Speaker #0Bienvenue dans les pionniers de la santé publique, votre rendez-vous avec les grandes figures qui ont changé nos vies. Aujourd'hui, nous allons rencontrer celle que l'on surnomme la dame à la lampe, Florence Nightingale, une femme pionnière dans trois domaines clés de la santé publique, les statistiques, la formation et la lutte pour la reconnaissance des droits des femmes dans la société. Nous allons voir comment Florence Nightingale a utilisé les données pour agir en santé publique. Nous verrons également comment elle a fait pour faire évoluer la profession d'infirmière et son rôle dans l'émancipation et la reconnaissance des femmes. Son histoire est l'occasion de réfléchir encore aujourd'hui sur la place des femmes en médecine et en santé publique. Nous sommes à Florence, en Italie, le 12 mai 1820. Florence Nightingale vient au monde au sein d'une famille anglaise plutôt aisée. Dès son plus jeune âge, elle montre un esprit analytique et une curiosité insatiable. Son père lui enseigne les mathématiques, une discipline alors peu accessible aux femmes. Florence se passionne pour les chiffres et les statistiques. En 1845, elle a alors 25 ans, elle fait part à ses parents de son intention de devenir infirmière. Cette annonce n'est pas bien accueillie du tout. Ses parents considèrent que ce métier est habituellement réservé à des classes plus populaires. Ils estiment dégradant pour le statut de Florence qu'elle puisse se consacrer aux soins des malades. Florence est cependant déterminée et ses parents finiront par céder en 1852. Deux ans plus tard, en 1854, Florence part pour la guerre de Crimée, où elle est choquée par les conditions désastreuses des hôpitaux militaires. Insalubre, manque d'hygiène, avec un taux de mortalité alarmant. Elle est convaincue qu'au-delà du manque de matériel, la première cause de décès ne sont pas tant les blessures de guerre que les conditions sanitaires médiocres existantes. Au-delà de nettoyer et d'organiser des hôpitaux, Florence fait ce que peu de personnes ont l'habitude de faire à l'époque. Elle mesure tout. Elle collecte des données sur les décès, les infections et les conditions de vie des soldats. De retour en Angleterre, elle analyse ces données et utilise une méthode innovante de représentation graphique des données. Ces graphiques, qu'on appelle en crête de coque, montrent de manière claire que la majorité des décès sont dus à des maladies évitables et non directement aux blessures de guerre. Son travail poussera le gouvernement britannique à agir en réformant les hôpitaux militaires. Florence prouve ainsi que l'épidémiologie, avec l'analyse des données, et les études que l'on peut en tirer quand on sait les rendre accessibles et claires pour la grande majorité, peuvent sauver des vies en invitant à l'action. Ces travaux lui amènent la notoriété et la reconnaissance. En 1855, elle peut créer le fond Nightingale. Puis, en 1860, Florence fonde la première école moderne pour infirmiers et infirmières à Londres. Elle y introduit des notions aujourd'hui évidentes, mais révolutionnaires pour l'époque. L'importance de l'hygiène dans les soins, une formation scientifique et rigoureuse pour les soignants. et une reconnaissance professionnelle et sociale pour les infirmiers. Cette école marque un tournant. Elle transforme les soins à infirmiers en une profession structurée et respectée. Florence insiste également pour que les femmes, souvent exclues des sphères scientifiques, puissent accéder à cette formation. En quelques années, les diplômés de son école deviennent des réformateurs à travers le monde. Appliquant ces principes dans leur pays d'origine, ces écrits feront le tour du monde et serviront de référence Laurence a œuvré pour la reconnaissance des femmes dans le champ de la santé. Elle a défié les conventions de son époque en refusant le rôle purement domestique. Elle a bravé l'interdiction de ses parents en devenant elle-même infirmière. Elle a montré que les femmes pouvaient exceller dans des domaines traditionnellement masculins, comme les sciences et les statistiques. Elle a milité pour l'accès des femmes à l'éducation, convaincue que leur potentiel était sous-exploité. Le 12 mai, jour de l'anniversaire de Florence Nightingale, est désormais connue comme la journée internationale des infirmières. Aux Etats-Unis, les infirmiers et infirmières récitent le serment de Nightingale, comme ici les médecins récitent le serment d'Hippocrate lors des cérémonies de diplomation. Si vous passez un jour à Londres, vous pourrez trouver à l'hôpital Saint-Thomas le musée Florence Nightingale. Vous pourrez ainsi en apprendre beaucoup plus sur la vie de cette femme. L'histoire de Florence Nightingale nous rappelle trois choses essentielles.