Speaker #0Bienvenue à vous, auditeurs d'élite !
Quant aux autres, vous pouvez rester.
Aujourd'hui nous allons parler des ravages de la décolonisation.
Et en particulier sur la population des Etats-Unis.
De colonisés enthousiastes et prometteurs parlant un Anglais tout à fait correct, jusqu'à la fin du 18e siècle, les voici ... machouillant un idiome qui fut noble, le transformant en bouillie, le prononçant très fort et l'accompagnant de forces claques dans le dos, de bulles de chewing-gum et de hennissements que l'on supposera être des rires.
Et si vous me trouvez de mauvaise foi, je n'aurai qu'une seule réponse : c'est çui qui dit qui l'est.
Reprenons.
Donc, aujourd'hui, nous allons tenter d'approcher les spécificités des Etats-Uniens.
Et il y en a. Sinon, on ne les distinguerait pas des gens normaux. Et vous admettrez avec moi que c'est plutôt facile.
D'abord, il faut souligner que les Etats-Unis sont jeunes. A l'échelle de l'humanité, les États-Unis apparaissent très, très, très, très tard.
Un enfant donc, un bel enfant.
En limite de surpoids, l'enfant.
Et puis, en tout cas, un enfant extrêmement fort ... du genre qui ne connaît pas sa force, et qui est à l'âge où il ne sait pas trop ce qu'il doit en faire de sa nouvelle force ...
Et notre gros et grand enfant n'est pas encore majeur puisqu'il est tout jeune. Mais il a le permis.
En fait, il en a plusieurs.
Il n'a pas encore le droit de vote, on en parlera une prochaine fois, mais il a plein de permis quand même.
D'abord, il a le permis de conduire des monstres qui consomment au moins 30 litres aux 100 km. Ça, ce ne sont pas que des glaçons qu'ils sucent, leurs moteurs ! Même si vous avez appuyé sur le petit bouton vert « éco » ... Je me marre ...
Bref, ils adorent les moteurs pleins de chevaux. Mais ils ajoutent sur le moteur un habitacle qui est tellement gros et lourd, je parle de l'habitacle vous l'aurez bien compris, pas du pilote. Donc ils ajoutent un habitacle qui est tellement lourd, tellement imposant, qu'au lieu de faire penser à un Mustang, leurs voitures évoquen plutôt un éléphant qu'on aurait perché sur quatre roues, le pauvre animal. Pourtant, ils adorent leurs voitures, les États-Unis. On y reviendra.
Deuxième permis, et en application du deuxième amendement de la Constitution, les États-Uniens ont le droit, je cite, « de posséder et porter des armes » . Fin de la citation.
Les auditeurs d'élite de ce podcast penseront donc à bon droit qu'en application littérale du deuxième amendement... On ne peut pas utiliser son arme. Il est indéniable en effet que utiliser une arme est très différent de la posséder, voire de la porter ! J'ai malheureusement peur que mon auditoire compte trop peu d'Etats-Uniens sur-armés pour que je puisse convaincre tous les autres. C'est dommage ! Car la probabilité d'envoyer des plombs faire des trous dans d'autres gens est nettement plus forte aux Etats-Unis que de faire son trou à Saint-Jacques-des-Blats, dans le Cantal, et qui est pourtant au pied du plomb du Cantal. Et d'ailleurs, la population toute entière de Saint-Jacques-des-Blats, environ 312 habitants, au dernier pointage, ne suffirait pas à remplacer ne serait-ce que le dixième des corps états-uniens percés de trous au nom de la liberté de porter des armes.
La liberté est en effet quelque chose qui tient beaucoup à cœur aux états-uniens. La liberté d'expression, par exemple, amendement numéro un de la Constitution, elle est bien plus large là-bas qu'ici. Ce n'est pas en Europe que l'on risquerait de voir émerger les Marx Brothers ! ou d'enfanter les films de Tarantino ! Quelle plaisanterie, il y a des limites quand même !
Pourtant, l'Etats-Unien, il aime à penser que le monde entier brûle de manger comme lui, de parler comme lui, et que chacun se consume d'admiration pour ses productions. Ou le meilleur côtoie pourtant le pire.
Et voici donc le sondage du jour.
Les chefs-d'œuvre suivants, à votre avis, font-ils partie plutôt du meilleur ou plutôt du pire de la production états-unienne ?
Je vous souffle un indice, mais ne le répétez pas : j'ai mis 1 meilleur et 3 pires. Mais entre nous.
Alors voici les 4 candidats.
Candidat numéro 1 : Massacre à la tronçonneuse argentine, épisode 17.
Candidat numéro 2 : Citizen Kane.
Candidat numéro 3 : Friends avec les faux rires bien gras et trop nombreux.
Candidat numéro 4 : Superwoman demande le divorce.
Alors voilà, le premier qui appellera le standard de Radio Girafe avec la mauvaise réponse, gagnera toute ma considération.
Revenons-en à la liberté d'expression. Là-bas, on ne rigole pas du tout avec le premier amendement de la Constitution. La preuve, au niveau fédéral, qui est le niveau le plus élevé du pays, il n'y a pas de langue officielle, ni dans la Constitution, ni dans la loi fédérale. Véridique ! Certains États ont défini une ou plusieurs langues officielles, mais au niveau fédéral, il n'y en a pas.
Alors maintenant, imaginez une seconde que la langue des signes prenne un essor tel aux États-Unis que cette langue des signes devienne dominante. On pourrait certes ne pas l'inscrire dans la Constitution comme langue officielle puisqu'il n'y en a pas. En revanche, imaginez l'émotion de de l'Assemblée, lorsque le Président, tout nouvellement élu, fera son discours d'investiture en langue des signes.
Par manque de temps, je ne peux ici qu'en citer les deux premières phrases. Les voici.
Vous comprendrez que l'émotion puisse m'étreindre. C'est pour cette raison d'ailleurs que la semaine prochaine nous parlerons des élections et du Président des USA.
Enfin, last but not least, l'États-Unien possède le droit de manger n'importe quoi. Notons en introduction de ce paragraphe qu'il y a à peu près le même nombre d'États-Uniens végétariens qu'il y a de végétariens aux États-Unis. Plutôt troublant non ? Encore plus si on compare ce nombre à celui des topinambours à trompette !
Et si l'Etats-Unien, on l'a déjà vu, s'il aime tellement rouler, c'est peut-être aussi parce qu'il est pas mal concave, non ? Sa rotondité force le respect. On sent que c'est le fruit d'un travail de longue haleine.
A mon avis, il doit leur arriver d'outrepasser les recommandations diététiques des spécialistes. Moi, je pense qu'au lieu de manger 5 fruits et légumes, comme on nous dit de le faire, par jour, de ce côté-ci de l'Atlantique, à mon avis, ils en consomment au moins le double. Au moins !
Car ils aiment faire plus que les autres, les Etats-Unis. Regardez ce pauvre homme qui fit homologuer par le livre Guinness des records le fait d'avoir mangé 34 000 Big Macs dans sa vie. 34 000 ! Il a dû démarrer jeune parce qu'avec ce genre de régime, à mon avis, son espérance de vie n'a pas été absolument brillante.
Dans le même livre des records, on trouve un autre Etats-Unien. Celui-là, il a bu 2 litres de soda en 18 secondes 45 centièmes !
Cet exploit se passe de commentaire.
Et que dire de cette autre ? Cette Etats-Unienne qui détient depuis 1994 le record de la plus grosse bulle de chewing-gum ! Ah oui, en faut-il du talent et de l'entraînement pour atteindre ces sommets.
Turlututu, chapeau pointu !
Et c'est ainsi que le caramel fit... Hii Haaa !