Speaker #0Bienvenue dans les Pionniers de la Santé publique, votre rendez-vous avec les grandes figures qui ont changé avec les grandes figures qui ont changé nos vies, souvent sans même que nous puissions nous en apercevoir. Aujourd'hui, on vous emmène à la rencontre d'un homme dont les idées simples ont sauvé des millions de vies, mais qui à son époque furent ignorées. Préparez-vous à découvrir l'histoire d'Ignace Philippe Semmelweis, le sauveur des mers, un médecin passionné, obstiné et un génie incompris. Dans cet épisode, nous allons découvrir ensemble son parcours personnel et scientifique, et nous allons comprendre pourquoi l'hygiène des mains est une révolution et une avancée majeure en matière de santé publique. Et enfin, nous réfléchirons ensemble à ce que son histoire porte encore comme enseignement aujourd'hui. Nous sommes à Vienne en 1846. Imaginez un hôpital bondé et des femmes qui accouchent dans des conditions particulièrement précaires et une maladie mystérieuse qui frappe les jeunes mères après l'accouchement: la fièvre puerperale. Dans certaines maternités, le taux de mortalité des jeunes mamans grimpe jusqu'à 30%. Mais étrangement, ce n'est pas le cas partout. Les patientes, suivies par des sages-femmes, semblent bien moins touchées que celles prises en charge par les médecins et les étudiants en métier. Un jeune médecin hongrois, Ignace Philippe Semmelweis, est intriguée. Pourquoi ces disparités ? Comment expliquer ses décès ? Ses recherches vont changer sa vie, celle des femmes, et bien au-delà, l'ensemble de la médecine moderne. Semmelweis commence par observer minutieusement les pratiques de ses collègues. Et là, un drame le touche personnellement et le met sur la piste. Un de ses amis, anatomiste, meurt après s'être coupé avec un scalpel. lors d'une autopsie. Les symptômes qu'il développe ressemblent étrangement à ceux des femmes atteintes de fièvre perpérale. Semmelweis fait alors une hypothèse audacieuse pour l'époque. Selon lui, les médecins transporteraient des particules cadavériques sur leurs mains et contamineraient ainsi les patientes lorsqu'ils passent d'une autopsie à un accouchement. En 1847, il impose une règle simple: Chaque médecin doit se laver les mains avec une solution de chlorure de chaux avant de prendre en charge une patiente. Quels vont être les résultats ? Spectaculaire! Le taux de mortalité chute alors de manière exceptionnelle, passant de 18% à moins de 2%. C'est une révolution, mais malheureusement, elle ne sera pas accueillie comme telle. Ces résultats, aussi bénéfiques soient-ils pour les femmes et leur santé, Semmelweis se heurte à un mur. Pourquoi ? Parce que ses collègues médecins refusent de croire qu'ils puissent être responsables des infections. Pour eux, c'est l'air ou des déséquilibres dans les humeurs, théorie à l'époque dominante, qui causent ces morts et certainement pas leurs mains. Et puis, il faut bien le dire, Semmelweis n'est pas un homme très diplomate. Frustré, il devient de plus en plus véhément dans ses critiques, dans ses revendications. Il accuse ses collègues d'être des meurtriers. Un mot fort qui, plutôt que de les convaincre, les pousse à le rejeter encore plus, à le marginaliser. Isolé, moqué, il finit par quitter Vienne. Ses idées, pourtant géniales et révolutionnaires, ne trouvent alors... aucun écho dans la communauté médicale. En 1865, Semmelweis, seul et incompris, est interné dans un asile psychiatrique. Il y meurt peu après, à seulement 47 ans, probablement des suites d'une infection. Ironique, n'est-ce pas ? Mais son histoire ne va pas s'arrêter là. Quelques décennies plus tard, grâce aux travaux d'autres chercheurs, un certain Louis Pasteur, sur la théorie des germes, et à ce de Joseph Lister sur l'antisépsie, les idées révolutionnaires de Semmelweis trouvant enfin pleinement leur place dans la médecine moderne. Aujourd'hui, l'hygiène des mains est une pratique prouvée. On sait qu'elle évite des infections associées aux soins et permet ainsi d'améliorer la santé de millions de personnes grâce à ce geste simple. C'est en grande partie grâce à lui. L'histoire de Semmelweis nous rappelle une chose essentielle. Les idées les plus simples peuvent révolutionner la médecine. condition qu'on ait le courage d'écouter les preuves scientifiques. Cela ne suffit cependant pas. Il faut également savoir convaincre et promouvoir ses idées pour qu'elles soient comprises, acceptées et appliquées par le plus grand nombre. C'est tout l'art de la santé publique. Alors la prochaine fois que vous vous lavez les mains, ayez une petite pensée pour Semmelweis, ses découvertes, son courage et son combat pour sauver des vies. Merci d'avoir écouté cet épisode des pionniers de la santé publique. Ces figures du passé continuent d'éclairer notre présent. A bientôt pour un nouvel épisode et d'ici là, prenez soin de vous et des autres.