Speaker #0La vie est un phénomène unique en son genre. C'est même la seule expérience que vous connaîtrez alors. Autant la rendre grandiose. Je suis Margot, âme multipassionnée, fascinée par la beauté du vivant et les mystères de l'existence. Phénoménale existence est autant un plaidoyer qu'une exploration de ce qui fait notre particularité, ici, au milieu de l'univers. Mais aussi, une invitation à prendre de la hauteur, à regarder différemment, à questionner l'évidence, ... âmes sensibles et multiples, ne vous abstenez pas. Ce podcast est pour vous, ainsi que pour les personnes curieuses du monde et d'elles-mêmes, émerveillées par la nature, en quête de beauté, de sens et d'humanité. Ici, on tisse des liens entre science, nature... Création, santé, philosophie, sensorialité, épanouissement. C'est une manière pour moi d'honorer tout ce qui m'anime et d'en partager la richesse. A travers des voyages sonores immersifs, des récits personnels, des rencontres inspirantes et des réflexions guidées par l'émerveillement, je vous propose d'explorer ce qui rend notre existence si phénoménale et comment en exploiter tout le potentiel. Prêt à embarquer pour un voyage transformateur ? Bienvenue dans Phénoménale Existence. Aujourd'hui, une grande question. Qu'est-ce qu'être humain ? Avant de rentrer dans le vif du sujet, à mes yeux, je voulais commencer par une petite réflexion. On associe l'adjectif humain et le mot humanité à l'altruisme, à de belles valeurs, au respect, à l'empathie. Quand on dit de quelqu'un qu'il est humain, on sous-entend qu'il fait preuve de tout ça et en effet c'est connoté extrêmement positivement. Quand on dit qu'il faut retrouver notre humanité ou faire preuve d'humanité, on sous-entend justement retrouver cet altruisme, Cette douceur dans le relationnel, cette empathie, etc. Mais quelque part, on sous-entend aussi quelque chose qui est propre à l'homme, un trait qui ne saurait être galvaudé par d'autres espèces vivantes. En parallèle, on connaît aussi tous les expressions « l'erreur est humaine » ou encore « je ne suis qu'un humain après tout » qui ont un sens différent, touchant cette fois aux faiblesses de l'homme, à sa vulnérabilité. qui est ici plutôt employé sous un aspect touchant plus que pathétique. Donc c'est plutôt positif quand c'est employé. Alors que humain et humanité désignent en premier lieu le genre humain, ils ont gagné ces autres sens aux yeux de tous. Du moins aux yeux de tous les francophones, parce que les traductions ne sont pas forcément valables. Donc ça, ça ne concerne que le français qui est ma langue. On en arrive à ces questions. L'humain est-il vraiment... humain, entre guillemets, et suffit-il d'être humain pour être considéré comme humain, entre guillemets. Pour revenir un petit peu à l'étymologie, le terme humain a été emprunté au XIIe siècle du latin humanus, qui signifie propre à l'homme, bienveillant, civilisé, cultivé. On était déjà sur des louanges portées à l'égard de l'humain à cette époque-là. Et le troisième sens de humain, donc la troisième définition de humain selon l'académie française, où je suis allée me renseigner pour donner cette définition-là, c'est qui est sensible à la pitié, secourable, bienfaisant. Et au contraire, n'avoir rien d'humain, c'est être impitoyable. Donc ces définitions rejoignent ce qu'on disait plus tôt, à savoir le caractère empathique aussi, avec plein de valeurs, etc. Le mot humain est employé ici sous une figure de style qu'on appelle la métonymie qui consiste à utiliser un mot pour signifier une idée distincte mais qui lui est associée Juste une petite parenthèse, la métonymie la plus connue c'est de dire au lieu d'un réfrigérateur un frigo Frigo c'est une marque et le vrai terme exact de l'objet c'est réfrigérateur Donc là en l'occurrence on utilise le mot humain pour dire d'un humain qu'il a toutes ces valeurs là parce que... soit disant, ça incomberait à l'humain d'être justement secourable, sensible à la pitié, bienfaisant, etc. Donc c'est une métonymie, une figure de style qui est utilisée ici. Et en définitive, le fait d'être humain ou pas signifie donc être doué ou pas de sensibilité et sous-entend que c'est un trait propre à l'humain. Je ne sais pas quand ce sens secondaire de humain a été rajouté, je n'ai pas forcément creusé énormément, mais ce n'est pas venu à ma connaissance en tout cas. Mais aujourd'hui, il laisse perplexe, parce qu'il s'est imposé comme étant un trait constitutif des humains à tel point qu'il utilise le même mot. Pourtant ce trait semble manquer chez beaucoup d'individus et être parfois présent au sein d'autres espèces non humaines, peut-être proches de nous certes, mais non humaines comme des primates ou compagnie. Alors non, de toute évidence il ne suffit pas d'être humain pour être considéré comme humain et on a j'imagine chacun des contre-exemples à l'appel avec des noms qu'on ne citera pas. qui font tous offre preuve d'humanité au sens qu'on vient de le définir. Si on faisait table rase, si on avait la possibilité de décider du sens donné à humain et humanité comme on les a définis au sens second, on devrait leur associer les différents traits extrémistes existants chez l'homme allant de la cruauté à la bonté, de l'égoïsme à la bienveillance et de la quête de pouvoir à la vulnérabilité. Parce que finalement, on n'est pas que dans la bienveillance, on n'est pas que dans la cruauté. On est vraiment entre les deux et souvent d'un extrême à l'autre. Certains individus qui sont plus cruels que d'autres et certains qui sont plus bons que d'autres. Donc c'est pour ça que ces termes laissent un peu à désirer et qu'on pourrait leur associer de nouvelles définitions. C'était une introduction. Donc maintenant que cette partie un peu introductive a été traité rapidement et volontairement, je précise, j'aimerais répondre à la question « qu'est-ce qu'être humain ? » Et j'entends vraiment cette fois la grande question « qu'est-ce qu'un humain ? » Est-ce seulement ce que nous pensons que c'est, à savoir un primate bipède doué de langage ? Évidemment, je ne poserai pas la question si la réponse était piètrement oui. J'aimerais donc vous montrer en quoi l'humain est la somme des additions de son passé, ainsi que la moitié peut-être seulement, d'un véritable humain, en me concentrant seulement sur la sphère biologique, car nous sommes tellement complexes qu'il faudrait organiser un événement, un consortium transdisciplinaire, qui inviterait des philosophes, des anthropologues, des médecins, des scientifiques et des chercheurs de toutes disciplines pour se concerter. sur ce qu'est qu'un être humain et apporter chacun leur point de vue. Mais je pense qu'avec déjà la sphère biologique, on peut apporter énormément d'aspects, de réponses qui ne sont pas forcément celles auxquelles on aurait pensé. Bref, vous êtes prêts ? Alors avant de commencer, j'aimerais faire juste une petite parenthèse. J'ai décidé de rendre payant une partie de mon travail pour ce podcast. Et pour ça, j'ai choisi une plateforme qui s'appelle Substack, qui est... pour l'instant assez investie par des anglophones et la communauté française commence un petit peu à arriver. En fait ça permet juste de rendre payant certains contenus, il y a toujours des contenus gratuits mais il y a aussi des contenus payants donc peut-être un peu plus fournis, un peu plus riches et travaillés donc voilà c'est vraiment dans l'objectif de trouver une rétribution à mon travail et c'est pas très cher, ça serait que 6 euros par mois ou 60 euros par an. Du coup ça permettrait de recevoir toutes les sorties d'épisodes publics mais aussi des épisodes audio qui ne seraient pas publics et des textes aussi pour les personnes qui veulent lire et pas forcément écouter, avoir des versions écrites de sujets. C'est une application mais elle se trouve aussi directement sur le navigateur de votre choix donc pas besoin d'installer. Ça remplace un petit peu le principe des newsletters. Donc j'ai remplacé mon système qui envoyait justement les dernières sorties ou des textes un peu plus fournis à mes abonnés. Mais ça permet de remplacer ce système-là et peut-être de trouver une rétribution plus juste pour tout le travail que je fournis. Si un abonnement et la notion d'engagement vous posent problème, ce que je comprends tout à fait, je suis moi-même très très sélective sur ce à quoi je m'abonne, et bien j'ai créé aussi un profil sur une plateforme de don, donc c'est un don libre, ponctuel, comme vous voulez, la somme de votre choix. Ca s'appelle Tipeee et je mets aussi le lien dans la description de tous mes épisodes donc si vous voulez quand même me soutenir ça pourra se passer là. Revenons-en à nos moutons. Si vous avez écouté mon épisode nommé « Tu es fait de poussières d'étoiles mais tu vis grâce aux plantes et aux bactéries » Et si vous ne l'avez pas écouté, allez-y, peut-être juste après ou tout de suite, parce que ça permettra de mieux aussi comprendre de quoi on va parler aujourd'hui et mieux faire le lien. Eh bien si vous l'avez écouté, vous savez que toute la matière de notre corps est composée d'atomes qui proviennent des étoiles et qui ont dû passer par le vivant, donc que ça soit les plantes, les bactéries, les algues, les champignons, les animaux, pour être assimilables par notre organisme et devenir notre chair en tant qu'organisme complexe que nous sommes. Quand la vie est apparue... Au prémice, elles prenaient des formes très simples, unicellulaires. Puis avec beaucoup de temps, certaines de ces formes de vie unicellulaires se sont assemblées et ont compris. Alors compris, c'est une personnification parce que je ne pense pas qu'elles avaient la capacité cérébrale de comprendre. Mais voilà, c'est difficile de trouver un synonyme pour des bactéries. Dans tous les cas, elles ont cerné un truc, qu'elles seraient plus fortes en s'unissant avec d'autres. Et les formes de vie multicellulaires sont apparues grâce à ces premières unions, et elles n'ont cessé de se complexifier. Chaque cellule ou groupe de cellules développant sa propre fonction et opérant conjointement avec les autres, un peu comme une société qui partage un but commun. Il y a vraiment une idée d'union, et l'union fait la force. C'est vraiment une phrase qui convient parfaitement pour les organismes multicellulaires. Et à ce stade, je peux vous évoquer les différentes échelles de grandeur présentes. dans les êtres complexes et notamment dans votre propre corps, allant du plus simple au plus complexe. Donc ça c'est vraiment les bases de la biologie, quand on étudie les êtres complexes tels que nous, et c'est vraiment intéressant de voir ça. Alors au premier niveau, nous avons d'abord les atomes. Alors certes il y a plus petit, mais il reste quand même les particules élémentaires de tout ce qui existe, donc on prend toujours ça comme repère de premier niveau, les atomes. Et encore une fois, je vous renvoie à mon épisode « Tu es fait de poussière d'étoile » parce qu'on parle vraiment de ça en profondeur dans cet épisode. En second niveau, nous avons les molécules qui sont en fait des agrégations d'atomes reliées par des liaisons. Et les molécules peuvent aller de deux atomes à plusieurs dizaines de milliers. Et à ce stade, il n'y a rien de vivant. Il y a des formes extrêmement complexes quand on atteint des dizaines de milliers et des combinaisons infinies aussi parce qu'il suffit qu'il y ait les mêmes atomes et... dans des positionnements différents pour que ça change complètement l'expression et le fonctionnement de la molécule. Donc vraiment, la variété est infinie. En troisième niveau, on a plusieurs molécules, donc des agrégations de molécules, qui ont donné naissance, on ne sait par quel miracle, à la vie, en parvenant à développer une cellule. Alors petite pause à ce stade, c'est vraiment important. La cellule est la plus petite unité vivante qui existe. C'est-à-dire ? qu'à elle seule, comme c'était le cas des organismes unicellulaires au départ, elle se nourrit, elle se reproduit, elle meurt, ainsi de suite. Et elle est composée de molécules complexes spécialisées, qu'on appelle des organites, qui ont chacun vraiment leur fonction. Fonction d'élimination, fonction de nutrition, fonction de fabrication de l'énergie, etc. Et elles-mêmes, ces molécules sont composées d'atomes, si vous avez bien suivi jusqu'ici. Et tous ces organites qui ont des rôles à part entière, permettent à la cellule d'être autonome justement, ce qui montre que c'est la plus petite unité du vivant qui existe. Retenez bien cette échelle fondamentale du vivant parce qu'on va en reparler. Si on dézoome un petit peu au niveau 4, on observe que plusieurs cellules de même fonction associées entre elles forment des tissus. Vous avez sûrement déjà entendu parler des tissus, je ne sais pas, un tissu mou. tissu cérébral, c'est des termes médicaux. Un tissu ne peut survivre seul. En cinquième niveau, on voit que plusieurs associations de tissus aux spécialités complémentaires forment des organes. Donc un organe, on va prendre par exemple le foie. Il y a plusieurs associations de tissus qui sont nécessaires pour que le foie soit le foie. Et un organe ne survit pas seul. En sixième niveau, ce sont ces organes qui coopèrent au sein de systèmes d'organes, qui réunissent donc des organes aux fonctions différentes, mais qui servent un même but. Par exemple, chez nous, le système cardiovasculaire est composé, comme vous le savez, du cœur et des vaisseaux artériels et veineux. On a aussi le système digestif qui est composé de tous les organes impliqués dans la digestion, que ce soit l'œsophage, l'estomac, l'intestin, le pancréas, etc. Ce sont vraiment des exemples pour vous montrer qu'ils sont à des endroits différents du corps. mais que comme ils sont impliqués dans la même fonction, ils sont corrélés. Nous, en tant qu'humains, nous avons 11 systèmes. Et c'est vraiment la somme de ces 11 systèmes qui nous compose. Donc là, on en arrive au dernier niveau, justement, qui est celui que nous partageons avec tous les organismes complexes. Et c'est justement le niveau de l'organisme. Il naît du lien de tous ces systèmes entre eux, qui se complètent pour servir une cause commune, à savoir permettre la survie de l'organisme. Donc nous sommes faits de ces 11 systèmes-là. qui sont assemblées de telle sorte à ce que tout fonctionne bien. Et comme tous les êtres vivants complexes, nous sommes donc composés par milliards de milliards de la plus petite unité du vivant, la cellule. Parce que tous les systèmes du corps, comme on l'a vu si on retourne en arrière, sont composés par des cellules, et des cellules qui se reproduisent, meurent pour la plupart. À part les neurones qui ne se renouvelleraient pas vraiment, même les cellules osseuses se renouvellent. Et ça nous mène au constat numéro 1 pour répondre à cette question qu'est-ce qu'être humain ? Et bien être humain, c'est être un puzzle de cellules spécialisées. Et c'est dingue de se dire que ces éléments minuscules, invisibles à l'œil nu, sont là et nous rendent capables de parler, de réfléchir, de nous mouvoir. Tout est dans ces cellules-là qui se sont réunies et qui ont créé une union, une union vivante. Donc c'est assez incroyable comme fonctionnement. Et toutes les cellules abritent dans leur noyau le même ADN, qui est propre à chaque individu, et c'est ce même ADN qui fait qu'on a aujourd'hui les traits d'un humain. La génétique et l'épigénétique, dont on parle beaucoup à notre époque, jouent un rôle fondamental dans l'évolution des espèces, et on a tendance je sais pas vous, à penser que nos gènes ne nous sont transmis que par nos parents, eux-mêmes ayant reçu les leurs de leurs parents, etc. Or, l'ensemble des mutations et changements qu'a connus notre ADN, et qui font ce que nous sommes aujourd'hui, a pris des temps extrêmement longs à s'opérer, vous vous en doutez, et ne provient en grande partie pas de nos parents. Bon, évidemment, si, ça vient de nos parents, mais à des échelles de temps très longues, ça ne vient pas que des aïeux et des liens de sang, c'est ça que je voulais dire. Et je vais vous expliquer ce que j'entends par là. Saviez-vous que les virus possédaient une diversité de gènes spectaculaires et qu'ils pouvaient en léguer une partie à leurs hôtes ? Une petite question comme ça, parce que pour rappel, les virus sont des usurpateurs et ils ont besoin de parasiter une cellule pour pouvoir répliquer leur ADN et donc se reproduire. Et ils détournent l'ingénierie de la cellule et ils l'utilisent à leur avantage. Ils sont incapables en fait de le faire eux-mêmes. Donc c'est pour ça qu'on dit que les virus sont des usurpateurs, c'est pas facile à dire. Au cours de la longue histoire du vivant, les virus n'ont cessé de modifier l'ADN de nos ancêtres, et ce qui a eu pour effet d'aboutir à des adaptations, à des modifications de comportements et de traits, à des mutations. Parce qu'une fois que quelques gènes sont changés dans l'hôte à cause de l'usurpation justement du virus, et bien ils sont transmis. aux descendants, qui croiseront eux aussi peut-être la route de nouveaux virus, et donc de nouvelles mutations, etc. C'est vrai qu'aujourd'hui, les virus sont connotés négativement, à cause de certains à l'origine de la grippe, ou du Covid, ou même d'Ebola, de l'hépatite B. On connaît une panoplie de virus qui ont des effets quand même assez conséquents, même l'étau. Effectivement, mais ceux-là ne représentent qu'une petite partie de tous les virus, et la grande majorité en réalité sont inoffensifs. et vivent même en nous sans qu'on s'en rende compte. Je ne sais pas si vous vous doutiez que vous abritiez des virus, mais c'est le cas. Chez les vertébrés, dont nous faisons partie avec tant d'autres espèces, les scientifiques estiment que 8% de notre génome, de l'ensemble de nos gènes, serait d'origine virale. Je ne sais pas si vous vous rendez compte, c'est assez énorme vu comme ça, 8%. Même si ça paraît peu, mais c'est énorme. d'un point de vue biologique. Et l'intégration de ces gènes viraux a apporté des changements positifs chez l'homme, qu'on n'associerait pourtant pas du tout à ça. Vous voyez comme quoi on ne sait pas toujours tout. Et l'un des exemples les plus fascinants de cette intégration de gènes viraux qui a eu un changement extrêmement positif pour la suite de l'humanité, pour la suite de l'humanité et la suite aussi des mammifères autres que l'homme, c'est l'apparition du placenta. Alors qu'est-ce que ça veut dire ? Et bien en fait c'est grâce à des gènes d'origine virale que les ancêtres des mammifères sont passés de la pente d'œuf. Donc c'était le système de reproduction de l'époque pour les ancêtres des mammifères, qui sont aussi les ancêtres des reptiles, qui ont donné lieu aux reptiles et aux mammifères grâce à justement l'apparition du placenta. Que les ancêtres des mammifères sont passés de la pente d'œuf, qu'on appelle le fait d'être ovipare. Le fait de pouvoir proposer une gestation externe qui est autonome, parce que dans l'œuf, il y a l'eau, il y a la nutrition, il y a tout ce qu'il faut pour que l'œuf n'ait plus besoin de la mère pour survivre. Et on est passé de ça à une gestation interne qu'on nomme vivipare, où la mère est essentielle à la nutrition du fœtus, et il y a un lien, une connexion qui se crée. des échanges nutritifs, des échanges d'informations qui se passent à l'intérieur du corps de la mère. Et tout ça, ce passage-là, il s'est fait grâce au placenta, qui permet justement ces échanges nutritifs. Et le placenta, il est majoritairement d'origine virale. Bon, ça serait extrêmement complexe, j'ai pas tous les détails évidemment, mais dans tous les cas, c'est vraiment l'intégration d'un gène particulier de virus. il y a plusieurs dizaines de millions d'années, qui a fait que des cellules humaines se sont mises à échanger des nutriments. et que petit à petit le placenta s'est mis en place et donc la gestation interne. Évidemment ça s'est pas fait en une nuit, mais le premier changement, le premier déclic a eu lieu grâce... aurait eu lieu parce que bon on parle d'un passé qui est très lointain, mais en tout cas les virologues et les paléovirologues sont d'accord pour dire que c'est vraiment une intégration de gènes d'origine virale qui fait que le placenta a commencé à se développer. Donc ça c'est quand même assez dingue. Et je pense qu'il y a énormément d'autres changements positifs aussi, mais celui-ci était vraiment l'un des plus intéressants à sortir là, comme ça, pour prouver que les virus font partie de nous. Et donc ça nous amène au constat numéro 2 de cet épisode, pour répondre à qu'est-ce qu'être humain. Et bien ce constat numéro 2, c'est que être humain, c'est donc être apparenté au virus de très près. Effectivement, on a des gènes de virus dans nos propres gènes, qui sont intégrés, qui deviennent nos gènes à nous. Donc c'est assez fascinant de voir comment les mutations se passent. Et d'ailleurs, ça peut ouvrir aussi une parenthèse, un questionnement. Comment est-ce qu'on sera plus tard avec ces virus qui s'intègrent en nous, ces nouveaux virus, ces nouvelles choses qui s'intègrent ? Ça peut laisser présager des changements peut-être pas forcément positifs, ou au contraire peut-être positifs, on ne sait pas. Il faudrait voir des gens un petit peu qui s'intéressent justement aux mutations du futur, des prospectivistes. Mais c'est quand même difficile de prévoir ce qui va se passer parce que les combinaisons sont tellement vastes et comme les gènes des virus sont d'une diversité énormissime, c'est d'autant plus compliqué d'imaginer ce qui va se passer ensuite, comment ça va être intégré, qu'est-ce que ça va changer chez nous. Mais c'est intéressant quand même d'imaginer qu'on peut être modifié par des choses extérieures à nous, qu'on pense être l'incarnation un peu du mal et de la maladie. Ce qui est vrai d'un côté, mais pas à tous les coups comme on a pu le voir avec le placenta. Enfin, on en arrive à la troisième partie de cette réponse à qu'est-ce qu'être humain ? Sommes-nous vraiment un organisme unique et autonome, constitué uniquement de milliards de milliards de cellules qui se débrouillent toutes seules, et de virus dont nous n'avons gardé que des séquences génomiques ? Donc là je reprends les deux constats, c'est-à-dire celui comme quoi on est fait de milliards de milliards de cellules. Et celui comme quoi on a hérité de gènes, de virus. Bien évidemment que non, on n'est pas vraiment que ça. Ces dernières années, il est impossible que tu sois passé à côté de l'info selon laquelle le ventre serait notre deuxième cerveau. Ça a fait le tour des médias, et pour la bonne cause. Et il est aussi impossible que tu sois passé à côté de l'info selon laquelle notre microbiote était fondamental dans notre état de santé ou de mal-être, etc. Et c'est plutôt positif pour cet épisode que tu sois au courant de ça parce que ça nous permet de partir de moins loin. car tu es au courant qu'il y a des milliards et des milliards de bactéries qui peuplent ton intestin. Et quand on y pense, si on nous avait dit ça il y a quelques siècles, peut-être à l'époque de Pasteur ou à l'époque où ils essayaient de trouver des remèdes justement contre des maladies, on l'aurait vachement moins bien vécu parce qu'à cette époque-là, c'était quand même synonyme d'infection, de maladie, même de mort. Les chercheurs cherchaient justement des moyens d'éviter ça, d'où la quête d'aseptisation par la suite. et l'invention de nombreux antibiotiques et vaccins. Mais bon, aujourd'hui, on sait que c'est quand même intéressant d'être peuplé par ces bactéries-là, même s'il y a toujours des bactéries pathogènes et qu'il est toujours nécessaire de faire attention, de se faire vacciner ou d'aseptiser certaines zones. On arrive quand même à faire la distinction entre ce qui est bénéfique et ce qui est néfaste, donc ça, c'est une grande avancée. Mais on ne va pas parler aujourd'hui des éléments qui constituent notre microbiote. et pourquoi c'est bon, etc. Non, là on va vraiment parler de la présence même de ce microbiote. Donc oui, effectivement, tu possèdes un microbiote intestinal, comme chacun de nous, mais tu possèdes aussi, je ne sais pas si tu étais au courant, un microbiote buccal, un microbiote cutané, qui est logé sur la peau, un microbiote génital masculin ou vaginal, pour les femmes, donc au niveau des organes génitaux, et un microbiote pulmonaire. certains disent aussi qu'il y aurait un microbiote au niveau de la zone oro-pharyngée donc tout ce qui est langue, larynx, donc bien après la bouche et qu'il y en aurait peut-être encore d'autres en fonction des zones mais plus secondaires et si on regarde les choses bien on réalise que tous ces microbiotes se trouvent à toutes les portes d'entrée du corps toutes les zones qui donnent sur l'extérieur que ce soit des muqueuses ou des zones de protection et même l'intestin est considéré comme étant extérieur Car en fait, ce qui se passe à l'intérieur de lui n'est pas encore intégré à l'organisme. D'ailleurs, en biologie ou en médecine, quand on parle de... Système digestif, on dit la lumière du système digestif, il y a une expression qui dit ça, parce qu'en fait tout simplement ce système digestif, il faut voir ça comme ça, il faut voir ça comme l'extérieur qui est à l'intérieur de nous, mais qui n'est pas intégré à nous. Parce qu'il y a encore des filtrations nécessaires pour que les nutriments ingérés passent la barrière de l'intestin et se retrouvent dans notre chair et dans notre sang. Et c'est pour ça que c'est aussi une zone qui nécessite une protection immense, parce que En fait, il suffirait qu'on mange n'importe quoi ou des choses contaminées pour que cette contamination passe dans le sang s'il n'y avait pas la protection, la barrière intestinale. Donc l'intestin, même s'il est à l'intérieur de nous, il est aussi considéré comme étant extérieur et donc protecteur, et donc une zone d'entrée vers le corps, vers les fonctions vraiment vitales du corps. Et tous ces microbiotes propres à leur zone, parce que les bactéries et les micro-organismes qui les habitent... sont vraiment propres à ces zones-là. On ne va pas en développer les fonctions ici, ce n'est pas le but, mais ils ne sont pas constitués que de bactéries. Il s'agit d'un ensemble de bactéries, de champignons, de levures aussi, et de virus. Donc cette fois, les virus, on ne trouve pas juste leurs gènes, on trouve les virus vraiment vivants. Et ces associations sont tellement variables qu'elles constituent ta propre signature, au même titre que ton empreinte digitale. En fait, on a chacun notre propre signature microbienne. Si on fait la somme en plus de tous nos microbiotes, on a comme une empreinte qui pourrait remplacer la digitale. C'est assez fou aussi de se dire que ça nous rend unique à ce niveau-là. Et notre microbiote intestinal, qui est le plus dense en micro-organismes, contiendrait autant de micro-organismes que nous avons de cellules. Donc ça aussi, c'est assez dingue parce que les cellules, je vous ai dit qu'on en avait des milliards de milliards. C'est 10 puissance je sais pas combien. en dizaines, donc c'est assez impensable. Eh bien, on a autant de micro-organismes qui peuplent juste notre intestin que nous avons de cellules, donc c'est quand même aussi assez déroutant d'imaginer ça comme ça. Il y avait une information qui circulait pas mal dans les médias pour montrer justement le côté encore plus fascinant de ça, qui disait qu'on avait beaucoup plus de micro-organismes que de cellules, mais apparemment, des chercheurs ont prouvé plus récemment que c'était pas vrai, qu'on avait à peu près autant. De micro-organismes que de cellules. Donc bon, c'est quand même pas mal. C'est quand même énorme. Et ça nous montre encore une chose, c'est qu'on ne pourrait pas vivre sans ces virus, bactéries, champignons, levures qui nous habitent. Il faut voir ça comme ça. On leur profite autant qu'ils ne nous profitent. Et ça, ça porte un nom. Ça s'appelle la symbiose, tout simplement. Donc oui, on vit en symbiose avec ces micro-organismes-là. Nous, on leur offre le gîte et le couvert. donc la protection et tout ce que ça implique. Et eux, en échange, lorsque l'équilibre de ce beau monde est préservé, parce que quand c'est déséquilibré, c'est autre chose, là on parle vraiment dans un cas assez équilibré, eh bien eux, ils nous fournissent des substances nutritives et protectrices qu'on n'arrive pas à fabriquer directement nous-mêmes. Et ils nous protègent contre d'autres pathogènes qui sont présents dans notre microbiote. Mais quand c'est équilibré, et bien ces pathogènes n'arrivent pas à prendre le dessus. Donc les autres espèces neutres ou bénéfiques, elles parviennent à maintenir l'équilibre. Et ça aussi qui est beau, c'est qu'il peut y avoir des pathogènes, mais ils ne posent pas de problème tant qu'ils sont maîtrisés, quelque part. Et donc, tout ce beau monde entretient notre santé globale, et ils nous défendent sans le savoir. Alors le constat numéro 3 est simple. Être humain, c'est abriter autant d'organismes étrangers, que de cellules familières. C'est être un hôte, mais c'est aussi être dépendant d'autres formes de vie. On en arrive à la fin de cet épisode, et de cette réponse, de cette tentative de réponse qui ne tient qu'à moi, pour vous montrer un peu les choses sous de nouveaux angles, et sous des angles qu'on n'a pas l'habitude d'aborder. Et juste, encore une fois, je le répète, pour la sphère biologique, il y aurait sûrement encore d'autres choses à dire, juste pour cette sphère biologique, mais on va s'en tenir là, parce que c'est déjà... énorme et si on devait faire le bilan de ces trois constats juste pour cette sphère biologique c'est finalement qu'être humain c'est être l'association de beaucoup d'éléments passés et actuels et on pourrait se poser la question comme on l'a évoqué tout à l'heure qu'est ce qu'on va devenir jusqu'à quel stade on restera encore humain est ce qu'il y aura encore des mutations est ce que notre espèce portera un autre nom parce qu'on aura d'autres particularités d'autres traits qui auront été modifiées par d'autres virus à venir, d'autres comportements qui auront changé notre expression. épigénétique, toutes ces questions-là. Pour ce qui est de aujourd'hui maintenant, effectivement on est l'association de beaucoup d'éléments passés et actuels, et on verra si dans le futur ça se confirme aussi. Alors pour conclure, on peut le dire, finalement, tu n'es humain qu'à moitié. Merci d'avoir voyagé avec moi dans cet épisode de Phénoménale Existence. Si ce podcast résonne en vous, abonnez-vous à ma chaîne "Phénoménal" sur Substack et recevez des textes et épisodes inédits, éducatifs, sonores, philosophiques, pour rendre à la vie son caractère phénoménal. Vous pouvez aussi bien sûr me soutenir plus librement sur la plateforme de don Tipeee, tous les liens sont en description. Il s'agit d'un projet indépendant né d'un élan profond. Je propose des services parallèles et suis ouverte aux collaborations éditoriales, aux partenariats et sponsors sensibles, aux interventions et conférences dans des séjours ou événements et à toute forme de contribution qui vibre juste. 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