- Speaker #0
Cet épisode est enregistré dans le cadre du Podcasthon, une initiative non lucrative qui propose à tous les podcasters de soutenir une association de leur choix en lui dédiant un épisode. C'est un événement international qui réunit plus de 2000 podcasters à travers plus de 60 pays. Lorsque la Terre n'était encore qu'un nourrisson. Il y a 4,5 milliards d'années, son activité volcanique extrêmement intense libéra, en plus d'innombrables gaz, de grandes quantités de vapeur d'eau dans son atmosphère naissante. Mais les volcans n'étaient pas l'unique source d'eau présente à la surface de la Terre. Intensément bombardés par des astéroïdes et des comètes riches en glace, la jeune planète reçut également de nouvelles réserves d'eau sous forme de molécules h2o cette accumulation continue de vapeur d'eau finit par atteindre un point critique les molécules se condensèrent et prirent la forme liquide ce fut le début d'un déluge sans fin Une pluie qui aurait probablement duré des milliers et peut-être même des millions d'années. L'eau s'insinua partout. Elle accentua les creux, en creusa de nouveau et lessiva lentement la surface de la planète. Peu à peu, d'immenses étendues se recouvrirent d'eau. Les premiers océans venaient de naître. La composition particulière de l'eau de mer a permis à la vie d'apparaître dans les océans, il y a près de 4 milliards d'années. Berceau de la vie, les océans en ont aussi été le linceul à plusieurs reprises. Au cours de l'histoire de la Terre, ils ont été le théâtre de bouleversements majeurs, parfois trop pauvres ou trop riches en oxygène, parfois glacés ou acidifiés. Ils ont connu plusieurs extinctions de masse. Et pourtant, la vie s'en est toujours relevée. avec de nouvelles formes et de nouvelles stratégies, jusqu'à ce que certaines espèces tentent même d'en sortir pour coloniser la Terre ferme. Aujourd'hui, bien que nous parlions de cinq océans, ils forment en réalité une seule et immense masse d'eau qui recouvre environ 70% de la surface de la Terre. Ils abritent une part considérable de la vie de notre planète, et ils jouent un rôle essentiel dans l'équilibre du climat. la biodiversité et la survie de l'humanité. Mais ils sont menacés. Et cette fois, ce ne sont ni les volcans, ni les astéroïdes, ni les glaciations. C'est l'activité humaine. Depuis un peu plus d'un siècle seulement, les océans subissent des pressions sans précédent. La surpêche épuise les populations de poissons et déséquilibre les chaînes alimentaires. La pollution plastique envahit les mers. Des millions de tonnes de déchets se fragmentent et circulent désormais dans toutes les eaux du globe. Les pollutions chimiques issues de l'agriculture et de l'industrie s'écoulent dans les rivières puis dans les océans, perturbant les écosystèmes. Le réchauffement climatique réchauffe les eaux, modifie les courants marins et provoque le blanchissement de nombreux récifs coralliens. Les océans absorbent aussi une grande partie du dioxyde de carbone que nous émettons. ce qui les rend progressivement plus acides. Enfin, l'exploitation croissante des ressources marines transforme peu à peu les milieux océaniques. Face à ces bouleversements, de nombreuses personnes se mobilisent pour protéger cet équilibre fragile. Scientifiques, associations, citoyens, partout dans le monde, des initiatives émergent pour défendre les océans. Et aujourd'hui, à l'occasion du podcasthon... Je suis allée à la rencontre de l'une d'elles, la fondation Surfrider, une organisation engagée depuis plus de 30 ans dans la protection de l'océan et du littoral. Je me trouve dans les locaux de Surfrider à Biarritz, et c'est Rémy Moreau qui est là pour répondre à mes questions. Bonjour Rémy.
- Speaker #1
Bonjour Margot.
- Speaker #0
Peux-tu nous résumer en quelques phrases qui te chez et ce que tu fais ?
- Speaker #1
Je m'appelle Rém Moreau, je suis chargé de projet environnemental à Surfrider. Ma formation c'était Master dans la qualité des milieux aquatiques et donc là aujourd'hui je travaille à Surf Rider sur une de nos thématiques, l'aménagement du littoral.
- Speaker #0
Travailler au sein d'une ONG qui vise à protéger les océans, c'était quoi ? C'était une passion pour toi ou une mission que tu t'es donnée ou c'est arrivé par hasard ?
- Speaker #1
Je veux dire que c'est un peu des trois parce que c'est un peu un hasard. Je suis arrivé il y a cinq ans au Pays Basque avec la volonté de m'engager avec des associations sans idée très précise de tout cela. Et c'est dans la personne que j'ai rencontré, mon coloc, donc une des premières personnes que j'ai rencontré en arrivant, était bénévole à Surfrider. C'est comme ça que je suis devenu bénévole, que je me suis... intéressé au sujet des océans et que j'ai pu reprendre une formation, donc un master en qualité des milieux aquatiques pour intégrer en alternance d'abord Surfrider et maintenant le sujet m'intéresse énormément, donc c'est entre le hasard, la mission et la passion.
- Speaker #0
Encore les trois d'un coup donc au départ t'étais bénévole et puis t'as réussi à rentrer en te formant aussi un peu plus.
- Speaker #1
D'abord sur le terrain, puis à l'université Et au travail, je crois que c'est la chose qui m'a permis de commencer à avoir une connaissance. C'est des sujets qui sont très profonds, qui sont très compliqués, avec des phénomènes physico-chimiques qui s'entremêlent. Donc ça demande du temps, je ne me sens pas du tout expert du sujet. Je suis quelqu'un d'intéressé sur ce sujet et qui travaille maintenant depuis trois ans.
- Speaker #0
Parce que ta formation initiale, avant de faire justement la formation plus approfondie en métier de l'eau, c'était quoi ? C'était scientifique quand même ?
- Speaker #1
Non, ma toute première formation, c'était plus en finance, donc quelque chose de totalement différent qui ne m'a pas du tout plu et duquel je suis très rapidement sorti.
- Speaker #0
Effectivement, c'est notre milieu, mais bon, tu peux te reprendre, c'est un problème. Alors, peux-tu nous présenter un peu plus la Fondation Surfrider et ses missions ?
- Speaker #1
La Fondation Surfrider a été créée il y a 35 ans. ça commence un petit peu à dater, il y a un petit peu d'historique, par des surfers, justement, d'où le nom de Surfrider, qui, en allant régulièrement dans l'océan, se rendaient compte qu'il y avait des sources de pollution importantes dans ce milieu dans lequel ils passaient une partie importante de leur vie, de leur journée. Et ils se sont dit, plutôt que juste se plaindre, on va s'organiser ensemble pour faire en sorte d'améliorer la situation. Donc c'est comme ça que Surfrider est parti. Et donc il s'est développé au fur et à mesure des années pour devenir une ONG environnementale qui œuvre à la protection de l'océan et des milieux aquatiques et de l'ensemble des personnes qui jouissent de ces milieux, soit de façon récréative comme les surfers, soit dont l'existence, comme beaucoup d'entre nous, dépend de l'océan. Et donc maintenant on va travailler sur trois thématiques, les déchets aquatiques, la qualité de l'eau, l'aménagement du toral, pour essayer d'avoir une vision qui soit, même si elle n'est pas totale, mais le plus... la plus large de comment on peut faire en sorte de protéger et voir quand c'est possible de restaurer l'océan et l'ensemble des services écosystémiques qui vont nous rendre l'ensemble des vies qui découlent de cette espèce-là.
- Speaker #0
On ne va pas se concentrer que sur un aspect puisque tout est lié et effectivement, il faut que ça soit une vision 360 degrés le plus possible.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Donc sur quoi tu travailles en ce moment toi pour SurfRider ?
- Speaker #1
Comme je l'ai dit rapidement au début, je suis sur la thématique aménagement du toral. C'est une thématique qui est extrêmement large et qui regroupe beaucoup d'aspects. L'aspect où j'ai le plus travaillé ces dernières années, c'est les solutions fondées sur la nature et en particulier celles qui sont dites de carbone bleu. C'est une désignation qui va regrouper les herbiers marins, les présalés, les mangroves. Quand elle a apparu cette désignation... je rentre un peu dans les détails, mais juste très rapidement, c'était surtout pour parler de cet aspect captation-séquestration du carbone. Mais en fait, quand on parle de ces écosystèmes, c'est dommage de les limiter à ça. C'est des écosystèmes qui sont très riches en biodiversité, qui permettent de protéger les côtes contre des phénomènes extrêmes, donc vagues de submersion, inondations, et qui améliorent localement la qualité de l'eau.
- Speaker #0
De toute façon, on parlera un petit peu plus longuement des solutions fondées sur la nature après, puisque c'est un vaste sujet chez vous. Donc oui, effectivement, Surfrider œuvre à la préservation des océans et des littoraux, mais ces derniers abritent, comme tu l'as laissé un petit peu présager tout à l'heure en listant quelques habitats, abritent des habitats variés, chacun ayant leur particularité et donc un souci différent à leur apporter. Est-ce que tu peux nous lister un petit peu ? pour les novices qui écoutent, les types d'habitats côtiers et marins qui existent d'une manière générale ?
- Speaker #1
Oui, il y en a des très grandes variétés, donc je ne vais pas pouvoir tout lui lister. J'ai donné déjà quelques petits exemples, les herbiers marins, donc on va pouvoir retrouver soit, par exemple, quand on parle de Posidonie, ils sont entièrement sous l'eau, immergés la totalité du pays. des profondeurs qui vont varier de quelques mètres à une vingtaine de mètres. Tant qu'ils peuvent faire, ça reste des plantes. On pense souvent que c'est des aigles, mais c'est des plantes aquatiques. Donc, elles font de la photo, enfin, comme les aigles font de la photosynthèse, elles ont des racines. Et du coup, elles sont jusqu'à ce qu'on appelle le bout de la zone photique, donc une vingtaine de mètres en profondeur à peu près. Des fois, ça peut aller un peu plus, mais on est autour de ça. Donc, il y a ces écosystèmes-là. Mais ça, c'est une typologie d'écosystème qu'on va retrouver entièrement, tout le temps immergée. proche des côtes tout de même, mais il y a d'autres écosystèmes qui sont moins connus. En plus, par exemple, les présalés, ce sont des zones humides végétalisées avec des typologies de plantes très variées, mais aussi une faune qui vient s'y abriter, s'y nourrir, se reproduire, et qui sont très larges, très importantes. Du coup, dans les présalés, avec une multitude de plantes différentes, une justement qui est peut-être la plus connue parce qu'elle est comestible, c'est la salicorne. fois dans des repas, des préparations. Donc là, c'est différents écosystèmes, mais il y en a qui on visualise encore plus largement, c'est les mangroves, qu'on va trouver pas mal dans les zones tropicales, qui sont peut-être plus connues, mais qui sont capitaux et qui sont malheureusement assez menacées. Et ceux qui sont peut-être encore plus dans l'imaginaire collectif, les plages tout simplement, ce sont des écosystèmes côtiers. Il y a les dunes aussi, les dunes qui peuvent être végétalisées. Il y a les estuaires, qui vont être des lieux de réaction avec de nombreuses réactions chimiques, puisque c'est des lieux d'interface entre l'eau de mer et l'eau de mer. Donc il y a des chercheurs qui passent leur vie justement à étudier un petit peu toutes ces réactions chimiques dans leurs espaces. Exactement, c'est vraiment des zones incroyables avec des typologies d'habitats et de faunes très particulières. Et évidemment, après, il y a le grand large, avec aussi différentes typologies d'espèces en fonction de la profondeur. On ne va pas retrouver les mêmes espèces à de grandes profondeurs que dans l'intégralité de la colonne d'eau ou sur la surface. Donc tout ça, c'est des habitats différents et qui sont d'une richesse en termes de biodiversité, en termes de phénomènes physico-chimiques assez incroyables.
- Speaker #0
What ? Oui, effectivement. C'est vrai que là, on touche à la plus grande surface terrestre, au final, qui occupe 70% de la surface et en étant aussi parfois très profond. Donc, c'est tout un monde qu'on ne connaît pas pour la plupart et qui reste à découvrir ou pas, puisque chaque fois qu'on découvre des choses, on le détruit. Donc, il vaut mieux peut-être que ça reste inconnu de nos yeux. Comment Surfrider s'engage pour travailler sur la protection de ces écosystèmes variés que tu viens de citer justement ?
- Speaker #1
Donc à chaque fois avec Surfrider, on a cette idée d'agir avec trois leviers qui sont l'acquisition de connaissances. Donc ça peut être le faire directement ou simplement être en contact avec des chercheurs, participer à des projets beaucoup plus larges. Quand on parle de faire de l'acquisition de connaissances directement, ça va être nos projets qualité de l'eau où on a beaucoup de personnes qui vont aller faire des prélèvements. soit pour du bactériologique, soit pour du chimique, directement. Et ce qui nous permet, en partenariat avec des labos de recherche, de faire des analyses qui nous permettent d'alimenter la connaissance qu'on a des pollutions et donc de savoir un petit peu plus précisément comment on peut agir. Ça, c'est un de nos premiers leviers. Également, un des autres leviers qu'on va beaucoup utiliser, c'est la médiation scientifique, la sensibilisation du grand public. Donc ce podcast en fait partie. et donc ça passe par des actions qui sont aussi là assez larges, donc beaucoup d'actions au travers de nos bénévoles de terrain. On va aller sur les plages, montrer les conséquences de la pollution et essayer d'expliquer comment on peut agir à niveau individuel, surtout à niveau collectif, pour faire changer les choses et faire changer notre mode de production, de consommation, pour plus qu'on se retrouve avec toute cette pollution et toutes ces conséquences environnementales très néfastes. Ensuite, et là c'est pour ça. ça enchaîne avec justement cette notion d'effort collectif, d'organisation, de comment on peut faire changer les choses, c'est le plaidoyer. Donc on va défendre des positions pour les faire inscrire dans la loi qui soient plus protectrices de l'environnement. Et en étant plus protectrices de l'environnement, c'est aussi... avoir en tête que c'est plus protectrice pour les sociétés humaines. Les sociétés humaines dépendent d'un environnement en bonne santé. En protégeant l'environnement, on veut protéger l'environnement, mais en même temps, toute la population est aussi liée.
- Speaker #0
Tout le vivant est lié, de toute façon, on fait partie de cette nature. L'océan a été notre berceau aux prémices, donc forcément, tout est lié. Donc oui, ça me mène aussi à te poser cette question. On va répéter des commentaires. C'est un constat que tout le monde connaît aujourd'hui, les menaces, tout ça. Mais comme toi, tu es au cœur du sujet et chargé de projets environnementaux, je pense que tu es quand même bien placé pour avoir remarqué certaines choses. On va répéter donc, qu'est-ce qui menace ces écosystèmes actuellement ?
- Speaker #1
Oui, il y a malheureusement beaucoup de menaces. C'est la surexploitation des espèces, l'acidification des océans, qui est liée au changement climatique, les pollutions chimiques, bactériologiques. qui sont émises par nos sociétés, les pollutions plastiques, l'artificiation des littoraux qui détruisent tous les écosystèmes côtiers. Donc c'est une multitude de pressions qui se conjuguent les unes avec les autres et qui font que l'océan est dans un état qui est de plus en plus menacé et où on doit prendre conscience et agir le plus possible en vue de sa protection, sa protection pour lui. intrinsèquement, mais surtout sa protection pour les sociétés humaines, comme je le disais avant. Il est capital, on en dépend. Donc si on le détruit, c'est comme, c'est l'expression un peu souvent utilisée, on s'y labore.
- Speaker #0
C'est exactement ce que je pensais à ça quand tu parlais de ça, c'est marrant. On est connectés sur ce sujet, ouais. Oui, effectivement, ouais. Et une autre question dans ce même registre, un petit peu que tout le monde connaît, mais bon, en même temps, tu l'as dit, pourquoi tenter de les préserver capital ? En quoi sont-ils si importants ? Tu viens de le dire.
- Speaker #1
Oui, mais je peux peut-être encore en précisant, et là je vais plus rentrer sur les sujets sur lesquels je travaille plus, mais quand on parle des écosystèmes côtiers, et en particulier les écosystèmes côtiers végétalisés, herbes des marins, mangroves, présalées, mais aussi les dunes et beaucoup d'autres, il y a des services écosystémiques qui sont très précis. Donc évidemment, et c'est celui qui est souvent mis en avant à l'heure actuelle, c'est la captation et séquestration carbone. Il ne faut vraiment pas s'arrêter sur celui-là. Ces écosystèmes-là, ils sont capitaux, en particulier dans le contexte de montée de l'océan, de montée du niveau des mers, et d'une accentuation, d'une intensification des événements extrêmes, des vagues de submersion. Ils agissent en fait comme des boucliers, que ce soit les mangroves ou les herbiers marins ou les présalés. Ils font à la fois zone tampon, mais aussi ils atténuent l'énergie des vagues. Après être passée par une mangrove, une vague a 30 à 70% en moins d'énergie. Donc il faut imaginer aussi le potentiel destructeur qu'elles peuvent avoir quand elles arrivent sur des zones avec une forte présence humaine. Cette 30 à 70% de réduction de l'énergie de la vague, c'est capital. Ça sauve clairement des vies. Donc voilà pourquoi elles sont importantes. Elles ont aussi des rôles sur l'amélioration. de l'acidification, amélioration de la qualité de l'eau par de la phytoépuration. Aussi, tout simplement, c'est pas simplement les vies humaines, mais aussi toute la vie animale dépend de... C'est leur habitat et c'est des zones de très forte concentration de biodiversité. Donc, pour toutes ces raisons, elles sont capitales. C'est important de les protéger et même, quand c'est possible, de les restaurer.
- Speaker #0
Oui, ça fait aussi leur planète, on ne va pas oublier de le dire. Donc oui, on revient un petit peu. peu aux solutions fondées sur la nature. Surfrider essaie de les mettre en place. Peux-tu nous expliquer un petit peu plus de quoi il s'agit ?
- Speaker #1
Oui, c'est réfléchir différemment sur comment on aménage le littoral. On a eu une tendance à vouloir se protéger de l'océan en édifiant des grandes digues. Sauf qu'on a oublié que l'océan, c'était un espace mobile. Le littoral, il est toujours en mouvement. Et on a essayé vraiment, on a essayé dans l'esprit, on va le fixer. sauf qu'en fixant cela on s'est créé des véritables problèmes puisqu'on ne le laisse plus évoluer comme il devrait évoluer pour être en bon état et avec la montée des mers aujourd'hui on peut toujours essayer de construire de plus en plus haut sauf qu'en fait c'est irréaliste, c'est impossible de faire ça donc maintenant il faudrait au contraire réfléchir différemment et s'adapter à cette variabilité naturelle ce mouvement naturel et donc c'est là où Merci. rentrent en jeu les solutions fondées sur la nature, ça va être au lieu de réfléchir à une digue, réfléchir plutôt à comment on peut, déjà la première chose, préserver les présalés, les herbes existantes. C'est déjà protéger ces écosystèmes qui déjà nous protègent. C'est la première chose. Mais dans certains cas, on a, parce que ces écosystèmes-là ont été détériorés au fur et à mesure, depuis le début de l'ère industrielle, de façon très forte. Même avant, il y avait déjà eu des détériorations. Donc, c'est comment on peut aussi les restaurer, puisqu'il y a des endroits où il y a vraiment des enjeux à être plus adaptés à comment l'océan évolue. Donc, ça va être faire une gestion, ce qu'on appelle une gestion intégrée, comment on peut remettre de la nature, des écosystèmes en bon état, nous protéger, donc comme je disais, de ces vagues de submersion, faire zone tampon et se préparer à la montée des eaux.
- Speaker #0
Est-ce qu'on peut parler un petit peu de... biomimétisme aussi d'inspiration. Le biomimétisme finalement c'est très vaste, ça s'applique autant sur une structure que sur un système entier de la nature.
- Speaker #1
Justement, nous, on se réfère plutôt à la définition de l'ICN qui va exclure le biomimétisme des solutions fondées sur la nature, puisque la solution fondée sur la nature s'approche vraiment sur l'écosystème. Le biomimétisme va plutôt avoir pour objectif de copier un fonctionnement de la nature. Quand on parle de solution fondée sur la nature, c'est d'abord restaurer et remettre en bon état des écosystèmes ou les protéger tout simplement. et s'appuyer sur ce qu'ils mettent en place. Pas simplement les copier artificiellement pour reproduire les mêmes effets, parce qu'en fait, on se rend compte aussi, plus on les connaît, que la profondeur et la multitude de leurs effets est très difficile à recopier artificiellement.
- Speaker #0
Oui, c'est certain, c'est tellement une complexité sans égal. Est-ce que tu as en tête des exemples de solutions fondées sur la nature qui ont été réalisées ? Je ne sais pas, par Surfrider ou par d'autres organismes ?
- Speaker #1
Pas directement par Surfrider, puisque nous, on agit vraiment sur ces volets d'acquisition de connaissances, de sensibilisation et de plaidoyer, et pas directement sur la mise en œuvre de ces solutions. Par contre, oui, il y en a plusieurs. Il y en a des très simples. En fait, je vais prendre le cas parce que c'est celui où j'avais un peu participé. Il y a des chantiers participatifs au bassin d'Arcachon. C'est s'appuyer sur la zoster pour avoir cet effet de captation carbone, mais surtout cet effet sur la régulation des courants. Et donc le chantier participatif consiste à recueillir des graines de zoster. Et ces graines de zoster vont être gardées par les gestionnaires du bassin de l'Arcachon pendant l'hiver, mis en aquarium, et être relarguées à des endroits ciblés où la zoster... a été dégradée, mais qu'on espère qu'il y ait une capacité de régénération. Donc, relarguer les graines à ces endroits-là pour que ça se régénère. Donc, ça fait partie des solutions fondées sur la nature dans le sens où on aide un écosystème à se régénérer et cet écosystème-là donne des services écosystémiques. Il y a d'autres endroits où on va avoir de la dépoldérisation. Donc, c'est dans des endroits où on avait malheureusement artificialisé, drainé l'eau et gagné sur la mer. Et on se rend compte que ça crée des problématiques sur ces zones-là de submersion, qui vont même plus loin que ces zones-là, puisqu'il n'y a plus cette zone tampon, cette zone pour se protéger de l'avancée de l'océan et des conséquences que ça peut avoir. Et donc là, on va faire le contraire. On va remettre les connexions qui avaient lieu, laisser la mer regagner cet espace. Après, on peut replanter des espèces typiques, végétales typiques de ces écosystèmes. Soit elles vont revenir naturellement, ou un mix des deux, et ça permet de nouveau d'avoir ces présalés, ces zones protégées, qui font qu'elles vont de nouveau rendre leur service écosystémique, d'avoir de la biodiversité, d'avoir une protection des côtes.
- Speaker #0
D'accord, ok. Donc il y a une multitude de choses qui se mettent en place, sans que ça soit de gros chantiers en plus. C'est parfois assez simple, pas forcément mettre en pratique,
- Speaker #1
mais en termes de réflexion. Il y a des typologies très larges qui peuvent être mises en place. Ça peut être aussi simplement retirer une digue qui avait été mise en place pour laisser l'océan revenir. Les solutions fondées sur la nature, c'est plus la façon dont on réfléchit les choses et la façon dont on accepte que le littoral ait mouvement et on s'adapte à ce point-là plutôt qu'essayer d'être dans cette dynamique fixiste. mais la typologie des solutions fondées sur la nature est assez large.
- Speaker #0
Oui, j'imagine. Tout comme les typologies d'habitat sont larges aussi.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
On sait que les végétaux terrestres, notamment les grands arbres, sont des puits de carbone et qu'ils sont fondamentaux pour le stocker. Tu parlais tout à l'heure un petit peu du carbone. Et on commence aussi à entendre parler du carbone bleu. Alors, est-ce que tu peux nous expliquer ?
- Speaker #1
Oui, le carbone bleu, c'est un concept qui avait été lancé donc maintenant il y a une quinzaine d'années, si je me souviens bien, et donc qui visait à rappeler, puisqu'on parlait justement à cette époque beaucoup du carbone terrestre, que l'océan était aussi un formidable régulateur du climat, qu'il absorbait aussi beaucoup de carbone. Et donc, ce concept est rentré dans le milieu de la recherche, dans le milieu scientifique. Justement, on va se focaliser maintenant, quand on dit écosystème... De carbone bleu, le consensus scientifique, c'est sur trois écosystèmes, les herbiers marins, les présalés et les mangroves, parce qu'ils ont une grosse capacité à capter du carbone atmosphérique et fouiller dans leurs sédiments. De la même façon que les arbres, par la photosynthèse, là où par unité de surface, ils vont être beaucoup plus efficaces, ça s'explique par différents paramètres. Il y a le niveau de salinité des sols. qui fait qu'il va y avoir moins de micro-organismes, donc moins de respiration, moins de relargage naturel. Il y a aussi que c'est des zones d'interface. Donc là, je vais très rapidement rentrer dans un petit terme technique, mais qui finalement est très simple. C'est qu'on parle de carbone autochtone et de carbone alloctone. Autochtone, c'est celui qui est créé par la plante elle-même, donc par la photosynthèse directe de la plante. Alloctone, ça veut juste dire qu'il vient d'ailleurs. Donc il a pu être... adaptées dans des rivières, par d'autres écosystèmes. Et comme ces écosystèmes, ces côtiers végétalisés, elles sont dans des zones d'interface. C'est des zones où il y a beaucoup de mouvements. Le sédiment, il part des rivières, mais il fait tout son tour jusqu'à l'océan. Et là où elles sont aussi très fortes, et c'est aussi pour ça qu'elles vont lutter contre l'érosion. Je mélange plein de choses. C'est aussi la complicité de ces écosystèmes. elles ont des... des systèmes racinaires qui vont permettre de capter ces sédiments et les piéger à cet endroit-là. Et donc, avec ce sédiment, ils piègent du carbone qui vient d'ailleurs. Ils sont très forts en termes de stock de carbone parce qu'ils vont capter du carbone sur place et aussi piéger du carbone qui a été capté ailleurs. Donc, ça fait des stocks de carbone qui restent assez importants dans les sols sédimentaires sous ces écosystèmes. Donc, plus le fait qu'il y a assez peu de respiration, donc peu de relargage du carbone, ça fait que globalement, c'est des écosystèmes qui, par unité de surface, si on prend un hectare, vont capter et séquestrer plus, voire beaucoup plus dans certains cas, de carbone qu'une forêt.
- Speaker #0
C'était ma question après. Je voulais savoir si vous aviez un petit comparatif. Tu viens de le dire.
- Speaker #1
Si on veut vraiment le chiffrer, parce que c'est des écosystèmes qui ont vraiment leur particularité locale. On peut parler de 3 à 10 fois, parfois c'est beaucoup plus, voire beaucoup moins, en fonction de la qualité, de tout plein de paramètres locaux. 3 à 10 fois plus de séquestration qu'une forêt terrestre. J'ai aussi dit les mots captation, séquestration. Séquestration, c'est ce qui reste dans le sol par année. La captation, c'est vraiment un flux, donc on ne prend pas le flux sortant, on prend juste le flux rentrant. et la séquestration... C'est ce qui reste, donc après avoir vu le flux sortant.
- Speaker #0
D'accord, ok. Intéressant. Il me semble qu'effectivement, les arbres terrestres relarguent un petit peu de CO2 la nuit, c'est ça ? Et ce n'est pas le cas, justement, de ces plantes plutôt aquatiques ?
- Speaker #1
Pas les cuviers,
- Speaker #0
tout ça ?
- Speaker #1
En fait, elles vont fonctionner de la même façon là-dessus. Elles relarguent... Alors, je ne suis pas expert du tout sur le phénomène de ce phétosynthèse. mais ils vont relarguer du CO de la nuit puisque les arbres font eux-mêmes de la respiration. Ils font de la photosynthèse, mais aussi ils ont besoin de soleil, donc c'est pour ça que la nuit, ils font de la respiration. Là, je ne vais pas rentrer plus dans les taillades parce que je ne maîtrise pas et je ne veux pas...
- Speaker #0
Ce n'est pas forcément à ce niveau-là qu'il y a plus de carbone qui est gardé, parce que si tu dis qu'ils en éliminent aussi un peu la nuit...
- Speaker #1
Non, ce n'est pas sur cet aspect-là, c'est vraiment sur la sanité qui fait qu'il y a moins d'oxygène dans le sol, donc moins de respiration. Il y a des paramètres aussi biologiques. C'est des plantes qui ont une productivité très importante.
- Speaker #0
C'est prolifique, oui.
- Speaker #1
Elles créent beaucoup de biomasse. Et c'est cette biomasse qui va se retrouver à retomber sur le sol et être, comme il y a aussi beaucoup de sédimentation, à être recouverte au fur et à mesure. Avec une biomasse organique qui se retrouve dans le sol qui va être plus importante.
- Speaker #0
Oui, au même titre que les tourbières qui accumulent énormément de... de biomasse et j'imagine de CO2 aussi, parce qu'elles sont stratifiées et tout ça. Et ces histoires de... parce qu'il y a des histoires de compensation carbone, de crédit carbone bleu, etc., notamment mis en place peut-être par le gouvernement. Qu'est-ce que vous en pensez chez Surfrider ? Nous, on est extrêmement dubitatifs sur l'efficacité réelle de ces propositions. Alors, pour différentes raisons, pour nous, on pense que ça détourne de la nécessité de réduire à la source nos émissions. Derrière le nom de crédit, il y a une notion aussi de débit. Donc, ça veut dire que parce qu'on aurait fait une action à un endroit, on n'est pas obligé ou on peut se dédouaner de nos actions à un autre endroit. Ça, ne serait-ce que ce point-là, c'est déjà un point assez embêtant. Or, on sait qu'on a un effort de réduction très fort de nos émissions de gaz à effet de serre à effectuer. Une des autres problématiques, c'est aussi qu'on se rend compte que c'est extrêmement compliqué de mesurer avec précision le carbone qui va être stocké dans ces écosystèmes parce qu'il y a de grandes variabilités entre les écosystèmes. On parle aussi uniquement de carbone, mais il faut prendre aussi en compte d'autres gaz. comme le méthane et le protoxyde d'azote, où les flux sont dans ces écosystèmes dits carbone bleu, demandent encore des études plus poussées pour être bien sûrs qu'ils vont plus le séquestrer qu'en relarguer. Il y a aussi cette question que j'avais commencé du carbone autochtone et à l'origine, où si on quantifie tout le carbone qui est dans ces écosystèmes-là, on a un risque de double comptabilisation puisqu'il a pu être capté ailleurs et se retrouver ici. Donc, il faut aussi faire cette différence entre les deux. Donc, il y a plein de paramètres qui font que un crédit carbone bleu est extrêmement difficile à comptabiliser. Et en plus, c'est donc orienté vers des solutions qui continuent la marchandisation de la nature. Donc, nous, ce qu'on appelle, c'est en fait, tout simplement se rejoindre à ce qu'a écrit LibBest dans un de ses derniers rapports. LibBest, c'est l'équivalent du GIEC sur la biodiversité. Qu'il faut s'attaquer aux choses adjacentes de la perte de biodiversité. c'est-à-dire changer de modèle de façon beaucoup plus générale. Et les crédits carbone bleus, pour nous, ne font pas ça. Et donc également, ce qu'a aussi Libes rapporté, c'est qu'à l'heure actuelle, parce qu'on est d'accord que les actions de protection, de restauration de ces écosystèmes-là, elles ont un coût. Ce coût doit être financé. Mais on se rend compte aujourd'hui qu'il y a des milliards qui sont mis pour des subventions nocives à la biodiversité. Et en fait, ce qu'appelle l'IBES, c'est la réorientation de ces subventions vers des activités régénératrices. Donc les flux financiers qui seraient nécessaires à ces actions, ils sont déjà existants. Il suffit juste de les réorienter, d'activités destructrices, vers des activités régénératrices. Il suffit juste, ça paraît simple, mais c'est justement pour ça qu'on fait du plaidoyer, parce qu'il y a un gros travail à faire dans le terme législatif, de régulation, pour que ces subventions soient mises... au bon endroit, là on en a besoin. Et donc si on faisait ça, on n'aurait pas du tout besoin d'essayer de construire un système de marché crédit carbone qui a des fondations qui sont de toute façon bancales.
- Speaker #1
Oui, c'est clair. Capitaliste. Effectivement, cette histoire de compensation, de toute façon c'est comme un déchet, c'est mieux qu'il ne soit pas produit.
- Speaker #0
C'est exactement ça.
- Speaker #1
C'est cette idée-là. Et ce que je voulais dire aussi, c'est que ça me fait penser, bon là je divague un peu, mais les liens sont là, l'analogie est là, ça me fait penser à... le système aujourd'hui qui permet aux grands riches qui ont les moyens de payer des taxes justement de dépollution de pouvoir polluer parce qu'ils ont les moyens. Donc c'est complètement à l'envers de ce qu'il faudrait faire et ça me fait penser à ça, à cette histoire de crédit carbone bleu.
- Speaker #0
C'est exactement les mêmes problématiques et justement tu l'as bien dit, c'est quelque chose qu'on dit beaucoup à Surfire, le meilleur déchet c'est celui qu'on ne produit pas. Et bien de la même façon, la meilleure émission de... c'est ça qu'on ne fait pas.
- Speaker #1
Exactement, oui.
- Speaker #0
Donc plutôt qu'essayer de compenser, vraiment, l'effort doit être sur la réduction de la source.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Et en parallèle, effectivement, il y a aussi un besoin de protéger et restaurer ce système-là, mais il y a des sources de financement qui seront beaucoup plus pérennes pour le faire correctement avec une vraie planification écologique plutôt que de dépendre de marchés carbone qui sont forcément fluctuants et qui ne permettent pas forcément d'avoir une vision long terme. aussi importante que cette réorientation des subventions nocives vers les subventions régénératrices de la biodiversité.
- Speaker #1
Je vais faire une petite parenthèse sur ce sujet aussi, parce qu'une fois j'ai vu quelqu'un sur les réseaux qui voyageait beaucoup en avion essayer de répondre aux injonctions qu'il pouvait recevoir de la part de gens un peu plus écolos en disant que le but c'est que justement si tu as les moyens, tu peux voyager et tu peux... faire planter des milliers d'arbres et tout ça. Sauf qu'excuse-moi, mais rien ne vaut une forêt primaire. Tu ne peux pas recréer une forêt primaire en plantant de nouveaux arbres. Ça m'a un peu choquée. Pour faire comprendre aux gens qui nous écoutent que la compensation n'est jamais à la hauteur de ce qui existait déjà. Oui,
- Speaker #0
exactement. Sans parler, en plus, parce que c'est pareil, ce n'est pas vraiment le sujet que je maîtrise, donc je ne l'ai pas trop évoqué, mais il y a aussi beaucoup de problématiques sur les marchés carbone existants, sociales. et d'expropriation de terres. Et donc, on est vraiment sur quelque chose qui peut vraiment être très problématique.
- Speaker #1
On va maintenant jouer à un jeu un peu plus léger après ces sujets abordés. Le jeu du « Si tu étais » , en te posant quelques questions qui nous permettront d'en apprendre un petit peu plus sur toi et sur l'objet de ton travail lié à l'océan et aux habitats marins. Alors, si tu étais un animal aquatique, j'aimerais que tu me dises pour quelles raisons.
- Speaker #0
Si j'étais un animal aquatique, je dirais le zooplancton. Et en fait, pour moi, c'est important de toujours repartir à la base des choses. Le zooplancton, avec le phytoplancton qui est un peu plus connu, mais le zooplancton, c'est la base de quasiment toute l'alimentation du monde marin. Et donc, c'est important de repartir à la base. Et je vais un peu tricher, je vais en dire un deuxième. Ça me passionne aussi et ça montre aussi l'étendue de ce qui existe dans le monde marin. C'est la méduse nitricola. qui est capable de régénérer ses cellules. Ah,
- Speaker #1
ses cellules, oui, ok.
- Speaker #0
Oui, donc elle peut vieillir et rajeunir.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
D'un point de vue strictement cellulaire.
- Speaker #1
Ouais, d'accord.
- Speaker #0
C'est assez passionnant et assez intéressant.
- Speaker #1
J'imagine que ça inspire pas mal les scientifiques pour trouver des cures de chou-lance.
- Speaker #0
C'est possible.
- Speaker #1
On leur fait confiance, ils doivent être sur le coup. Si tu étais une plante aquatique, et pour quelles raisons ?
- Speaker #0
Moi, je vais parler de la zosternelle. Donc il y a une forme d'herbier marin. Donc là, c'est un très... La première étude qu'on a menée pour identifier des stocks de carbone dans des herbiers marins, c'était de la zosternène. Donc voilà, c'est ce côté de cette petite plante. Moi, elle a une expérience personnelle. D'accord.
- Speaker #1
Et donc ça, c'est une... Plantes, ce n'est pas une algue.
- Speaker #0
Non, c'est bien des plantes aquatiques. La zisterneine, c'est une des plantes qui compose les herbiers marins. Donc on en a ici en local. Moi, justement, c'était à Handaï, dans la Béchingundi. Donc autour de l'île aux oiseaux. Pour ceux qui sont au Pays Basque, vous pouvez vous balader autour. Et en été, vous pouvez bien voir à marée basse. Donc elle a l'intertidal, ce qu'on appelle l'intertidal. C'est que... Non, l'intertidal. Oui. elle va être avec le balancement des marées, de temps en temps immergée, de temps en temps émergée,
- Speaker #1
donc on peut la voir un marée basse autour de l'île aux oiseaux Si tu étais un habitat marin et pour quelle raison ?
- Speaker #0
Je vais rester très sur mon travail parce que ça correspond, moi je dirais les présalés, parce qu'ils sont un petit peu mal connus, quand on parle herbier marin, surtout en Méditerranée on pense tout de suite à la posidonie, les mangroves, on arrive à identifier, mais les présalés, ils sont tellement divers dans leur façon d'être, dans la façon dont on les voit qui sont peut-être moins connues, et pourtant, c'est vraiment des étendues avec beaucoup de plantes, avec beaucoup d'eau, un peu vaseuse entre les deux. C'est vraiment des écosystèmes avec beaucoup de diversité, qui sont très beaux à se balader dedans.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Et donc, j'apprécie beaucoup, et qui sont malheureusement un peu moins connus que d'autres.
- Speaker #1
Effectivement. Est-ce qu'on peut en trouver ? On en trouve à beaucoup d'endroits ? Ils sont quand même bien représentés ?
- Speaker #0
En local, donc... Il y a une partie, mais qui n'est pas un présalé très important, au Béthchigoundi, avec quelques plantes typiques de ces écosystèmes. Mais pour toujours rester en assais local et au Pays Basque, il y a près d'Ourdabaye, une réserve de biodiversité avec des présalés, des herbiers marins. Et je vous conseille, c'est à côté de Guernica.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Entre Guernica et Moutaka.
- Speaker #1
Et on peut visiter alors ?
- Speaker #0
On peut aller à proximité, se balader autour. Donc c'est vraiment un lieu très très beau et qui était très préservé. Et j'en parle aussi parce que ça a été une lutte locale sur laquelle on a été un petit peu impliqués.
- Speaker #1
D'accord, oui.
- Speaker #0
Où il y avait eu un projet d'extension de musée en plein milieu de cette zone. Et qui heureusement a été annulé. Donc ça permet de préserver aussi ces écosystèmes. Et ça montre qu'il y a encore des idées très farfelues et très catastrophiques d'un point de vue écologique qui existent. mais qu'en se mobilisant et en agissant collectivement ensemble, on peut les faire annuler, les éviter.
- Speaker #1
D'accord, effectivement. C'est mieux d'avoir une réserve, un musée à ciel ouvert qu'un musée en dur, quoi. Et finalement, si tu étais un projet abouti mené par Surfrider, pour quelles raisons ?
- Speaker #0
Globalement, sur beaucoup de nos projets, c'est toujours des luttes qui sont en cours. Mais on va revenir sur le local. Je parlais d'Ourdabai, on a un programme qui s'appelle Coastal Defender. C'est pour s'opposer à des projets contre la nature. Et là-dessus, il y a eu déjà beaucoup de victoires. Je pense notamment à l'annulation du port de Bretignolles. l'annulation de Surf Park dans les Landes à Castet, à Saint-Jean-de-Luz et d'autres qui sont encore en cours et j'espère qu'ils seront des projets aboutis avec ces annulations de Surf Park, de tous ces projets contre nature. C'est un programme qui continue depuis plusieurs années et qui nous permet vraiment localement de se saisir avec des associations locales, avec des personnes directement impliquées sur le terrain, de se saisir, de soutenir et d'empêcher ces projets soit d'artificiation, soit de pollution. Et de pouvoir vraiment avoir cette prise et vraiment se dire à la fin, là, on a réussi à avoir au moins cette victoire-là localement, même si on est toujours en lutte pour améliorer les choses de façon plus générale et que ce n'est pas encore abouti. Et j'espère que ça le sera quand même. Mais en tout cas, sur ces luttes locales, on peut se dire, là, on a réussi.
- Speaker #1
Tu choisis ça pour cette raison-là ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
D'accord. Ok, ben merci. Bon, on approche de la fin, c'est allé très vite finalement. Tu n'es pas encore coutumier de ce podcast, mais ici j'aime à dire que notre existence est déjà une chance, un miracle. Alors toi, personnellement, en quoi tu trouves notre existence phénoménale, puisque c'est le titre de mon podcast ? Ou peut-être notre Terre, si tu préfères ?
- Speaker #0
Notre existence, je la trouve phénoménale parce que... Parce que juste voir, que ce soit surfrider ou dans de multiples collectifs, c'est comment on peut ensemble s'organiser pour vivre ensemble, en communion avec l'environnement et toutes les personnes qui nous entourent, comment on peut faire groupe, comment on peut faire société, et voir comment, même s'il y a beaucoup de moments où c'est compliqué, démoralisant, on arrive, grâce au collectif, à dépasser des montagnes. ensemble, comme on arrive à s'unir et à faire des belles choses et exister avec les autres, c'est ça qui rend notre existence phénoménale.
- Speaker #1
C'est une belle vision effectivement, on n'y pense pas souvent, mais le collectif, de toute façon, est indispensable, on ne pourrait pas exister seul, donc merci beaucoup de ce point de vue-là. Et pour finir, comment est-ce qu'on protège les océans et les habitats côtiers à titre individuel, puisque je sais que c'est une de vos missions premières, finalement, de sensibiliser et d'aider.
- Speaker #0
Ouais. Il y a beaucoup de pratiques, donc ça peut être réduire ses différentes consommations de plastique, c'est réduire son empreinte carbone en utilisant différents leviers. Mais ça, c'est toujours des actions individuelles. Et ce qui est important, je pense, pour tenir sur le long terme, c'est de se retrouver ensemble, de se retrouver en collectif. Donc ça, on peut le faire de différentes façons, avec des antennes bénévoles à ceux de Surfrider qui sont au nombre de 50. dans 12 pays européens différents. Donc il y en a peut-être près de chez vous, vous pouvez aller sur le site de Surfrider et regarder où sont les antennes locales avec lesquelles vous pourrez vous impliquer. Aussi, ce qui est important pour Surfrider, c'est aussi d'avoir des dons réguliers qui nous permettent de continuer à assurer notre travail. Donc ça, ça fait partie des choses, s'il n'y a pas d'antenne locale à côté de chez vous, où vous pouvez contribuer. aux actions de Surfrider en devenant adhérent, en devenant donateur, ce qui nous permet de continuer à faire notre travail.
- Speaker #1
Tu réponds à ma question, comment est-ce qu'on soutient Surfrider ? C'est par le don que vous vivez majoritairement. Ça commence à partir de 1€, j'imagine ?
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Ok, très bien. C'est ainsi que s'achève cet épisode un peu spécial dans le cadre du podcasthon. Merci beaucoup Rém pour ces réponses et cette passion que tu mets à ton travail.
- Speaker #0
Merci Margot pour nous avoir donné l'opportunité d'échanger sur ce sujet passionnant.
- Speaker #1
Si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à vous rendre sur www.podcasthon.org pour découvrir des milliers d'autres associations à travers la voix et le talent de super podcasters et podcasteuses. Merci beaucoup !