils cherchent une expérience, ils cherchent à voir ce qu'on peut attendre de la musique de Chéticamp, des pièces de théâtre. On a un conseil des arts très riche aussi qui fait beaucoup de spectacles, des pièces de théâtre. en français. Alors, il y a tous ces outils-là qu'on n'avait pas tant à passer qui nous permettent d'offrir aux visiteurs cette expérience-là de chanter. On a une association musicale à tous les mardis soirs. C'est un cercle musical. Ils peuvent chanter en français. En anglais aussi. Mais au moins, les gens, les visiteurs qui nous arrivent peuvent entendre de nos chansons traditionnelles. Alors ça, c'est tous des outils. Puis c'est ça ce que les gens veulent. Ils veulent écouter notre accent. Ils veulent nous entendre parler. Ils veulent rester dans un assez bon nombre d'hébergements et de restaurants ici à Chéticamp, en raison de notre location sur la Cabot Trail à l'entrée d'un parc national. Alors, on peut les faire garder ici et faire vivre une expérience particulière et spéciale. Puis, ils le demandent. Alors, il faut continuer de pouvoir l'offrir.
- Amel Souid - CDÉNÉ
Donc, il y a vraiment toute une industrie liée à la culture, liée à l'événementiel qui est très vivante. Oui,
- Lisette Bourgeois
c'est pour le communautaire qui a pris la relève sur ces dossiers-là. La Société Saint-Pierre, qui est l'organisme qui est propriétaire de l'édifice Les Trois Pignons, existe depuis 1947. Alors, ça a été un grand travail de sensibilisation et de promotion de notre communauté dans les années au tout début. Mais la technologie avec les radios communautaires et les conseils des arts nous aident à pouvoir avancer beaucoup plus vite et aider le secteur privé. Si tu as un restaurant, puis tu peux dire à tes visiteurs du Québec ou de l'Ontario, écoutez, ce soir, il y a une pièce de théâtre. Vous pouvez aller au Parc national, il y a de l'animation et de la musique avec des artistes locaux. On offre un calendrier, une gamme d'activités assez grande pour plaire à tous les goûts. Ça nous aide de les garder ici dans la région plus longtemps.
- Amel Souid - CDÉNÉ
C'est-à-dire qu'il y a une gamme d'activités qu'ils peuvent expérimenter, donc ils restent sur place, ils sont hébergés à Chétiamp et ils expérimentent toute cette gamme d'activités. C'est très intéressant ce que tu dis, Lisette. Tu as mentionné que c'était vraiment le secteur communautaire qui avait pris à bras le corps cette responsabilité-là. Est-ce qu'il n'y a pas des joueurs aujourd'hui du secteur privé ? qui s'intéressent à reprendre des activités dans le culturel. Tu parlais de l'événementiel, des spectacles, des choses comme ça.
- Lisette Bourgeois
Des restaurants qui vont offrir de la musique en soirée, d'artistes locaux pour accommoder leurs visiteurs qui sont là pour le dîner. Puis là, il s'en vient des gros projets dans notre région, une construction d'un gros hôtel à cinq étoiles. des chalets sur l'île de Chétiquan. On a une nouvelle entreprise appelée Table 12-7. C'est des soupers de Calais-Basséjo. Puis, ils vont offrir de la musique de la région. Alors, je pense que ça s'en vient. Chétiquan, c'est une population vieillissante. Il y a beaucoup de nos commerces qui sont en train de se faire acheter par les plus jeunes. Je crois qu'on va voir peut-être dans les années à venir qu'il va y avoir un plus grand intérêt de s'intégrer. et de s'impliquer avec le communautaire dans la création d'une horaire assez intéressante pour nos visiteurs. C'est ça le souhait.
- Amel Souid - CDÉNÉ
Et le CDÉNÉ, nous, on accompagne des chercheurs d'emploi, qu'ils soient canadiens ou issus de l'immigration, donc des résidents permanents. On les accompagne, c'est des gens qui arrivent en Nouvelle-Écosse ou qui s'informent sur la Nouvelle-Écosse, qui sont résidents dans d'autres provinces. puis on se... donne comme objectif de promouvoir aussi les petites communautés comme Chéticamp. Donc, on va beaucoup collaborer avec toi dans les mois à venir et avec toute l'équipe locale pour promouvoir les offres d'emploi. Et je le dis pour nos auditeurs, les personnes qui sont intéressées à venir travailler dans des petits centres, c'est une superbe opportunité. Et puis, on attend des talents internationaux, pourquoi pas, pour venir enrichir.
- Lisette Bourgeois
On est confiants que ça va se faire aussi. Puis avec notre communauté francophone accueillante, qu'on sera peut-être mieux, qu'on sera prêts. On va sensibiliser notre communauté, oui. Puis qu'on va pouvoir être bien préparés pour les accueillir à leur arrivée.
- Amel Souid - CDÉNÉ
Alors, je discutais avec Yala Sangaré, qui est directeur du département des sciences administratives à l'Université Sainte-Anne, et qui parlait de l'intégration à la fois dans la communauté, parce que pour lui, il y avait un effort à faire de la part… de ce chercheur d'emploi, de cet immigrant, de cet étudiant international, mais à la fois de la partie de la communauté qui doit faire également des efforts, qui en fait déjà beaucoup, qui doit en faire davantage pour arriver à une inclusion. Qu'est-ce que tu en penses ?
- Lisette Bourgeois
Oui, puis c'est une partie très importante de notre travail qu'on veut. C'est sûr qu'une famille qui veut déménager en Nouvelle-Écosse, puis qui veut venir à Chétiquan, va vouloir un emploi. et une place à rester. Mais une fois ça fait, quand ils vont arriver ici, on veut pouvoir les intégrer en leur faisant rencontrer des gens, en l'aidant peut-être dans la formation de l'anglais, la formation avec l'Université Saint-Anne, des rencontres informelles, des soupers, partager nos recettes avec leurs recettes, des soirées internationales où on pourrait... partager notre amour de la musique, de la danse, de la nourriture. Puis notre employé à notre CFA est totalement de la partie pour organiser ce genre d'activité. Et c'est ça ce qu'on travaille présentement, c'est pour vraiment nous assurer qu'une famille qui vient ici se sent bienvenue, se sent accueillie. Puis une première étape, c'est d'aller consulter les gens qui sont déjà ici. Comment a été leur intégration ? Qu'est-ce qui a bien marché ? Qu'est-ce qui a moins bien marché ? Pour pouvoir apprendre. et nous assurer de ne pas répéter les mêmes erreurs.
- Amel Souid - CDÉNÉ
Pour parler nourriture, il y a des bonnes recettes quelque part et il faut les suivre. Alors selon toi, tu as travaillé avec des jeunes aussi, tu l'as mentionné. Qu'est-ce qu'ils te disent sur leur identité, sur leur avenir ?
- Lisette Bourgeois
J'ai espoir. On vient de faire un film ici à Chéticamps d'une trentaine de minutes pour parler aux jeunes, s'ils parlent encore le français. Puis ils nous avouent qu'avec la technologie, souvent et parfois, si les parents, si un est un anglophone, si la mère est une acadienne, le père est un anglophone, souvent ils vont parler anglais à la maison. Mais entre amis et à l'école, il semble y avoir encore une fierté de parler en français. Et comme j'ai mentionné plus tôt, les activités qu'on organise, avec la danse et le chant, on a une école de musique qui offre toutes sortes de formations. Un conseil des arts qui offre toutes sortes d'ateliers, de formations. Il y a assez d'opportunités pour ces jeunes-là de s'intégrer et s'impliquer s'ils le veulent. Notre défi, c'est qu'il n'y a pas grand jeune. C'est comme le chiffre à notre école. On n'est pas peut-être une des plus petites écoles du conseil scolaire acadien provincial aujourd'hui. Alors, il faut amener des familles avec beaucoup de bébés et d'enfants pour notre école. Mais nos jeunes sont très impliqués.
- Amel Souid - CDÉNÉ
De ton expérience, tu en as un peu parlé, mais de ton expérience, qu'est-ce que la présence d'un lieu culturel peut changer dans la vie des gens ?
- Lisette Bourgeois
C'est un point central. C'est un point de départ. Si on a quelqu'un qui veut visiter, qui cherche de l'information, qui veut savoir sur notre histoire, comment avancer si quelqu'un pense de venir à Chéticamp, on veut pouvoir avoir ce centre culturel qu'on peut se rencontrer, apprendre. aller chercher les ressources qu'on a besoin. Puis souvent, quand on parle de notre centre culturel, les Trois Pignons, on dit que c'est une place où si tu veux une photocopie, si tu veux rencontrer notre conseiller municipal, si tu veux un permis pour te construire une maison, tu viens aux Trois Pignans. Si tu veux le guide touristique du visiteur, qu'on veut le distribuer à nos visiteurs, on vient d'en chercher ici aux Trois Pignans. Ça fait que c'est un peu le central de tout ce qui est le cœur. de notre académie ici à Chéticamp, c'est notre centre, les Trois Pignons. Puis dans les années, il y a eu le Conseil des Arts, on a maintenant le centre de la Micarème, qui est une tradition du Moyen-Âge qui est encore fêtée ici à Chéticamp. Il y a un centre qui est ouvert pendant l'été, il organise des activités pendant la semaine de la Micarème. Alors ça, c'est un peu des... Je reviens, c'est le communautaire, mais c'est quand même des points très importants, reliés l'un à l'autre, pour pouvoir nous assurer que... qu'on préserve notre culture, qu'il y a une place pour sauver et tout ce qui est important pour nous, pour les générations futures.
- Amel Souid - CDÉNÉ
Alors, moi, je dis souvent aux immigrants, quand je les rencontre, que les petits centres ont des avantages. Alors, par exemple, quand on dit des opportunités d'emploi, quand tu réponds à une offre d'emploi sur une grande communauté, un grand centre, mathématiquement parlant, tu vas avoir un certain nombre de candidats qui vont également répondre à cette même ordre d'emploi. Donc, tes chances sont réduites et puis tu dois vraiment te distinguer, vraiment pour briller. Il y a plus de chances, plus d'opportunités dans les petits centres, dans des communautés comme Chéticamp. Qu'est-ce que tu en penses ?
- Lisette Bourgeois
Si une famille voulait venir, fort probable qu'en discutant avec eux, voir ce qu'est leur éducation, leur intérêt. on pourrait probablement leur trouver un emploi. Il faut réaliser qu'on a beaucoup d'emplois à notre parc national des Hauts-Terres. On a un centre de santé, on a Pêche et Océans, au niveau de l'éducation, il y a beaucoup de postes aussi, et au niveau touristique, il y a beaucoup d'emplois saisonniers, mais on a des emplois temps pleins aussi. Alors oui, ça serait une question de matcher. L'intérêt de la personne qui veut nous arriver, puis travailler avec le service à l'emploi, le conseil de développement économique, qui a un bureau ici à Chéticamp, Saint-Joseph-du-Moine, et trouver les possibilités d'emploi. C'est plus facile. On vient connaître la personne, c'est plus personnel. Puis, qu'est-ce qui pourrait intéresser la personne, passer un peu de temps à jaser avec eux, puis là, les placer avec des emplois possibles. C'est vrai. Plus facile, peut-être moins de choix que la grande ville, mais on a des bonnes possibilités avec nous autres. C'est l'industrie de la pêche et le tourisme qui sont les industries principales dans notre communauté ici acadienne. Alors, il existe des belles emplois.
- Amel Souid - CDÉNÉ
Puis, ce que tu disais tout à l'heure, toute l'industrie de la culture, toutes les opportunités en événementiel, des restaurants qui proposent des spectacles, mais aussi des salles de spectacle. Tu parlais des activités de transmission avec le tapis hooké. Moi, je vois beaucoup d'opportunités, pas uniquement pour les emplois, mais également pour l'entreprenariat.
- Lisette Bourgeois
Oui, et puis, il y a beaucoup plus. C'est sûr, si vous voulez venir s'installer dans une petite communauté, il faut peut-être être un peu créatif aussi, avoir vos possibilités, puis dire oui. Je pense que si je pouvais me lancer en affaires, m'ouvrir une entreprise, parce que je crois que ça répondrait à un besoin, peut être bien perçu pour les gens qui voudraient venir ici. Quand on regarde à l'industrie touristique qui est une industrie très saine, pourrait être quelque chose qui attire les visiteurs, une expérience, faire de Chéticamp une destination pour accompagner le développement dans les années à venir, ce qui nous arrive au-delà de 100-125 emplois dans les prochaines années quand la construction va être faite de la motel, la hôtel. Alors il s'en vient des... des très bonnes possibilités. Alors, pourquoi pas venir ici, se lancer en affaires ou pour le moment, peut-être trouver un emploi afin de mieux connaître ce qu'est les possibilités et l'intérêt de la personne. Puis là, se lancer en affaires, on a les ressources de notre CDÉNÉ.
- Amel Souid - CDÉNÉ
Exactement. Comment tu ferais pour présenter Chéticamp à quelqu'un qui ne connaît pas Chéticamp ?
- Lisette Bourgeois
On est entre les montagnes et la mer. Alors, si je dis rien d'autre, ça serait très beau. C'est beau, la beauté scénique, de venir s'installer. On est protégé par notre géographie afin de pouvoir préserver notre langue, de continuer de parler le français. Ils vente à Chéticamp, on a des vents, mais nos maisons sont construites en conséquence. Il n'y a personne qui a perdu sa maison dans le vent. Alors, c'est une belle place. On est reconnus pour notre accueil. On aime parler aux gens. On est curieux de connaître les gens. On veut savoir ce qu'est leur vécu, ce qu'est leur histoire, ce qui les a amenés à venir ici à Chéticamp. Puis, je crois que c'est le petit sondage qu'on a fait quand on travaille sur le dossier de notre CFA et que oui, l'accueil semble être très bon ici à Chéticamp puis qu'ils sont bienvenus. pip Pour moi, le fait qu'on a une population vieillissante m'a fait parfois me demander si ça allait être le cas. Mais selon les conversations qu'on a, il semblerait que venir vivre à Chéticamp n'est pas trop pire. Qu'est-ce que vous faites à Chéticamp pendant les mois d'hiver ? Maudit, on fait pour moi la même chose que partout. On travaille, on fait son épicerie, on passe du temps avec sa famille, on a des sports, on a un arénaud, on a un terrain de golf l'été. Il y a beaucoup d'activités. Il n'y a pas une grosse différence. On a pas mal tous les services. Puis maintenant, les gens vont à un magazine en ligne, alors c'est peut-être moins un défi que ça leur a été auparavant de trouver ce qui leur manque. Mais non, c'est comme je dis, le bonjour et le sourire, c'est dans... J'ai parfois dit, quand on est en Nouvelle-Écosse, on le sait. Peut-être un peu mettre dans les maritimes cet accueil-là. On attend ça beaucoup de nos visiteurs, que l'accueil chaleureux qu'ils ont reçu, c'est ça ce qui les a marqués.
- Amel Souid - CDÉNÉ
Tu parlais tout à l'heure de l'accueil des familles migrantes. Vous en avez déjà eu quelques-unes qui sont venues s'installer à Chéticamp. Est-ce que ça change pour le quotidien ?
- Lisette Bourgeois
On en a assez besoin. On apprécie beaucoup qu'ils ont voulu venir s'installer à Chéticamp, qu'ils achètent de nos maisons. C'est des gens très vaillants, des grands travailleurs. Ils ont deux, trois emplois. On a maintenant des jeunes familles qui ont des enfants. l'intégration semble être très bonne. C'est sûr qu'ils vont peut-être être plus avec leurs plus proches, entre eux, mais ce qu'on souhaite faire, c'est d'organiser plus d'activités et des soirées multiculturelles pour les faire venir nous parler de leur expérience. Je crois que c'est peut-être ça ce qui a un peu manqué. Il n'y a pas eu comme communauté, on n'a peut-être pas été... organisé pour avoir une politique en place pour aller attirer des immigrants de venir ici. C'était un peu fait par hasard. Les familles... Un commerce privé aurait besoin de quatre employés. Il aurait été fait ses propres démarches pour les faire venir. Que si on avait comme communauté eu une approche plus large, on aurait peut-être pu attirer plus de démigrants francophones du début. Mais on est très content de ceux qu'on a ici parce qu'on en a besoin. On n'a pas de choix. Notre foyer d'âge d'or, à notre centre de santé, à la boulangerie, au magasin. Il y a beaucoup, beaucoup de familles immigrantes qui sont déjà ici, puis on les apprécie parce qu'on réalise que si ce n'était pas pour eux, il y en a des commerces qui devraient fermer leurs portes.
- Amel Souid - CDÉNÉ
Alors, tu parlais du secteur de la santé. Pour les immigrants francophones, le CDÉNÉ a une personne qui s'occupe de la reconnaissance des titres de compétences et qui aide donc les résidents permanents qui arrivent en Nouvelle-Écosse à faire les démarches. pour justement pouvoir travailler dans des métiers réglementés, y compris la santé. On voit de l'intérêt, le parcours est long, mais néanmoins, on voit beaucoup de volonté de la part de ces nouveaux arrivants pour s'intégrer dans les communautés. Donc moi, j'ai bon espoir qu'on puisse avoir des personnes bilingues dans des métiers réglementés comme la santé, comme... d'autres secteurs, l'éducation, la petite enfance, des secteurs comme ça en grande demande, arriver bientôt. Qu'est-ce qui aide vraiment à accueillir ces nouvelles personnes ? Tu as parlé de l'art, tu as parlé des activités à Chéticamp, tu as parlé de la CFA, de la relation étroite qu'on a avec les services d'aide à l'emploi. Est-ce qu'il y a d'autres joueurs qui manquent ?
- Lisette Bourgeois
C'est d'impliquer davantage le secteur privé. les opérateurs, de venir nous dire ce qu'est leur besoin, puis de jouer un rôle dans ce processus que nous devons faire et suivre pour attirer nos immigrants francophones. Si on peut le faire ensemble, on sera beaucoup plus devant. Puis la formation et nous sensibiliser à la communauté, à l'importance et prendre un inventaire de nos besoins. Comme communauté, on est beaucoup plus fort. que si chacun fait sa propre petite chose. Alors, c'est ça ce qu'on souhaite faire dans les prochaines années dans l'avancement de notre projet, de notre CFA, de travailler avec la communauté, de rencontrer les gens, de voir, prendre un inventaire de leurs besoins. Je crois qu'après, qu'on sera beaucoup mieux préparés lors de l'accueil.
- Amel Souid - CDÉNÉ
Merci de mentionner les employeurs, les acteurs du secteur privé. effectivement le CDÉNÉ par exemple offre des services gratuits pour les employeurs, pour les aider par exemple à avoir des formations en équité, diversité, inclusion, pour les aider à avoir des formations en compétences interculturelles parce qu'on est conscient qu'intégrer une personne qui vient d'une autre culture, qui vient d'un autre marché du travail, ça s'accompagne avec un certain nombre de défis. qui ne sont absolument pas insurmontables, mais qui demandent une attention particulière. Puis les immigrants ont une grande envie de s'intégrer. Donc, le terrain est déjà bien posé.
- Lisette Bourgeois
Oui, on est chanceux d'avoir les outils qui nous entourent, qui sont sur place. Le fait qu'on a un campus avec notre Université Sainte-Anne, les bureaux et les agents avec le Conseil de développement économique. notre comité avec notre CFA, on a des agents scolaires communautaires maintenant qui travaillent dans la communauté et au niveau scolaire, on a École Plus, on a toutes sortes d'outils de personnes embauchées à temps plein pour travailler, pour faire avancer ce dossier. Alors je crois qu'on est mieux équipés qu'on ne l'a jamais été.
- Amel Souid - CDÉNÉ
On a tous les outils aujourd'hui, on a tous les ingrédients pour faire avancer les choses. Selon toi, on en a un peu parlé, mais selon toi, une petite communauté, comme Chéticamp, comment... est-ce qu'elle peut devenir un lieu d'opportunité ?
- Lisette Bourgeois
Je crois que le timing, du fait que notre région a été accordée cette communauté francophone accueillante, le même temps que l'investissement majeur s'en vient dans notre région, est très promettable pour beaucoup d'années à venir. Le fait que le tourisme est encore très important, les gens voyagent peut-être de plus en plus... proches, en auto, ils n'ont pas nécessairement à venir de d'autres pays, nos voisins, les États-Unis, on a beaucoup des gens qui vont venir par auto. On a une industrie très saine, puis de l'investissement très, très intéressant. Alors, si on peut s'aligner... pour offrir à nos visiteurs un bon inventaire des postes qui vont y avoir de disponibles dans les années à venir. Je pense qu'on sera peut-être une communauté qui sera considérée comme, oui, on devrait déménager à Chéticamp, car ils ont des nouvelles emplois, des nouvelles opportunités très intéressantes. On aura besoin que ce soit un chef pour nos restaurants, et on en a déjà fait venir deux. Pour une petite communauté, c'est quand même assez impressionnant ce qui se passe déjà. On n'est pas une grande, grande, grande population, mais on a beaucoup qui se passe, qui semble intéresser les gens de venir s'installer. Pour la nature aussi, les gens qui veulent la paix, la sécurité, taux de violence très bon. C'est une place, une bonne place avec tes enfants. Puis ça semble être le message clé qu'on veut sortir, qui pourrait convaincre. une famille de venir s'installer ici dans notre communauté, ici à Chéticamp.
- Amel Souid - CDÉNÉ
Je pense qu'après la pandémie, il y a beaucoup de gens qui ont remis en question leur souhait de vivre dans de grandes cités urbaines et justement revenir vers de petits centres où le taux de violence est bas, où il fait bon vivre, où on peut éduquer une famille. Je pense que ça, c'est le vrai argument.
- Lisette Bourgeois
Et puis les gens originaires de Chéticamp qui ont fait leur vie à l'extérieur, Ils pensent déjà, puis qu'ils en ont quand revenus pendant la pandémie pour être plus proches de leur famille. Puis des gens qui disent, quand tu travailles de l'extérieur, ton but est quand et la prochaine fois que je vais pouvoir m'en aller chez moi avec ma famille, dit beaucoup. Parce que les gens, il y a une attache ici à Chéticamp. Il n'y a pas beaucoup de gens qui vont dire, je quitte Chéticamp, puis je ne vais pas y retourner. Il y a leur histoire. Leurs familles sont pas mal bien ancrées ici, qui veulent revenir.
- Amel Souid - CDÉNÉ
Donc cet attachement fait qu'ils vont revenir. Donc vous avez une bonne recette, Lisette.
- Lisette Bourgeois
On le croit.
- Amel Souid - CDÉNÉ
Je pense aussi. Si tu avais une carte blanche pour réaliser un projet, demain, mettons, qu'est-ce que ça serait ?
- Lisette Bourgeois
Un projet, c'est un gros projet d'infrastructure quand même, c'est d'avoir un traversier entre Chéticamp et les îles de la Madeleine. il y a un... histoire intéressante avec les gens des îles de la Madeleine et Chéticamp, des gens de Chéticamp qui pêchaient aux îles, des gens des îles qui venaient ici à Chéticamp. Puis il y a beaucoup de gens, il y a des relations, il y a des amis de vie entre les deux. Puis il y a eu un essaye pour un traversier, mais moi j'envisage un traversier et une promenade tout le long de notre village. avec des petites boutiques, un estrade pour des spectacles à l'extérieur. On en a une, une promenade, mais elle est fermée présentement. Alors, pourquoi pas rêver et dépenser beaucoup d'argent pour avoir ce traversier. Et là, l'industrie touristique pourrait monter parce qu'on pourrait faire le voyage au lieu de... C'est assez lent maintenant pour se rendre aux îles de la Madeleine. Alors, ça s'est développé peut-être ces liens-là d'histoire entre les îles de la Madeleine. même au Nouveau-Brunswick, à l'île du Prince-Édouard, il y a tous ces liens-là, l'histoire de la pêche surtout, ces liens-là assez solides. Mais pour les îles de la Madeleine, ce serait un beau projet à revoir si on avait le financement.
- Amel Souid - CDÉNÉ
Très intéressant ce que tu dis, Lisette. Et puis, c'est vraiment un projet ambitieux, mais qui pourrait voir le jour très rapidement parce que le besoin vraiment d'interconnecter. Les différentes régions se ressentent. La mobilité aussi, les gens ne veulent plus, comme tu l'as dit tout à l'heure, on prend la voiture et puis on voyage d'un endroit à l'autre.
- Lisette Bourgeois
Les liens avec les gens des îles de la Madeleine répandent plus qu'un besoin. C'est une place à visiter. Il y a des belles activités là pendant les mois d'été, mais ça peut améliorer et augmenter notre dossier touristique dans notre région.
- Amel Souid - CDÉNÉ
Dans dix ans, Chéticamp ressemblerait à quoi, selon toi ?
- Lisette Bourgeois
J'espère que ce sera encore une communauté francophone et acadienne, qu'on parlera encore le français dans nos maisons, qu'on pourra encore aller manger au restaurant ou que ce soit une activité en français. Puis ça, je le souhaite pour des générations à venir.
- Amel Souid - CDÉNÉ
On te le souhaite aussi et on le souhaite à nous aussi.
- Lisette Bourgeois
Je crois qu'on ne va pas lâcher. Je crois qu'on a tous les outils pour nous assurer que ça va se faire.
- Amel Souid - CDÉNÉ
Si tu devais parler à une famille qui veut s'installer ici, qu'est-ce que tu lui dirais ?
- Lisette Bourgeois
J'aimerais une belle discussion avec eux pour voir ce qui les a fait penser de venir chez nous. quoi qui semble être leur intérêt et peut-être assez de leur les faire connaître où est-ce qu'ils veulent venir pour pas qu'ils soient déçus. Parce qu'on peut parfois vendre notre région puis peut-être qu'il faut s'assurer de dire la vérité. Nos hivers, si on n'aime pas l'hiver, peut-être qu'on trouve l'hiver un peu long. Mais il y a des... assez d'avantages. Moi, j'aime les quatre saisons. J'aime l'hiver aussi. Moi, une belle tempête de neige, je trouve qu'il fait beau quand je n'ai pas besoin de voyager. Oui,
- Amel Souid - CDÉNÉ
ça a son charme, absolument. Il faut le réaliser.
- Lisette Bourgeois
On est quand même sur la côte ouest, au Cap-Breton. Il y a des tempêtes, parfois. Mais les 4-16 ans sont belles. Puis être réaliste, être honnête avec ces gens-là. Puis leur faire comprendre où est-ce qu'ils veulent venir. Mais moi, je leur dirais que venir ici, dans notre région acadienne, qui vont se sentir appuyés, qui vont se sentir accueillis, bien accueillis, puis qu'on va travailler avec eux, corps et âme, pour nous assurer que l'intégration dans notre communauté, ça va être leur communauté aussi.
- Amel Souid - CDÉNÉ
C'est un beau message tout ça. Tu m'as convaincue, il faut que je vienne passer quelques jours avec toi, Lisette. Le tapis hooké, je veux le faire. les restaurants avec de la musique traditionnelle, le musée aussi. J'ai plein, plein, plein de lieux.
- Lisette Bourgeois
Tu organises une horaire chargée.
- Amel Souid - CDÉNÉ
Donc, voilà, on s'en reparlera. Le rêve que tu portes pour ta communauté ? Tu as un peu parlé de prospérité, mais ça serait quoi ?
- Lisette Bourgeois
Encore une fois, c'est...
- Amel Souid - CDÉNÉ
Qu'est-ce que tu rêves pour Chéticamp ?
- Lisette Bourgeois
C'est d'encore être une communauté de... peut-être... une population plus haute qu'elle l'est maintenant, qu'on a des familles avec des enfants pour populer notre école, remplir nos postes, communauté vibrante encore quand on parle des grandes régions acadiennes en Nouvelle-Écosse qu'on inclut encore Chéticamp sur la liste. On sait qu'on a diminué nos chiffres, on a baissé. Alors, on veut s'assurer que notre rêve pour les années et les générations à venir, c'est qu'on... qu'on monte la pente, puis que notre population augmente, qu'on a plus d'élèves au niveau scolaire, qu'on remplit nos postes, puis qu'on a une vie encore riche, saine, sécure, dans notre petit coin de l'Acadie.
- Amel Souid - CDÉNÉ
Un mot en français que tu aimes particulièrement, ça serait quoi ?
- Lisette Bourgeois
Un mot qu'on dit souvent Chéticamp, c'est le mot « chafraille » . Le désordre, c'est un gros chafraille. Puis on l'utilise beaucoup dans notre vocabulaire ici. Aussi, on rentre dans une salle qui est... Oh, c'est tout chafraillé. C'est un gros chafrail. C'est un mot très typique de notre région qu'on utilise beaucoup.
- Amel Souid - CDÉNÉ
Moi, je ne connaissais pas, donc merci beaucoup de me l'apprendre. Un lieu, Chéticamp, qui te ressource ?
- Lisette Bourgeois
La mer, n'importe où. Chéticamp, Saint-Joseph-du-Moine, on est tous proches de l'eau. Pour moi, aller m'assoir au bord de l'eau, il n'y a pas de meilleure médecine, il n'y a pas de meilleure… ça va résoudre tous tes problèmes. Écouter les lames venir sur la côte.
- Amel Souid - CDÉNÉ
Un plat que tu nous recommanderais ?
- Lisette Bourgeois
Un plat acadien qui est très populaire, puis qu'on peut manger dans nos restaurants, c'est le fricot. Puis le fricot vient d'un mot, c'est de la France, qui veut dire festin. Mais le fricot pour nous, c'est une soupe, mais ce n'est pas vraiment une soupe, c'est plus épais. C'est des pommes de terre, des oignons, puis on met soit de la poule ou du bœuf ou du porc, ou même des lapins de bois, puis ça bouillonne, puis c'est un peu plus épais qu'une soupe, mais c'est délicieux avec nos petits pains de notre boulangerie. Le fricot !
- Amel Souid - CDÉNÉ
Un moment marquant ! dans un projet communautaire.
- Lisette Bourgeois
Moi, ça fait 27 ans que je travaille ici au Trois-Pignans, à Chéticamp. Puis un projet qui nous a beaucoup marqués, c'est lors du Congrès mondial acadien en 2004. On a eu la production Le Grand Cercle. Puis c'était une histoire du tout début jusqu'à le présent, l'histoire de notre Acadie, de notre communauté et nos forces comme communauté. Puis ça a été une production majeure pour nous. puis la plus grosse production qu'on a eue ici à Chéticamp. Puis l'année dernière, pour le 20e anniversaire, j'ai eu l'honneur d'avoir la responsabilité de la direction artistique. de ramener le Grand Sarthe lors de notre festival acadien. Ça a été très bien vu, c'était des très bons souvenirs pour beaucoup de gens de la communauté qui nous touchaient. Puis de pouvoir ramener la musique qui avait été écrite pour cette production lors du congrès en 2004, c'était une activité, un projet communautaire qui nous était particulièrement, qu'on était très rattachés avec.
- Amel Souid - CDÉNÉ
C'était émotionnel, je l'entends dans ta voix. Une chanson qui te suit.
- Lisette Bourgeois
Presque toutes nos activités, quand on termine nos soirées sociales de musique, se terminent souvent avec la chanson « Partant la mer est belle » , qui est une chanson de nos chansons traditionnelles, que tout le monde connaît les mots. Alors, par exemple, on fait de l'animation pendant l'été à notre parc national, aux anciennes terres de nos familles acadiennes, avant la construction du parc. Puis, chaque soirée se termine avec « Partant la mer est belle » , les gens sont en sarcle. Ils chantent ensemble, c'est touchant. C'est une chanson que les gens connaissent et qui rattache à leur histoire acadienne. C'est une belle chanson.
- Amel Souid - CDÉNÉ
Et un vœu que tu veux faire pour les jeunes ici ?
- Lisette Bourgeois
Je veux leur donner, j'aimerais pouvoir tous leur donner le désir de revenir dans sa communauté, de pouvoir connaître leurs ancêtres, leurs grands-parents vivent, connaissent nos traditions. d'être fier. Si on a la fierté, le reste va suivre. Si on peut connaître son histoire, on peut avancer dans le futur beaucoup plus facilement à faire connaître à tes enfants l'importance de parler en français. Quand on sait le travail que nos grands-parents, grands-grands-parents ont fait pour ces droits-là, de pouvoir aujourd'hui être éduqués en français, vivre en français, chanter, manger nos recettes acadiennes, c'est quoi qui nous est parvenu de nos grands-parents ? Puis si on peut donner à ces jeunes-là le goût, ils vont y revenir un jour. Je leur souhaite.
- Amel Souid - CDÉNÉ
Donc si je devais reprendre quelques mots-clés qu'on a évoqués ensemble, ça serait à la fois le rattachement à la culture, aux valeurs, aux socles de la culture acadienne, donc les phares. Et puis en même temps, en parallèle, j'ai beaucoup aimé ça, l'ouverture. à la diversité, l'ouverture à l'innovation, l'ouverture à des idées nouvelles, à de bonnes pratiques. Je pense que tu as la bonne recette, pour vraiment emmener la communauté de Chéticamp vers des horizons prospères.
- Lisette Bourgeois
On ne va certainement pas lâcher, puis on va aller chercher les ressources et les gens qui veulent travailler avec nous pour nous assurer que dans les années à venir, on aura ces familles qui vont venir s'installer ici à Chéticamp. qui vont être bons pour eux, mais excellents pour nous aussi.
- Amel Souid - CDÉNÉ
Et tu peux compter sur la contribution, la volonté de l'équipe du CDÉNÉ pour t'accompagner sur ça. Phares et trajectoires est produit par le CDÉNÉ avec un soutien de Immigration réfugiée Citoyenneté Canada. Si vous avez dans votre entourage un employeur, un immigrant, une personne nouvellement arrivante, n'hésitez pas à lui partager. Si vous avez une histoire intéressante à nous raconter, contactez-nous. À bientôt.