- Romaric
Bonjour à tous et à toutes, cet épisode il est pour les mamans et les futures mamans qui sont aussi micro-entrepreneurs. Je suis parti à la rencontre de Justine qui a eu son premier enfant récemment et avec elle on va voir justement comment ça se passe au quotidien, de la grossesse au congé maternité jusqu'à la reprise de l'activité. On va voir tout ça en détail, comment ça s'est passé exactement pour Justine avec de nombreux conseils que vous pourrez utiliser. Bonne écoute ! Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast auto-entrepreneur. Salut Justine !
- Justine
Salut Romaric !
- Romaric
T'es en forme ?
- Justine
Ouais, ouais, ouais, carrément je suis en forme.
- Romaric
Alors, pour ceux qui s'en souviennent peut-être, on a accueilli Justine au podcast auto-entrepreneur il y a environ un an. À ce moment-là, on avait discuté de ton activité, de comment tu jongles entre le salariat et la micro-entreprise. Aujourd'hui, on va voir un thème totalement différent puisqu'il y a quelque chose qui a changé pour toi.
- Justine
Ouais, pas une petite chose. Depuis, je suis devenue maman. Je m'appelle Kaoli. Kaoli,
- Romaric
c'est un nom qui a un rapport avec ton activité ?
- Justine
Mon activité, plutôt, je dirais ma vie personnelle. Mon chéri a grandi en Polynésie, donc c'est un prénom polynésien qui signifie celui qui va dans l'océan. Et comme on est tous les deux surfeurs et kitesers, ça faisait sens de lui donner un nom en référence avec l'eau et l'océan.
- Romaric
On a introduit le sujet aujourd'hui pour tous les auditeurs, on va aborder un thème qui peut parler à de nombreuses personnes, à toutes les mamans, toutes les futures mamans. Et avec toi Justine, on va voir justement comment ça a changé ton quotidien, avec dans un premier temps, quand tu as pris la nouvelle, comment tu as adapté ton activité, tout ce que ça a pu changer. On ira ensuite sur la période de l'événement, quand tu deviens maman, comment ça se passe au niveau du congé maternité, et puis on terminera par le retour à la micro-entreprise et comment tu réadaptes ton rythme de vie, ton activité. Est-ce que ça te convient ?
- Justine
Oui, tout à fait, allons-y !
- Romaric
Quand tu as appris la nouvelle, quand tu as appris que tu allais devenir maman, qu'est-ce qui t'est passé dans la tête déjà d'un point de vue perso ?
- Justine
C'était voulu, mais au moment où on apprend que ça y est, c'est le cas, qu'il est là, c'est un chamboulement hyper positif. J'ai été super contente. La première personne à être au courant, c'était ma maman, parce que j'ai reçu les résultats du labo. J'étais dans la voiture pour rejoindre mon chéri avec ma maman à côté de moi. Je n'ai pas pu le garder pour moi parce que c'était vraiment énorme en flux émotionnel. Et donc, c'est hyper positif. C'est énormément de joie.
- Romaric
Et hormis le côté perso et puis l'annonce à ta maman, est-ce que tu as eu des premières pensées pour ton business ou pas du tout ?
- Justine
Alors, effectivement, on a fait un podcast sur le fait que je suis auto-entrepreneur et salarié à la fois. C'est dissocié sur deux parties de l'année. Et là, en l'occurrence, mon cas de figure, c'était que je l'ai appris trois jours avant de décoller pour les Caraïbes, où je partais pour un nouveau contrat salarié pour une saison, donc période hivernale en métropole. Et donc, cinq jours après, je commençais le travail pour un employeur qui ne s'attendait pas à recevoir une... une femme enceinte. Oui, bien sûr, j'y ai réfléchi. Comment je vais lui annoncer ça ? Et en même temps, c'était un contrat de 5 mois. Donc, je savais que sur 5 mois, il n'y a pas de congé maternité encore à mettre en place. Donc, c'est plutôt facile. Mais voilà, ça se prépare un petit peu. Ça s'annonce 3 jours avant de partir. On arrive dans un endroit qu'on ne connaît pas sans notre sage-femme, sans notre gynécologue, sans nos médecins. Donc, il faut mettre en place tout un filet de sécurité médical dans un endroit qu'on ne connaît pas. Donc, voilà, ça a été ces questions-là principalement qui se sont posées pour moi. Mais voilà, je suis arrivée, j'ai trouvé très vite un cabinet médical qui m'a accompagnée. Je l'ai annoncé directement à mon employeur qui est adorable, qui l'a super bien pris. Mais je n'étais pas dans la partie salariée, en tout cas, de mon année. Je n'étais pas partie dans la partie indépendante, je voulais dire. J'étais plutôt dans la partie salariée.
- Romaric
D'accord, donc comme tu le disais, c'était les cinq premiers mois et à la fin, c'était donc que ton contrat se terminait au bout de cinq mois de grossesse ?
- Justine
Cinq mois de grossesse, cinq mois et demi du coup, ouais.
- Romaric
D'accord. Comment ça s'est passé quand même ? Il y a eu des changements quand même dans ta façon d'aborder le travail sur ces premiers mois ?
- Justine
Alors oui, je ne buvais plus de café ni l'apéro à la fin du travail, déjà. Non, mais mis à part ça... Il faut s'adapter au niveau physiologique. La maman, dans le premier trimestre, généralement, elle est très fatiguée. Il y a ce qu'on appelle des coups de barre. C'est costaud, c'est hormonal. Donc, il faut adapter des siestes, des temps off. Sur les pauses déjeuner, plutôt que de prendre une grande pause pour manger, moi, je privilégiais le sommeil. Je mangeais sur le retour pour retourner au travail. J'étais hyper fatiguée. Donc, dormir beaucoup. Après, adapter un peu son poste de travail. J'avais une place assise, mais pas que. Je travaillais un peu debout et assise. Bon, adapter le poste assis pour se mettre à l'aise. Forcément, moins porter des charges lourdes, faire un peu plus attention. On sait que les trois mois, c'est un petit peu une période de fragilité. Pour être sûre que la grossesse aille jusqu'à terme, on fait un peu plus attention. On évite de se poser à certaines matières, aussi en fonction du métier qu'on pratique. Sinon, en somme... À part ça, il y a le côté physiologique, mais pour le reste, j'ai réussi à mener ma barque de manière assez fluide.
- Romaric
Pour rappel, quand tu es en micro-entreprise, tu es coach sportif. Pendant ces cinq mois, quelle activité as-tu réalisé en tant qu'employée ?
- Justine
J'étais employée dans une école de kitesurf où je gérais toute la partie école et la partie magasin aussi. Mais à vrai dire, il y a quand même une partie auto-entrepreneuriale parce que j'ai organisé des week-ends yoga et kite sur la partie auto-entreprise. Donc, ce n'était pas la majeure partie de mon activité, mais j'en ai organisé, je crois, 5 sur les 5 mois là-bas où je donnais des cours de yoga notamment, donc à utiliser mon corps. Je n'ai pas eu besoin d'adapter quoi que ce soit ou de changer quoi que ce soit, même au moment où le ventre a commencé à être un peu plus proéminent. étant donné aussi que je suis formée en prénatale j'ai pu continuer à donner des cours sans problème et aussi à pratiquer mes activités comme le surf le kitesurf,
- Romaric
le wingfoil tu as fait du kitesurf aussi jusqu'à combien de mois tu as fait du kitesurf ?
- Justine
je vais vraiment répondre à cette question j'ai fait du kitesurf jusqu'à 5 mois j'ai arrêté parce qu'à un moment donné une médecin m'a dit qu'il valait peut-être mieux quand même le mettre l'eau là-dessus. Par contre, le surf, jusqu'au terme, pareil, le yoga jusqu'au terme. Au contraire, c'est extraordinaire de pouvoir pratiquer l'activité physique qu'on connaît déjà, que son corps a l'habitude de pratiquer tout au long de sa grossesse. Ça m'a permis d'avoir une grossesse super épanouie et rester en forme et avoir aucune douleur nulle part.
- Romaric
D'accord. Alors, le yoga, j'arrive totalement à le voir. Comment tu fais du surf jusqu'à...
- Justine
si proche de la naissance avec le ventre qui va se coller sur la planche c'était pas compliqué il faut hyper adapter alors il y a des femmes qui savent rester allongées sur leur planche jusqu'au bout, j'en connais moi j'y ai pas su, à un moment donné j'avais peur quand même pour l'enfant donc plutôt que d'avoir des toutes petites planches je louais des très grandes planches en mousse très larges qui me permettaient de me mettre à genoux les genoux un peu ouverts pour laisser passer mon bidou et ramer à genoux d'accord qu'on peut... J'ai fini quand même à me mettre debout au moment où j'étais prise dans la vague et surfer naturellement, avec un centre de gravité un petit peu différent, ma foi. Mais voilà, j'ai adapté. Je ramais à genoux et je continuais à surfer debout.
- Romaric
Fabuleux. On voit que pour toi, les mois de grossesse, ça s'est passé en tout cas super bien au niveau physique. Pour revenir à la micro-entreprise, habituellement, tu as une activité... indépendante pendant l'été. Et là, du coup, comme tu l'expliquais, ton enfant est né pendant l'été. Comment tu as adapté tout ça ? Comment tu l'as préparé ?
- Justine
Alors, je suis auto-entrepreneur l'été pour différentes structures associatives qui m'embauchent pour des stages sportifs, yoga, tout ça. Il y a beaucoup de choses qui se recoupent. Il y a aussi des retraites de yoga sur lesquelles j'interviens en tant que prestataire externe. Il y en a d'autres que j'organise moi-même. Alors, effectivement, à un moment donné, il faut s'arrêter. On en parlera plus tard, mais il y a une période stricte minimum à respecter pour avoir le droit au congé maternité. Donc, j'ai quand même fait une retraite de regard en tant que prestataire externe à sept mois et demi de grossesse. Je pouvais encore respirer, pareil, malgré ce ventre proéminent. Par contre, c'est vrai que pour tout ce qui est associatif, c'est des structures qui ont besoin d'un prestataire tout l'été. Donc moi, je pensais... à la base, rentrer à 5 mois et demi de grossesse, reprendre avec eux, et puis, à un moment donné, m'arrêter. Mais eux, ils avaient besoin d'avoir quelqu'un de fiable qui serait là du début jusqu'à la fin de saison. Donc, je n'ai pas pu reprendre mon activité comme je l'aurais voulu, et je comprends très bien la part de ces structures, c'est stratégique et c'est très important pour l'organisation. Donc, j'ai été obligée de m'arrêter plus tôt. Donc, j'ai eu cette dernière retraite de yoga à 7 mois et demi, mais un peu avant et un peu après, j'ai pas réussi à trouver de travail, personne ne pouvait me prendre sur de court terme. Donc, j'ai eu le droit un petit peu de chômage, moi, comme je suis en salarié aussi, sur une courte période. Ensuite, j'ai déclaré ma retraite de yoga. Et ensuite, j'étais… Donc, je n'étais pas encore à 7 mois et demi puisqu'ensuite, j'ai eu le droit à ce qu'on appelle un congé pathologique. Étant donné que je ne pouvais avoir de travail à cause de mon état pathologique de grossesse, si on peut dire, le médecin m'a fait un petit arrêt. Ça a été sur une période très courte, de deux semaines à peu près, parce que je ne pouvais pas travailler à cause de mon état. Donc, voilà, j'ai eu cet arrêt qui m'a permis de pallier au manque à gagner jusqu'au jour J de mon congé maternité.
- Romaric
D'accord. Si tu n'as pas les contrats qui te permettent d'assurer jusqu'à la naissance, tu peux très vite te retrouver sans activité, sans revenu. Toi, ton avantage, c'est quand même d'être aussi salarié. Donc, tu as le chômage qui revenait pendant cette période où tu ne pouvais pas avoir de clients. Mais c'est aussi très bien de le signifier. C'est vrai que pour certains micro-entrepreneurs, on pourrait avoir l'impression que c'est comme pour les salariés. On s'arrête deux mois avant que la naissance arrive. Et ce n'est pas aussi simple parce que... Il ne peut pas organiser son emploi du temps en fonction de la naissance. Comment tu as anticipé au niveau de la trésorerie, par exemple ?
- Justine
Je n'ai pas l'impression d'avoir dû anticiper plus que d'habitude, puisque on apprend qu'on est enceinte, il n'y a que quelques mois qui se passent, ça va très vite. Donc, j'ai juste continué à mettre de côté tous les mois, épargner comme je l'ai toujours fait. Donc, j'avais quand même un petit peu de trésor de côté pour pallier aux aléas de la vie. C'est toujours pour ça qu'on le fait. J'avais quand même un petit pécule qui faisait que je n'étais pas trop dans la contrainte financière non plus. Mais effectivement, comme j'ai eu cette possibilité de combler une toute petite partie avec le chômage et une autre avec ce congé pathologique, j'ai quand même eu toujours des rentrées financières qui m'ont permis d'être sereine de ce côté-là en tout cas.
- Romaric
Tu expliquais, tu avais prévenu certains de tes clients, donc les associations qui n'ont pas pu te... travailler avec toi cet été-là. Tu as aussi des clients particuliers avec les personnes qui suivent les cours de yoga, tu as aussi une retraite de yoga que tu fais chaque été. Ces personnes-là, comment tu les as prévenues ?
- Justine
Alors d'abord, il y a eu un peu de congoutte parce que toujours très tôt dans l'hiver, j'ai des clients fidèles qui me recontactent pour me demander si je retourne bien dans tel ou tel assaut parce qu'ils veulent se réinscrire à des stages. Et j'en ai d'autres qui s'inscrivent, parce que je fais deux à trois retraites l'été de yoga 100% à mon compte, qui me demandaient quelles étaient les futures dates et libellées de mes retraites, les thématiques. Et donc, là, je leur disais, même si c'était encore un peu tôt dans ma grossesse, je leur écrivais en personnel pour les prévenir que j'étais enceinte, qu'il y avait de très fortes chances que je ne sois pas disponible sur la période estivale et que je serais remplacée dans les structures où je travaille et que moi... personnellement, je n'organiserai pas de retraite. Étant donné que le flot de messages a commencé à arriver de plus en plus, je crois que c'est à peu près vers 4 mois et demi de grossesse, où là, on est sûr que la grossesse est viable, que j'ai fait un post sur mes réseaux sociaux pour prévenir un peu toute ma communauté que je ne serais pas là cette année parce que j'attendais un heureux événement. Donc voilà, ça a été hyper bien accueilli par tous mes clients. C'était très chouette. J'ai eu des très beaux messages. Ça s'est bien passé.
- Romaric
Très bien. On va passer à la partie un peu plus pratique pour les futures mamans qui nous écoutent. Alors oui, la partie client, c'est un peu propre à chaque activité, comment ça se déroule au quotidien. Par contre, il y a une partie qui est commune à toutes les mamans, qu'elles soient en micro-entreprise ou salariées, c'est la demande du congé maternité. Tu te souviens dans l'ordre que tu as fait les démarches ?
- Justine
Alors oui. J'ai fait pas mal de recherches sur Internet. Moi, je les ai faits très, très, très, très tôt. J'aime bien m'y prendre vachement à l'avance. Et étant donné que j'étais loin de la métropole, j'avais besoin d'anticiper. Donc, on nous demande, numéro un, le plus important, c'est de faire notre déclaration de grossesse auprès de la CPAM et de la Caisse d'allocations familiales, donc la CAF, avant les trois mois révolus, la fin des trois premiers mois de notre grossesse. avant la fin des 14 premières semaines de grossesse. Donc ça, ça se fait tout simplement avec son médecin, sa sage-femme ou son gynécologue. Il nous l'a fait. C'est généralement télétransmis directement à la CPM ou à la CAF. Moi, comme j'étais loin, j'ai dû tout transmettre moi-même. C'est hyper facile, on envoie en courrier postal. Mais sinon, pour les autres, c'est télétransmis. Donc ça, c'est le numéro 1. À savoir qu'il faut quand même être affilié à une caisse d'assurance maladie pour les auto-entrepreneurs. qui maintenant, d'une manière générale, ça se fait quand même auprès de la CPM. Pour tous, moi, je suis quand même affiliée à la CPM. Et il faut qu'on y soit affilié depuis au minimum six mois. Avant la date d'accouchement présumée. Voilà. Donc, il faut y être affiné. C'est hyper important. Sinon, on passe à côté quand même d'un beau cadeau. Vous êtes affiné minimum six mois avant la date d'accouchement. Vous faites votre déclaration de grossesse numéro un. C'est le plus important. CPM et CAF. Ensuite, sur le site, votre compte Amélie, tout simplement, de la CPM, il y a le livre d'or pour les chefs d'entreprise comme moi. C'est que vous soyez salarié auto-entrepreneur. Je l'ai gardé. je l'ai encore je l'avais imprimé ne l'imprimez pas ça utilise beaucoup trop d'arbres je me suis fait avoir et en plus je l'ai fait que sur le recto il y a 90 passes je crois mais en tout cas c'est vraiment la bible vos démarches de prestations maternité et paternité bien sûr et en fait dessus vous allez absolument avoir tous les documents d'où vous avez besoin à présenter auprès de vos médecins qui vont remplir au fur et à mesure pour faire toutes vos démarches c'est-à-dire alors déjà il y a un rappel sur vos allocations forfaitaires les indemnités journalières mais on y reviendra plus tard Et ensuite, il y a un sommaire qui vous donne, c'est un sommaire tout simplement qui présente tous les imprimés, donc tous les petits cadres verts. Imprimé numéro 1, ça va être votre demande de congé paternité. Et donc, vous le retrouvez derrière. Vous sortez votre imprimé numéro 1, vous allez chez le médecin. Le moment où vous allez faire votre demande de congé maternité, il va vous la remplir. Ce n'est pas un certificat médical lambda. En fait, il ne le fait pas sur un bout de papier chez lui, enfin chez le médecin. C'est bien avec cet imprimé pour les chefs d'entreprise. Et rien d'autre, sinon ce n'est pas le cas. C'est pour ça que je le précise. Donc, il remplit, il télétransmet automatiquement à la CPM. Ça se fait bien. Moi, j'ai dû tout envoyer. C'était un peu plus chiant. Et en fait, pour tous les cas de figure qui sont un peu particuliers, il y a un imprimé qui est référent pour chacun de ces cas de figure. Il y a aussi l'imprimé numéro 2, par exemple. C'est la rectification du congé maternité. Si, par exemple, votre date d'accouchement est retardée parce que bébé reste longtemps au chaud, Il y a un congé pour état pathologique, celui que j'ai eu notamment, comme je l'ai dit tout à l'heure, parce que je ne trouvais pas d'emploi à cause de mon état pathologique de grossesse. Celui-là, je l'ai utilisé pour avoir ces deux semaines rémunérées avant mon congé maternité. Il y a aussi le cas de figure, un peu moins drôle, mais le report d'une partie du congé maternité, s'il y a une hospitalisation de plus de six semaines de l'enfant. Il y a plein de choses. Le congé paternité pour le chef d'entreprise, comme c'est le cas pour mon compagnon, c'est aussi dedans. Le report de congé post-natal en fonction des différents cas de figure d'accrochement. C'est dedans. Et c'est pareil pour l'adoption. C'est pareil pour un conjoint collaborateur.
- Speaker
Tout est dedans.
- Justine
C'est vraiment, vous allez dans votre compte Amélie et vous téléchargez ce qu'on appelle le carnet maternité pour les chefs d'entreprise. Voilà. Et là, vraiment, vous avez la ligne conductrice pour absolument toute la suite de la grossesse.
- Romaric
D'accord. Pour les auditeurs qui n'ont pas vu le petit livret que Justine a imprimé, on mettra aussi un lien vers ce livre d'or, comme tu l'appelais, pour que toutes les personnes qui le cherchent puissent le retrouver facilement. Tu parlais du congé pathologique. Justement, ça ne concerne pas tout le monde. Comment tu t'es renseigné ? Est-ce que c'est un médecin qui t'a dit que tu pouvais l'avoir ? Ou est-ce que tu as d'abord dû chercher pour pouvoir le demander ?
- Justine
En fait, il était dedans, il était dans le carnet, mais je n'avais pas fait attention. En fait, congé pathologique, c'est un peu lourd. Je ne m'étais pas rendu compte qu'en fait, c'est un droit que j'avais en ne pouvant pas trouver de travail à cause de mon état de grossesse, qui en fait, c'est ça qui est considéré pathologique. Et donc, en fait, c'est mon médecin qui m'a demandé comment je m'en sortais financièrement. Et quand je lui ai expliqué ma situation, en me disant, je m'en sors, je me suis mise au chômage parce que je ne trouve pas de travail, étant donné que je suis enceinte, il m'a dit, c'est du congé pathologique. Donc, j'ai sorti mon imprimé, il me l'a rempli et il l'a télétransmis. Et donc, j'ai eu le droit à ces deux semaines. Et ce n'est pas rien, c'est intéressant. En plus, ce n'est pas un congé maladie classique. Donc, je vais rémunérer.
- Romaric
Et ça remplace, du coup, les indemnités journalières de France Travail.
- Justine
Oui, tout à fait. Oui, oui, voilà. En fait, ça démarre un peu comme un congé maternité. Déjà, à partir de là, on déclare à France Travail qu'on est déjà en congé pathologique, comme si on était en arrêt maladie. Et les indemnités journalières de France Travail s'arrêtent. pour laisser place à celle du congé pathologique.
- Romaric
D'accord, c'est très intéressant, Justine, cet exemple. Ça pourrait servir notamment aux femmes qui ont des activités comme toi, qui peuvent être saisonnières, qui peuvent être physiques, ou même aux personnes, peut-être que c'est la grossesse en soi qui rend n'importe quel tâche plus compliqué. Donc pensez-y au congé pathologique pour avoir deux semaines de plus. pour prendre soin de vous et de votre futur enfant.
- Justine
Je tiens à préciser que le congé pathologique, il y en a un de deux semaines en amont, mais il y en a un aussi en postpartum qui est possible. En fonction de comment s'est passé l'accouchement, parfois on ne peut pas reprendre le travail tout de suite. Les chefs d'entreprise ont aussi le droit à un deuxième congé pathologique, encore une fois, c'est deux semaines, et ça, ça se fait après le congé postnatal.
- Romaric
D'accord, tu fais très bien de le préciser. Justement, le congé maternité, on va arriver dans l'ordre chronologique au moment de la naissance, au bel événement. Et à ce moment-là, débute le congé maternité. Alors pour toi, il a même débuté quatre semaines en avance. Comment tu te sens ? Comment tu ressens au moment où justement, tu sais que là, ça y est, c'est coupé. Tu ne vas plus travailler pendant quelques semaines.
- Justine
Alors, c'est un moment de flottement. mais qui est hyper appréciable. Alors, ça dépend forcément des personnes et des personnalités, parce qu'il y en a qui ont du mal à être en inactivité professionnelle. Il y a des gens qui ont vraiment besoin de travailler. Moi, ça m'a fait un bien. À partir du premier jour de grossesse, il se passe quelque chose de physiologique chez la femme, d'hormonal, qui fait qu'on rentre dans la matricence. Ça s'appelle comme ça, clairement. Et donc, tout... toute la psyché de la femme part pour l'enfant, part pour la grossesse. On dit que quand on est enceinte, on n'a plus de cerveau. Et c'est vrai, ça dit de manière familière, mais on a du mal à se concentrer, on a du mal à mémoriser, on a du mal à gérer plein de choses en même temps parce qu'on est vraiment focus sur la grossesse, sur l'enfant. Et ça, c'est physiologique. Ce n'est pas du tout contrôlé et contrôlable. Et le fait de s'arrêter, d'avoir vraiment ce temps au moment où la grossesse est à son apogée. au moment où ce sont la plus lourde et aussi, bon, le dernier mois commence à être un peu difficile, il fait du bien, en fait. C'est un bon moment de flottement qui est bien accueilli. En tout cas, moi, je l'ai bien accueilli, où j'ai pris le temps de me reposer, enfin, de préparer aussi tout ce qu'il faut préparer autour de l'accueil d'un enfant. Sa chambre, ses vêtements, aussi l'après, tout doucement, comment ça va se passer, et puis prendre du temps pour soi, tout simplement. C'est toute la préparation à l'accueil. C'est dur à décrire, mais mentalement, il se passe beaucoup de choses. Mais c'est vraiment un moment qui est privilégié pour la maman pour se connecter. De toute façon, on ne peut plus avancer vite. Ce n'est pas possible, tout devient lent. D'ailleurs, les médecins le disent, on se demande à quoi sert le dernier mois de grossesse. On est lourde, on a de plus en plus de mal à bouger. C'est pour ça que le surf, pour moi, ça a été important. parce que... J'ai trouvé le moyen de flotter au sens littéral du terme, d'être dans l'eau. Ça m'a fait du bien, ça m'a allégée et c'est important d'avoir ce temps vraiment.
- Romaric
Tu le conseillerais. Tu as un profil très sportif, c'est aussi ton activité professionnelle. Justement, là, on peut faire un petit aparté. Toi, en tant que professionnel du sport, qu'est-ce que tu conseillerais aux... aux femmes qui sont enceintes dans les derniers mois ?
- Justine
Alors, pas que dans les derniers mois, mais pendant toute la grossesse, justement, si elles font déjà de l'activité sportive, de continuer, ne pas hésiter à adapter en s'écoutant. Alors, dans tous les cas, il faut toujours l'avis médical pour savoir s'il n'y a pas une grossesse avec un état pathologique particulier. Bien sûr, toujours avoir un avis médical. Mais le sport est hyper recommandé. Ce n'est pas, non, il faut tout arrêter, on risque de perdre l'enfance, on risque de se décrocher, il peut y avoir des anomalies. Au contraire, il a été prouvé scientifiquement que faire du sport, c'est bon pour plein de choses. Je ne vais pas rentrer dans les détails parce que c'est tout un sujet et j'en discute beaucoup sur mes réseaux. Mais c'est très, très bon, autant pour l'enfant que pour la maman, psychologiquement et physiquement. Donc, maintenir une activité physique plus ou moins adaptée en fonction de votre profil toute la grossesse. À la fin, forcément, on ralentit un peu. Donc, de s'écouter si on doit ralentir, si on doit parler par rapport à ta question pour les derniers mois. Si on sent que le corps et la tête ont besoin de ralentir, de le faire. Parce que s'il y a bien un moment dans la vie où il faut ralentir, c'est bien celui-là. Parce que l'état de ralentissement, il est naturel. Donc, voilà, continuer, bouger, c'est hyper important. Mais c'est écouter. C'est la base de la grossesse.
- Romaric
Est-ce qu'il y a des activités, justement, que tu favoriserais ? Alors, toi, c'est le yoga. Moi, enfin... De mon point de vue, j'imagine que le yoga, c'est le sport par excellence à continuer pendant une grossesse. Est-ce qu'il y a d'autres sports que tu conseillerais ? Et surtout, à l'inverse, d'autres sports que tu bannirais ?
- Justine
Alors, si on ne fait pas trop de sport à la base, par exemple, et qu'on entre en grossesse et qu'on a envie d'installer une routine pour se faire du bien, parce qu'effectivement, il y aura des douleurs dans le corps qui vont s'installer, ça tire, ça tiraille, ça s'écarte, ça prend de la place la grossesse. le yoga prénatal pour aider à faire de la place. Pourquoi pas nager ? Parce qu'il n'y a pas d'impact, parce que le corps est porté par l'eau. Donc la nage, c'est vraiment très, très chouette. Au-delà d'un sport, la méditation, la respiration, c'est hyper important pour ouvrir la cage thoracique, faire de la place pour bébé et calmer le système nerveux parce qu'on sait aujourd'hui que la pire des choses qu'on puisse faire à son fœtus et à son enfant, c'est le stress. c'est le stress. Et donc, la méditation, c'est très bien. La respiration aussi et l'activité physique permettent de diminuer le stress. Ensuite, il y a plein d'autres choses. Moi, j'ai fait de la danse. J'ai aussi fait du pole dance. On m'a payé un cours de pole dance. Je suis allée à cinq mois. La prof a fait... C'était pas possible quand je suis arrivée. Mais bon, voilà, moi, je suis sportive, donc je l'ai testé et ça s'est très bien passé. On peut faire un peu de pilates sans trop forcer non plus sur le centre du corps. On peut faire de la gym douce. La marche, c'est très bien. Ça aide à entretenir le système cardiovasculaire. Il y a énormément de choses. Je ne pense pas à tout. Vous ne lancez pas dans l'équitation du saut d'obstacle prénatal. C'est sûr que dans la course à pied, si vous n'en faites pas, si vous êtes déjà coureuse, vous pouvez continuer, peut-être adapter.
- Romaric
La course à pied, tu dirais que c'est OK de continuer ?
- Justine
Oui, c'est OK. Pareil, avec un avis médical qui dit que c'est OK. Et si on est déjà coureuse, on ne peut pas commencer à courir quand on est enceinte, alors qu'on n'en faisait pas avant. Par exemple, moi, je suis coureuse. J'adore courir. Mais j'ai couru les premiers mois de grossesse et je n'étais pas à l'aise. Je ne sais pas, je ne l'ai pas senti. Donc, j'ai arrêté la course à pied. Ça, c'est l'écoute. Par contre, j'ai continué d'autres choses qui peuvent paraître beaucoup plus traumatiques, comme le kite, à sauter. Et pourtant, j'étais à l'aise et je n'avais pas du tout cette sensation de pesanteur sur le plancher pelvien que j'ai ressenti avec la course à pied. Donc, en fait, c'est vraiment du cas par cas. Mais ne pas hésiter à poser la question à son médecin, à sa sage-femme, et de se faire accompagner. par des éducateurs sportifs dans chaque domaine de compétences différentes.
- Romaric
On va revenir sur l'aspect concret du congé maternité. Sur les aides, justement, enfin, les indemnités, peux-tu nous dire, justement, quel type d'indemnité tu as eu pour ta grossesse et à peu près le montant, si tu peux ?
- Justine
Alors, la toute première que j'ai eue, c'est de la part de la CAF. J'ai eu le droit, c'était une belle surprise d'ailleurs, à une indemnité, alors ce n'est pas une indemnité, c'est une prime à la maternité d'un montant de 1000 euros de la part de la CAF qui m'a été versée le septième mois. Donc ça, ça a été la toute première indemnité. Ensuite, ça a été de la part de la CPM, on a le droit en tant que chef d'entreprise, à une allocation forfaitaire et des indemnités journalières. Ça se passe de la manière suivante. L'allocation forfaitaire est versée en deux fois. La première partie au début du congé maternité et la deuxième moitié à la fin du congé maternité. C'est plafonné. Je n'ai pas les montants exacts. Je crois que ça doit être dans les 4 000 euros en plus.
- Speaker
C'est ça. Le revenu.
- Romaric
L'allocation forfaitaire est à 4 000 euros, donc versée en deux fois. C'est-à-dire que tu as eu 2 000 euros une fois et 2 000 euros une autre fois.
- Justine
Ouais, alors étant donné qu'il y a un calcul qui est fait, je pense, par rapport aux revenus, moi j'ai eu 1900 euros et 1900 euros, mais on n'est vraiment pas loin du compte.
- Romaric
D'accord, et ensuite il y a l'indemnité journalière, qui elle est en fonction de tes revenus.
- Justine
J'ai des petites histoires par rapport à ça, mais ouais, moi j'ai eu une soixantaine d'euros par jour tout au long de mon congé maternité, donc c'est vraiment intéressant. Mais étant donné que je suis salariée et auto-entrepreneur, je suis quand même un cas particulier. Et en fait, pour calculer, si vous avez envie de savoir combien vous allez toucher, parce que c'est quand même important de prévenir tout ça, de savoir à l'avance combien on va toucher, pour voir venir financièrement notre avenir sur le congé maternité, il y a un simulateur qui est fait pour ça sur votre compte Amélie. Mais ce simulateur, il n'est pas adapté pour ceux qui ont le double statut, comme moi. Donc, je n'ai pas pu faire ma simulation. Et donc, j'ai appelé par trois fois, je crois, la CPM pour avoir des réponses et personne n'a jamais su me répondre en me disant combien j'allais avoir. Au début, je ne savais pas si j'allais avoir 4 euros, 60 euros. Je n'avais vraiment pas du tout de fourchette. Je ne savais pas quel était le minimum. J'ai pris un rendez-vous avec la CPAM le lendemain de mon atterrissage en métropole où j'ai rencontré une dame sur place mais qui n'a pas su me dire non plus. Heureusement que j'avais fait beaucoup de recherches pendant que j'étais encore dans les Caraïbes où j'ai fini par trouver qu'en fait, il y avait un calcul qui était fait. On va gagner à peu près, il faut avoir déclaré minimum 10% du plafond de la sécurité sociale qui est fixé par l'État chaque année. Par exemple, pour l'année 2025, ce qui était mon cas, ce plafond s'élevait à 46 000 euros. C'est-à-dire qu'il fallait avoir déclaré minimum 4 600 euros pour avoir le droit à la totalité du congé maternité auto-entrepreneur. Ce qui était mon cas, j'avais déclaré plus de 4 600 euros. sur les trois dernières années. C'est une moyenne sur les trois dernières années.
- Romaric
Et donc, je ne savais pas ce qu'il allait en être par rapport à mon statut salarié, mais je savais que déjà, avec mes revenus d'auto-entrepreneur, j'allais avoir l'intégralité de mon congé maternité. Donc, ça m'a vachement rassurée. Ce qui est bien, c'est de savoir quel est ce montant fixé par l'État, ce plafond de la sécurité sociale, et de bien avoir déclaré vos revenus, bien sûr, les trois dernières années. C'est hyper important, parce qu'une fois que vous avez tout déclaré, vous avez le droit à la totalité de vos congés maternités, qui est quand même très intéressant.
- Justine
Ouais, donc comme tu expliques, des fois pour trouver des informations, et pourtant on voit que tu avais des démarches très proactives, que tu prenais des rendez-vous, mais malgré cela, tu as eu parfois des difficultés à trouver des informations. Est-ce qu'il y a eu d'autres difficultés ?
- Romaric
Non, pas en soi. C'était vraiment le fait de trouver les montants. C'est cette espèce de no man's land qu'il y a dans le statut salarié auto-entrepreneur que même les techniciens, on me dit vous allez avoir un technicien en téléphone. ne maîtrisent pas, ils n'ont pas le simulateur, ils n'ont pas les outils pour savoir à quel point tu es fait juge. En fait, je n'ai jamais vraiment su le fin mot de l'histoire de à quel moment mon statut de salarié est intervenu dans mon congé maternité. Tout ce que je sais, c'est que c'est mes déclarations faites chaque année, de manière régulière, de mes revenus d'auto-entrepreneur qui font que j'ai eu ce congé maternité. Mais je ne saurais vraiment jamais qu'il en était du côté salarié. Voilà, ça a juste été... Après, en vrai, le carnet est bien fait. Une fois qu'on a cette information qu'on vient de vous donner, on est quand même assez serein.
- Justine
Est-ce que tu trouves que c'est suffisant d'un point de vue strictement financier ?
- Romaric
Alors, d'un point de vue strictement financier, ça va vraiment dépendre de nos revenus à nous et de notre niveau de vie. Moi, par rapport à mon revenu habituel, si j'avais travaillé l'été dernier plutôt que d'être en congé maternité, j'ai eu une petite perte de revenu. C'est sûr que je gagne. pour le travaillant. Mais ce n'était pas non plus énorme. Je n'ai pas des très gros revenus. Je peux dire bien l'année, mais ce n'est pas énorme. Donc, je trouve que c'était très bien. A contrario, si une personne a des très gros revenus, après, on est quand même plafonnés en auto-entrepreneur, mais si elle a des revenus beaucoup plus importants que les miens, je pense que le manque à gagner est peut-être un peu plus important.
- Justine
Et au niveau de la durée ? Merci. En tout cas, jusqu'en 2025, le congé maternité, c'était 8 semaines, 2 semaines en prénatale et 6 semaines obligatoires ensuite. Est-ce que tu trouves que cette durée, c'était suffisant, en tout cas pour toi, vraiment, dans ton cas à toi, est-ce que c'était suffisant, les 8 semaines ?
- Romaric
Alors, les 8 semaines, de toute façon, c'est le minimum obligatoire pour avoir le droit à son congé maternité. En prénatale, oui. Oui, parce que c'était pas... Je pouvais continuer à travailler sans problème, ce qui n'est pas le cas de tout le monde. Heureusement qu'il peut y avoir des maladies au cas où. En poste natal, c'était beaucoup trop. Honnêtement, c'est au bout de deux mois et demi, il faut retourner travailler. Alors qu'on vient de rencontrer son enfant et qu'il faut déjà le passer à d'autres personnes, leur passer la garde de ce petit tête qui vient de naître, qui vient de sortir de votre corps, que vous avez couvé pendant neuf mois. Moi, c'est... Je trouvais ça extrêmement violent de remettre mon enfant à quelqu'un d'autre pour qu'il le garde à ma place et de retourner aussi vite au travail. J'en parlais tout à l'heure. Cette matrescence, le fait de ne plus avoir de cerveau, ça dure longtemps. Moi, j'y ai accru il y a six mois. Je n'ai pas l'impression d'avoir récupéré 100 % de mes neurones. D'accord. Et c'est très dur d'être productif, proactif, surtout quand on est auto-entrepreneur. Je pense que toutes les auto-entrepreneuses qui nous écoutent, elles savent qu'elles ont leur corps de métier et elles ont tout à côté. C'est-à-dire que quand on est chef d'entreprise et qu'on n'a pas tout l'accompagnement ou les finances pour payer des gens pour faire tout à notre place, on va tout faire. La compta, la gestion des clients, la création des supports de communication, la promotion, la vente, le suivi de clientèle, la fidélisation, le développement du site web et j'en passe. Il y a un nombre incalculable de tâches à faire et donc il faut faire tout ça. en ne dormant pas la nuit.
- Justine
C'est une pensée extraordinaire.
- Romaric
Il y en a quelques-uns sur cette planète, je vous le dis tout de suite,
- Justine
on est tous très jaloux,
- Romaric
qui ont des enfants qui font très vite leur nuit, mais ce n'est pas le cas. Les premiers mois, généralement, voire les premières années, pour les moins chanceuses d'entre nous, on ne dort pas. Il y a une fatigue de fond qui s'installe, qui se creuse au fur et à mesure. En plus, on met notre enfant dans un mode de garde plus ou moins collectif qui fait qu'il va faire son immunité, il va avoir ses premières maladies. Donc, il dort encore moins la nuit. et on doit gérer ça, une reprise de son activité. et pluridisciplinaire avec une énorme charge mentale et gérer ce petit être qui vous prend absolument tout votre temps libre et tout votre sommeil et c'est extraordinaire je ne dis pas ça mais c'est beaucoup trop rapide on n'est pas les pires en termes de congés maternité c'est important mais on n'est pas les meilleurs non plus clairement vos maris et temps suivant et on en a parlé, je jalouse énormément Romaric aussi et sa femme, ils ont des congés dans les pays nordiques, ils sont beaucoup plus avant-gardistes que nous là-dessus, qu'ils sont plus longs. C'est vrai qu'ils sont plus longs. Le rythme biologique de la maman et du bébé, il y a une injonction qui dit qu'il faudrait allaiter, aujourd'hui en fait, il est recommandé par l'OMS d'allaiter son enfant au minimum six mois. Mon enfant, en étant au travail...
- Justine
Pendant qu'il est à la crèche aussi, oui, c'est vrai que techniquement, ce n'est pas possible.
- Romaric
C'est extrêmement compliqué. Oui, c'est extrêmement compliqué. Donc, c'est trop court, c'est trop court, c'est beaucoup trop court. Moi, j'admets que le jour où je suis arrivée devant la crèche, et j'ai mis mon enfant à la crèche à trois mois et demi, je me suis débrouillée pendant un mois financièrement avec mon tapis à moi, financier de sécurité que j'avais de côté, pour ne pas le mettre à deux mois et demi. Mais à trois mois et demi, je me suis effondrée en arrivant devant la crèche. C'est très, très dur psychologiquement de faire cette passation après une rencontre.
- Justine
Ouais, et quand même bonne nouvelle. C'est vrai que là, tu l'expliques, c'était trois mois et demi, donc tu as poussé un peu. Mais très bonne nouvelle pour les parents ou les futurs parents. Dès 2026, il y a un nouveau congé qui s'appelle le congé de naissance, qui va permettre de rallonger cette durée des congés paternité ou maternité de un à deux mois. par parent. C'est une très bonne nouvelle. Pour toi, il arrive un poil trop tard, quelques mois trop tard, mais ça reste une superbe nouvelle pour les futurs parents. Même si, comme tu le disais, ça reste moins que dans certains pays, ça reste quand même une superbe nouvelle de pouvoir penser que chaque parent pourra avoir deux mois de plus après la naissance du bébé. Hormis tout ça, justement, c'est passé vite. Tu viens de l'expliquer, c'est passé très vite. Trois mois et demi, il part à la crèche. Est-ce que justement, tu as quand même eu le temps de penser au travail ? Je sais que tu es très productive, on l'entend encore aujourd'hui. Est-ce qu'il y a eu des moments où justement, tu n'as pas réussi à couper ? Même si tu avais ton enfant avec toi, tu commençais déjà à te projeter sur ta carrière ?
- Romaric
Pas le choix, mais oui, tout à fait. En prénatal, autant, quand c'est le temps de flottement, j'ai complètement déconnecté et tout laissé de côté. C'était très important. Mais en post-natal, ça va vite. Deux mois de nuit, c'est très, très court. Et en fait, comme je le disais, j'étais salariée dans les Caraïbes l'hiver. Et l'été, ici en métropole, à travailler en auto-entrepreneuriat. On a décidé pour que ce soit plus simple pour le bébé, le mode de garde, de rester en métropole. Et donc ? Là où je suis, on est très tributaire de la saisonnalité, donc dans l'emploi aussi, donc pas de contrat salarié possible. Donc pour moi, il a fallu que je mette en place une activité d'auto-entrepreneur qui n'existait pas encore sur place pour la période hivernale. Et donc pour faire ça, c'est une nouvelle création d'entreprise. Alors je ne parle pas du statut, mais du concept, de sa thématique, de tout, de sa communication, de son logo, de son essence, de tout. Et donc, j'ai commencé à y réfléchir sur le postpartum très, très tôt. Qu'est-ce que je fais ? Comment je le fais ? Comment je le mets en place ? J'ai créé un projet de A à Z, mais il a fallu le mettre en place. Donc, voilà, j'ai créé le logo, les supports de communication, tout le fond du projet, le développement d'un site Internet. J'ai de la chance d'avoir un ami développeur très chouette qui a fait ça avec moi. Mais voilà, en fait, j'ai été obligée de travailler pendant mon postpartum. Alors que j'avais qu'une envie, c'était d'être 100% dans la rencontre avec mon bébé, passer tout mon temps avec lui, dormir quand il dormait. Enfin voilà, juste profiter de la vie, profiter de ce moment incroyable qui est très court. Mais je n'ai pas vraiment pu. C'est-à-dire que j'ai commencé à m'épuiser déjà dans mon postpartum. Les moments où mon bébé dormait, je travaillais. Les moments où j'avais un relais de la famille ou de mon chéri, c'était pour travailler sur mon projet. et le dernier mois que j'ai réuni j'ai essayé d'apprendre en plus pour être avec mon fils. Mais je travaillais aussi. Et je travaillais tard le soir, quand il dormait. Donc voilà, ça va vite. Mais ouais, j'ai été obligée de reconnaître très rapidement parce que j'ai reçu et à 100% à temps plein directement parce que financièrement, je n'avais vraiment pas le choix. Il fallait que je mette en place une activité très vite.
- Justine
Et là, ça recolle un peu les infos avec la précédente interview qu'on avait fait ensemble, où tu expliques que pendant l'été, tu es micro-entrepreneur. Et là, donc, à la sortie du congé maternité, tu étais sur une période où d'habitude, tu pars en saison, tu vas, comme tu expliquais, tu avais été au Caraïbe l'hiver dernier. Donc là, tu arrivais sur une période où normalement, tu jongles avec le salariat. Sauf que là, tu ne partais pas. Tu restais sur la zone géographique où d'habitude, tu fais de la micro-entreprise. Mais donc, sans spécialement avoir de plan pour l'hiver, est-ce que tu as commencé à douter, peut-être de devoir changer complètement de plan, peut-être ne pas fermer la micro-entreprise, mais en tout cas chercher un job salarié près d'où tu habites ?
- Romaric
Bien sûr, bien sûr. J'y ai beaucoup, beaucoup pensé, parce que c'est vrai que quand un bébé arrive à la maison, il y a une sécurité financière qui est primordiale à avoir pour... c'est un peu le monde à l'envers, mais pour le mode de garde. Il faut repartir au travail, mais il faut dépenser de l'argent pour faire garder son enfant. Ça coûte un peu d'argent, un enfant en bas âge, on ne peut pas l'allaiter, il faut que vous le lèguiez. Il n'y a pas mal de choses à mettre en place. Donc forcément, et pas que moi, avec tout mon cercle d'amis autour de moi, il y a beaucoup d'auto-entrepreneurs ici, on se pose régulièrement la question, quand on a des enfants, est-ce que ce ne serait pas plus facile de repartir dans du 100% salariat ? Est-ce que ce ne serait pas vraiment la solution idéale pour se décharger mentalement, arriver au travail, avoir des horaires fixes, avoir des congés fixes qui sont rémunérés, désarmer maladies faciles ? Vraiment, c'est la solution de facilité, je pense, chez beaucoup d'auto-entrepreneuses, maman ou pas maman. Dès que l'auto-entreprise devient un peu difficile, dès qu'on est dans des périodes de creux, dès qu'on est dans des périodes de doute, c'est-à-dire une fois tous les mois quand on est en SPM. Il y a beaucoup d'insécurités émotionnelles qui font qu'on a envie régulièrement de retourner du côté salariat. Et en même temps, on a fait ce choix parce qu'on a une activité qui nous plaît. Généralement, c'est pour ça, parce que c'est un cœur d'activité qui est notre, qu'on a envie de garder et qui nous plaît. Et puis, ça nous laisse aussi, malgré cette charge mentale, tout ce travail et cette insécurité financière, ça nous permet quand même d'avoir une liberté. Et cette liberté, elle est hyper importante quand on devient maman. Donc voilà, il faut faire le tri entre tout ça et savoir où est le positif, où est le négatif, recouper et voir où est le mieux. Des fois, on n'a vraiment pas de solution. Je pense qu'il y a des mamans qui vont être obligées de trouver un contrat salarié. Moi, en vrai, c'est une partie que j'ai quand même cherchée, mais je suis dans une zone géographique où des contrats salariés en CDD, il n'y en a pas ici l'hiver. L'hiver, c'est très calme. Et des CDI, c'est d'une rareté extrême. donc voilà, j'ai pas envie d'être en paix de vie parce que j'aime beaucoup mon activité estivale donc voilà, le choix s'est fait à un moment donné, il a fallu sortir son huile de coude, créer quelque chose de le sortir de terre, le faire vivre et puis donner de l'énergie à un moment donné où on en a pas tant mais ça c'est, il y a un truc qui est dingue chez la femme je pense en termes d'énergie, c'est l'instinct maternel, c'est que même quand on se dit non mais là, pas de sommeil on est tous malades il y a tout ça à faire et à... et on y arrive. En fait, des fois, on se dit qu'on n'y arrivera pas, mais il y a une force qui nous pousse, qui fait que, bon, si on en a vraiment envie, on y arrive. Mais il ne faut pas hésiter, attention, et je tiens à le préciser, à se faire accompagner, à demander un maximum d'aide de son entourage. Et si on sent qu'on flanche un peu sur un état psychique un peu plus lourd, ne pas hésiter à se faire accompagner aussi, parce que je pense que, dans notre cas de figure, la dépression postpartum, en France, qui n'est pas des moindres, elle est quand même à peu près de 15-20%, ce n'est pas le taux le plus haut, mais... Ce n'est pas le plus bas non plus en Europe. Ce n'est pas pour rien. Le retour au travail rapide est très difficile, surtout pour les auto-entrepreneuses. Il ne faut pas hésiter à se faire accompagner. Il ne faut pas hésiter à en parler. Ça donne beaucoup de force pour traverser cette suite de la matricence et ce retour au travail qui est plutôt rapide. Justement, tu as été accompagnée par des professionnels durant cette période ?
- Justine
Alors pas le poste natal, non, j'en ai pas ressenti le besoin parce que moi j'avais vachement préparé mon poste natal. De ma formation pré-poste natale chez Bernadette de Gasquet en yoga, elle a fait beaucoup d'études anthropologiques qui expliquaient pourquoi certains pays avaient beaucoup moins de dépression postpartum et c'était de par l'accompagnement. familiale en postpartum de la maman pour qu'elle puisse, la maman, avoir tout son temps disponible pour profiter de son bébé, pour l'allaiter, pour dormir, pour se reposer. C'est un peu ce qu'on appelle le mois d'or, on en parle de plus en plus sur les réseaux sociaux. Donc les mamans, les sœurs, les tatas viennent en présence, pas pour profiter du bébé et vous le prendre et pour que vous leur fassiez à manger et vous les logiez, mais pour venir prendre soin de vous, vous massez, vous faites des bouillons. parce qu'on dit que manger des bouillons, c'est très bon, pour vous prendre un peu bébé quand vous avez besoin de dormir, pour vous le donner quand il a besoin de prendre le sein. Voilà, donc moi, j'avais préparé ça, donc j'ai eu beaucoup de chance. La famille a répondu présente sur le postpartum immédiat. Donc, j'ai eu la famille qui se sont logées pas loin de chez moi pour que je puisse avoir mon espace avec mon bébé. Et donc, j'ai pu vraiment me reposer. Donc, un postpartum bien anticipé, prévu, c'est top. On peut avoir peur de dire que la famille, ça va nous prendre de l'énergie, mais si c'est bien communiqué en leur disant « j'ai besoin d'aide pour qu'on m'aide aux tâches ménagères à la maison, pour qu'on m'aide à faire mes cours, pour qu'on m'aide à me faire à manger, à me relayer un peu avec bébé pour que je puisse dormir et pas pour venir uniquement profiter de vous » , c'est hyper chouette. Moi, ça a très bien marché et je me suis sentie hyper à l'aise dans le postpartum grâce à ça, c'est sûr et certain. Et donc, cette transition, trois mois et demi, ton fils passait premier jour à la crèche toi tu redeviens Justine, l'entrepreneur est-ce que très vite t'as réussi à lancer ce fameux projet d'ailleurs on n'a pas encore évoqué ce fameux projet sur lequel tu avais planché pendant ces semaines si je me souviens ce projet s'appelle FLF Women Crew
- Romaric
Merci.
- Justine
Tu peux nous expliquer un petit peu en quoi elle consiste et comment tu l'as amenée sur le terrain en réalité ?
- Romaric
Alors, je l'appelle la deuxième naissance de mon année 2025, du mon fils et la naissance du FLF. C'est un projet que j'ai mûri à la fin de ma grossesse et surtout après dans le postpartum. Un projet pensé par une femme pour les femmes et donc ça ne vient pas de nulle part. Le fait d'être venue maman, ça a énormément joué. dans mon automne Après le mariage, je m'étais vachement centrée les dernières années sur le yoga, sachant que je suis coach sportif à la base. Et j'ai eu envie de revenir dans le sport, de retourner dans le coaching sportif, mais autrement, pas en salle de sport et uniquement pour les femmes. Un projet vraiment 100% féminin. Donc le FLF Women Crew, ça veut dire Fuck la flemme Women Crew, c'est une communauté sportive féminine qui est 100% outdoor sur la commune où je travaille, à Lacanau. qui est pensée vraiment pour les femmes. C'est du sport bien-être, du sport santé, comme ça peut être du sport challenge si c'est voulu, s'y adapter. Il y a des options pour toutes les femmes, qu'elles soient débutantes ou expertes. Pour tous les âges, de 18 à 90+, il y a des cours différents pour tout le monde. Il y en a qui sont adaptés au pré-natal, d'autres au post-natal, pour les personnes qui sont en situation de ménopause, pré-ménopause, mais aussi pour... pour les femmes très sportives, il y en a vraiment pour tout le monde, avec des formules d'abonnement hyper adaptées au cas où l'enfant tombe malade, si on a un enfant, au cas où on a un SPM ou une perte de menstruation difficile ou douloureuse. Voilà, c'est un projet qui est pensé pour les femmes, pour leur bien-être, qui est accessible autant financièrement aussi, c'est très important que le sport santé soit accessible à tout le monde, financièrement que physiquement. Donc voilà. J'ai monté ça, c'est comme une salle de sport, mais elle est dématérialisée puisqu'elle est en itinérance en extérieur. Et c'est du coup à l'année sur la canoë.
- Justine
Et tu as lancé ça en plein hiver. C'est très particulier parce que justement, c'est la période où certains sportifs vont aller se mettre à l'intérieur. Et donc, toi, le message que tu veux faire passer aussi, c'est qu'on peut faire du sport dehors à n'importe quelle période de l'année.
- Romaric
Pas que la flemme. C'est exactement pourquoi ça porte ce nom. C'est que quelle que soit la peur de l'année, ce n'est pas parce que c'est l'hiver qu'on arrête, qu'on se met en cocon à l'intérieur de chez soi, qu'on ne sort plus ou qu'on aille faire du sport que enfermé. Parce que le problème, c'est que du coup, on se coupe de la vitamine D, du soleil, parce qu'il y a beau avoir des nuages, les huées passent quand même. Et nous, on vit quand même dans une région qui est exceptionnelle. On est en bord de mer, on a des énormes forêts de pins, on a un bord de lac. Et donc, le but, c'est quand même de profiter de tout l'environnement qui est autour de nous à l'année. Et j'ai eu pas mal de réticentes au début. J'ai eu des femmes qui ont été très intéressées, qui se sont inscrites tout de suite, et d'autres qui étaient réticentes, qui au fur et à mesure viennent s'inscrire en se disant « mais en fait, c'est extraordinaire, dès qu'il y a un rayon de soleil, on est en t-shirt, voire brassière » . avec son petit rayon de soleil en train de pratiquer son sport en plein mois de décembre, Jean-G.
- Justine
Est-ce que ça a bien pris justement ? Parce que tu sembles avoir déjà tes premières clients, donc le travail en amont, ça a payé ?
- Romaric
Oui, alors c'est un lancement d'entreprise, donc forcément on échelonne sur ses objectifs. Le premier mois, j'ai autant d'amonnées, le deuxième autant. Et je savais que là, on est quand même dans un lancement qui est sur la période la plus hostile. on est dans un lieu où il y a pas mal de personnes il y a un flux sortant de personnes l'hiver, pas de touristes beaucoup de saisonniers qui s'en vont il y a des gens qui vivent ici à l'année mais quand même beaucoup moins l'été ou l'intersaison il y a énormément de monde donc mon objectif n'était pas à fixer très très haut au début et bon voilà je savais qu'il y aurait un lancement progressif même si je me lançais en temps plein le tout c'est de valider ce prénom même à une ou deux personnes au début pour montrer la fiabilité du pouvoir. projet et notre présence, coûte que coûte, pour celles qui se sont inscrites et qui ont cru en nous. Le premier mois, j'ai eu 10 abonnés, plus des personnes qui prennent en plus à la séance. Je trouve ça déjà génial pour un lancement. Et au fur et à mesure, il y a beaucoup de personnes qui me disent, moi j'arrive au mois de mars, moi j'arrive au mois d'avril. Parce qu'elles sont de loin, elles voient ce qui se développe sur les réseaux sociaux. Il y a un site internet aussi qui a été mis en place. Et voilà, je vais passer aussi dans la gazette locale, on parle de moi. Donc non, non, c'est très chouette, ça va se lancer au fur et à mesure. Et puis, j'ai mon activité yoga. qui va reprendre dès le mois d'avril, et mes retraites aussi, parce que j'ai créé toutes ces retraites pendant mon postpartum aussi. Donc là, j'ai déjà deux retraites qui sont prévues pour le mois de mars et le mois de mai, qui sont quasiment pleines. Donc voilà, j'ai tout ça, j'ai tous ces projets d'à côté. Donc je sais que j'ai une période de disette, qui est hivernale, le temps que mon projet se lance, ensuite je rentre dans tous ces projets, je garde le FLF, plus le yoga, donc je dessins des mes journées, plus les retraites de yoga. Donc voilà, je me remets progressivement. Dans tout ça, ça va se faire au fur et à mesure. Et le FLE, c'est un bébé qui est censé faire effet boule de neige.
- Justine
Là, tu as quand même beaucoup plus de temps pour ton fils que si tu étais salarié ou si tu avais une activité de micro-entrepreneur qui te prenait toute la journée.
- Romaric
Oui, alors en salarié, c'est sûr qu'avec les horaires de ce que j'avais un peu trouvé au moment où j'ai failli partir vers le salariat complètement, j'aurais difficilement pu amener mon fils et le récupérer à la crèche moi-même. Et donc ça, je ne voulais pas... Alors, on n'a pas le choix. Il faut savoir aussi quand on demande, on fait nos demandes longtemps à l'avance pour un mode de garde, c'est-à-dire une crèche ou une assistante maternelle. Pour avoir facilement une place, il faut demander un temps plein. Alors, on peut demander un temps, mais on ne fera pas prioritaire. Et dans les zones tendues, un peu comme ici, il faut demander un temps plein. Je ne savais pas encore exactement, je ne savais même pas du tout quel allait être mon projet de l'hiver, que je devais déjà demander un temps plein pour être sûre d'avoir une place pour mon fils. Donc, mon fils est en temps plein. Un mode de garde. Par contre, je m'étais dit, bon ben voilà, je lance mon projet, c'est aussi un temps plein, j'ai l'équivalent d'un 30 heures semaine, bon ben il y a tout le travail d'à côté aussi, mais je vais les adapter. Tel jour, c'est moi qui vais pouvoir aller chercher mon fils, mais plus tôt, je ne vais pas le récupérer à la fin de sa journée de crèche, je vais aller le chercher à 15 heures aujourd'hui. Ce jour-là, je ne travaille pas le matin, je ne le pose pas le matin, je profite de lui. Voilà, après des fois, il y a des annulations courtes pour l'instant encore quand il n'y a personne. je profite pour aller chercher mon fils plus tôt. L'objectif de toute façon de ma vie aujourd'hui en tant que maman et auto-entrepreneuse, c'est d'avoir du temps pour mon enfant. C'est vraiment de passer un maximum de temps avec lui. Donc c'est pour ça que c'est aussi hyper important et c'est très bien qu'on avance, qu'on ait un progrès en France sur un congé plus long. Parce que plus on a de temps, plus on est serein, plus on est bien, plus on transmet ça à notre enfant. Parce que clairement, il absorbe, c'est une éponge tout ce qui se passe à la maison.
- Justine
Si c'était à refaire, est-ce qu'il y a des choses que tu aurais fait différemment ?
- Romaric
Je le créerai en 2026 ou j'aménagerai en Suède avant. Forcément. Dans l'idéal, ce qui est chouette maintenant, c'est que je sais que je peux avoir deux mois de plus. Donc, moi, c'est sûr et certain que je m'y prends. Et je sais que mon compagnon, ce sera pareil. Sûr et certain. Objectif, passer le plus de temps possible avec son enfant, sa famille et prolonger cette rencontre qui est innommable. Cette rencontre avec l'amour inconditionnel. donc vraiment de baigner dedans et en profiter un maximum. Oui, c'est ça. Qu'est-ce que je pourrais faire différemment ? Bon, maintenant, j'ai mon fonds d'activité d'auto-entrepreneur à l'année. Donc, voilà, c'est déjà différent, j'ai envie de dire. Et si ça fonctionne, pourquoi pas mettre une remplaçante qui fait que je pourrais quand même avoir une petite rentrée d'argent. pendant une période de off plus longue derrière ces quatre mois postpartum, pour profiter encore plus. L'idéal, ce serait ça, c'est que l'activité puisse continuer avec des personnes, des prestataires qui travaillent pour moi. et que je puisse prolonger parce que je trouve que le travail c'est bien même si c'est notre passion c'est génial mais il n'y a rien de plus important que sa famille que ses enfants après je pense aussi que c'est important de reprendre son activité à un moment donné je pense qu'il y a des femmes qui vont m'entendre qui vont me dire au bout de deux mois il faut que je reprenne le travail je ne peux pas rester enfermée avec mon enfant et bien sûr et c'est normal tout le monde n'est pas fait pour ça mais voilà en tout cas si on en a besoin essayez d'aménager au maximum non plus.
- Justine
D'accord, on va arriver à la dernière question de cette interview, Justine. Tu as déjà donné plein de clés aux futures mamans qui sont entrepreneurs, mais si tu devais donner un conseil à une femme entrepreneur qui va être maman, lequel ce serait ?
- Romaric
C'est facile à dire, mais je dirais de ne pas stresser si elle a fait en tout cas toutes ces démarches. de déclaration de ses revenus sur les trois dernières années sans souci, de vraiment pas stresser, de se décharger mentalement un maximum parce qu'elle aura de toute façon cet accompagnement financier qui est bien fait. En France, on a vraiment beaucoup de chance par rapport à ça, c'est bien rémunéré. Mais j'ai quand même un deuxième conseil qui est hyper important parce que ça, c'est un côté qui est très pragmatique, qui est fait en cours, celui de faire entourer, en tout cas quand c'est possible, en postpartum. Comme moi, je l'ai fait. Ça a été vraiment salvateur. Ça m'a donné du temps pour relancer mon activité derrière et me reposer et faire ça bien. Même si je n'avais pas beaucoup de temps parce qu'il n'y avait pas encore 7 mois supplémentaires. En tout cas, c'est ce qui m'a permis de le faire avec le moins de charge mentale possible et tout en continuant à profiter de mon bébé. Vraiment se faire accompagner et ne pas hésiter à se faire accompagner aussi professionnellement si on en a besoin. C'est tout à fait naturel. Merci. et aussi salbateur. Voilà, c'est le conseil que je pourrais donner. Il y en a plein d'autres, mais bon, chaque cas est assez individuel et chacune vivra les choses à sa manière.
- Justine
Je pensais que tu allais dire, faites du kitesurf. Prenez la vague.
- Romaric
Allez dans l'eau. Ça vous permet de vous alléger sur le dernier mois de grossesse. Vraiment, se mettre dans l'eau, ça fait un bien fou. C'est vraiment le seul endroit où vous ne faites plus 10 kilos de plus. Parfois 15, parfois 20. Après... Il y a des outils qui sont hyper chouettes, qui vous permettent d'avoir les bonnes directions, comme regarder ce podcast. On est parti sur plein de choses aussi personnelles, mais beaucoup d'indicateurs. Le portail de l'autre entrepreneur a toute une communauté, en plus de ses podcasts, où on répond à vos questions. Les gens qui sont accompagnés par ce portail peuvent appeler à tout moment, avoir des conseillers aussi pour vous aider dans toutes ces démarches. Moi, j'avais imprimé mon carnet maternité, je vous ai parlé, mais j'ai aussi tenu ce carnet avec tous les papiers, santé, tout ça. Parce qu'on n'a plus de cerveau, vraiment, les filles. On n'a plus de cerveau pendant... Je ne sais pas encore, je ne l'ai pas récupéré. Ça va revenir, on nous dit. Mais en tout cas, j'avais un carnet. Comme ça, moi, même si j'oubliais, même si je faisais le poison rouge, je revenais, c'est rangé par date. Voilà, il faut que ce soit facile. Parce que c'est un moment, comme j'ai dit, de flottement. Au moment où il y a un truc à classer, classez-le. Ça décharge et quand vous avez besoin d'y revenir, revenez-y. Mais ouais, facilitez-vous la vie en tout cas, faites ça. Je pense que c'est pas mal. Et juste respectez les dates de déclaration pour ne pas vous retrouver dans des situations un peu embêtantes. Mais juste vous respectez ça. Mais de toute façon, les médecins et la CPM vous accompagnent super bien. Ça se passe bien et surtout, le plus important, c'est de profiter de la rencontre avec l'enfant.
- Justine
Voilà. super dernier message profitez pour les futures mamans pour le côté pratique on va vous mettre les ressources dans les commentaires ou dans la description de l'épisode avec notamment un article qui explique toutes les démarches à effectuer si vous attendez un enfant Justine on te retrouve à la cano avec le programme LFLN c'est bien ça LFLN LFLN pour tout passer voilà donc pour pour toute et Les femmes qui sont dans la région, n'hésitez pas à aller rencontrer Justine et puis à faire un peu de sport avec elle. Merci beaucoup d'être passées de nouveau dans le podcast Auto-Entrepreneur. Justine, à très bientôt.
- Romaric
Merci à toi Romaric. Bon courage à toutes, belles rencontres à toutes. Profitez bien de cette belle période de vie. Et à bientôt peut-être pour un futur podcast. Merci au portail de l'Auto-Entrepreneur.
- Justine
Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. J'espère que cet épisode vous aura été utile. À vous qui êtes maman ou qui allez... le devenir. Justine a donné plein de conseils notamment sur son organisation, comment faire les démarches administratives et comment relancer un projet après un congé maternité. Si comme Justine, vous souhaitez devenir micro-entrepreneur, le portail Auto-Entrepreneur est là pour vous accompagner dans vos démarches de création. On se retrouve très vite pour un nouvel épisode du podcast Auto-Entrepreneur, mais d'ici là prenez soin de vous et de votre entreprise.