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Podcast Auto-Entrepreneur

Réforme de la TVA : le combat de la FNAE pour les micro-entrepreneurs

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50min |17/03/2025
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Réforme de la TVA : le combat de la FNAE pour les micro-entrepreneurs

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50min |17/03/2025
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Description

Dans cet épisode, Romaric accueille Grégoire Leclerc, le président de la FNAE.

La FNAE est le premier syndicat des micro-entrepreneurs. En février 2025, elle est devenue leur porte parole dans le combat contre l'abaissement du seuil de TVA à 25 000€.

Cette discussion répond aux nombreuses interrogations autour de la réforme de la TVA.

  • Quelles sont les motivations initiales du gourvernement ?

  • Quelles sont les craintes des entrepreneurs ?

  • Quelle est la situation après les concertations des différentes fédérations ?

  • Quelles sont les prochaines actions orchestrées pour faire entendre la voix des défenseurs de la micro-entreprise ?

  • Quels sont les motifs d'espoir ?


Grégoire partage aussi les premiers défis et les motivations derrière la création de la FNAE.
La conversation explore également le rôle de la FNAE dans la défense des intérêts des micro-entrepreneurs.

Découvrez la vision optimiste qu'il partage sur le futur du régime de la micro-entreprise dans cet épisode riche en informations.

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Crédit musical :

Yaki Tori by Smith The Mister https://smiththemister.bandcamp.com

Smith The Mister https://bit.ly/Smith-The-Mister-YT

Free Download / Stream: http://bit.ly/-yaki-tori

Music promoted by Audio Library https://youtu.be/oZ0U4Q5epUs  


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Donc venez, c'est vraiment un appel, venez le 25 mars dans la rue, il y a 15 villes en France vous pourrez le dire, venez à la presse, il y aura des parlementaires qui seront avec nous, je pense à l'Assemblée Nationale, venez montrer à tous que le 25 mars on va déterminer à ce que ce passe, ce truc ne passe pas. Bonjour, c'est Romaric,

  • Speaker #1

    bienvenue sur le podcast Auto-Entrepreneur. Vous n'avez pas pu le rater, c'est le sujet bouillant de ce début d'année concernant la micro-entreprise. Et oui, je veux bien évidemment parler de la loi visant à abaisser le seuil de TVA à 25 000 euros, et ce, quelle que soit l'activité. Pour en parler, aujourd'hui, j'ai la chance et le plaisir de recevoir Grégoire Leclerc. Son nom ne vous dit peut-être rien, et pourtant, c'est la voix qui représente les micro-entrepreneurs lors des concertations avec le gouvernement. Grégoire Leclerc est le président... et fondateur de la FNAE. Dans cet épisode, nous allons revenir sur les raisons qui l'ont amené il y a plus de 15 ans à créer la FNAE. Nous reviendrons sur les différents combats qu'il a déjà mené pour défendre le régime de la micro-entreprise et surtout nous nous attarderons sur le sujet de l'actualité en voyant quelles ont été les motivations du gouvernement pour tenter d'abaisser ce seuil de TVA, quelles sont les craintes majeures. des micro-entrepreneurs et surtout il nous aidera à y voir un peu plus clair pour savoir où nous allons aller dans les semaines à venir. Vous voulez en savoir plus sur cette loi visant à abaisser le seuil des TVA ? Alors cet épisode est pour vous. Bonne écoute ! Pour cet épisode du podcast auto-entrepreneur, nous accueillons non pas un micro-entrepreneur, mais le président de l'FNAE et la voix actuellement. des micro-entrepreneurs. Bonjour Grégoire.

  • Speaker #0

    Bonjour Marc.

  • Speaker #1

    Comment vas-tu aujourd'hui ? Je sais que l'actualité est dense pour toi, mais comment vas-tu ?

  • Speaker #0

    Eh bien, ça va bien. On est obligés par cette actualité de se battre. Effectivement, j'ai presque dit nuit et jour. Donc ça va, c'est un peu tendu et c'est un peu long. Effectivement, on espère tous, évidemment, une sortie la plus rapide possible de cette crise. Malheureusement, ce n'est pas encore le cas. Donc voilà. On est très motivé, un peu fatigué, mais on tient le choc.

  • Speaker #1

    On espère un dénouement rapide. Bien évidemment, on va revenir sur toute l'actualité liée à l'abaissement du seuil de TVA à 25 000 euros pour les micro-entrepreneurs. Mais on va commencer par te présenter toi. En quelques mots, qui est Grégoire Leclerc, le président de la FNE ?

  • Speaker #0

    C'est facile de se présenter. Je suis Grégoire Leclerc, j'ai 42 ans. Donc j'ai fondé la FNAE un peu sur une intuition de départ en 2009, quand le régime s'est créé. J'étais étudiant et avec quelques copains, j'étais assez convaincu qu'il manquait un peu un esprit de corps et une communauté qui soit organisée autour des grandes questions qu'il y avait à l'époque sur l'émergence du régime. Le régime était tout neuf. Donc j'ai eu cette idée. En avril 2009, on s'est dit, allez, on va la soutenir. structuré un peu sous forme associative. La FEDEF est née en avril et puis en octobre, on a eu nos premières cotisations en 2009. Et pendant un an, on a essayé de structurer un peu l'offre en se disant qu'est-ce que nous adhérons en recherche. On a commencé par un forum, on a dit que ce n'était pas forcément ça. On a lancé les premiers services et puis on a commencé à faire nos armes vraiment syndicales. On n'avait pas du tout l'impression et l'envie de monter un syndicat, mais c'est devenu un syndicat de fait. Nos premières armes... En 2010, avec la CFE, c'était un des premiers combats qu'on a menés, qu'on a gagné d'ailleurs. Et on a été convoqué pour la première fois au ministère cette année-là, toujours là. Et on a tenu devant le ministre un discours extrêmement ferme, de toute façon, maintenant c'est nous qui allons défendre les autres entrepreneurs, etc. Ça a commencé comme ça.

  • Speaker #1

    Parce que toi, à ce moment-là, tu étais micro-entrepreneur ?

  • Speaker #0

    Bien sûr, bien sûr.

  • Speaker #1

    Et sur quelle activité ?

  • Speaker #0

    Moi, en fait, j'ai été étudiant en école de commerce. J'avais développé une petite activité de conseil et de développement de site web. Je faisais vraiment au début un peu de l'informatique basique. Petit à petit, je me suis un peu spécialisé. J'ai fait beaucoup de conseils en maîtrise d'ouvrage. Et puis après, les années ont passé. Et aujourd'hui, je n'exerce plus qu'une activité d'enseignement en tant qu'entrepreneur.

  • Speaker #1

    D'accord. Donc, tu as gardé le statut ?

  • Speaker #0

    Oui, je suis toujours entrepreneur. J'exerce à peu près entre 8 et 12 000 euros chez l'affaire à l'année. Et essentiellement, vos activités de formation, je donne des cours de microéconomie et d'économie digitale.

  • Speaker #1

    D'accord. Et donc, comme tu l'expliquais, c'était une idée avec tes camarades étudiants pour débuter la FNAE. Donc là, tu expliquais, l'une des premières raisons, c'était pour la CFE ?

  • Speaker #0

    Oui, l'une des premières batailles.

  • Speaker #1

    Et comment s'est passé ? Tu peux nous en dire plus sur cette première bataille, justement ?

  • Speaker #0

    Alors, en fait, on venait d'avoir une première communauté qui commençait à se structurer. On avait déjà peut-être… je dirais entre 3 et 4 000 adhérents, peut-être 5 000. On avait près de 10 000 sympathisants qui commençaient à nous suivre. On avait quelques outils numériques. C'était un peu bricolé, c'était un peu artisanal. Et on était très, très, très en prise. C'est le cas aujourd'hui. On est toujours restés très en prise avec le terrain. Et on voit très vite les premiers avis de CFE tomber dans les boîtes mail. En plus, c'était mal fait parce que ce n'était pas forcément envoyé par mail. C'était sur le compte impôts.gouv. Il n'y avait pas de notification. Les gens découvraient ça. au dernier moment et on se dit mais qu'est-ce que c'est que cette histoire ? D'où on a une CFE à payer ? Ça n'avait jamais existé parce que la première année du régime, c'était l'année de la réforme de la taxe foncière, la taxe professionnelle à l'époque. Et donc, on n'avait pas eu en 2009 et en 2010, ça tombe. Et là, tout de suite, on se mobilise et on a commencé, en fait comme cette année, c'est-à-dire qu'on a commencé à faire des premiers sondages, voir quels étaient les montants moyens, comment les gens allaient être impactés par cette impôt. Très vite on a commencé à faire nos premières lettres aux différents ministères. La gronde est montée très vite dans la presse. On a une de nos premières adhérentes qui nous a donné un coup de main. C'est ça qui est génial avec la FEDE, c'est qu'il y a toujours des bénévoles un peu partout qui se joignent au combat. Ils me disent « moi je suis spécialiste en relations presse, je vais vous aider à faire un communiqué et on va l'envoyer partout » . Ça s'est décanté très vite, on est un super artiste dans les échos. Ça a été repris par l'AFP, puis une fois que c'est repris par l'AFP, c'est repris par 50 journaux, toute la presse quotidienne régionale en l'article. Et donc le ministre a vu que ça grondait très vite, ils ont dit non, non, mais ça c'est pas possible, on n'avait pas identifié nous-mêmes les choses. C'est un geste fiscal parce que c'est l'impôt en moins, mais en même temps il n'était pas prévu de rentrer dans les caisses, c'est pour le même débat. Et en plus il ne va pas forcément rentrer parce que les gens ne vont pas payer. Bref, et donc il y a eu une rencontre ministérielle avec Frédéric Lefebvre, qui était le ministre à l'époque. Et on a, voilà, en 15 jours,

  • Speaker #1

    on a fait tomber le truc. Et comment t'as senti ? C'était la première fois, j'imagine, que tu rencontrais des ministres. Tu devais être relativement jeune, à peu près 25 ans, j'imagine, à ce moment-là ?

  • Speaker #0

    Oui, c'est pas de 7 ans.

  • Speaker #1

    Ouais. Comment s'est passée cette première rencontre ? Ça doit être assez impressionnant.

  • Speaker #0

    Après, on y va, mais c'est un peu comme toujours. Alors aujourd'hui, c'est sûr que c'est très différent, parce qu'aujourd'hui, on y va avec, évidemment, la force de l'expérience. La taille importante du nombre d'adhérents, etc. C'est autre chose. La représentativité de la FED est bien autre que ce qu'elle était à l'époque. Mais à l'époque, j'y vais en me disant de toute façon, on y va avec la force de conviction qu'on peut avoir. C'est-à-dire que j'avais bien senti que côté gouvernemental, ils n'avaient pas vu le truc venir. Donc je me dis, en fait, on est plus fort qu'eux. C'est une mesure qui ne va pas leur coûter non plus si chère que ça. Et en plus, c'est quand même un gouvernement, c'était encore l'époque Sarkozy. Et donc c'est un gouvernement qui a l'entrepreneuriat au cœur et qui cherche à développer et à construire un régime qu'ils viennent à peine d'installer, mais qui ne peuvent pas être contre nous. Donc je me rassurais avec ce que je pouvais. C'était déjà plus Erwann Lobény qui était ministre, c'était Frédéric Lefebvre qui l'avait remplacé. Mais je me disais, de toute façon, il n'y a pas de raison. Au moins, ils vont nous écouter. Puis si jamais on n'est pas entendu, au moins on aurait été reçu. C'est déjà une première victoire. Voilà, bon. Ça s'est pas trop mal passé, il faudrait que le fève a été très compréhensif et je me rappelle que ça s'est clôturé avec un motard de la gendarmerie qui a amené au siège de la FED un courrier en disant par décision ministérielle, nous avons suspendu la mesure et donc elle ne sera pas appliquée cette année et les années suivantes d'ailleurs. D'accord. Donc ça a été top.

  • Speaker #1

    Justement, petit aparté par rapport à ce premier sujet, la CFE, toi, aujourd'hui... Qu'est-ce que tu en penses ? Est-ce que par rapport à ton premier combat, tu trouves que c'est encore juste pour les micro-entrepreneurs ?

  • Speaker #0

    Je ne sais pas si je dirais ça. Je pense que la CFE, en fait, il y a eu plusieurs débats. La CFE, ça a été pendant longtemps une exclusion. C'est-à-dire qu'on a réussi à se battre assez longtemps pour qu'elle soit complètement exclue du régime. Après, je comprends qu'au niveau local, toutes les agglomérations qui en fait lèvent cet impôt... fasse en sorte qu'il soit équitable et que tout le monde en profite parce que c'est vrai qu'il y a des services locaux qui sont mis en oeuvre pour les auto-entrepreneurs et pour tous les travailleurs et pour tous les commerçants, tous les artisans, tous les professionnels libéraux. Donc que les gens continuent à la payer, je ne suis pas forcément opposé à cette idée. En revanche, je suis toujours très opposé, c'est un combat qu'on mène depuis le début, on demande à ce que cette CFE soit calculée en pourcentage du chiffre d'affaires comme l'ensemble des autres impôts. Ça serait quand même beaucoup plus simple, on parle d'une simplification, et en plus c'est une justice parce que finalement celui qui fait très peu de chiffre d'affaires, il n'est pas forcément exonéré, mais il paye un tout petit peu d'impôts local, et celui qui fait beaucoup de chiffre d'affaires, il a peut-être été beaucoup plus aidé par ses parties prenantes locales, et donc c'est logique que lui, il fasse un peu plus de cotisations locales. arriver à négocier qu'un jour ou l'autre, on paye en pourcentage du chiffre d'affaires et pas de manière forfaitaire comme ça, un impôt qui est très difficile à calculer.

  • Speaker #1

    On ne va pas trop s'étaler sur la CFE aujourd'hui, ce n'est pas le sujet, mais je pense qu'il y aurait pas mal de choses à dire, notamment les différents taux selon les communes. Donc, tu nous disais que très rapidement, La FNAE a eu plusieurs milliers de membres. Aujourd'hui, la FNAE a un peu plus de 15 ans. Où elle en est ? J'ai lu qu'il y avait déjà 80 000 adhérents. J'imagine qu'il y a eu une grande augmentation du nombre d'adhérents durant les dernières semaines. Aujourd'hui, où en est la FNAE ?

  • Speaker #0

    Si on fait un tout petit peu d'histoire sur la FNAE, en fait, on a eu trois grandes périodes où on a progressé. On a eu une période assez fondamentale avec ce qu'on a appelé les poussins à l'époque, c'était en 2013, quand le gouvernement, je crois que c'était Jean-Marc Thiraud qui était Premier ministre, juste après l'élection de François Hollande, a voulu très rapidement remettre un coup d'arrêt au dispositif. C'était les poussins, on s'est beaucoup battus. Là, on est passé en gros de 15 000 à 30 000 adhérents. On a dû à peu près doubler notre nombre d'adhérents. Un combat qui a été très long, avec Laurent Grand-Guillaume, ça a été une histoire... hyper forte, ça a structuré la fédé, ça a donné une première assise et une première vraie crédibilité. On a gagné ce combat. La deuxième période qui nous a énormément renforcés, c'est bien sûr le Covid, où là on a été extrêmement actifs. En plus, on était l'une des seules organisations professionnelles à avoir mis en place des lives, donc on avait vraiment un rituel avec des lives. Toutes les semaines, pendant quatre mois, on a parlé à nos adhérents, on les a défendus avec le Fonds de solidarité. On a discuté énormément avec le ministre, on discutait en direct. Moi, j'avais le portable de la ministre en charge des PME et toutes les semaines, on se faisait un point. On échangeait les mères très efficaces.

  • Speaker #1

    C'est un peu pareil aujourd'hui, j'imagine ?

  • Speaker #0

    Aujourd'hui, les pages ne sont pas sans portable. C'est un peu différent, non, c'est pas différent. Mais en tout cas, à l'époque, c'était très constructif et elle avait pris sur elle de faire ça et on a vraiment compris des choses super. Donc là, on a dépassé, à partir du Covid, on a dépassé les 60 000 adhérents. C'est ce qui a permis la représentativité du coup. Donc on a gagné la représentativité à ce moment-là. Et puis évidemment la troisième période très forte, c'est celle qu'on vit en ce moment avec la TVA. Donc là, on a dépassé 80 000 adhérents effectivement. Donc ils ne se verront pas sur la prochaine mesure de la représentativité parce qu'on l'a déjà déposée, mais ils se verront sur celle d'encore après, dans les années 2030. Et donc là, on a clairement... Oui, une FED qui est représentative, qui est très structurée. J'ai un peu coutume de dire qu'on est devenu un peu une machine de guerre parce qu'avec nos outils digitaux et notre capacité à parler aux auto-entrepreneurs avec des cotisations très faibles en montant, on a une force et un volume assez important. Et on arrive même à aller chercher aujourd'hui des auto-entrepreneurs qui étaient adhérents à l'UDP, qui étaient adhérents à la CAPEB, qui étaient adhérents au MEDEF et qui ne se sont pas représentés par ces syndicats-là. Oui,

  • Speaker #1

    parce qu'aujourd'hui, à part la FNAE, pour les micro-entrepreneurs, il n'y a pas trop de choix pour adhérer à une fédération qui les représente aussi bien.

  • Speaker #0

    Non, je suis d'accord. Je vais changer ça, deux secondes, j'ai plus de batterie. Ça va être pareil. Il n'y a pas beaucoup de... Tu m'entends toujours, c'est bon ? Oui,

  • Speaker #1

    il n'y a pas de problème.

  • Speaker #0

    Je t'entends très bien. Il n'y a pas beaucoup de fédérations qui sont vraiment dédiées au régime. On a des gros syndicats comme le MEDEF ou l'UFDP, mais qui en fait agrègent au sein de leur branche énormément de métiers et surtout de régimes fiscaux et sociaux différents. À la FEDE, notre vraie raison d'être, notre vrai savoir-faire, c'est d'abord de défendre un régime et donc une philosophie d'entrepreneuriat. Entreprendre, c'est un peu notre baseline, c'est le droit d'entreprendre pour tous. C'est ça qu'on défend. Et donc évidemment que on est... des adhérents dans le bâtiment, qu'on ait des adhérents dans les services à la personne, qu'on ait des adhérents dans les productions informatiques, qu'on ait des adhérents dans le conseil, qu'on ait des adhérents dans la restauration rapide, qu'on ait des adhérents dans les gilets de chambre d'hôte, en fait, c'est normal, parce qu'on couvre une hétérogénéité de métiers, on couvre 180 métiers dans notre entreprise, mais... On est d'abord là pour les aider à défendre leur régime fiscal et social, leur simplification administrative et tout ce qui va avec.

  • Speaker #1

    Donc là, tu as très bien expliqué le rôle aujourd'hui de la FNAE. Aujourd'hui, on sent même que le rôle est encore plus grand que ça, parce que vous êtes le porte-parole des micro-entrepreneurs en général, et pas uniquement des adhérents. En tout cas, ces dernières semaines, c'est vraiment l'impression que ça m'a donné. Mais il y a quand même une question qui... Pour aller dans le sens de la FNAE, quel est le plus, pourquoi adhérer à la FNAE ? Alors que déjà, on voit que vous êtes là pour aider tout le monde.

  • Speaker #0

    Alors, c'est une très bonne question. Il y a deux réponses à ça. D'abord, il faut, et je pense que ça, il y a pas mal de gens qui l'ont compris, mais malheureusement pas tous, il faut qu'on soit de plus en plus nombreux dans cette structure. Cette fédération, elle ne nous appartient pas, elle n'appartient pas à l'équipe dirigeante, elle n'appartient surtout pas aux bureaux ou aux administrateurs. D'ailleurs... On est tous bénévoles et on est là pour un temps fini. Je ne vais pas faire encore 15 ans à la FEDE, donc de toute façon la FEDE va suivre à tout ça. Il va y avoir d'autres personnes qui vont reprendre le flambeau, et donc c'est important que les gens, par esprit syndical et par esprit de représentativité et de volume, nous rejoignent, dans tous les cas. Même s'il y a déjà 80 000 personnes qui ont fait ce choix-là, mais il pourrait y avoir 80 000 autres personnes qui fassent ce choix-là. Ce serait tout à fait normal au regard de la population globale, des 1,5 million de Français qui sont dans le préjugé. Ça, c'est la première raison. Donc l'union fait la force, clairement. La deuxième raison, c'est qu'on a, quand on est adhérent chez nous, des services. Et on a des services qui, pour certains, sont extrêmement centraux dans l'accompagnement d'un auto-entrepreneur. Comme on a eu le coutume de le dire, un auto-entrepreneur seul, c'est un auto-entrepreneur en danger. On a besoin d'une communauté et de services d'accompagnement. On fait de la médiation, on a un service de médiation qui est obligatoire pour tous les gens qui font du particulier. On a un service... de guides juridiques, de hotlines juridiques qui accompagnent vraiment l'auto-entrepreneur sur toutes les problématiques qu'il peut avoir et qu'il peut rencontrer avec l'URSSAF, avec les impôts, avec un client, avec un fournisseur, avec un bailleur. Tout ces sujets...

  • Speaker #1

    La palette.

  • Speaker #0

    Exactement. Et c'est central parce que dans d'autres fédérations, ils trouveront ce type de service mais à des prix beaucoup plus élevés ou alors ils ne les trouveront pas. Ils feront comme s'ils n'en ont pas besoin. sur les assurances c'est pareil sur les mutuelles c'est pareil il y a tout un tas de services on a un club aussi qui permet d'avoir des réductions sur beaucoup de choses, un club achat c'est assez apprécié, c'est très apprécié et donc tous ces points là font que on peut nous rejoindre aussi par intérêt personnel c'est qu'on n'est pas obligé d'avoir forcément de l'activité et une envie de défendre une communauté mais on peut aussi avoir besoin d'être adhérent par envie personnelle et aujourd'hui à combien est le prix de l'adhésion ? Alors, il y a trois adhésions. En fait, l'adhésion, elle est là aussi, on a réfléchi. Évidemment, en 15 ans, on a un peu essayé tous les modèles. Donc, tout ça est assez sec maintenant, mais ça a mis du temps à se stabiliser. Aujourd'hui, on a trois niveaux d'adhésion qui permettent d'avoir, en fait, trois niveaux de couverture, on va dire trois niveaux de service, qui permettent, en fonction des autres entrepreneurs, de leur maturité, de leurs besoins, de cotiser à partir de 12 euros par an. 12 euros par an, donc on parle de rien. On parle de trois cafés. Pas grand-chose. Voilà. Deux cafés à Paris. et jusqu'à 134 pour une cotisation qui apporte l'ensemble de la couverture. Donc il y a beaucoup plus de choses à 134 à 12, mais on peut s'y retrouver à tous les niveaux. Et puis par ailleurs on a des options, donc on peut avoir une option médiation, on peut avoir des options de formation, on peut avoir une option logicielle, on peut avoir plein d'options un peu partout pour rajouter en plus, pour ce que l'on souhaite. Mais rien n'est obligatoire et encore une fois, le plus important c'est un peu comme au sport, c'est de participer. Et donc, cotiser à 12 euros, c'est déjà un signe important, c'est un symbole fort. Et nous, on le voit depuis les trois semaines de combat, un mois de combat, il y a des semaines où on a gagné plus de 2000 adhérents.

  • Speaker #1

    D'accord, ça fait un beau ratio.

  • Speaker #0

    C'est beau, mais quand on est dans le domaine associatif, c'est jamais aussi simple que quand on est dans le domaine commercial.

  • Speaker #1

    Très bien. Donc là, pour les auditeurs, on mettra les liens pour adhérer à la FNE dans la description du podcast. Grégoire, on va... Arrivée sur l'actualité, sur le point qui fait parler, qui fait discuter, qui fait vibrer plein de personnes en ce moment. Pour faire un petit récapitulatif, on va revenir un petit peu en arrière. Le 3 février, le gouvernement adopte le projet de loi finance en utilisant le 49-3. Dans ce projet de loi finance, il y a un article qui prévoit d'abaisser le seuil des TVA à 25 000 euros. Première question, quelle était ta réaction ? En découvrant cet article, est-ce que tu avais déjà entendu parler que ça allait passer en amont ?

  • Speaker #0

    Oui, alors oui, oui, oui. Pour le coup, ça permet de remettre en avant une des forces de la FEDE, c'est que la FEDE, c'est 15 permanents. Dans les cases permanentes, on a assez bien organisé, c'est un peu une machine de guerre maintenant la FED, on a des personnes qui sont en charge de la veille législative, parlementaire, gouvernementale, réglementaire, administrative. Ceux qui ont fait ça ont fait une veille très vite, donc dès le 10 octobre, on a les archives sur le site web, pour ceux qui veulent suivre un peu le combat, dès le 10 octobre, on a levé l'alarme en disant attention, il y a trois amendements, dont un très clair, qui est porté par la Fédération française du bâtiment de la Haute-Marne, au Sénat. et qui demande dans le projet de loi de finances de baisser le seuil de TVA à 25 000. Donc on voit l'article tout de suite, enfin on voit l'amendement, tout de suite on lève le point. On avait fait déjà un petit article de presse à l'époque avec un journal qui s'était intéressé un peu de près à ce sujet, mais rappelons que c'était une période gouvernementale compliquée, le gouvernement n'était pas sûr de rester, d'ailleurs il a sauté, et les débats parlementaires étaient décousus, très décousus. Tout ça nous allait bien, de certaine manière, parce qu'on se disait, quelque chose, malheur est bon, le gouvernement ne va pas tenir, et donc toutes ces bêtises d'amendements qui sont présentes dans les textes vont sauter. Ça nous allait bien. Et on a suivi jusqu'à, effectivement, le 49-3, la motion de censure, le gouvernement qui saute, puis on est passé à autre chose. Et quand on a vu réapparaître, repris par le gouvernement à son propre compte, cet amendement, alors là, on a retiré la scène d'air beaucoup, beaucoup, beaucoup plus fort, parce que le nouveau gouvernement, en fait, même s'il dit ne pas l'avoir vraiment vu ou ne pas vraiment l'avoir compris, C'est eux qui ont décidé, alors que le précédent gouvernement avait donné un avis négatif, c'est eux qui ont décidé, le nouveau rapporteur du gouvernement, de donner un avis positif et de l'inscrire dans le texte. Et c'est du coup ce texte-là qui est arrivé en CMP et qui a été validé. Donc on a dit, attention, il y a une double tromperie. Un, le gouvernement sait très bien ce qu'il fait. D'ailleurs, il a un chiffrage à 400 millions d'euros, de recettes, cal. Donc un, le gouvernement sait très bien ce qu'il fait. Deux, le gouvernement fait ça de manière brutale. puisque jamais, alors que j'ai écrit, j'ai des preuves, j'ai écrit à Matignon, à Bercy et à l'Elysée, jamais ils n'ont répondu à mes sollicitations du mois de novembre. Donc, de manière brutale, ils imposent une réforme qui est, je l'ai déjà dit, assez inique, mal calibrée, pas concertée avec nous, avec des arguments qui sont fallacieux, puisque les arguments européens, en fait, ne tiennent pas, quand on voit surtout ce qui se passe.

  • Speaker #1

    Justement, est-ce que tu peux faire un petit récapitulatif des motivations ? du gouvernement pour abaisser ce seuil ?

  • Speaker #0

    Je pense qu'il y a deux motivations principales. La première, qui est une motivation purement budgétaire, c'est qu'on le sait bien, aujourd'hui, tout le monde cherche de l'argent. Et malheureusement, c'est la vie très personnelle, mais malheureusement, je pense que nos gouvernements ne sont pas capables de faire des économies là où ils devraient. Et au lieu de se poser les vraies questions sur le train de vie de l'État, sur l'ensemble des choses qui nous coûtent trop cher, ils... ils vont à la solution de facilité, donc ils lèvent de l'impôt. Et il est très évident qu'un haut fonctionnaire, quelque part dans un bureau inversé, a dit, je prends un Excel, j'applique à la TVA tous ceux qui sont au-dessus d'un certain seuil et j'en tire une recette. Ça, c'est la motivation numéro une, à mon sens. La motivation numéro deux, c'est une motivation qui est exclusivement liée au combat du BTP, qui n'a jamais désarmé, qui depuis 16 ans nous fait la misère dès qu'il peut sur le régime parce qu'ils n'ont qu'un objectif en tête. c'est faire sortir les auto-entrepreneurs du secteur du BTP pour réserver en fait, pour réglementer en réalité leur métier, réserver leur marché à un précaré d'entrepreneurs du bâtiment au droit commun, et se permettre de compter les prix. On est clairement sur cette stratégie-là, c'est une stratégie qui est très claire. Ça fait 15 ans que je les bats, que je les combats, que très souvent je les bats. On avait enterré malheureusement à l'âge de guerre, en gros depuis 2014-2015, les accords trouvés par Laurent-Guyome. Et malheureusement, cet amendement a déterré la hache de guerre et tout ce qui va avec.

  • Speaker #1

    Et tu as une explication de pourquoi le gouvernement ne va pas dans ce sens-là, dans le sens du BTP ? Enfin, en tout cas des porte-parole du BTP.

  • Speaker #0

    Je ne sais pas. Je pense que... Je ne suis pas dans le secret des dieux, des discussions et peut-être parlementaires d'ailleurs avec les fédérations du bâtiment. Il est évident qu'il y a sûrement un prêté pour un rendu dans cette histoire. Je sais que le gouvernement fait baisser les budgets ou les crédits sur la rédération énergétique, va avoir tendance à faire baisser aussi les dépenses publiques de construction ou de reconstruction du fait de la dette de l'État, et que donc, pour faire passer la pilule, on doit une carotte. Et elle en fait partie. Le régime de l'auto-entrepreneur dans le secteur du BTP fait partie de la carotte. qu'on peut avoir tendance à concéder au BTP. Je peux comprendre que dans une certaine logique d'échange gagnant-gagnant, ça se tienne, mais je ne veux pas que les auto-entrepreneurs soient les victimes expiatoires de ça. C'est ignoble.

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça. Même si ça fait gagnant-gagnant, ça laisse quand même beaucoup de perdants dans cette histoire.

  • Speaker #0

    Et là, c'est absolument ignoble de procéder à la guerre.

  • Speaker #1

    Justement, en parlant des perdants par rapport à ce projet, il y a eu de nombreuses craintes. Quelles sont les craintes majeures des micro-entrepreneurs par rapport à cet abaissement ?

  • Speaker #0

    Alors, je pense qu'on a deux grandes familles de craintes. Il y en a une principale qui est que face à cette difficulté, alors c'est évidemment plus dur pour ceux qui font de l'achat-revente, mais ça reste difficile pour tout le monde dans tous les cas, face à cette difficulté de franchir les seuils de TVA, qui voit comme un rubicon et ne pas franchir, je l'ai dit plusieurs fois dans la presse, c'est un repoussoir, c'est complexe, c'est un peu difficile, ça nécessite des opérations comptables auxquelles un certain nombre d'auto-entrepreneurs ne sont pas du tout familiers. Donc face à cette difficulté de franchir le plafond, les autres entrepreneurs vont se freiner dans leur activité et donc ne vont plus en tirer un revenu substantiel. Ça, c'est le premier risque. C'est la première crainte principale. La deuxième crainte principale, c'est que, comme ils vont se limiter dans leur activité, ils vont, pour une grande partie de ceux qui sont en dessous des 25 000, carrément fermer leur porte. Parce qu'en fait, quitte à se limiter à 25 000 et à en tirer un revenu qui ne permet pas de vivre, autant arrêter, tout court.

  • Speaker #1

    Oui, chercher une nouvelle activité en tant que salarié, par exemple.

  • Speaker #0

    C'est-à-dire que finalement, le jeu n'en vaut pas la chandelle. Surtout s'il faut commencer à accumuler un peu d'intérim, un peu de CDD, un peu de CDI à temps partiel, pour en parallèle garder une activité dont de toute façon, on ne peut pas envisager la croissance, puisque les difficultés administratives, comptables, etc. rendent les choses difficiles. Et quand on leur dit franchissez le plafond, ils répondent, et ils ont raison, ils répondent, mais de toute façon, nos clients ne sont pas prêts à payer la hausse. de prix. C'est un peu moins vrai dans le BTP parce qu'on a quand même pas mal d'activités dans le BTP qui sont à 5,5 de TVA ou à 10 de TVA. Donc on va dire que la vie pour le client final est moins dure à avaler. Mais dans les prestations de services, dans un certain nombre d'activités d'achat-revente, la TVA est à 20%. Dans le service à la personne, la TVA est à 20%. Et c'est extrêmement dur pour les auto-entrepreneurs d'imposer ces 20% à leur client final. même si je voulais franchir le seuil, en fait, rien n'indique que j'y arriverais parce que ça va mettre un gros coup de frein à ma clientèle. Et donc, soit je prends la paume pour moi, je ne gagne pas ma vie, soit je l'impose à mes clients, mais je perds des clients.

  • Speaker #1

    Et oui, c'est ça. C'est ce qu'on a pu voir durant les dernières semaines. Il y a beaucoup de personnes qui pensaient absorber la TVA pour eux et donc diminuer leurs revenus en solution si ça venait à passer. On a quand même l'impression que c'est en effet le BTP qui est la source des interrogations, et le fait que ça soit répercuté sur tout le monde, c'est une sorte d'injustice. Pour contrer cette injustice, il y a eu des concertations, dont la FNE a été l'un des... Alors, il y a une petite moue, c'est des concertations qui n'ont pas été satisfaisantes.

  • Speaker #0

    Non, mais on ne peut pas appeler ça des concertations. Moi, je l'ai dit à la ministre à la fin de la réunion finale de concertation, sans pas passer à une conversation. Je lui ai dit, écoutez, en 2013-2014, on a passé 18 mois avec Laurent Corguillaume, les fédérations du BTP. On s'est rencontrés tous les jeudis pendant au moins 4 mois à l'Assemblée nationale pour analyser les points un par un. Quid de la concurrence déloyale ? Quid de la distorsion de compétitivité ? Quid de la comparaison des régimes fiscaux et sociaux ? Quid de l'inégalité face Ausha sociales ? Quid... de la problématique des requalifications liées à des diplômes manquants. Quid du stage préalable à l'installation ? Quid des assurances décennales ? Tous ces points-là, on les avait vus, on les avait concertés, on les avait analysés, on avait deux missions de l'État, une de l'Aspection générale des finances, une de l'Aspection générale des affaires sociales, qui avait construit un rapport énorme, dans lequel il y avait eu des dizaines, des centaines d'auditions. L'ensemble des fédérations professionnelles avait été challengé, avait des questions précises. On avait des analyses économétriques sur la taille. des auto-entrepreneurs dans le bâtiment et en particulier dans la rénovation, la distorsion de compétitivité par rapport à des chantiers à 5-5 et au crédit TVA réel, c'est-à-dire la balance de TVA entre la TVA collectée et la TVA déductible. Et tout ça nous avait amené à des vraies conclusions, une vraie concertation et au final une acceptation d'un régime qui avait pris sa place dans le paysage entrepreneurial. Là, il n'y a rien eu de tout ça. On a eu une réunion de départ, une réunion d'arrivée, deux audios en one-to-one avec le cabinet de la ministre, ils ont auditionné autour de 50 à 60 fédérations professionnelles qui ont toutes dit « on ne veut pas de cette hausse » , à l'exception du BTP qui a dit « on en veut absolument » .

  • Speaker #1

    D'accord, justement, là tu soulignes un point, peut-être qu'on pouvait se poser la question, quel était l'avis des autres fédérations ? Donc a priori, la plupart sont d'accord avec le message de la FNF.

  • Speaker #0

    On connaît 75% des fédérations qui ont été auditionnées à Bercy, puisqu'elles sont soit adhérentes de la FNAE en parallèle, soit partenaires de la FNAE. Et elles sont sur un groupe WhatsApp commun avec nous, où on partage nos positions, nos analyses, nos sondages, nos points de vue, nos remontées de terrain, nos vidéos, etc. Donc on sait très bien ce qui s'est dit à Bercy. Mais Bercy, dans son communiqué, dit « une majorité des fédérations sont neutres ou favorables » . Déjà, ça ne veut rien dire, soit elles sont neutres, soit elles sont favorables. Et une minorité des fédérations sont opposées. Une minorité des fédérations en nombre ou en nombre d'adhérents ? Vous n'avez rien à dire. Si vous avez rencontré 25 fédérations qui vous ont dit « Nous, on est favorable parce qu'elles sont toutes du BTP » , vous en avez rencontré 25 autres qui sont toutes négatives parce qu'elles ne sont pas du BTP, mais elles représentent 3 fois plus de personnes, ce n'est pas la même façon de présenter les choses que de parler en nombre d'affiliés, ou en chiffre d'affaires d'ailleurs.

  • Speaker #1

    Clairement, il y a une vraie différence de narratif. Parce que moi, j'étais resté justement sur le message du gouvernement qui laissait penser que la FNAU était un peu isolée sur cette position. Et a priori, non. C'est une bonne nouvelle déjà. Oui.

  • Speaker #0

    Très bonne nouvelle. Alors, soyons clairs. La position gouvernementale aujourd'hui, elle est ambiguë. Parce qu'ils disent, on revient à ce qu'on disait au départ, ils disent qu'on ne veut pas dire au BTP qu'on n'a rien gagné. Mais en même temps, on a bien conscience qu'on ne peut pas faire tâche d'huile avec cette mesure sur l'ensemble des autres métiers qui sont globalement très impactés par cette baisse du plafond et qui n'ont rien demandé à personne, et qui ne sont en concurrence avec qui que ce soit, qui sont absolument en concurrence avec qui que ce soit. Jamais, nulle part. Et en plus, un argument supplémentaire qui se retourne un peu contre eux, c'est qu'en Europe, la plupart des pays sont plutôt en train d'augmenter les plafonds de franchise en base quand on regarde l'Italie à 85, ou l'Espagne qui vient de voter 50, alors qu'ils étaient à zéro. Ah oui. La France est en train d'aller à rebrousse-poil de l'ensemble des pays de l'Union. On est encore une fois en train de faire un truc qui n'a pas de sens. Donc ça, on leur dit, je pense qu'ils entendent. Le vrai point, c'est à quel moment on va réussir à atterrir avec ou sans le BTP. Nous, on a une position de principe qui est extrêmement forte. C'est qu'on ne veut pas laisser le BTP sur le côté. Pour deux raisons, essentiellement. La première, c'est que... aucun des arguments qui sont apportés aujourd'hui par les arguments par les fédérations du BTP ne sont valides. Il n'y a pas de concurrence déloyale, ce n'est pas démontré. Quand on fait 2,7% du chiffre d'affaires du secteur, c'est infime. Personne ne peut croire une seconde que 2,7% fassent concurrence au reste du secteur. Trois, quand on parle de la fraude, il n'y a pas plus de fraude chez les artisans auto-entrepreneurs que chez les artisans non auto-entrepreneurs. C'est peut-être même l'inverse. Quatre, il n'y a pas de problème de qualification. Tout le monde aujourd'hui a une qualification professionnelle pour faire ce métier, et c'est même les chambres de métier qui le vérifient.

  • Speaker #1

    Bien sûr, il faut un diplôme ou une expérience de 3 ans.

  • Speaker #0

    Il faut un diplôme ou une expérience de 3 ans, validée d'ailleurs. Et enfin, 5, dans les activités du BTP, je l'ai dit, la TVA est à 5,5 ou à 10, mais en plus de ça, il y a une récupération de la TVA sur le matériel et les matériaux, et donc la véritable collègue de TVA pour l'ETA, c'est Bercy qui nous l'a confié, c'est de l'ordre de 3 à 4. Donc la réalité, c'est que si on peut parler d'une distorsion de concurrence, elle est de l'ordre de 3 à 4 % sur les prix. Donc dans tous les cas, tous ces arguments s'effondrent dès qu'on commence à les creuser. Donc ça, c'est la première raison pour laquelle on dit non. Nous, intellectuellement, on ne peut pas se permettre de convenir avec vous qu'il y a une concurrence déloyale avec le BTP.

  • Speaker #1

    J'ai quand même l'impression, puisqu'il y a beaucoup d'entreprises du BTP qui font appel à des micro-entrepreneurs pour les aider sur des chantiers.

  • Speaker #0

    En plus de ça... sur le terrain, les avis ne sont pas partagés. Et c'est pour ça d'ailleurs qu'on a énormément d'auto-entrepreneurs et d'entrepreneurs individuels qui étaient adhérents à l'UDP ou à la CAPEP qui nous rejoignent en disant « mais en fait, vous êtes les seuls à nous défendre vraiment puisque sur le terrain, on voit bien qu'on en a besoin, nous, les autres entrepreneurs. » Et même en entreprise individuelle, ils adhèrent à la FED. Donc déjà, il y a un vrai sujet entre la distorsion d'un message politique et la réalité du terrain. Puis la deuxième raison pour laquelle on ne veut pas ça, c'est qu'à partir du moment où on ouvre la boîte de Pandore, C'est une première exclusion d'un certain secteur. Mais demain, les coiffeurs et les esthéticiennes vont venir nous voir, disons qu'il y a une concurrence déloyale entre les coiffeurs à domicile et les coiffeurs dans les salons. Et puis après demain, on va avoir la même chose avec les garagistes. On va dire, attendez, moi j'ai un garage, et puis j'apprends qu'il y a des gens qui font de la réparation et des changements de pneus et des menus mis à jour de voitures en auto-entrepreneur. Donc, en fait, ça va s'étendre, ça va faire tâcher. On va avoir à terme 20, 40, 50 professions qui vont nous demander de faire sortir du régime des métiers dont ils ne veulent pas pour précaire. Donc, pour toutes ces raisons-là, il est inentendable, inaudible. en mots français, de se passer une exclusion du BTP à l'occasion de cette loi. Donc on s'y oppose, point final.

  • Speaker #1

    D'accord. Et donc, par rapport à tout ça, il y a déjà eu des actions qui ont été orchestrées. Il y a eu notamment une pétition qui a reçu un grand succès. Les 100 000 signatures ont été... Ils sont arrivés en quelques jours.

  • Speaker #0

    Quelques jours et demi.

  • Speaker #1

    Alors que d'habitude, j'ai ce genre de pétition, mais plusieurs semaines, plusieurs mois, à avoir les 100 000 signatures. Il y a eu aussi un grand élan avec tous les courriers envoyés aux députés de la part des micro-entrepreneurs pour témoigner de l'injustice à laquelle ils font face. Et puis, il y a eu aussi la super vidéo que la FNE a partagée avec les nombreux témoignages. La prochaine étape, qu'est-ce que c'est ?

  • Speaker #0

    Alors, il y a deux étapes. Il y a une étape, on va dire plutôt de pression parlementaire qui continue, qui va reposer essentiellement sur la suite que le Sénat va donner à notre pétition, puisque la conférence des présidents va se saisir du sujet. On leur a écrit pour leur demander comment ils allaient faire les choses. A priori, il y a une mission flash qui va être menée par quelques sénateurs sur le sujet.

  • Speaker #1

    On a une idée à peu près des délais que ça peut prendre ?

  • Speaker #0

    Non, mais ça va être rapide, parce que de toute façon, quand ils parlent de mission flash, ils parlent d'une à deux semaines. Leur objectif, de toute façon, ils sont assez convaincus par la situation. Ils voient bien qu'il n'y a pas besoin d'une fronte fiscale supplémentaire aujourd'hui. Et clairement, pour faire plaisir au BTP, on ne va pas mettre à terre un million d'auto-entrepreneurs, dont 250 000 qui sont impactés immédiatement. Donc clairement, je pense qu'il y a un premier combat parlementaire et notamment au Sénat. On en a un autre qui concerne les propositions de loi qui sont déposées. Je rappelle qu'il y en a quatre. Ces propositions de loi cherchent toutes aujourd'hui une niche parlementaire pour être votées. Donc ça, c'est un grand enjeu en termes de gain de temps. On est en relation avec un certain nombre de députés. En tout cas, on connaît tous les députés qui ont déposé des propositions de loi. On a des auditions assez régulières avec eux. On se téléphone assez souvent. Et on essaie de voir comment ils peuvent orchestrer ça dans une semaine transpartisane, par exemple, ou lors d'une niche parlementaire. Ça, c'est plutôt parlementaire et politique.

  • Speaker #1

    Je rebondis sur ces propositions de loi. Maintenant, ça fait déjà plusieurs semaines qu'elles ont été déposées. Oui. Pour les micro-entrepreneurs qui nous écoutent et qui n'ont peut-être pas l'habitude du process, après avoir fait une proposition de loi, combien de temps il faut attendre aussi pour faire une action ?

  • Speaker #0

    C'est rapide, ça peut être très long. Une proposition de loi, soit il y a une niche parlementaire qui arrive, et il y a très peu de niches parlementaires, il y en a une par parti et par an, qui arrive assez vite et les textes pour cette niche parlementaire ne sont pas encore fixés. Et donc le député peut glisser sa proposition de loi dans la niche parlementaire. Et à ce moment-là, on la met en séance publique, on la fait voter en séance publique. Et à partir du moment où elle est votée en séance publique, là, elle commence sa navette, donc elle retourne au Sénat, elle va au Sénat, les sénateurs font la même chose, et ensuite, ça revient à l'Assemblée et c'est voté. Ça, ça peut être effectivement très rapide, mais ça peut être très lent, puisque comme il n'y a qu'une niche parlementaire par an et par groupe, il faut attendre parfois 3, 4, 5 mois pour que quelqu'un arrive à glisser un texte. Évidemment, ça peut faire peur. Il y a d'autres manières de faire. Il y a le fait que le gouvernement veut faire un projet de loi. Si le gouvernement dépose un projet de loi qui arrive à l'Assemblée, les députés peuvent aussi l'amender, avec ou pas l'aval du rapporteur général du gouvernement. Donc évidemment, on peut prendre n'importe quel projet de loi qui viendrait traiter le cas des autres entrepreneurs de la TVA et en modifier substantiellement la rédaction pour qu'il abroge tout ce qui a été prévu dans le projet de loi de finances et dans le projet de loi. Et puis après, on peut faire aussi d'autres techniques. qui est de faire un amendement sur un texte qui n'a rien à voir. On laisse passer un texte, on l'amende dans ce texte en rajoutant un article qui dit « à propos de la TVA, je change la règle, je reviens au 1er janvier 2025, mais le risque étant que ce soit jugé comme un cavalier, ce qu'on appelle un cavalier, c'est-à-dire un cavalier budgétaire, et en fait, on ajoute sur un texte qui n'a rien à voir avec le texte. »

  • Speaker #1

    D'accord. Évidemment,

  • Speaker #0

    si quelqu'un attaque ce texte au Conseil constitutionnel, l'article tombe.

  • Speaker #1

    C'est peut-être pas la façon la plus noble.

  • Speaker #0

    C'est pas la façon la plus claire. Maintenant, s'il faut passer par là, pourquoi pas. Je pense qu'on va peut-être pouvoir y arriver aussi. En tout cas, on essaye toutes les pistes et on est assez bien conseillés sur ce sujet. faire rentrer ça au bon endroit et au bon moment, et en tout cas avant le 1er juin. Le 1er juin n'est pas non plus une des butoirs à avoir absolument en tête comme un voyant rouge. Pourquoi ? Parce qu'en fait, il peut se passer plein de choses. Après le 1er juin, le gouvernement peut encore repousser la mise en œuvre, surtout si la gronde continue et si le texte n'a pas fini sa navette. C'est aussi une raison administrative. Et puis, n'oublions pas qu'on est dans une forme d'instabilité parlementaire et que rien n'indique que dans 3, 4 ou 5 mois, le gouvernement ne sera pas en fonction et le Parlement n'aura pas été dit. La prochaine dissolution, c'est septembre, je crois. Mais potentiellement, je ne vais pas dire que ça va être fait, potentiellement septembre. Donc, il peut y avoir aussi des choses qui se passent dans l'intervalle qui font que ça n'évolue pas comme prévu.

  • Speaker #1

    C'est vrai, après, on peut se projeter aussi loin, mais là, la suspension, elle va jusqu'au 1er juin.

  • Speaker #0

    Oui,

  • Speaker #1

    donc les micro-entrepreneurs, sans message clair du gouvernement, c'est vrai qu'il y a toujours plein de questions qui demeurent. Et en plus de vraiment la crainte de l'abaissement du seuil, je pense que la gronde vient aussi du fait que le message n'est pas clair sur ce qui peut se passer au 1er juin ou pas. Donc là, tu sembles nous rassurer. je pense, au portail auto-entrepreneur, les personnes qui regardent ça aussi ont tendance à être rassurants, mais pour les personnes qui n'ont pas le nez sur l'actualité, c'est vrai que on peut vraiment voir cette date du 1er juin comme, oui, je dois appliquer la TVA dès les 25 000 euros.

  • Speaker #0

    Alors, c'est la raison pour laquelle nous on appelle à manifester le 25 mars. En fait, il faut qu'on maintienne la pression pour que vraiment, et j'insiste là-dessus, on soit le plus clair possible au 1er juin. Le monde idéal, c'est le 1er juin, le texte était définitivement abrogé, on n'en parle plus, et on enterre l'âge de guerre avec le BTP, si il y a encore une raison de faire la guerre, et on passe à autre chose. Si les gens viennent le 25 mars, il faut qu'ils viennent pour cette raison, c'est-à-dire qu'on ne peut pas piloter une entreprise si petite soit-elle, avec autant d'incertitudes, autant de mépris de la part du gouvernement, une règle rétroactive, qui plus est rétroactive par rapport au chiffre d'affaires rédé en 2024. on en parlera peut-être, mais nous, on est prêts à aller au conseil parce qu'une QPC, une question prioritaire de constitutionnalité, a toutes les chances d'aboutir. Et ce qui est certain, c'est que venir le 25 mars pour dire ça, c'est remettre, en fait, dans le réel, un certain nombre de fonctionnaires, de décideurs, d'élus, qui n'ont pas compris comment fonctionnait une entreprise au quotidien, qui n'ont pas compris l'hétérogénéité des situations du régime, qui n'ont pas compris la... panade dans laquelle ils sont en train de mettre les gens avec des règles pas négociées, pas discutées, pas préparées, pas pédagogiques, pour certaines inapplicables, quand on regarde les gens qui sont en brocante, qui ne peuvent pas récupérer la TVA, parce qu'ils achètent des objets de deuxième cycle, troisième cycle, évidemment auprès des particuliers qui ne facturent pas la TVA, puisque c'est de l'achat de passion. Je veux dire, on découvre, en fait, les gens ont l'impression de découvrir ... comment fonctionne une boîte en France. Donc venez, c'est vraiment un appel, venez le 25 mars, dans la rue, il y a 15 villes en France, vous pourrez le dire, venez montrer à la presse, il y aura des parlementaires qui seront avec nous, je pense à l'Assemblée Nationale, venez montrer à tous que le 25 mars, on va déterminer à ce que ce truc ne passe pas.

  • Speaker #1

    Donc dans 15 villes différentes, il y aura donc à Paris, à l'Assemblée,

  • Speaker #0

    c'est ça ? On espère, on espère, à l'Assemblée Nationale, oui.

  • Speaker #1

    D'accord. Donc on va partager la carte que la FNE a déjà partagée avec les différentes villes où auront lieu les points de rassemblement, où seront les points de rassemblement pour cette manifestation. On va arriver à la fin de cette interview. J'ai deux grandes questions pour toi, plus tournées vers l'avenir, mais peut-être un avenir un peu plus lointain. Avec toute ton expérience, comment tu vois l'avenir de la micro-entreprise aujourd'hui ?

  • Speaker #0

    Alors, c'est une question qui pourrait nous occuper pendant trois heures, mais il y a deux choses qu'on peut dire. La première, c'est que je pense que le régime s'est suffisamment installé dans le paysage entrepreneurial. On l'a vu d'ailleurs à l'occasion de la journée des droits des femmes, où le régime a énormément féminisé la classe d'entreprise, alors que ce n'était pas du tout le cas dans les entreprises de droit commun. C'est un régime qui couvre, on l'a vu, des réalités tellement différentes. qui couvre beaucoup de ruralité aujourd'hui où on a vraiment des sujets de désertification économique, de précarité dans certains cas. C'est un régime qui a répondu aussi à l'économie de plateforme avec d'ailleurs plus ou moins de bonnes raisons, mais qui couvre aujourd'hui des livrars à vélo, des VTC. des gens qui font du bricolage, du service à la personne, etc. Donc je pense que, même si ce n'est jamais complètement gagné, d'ailleurs on le voit avec la TVA, le régime de l'auto-entrepreneur s'est installé durablement et me semble être vraiment plébiscité à la fois par les Français, mais aussi par un certain nombre d'élus. Je n'aurais pas imaginé, et c'est une grande découverte de cette année 2025, qu'on arrive à avoir une telle alliance. à l'Assemblée, entre les députés de la France Insoumise, les députés du Rassemblement National, les députés centristes, autour du fait que le régime, c'est intouchable. Mais c'est parce qu'il est hétérogène et parce qu'il recouvre tellement de réalités sociales différentes que finalement, tout le monde va m'aider à sa porte avec le régime.

  • Speaker #1

    Aujourd'hui, on a tous un micro-entrepreneur dans sa vie, on connaît tous un micro-entrepreneur, ce qui n'était pas le cas peut-être il y a une dizaine d'années.

  • Speaker #0

    Ce n'est pas encore le cas. Et on sait tous qu'on sera tous un jour ou l'autre micro-entrepreneurs pour une raison ou pour une autre. transition entre deux jobs, début de retraite, fin de mission, début d'études, il y a toutes les raisons qui font qu'un jour ou l'autre on peut facturer un peu une prestation, un conseil, trois travaux, enfin bref, même si c'est des travaux réglementés, je rappelle, on va mettre les trucs dans du BTP. Donc ça c'est la première chose, c'est que je pense qu'on a un régime qui est stabilisé. La deuxième chose c'est qu'on a encore beaucoup à faire pour consolider dans les prochaines années. On a des enjeux. Autour de la protection sociale, je pense notamment à la retraite. Nous, on se bat pour que les gens puissent cotiser de manière volontaire à quatre trimestres de retraite, même quand ils n'ont pas atteint le chiffre d'affaires minimum, pour éviter une bombe à retardement dans les prochaines années. On a des sujets encore sur la maternité et sur les années journalières. On a des sujets sur l'accès au travail, parfois, ça peut se poser. On a des sujets sur le travail avec les plateformes. On est en train de mettre en place le précompte pour que la plateforme cotise. versent la cotisation au nom et pour le compte de l'auto-entrepreneur. Mais c'est un travail, c'est un peu complexe, il y a beaucoup de sujets qui ressentent ce moment avec eux. On a des sujets sur la fraude, où on continue à travailler de manière pédagogique. On a un grand slogan, « Frauder, c'est se tirer une balle dans le pied » . On essaie d'amener les auto-entrepreneurs à comprendre les droits contributifs, à les amener vers plus de responsabilités. Et voilà, ces sujets, on en a quand même quelques-uns. On a aussi des sujets sur la formation de manière générale, notamment la compétition administrative du régime. Mais tout ça, ça viendra avec le temps. On a encore, je pense, cinq années solides de combat et d'avancée pour faire en sorte que le régime soit quasiment parfait. Ça ne sera jamais vraiment parfait. Ça peut être mieux qu'aujourd'hui et c'est déjà beaucoup mieux qu'hier.

  • Speaker #1

    Bien, merci pour cette jolie analyse. Tu ne dois pas échapper à la question habituelle qui termine et qui clôture chaque épisode du podcast Auto-Entrepreneur. Je pense que tu es tellement bien placé que ce... Je vais pouvoir aider beaucoup de monde. Quel conseil tu donnerais à une personne qui hésite à se lancer dans la micro-entreprise ? Qui est là, qui a un projet, mais qui hésite.

  • Speaker #0

    Alors moi je dirais, déjà il ne faut pas hésiter, parce qu'il n'y a pas de raison. Ça reste simple, sans risque, et finalement assez carré, assez bordé. Ce n'est pas comme envisager de grimper au sommet de l'Everest. Donc ne pas hésiter, je pense que c'est une bonne chose. Deux, se faire accompagner. Il y a pas mal de structures aujourd'hui qui sont crédibles sur le marché, qui accompagnent, sans investir des milliers d'euros. Mais se faire accompagner intelligemment, ça ne mange pas de pain, c'est toujours utile. Et mon troisième conseil, c'est que ça sera toujours une super expérience. Ça sera toujours une super expérience, même si ça ne va pas loin, même si c'est un peu compliqué de trouver des clients, ou de satisfaire, ou de lancer un service, ou de s'installer une clientèle récurrente. Ça sera toujours une bonne expérience, ça permettra de voir aussi un autre aspect de l'économie et du travail, tout simplement le poste salarial. Donc je pense que dans tous les cas, ça vaut le coup d'être joué.

  • Speaker #1

    Merci beaucoup Grégoire pour tes conseils et ton temps. Je crois que ton calendrier est très rempli, alors je ne veux pas te conserver plus longtemps. C'était un vrai plaisir de pouvoir échanger avec toi sur la micro-entreprise et puis sur l'actualité. Puis j'espère à une prochaine fois au podcast Auto-Entrepreneur.

  • Speaker #0

    Avec plaisir, merci Thomas. A bientôt.

  • Speaker #1

    Merci à vous d'avoir écouté cet épisode du podcast Auto-Entrepreneur. J'espère que vous avez pu trouver les réponses à vos questions concernant l'actualité et l'abaissement du seuil de TVA. Concrètement, aujourd'hui, nous n'en savons pas beaucoup plus sur ce qui va advenir de cette loi. Les signaux peuvent être positifs avec notamment le soutien de nombreux députés, avec la FNAE qui a fait entendre sa voix et surtout celle des nombreux micro-entrepreneurs qui avaient des craintes. Mais aujourd'hui, la mobilisation continue. La prochaine étape, ce sera la manifestation, ou je dirais plutôt les manifestations, le 25 mars dans 15 différentes villes en France. Je vais vous mettre toutes les informations dans la description de cet épisode pour que vous puissiez retrouver les points de rassemblement. Quant à nous, nous nous retrouvons bientôt pour un nouvel épisode hypnotique. Je ne vous en dis pas plus. D'ici là, prenez soin de vous et de votre entreprise.

Chapters

  • Introduction

    00:00

  • Qui est Grégoire Leclercq

    01:48

  • L'anecdote de la CFE

    05:01

  • Qu'est-ce que la FNAE et pourquoi adhérer

    10:55

  • Comment la FNAE a appris pour la réforme

    19:24

  • Pourquoi le gouvernement fait cette réforme

    22:17

  • Que craignent les micro-entrepreneurs avec cette réforme ?

    25:08

  • Le cas du BTP

    27:52

  • Les actions de la FNAE contre la réforme

    35:22

  • Quel avenir pour la micro-entreprise

    43:41

  • Les conseils de Grégoire Leclercq aux micro-entrepreneurs

    47:21

  • Conclusion et fin

    47:21

Description

Dans cet épisode, Romaric accueille Grégoire Leclerc, le président de la FNAE.

La FNAE est le premier syndicat des micro-entrepreneurs. En février 2025, elle est devenue leur porte parole dans le combat contre l'abaissement du seuil de TVA à 25 000€.

Cette discussion répond aux nombreuses interrogations autour de la réforme de la TVA.

  • Quelles sont les motivations initiales du gourvernement ?

  • Quelles sont les craintes des entrepreneurs ?

  • Quelle est la situation après les concertations des différentes fédérations ?

  • Quelles sont les prochaines actions orchestrées pour faire entendre la voix des défenseurs de la micro-entreprise ?

  • Quels sont les motifs d'espoir ?


Grégoire partage aussi les premiers défis et les motivations derrière la création de la FNAE.
La conversation explore également le rôle de la FNAE dans la défense des intérêts des micro-entrepreneurs.

Découvrez la vision optimiste qu'il partage sur le futur du régime de la micro-entreprise dans cet épisode riche en informations.

📢 Rejoignez la manifestation du 25 Mars !
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Crédit musical :

Yaki Tori by Smith The Mister https://smiththemister.bandcamp.com

Smith The Mister https://bit.ly/Smith-The-Mister-YT

Free Download / Stream: http://bit.ly/-yaki-tori

Music promoted by Audio Library https://youtu.be/oZ0U4Q5epUs  


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Donc venez, c'est vraiment un appel, venez le 25 mars dans la rue, il y a 15 villes en France vous pourrez le dire, venez à la presse, il y aura des parlementaires qui seront avec nous, je pense à l'Assemblée Nationale, venez montrer à tous que le 25 mars on va déterminer à ce que ce passe, ce truc ne passe pas. Bonjour, c'est Romaric,

  • Speaker #1

    bienvenue sur le podcast Auto-Entrepreneur. Vous n'avez pas pu le rater, c'est le sujet bouillant de ce début d'année concernant la micro-entreprise. Et oui, je veux bien évidemment parler de la loi visant à abaisser le seuil de TVA à 25 000 euros, et ce, quelle que soit l'activité. Pour en parler, aujourd'hui, j'ai la chance et le plaisir de recevoir Grégoire Leclerc. Son nom ne vous dit peut-être rien, et pourtant, c'est la voix qui représente les micro-entrepreneurs lors des concertations avec le gouvernement. Grégoire Leclerc est le président... et fondateur de la FNAE. Dans cet épisode, nous allons revenir sur les raisons qui l'ont amené il y a plus de 15 ans à créer la FNAE. Nous reviendrons sur les différents combats qu'il a déjà mené pour défendre le régime de la micro-entreprise et surtout nous nous attarderons sur le sujet de l'actualité en voyant quelles ont été les motivations du gouvernement pour tenter d'abaisser ce seuil de TVA, quelles sont les craintes majeures. des micro-entrepreneurs et surtout il nous aidera à y voir un peu plus clair pour savoir où nous allons aller dans les semaines à venir. Vous voulez en savoir plus sur cette loi visant à abaisser le seuil des TVA ? Alors cet épisode est pour vous. Bonne écoute ! Pour cet épisode du podcast auto-entrepreneur, nous accueillons non pas un micro-entrepreneur, mais le président de l'FNAE et la voix actuellement. des micro-entrepreneurs. Bonjour Grégoire.

  • Speaker #0

    Bonjour Marc.

  • Speaker #1

    Comment vas-tu aujourd'hui ? Je sais que l'actualité est dense pour toi, mais comment vas-tu ?

  • Speaker #0

    Eh bien, ça va bien. On est obligés par cette actualité de se battre. Effectivement, j'ai presque dit nuit et jour. Donc ça va, c'est un peu tendu et c'est un peu long. Effectivement, on espère tous, évidemment, une sortie la plus rapide possible de cette crise. Malheureusement, ce n'est pas encore le cas. Donc voilà. On est très motivé, un peu fatigué, mais on tient le choc.

  • Speaker #1

    On espère un dénouement rapide. Bien évidemment, on va revenir sur toute l'actualité liée à l'abaissement du seuil de TVA à 25 000 euros pour les micro-entrepreneurs. Mais on va commencer par te présenter toi. En quelques mots, qui est Grégoire Leclerc, le président de la FNE ?

  • Speaker #0

    C'est facile de se présenter. Je suis Grégoire Leclerc, j'ai 42 ans. Donc j'ai fondé la FNAE un peu sur une intuition de départ en 2009, quand le régime s'est créé. J'étais étudiant et avec quelques copains, j'étais assez convaincu qu'il manquait un peu un esprit de corps et une communauté qui soit organisée autour des grandes questions qu'il y avait à l'époque sur l'émergence du régime. Le régime était tout neuf. Donc j'ai eu cette idée. En avril 2009, on s'est dit, allez, on va la soutenir. structuré un peu sous forme associative. La FEDEF est née en avril et puis en octobre, on a eu nos premières cotisations en 2009. Et pendant un an, on a essayé de structurer un peu l'offre en se disant qu'est-ce que nous adhérons en recherche. On a commencé par un forum, on a dit que ce n'était pas forcément ça. On a lancé les premiers services et puis on a commencé à faire nos armes vraiment syndicales. On n'avait pas du tout l'impression et l'envie de monter un syndicat, mais c'est devenu un syndicat de fait. Nos premières armes... En 2010, avec la CFE, c'était un des premiers combats qu'on a menés, qu'on a gagné d'ailleurs. Et on a été convoqué pour la première fois au ministère cette année-là, toujours là. Et on a tenu devant le ministre un discours extrêmement ferme, de toute façon, maintenant c'est nous qui allons défendre les autres entrepreneurs, etc. Ça a commencé comme ça.

  • Speaker #1

    Parce que toi, à ce moment-là, tu étais micro-entrepreneur ?

  • Speaker #0

    Bien sûr, bien sûr.

  • Speaker #1

    Et sur quelle activité ?

  • Speaker #0

    Moi, en fait, j'ai été étudiant en école de commerce. J'avais développé une petite activité de conseil et de développement de site web. Je faisais vraiment au début un peu de l'informatique basique. Petit à petit, je me suis un peu spécialisé. J'ai fait beaucoup de conseils en maîtrise d'ouvrage. Et puis après, les années ont passé. Et aujourd'hui, je n'exerce plus qu'une activité d'enseignement en tant qu'entrepreneur.

  • Speaker #1

    D'accord. Donc, tu as gardé le statut ?

  • Speaker #0

    Oui, je suis toujours entrepreneur. J'exerce à peu près entre 8 et 12 000 euros chez l'affaire à l'année. Et essentiellement, vos activités de formation, je donne des cours de microéconomie et d'économie digitale.

  • Speaker #1

    D'accord. Et donc, comme tu l'expliquais, c'était une idée avec tes camarades étudiants pour débuter la FNAE. Donc là, tu expliquais, l'une des premières raisons, c'était pour la CFE ?

  • Speaker #0

    Oui, l'une des premières batailles.

  • Speaker #1

    Et comment s'est passé ? Tu peux nous en dire plus sur cette première bataille, justement ?

  • Speaker #0

    Alors, en fait, on venait d'avoir une première communauté qui commençait à se structurer. On avait déjà peut-être… je dirais entre 3 et 4 000 adhérents, peut-être 5 000. On avait près de 10 000 sympathisants qui commençaient à nous suivre. On avait quelques outils numériques. C'était un peu bricolé, c'était un peu artisanal. Et on était très, très, très en prise. C'est le cas aujourd'hui. On est toujours restés très en prise avec le terrain. Et on voit très vite les premiers avis de CFE tomber dans les boîtes mail. En plus, c'était mal fait parce que ce n'était pas forcément envoyé par mail. C'était sur le compte impôts.gouv. Il n'y avait pas de notification. Les gens découvraient ça. au dernier moment et on se dit mais qu'est-ce que c'est que cette histoire ? D'où on a une CFE à payer ? Ça n'avait jamais existé parce que la première année du régime, c'était l'année de la réforme de la taxe foncière, la taxe professionnelle à l'époque. Et donc, on n'avait pas eu en 2009 et en 2010, ça tombe. Et là, tout de suite, on se mobilise et on a commencé, en fait comme cette année, c'est-à-dire qu'on a commencé à faire des premiers sondages, voir quels étaient les montants moyens, comment les gens allaient être impactés par cette impôt. Très vite on a commencé à faire nos premières lettres aux différents ministères. La gronde est montée très vite dans la presse. On a une de nos premières adhérentes qui nous a donné un coup de main. C'est ça qui est génial avec la FEDE, c'est qu'il y a toujours des bénévoles un peu partout qui se joignent au combat. Ils me disent « moi je suis spécialiste en relations presse, je vais vous aider à faire un communiqué et on va l'envoyer partout » . Ça s'est décanté très vite, on est un super artiste dans les échos. Ça a été repris par l'AFP, puis une fois que c'est repris par l'AFP, c'est repris par 50 journaux, toute la presse quotidienne régionale en l'article. Et donc le ministre a vu que ça grondait très vite, ils ont dit non, non, mais ça c'est pas possible, on n'avait pas identifié nous-mêmes les choses. C'est un geste fiscal parce que c'est l'impôt en moins, mais en même temps il n'était pas prévu de rentrer dans les caisses, c'est pour le même débat. Et en plus il ne va pas forcément rentrer parce que les gens ne vont pas payer. Bref, et donc il y a eu une rencontre ministérielle avec Frédéric Lefebvre, qui était le ministre à l'époque. Et on a, voilà, en 15 jours,

  • Speaker #1

    on a fait tomber le truc. Et comment t'as senti ? C'était la première fois, j'imagine, que tu rencontrais des ministres. Tu devais être relativement jeune, à peu près 25 ans, j'imagine, à ce moment-là ?

  • Speaker #0

    Oui, c'est pas de 7 ans.

  • Speaker #1

    Ouais. Comment s'est passée cette première rencontre ? Ça doit être assez impressionnant.

  • Speaker #0

    Après, on y va, mais c'est un peu comme toujours. Alors aujourd'hui, c'est sûr que c'est très différent, parce qu'aujourd'hui, on y va avec, évidemment, la force de l'expérience. La taille importante du nombre d'adhérents, etc. C'est autre chose. La représentativité de la FED est bien autre que ce qu'elle était à l'époque. Mais à l'époque, j'y vais en me disant de toute façon, on y va avec la force de conviction qu'on peut avoir. C'est-à-dire que j'avais bien senti que côté gouvernemental, ils n'avaient pas vu le truc venir. Donc je me dis, en fait, on est plus fort qu'eux. C'est une mesure qui ne va pas leur coûter non plus si chère que ça. Et en plus, c'est quand même un gouvernement, c'était encore l'époque Sarkozy. Et donc c'est un gouvernement qui a l'entrepreneuriat au cœur et qui cherche à développer et à construire un régime qu'ils viennent à peine d'installer, mais qui ne peuvent pas être contre nous. Donc je me rassurais avec ce que je pouvais. C'était déjà plus Erwann Lobény qui était ministre, c'était Frédéric Lefebvre qui l'avait remplacé. Mais je me disais, de toute façon, il n'y a pas de raison. Au moins, ils vont nous écouter. Puis si jamais on n'est pas entendu, au moins on aurait été reçu. C'est déjà une première victoire. Voilà, bon. Ça s'est pas trop mal passé, il faudrait que le fève a été très compréhensif et je me rappelle que ça s'est clôturé avec un motard de la gendarmerie qui a amené au siège de la FED un courrier en disant par décision ministérielle, nous avons suspendu la mesure et donc elle ne sera pas appliquée cette année et les années suivantes d'ailleurs. D'accord. Donc ça a été top.

  • Speaker #1

    Justement, petit aparté par rapport à ce premier sujet, la CFE, toi, aujourd'hui... Qu'est-ce que tu en penses ? Est-ce que par rapport à ton premier combat, tu trouves que c'est encore juste pour les micro-entrepreneurs ?

  • Speaker #0

    Je ne sais pas si je dirais ça. Je pense que la CFE, en fait, il y a eu plusieurs débats. La CFE, ça a été pendant longtemps une exclusion. C'est-à-dire qu'on a réussi à se battre assez longtemps pour qu'elle soit complètement exclue du régime. Après, je comprends qu'au niveau local, toutes les agglomérations qui en fait lèvent cet impôt... fasse en sorte qu'il soit équitable et que tout le monde en profite parce que c'est vrai qu'il y a des services locaux qui sont mis en oeuvre pour les auto-entrepreneurs et pour tous les travailleurs et pour tous les commerçants, tous les artisans, tous les professionnels libéraux. Donc que les gens continuent à la payer, je ne suis pas forcément opposé à cette idée. En revanche, je suis toujours très opposé, c'est un combat qu'on mène depuis le début, on demande à ce que cette CFE soit calculée en pourcentage du chiffre d'affaires comme l'ensemble des autres impôts. Ça serait quand même beaucoup plus simple, on parle d'une simplification, et en plus c'est une justice parce que finalement celui qui fait très peu de chiffre d'affaires, il n'est pas forcément exonéré, mais il paye un tout petit peu d'impôts local, et celui qui fait beaucoup de chiffre d'affaires, il a peut-être été beaucoup plus aidé par ses parties prenantes locales, et donc c'est logique que lui, il fasse un peu plus de cotisations locales. arriver à négocier qu'un jour ou l'autre, on paye en pourcentage du chiffre d'affaires et pas de manière forfaitaire comme ça, un impôt qui est très difficile à calculer.

  • Speaker #1

    On ne va pas trop s'étaler sur la CFE aujourd'hui, ce n'est pas le sujet, mais je pense qu'il y aurait pas mal de choses à dire, notamment les différents taux selon les communes. Donc, tu nous disais que très rapidement, La FNAE a eu plusieurs milliers de membres. Aujourd'hui, la FNAE a un peu plus de 15 ans. Où elle en est ? J'ai lu qu'il y avait déjà 80 000 adhérents. J'imagine qu'il y a eu une grande augmentation du nombre d'adhérents durant les dernières semaines. Aujourd'hui, où en est la FNAE ?

  • Speaker #0

    Si on fait un tout petit peu d'histoire sur la FNAE, en fait, on a eu trois grandes périodes où on a progressé. On a eu une période assez fondamentale avec ce qu'on a appelé les poussins à l'époque, c'était en 2013, quand le gouvernement, je crois que c'était Jean-Marc Thiraud qui était Premier ministre, juste après l'élection de François Hollande, a voulu très rapidement remettre un coup d'arrêt au dispositif. C'était les poussins, on s'est beaucoup battus. Là, on est passé en gros de 15 000 à 30 000 adhérents. On a dû à peu près doubler notre nombre d'adhérents. Un combat qui a été très long, avec Laurent Grand-Guillaume, ça a été une histoire... hyper forte, ça a structuré la fédé, ça a donné une première assise et une première vraie crédibilité. On a gagné ce combat. La deuxième période qui nous a énormément renforcés, c'est bien sûr le Covid, où là on a été extrêmement actifs. En plus, on était l'une des seules organisations professionnelles à avoir mis en place des lives, donc on avait vraiment un rituel avec des lives. Toutes les semaines, pendant quatre mois, on a parlé à nos adhérents, on les a défendus avec le Fonds de solidarité. On a discuté énormément avec le ministre, on discutait en direct. Moi, j'avais le portable de la ministre en charge des PME et toutes les semaines, on se faisait un point. On échangeait les mères très efficaces.

  • Speaker #1

    C'est un peu pareil aujourd'hui, j'imagine ?

  • Speaker #0

    Aujourd'hui, les pages ne sont pas sans portable. C'est un peu différent, non, c'est pas différent. Mais en tout cas, à l'époque, c'était très constructif et elle avait pris sur elle de faire ça et on a vraiment compris des choses super. Donc là, on a dépassé, à partir du Covid, on a dépassé les 60 000 adhérents. C'est ce qui a permis la représentativité du coup. Donc on a gagné la représentativité à ce moment-là. Et puis évidemment la troisième période très forte, c'est celle qu'on vit en ce moment avec la TVA. Donc là, on a dépassé 80 000 adhérents effectivement. Donc ils ne se verront pas sur la prochaine mesure de la représentativité parce qu'on l'a déjà déposée, mais ils se verront sur celle d'encore après, dans les années 2030. Et donc là, on a clairement... Oui, une FED qui est représentative, qui est très structurée. J'ai un peu coutume de dire qu'on est devenu un peu une machine de guerre parce qu'avec nos outils digitaux et notre capacité à parler aux auto-entrepreneurs avec des cotisations très faibles en montant, on a une force et un volume assez important. Et on arrive même à aller chercher aujourd'hui des auto-entrepreneurs qui étaient adhérents à l'UDP, qui étaient adhérents à la CAPEB, qui étaient adhérents au MEDEF et qui ne se sont pas représentés par ces syndicats-là. Oui,

  • Speaker #1

    parce qu'aujourd'hui, à part la FNAE, pour les micro-entrepreneurs, il n'y a pas trop de choix pour adhérer à une fédération qui les représente aussi bien.

  • Speaker #0

    Non, je suis d'accord. Je vais changer ça, deux secondes, j'ai plus de batterie. Ça va être pareil. Il n'y a pas beaucoup de... Tu m'entends toujours, c'est bon ? Oui,

  • Speaker #1

    il n'y a pas de problème.

  • Speaker #0

    Je t'entends très bien. Il n'y a pas beaucoup de fédérations qui sont vraiment dédiées au régime. On a des gros syndicats comme le MEDEF ou l'UFDP, mais qui en fait agrègent au sein de leur branche énormément de métiers et surtout de régimes fiscaux et sociaux différents. À la FEDE, notre vraie raison d'être, notre vrai savoir-faire, c'est d'abord de défendre un régime et donc une philosophie d'entrepreneuriat. Entreprendre, c'est un peu notre baseline, c'est le droit d'entreprendre pour tous. C'est ça qu'on défend. Et donc évidemment que on est... des adhérents dans le bâtiment, qu'on ait des adhérents dans les services à la personne, qu'on ait des adhérents dans les productions informatiques, qu'on ait des adhérents dans le conseil, qu'on ait des adhérents dans la restauration rapide, qu'on ait des adhérents dans les gilets de chambre d'hôte, en fait, c'est normal, parce qu'on couvre une hétérogénéité de métiers, on couvre 180 métiers dans notre entreprise, mais... On est d'abord là pour les aider à défendre leur régime fiscal et social, leur simplification administrative et tout ce qui va avec.

  • Speaker #1

    Donc là, tu as très bien expliqué le rôle aujourd'hui de la FNAE. Aujourd'hui, on sent même que le rôle est encore plus grand que ça, parce que vous êtes le porte-parole des micro-entrepreneurs en général, et pas uniquement des adhérents. En tout cas, ces dernières semaines, c'est vraiment l'impression que ça m'a donné. Mais il y a quand même une question qui... Pour aller dans le sens de la FNAE, quel est le plus, pourquoi adhérer à la FNAE ? Alors que déjà, on voit que vous êtes là pour aider tout le monde.

  • Speaker #0

    Alors, c'est une très bonne question. Il y a deux réponses à ça. D'abord, il faut, et je pense que ça, il y a pas mal de gens qui l'ont compris, mais malheureusement pas tous, il faut qu'on soit de plus en plus nombreux dans cette structure. Cette fédération, elle ne nous appartient pas, elle n'appartient pas à l'équipe dirigeante, elle n'appartient surtout pas aux bureaux ou aux administrateurs. D'ailleurs... On est tous bénévoles et on est là pour un temps fini. Je ne vais pas faire encore 15 ans à la FEDE, donc de toute façon la FEDE va suivre à tout ça. Il va y avoir d'autres personnes qui vont reprendre le flambeau, et donc c'est important que les gens, par esprit syndical et par esprit de représentativité et de volume, nous rejoignent, dans tous les cas. Même s'il y a déjà 80 000 personnes qui ont fait ce choix-là, mais il pourrait y avoir 80 000 autres personnes qui fassent ce choix-là. Ce serait tout à fait normal au regard de la population globale, des 1,5 million de Français qui sont dans le préjugé. Ça, c'est la première raison. Donc l'union fait la force, clairement. La deuxième raison, c'est qu'on a, quand on est adhérent chez nous, des services. Et on a des services qui, pour certains, sont extrêmement centraux dans l'accompagnement d'un auto-entrepreneur. Comme on a eu le coutume de le dire, un auto-entrepreneur seul, c'est un auto-entrepreneur en danger. On a besoin d'une communauté et de services d'accompagnement. On fait de la médiation, on a un service de médiation qui est obligatoire pour tous les gens qui font du particulier. On a un service... de guides juridiques, de hotlines juridiques qui accompagnent vraiment l'auto-entrepreneur sur toutes les problématiques qu'il peut avoir et qu'il peut rencontrer avec l'URSSAF, avec les impôts, avec un client, avec un fournisseur, avec un bailleur. Tout ces sujets...

  • Speaker #1

    La palette.

  • Speaker #0

    Exactement. Et c'est central parce que dans d'autres fédérations, ils trouveront ce type de service mais à des prix beaucoup plus élevés ou alors ils ne les trouveront pas. Ils feront comme s'ils n'en ont pas besoin. sur les assurances c'est pareil sur les mutuelles c'est pareil il y a tout un tas de services on a un club aussi qui permet d'avoir des réductions sur beaucoup de choses, un club achat c'est assez apprécié, c'est très apprécié et donc tous ces points là font que on peut nous rejoindre aussi par intérêt personnel c'est qu'on n'est pas obligé d'avoir forcément de l'activité et une envie de défendre une communauté mais on peut aussi avoir besoin d'être adhérent par envie personnelle et aujourd'hui à combien est le prix de l'adhésion ? Alors, il y a trois adhésions. En fait, l'adhésion, elle est là aussi, on a réfléchi. Évidemment, en 15 ans, on a un peu essayé tous les modèles. Donc, tout ça est assez sec maintenant, mais ça a mis du temps à se stabiliser. Aujourd'hui, on a trois niveaux d'adhésion qui permettent d'avoir, en fait, trois niveaux de couverture, on va dire trois niveaux de service, qui permettent, en fonction des autres entrepreneurs, de leur maturité, de leurs besoins, de cotiser à partir de 12 euros par an. 12 euros par an, donc on parle de rien. On parle de trois cafés. Pas grand-chose. Voilà. Deux cafés à Paris. et jusqu'à 134 pour une cotisation qui apporte l'ensemble de la couverture. Donc il y a beaucoup plus de choses à 134 à 12, mais on peut s'y retrouver à tous les niveaux. Et puis par ailleurs on a des options, donc on peut avoir une option médiation, on peut avoir des options de formation, on peut avoir une option logicielle, on peut avoir plein d'options un peu partout pour rajouter en plus, pour ce que l'on souhaite. Mais rien n'est obligatoire et encore une fois, le plus important c'est un peu comme au sport, c'est de participer. Et donc, cotiser à 12 euros, c'est déjà un signe important, c'est un symbole fort. Et nous, on le voit depuis les trois semaines de combat, un mois de combat, il y a des semaines où on a gagné plus de 2000 adhérents.

  • Speaker #1

    D'accord, ça fait un beau ratio.

  • Speaker #0

    C'est beau, mais quand on est dans le domaine associatif, c'est jamais aussi simple que quand on est dans le domaine commercial.

  • Speaker #1

    Très bien. Donc là, pour les auditeurs, on mettra les liens pour adhérer à la FNE dans la description du podcast. Grégoire, on va... Arrivée sur l'actualité, sur le point qui fait parler, qui fait discuter, qui fait vibrer plein de personnes en ce moment. Pour faire un petit récapitulatif, on va revenir un petit peu en arrière. Le 3 février, le gouvernement adopte le projet de loi finance en utilisant le 49-3. Dans ce projet de loi finance, il y a un article qui prévoit d'abaisser le seuil des TVA à 25 000 euros. Première question, quelle était ta réaction ? En découvrant cet article, est-ce que tu avais déjà entendu parler que ça allait passer en amont ?

  • Speaker #0

    Oui, alors oui, oui, oui. Pour le coup, ça permet de remettre en avant une des forces de la FEDE, c'est que la FEDE, c'est 15 permanents. Dans les cases permanentes, on a assez bien organisé, c'est un peu une machine de guerre maintenant la FED, on a des personnes qui sont en charge de la veille législative, parlementaire, gouvernementale, réglementaire, administrative. Ceux qui ont fait ça ont fait une veille très vite, donc dès le 10 octobre, on a les archives sur le site web, pour ceux qui veulent suivre un peu le combat, dès le 10 octobre, on a levé l'alarme en disant attention, il y a trois amendements, dont un très clair, qui est porté par la Fédération française du bâtiment de la Haute-Marne, au Sénat. et qui demande dans le projet de loi de finances de baisser le seuil de TVA à 25 000. Donc on voit l'article tout de suite, enfin on voit l'amendement, tout de suite on lève le point. On avait fait déjà un petit article de presse à l'époque avec un journal qui s'était intéressé un peu de près à ce sujet, mais rappelons que c'était une période gouvernementale compliquée, le gouvernement n'était pas sûr de rester, d'ailleurs il a sauté, et les débats parlementaires étaient décousus, très décousus. Tout ça nous allait bien, de certaine manière, parce qu'on se disait, quelque chose, malheur est bon, le gouvernement ne va pas tenir, et donc toutes ces bêtises d'amendements qui sont présentes dans les textes vont sauter. Ça nous allait bien. Et on a suivi jusqu'à, effectivement, le 49-3, la motion de censure, le gouvernement qui saute, puis on est passé à autre chose. Et quand on a vu réapparaître, repris par le gouvernement à son propre compte, cet amendement, alors là, on a retiré la scène d'air beaucoup, beaucoup, beaucoup plus fort, parce que le nouveau gouvernement, en fait, même s'il dit ne pas l'avoir vraiment vu ou ne pas vraiment l'avoir compris, C'est eux qui ont décidé, alors que le précédent gouvernement avait donné un avis négatif, c'est eux qui ont décidé, le nouveau rapporteur du gouvernement, de donner un avis positif et de l'inscrire dans le texte. Et c'est du coup ce texte-là qui est arrivé en CMP et qui a été validé. Donc on a dit, attention, il y a une double tromperie. Un, le gouvernement sait très bien ce qu'il fait. D'ailleurs, il a un chiffrage à 400 millions d'euros, de recettes, cal. Donc un, le gouvernement sait très bien ce qu'il fait. Deux, le gouvernement fait ça de manière brutale. puisque jamais, alors que j'ai écrit, j'ai des preuves, j'ai écrit à Matignon, à Bercy et à l'Elysée, jamais ils n'ont répondu à mes sollicitations du mois de novembre. Donc, de manière brutale, ils imposent une réforme qui est, je l'ai déjà dit, assez inique, mal calibrée, pas concertée avec nous, avec des arguments qui sont fallacieux, puisque les arguments européens, en fait, ne tiennent pas, quand on voit surtout ce qui se passe.

  • Speaker #1

    Justement, est-ce que tu peux faire un petit récapitulatif des motivations ? du gouvernement pour abaisser ce seuil ?

  • Speaker #0

    Je pense qu'il y a deux motivations principales. La première, qui est une motivation purement budgétaire, c'est qu'on le sait bien, aujourd'hui, tout le monde cherche de l'argent. Et malheureusement, c'est la vie très personnelle, mais malheureusement, je pense que nos gouvernements ne sont pas capables de faire des économies là où ils devraient. Et au lieu de se poser les vraies questions sur le train de vie de l'État, sur l'ensemble des choses qui nous coûtent trop cher, ils... ils vont à la solution de facilité, donc ils lèvent de l'impôt. Et il est très évident qu'un haut fonctionnaire, quelque part dans un bureau inversé, a dit, je prends un Excel, j'applique à la TVA tous ceux qui sont au-dessus d'un certain seuil et j'en tire une recette. Ça, c'est la motivation numéro une, à mon sens. La motivation numéro deux, c'est une motivation qui est exclusivement liée au combat du BTP, qui n'a jamais désarmé, qui depuis 16 ans nous fait la misère dès qu'il peut sur le régime parce qu'ils n'ont qu'un objectif en tête. c'est faire sortir les auto-entrepreneurs du secteur du BTP pour réserver en fait, pour réglementer en réalité leur métier, réserver leur marché à un précaré d'entrepreneurs du bâtiment au droit commun, et se permettre de compter les prix. On est clairement sur cette stratégie-là, c'est une stratégie qui est très claire. Ça fait 15 ans que je les bats, que je les combats, que très souvent je les bats. On avait enterré malheureusement à l'âge de guerre, en gros depuis 2014-2015, les accords trouvés par Laurent-Guyome. Et malheureusement, cet amendement a déterré la hache de guerre et tout ce qui va avec.

  • Speaker #1

    Et tu as une explication de pourquoi le gouvernement ne va pas dans ce sens-là, dans le sens du BTP ? Enfin, en tout cas des porte-parole du BTP.

  • Speaker #0

    Je ne sais pas. Je pense que... Je ne suis pas dans le secret des dieux, des discussions et peut-être parlementaires d'ailleurs avec les fédérations du bâtiment. Il est évident qu'il y a sûrement un prêté pour un rendu dans cette histoire. Je sais que le gouvernement fait baisser les budgets ou les crédits sur la rédération énergétique, va avoir tendance à faire baisser aussi les dépenses publiques de construction ou de reconstruction du fait de la dette de l'État, et que donc, pour faire passer la pilule, on doit une carotte. Et elle en fait partie. Le régime de l'auto-entrepreneur dans le secteur du BTP fait partie de la carotte. qu'on peut avoir tendance à concéder au BTP. Je peux comprendre que dans une certaine logique d'échange gagnant-gagnant, ça se tienne, mais je ne veux pas que les auto-entrepreneurs soient les victimes expiatoires de ça. C'est ignoble.

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça. Même si ça fait gagnant-gagnant, ça laisse quand même beaucoup de perdants dans cette histoire.

  • Speaker #0

    Et là, c'est absolument ignoble de procéder à la guerre.

  • Speaker #1

    Justement, en parlant des perdants par rapport à ce projet, il y a eu de nombreuses craintes. Quelles sont les craintes majeures des micro-entrepreneurs par rapport à cet abaissement ?

  • Speaker #0

    Alors, je pense qu'on a deux grandes familles de craintes. Il y en a une principale qui est que face à cette difficulté, alors c'est évidemment plus dur pour ceux qui font de l'achat-revente, mais ça reste difficile pour tout le monde dans tous les cas, face à cette difficulté de franchir les seuils de TVA, qui voit comme un rubicon et ne pas franchir, je l'ai dit plusieurs fois dans la presse, c'est un repoussoir, c'est complexe, c'est un peu difficile, ça nécessite des opérations comptables auxquelles un certain nombre d'auto-entrepreneurs ne sont pas du tout familiers. Donc face à cette difficulté de franchir le plafond, les autres entrepreneurs vont se freiner dans leur activité et donc ne vont plus en tirer un revenu substantiel. Ça, c'est le premier risque. C'est la première crainte principale. La deuxième crainte principale, c'est que, comme ils vont se limiter dans leur activité, ils vont, pour une grande partie de ceux qui sont en dessous des 25 000, carrément fermer leur porte. Parce qu'en fait, quitte à se limiter à 25 000 et à en tirer un revenu qui ne permet pas de vivre, autant arrêter, tout court.

  • Speaker #1

    Oui, chercher une nouvelle activité en tant que salarié, par exemple.

  • Speaker #0

    C'est-à-dire que finalement, le jeu n'en vaut pas la chandelle. Surtout s'il faut commencer à accumuler un peu d'intérim, un peu de CDD, un peu de CDI à temps partiel, pour en parallèle garder une activité dont de toute façon, on ne peut pas envisager la croissance, puisque les difficultés administratives, comptables, etc. rendent les choses difficiles. Et quand on leur dit franchissez le plafond, ils répondent, et ils ont raison, ils répondent, mais de toute façon, nos clients ne sont pas prêts à payer la hausse. de prix. C'est un peu moins vrai dans le BTP parce qu'on a quand même pas mal d'activités dans le BTP qui sont à 5,5 de TVA ou à 10 de TVA. Donc on va dire que la vie pour le client final est moins dure à avaler. Mais dans les prestations de services, dans un certain nombre d'activités d'achat-revente, la TVA est à 20%. Dans le service à la personne, la TVA est à 20%. Et c'est extrêmement dur pour les auto-entrepreneurs d'imposer ces 20% à leur client final. même si je voulais franchir le seuil, en fait, rien n'indique que j'y arriverais parce que ça va mettre un gros coup de frein à ma clientèle. Et donc, soit je prends la paume pour moi, je ne gagne pas ma vie, soit je l'impose à mes clients, mais je perds des clients.

  • Speaker #1

    Et oui, c'est ça. C'est ce qu'on a pu voir durant les dernières semaines. Il y a beaucoup de personnes qui pensaient absorber la TVA pour eux et donc diminuer leurs revenus en solution si ça venait à passer. On a quand même l'impression que c'est en effet le BTP qui est la source des interrogations, et le fait que ça soit répercuté sur tout le monde, c'est une sorte d'injustice. Pour contrer cette injustice, il y a eu des concertations, dont la FNE a été l'un des... Alors, il y a une petite moue, c'est des concertations qui n'ont pas été satisfaisantes.

  • Speaker #0

    Non, mais on ne peut pas appeler ça des concertations. Moi, je l'ai dit à la ministre à la fin de la réunion finale de concertation, sans pas passer à une conversation. Je lui ai dit, écoutez, en 2013-2014, on a passé 18 mois avec Laurent Corguillaume, les fédérations du BTP. On s'est rencontrés tous les jeudis pendant au moins 4 mois à l'Assemblée nationale pour analyser les points un par un. Quid de la concurrence déloyale ? Quid de la distorsion de compétitivité ? Quid de la comparaison des régimes fiscaux et sociaux ? Quid de l'inégalité face Ausha sociales ? Quid... de la problématique des requalifications liées à des diplômes manquants. Quid du stage préalable à l'installation ? Quid des assurances décennales ? Tous ces points-là, on les avait vus, on les avait concertés, on les avait analysés, on avait deux missions de l'État, une de l'Aspection générale des finances, une de l'Aspection générale des affaires sociales, qui avait construit un rapport énorme, dans lequel il y avait eu des dizaines, des centaines d'auditions. L'ensemble des fédérations professionnelles avait été challengé, avait des questions précises. On avait des analyses économétriques sur la taille. des auto-entrepreneurs dans le bâtiment et en particulier dans la rénovation, la distorsion de compétitivité par rapport à des chantiers à 5-5 et au crédit TVA réel, c'est-à-dire la balance de TVA entre la TVA collectée et la TVA déductible. Et tout ça nous avait amené à des vraies conclusions, une vraie concertation et au final une acceptation d'un régime qui avait pris sa place dans le paysage entrepreneurial. Là, il n'y a rien eu de tout ça. On a eu une réunion de départ, une réunion d'arrivée, deux audios en one-to-one avec le cabinet de la ministre, ils ont auditionné autour de 50 à 60 fédérations professionnelles qui ont toutes dit « on ne veut pas de cette hausse » , à l'exception du BTP qui a dit « on en veut absolument » .

  • Speaker #1

    D'accord, justement, là tu soulignes un point, peut-être qu'on pouvait se poser la question, quel était l'avis des autres fédérations ? Donc a priori, la plupart sont d'accord avec le message de la FNF.

  • Speaker #0

    On connaît 75% des fédérations qui ont été auditionnées à Bercy, puisqu'elles sont soit adhérentes de la FNAE en parallèle, soit partenaires de la FNAE. Et elles sont sur un groupe WhatsApp commun avec nous, où on partage nos positions, nos analyses, nos sondages, nos points de vue, nos remontées de terrain, nos vidéos, etc. Donc on sait très bien ce qui s'est dit à Bercy. Mais Bercy, dans son communiqué, dit « une majorité des fédérations sont neutres ou favorables » . Déjà, ça ne veut rien dire, soit elles sont neutres, soit elles sont favorables. Et une minorité des fédérations sont opposées. Une minorité des fédérations en nombre ou en nombre d'adhérents ? Vous n'avez rien à dire. Si vous avez rencontré 25 fédérations qui vous ont dit « Nous, on est favorable parce qu'elles sont toutes du BTP » , vous en avez rencontré 25 autres qui sont toutes négatives parce qu'elles ne sont pas du BTP, mais elles représentent 3 fois plus de personnes, ce n'est pas la même façon de présenter les choses que de parler en nombre d'affiliés, ou en chiffre d'affaires d'ailleurs.

  • Speaker #1

    Clairement, il y a une vraie différence de narratif. Parce que moi, j'étais resté justement sur le message du gouvernement qui laissait penser que la FNAU était un peu isolée sur cette position. Et a priori, non. C'est une bonne nouvelle déjà. Oui.

  • Speaker #0

    Très bonne nouvelle. Alors, soyons clairs. La position gouvernementale aujourd'hui, elle est ambiguë. Parce qu'ils disent, on revient à ce qu'on disait au départ, ils disent qu'on ne veut pas dire au BTP qu'on n'a rien gagné. Mais en même temps, on a bien conscience qu'on ne peut pas faire tâche d'huile avec cette mesure sur l'ensemble des autres métiers qui sont globalement très impactés par cette baisse du plafond et qui n'ont rien demandé à personne, et qui ne sont en concurrence avec qui que ce soit, qui sont absolument en concurrence avec qui que ce soit. Jamais, nulle part. Et en plus, un argument supplémentaire qui se retourne un peu contre eux, c'est qu'en Europe, la plupart des pays sont plutôt en train d'augmenter les plafonds de franchise en base quand on regarde l'Italie à 85, ou l'Espagne qui vient de voter 50, alors qu'ils étaient à zéro. Ah oui. La France est en train d'aller à rebrousse-poil de l'ensemble des pays de l'Union. On est encore une fois en train de faire un truc qui n'a pas de sens. Donc ça, on leur dit, je pense qu'ils entendent. Le vrai point, c'est à quel moment on va réussir à atterrir avec ou sans le BTP. Nous, on a une position de principe qui est extrêmement forte. C'est qu'on ne veut pas laisser le BTP sur le côté. Pour deux raisons, essentiellement. La première, c'est que... aucun des arguments qui sont apportés aujourd'hui par les arguments par les fédérations du BTP ne sont valides. Il n'y a pas de concurrence déloyale, ce n'est pas démontré. Quand on fait 2,7% du chiffre d'affaires du secteur, c'est infime. Personne ne peut croire une seconde que 2,7% fassent concurrence au reste du secteur. Trois, quand on parle de la fraude, il n'y a pas plus de fraude chez les artisans auto-entrepreneurs que chez les artisans non auto-entrepreneurs. C'est peut-être même l'inverse. Quatre, il n'y a pas de problème de qualification. Tout le monde aujourd'hui a une qualification professionnelle pour faire ce métier, et c'est même les chambres de métier qui le vérifient.

  • Speaker #1

    Bien sûr, il faut un diplôme ou une expérience de 3 ans.

  • Speaker #0

    Il faut un diplôme ou une expérience de 3 ans, validée d'ailleurs. Et enfin, 5, dans les activités du BTP, je l'ai dit, la TVA est à 5,5 ou à 10, mais en plus de ça, il y a une récupération de la TVA sur le matériel et les matériaux, et donc la véritable collègue de TVA pour l'ETA, c'est Bercy qui nous l'a confié, c'est de l'ordre de 3 à 4. Donc la réalité, c'est que si on peut parler d'une distorsion de concurrence, elle est de l'ordre de 3 à 4 % sur les prix. Donc dans tous les cas, tous ces arguments s'effondrent dès qu'on commence à les creuser. Donc ça, c'est la première raison pour laquelle on dit non. Nous, intellectuellement, on ne peut pas se permettre de convenir avec vous qu'il y a une concurrence déloyale avec le BTP.

  • Speaker #1

    J'ai quand même l'impression, puisqu'il y a beaucoup d'entreprises du BTP qui font appel à des micro-entrepreneurs pour les aider sur des chantiers.

  • Speaker #0

    En plus de ça... sur le terrain, les avis ne sont pas partagés. Et c'est pour ça d'ailleurs qu'on a énormément d'auto-entrepreneurs et d'entrepreneurs individuels qui étaient adhérents à l'UDP ou à la CAPEP qui nous rejoignent en disant « mais en fait, vous êtes les seuls à nous défendre vraiment puisque sur le terrain, on voit bien qu'on en a besoin, nous, les autres entrepreneurs. » Et même en entreprise individuelle, ils adhèrent à la FED. Donc déjà, il y a un vrai sujet entre la distorsion d'un message politique et la réalité du terrain. Puis la deuxième raison pour laquelle on ne veut pas ça, c'est qu'à partir du moment où on ouvre la boîte de Pandore, C'est une première exclusion d'un certain secteur. Mais demain, les coiffeurs et les esthéticiennes vont venir nous voir, disons qu'il y a une concurrence déloyale entre les coiffeurs à domicile et les coiffeurs dans les salons. Et puis après demain, on va avoir la même chose avec les garagistes. On va dire, attendez, moi j'ai un garage, et puis j'apprends qu'il y a des gens qui font de la réparation et des changements de pneus et des menus mis à jour de voitures en auto-entrepreneur. Donc, en fait, ça va s'étendre, ça va faire tâcher. On va avoir à terme 20, 40, 50 professions qui vont nous demander de faire sortir du régime des métiers dont ils ne veulent pas pour précaire. Donc, pour toutes ces raisons-là, il est inentendable, inaudible. en mots français, de se passer une exclusion du BTP à l'occasion de cette loi. Donc on s'y oppose, point final.

  • Speaker #1

    D'accord. Et donc, par rapport à tout ça, il y a déjà eu des actions qui ont été orchestrées. Il y a eu notamment une pétition qui a reçu un grand succès. Les 100 000 signatures ont été... Ils sont arrivés en quelques jours.

  • Speaker #0

    Quelques jours et demi.

  • Speaker #1

    Alors que d'habitude, j'ai ce genre de pétition, mais plusieurs semaines, plusieurs mois, à avoir les 100 000 signatures. Il y a eu aussi un grand élan avec tous les courriers envoyés aux députés de la part des micro-entrepreneurs pour témoigner de l'injustice à laquelle ils font face. Et puis, il y a eu aussi la super vidéo que la FNE a partagée avec les nombreux témoignages. La prochaine étape, qu'est-ce que c'est ?

  • Speaker #0

    Alors, il y a deux étapes. Il y a une étape, on va dire plutôt de pression parlementaire qui continue, qui va reposer essentiellement sur la suite que le Sénat va donner à notre pétition, puisque la conférence des présidents va se saisir du sujet. On leur a écrit pour leur demander comment ils allaient faire les choses. A priori, il y a une mission flash qui va être menée par quelques sénateurs sur le sujet.

  • Speaker #1

    On a une idée à peu près des délais que ça peut prendre ?

  • Speaker #0

    Non, mais ça va être rapide, parce que de toute façon, quand ils parlent de mission flash, ils parlent d'une à deux semaines. Leur objectif, de toute façon, ils sont assez convaincus par la situation. Ils voient bien qu'il n'y a pas besoin d'une fronte fiscale supplémentaire aujourd'hui. Et clairement, pour faire plaisir au BTP, on ne va pas mettre à terre un million d'auto-entrepreneurs, dont 250 000 qui sont impactés immédiatement. Donc clairement, je pense qu'il y a un premier combat parlementaire et notamment au Sénat. On en a un autre qui concerne les propositions de loi qui sont déposées. Je rappelle qu'il y en a quatre. Ces propositions de loi cherchent toutes aujourd'hui une niche parlementaire pour être votées. Donc ça, c'est un grand enjeu en termes de gain de temps. On est en relation avec un certain nombre de députés. En tout cas, on connaît tous les députés qui ont déposé des propositions de loi. On a des auditions assez régulières avec eux. On se téléphone assez souvent. Et on essaie de voir comment ils peuvent orchestrer ça dans une semaine transpartisane, par exemple, ou lors d'une niche parlementaire. Ça, c'est plutôt parlementaire et politique.

  • Speaker #1

    Je rebondis sur ces propositions de loi. Maintenant, ça fait déjà plusieurs semaines qu'elles ont été déposées. Oui. Pour les micro-entrepreneurs qui nous écoutent et qui n'ont peut-être pas l'habitude du process, après avoir fait une proposition de loi, combien de temps il faut attendre aussi pour faire une action ?

  • Speaker #0

    C'est rapide, ça peut être très long. Une proposition de loi, soit il y a une niche parlementaire qui arrive, et il y a très peu de niches parlementaires, il y en a une par parti et par an, qui arrive assez vite et les textes pour cette niche parlementaire ne sont pas encore fixés. Et donc le député peut glisser sa proposition de loi dans la niche parlementaire. Et à ce moment-là, on la met en séance publique, on la fait voter en séance publique. Et à partir du moment où elle est votée en séance publique, là, elle commence sa navette, donc elle retourne au Sénat, elle va au Sénat, les sénateurs font la même chose, et ensuite, ça revient à l'Assemblée et c'est voté. Ça, ça peut être effectivement très rapide, mais ça peut être très lent, puisque comme il n'y a qu'une niche parlementaire par an et par groupe, il faut attendre parfois 3, 4, 5 mois pour que quelqu'un arrive à glisser un texte. Évidemment, ça peut faire peur. Il y a d'autres manières de faire. Il y a le fait que le gouvernement veut faire un projet de loi. Si le gouvernement dépose un projet de loi qui arrive à l'Assemblée, les députés peuvent aussi l'amender, avec ou pas l'aval du rapporteur général du gouvernement. Donc évidemment, on peut prendre n'importe quel projet de loi qui viendrait traiter le cas des autres entrepreneurs de la TVA et en modifier substantiellement la rédaction pour qu'il abroge tout ce qui a été prévu dans le projet de loi de finances et dans le projet de loi. Et puis après, on peut faire aussi d'autres techniques. qui est de faire un amendement sur un texte qui n'a rien à voir. On laisse passer un texte, on l'amende dans ce texte en rajoutant un article qui dit « à propos de la TVA, je change la règle, je reviens au 1er janvier 2025, mais le risque étant que ce soit jugé comme un cavalier, ce qu'on appelle un cavalier, c'est-à-dire un cavalier budgétaire, et en fait, on ajoute sur un texte qui n'a rien à voir avec le texte. »

  • Speaker #1

    D'accord. Évidemment,

  • Speaker #0

    si quelqu'un attaque ce texte au Conseil constitutionnel, l'article tombe.

  • Speaker #1

    C'est peut-être pas la façon la plus noble.

  • Speaker #0

    C'est pas la façon la plus claire. Maintenant, s'il faut passer par là, pourquoi pas. Je pense qu'on va peut-être pouvoir y arriver aussi. En tout cas, on essaye toutes les pistes et on est assez bien conseillés sur ce sujet. faire rentrer ça au bon endroit et au bon moment, et en tout cas avant le 1er juin. Le 1er juin n'est pas non plus une des butoirs à avoir absolument en tête comme un voyant rouge. Pourquoi ? Parce qu'en fait, il peut se passer plein de choses. Après le 1er juin, le gouvernement peut encore repousser la mise en œuvre, surtout si la gronde continue et si le texte n'a pas fini sa navette. C'est aussi une raison administrative. Et puis, n'oublions pas qu'on est dans une forme d'instabilité parlementaire et que rien n'indique que dans 3, 4 ou 5 mois, le gouvernement ne sera pas en fonction et le Parlement n'aura pas été dit. La prochaine dissolution, c'est septembre, je crois. Mais potentiellement, je ne vais pas dire que ça va être fait, potentiellement septembre. Donc, il peut y avoir aussi des choses qui se passent dans l'intervalle qui font que ça n'évolue pas comme prévu.

  • Speaker #1

    C'est vrai, après, on peut se projeter aussi loin, mais là, la suspension, elle va jusqu'au 1er juin.

  • Speaker #0

    Oui,

  • Speaker #1

    donc les micro-entrepreneurs, sans message clair du gouvernement, c'est vrai qu'il y a toujours plein de questions qui demeurent. Et en plus de vraiment la crainte de l'abaissement du seuil, je pense que la gronde vient aussi du fait que le message n'est pas clair sur ce qui peut se passer au 1er juin ou pas. Donc là, tu sembles nous rassurer. je pense, au portail auto-entrepreneur, les personnes qui regardent ça aussi ont tendance à être rassurants, mais pour les personnes qui n'ont pas le nez sur l'actualité, c'est vrai que on peut vraiment voir cette date du 1er juin comme, oui, je dois appliquer la TVA dès les 25 000 euros.

  • Speaker #0

    Alors, c'est la raison pour laquelle nous on appelle à manifester le 25 mars. En fait, il faut qu'on maintienne la pression pour que vraiment, et j'insiste là-dessus, on soit le plus clair possible au 1er juin. Le monde idéal, c'est le 1er juin, le texte était définitivement abrogé, on n'en parle plus, et on enterre l'âge de guerre avec le BTP, si il y a encore une raison de faire la guerre, et on passe à autre chose. Si les gens viennent le 25 mars, il faut qu'ils viennent pour cette raison, c'est-à-dire qu'on ne peut pas piloter une entreprise si petite soit-elle, avec autant d'incertitudes, autant de mépris de la part du gouvernement, une règle rétroactive, qui plus est rétroactive par rapport au chiffre d'affaires rédé en 2024. on en parlera peut-être, mais nous, on est prêts à aller au conseil parce qu'une QPC, une question prioritaire de constitutionnalité, a toutes les chances d'aboutir. Et ce qui est certain, c'est que venir le 25 mars pour dire ça, c'est remettre, en fait, dans le réel, un certain nombre de fonctionnaires, de décideurs, d'élus, qui n'ont pas compris comment fonctionnait une entreprise au quotidien, qui n'ont pas compris l'hétérogénéité des situations du régime, qui n'ont pas compris la... panade dans laquelle ils sont en train de mettre les gens avec des règles pas négociées, pas discutées, pas préparées, pas pédagogiques, pour certaines inapplicables, quand on regarde les gens qui sont en brocante, qui ne peuvent pas récupérer la TVA, parce qu'ils achètent des objets de deuxième cycle, troisième cycle, évidemment auprès des particuliers qui ne facturent pas la TVA, puisque c'est de l'achat de passion. Je veux dire, on découvre, en fait, les gens ont l'impression de découvrir ... comment fonctionne une boîte en France. Donc venez, c'est vraiment un appel, venez le 25 mars, dans la rue, il y a 15 villes en France, vous pourrez le dire, venez montrer à la presse, il y aura des parlementaires qui seront avec nous, je pense à l'Assemblée Nationale, venez montrer à tous que le 25 mars, on va déterminer à ce que ce truc ne passe pas.

  • Speaker #1

    Donc dans 15 villes différentes, il y aura donc à Paris, à l'Assemblée,

  • Speaker #0

    c'est ça ? On espère, on espère, à l'Assemblée Nationale, oui.

  • Speaker #1

    D'accord. Donc on va partager la carte que la FNE a déjà partagée avec les différentes villes où auront lieu les points de rassemblement, où seront les points de rassemblement pour cette manifestation. On va arriver à la fin de cette interview. J'ai deux grandes questions pour toi, plus tournées vers l'avenir, mais peut-être un avenir un peu plus lointain. Avec toute ton expérience, comment tu vois l'avenir de la micro-entreprise aujourd'hui ?

  • Speaker #0

    Alors, c'est une question qui pourrait nous occuper pendant trois heures, mais il y a deux choses qu'on peut dire. La première, c'est que je pense que le régime s'est suffisamment installé dans le paysage entrepreneurial. On l'a vu d'ailleurs à l'occasion de la journée des droits des femmes, où le régime a énormément féminisé la classe d'entreprise, alors que ce n'était pas du tout le cas dans les entreprises de droit commun. C'est un régime qui couvre, on l'a vu, des réalités tellement différentes. qui couvre beaucoup de ruralité aujourd'hui où on a vraiment des sujets de désertification économique, de précarité dans certains cas. C'est un régime qui a répondu aussi à l'économie de plateforme avec d'ailleurs plus ou moins de bonnes raisons, mais qui couvre aujourd'hui des livrars à vélo, des VTC. des gens qui font du bricolage, du service à la personne, etc. Donc je pense que, même si ce n'est jamais complètement gagné, d'ailleurs on le voit avec la TVA, le régime de l'auto-entrepreneur s'est installé durablement et me semble être vraiment plébiscité à la fois par les Français, mais aussi par un certain nombre d'élus. Je n'aurais pas imaginé, et c'est une grande découverte de cette année 2025, qu'on arrive à avoir une telle alliance. à l'Assemblée, entre les députés de la France Insoumise, les députés du Rassemblement National, les députés centristes, autour du fait que le régime, c'est intouchable. Mais c'est parce qu'il est hétérogène et parce qu'il recouvre tellement de réalités sociales différentes que finalement, tout le monde va m'aider à sa porte avec le régime.

  • Speaker #1

    Aujourd'hui, on a tous un micro-entrepreneur dans sa vie, on connaît tous un micro-entrepreneur, ce qui n'était pas le cas peut-être il y a une dizaine d'années.

  • Speaker #0

    Ce n'est pas encore le cas. Et on sait tous qu'on sera tous un jour ou l'autre micro-entrepreneurs pour une raison ou pour une autre. transition entre deux jobs, début de retraite, fin de mission, début d'études, il y a toutes les raisons qui font qu'un jour ou l'autre on peut facturer un peu une prestation, un conseil, trois travaux, enfin bref, même si c'est des travaux réglementés, je rappelle, on va mettre les trucs dans du BTP. Donc ça c'est la première chose, c'est que je pense qu'on a un régime qui est stabilisé. La deuxième chose c'est qu'on a encore beaucoup à faire pour consolider dans les prochaines années. On a des enjeux. Autour de la protection sociale, je pense notamment à la retraite. Nous, on se bat pour que les gens puissent cotiser de manière volontaire à quatre trimestres de retraite, même quand ils n'ont pas atteint le chiffre d'affaires minimum, pour éviter une bombe à retardement dans les prochaines années. On a des sujets encore sur la maternité et sur les années journalières. On a des sujets sur l'accès au travail, parfois, ça peut se poser. On a des sujets sur le travail avec les plateformes. On est en train de mettre en place le précompte pour que la plateforme cotise. versent la cotisation au nom et pour le compte de l'auto-entrepreneur. Mais c'est un travail, c'est un peu complexe, il y a beaucoup de sujets qui ressentent ce moment avec eux. On a des sujets sur la fraude, où on continue à travailler de manière pédagogique. On a un grand slogan, « Frauder, c'est se tirer une balle dans le pied » . On essaie d'amener les auto-entrepreneurs à comprendre les droits contributifs, à les amener vers plus de responsabilités. Et voilà, ces sujets, on en a quand même quelques-uns. On a aussi des sujets sur la formation de manière générale, notamment la compétition administrative du régime. Mais tout ça, ça viendra avec le temps. On a encore, je pense, cinq années solides de combat et d'avancée pour faire en sorte que le régime soit quasiment parfait. Ça ne sera jamais vraiment parfait. Ça peut être mieux qu'aujourd'hui et c'est déjà beaucoup mieux qu'hier.

  • Speaker #1

    Bien, merci pour cette jolie analyse. Tu ne dois pas échapper à la question habituelle qui termine et qui clôture chaque épisode du podcast Auto-Entrepreneur. Je pense que tu es tellement bien placé que ce... Je vais pouvoir aider beaucoup de monde. Quel conseil tu donnerais à une personne qui hésite à se lancer dans la micro-entreprise ? Qui est là, qui a un projet, mais qui hésite.

  • Speaker #0

    Alors moi je dirais, déjà il ne faut pas hésiter, parce qu'il n'y a pas de raison. Ça reste simple, sans risque, et finalement assez carré, assez bordé. Ce n'est pas comme envisager de grimper au sommet de l'Everest. Donc ne pas hésiter, je pense que c'est une bonne chose. Deux, se faire accompagner. Il y a pas mal de structures aujourd'hui qui sont crédibles sur le marché, qui accompagnent, sans investir des milliers d'euros. Mais se faire accompagner intelligemment, ça ne mange pas de pain, c'est toujours utile. Et mon troisième conseil, c'est que ça sera toujours une super expérience. Ça sera toujours une super expérience, même si ça ne va pas loin, même si c'est un peu compliqué de trouver des clients, ou de satisfaire, ou de lancer un service, ou de s'installer une clientèle récurrente. Ça sera toujours une bonne expérience, ça permettra de voir aussi un autre aspect de l'économie et du travail, tout simplement le poste salarial. Donc je pense que dans tous les cas, ça vaut le coup d'être joué.

  • Speaker #1

    Merci beaucoup Grégoire pour tes conseils et ton temps. Je crois que ton calendrier est très rempli, alors je ne veux pas te conserver plus longtemps. C'était un vrai plaisir de pouvoir échanger avec toi sur la micro-entreprise et puis sur l'actualité. Puis j'espère à une prochaine fois au podcast Auto-Entrepreneur.

  • Speaker #0

    Avec plaisir, merci Thomas. A bientôt.

  • Speaker #1

    Merci à vous d'avoir écouté cet épisode du podcast Auto-Entrepreneur. J'espère que vous avez pu trouver les réponses à vos questions concernant l'actualité et l'abaissement du seuil de TVA. Concrètement, aujourd'hui, nous n'en savons pas beaucoup plus sur ce qui va advenir de cette loi. Les signaux peuvent être positifs avec notamment le soutien de nombreux députés, avec la FNAE qui a fait entendre sa voix et surtout celle des nombreux micro-entrepreneurs qui avaient des craintes. Mais aujourd'hui, la mobilisation continue. La prochaine étape, ce sera la manifestation, ou je dirais plutôt les manifestations, le 25 mars dans 15 différentes villes en France. Je vais vous mettre toutes les informations dans la description de cet épisode pour que vous puissiez retrouver les points de rassemblement. Quant à nous, nous nous retrouvons bientôt pour un nouvel épisode hypnotique. Je ne vous en dis pas plus. D'ici là, prenez soin de vous et de votre entreprise.

Chapters

  • Introduction

    00:00

  • Qui est Grégoire Leclercq

    01:48

  • L'anecdote de la CFE

    05:01

  • Qu'est-ce que la FNAE et pourquoi adhérer

    10:55

  • Comment la FNAE a appris pour la réforme

    19:24

  • Pourquoi le gouvernement fait cette réforme

    22:17

  • Que craignent les micro-entrepreneurs avec cette réforme ?

    25:08

  • Le cas du BTP

    27:52

  • Les actions de la FNAE contre la réforme

    35:22

  • Quel avenir pour la micro-entreprise

    43:41

  • Les conseils de Grégoire Leclercq aux micro-entrepreneurs

    47:21

  • Conclusion et fin

    47:21

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Description

Dans cet épisode, Romaric accueille Grégoire Leclerc, le président de la FNAE.

La FNAE est le premier syndicat des micro-entrepreneurs. En février 2025, elle est devenue leur porte parole dans le combat contre l'abaissement du seuil de TVA à 25 000€.

Cette discussion répond aux nombreuses interrogations autour de la réforme de la TVA.

  • Quelles sont les motivations initiales du gourvernement ?

  • Quelles sont les craintes des entrepreneurs ?

  • Quelle est la situation après les concertations des différentes fédérations ?

  • Quelles sont les prochaines actions orchestrées pour faire entendre la voix des défenseurs de la micro-entreprise ?

  • Quels sont les motifs d'espoir ?


Grégoire partage aussi les premiers défis et les motivations derrière la création de la FNAE.
La conversation explore également le rôle de la FNAE dans la défense des intérêts des micro-entrepreneurs.

Découvrez la vision optimiste qu'il partage sur le futur du régime de la micro-entreprise dans cet épisode riche en informations.

📢 Rejoignez la manifestation du 25 Mars !
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Crédit musical :

Yaki Tori by Smith The Mister https://smiththemister.bandcamp.com

Smith The Mister https://bit.ly/Smith-The-Mister-YT

Free Download / Stream: http://bit.ly/-yaki-tori

Music promoted by Audio Library https://youtu.be/oZ0U4Q5epUs  


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Donc venez, c'est vraiment un appel, venez le 25 mars dans la rue, il y a 15 villes en France vous pourrez le dire, venez à la presse, il y aura des parlementaires qui seront avec nous, je pense à l'Assemblée Nationale, venez montrer à tous que le 25 mars on va déterminer à ce que ce passe, ce truc ne passe pas. Bonjour, c'est Romaric,

  • Speaker #1

    bienvenue sur le podcast Auto-Entrepreneur. Vous n'avez pas pu le rater, c'est le sujet bouillant de ce début d'année concernant la micro-entreprise. Et oui, je veux bien évidemment parler de la loi visant à abaisser le seuil de TVA à 25 000 euros, et ce, quelle que soit l'activité. Pour en parler, aujourd'hui, j'ai la chance et le plaisir de recevoir Grégoire Leclerc. Son nom ne vous dit peut-être rien, et pourtant, c'est la voix qui représente les micro-entrepreneurs lors des concertations avec le gouvernement. Grégoire Leclerc est le président... et fondateur de la FNAE. Dans cet épisode, nous allons revenir sur les raisons qui l'ont amené il y a plus de 15 ans à créer la FNAE. Nous reviendrons sur les différents combats qu'il a déjà mené pour défendre le régime de la micro-entreprise et surtout nous nous attarderons sur le sujet de l'actualité en voyant quelles ont été les motivations du gouvernement pour tenter d'abaisser ce seuil de TVA, quelles sont les craintes majeures. des micro-entrepreneurs et surtout il nous aidera à y voir un peu plus clair pour savoir où nous allons aller dans les semaines à venir. Vous voulez en savoir plus sur cette loi visant à abaisser le seuil des TVA ? Alors cet épisode est pour vous. Bonne écoute ! Pour cet épisode du podcast auto-entrepreneur, nous accueillons non pas un micro-entrepreneur, mais le président de l'FNAE et la voix actuellement. des micro-entrepreneurs. Bonjour Grégoire.

  • Speaker #0

    Bonjour Marc.

  • Speaker #1

    Comment vas-tu aujourd'hui ? Je sais que l'actualité est dense pour toi, mais comment vas-tu ?

  • Speaker #0

    Eh bien, ça va bien. On est obligés par cette actualité de se battre. Effectivement, j'ai presque dit nuit et jour. Donc ça va, c'est un peu tendu et c'est un peu long. Effectivement, on espère tous, évidemment, une sortie la plus rapide possible de cette crise. Malheureusement, ce n'est pas encore le cas. Donc voilà. On est très motivé, un peu fatigué, mais on tient le choc.

  • Speaker #1

    On espère un dénouement rapide. Bien évidemment, on va revenir sur toute l'actualité liée à l'abaissement du seuil de TVA à 25 000 euros pour les micro-entrepreneurs. Mais on va commencer par te présenter toi. En quelques mots, qui est Grégoire Leclerc, le président de la FNE ?

  • Speaker #0

    C'est facile de se présenter. Je suis Grégoire Leclerc, j'ai 42 ans. Donc j'ai fondé la FNAE un peu sur une intuition de départ en 2009, quand le régime s'est créé. J'étais étudiant et avec quelques copains, j'étais assez convaincu qu'il manquait un peu un esprit de corps et une communauté qui soit organisée autour des grandes questions qu'il y avait à l'époque sur l'émergence du régime. Le régime était tout neuf. Donc j'ai eu cette idée. En avril 2009, on s'est dit, allez, on va la soutenir. structuré un peu sous forme associative. La FEDEF est née en avril et puis en octobre, on a eu nos premières cotisations en 2009. Et pendant un an, on a essayé de structurer un peu l'offre en se disant qu'est-ce que nous adhérons en recherche. On a commencé par un forum, on a dit que ce n'était pas forcément ça. On a lancé les premiers services et puis on a commencé à faire nos armes vraiment syndicales. On n'avait pas du tout l'impression et l'envie de monter un syndicat, mais c'est devenu un syndicat de fait. Nos premières armes... En 2010, avec la CFE, c'était un des premiers combats qu'on a menés, qu'on a gagné d'ailleurs. Et on a été convoqué pour la première fois au ministère cette année-là, toujours là. Et on a tenu devant le ministre un discours extrêmement ferme, de toute façon, maintenant c'est nous qui allons défendre les autres entrepreneurs, etc. Ça a commencé comme ça.

  • Speaker #1

    Parce que toi, à ce moment-là, tu étais micro-entrepreneur ?

  • Speaker #0

    Bien sûr, bien sûr.

  • Speaker #1

    Et sur quelle activité ?

  • Speaker #0

    Moi, en fait, j'ai été étudiant en école de commerce. J'avais développé une petite activité de conseil et de développement de site web. Je faisais vraiment au début un peu de l'informatique basique. Petit à petit, je me suis un peu spécialisé. J'ai fait beaucoup de conseils en maîtrise d'ouvrage. Et puis après, les années ont passé. Et aujourd'hui, je n'exerce plus qu'une activité d'enseignement en tant qu'entrepreneur.

  • Speaker #1

    D'accord. Donc, tu as gardé le statut ?

  • Speaker #0

    Oui, je suis toujours entrepreneur. J'exerce à peu près entre 8 et 12 000 euros chez l'affaire à l'année. Et essentiellement, vos activités de formation, je donne des cours de microéconomie et d'économie digitale.

  • Speaker #1

    D'accord. Et donc, comme tu l'expliquais, c'était une idée avec tes camarades étudiants pour débuter la FNAE. Donc là, tu expliquais, l'une des premières raisons, c'était pour la CFE ?

  • Speaker #0

    Oui, l'une des premières batailles.

  • Speaker #1

    Et comment s'est passé ? Tu peux nous en dire plus sur cette première bataille, justement ?

  • Speaker #0

    Alors, en fait, on venait d'avoir une première communauté qui commençait à se structurer. On avait déjà peut-être… je dirais entre 3 et 4 000 adhérents, peut-être 5 000. On avait près de 10 000 sympathisants qui commençaient à nous suivre. On avait quelques outils numériques. C'était un peu bricolé, c'était un peu artisanal. Et on était très, très, très en prise. C'est le cas aujourd'hui. On est toujours restés très en prise avec le terrain. Et on voit très vite les premiers avis de CFE tomber dans les boîtes mail. En plus, c'était mal fait parce que ce n'était pas forcément envoyé par mail. C'était sur le compte impôts.gouv. Il n'y avait pas de notification. Les gens découvraient ça. au dernier moment et on se dit mais qu'est-ce que c'est que cette histoire ? D'où on a une CFE à payer ? Ça n'avait jamais existé parce que la première année du régime, c'était l'année de la réforme de la taxe foncière, la taxe professionnelle à l'époque. Et donc, on n'avait pas eu en 2009 et en 2010, ça tombe. Et là, tout de suite, on se mobilise et on a commencé, en fait comme cette année, c'est-à-dire qu'on a commencé à faire des premiers sondages, voir quels étaient les montants moyens, comment les gens allaient être impactés par cette impôt. Très vite on a commencé à faire nos premières lettres aux différents ministères. La gronde est montée très vite dans la presse. On a une de nos premières adhérentes qui nous a donné un coup de main. C'est ça qui est génial avec la FEDE, c'est qu'il y a toujours des bénévoles un peu partout qui se joignent au combat. Ils me disent « moi je suis spécialiste en relations presse, je vais vous aider à faire un communiqué et on va l'envoyer partout » . Ça s'est décanté très vite, on est un super artiste dans les échos. Ça a été repris par l'AFP, puis une fois que c'est repris par l'AFP, c'est repris par 50 journaux, toute la presse quotidienne régionale en l'article. Et donc le ministre a vu que ça grondait très vite, ils ont dit non, non, mais ça c'est pas possible, on n'avait pas identifié nous-mêmes les choses. C'est un geste fiscal parce que c'est l'impôt en moins, mais en même temps il n'était pas prévu de rentrer dans les caisses, c'est pour le même débat. Et en plus il ne va pas forcément rentrer parce que les gens ne vont pas payer. Bref, et donc il y a eu une rencontre ministérielle avec Frédéric Lefebvre, qui était le ministre à l'époque. Et on a, voilà, en 15 jours,

  • Speaker #1

    on a fait tomber le truc. Et comment t'as senti ? C'était la première fois, j'imagine, que tu rencontrais des ministres. Tu devais être relativement jeune, à peu près 25 ans, j'imagine, à ce moment-là ?

  • Speaker #0

    Oui, c'est pas de 7 ans.

  • Speaker #1

    Ouais. Comment s'est passée cette première rencontre ? Ça doit être assez impressionnant.

  • Speaker #0

    Après, on y va, mais c'est un peu comme toujours. Alors aujourd'hui, c'est sûr que c'est très différent, parce qu'aujourd'hui, on y va avec, évidemment, la force de l'expérience. La taille importante du nombre d'adhérents, etc. C'est autre chose. La représentativité de la FED est bien autre que ce qu'elle était à l'époque. Mais à l'époque, j'y vais en me disant de toute façon, on y va avec la force de conviction qu'on peut avoir. C'est-à-dire que j'avais bien senti que côté gouvernemental, ils n'avaient pas vu le truc venir. Donc je me dis, en fait, on est plus fort qu'eux. C'est une mesure qui ne va pas leur coûter non plus si chère que ça. Et en plus, c'est quand même un gouvernement, c'était encore l'époque Sarkozy. Et donc c'est un gouvernement qui a l'entrepreneuriat au cœur et qui cherche à développer et à construire un régime qu'ils viennent à peine d'installer, mais qui ne peuvent pas être contre nous. Donc je me rassurais avec ce que je pouvais. C'était déjà plus Erwann Lobény qui était ministre, c'était Frédéric Lefebvre qui l'avait remplacé. Mais je me disais, de toute façon, il n'y a pas de raison. Au moins, ils vont nous écouter. Puis si jamais on n'est pas entendu, au moins on aurait été reçu. C'est déjà une première victoire. Voilà, bon. Ça s'est pas trop mal passé, il faudrait que le fève a été très compréhensif et je me rappelle que ça s'est clôturé avec un motard de la gendarmerie qui a amené au siège de la FED un courrier en disant par décision ministérielle, nous avons suspendu la mesure et donc elle ne sera pas appliquée cette année et les années suivantes d'ailleurs. D'accord. Donc ça a été top.

  • Speaker #1

    Justement, petit aparté par rapport à ce premier sujet, la CFE, toi, aujourd'hui... Qu'est-ce que tu en penses ? Est-ce que par rapport à ton premier combat, tu trouves que c'est encore juste pour les micro-entrepreneurs ?

  • Speaker #0

    Je ne sais pas si je dirais ça. Je pense que la CFE, en fait, il y a eu plusieurs débats. La CFE, ça a été pendant longtemps une exclusion. C'est-à-dire qu'on a réussi à se battre assez longtemps pour qu'elle soit complètement exclue du régime. Après, je comprends qu'au niveau local, toutes les agglomérations qui en fait lèvent cet impôt... fasse en sorte qu'il soit équitable et que tout le monde en profite parce que c'est vrai qu'il y a des services locaux qui sont mis en oeuvre pour les auto-entrepreneurs et pour tous les travailleurs et pour tous les commerçants, tous les artisans, tous les professionnels libéraux. Donc que les gens continuent à la payer, je ne suis pas forcément opposé à cette idée. En revanche, je suis toujours très opposé, c'est un combat qu'on mène depuis le début, on demande à ce que cette CFE soit calculée en pourcentage du chiffre d'affaires comme l'ensemble des autres impôts. Ça serait quand même beaucoup plus simple, on parle d'une simplification, et en plus c'est une justice parce que finalement celui qui fait très peu de chiffre d'affaires, il n'est pas forcément exonéré, mais il paye un tout petit peu d'impôts local, et celui qui fait beaucoup de chiffre d'affaires, il a peut-être été beaucoup plus aidé par ses parties prenantes locales, et donc c'est logique que lui, il fasse un peu plus de cotisations locales. arriver à négocier qu'un jour ou l'autre, on paye en pourcentage du chiffre d'affaires et pas de manière forfaitaire comme ça, un impôt qui est très difficile à calculer.

  • Speaker #1

    On ne va pas trop s'étaler sur la CFE aujourd'hui, ce n'est pas le sujet, mais je pense qu'il y aurait pas mal de choses à dire, notamment les différents taux selon les communes. Donc, tu nous disais que très rapidement, La FNAE a eu plusieurs milliers de membres. Aujourd'hui, la FNAE a un peu plus de 15 ans. Où elle en est ? J'ai lu qu'il y avait déjà 80 000 adhérents. J'imagine qu'il y a eu une grande augmentation du nombre d'adhérents durant les dernières semaines. Aujourd'hui, où en est la FNAE ?

  • Speaker #0

    Si on fait un tout petit peu d'histoire sur la FNAE, en fait, on a eu trois grandes périodes où on a progressé. On a eu une période assez fondamentale avec ce qu'on a appelé les poussins à l'époque, c'était en 2013, quand le gouvernement, je crois que c'était Jean-Marc Thiraud qui était Premier ministre, juste après l'élection de François Hollande, a voulu très rapidement remettre un coup d'arrêt au dispositif. C'était les poussins, on s'est beaucoup battus. Là, on est passé en gros de 15 000 à 30 000 adhérents. On a dû à peu près doubler notre nombre d'adhérents. Un combat qui a été très long, avec Laurent Grand-Guillaume, ça a été une histoire... hyper forte, ça a structuré la fédé, ça a donné une première assise et une première vraie crédibilité. On a gagné ce combat. La deuxième période qui nous a énormément renforcés, c'est bien sûr le Covid, où là on a été extrêmement actifs. En plus, on était l'une des seules organisations professionnelles à avoir mis en place des lives, donc on avait vraiment un rituel avec des lives. Toutes les semaines, pendant quatre mois, on a parlé à nos adhérents, on les a défendus avec le Fonds de solidarité. On a discuté énormément avec le ministre, on discutait en direct. Moi, j'avais le portable de la ministre en charge des PME et toutes les semaines, on se faisait un point. On échangeait les mères très efficaces.

  • Speaker #1

    C'est un peu pareil aujourd'hui, j'imagine ?

  • Speaker #0

    Aujourd'hui, les pages ne sont pas sans portable. C'est un peu différent, non, c'est pas différent. Mais en tout cas, à l'époque, c'était très constructif et elle avait pris sur elle de faire ça et on a vraiment compris des choses super. Donc là, on a dépassé, à partir du Covid, on a dépassé les 60 000 adhérents. C'est ce qui a permis la représentativité du coup. Donc on a gagné la représentativité à ce moment-là. Et puis évidemment la troisième période très forte, c'est celle qu'on vit en ce moment avec la TVA. Donc là, on a dépassé 80 000 adhérents effectivement. Donc ils ne se verront pas sur la prochaine mesure de la représentativité parce qu'on l'a déjà déposée, mais ils se verront sur celle d'encore après, dans les années 2030. Et donc là, on a clairement... Oui, une FED qui est représentative, qui est très structurée. J'ai un peu coutume de dire qu'on est devenu un peu une machine de guerre parce qu'avec nos outils digitaux et notre capacité à parler aux auto-entrepreneurs avec des cotisations très faibles en montant, on a une force et un volume assez important. Et on arrive même à aller chercher aujourd'hui des auto-entrepreneurs qui étaient adhérents à l'UDP, qui étaient adhérents à la CAPEB, qui étaient adhérents au MEDEF et qui ne se sont pas représentés par ces syndicats-là. Oui,

  • Speaker #1

    parce qu'aujourd'hui, à part la FNAE, pour les micro-entrepreneurs, il n'y a pas trop de choix pour adhérer à une fédération qui les représente aussi bien.

  • Speaker #0

    Non, je suis d'accord. Je vais changer ça, deux secondes, j'ai plus de batterie. Ça va être pareil. Il n'y a pas beaucoup de... Tu m'entends toujours, c'est bon ? Oui,

  • Speaker #1

    il n'y a pas de problème.

  • Speaker #0

    Je t'entends très bien. Il n'y a pas beaucoup de fédérations qui sont vraiment dédiées au régime. On a des gros syndicats comme le MEDEF ou l'UFDP, mais qui en fait agrègent au sein de leur branche énormément de métiers et surtout de régimes fiscaux et sociaux différents. À la FEDE, notre vraie raison d'être, notre vrai savoir-faire, c'est d'abord de défendre un régime et donc une philosophie d'entrepreneuriat. Entreprendre, c'est un peu notre baseline, c'est le droit d'entreprendre pour tous. C'est ça qu'on défend. Et donc évidemment que on est... des adhérents dans le bâtiment, qu'on ait des adhérents dans les services à la personne, qu'on ait des adhérents dans les productions informatiques, qu'on ait des adhérents dans le conseil, qu'on ait des adhérents dans la restauration rapide, qu'on ait des adhérents dans les gilets de chambre d'hôte, en fait, c'est normal, parce qu'on couvre une hétérogénéité de métiers, on couvre 180 métiers dans notre entreprise, mais... On est d'abord là pour les aider à défendre leur régime fiscal et social, leur simplification administrative et tout ce qui va avec.

  • Speaker #1

    Donc là, tu as très bien expliqué le rôle aujourd'hui de la FNAE. Aujourd'hui, on sent même que le rôle est encore plus grand que ça, parce que vous êtes le porte-parole des micro-entrepreneurs en général, et pas uniquement des adhérents. En tout cas, ces dernières semaines, c'est vraiment l'impression que ça m'a donné. Mais il y a quand même une question qui... Pour aller dans le sens de la FNAE, quel est le plus, pourquoi adhérer à la FNAE ? Alors que déjà, on voit que vous êtes là pour aider tout le monde.

  • Speaker #0

    Alors, c'est une très bonne question. Il y a deux réponses à ça. D'abord, il faut, et je pense que ça, il y a pas mal de gens qui l'ont compris, mais malheureusement pas tous, il faut qu'on soit de plus en plus nombreux dans cette structure. Cette fédération, elle ne nous appartient pas, elle n'appartient pas à l'équipe dirigeante, elle n'appartient surtout pas aux bureaux ou aux administrateurs. D'ailleurs... On est tous bénévoles et on est là pour un temps fini. Je ne vais pas faire encore 15 ans à la FEDE, donc de toute façon la FEDE va suivre à tout ça. Il va y avoir d'autres personnes qui vont reprendre le flambeau, et donc c'est important que les gens, par esprit syndical et par esprit de représentativité et de volume, nous rejoignent, dans tous les cas. Même s'il y a déjà 80 000 personnes qui ont fait ce choix-là, mais il pourrait y avoir 80 000 autres personnes qui fassent ce choix-là. Ce serait tout à fait normal au regard de la population globale, des 1,5 million de Français qui sont dans le préjugé. Ça, c'est la première raison. Donc l'union fait la force, clairement. La deuxième raison, c'est qu'on a, quand on est adhérent chez nous, des services. Et on a des services qui, pour certains, sont extrêmement centraux dans l'accompagnement d'un auto-entrepreneur. Comme on a eu le coutume de le dire, un auto-entrepreneur seul, c'est un auto-entrepreneur en danger. On a besoin d'une communauté et de services d'accompagnement. On fait de la médiation, on a un service de médiation qui est obligatoire pour tous les gens qui font du particulier. On a un service... de guides juridiques, de hotlines juridiques qui accompagnent vraiment l'auto-entrepreneur sur toutes les problématiques qu'il peut avoir et qu'il peut rencontrer avec l'URSSAF, avec les impôts, avec un client, avec un fournisseur, avec un bailleur. Tout ces sujets...

  • Speaker #1

    La palette.

  • Speaker #0

    Exactement. Et c'est central parce que dans d'autres fédérations, ils trouveront ce type de service mais à des prix beaucoup plus élevés ou alors ils ne les trouveront pas. Ils feront comme s'ils n'en ont pas besoin. sur les assurances c'est pareil sur les mutuelles c'est pareil il y a tout un tas de services on a un club aussi qui permet d'avoir des réductions sur beaucoup de choses, un club achat c'est assez apprécié, c'est très apprécié et donc tous ces points là font que on peut nous rejoindre aussi par intérêt personnel c'est qu'on n'est pas obligé d'avoir forcément de l'activité et une envie de défendre une communauté mais on peut aussi avoir besoin d'être adhérent par envie personnelle et aujourd'hui à combien est le prix de l'adhésion ? Alors, il y a trois adhésions. En fait, l'adhésion, elle est là aussi, on a réfléchi. Évidemment, en 15 ans, on a un peu essayé tous les modèles. Donc, tout ça est assez sec maintenant, mais ça a mis du temps à se stabiliser. Aujourd'hui, on a trois niveaux d'adhésion qui permettent d'avoir, en fait, trois niveaux de couverture, on va dire trois niveaux de service, qui permettent, en fonction des autres entrepreneurs, de leur maturité, de leurs besoins, de cotiser à partir de 12 euros par an. 12 euros par an, donc on parle de rien. On parle de trois cafés. Pas grand-chose. Voilà. Deux cafés à Paris. et jusqu'à 134 pour une cotisation qui apporte l'ensemble de la couverture. Donc il y a beaucoup plus de choses à 134 à 12, mais on peut s'y retrouver à tous les niveaux. Et puis par ailleurs on a des options, donc on peut avoir une option médiation, on peut avoir des options de formation, on peut avoir une option logicielle, on peut avoir plein d'options un peu partout pour rajouter en plus, pour ce que l'on souhaite. Mais rien n'est obligatoire et encore une fois, le plus important c'est un peu comme au sport, c'est de participer. Et donc, cotiser à 12 euros, c'est déjà un signe important, c'est un symbole fort. Et nous, on le voit depuis les trois semaines de combat, un mois de combat, il y a des semaines où on a gagné plus de 2000 adhérents.

  • Speaker #1

    D'accord, ça fait un beau ratio.

  • Speaker #0

    C'est beau, mais quand on est dans le domaine associatif, c'est jamais aussi simple que quand on est dans le domaine commercial.

  • Speaker #1

    Très bien. Donc là, pour les auditeurs, on mettra les liens pour adhérer à la FNE dans la description du podcast. Grégoire, on va... Arrivée sur l'actualité, sur le point qui fait parler, qui fait discuter, qui fait vibrer plein de personnes en ce moment. Pour faire un petit récapitulatif, on va revenir un petit peu en arrière. Le 3 février, le gouvernement adopte le projet de loi finance en utilisant le 49-3. Dans ce projet de loi finance, il y a un article qui prévoit d'abaisser le seuil des TVA à 25 000 euros. Première question, quelle était ta réaction ? En découvrant cet article, est-ce que tu avais déjà entendu parler que ça allait passer en amont ?

  • Speaker #0

    Oui, alors oui, oui, oui. Pour le coup, ça permet de remettre en avant une des forces de la FEDE, c'est que la FEDE, c'est 15 permanents. Dans les cases permanentes, on a assez bien organisé, c'est un peu une machine de guerre maintenant la FED, on a des personnes qui sont en charge de la veille législative, parlementaire, gouvernementale, réglementaire, administrative. Ceux qui ont fait ça ont fait une veille très vite, donc dès le 10 octobre, on a les archives sur le site web, pour ceux qui veulent suivre un peu le combat, dès le 10 octobre, on a levé l'alarme en disant attention, il y a trois amendements, dont un très clair, qui est porté par la Fédération française du bâtiment de la Haute-Marne, au Sénat. et qui demande dans le projet de loi de finances de baisser le seuil de TVA à 25 000. Donc on voit l'article tout de suite, enfin on voit l'amendement, tout de suite on lève le point. On avait fait déjà un petit article de presse à l'époque avec un journal qui s'était intéressé un peu de près à ce sujet, mais rappelons que c'était une période gouvernementale compliquée, le gouvernement n'était pas sûr de rester, d'ailleurs il a sauté, et les débats parlementaires étaient décousus, très décousus. Tout ça nous allait bien, de certaine manière, parce qu'on se disait, quelque chose, malheur est bon, le gouvernement ne va pas tenir, et donc toutes ces bêtises d'amendements qui sont présentes dans les textes vont sauter. Ça nous allait bien. Et on a suivi jusqu'à, effectivement, le 49-3, la motion de censure, le gouvernement qui saute, puis on est passé à autre chose. Et quand on a vu réapparaître, repris par le gouvernement à son propre compte, cet amendement, alors là, on a retiré la scène d'air beaucoup, beaucoup, beaucoup plus fort, parce que le nouveau gouvernement, en fait, même s'il dit ne pas l'avoir vraiment vu ou ne pas vraiment l'avoir compris, C'est eux qui ont décidé, alors que le précédent gouvernement avait donné un avis négatif, c'est eux qui ont décidé, le nouveau rapporteur du gouvernement, de donner un avis positif et de l'inscrire dans le texte. Et c'est du coup ce texte-là qui est arrivé en CMP et qui a été validé. Donc on a dit, attention, il y a une double tromperie. Un, le gouvernement sait très bien ce qu'il fait. D'ailleurs, il a un chiffrage à 400 millions d'euros, de recettes, cal. Donc un, le gouvernement sait très bien ce qu'il fait. Deux, le gouvernement fait ça de manière brutale. puisque jamais, alors que j'ai écrit, j'ai des preuves, j'ai écrit à Matignon, à Bercy et à l'Elysée, jamais ils n'ont répondu à mes sollicitations du mois de novembre. Donc, de manière brutale, ils imposent une réforme qui est, je l'ai déjà dit, assez inique, mal calibrée, pas concertée avec nous, avec des arguments qui sont fallacieux, puisque les arguments européens, en fait, ne tiennent pas, quand on voit surtout ce qui se passe.

  • Speaker #1

    Justement, est-ce que tu peux faire un petit récapitulatif des motivations ? du gouvernement pour abaisser ce seuil ?

  • Speaker #0

    Je pense qu'il y a deux motivations principales. La première, qui est une motivation purement budgétaire, c'est qu'on le sait bien, aujourd'hui, tout le monde cherche de l'argent. Et malheureusement, c'est la vie très personnelle, mais malheureusement, je pense que nos gouvernements ne sont pas capables de faire des économies là où ils devraient. Et au lieu de se poser les vraies questions sur le train de vie de l'État, sur l'ensemble des choses qui nous coûtent trop cher, ils... ils vont à la solution de facilité, donc ils lèvent de l'impôt. Et il est très évident qu'un haut fonctionnaire, quelque part dans un bureau inversé, a dit, je prends un Excel, j'applique à la TVA tous ceux qui sont au-dessus d'un certain seuil et j'en tire une recette. Ça, c'est la motivation numéro une, à mon sens. La motivation numéro deux, c'est une motivation qui est exclusivement liée au combat du BTP, qui n'a jamais désarmé, qui depuis 16 ans nous fait la misère dès qu'il peut sur le régime parce qu'ils n'ont qu'un objectif en tête. c'est faire sortir les auto-entrepreneurs du secteur du BTP pour réserver en fait, pour réglementer en réalité leur métier, réserver leur marché à un précaré d'entrepreneurs du bâtiment au droit commun, et se permettre de compter les prix. On est clairement sur cette stratégie-là, c'est une stratégie qui est très claire. Ça fait 15 ans que je les bats, que je les combats, que très souvent je les bats. On avait enterré malheureusement à l'âge de guerre, en gros depuis 2014-2015, les accords trouvés par Laurent-Guyome. Et malheureusement, cet amendement a déterré la hache de guerre et tout ce qui va avec.

  • Speaker #1

    Et tu as une explication de pourquoi le gouvernement ne va pas dans ce sens-là, dans le sens du BTP ? Enfin, en tout cas des porte-parole du BTP.

  • Speaker #0

    Je ne sais pas. Je pense que... Je ne suis pas dans le secret des dieux, des discussions et peut-être parlementaires d'ailleurs avec les fédérations du bâtiment. Il est évident qu'il y a sûrement un prêté pour un rendu dans cette histoire. Je sais que le gouvernement fait baisser les budgets ou les crédits sur la rédération énergétique, va avoir tendance à faire baisser aussi les dépenses publiques de construction ou de reconstruction du fait de la dette de l'État, et que donc, pour faire passer la pilule, on doit une carotte. Et elle en fait partie. Le régime de l'auto-entrepreneur dans le secteur du BTP fait partie de la carotte. qu'on peut avoir tendance à concéder au BTP. Je peux comprendre que dans une certaine logique d'échange gagnant-gagnant, ça se tienne, mais je ne veux pas que les auto-entrepreneurs soient les victimes expiatoires de ça. C'est ignoble.

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça. Même si ça fait gagnant-gagnant, ça laisse quand même beaucoup de perdants dans cette histoire.

  • Speaker #0

    Et là, c'est absolument ignoble de procéder à la guerre.

  • Speaker #1

    Justement, en parlant des perdants par rapport à ce projet, il y a eu de nombreuses craintes. Quelles sont les craintes majeures des micro-entrepreneurs par rapport à cet abaissement ?

  • Speaker #0

    Alors, je pense qu'on a deux grandes familles de craintes. Il y en a une principale qui est que face à cette difficulté, alors c'est évidemment plus dur pour ceux qui font de l'achat-revente, mais ça reste difficile pour tout le monde dans tous les cas, face à cette difficulté de franchir les seuils de TVA, qui voit comme un rubicon et ne pas franchir, je l'ai dit plusieurs fois dans la presse, c'est un repoussoir, c'est complexe, c'est un peu difficile, ça nécessite des opérations comptables auxquelles un certain nombre d'auto-entrepreneurs ne sont pas du tout familiers. Donc face à cette difficulté de franchir le plafond, les autres entrepreneurs vont se freiner dans leur activité et donc ne vont plus en tirer un revenu substantiel. Ça, c'est le premier risque. C'est la première crainte principale. La deuxième crainte principale, c'est que, comme ils vont se limiter dans leur activité, ils vont, pour une grande partie de ceux qui sont en dessous des 25 000, carrément fermer leur porte. Parce qu'en fait, quitte à se limiter à 25 000 et à en tirer un revenu qui ne permet pas de vivre, autant arrêter, tout court.

  • Speaker #1

    Oui, chercher une nouvelle activité en tant que salarié, par exemple.

  • Speaker #0

    C'est-à-dire que finalement, le jeu n'en vaut pas la chandelle. Surtout s'il faut commencer à accumuler un peu d'intérim, un peu de CDD, un peu de CDI à temps partiel, pour en parallèle garder une activité dont de toute façon, on ne peut pas envisager la croissance, puisque les difficultés administratives, comptables, etc. rendent les choses difficiles. Et quand on leur dit franchissez le plafond, ils répondent, et ils ont raison, ils répondent, mais de toute façon, nos clients ne sont pas prêts à payer la hausse. de prix. C'est un peu moins vrai dans le BTP parce qu'on a quand même pas mal d'activités dans le BTP qui sont à 5,5 de TVA ou à 10 de TVA. Donc on va dire que la vie pour le client final est moins dure à avaler. Mais dans les prestations de services, dans un certain nombre d'activités d'achat-revente, la TVA est à 20%. Dans le service à la personne, la TVA est à 20%. Et c'est extrêmement dur pour les auto-entrepreneurs d'imposer ces 20% à leur client final. même si je voulais franchir le seuil, en fait, rien n'indique que j'y arriverais parce que ça va mettre un gros coup de frein à ma clientèle. Et donc, soit je prends la paume pour moi, je ne gagne pas ma vie, soit je l'impose à mes clients, mais je perds des clients.

  • Speaker #1

    Et oui, c'est ça. C'est ce qu'on a pu voir durant les dernières semaines. Il y a beaucoup de personnes qui pensaient absorber la TVA pour eux et donc diminuer leurs revenus en solution si ça venait à passer. On a quand même l'impression que c'est en effet le BTP qui est la source des interrogations, et le fait que ça soit répercuté sur tout le monde, c'est une sorte d'injustice. Pour contrer cette injustice, il y a eu des concertations, dont la FNE a été l'un des... Alors, il y a une petite moue, c'est des concertations qui n'ont pas été satisfaisantes.

  • Speaker #0

    Non, mais on ne peut pas appeler ça des concertations. Moi, je l'ai dit à la ministre à la fin de la réunion finale de concertation, sans pas passer à une conversation. Je lui ai dit, écoutez, en 2013-2014, on a passé 18 mois avec Laurent Corguillaume, les fédérations du BTP. On s'est rencontrés tous les jeudis pendant au moins 4 mois à l'Assemblée nationale pour analyser les points un par un. Quid de la concurrence déloyale ? Quid de la distorsion de compétitivité ? Quid de la comparaison des régimes fiscaux et sociaux ? Quid de l'inégalité face Ausha sociales ? Quid... de la problématique des requalifications liées à des diplômes manquants. Quid du stage préalable à l'installation ? Quid des assurances décennales ? Tous ces points-là, on les avait vus, on les avait concertés, on les avait analysés, on avait deux missions de l'État, une de l'Aspection générale des finances, une de l'Aspection générale des affaires sociales, qui avait construit un rapport énorme, dans lequel il y avait eu des dizaines, des centaines d'auditions. L'ensemble des fédérations professionnelles avait été challengé, avait des questions précises. On avait des analyses économétriques sur la taille. des auto-entrepreneurs dans le bâtiment et en particulier dans la rénovation, la distorsion de compétitivité par rapport à des chantiers à 5-5 et au crédit TVA réel, c'est-à-dire la balance de TVA entre la TVA collectée et la TVA déductible. Et tout ça nous avait amené à des vraies conclusions, une vraie concertation et au final une acceptation d'un régime qui avait pris sa place dans le paysage entrepreneurial. Là, il n'y a rien eu de tout ça. On a eu une réunion de départ, une réunion d'arrivée, deux audios en one-to-one avec le cabinet de la ministre, ils ont auditionné autour de 50 à 60 fédérations professionnelles qui ont toutes dit « on ne veut pas de cette hausse » , à l'exception du BTP qui a dit « on en veut absolument » .

  • Speaker #1

    D'accord, justement, là tu soulignes un point, peut-être qu'on pouvait se poser la question, quel était l'avis des autres fédérations ? Donc a priori, la plupart sont d'accord avec le message de la FNF.

  • Speaker #0

    On connaît 75% des fédérations qui ont été auditionnées à Bercy, puisqu'elles sont soit adhérentes de la FNAE en parallèle, soit partenaires de la FNAE. Et elles sont sur un groupe WhatsApp commun avec nous, où on partage nos positions, nos analyses, nos sondages, nos points de vue, nos remontées de terrain, nos vidéos, etc. Donc on sait très bien ce qui s'est dit à Bercy. Mais Bercy, dans son communiqué, dit « une majorité des fédérations sont neutres ou favorables » . Déjà, ça ne veut rien dire, soit elles sont neutres, soit elles sont favorables. Et une minorité des fédérations sont opposées. Une minorité des fédérations en nombre ou en nombre d'adhérents ? Vous n'avez rien à dire. Si vous avez rencontré 25 fédérations qui vous ont dit « Nous, on est favorable parce qu'elles sont toutes du BTP » , vous en avez rencontré 25 autres qui sont toutes négatives parce qu'elles ne sont pas du BTP, mais elles représentent 3 fois plus de personnes, ce n'est pas la même façon de présenter les choses que de parler en nombre d'affiliés, ou en chiffre d'affaires d'ailleurs.

  • Speaker #1

    Clairement, il y a une vraie différence de narratif. Parce que moi, j'étais resté justement sur le message du gouvernement qui laissait penser que la FNAU était un peu isolée sur cette position. Et a priori, non. C'est une bonne nouvelle déjà. Oui.

  • Speaker #0

    Très bonne nouvelle. Alors, soyons clairs. La position gouvernementale aujourd'hui, elle est ambiguë. Parce qu'ils disent, on revient à ce qu'on disait au départ, ils disent qu'on ne veut pas dire au BTP qu'on n'a rien gagné. Mais en même temps, on a bien conscience qu'on ne peut pas faire tâche d'huile avec cette mesure sur l'ensemble des autres métiers qui sont globalement très impactés par cette baisse du plafond et qui n'ont rien demandé à personne, et qui ne sont en concurrence avec qui que ce soit, qui sont absolument en concurrence avec qui que ce soit. Jamais, nulle part. Et en plus, un argument supplémentaire qui se retourne un peu contre eux, c'est qu'en Europe, la plupart des pays sont plutôt en train d'augmenter les plafonds de franchise en base quand on regarde l'Italie à 85, ou l'Espagne qui vient de voter 50, alors qu'ils étaient à zéro. Ah oui. La France est en train d'aller à rebrousse-poil de l'ensemble des pays de l'Union. On est encore une fois en train de faire un truc qui n'a pas de sens. Donc ça, on leur dit, je pense qu'ils entendent. Le vrai point, c'est à quel moment on va réussir à atterrir avec ou sans le BTP. Nous, on a une position de principe qui est extrêmement forte. C'est qu'on ne veut pas laisser le BTP sur le côté. Pour deux raisons, essentiellement. La première, c'est que... aucun des arguments qui sont apportés aujourd'hui par les arguments par les fédérations du BTP ne sont valides. Il n'y a pas de concurrence déloyale, ce n'est pas démontré. Quand on fait 2,7% du chiffre d'affaires du secteur, c'est infime. Personne ne peut croire une seconde que 2,7% fassent concurrence au reste du secteur. Trois, quand on parle de la fraude, il n'y a pas plus de fraude chez les artisans auto-entrepreneurs que chez les artisans non auto-entrepreneurs. C'est peut-être même l'inverse. Quatre, il n'y a pas de problème de qualification. Tout le monde aujourd'hui a une qualification professionnelle pour faire ce métier, et c'est même les chambres de métier qui le vérifient.

  • Speaker #1

    Bien sûr, il faut un diplôme ou une expérience de 3 ans.

  • Speaker #0

    Il faut un diplôme ou une expérience de 3 ans, validée d'ailleurs. Et enfin, 5, dans les activités du BTP, je l'ai dit, la TVA est à 5,5 ou à 10, mais en plus de ça, il y a une récupération de la TVA sur le matériel et les matériaux, et donc la véritable collègue de TVA pour l'ETA, c'est Bercy qui nous l'a confié, c'est de l'ordre de 3 à 4. Donc la réalité, c'est que si on peut parler d'une distorsion de concurrence, elle est de l'ordre de 3 à 4 % sur les prix. Donc dans tous les cas, tous ces arguments s'effondrent dès qu'on commence à les creuser. Donc ça, c'est la première raison pour laquelle on dit non. Nous, intellectuellement, on ne peut pas se permettre de convenir avec vous qu'il y a une concurrence déloyale avec le BTP.

  • Speaker #1

    J'ai quand même l'impression, puisqu'il y a beaucoup d'entreprises du BTP qui font appel à des micro-entrepreneurs pour les aider sur des chantiers.

  • Speaker #0

    En plus de ça... sur le terrain, les avis ne sont pas partagés. Et c'est pour ça d'ailleurs qu'on a énormément d'auto-entrepreneurs et d'entrepreneurs individuels qui étaient adhérents à l'UDP ou à la CAPEP qui nous rejoignent en disant « mais en fait, vous êtes les seuls à nous défendre vraiment puisque sur le terrain, on voit bien qu'on en a besoin, nous, les autres entrepreneurs. » Et même en entreprise individuelle, ils adhèrent à la FED. Donc déjà, il y a un vrai sujet entre la distorsion d'un message politique et la réalité du terrain. Puis la deuxième raison pour laquelle on ne veut pas ça, c'est qu'à partir du moment où on ouvre la boîte de Pandore, C'est une première exclusion d'un certain secteur. Mais demain, les coiffeurs et les esthéticiennes vont venir nous voir, disons qu'il y a une concurrence déloyale entre les coiffeurs à domicile et les coiffeurs dans les salons. Et puis après demain, on va avoir la même chose avec les garagistes. On va dire, attendez, moi j'ai un garage, et puis j'apprends qu'il y a des gens qui font de la réparation et des changements de pneus et des menus mis à jour de voitures en auto-entrepreneur. Donc, en fait, ça va s'étendre, ça va faire tâcher. On va avoir à terme 20, 40, 50 professions qui vont nous demander de faire sortir du régime des métiers dont ils ne veulent pas pour précaire. Donc, pour toutes ces raisons-là, il est inentendable, inaudible. en mots français, de se passer une exclusion du BTP à l'occasion de cette loi. Donc on s'y oppose, point final.

  • Speaker #1

    D'accord. Et donc, par rapport à tout ça, il y a déjà eu des actions qui ont été orchestrées. Il y a eu notamment une pétition qui a reçu un grand succès. Les 100 000 signatures ont été... Ils sont arrivés en quelques jours.

  • Speaker #0

    Quelques jours et demi.

  • Speaker #1

    Alors que d'habitude, j'ai ce genre de pétition, mais plusieurs semaines, plusieurs mois, à avoir les 100 000 signatures. Il y a eu aussi un grand élan avec tous les courriers envoyés aux députés de la part des micro-entrepreneurs pour témoigner de l'injustice à laquelle ils font face. Et puis, il y a eu aussi la super vidéo que la FNE a partagée avec les nombreux témoignages. La prochaine étape, qu'est-ce que c'est ?

  • Speaker #0

    Alors, il y a deux étapes. Il y a une étape, on va dire plutôt de pression parlementaire qui continue, qui va reposer essentiellement sur la suite que le Sénat va donner à notre pétition, puisque la conférence des présidents va se saisir du sujet. On leur a écrit pour leur demander comment ils allaient faire les choses. A priori, il y a une mission flash qui va être menée par quelques sénateurs sur le sujet.

  • Speaker #1

    On a une idée à peu près des délais que ça peut prendre ?

  • Speaker #0

    Non, mais ça va être rapide, parce que de toute façon, quand ils parlent de mission flash, ils parlent d'une à deux semaines. Leur objectif, de toute façon, ils sont assez convaincus par la situation. Ils voient bien qu'il n'y a pas besoin d'une fronte fiscale supplémentaire aujourd'hui. Et clairement, pour faire plaisir au BTP, on ne va pas mettre à terre un million d'auto-entrepreneurs, dont 250 000 qui sont impactés immédiatement. Donc clairement, je pense qu'il y a un premier combat parlementaire et notamment au Sénat. On en a un autre qui concerne les propositions de loi qui sont déposées. Je rappelle qu'il y en a quatre. Ces propositions de loi cherchent toutes aujourd'hui une niche parlementaire pour être votées. Donc ça, c'est un grand enjeu en termes de gain de temps. On est en relation avec un certain nombre de députés. En tout cas, on connaît tous les députés qui ont déposé des propositions de loi. On a des auditions assez régulières avec eux. On se téléphone assez souvent. Et on essaie de voir comment ils peuvent orchestrer ça dans une semaine transpartisane, par exemple, ou lors d'une niche parlementaire. Ça, c'est plutôt parlementaire et politique.

  • Speaker #1

    Je rebondis sur ces propositions de loi. Maintenant, ça fait déjà plusieurs semaines qu'elles ont été déposées. Oui. Pour les micro-entrepreneurs qui nous écoutent et qui n'ont peut-être pas l'habitude du process, après avoir fait une proposition de loi, combien de temps il faut attendre aussi pour faire une action ?

  • Speaker #0

    C'est rapide, ça peut être très long. Une proposition de loi, soit il y a une niche parlementaire qui arrive, et il y a très peu de niches parlementaires, il y en a une par parti et par an, qui arrive assez vite et les textes pour cette niche parlementaire ne sont pas encore fixés. Et donc le député peut glisser sa proposition de loi dans la niche parlementaire. Et à ce moment-là, on la met en séance publique, on la fait voter en séance publique. Et à partir du moment où elle est votée en séance publique, là, elle commence sa navette, donc elle retourne au Sénat, elle va au Sénat, les sénateurs font la même chose, et ensuite, ça revient à l'Assemblée et c'est voté. Ça, ça peut être effectivement très rapide, mais ça peut être très lent, puisque comme il n'y a qu'une niche parlementaire par an et par groupe, il faut attendre parfois 3, 4, 5 mois pour que quelqu'un arrive à glisser un texte. Évidemment, ça peut faire peur. Il y a d'autres manières de faire. Il y a le fait que le gouvernement veut faire un projet de loi. Si le gouvernement dépose un projet de loi qui arrive à l'Assemblée, les députés peuvent aussi l'amender, avec ou pas l'aval du rapporteur général du gouvernement. Donc évidemment, on peut prendre n'importe quel projet de loi qui viendrait traiter le cas des autres entrepreneurs de la TVA et en modifier substantiellement la rédaction pour qu'il abroge tout ce qui a été prévu dans le projet de loi de finances et dans le projet de loi. Et puis après, on peut faire aussi d'autres techniques. qui est de faire un amendement sur un texte qui n'a rien à voir. On laisse passer un texte, on l'amende dans ce texte en rajoutant un article qui dit « à propos de la TVA, je change la règle, je reviens au 1er janvier 2025, mais le risque étant que ce soit jugé comme un cavalier, ce qu'on appelle un cavalier, c'est-à-dire un cavalier budgétaire, et en fait, on ajoute sur un texte qui n'a rien à voir avec le texte. »

  • Speaker #1

    D'accord. Évidemment,

  • Speaker #0

    si quelqu'un attaque ce texte au Conseil constitutionnel, l'article tombe.

  • Speaker #1

    C'est peut-être pas la façon la plus noble.

  • Speaker #0

    C'est pas la façon la plus claire. Maintenant, s'il faut passer par là, pourquoi pas. Je pense qu'on va peut-être pouvoir y arriver aussi. En tout cas, on essaye toutes les pistes et on est assez bien conseillés sur ce sujet. faire rentrer ça au bon endroit et au bon moment, et en tout cas avant le 1er juin. Le 1er juin n'est pas non plus une des butoirs à avoir absolument en tête comme un voyant rouge. Pourquoi ? Parce qu'en fait, il peut se passer plein de choses. Après le 1er juin, le gouvernement peut encore repousser la mise en œuvre, surtout si la gronde continue et si le texte n'a pas fini sa navette. C'est aussi une raison administrative. Et puis, n'oublions pas qu'on est dans une forme d'instabilité parlementaire et que rien n'indique que dans 3, 4 ou 5 mois, le gouvernement ne sera pas en fonction et le Parlement n'aura pas été dit. La prochaine dissolution, c'est septembre, je crois. Mais potentiellement, je ne vais pas dire que ça va être fait, potentiellement septembre. Donc, il peut y avoir aussi des choses qui se passent dans l'intervalle qui font que ça n'évolue pas comme prévu.

  • Speaker #1

    C'est vrai, après, on peut se projeter aussi loin, mais là, la suspension, elle va jusqu'au 1er juin.

  • Speaker #0

    Oui,

  • Speaker #1

    donc les micro-entrepreneurs, sans message clair du gouvernement, c'est vrai qu'il y a toujours plein de questions qui demeurent. Et en plus de vraiment la crainte de l'abaissement du seuil, je pense que la gronde vient aussi du fait que le message n'est pas clair sur ce qui peut se passer au 1er juin ou pas. Donc là, tu sembles nous rassurer. je pense, au portail auto-entrepreneur, les personnes qui regardent ça aussi ont tendance à être rassurants, mais pour les personnes qui n'ont pas le nez sur l'actualité, c'est vrai que on peut vraiment voir cette date du 1er juin comme, oui, je dois appliquer la TVA dès les 25 000 euros.

  • Speaker #0

    Alors, c'est la raison pour laquelle nous on appelle à manifester le 25 mars. En fait, il faut qu'on maintienne la pression pour que vraiment, et j'insiste là-dessus, on soit le plus clair possible au 1er juin. Le monde idéal, c'est le 1er juin, le texte était définitivement abrogé, on n'en parle plus, et on enterre l'âge de guerre avec le BTP, si il y a encore une raison de faire la guerre, et on passe à autre chose. Si les gens viennent le 25 mars, il faut qu'ils viennent pour cette raison, c'est-à-dire qu'on ne peut pas piloter une entreprise si petite soit-elle, avec autant d'incertitudes, autant de mépris de la part du gouvernement, une règle rétroactive, qui plus est rétroactive par rapport au chiffre d'affaires rédé en 2024. on en parlera peut-être, mais nous, on est prêts à aller au conseil parce qu'une QPC, une question prioritaire de constitutionnalité, a toutes les chances d'aboutir. Et ce qui est certain, c'est que venir le 25 mars pour dire ça, c'est remettre, en fait, dans le réel, un certain nombre de fonctionnaires, de décideurs, d'élus, qui n'ont pas compris comment fonctionnait une entreprise au quotidien, qui n'ont pas compris l'hétérogénéité des situations du régime, qui n'ont pas compris la... panade dans laquelle ils sont en train de mettre les gens avec des règles pas négociées, pas discutées, pas préparées, pas pédagogiques, pour certaines inapplicables, quand on regarde les gens qui sont en brocante, qui ne peuvent pas récupérer la TVA, parce qu'ils achètent des objets de deuxième cycle, troisième cycle, évidemment auprès des particuliers qui ne facturent pas la TVA, puisque c'est de l'achat de passion. Je veux dire, on découvre, en fait, les gens ont l'impression de découvrir ... comment fonctionne une boîte en France. Donc venez, c'est vraiment un appel, venez le 25 mars, dans la rue, il y a 15 villes en France, vous pourrez le dire, venez montrer à la presse, il y aura des parlementaires qui seront avec nous, je pense à l'Assemblée Nationale, venez montrer à tous que le 25 mars, on va déterminer à ce que ce truc ne passe pas.

  • Speaker #1

    Donc dans 15 villes différentes, il y aura donc à Paris, à l'Assemblée,

  • Speaker #0

    c'est ça ? On espère, on espère, à l'Assemblée Nationale, oui.

  • Speaker #1

    D'accord. Donc on va partager la carte que la FNE a déjà partagée avec les différentes villes où auront lieu les points de rassemblement, où seront les points de rassemblement pour cette manifestation. On va arriver à la fin de cette interview. J'ai deux grandes questions pour toi, plus tournées vers l'avenir, mais peut-être un avenir un peu plus lointain. Avec toute ton expérience, comment tu vois l'avenir de la micro-entreprise aujourd'hui ?

  • Speaker #0

    Alors, c'est une question qui pourrait nous occuper pendant trois heures, mais il y a deux choses qu'on peut dire. La première, c'est que je pense que le régime s'est suffisamment installé dans le paysage entrepreneurial. On l'a vu d'ailleurs à l'occasion de la journée des droits des femmes, où le régime a énormément féminisé la classe d'entreprise, alors que ce n'était pas du tout le cas dans les entreprises de droit commun. C'est un régime qui couvre, on l'a vu, des réalités tellement différentes. qui couvre beaucoup de ruralité aujourd'hui où on a vraiment des sujets de désertification économique, de précarité dans certains cas. C'est un régime qui a répondu aussi à l'économie de plateforme avec d'ailleurs plus ou moins de bonnes raisons, mais qui couvre aujourd'hui des livrars à vélo, des VTC. des gens qui font du bricolage, du service à la personne, etc. Donc je pense que, même si ce n'est jamais complètement gagné, d'ailleurs on le voit avec la TVA, le régime de l'auto-entrepreneur s'est installé durablement et me semble être vraiment plébiscité à la fois par les Français, mais aussi par un certain nombre d'élus. Je n'aurais pas imaginé, et c'est une grande découverte de cette année 2025, qu'on arrive à avoir une telle alliance. à l'Assemblée, entre les députés de la France Insoumise, les députés du Rassemblement National, les députés centristes, autour du fait que le régime, c'est intouchable. Mais c'est parce qu'il est hétérogène et parce qu'il recouvre tellement de réalités sociales différentes que finalement, tout le monde va m'aider à sa porte avec le régime.

  • Speaker #1

    Aujourd'hui, on a tous un micro-entrepreneur dans sa vie, on connaît tous un micro-entrepreneur, ce qui n'était pas le cas peut-être il y a une dizaine d'années.

  • Speaker #0

    Ce n'est pas encore le cas. Et on sait tous qu'on sera tous un jour ou l'autre micro-entrepreneurs pour une raison ou pour une autre. transition entre deux jobs, début de retraite, fin de mission, début d'études, il y a toutes les raisons qui font qu'un jour ou l'autre on peut facturer un peu une prestation, un conseil, trois travaux, enfin bref, même si c'est des travaux réglementés, je rappelle, on va mettre les trucs dans du BTP. Donc ça c'est la première chose, c'est que je pense qu'on a un régime qui est stabilisé. La deuxième chose c'est qu'on a encore beaucoup à faire pour consolider dans les prochaines années. On a des enjeux. Autour de la protection sociale, je pense notamment à la retraite. Nous, on se bat pour que les gens puissent cotiser de manière volontaire à quatre trimestres de retraite, même quand ils n'ont pas atteint le chiffre d'affaires minimum, pour éviter une bombe à retardement dans les prochaines années. On a des sujets encore sur la maternité et sur les années journalières. On a des sujets sur l'accès au travail, parfois, ça peut se poser. On a des sujets sur le travail avec les plateformes. On est en train de mettre en place le précompte pour que la plateforme cotise. versent la cotisation au nom et pour le compte de l'auto-entrepreneur. Mais c'est un travail, c'est un peu complexe, il y a beaucoup de sujets qui ressentent ce moment avec eux. On a des sujets sur la fraude, où on continue à travailler de manière pédagogique. On a un grand slogan, « Frauder, c'est se tirer une balle dans le pied » . On essaie d'amener les auto-entrepreneurs à comprendre les droits contributifs, à les amener vers plus de responsabilités. Et voilà, ces sujets, on en a quand même quelques-uns. On a aussi des sujets sur la formation de manière générale, notamment la compétition administrative du régime. Mais tout ça, ça viendra avec le temps. On a encore, je pense, cinq années solides de combat et d'avancée pour faire en sorte que le régime soit quasiment parfait. Ça ne sera jamais vraiment parfait. Ça peut être mieux qu'aujourd'hui et c'est déjà beaucoup mieux qu'hier.

  • Speaker #1

    Bien, merci pour cette jolie analyse. Tu ne dois pas échapper à la question habituelle qui termine et qui clôture chaque épisode du podcast Auto-Entrepreneur. Je pense que tu es tellement bien placé que ce... Je vais pouvoir aider beaucoup de monde. Quel conseil tu donnerais à une personne qui hésite à se lancer dans la micro-entreprise ? Qui est là, qui a un projet, mais qui hésite.

  • Speaker #0

    Alors moi je dirais, déjà il ne faut pas hésiter, parce qu'il n'y a pas de raison. Ça reste simple, sans risque, et finalement assez carré, assez bordé. Ce n'est pas comme envisager de grimper au sommet de l'Everest. Donc ne pas hésiter, je pense que c'est une bonne chose. Deux, se faire accompagner. Il y a pas mal de structures aujourd'hui qui sont crédibles sur le marché, qui accompagnent, sans investir des milliers d'euros. Mais se faire accompagner intelligemment, ça ne mange pas de pain, c'est toujours utile. Et mon troisième conseil, c'est que ça sera toujours une super expérience. Ça sera toujours une super expérience, même si ça ne va pas loin, même si c'est un peu compliqué de trouver des clients, ou de satisfaire, ou de lancer un service, ou de s'installer une clientèle récurrente. Ça sera toujours une bonne expérience, ça permettra de voir aussi un autre aspect de l'économie et du travail, tout simplement le poste salarial. Donc je pense que dans tous les cas, ça vaut le coup d'être joué.

  • Speaker #1

    Merci beaucoup Grégoire pour tes conseils et ton temps. Je crois que ton calendrier est très rempli, alors je ne veux pas te conserver plus longtemps. C'était un vrai plaisir de pouvoir échanger avec toi sur la micro-entreprise et puis sur l'actualité. Puis j'espère à une prochaine fois au podcast Auto-Entrepreneur.

  • Speaker #0

    Avec plaisir, merci Thomas. A bientôt.

  • Speaker #1

    Merci à vous d'avoir écouté cet épisode du podcast Auto-Entrepreneur. J'espère que vous avez pu trouver les réponses à vos questions concernant l'actualité et l'abaissement du seuil de TVA. Concrètement, aujourd'hui, nous n'en savons pas beaucoup plus sur ce qui va advenir de cette loi. Les signaux peuvent être positifs avec notamment le soutien de nombreux députés, avec la FNAE qui a fait entendre sa voix et surtout celle des nombreux micro-entrepreneurs qui avaient des craintes. Mais aujourd'hui, la mobilisation continue. La prochaine étape, ce sera la manifestation, ou je dirais plutôt les manifestations, le 25 mars dans 15 différentes villes en France. Je vais vous mettre toutes les informations dans la description de cet épisode pour que vous puissiez retrouver les points de rassemblement. Quant à nous, nous nous retrouvons bientôt pour un nouvel épisode hypnotique. Je ne vous en dis pas plus. D'ici là, prenez soin de vous et de votre entreprise.

Chapters

  • Introduction

    00:00

  • Qui est Grégoire Leclercq

    01:48

  • L'anecdote de la CFE

    05:01

  • Qu'est-ce que la FNAE et pourquoi adhérer

    10:55

  • Comment la FNAE a appris pour la réforme

    19:24

  • Pourquoi le gouvernement fait cette réforme

    22:17

  • Que craignent les micro-entrepreneurs avec cette réforme ?

    25:08

  • Le cas du BTP

    27:52

  • Les actions de la FNAE contre la réforme

    35:22

  • Quel avenir pour la micro-entreprise

    43:41

  • Les conseils de Grégoire Leclercq aux micro-entrepreneurs

    47:21

  • Conclusion et fin

    47:21

Description

Dans cet épisode, Romaric accueille Grégoire Leclerc, le président de la FNAE.

La FNAE est le premier syndicat des micro-entrepreneurs. En février 2025, elle est devenue leur porte parole dans le combat contre l'abaissement du seuil de TVA à 25 000€.

Cette discussion répond aux nombreuses interrogations autour de la réforme de la TVA.

  • Quelles sont les motivations initiales du gourvernement ?

  • Quelles sont les craintes des entrepreneurs ?

  • Quelle est la situation après les concertations des différentes fédérations ?

  • Quelles sont les prochaines actions orchestrées pour faire entendre la voix des défenseurs de la micro-entreprise ?

  • Quels sont les motifs d'espoir ?


Grégoire partage aussi les premiers défis et les motivations derrière la création de la FNAE.
La conversation explore également le rôle de la FNAE dans la défense des intérêts des micro-entrepreneurs.

Découvrez la vision optimiste qu'il partage sur le futur du régime de la micro-entreprise dans cet épisode riche en informations.

📢 Rejoignez la manifestation du 25 Mars !
Devenez membre de la FNAE en suivant ce lien : https://fnae.fr/auto-entrepreneur-federation/

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Crédit musical :

Yaki Tori by Smith The Mister https://smiththemister.bandcamp.com

Smith The Mister https://bit.ly/Smith-The-Mister-YT

Free Download / Stream: http://bit.ly/-yaki-tori

Music promoted by Audio Library https://youtu.be/oZ0U4Q5epUs  


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Donc venez, c'est vraiment un appel, venez le 25 mars dans la rue, il y a 15 villes en France vous pourrez le dire, venez à la presse, il y aura des parlementaires qui seront avec nous, je pense à l'Assemblée Nationale, venez montrer à tous que le 25 mars on va déterminer à ce que ce passe, ce truc ne passe pas. Bonjour, c'est Romaric,

  • Speaker #1

    bienvenue sur le podcast Auto-Entrepreneur. Vous n'avez pas pu le rater, c'est le sujet bouillant de ce début d'année concernant la micro-entreprise. Et oui, je veux bien évidemment parler de la loi visant à abaisser le seuil de TVA à 25 000 euros, et ce, quelle que soit l'activité. Pour en parler, aujourd'hui, j'ai la chance et le plaisir de recevoir Grégoire Leclerc. Son nom ne vous dit peut-être rien, et pourtant, c'est la voix qui représente les micro-entrepreneurs lors des concertations avec le gouvernement. Grégoire Leclerc est le président... et fondateur de la FNAE. Dans cet épisode, nous allons revenir sur les raisons qui l'ont amené il y a plus de 15 ans à créer la FNAE. Nous reviendrons sur les différents combats qu'il a déjà mené pour défendre le régime de la micro-entreprise et surtout nous nous attarderons sur le sujet de l'actualité en voyant quelles ont été les motivations du gouvernement pour tenter d'abaisser ce seuil de TVA, quelles sont les craintes majeures. des micro-entrepreneurs et surtout il nous aidera à y voir un peu plus clair pour savoir où nous allons aller dans les semaines à venir. Vous voulez en savoir plus sur cette loi visant à abaisser le seuil des TVA ? Alors cet épisode est pour vous. Bonne écoute ! Pour cet épisode du podcast auto-entrepreneur, nous accueillons non pas un micro-entrepreneur, mais le président de l'FNAE et la voix actuellement. des micro-entrepreneurs. Bonjour Grégoire.

  • Speaker #0

    Bonjour Marc.

  • Speaker #1

    Comment vas-tu aujourd'hui ? Je sais que l'actualité est dense pour toi, mais comment vas-tu ?

  • Speaker #0

    Eh bien, ça va bien. On est obligés par cette actualité de se battre. Effectivement, j'ai presque dit nuit et jour. Donc ça va, c'est un peu tendu et c'est un peu long. Effectivement, on espère tous, évidemment, une sortie la plus rapide possible de cette crise. Malheureusement, ce n'est pas encore le cas. Donc voilà. On est très motivé, un peu fatigué, mais on tient le choc.

  • Speaker #1

    On espère un dénouement rapide. Bien évidemment, on va revenir sur toute l'actualité liée à l'abaissement du seuil de TVA à 25 000 euros pour les micro-entrepreneurs. Mais on va commencer par te présenter toi. En quelques mots, qui est Grégoire Leclerc, le président de la FNE ?

  • Speaker #0

    C'est facile de se présenter. Je suis Grégoire Leclerc, j'ai 42 ans. Donc j'ai fondé la FNAE un peu sur une intuition de départ en 2009, quand le régime s'est créé. J'étais étudiant et avec quelques copains, j'étais assez convaincu qu'il manquait un peu un esprit de corps et une communauté qui soit organisée autour des grandes questions qu'il y avait à l'époque sur l'émergence du régime. Le régime était tout neuf. Donc j'ai eu cette idée. En avril 2009, on s'est dit, allez, on va la soutenir. structuré un peu sous forme associative. La FEDEF est née en avril et puis en octobre, on a eu nos premières cotisations en 2009. Et pendant un an, on a essayé de structurer un peu l'offre en se disant qu'est-ce que nous adhérons en recherche. On a commencé par un forum, on a dit que ce n'était pas forcément ça. On a lancé les premiers services et puis on a commencé à faire nos armes vraiment syndicales. On n'avait pas du tout l'impression et l'envie de monter un syndicat, mais c'est devenu un syndicat de fait. Nos premières armes... En 2010, avec la CFE, c'était un des premiers combats qu'on a menés, qu'on a gagné d'ailleurs. Et on a été convoqué pour la première fois au ministère cette année-là, toujours là. Et on a tenu devant le ministre un discours extrêmement ferme, de toute façon, maintenant c'est nous qui allons défendre les autres entrepreneurs, etc. Ça a commencé comme ça.

  • Speaker #1

    Parce que toi, à ce moment-là, tu étais micro-entrepreneur ?

  • Speaker #0

    Bien sûr, bien sûr.

  • Speaker #1

    Et sur quelle activité ?

  • Speaker #0

    Moi, en fait, j'ai été étudiant en école de commerce. J'avais développé une petite activité de conseil et de développement de site web. Je faisais vraiment au début un peu de l'informatique basique. Petit à petit, je me suis un peu spécialisé. J'ai fait beaucoup de conseils en maîtrise d'ouvrage. Et puis après, les années ont passé. Et aujourd'hui, je n'exerce plus qu'une activité d'enseignement en tant qu'entrepreneur.

  • Speaker #1

    D'accord. Donc, tu as gardé le statut ?

  • Speaker #0

    Oui, je suis toujours entrepreneur. J'exerce à peu près entre 8 et 12 000 euros chez l'affaire à l'année. Et essentiellement, vos activités de formation, je donne des cours de microéconomie et d'économie digitale.

  • Speaker #1

    D'accord. Et donc, comme tu l'expliquais, c'était une idée avec tes camarades étudiants pour débuter la FNAE. Donc là, tu expliquais, l'une des premières raisons, c'était pour la CFE ?

  • Speaker #0

    Oui, l'une des premières batailles.

  • Speaker #1

    Et comment s'est passé ? Tu peux nous en dire plus sur cette première bataille, justement ?

  • Speaker #0

    Alors, en fait, on venait d'avoir une première communauté qui commençait à se structurer. On avait déjà peut-être… je dirais entre 3 et 4 000 adhérents, peut-être 5 000. On avait près de 10 000 sympathisants qui commençaient à nous suivre. On avait quelques outils numériques. C'était un peu bricolé, c'était un peu artisanal. Et on était très, très, très en prise. C'est le cas aujourd'hui. On est toujours restés très en prise avec le terrain. Et on voit très vite les premiers avis de CFE tomber dans les boîtes mail. En plus, c'était mal fait parce que ce n'était pas forcément envoyé par mail. C'était sur le compte impôts.gouv. Il n'y avait pas de notification. Les gens découvraient ça. au dernier moment et on se dit mais qu'est-ce que c'est que cette histoire ? D'où on a une CFE à payer ? Ça n'avait jamais existé parce que la première année du régime, c'était l'année de la réforme de la taxe foncière, la taxe professionnelle à l'époque. Et donc, on n'avait pas eu en 2009 et en 2010, ça tombe. Et là, tout de suite, on se mobilise et on a commencé, en fait comme cette année, c'est-à-dire qu'on a commencé à faire des premiers sondages, voir quels étaient les montants moyens, comment les gens allaient être impactés par cette impôt. Très vite on a commencé à faire nos premières lettres aux différents ministères. La gronde est montée très vite dans la presse. On a une de nos premières adhérentes qui nous a donné un coup de main. C'est ça qui est génial avec la FEDE, c'est qu'il y a toujours des bénévoles un peu partout qui se joignent au combat. Ils me disent « moi je suis spécialiste en relations presse, je vais vous aider à faire un communiqué et on va l'envoyer partout » . Ça s'est décanté très vite, on est un super artiste dans les échos. Ça a été repris par l'AFP, puis une fois que c'est repris par l'AFP, c'est repris par 50 journaux, toute la presse quotidienne régionale en l'article. Et donc le ministre a vu que ça grondait très vite, ils ont dit non, non, mais ça c'est pas possible, on n'avait pas identifié nous-mêmes les choses. C'est un geste fiscal parce que c'est l'impôt en moins, mais en même temps il n'était pas prévu de rentrer dans les caisses, c'est pour le même débat. Et en plus il ne va pas forcément rentrer parce que les gens ne vont pas payer. Bref, et donc il y a eu une rencontre ministérielle avec Frédéric Lefebvre, qui était le ministre à l'époque. Et on a, voilà, en 15 jours,

  • Speaker #1

    on a fait tomber le truc. Et comment t'as senti ? C'était la première fois, j'imagine, que tu rencontrais des ministres. Tu devais être relativement jeune, à peu près 25 ans, j'imagine, à ce moment-là ?

  • Speaker #0

    Oui, c'est pas de 7 ans.

  • Speaker #1

    Ouais. Comment s'est passée cette première rencontre ? Ça doit être assez impressionnant.

  • Speaker #0

    Après, on y va, mais c'est un peu comme toujours. Alors aujourd'hui, c'est sûr que c'est très différent, parce qu'aujourd'hui, on y va avec, évidemment, la force de l'expérience. La taille importante du nombre d'adhérents, etc. C'est autre chose. La représentativité de la FED est bien autre que ce qu'elle était à l'époque. Mais à l'époque, j'y vais en me disant de toute façon, on y va avec la force de conviction qu'on peut avoir. C'est-à-dire que j'avais bien senti que côté gouvernemental, ils n'avaient pas vu le truc venir. Donc je me dis, en fait, on est plus fort qu'eux. C'est une mesure qui ne va pas leur coûter non plus si chère que ça. Et en plus, c'est quand même un gouvernement, c'était encore l'époque Sarkozy. Et donc c'est un gouvernement qui a l'entrepreneuriat au cœur et qui cherche à développer et à construire un régime qu'ils viennent à peine d'installer, mais qui ne peuvent pas être contre nous. Donc je me rassurais avec ce que je pouvais. C'était déjà plus Erwann Lobény qui était ministre, c'était Frédéric Lefebvre qui l'avait remplacé. Mais je me disais, de toute façon, il n'y a pas de raison. Au moins, ils vont nous écouter. Puis si jamais on n'est pas entendu, au moins on aurait été reçu. C'est déjà une première victoire. Voilà, bon. Ça s'est pas trop mal passé, il faudrait que le fève a été très compréhensif et je me rappelle que ça s'est clôturé avec un motard de la gendarmerie qui a amené au siège de la FED un courrier en disant par décision ministérielle, nous avons suspendu la mesure et donc elle ne sera pas appliquée cette année et les années suivantes d'ailleurs. D'accord. Donc ça a été top.

  • Speaker #1

    Justement, petit aparté par rapport à ce premier sujet, la CFE, toi, aujourd'hui... Qu'est-ce que tu en penses ? Est-ce que par rapport à ton premier combat, tu trouves que c'est encore juste pour les micro-entrepreneurs ?

  • Speaker #0

    Je ne sais pas si je dirais ça. Je pense que la CFE, en fait, il y a eu plusieurs débats. La CFE, ça a été pendant longtemps une exclusion. C'est-à-dire qu'on a réussi à se battre assez longtemps pour qu'elle soit complètement exclue du régime. Après, je comprends qu'au niveau local, toutes les agglomérations qui en fait lèvent cet impôt... fasse en sorte qu'il soit équitable et que tout le monde en profite parce que c'est vrai qu'il y a des services locaux qui sont mis en oeuvre pour les auto-entrepreneurs et pour tous les travailleurs et pour tous les commerçants, tous les artisans, tous les professionnels libéraux. Donc que les gens continuent à la payer, je ne suis pas forcément opposé à cette idée. En revanche, je suis toujours très opposé, c'est un combat qu'on mène depuis le début, on demande à ce que cette CFE soit calculée en pourcentage du chiffre d'affaires comme l'ensemble des autres impôts. Ça serait quand même beaucoup plus simple, on parle d'une simplification, et en plus c'est une justice parce que finalement celui qui fait très peu de chiffre d'affaires, il n'est pas forcément exonéré, mais il paye un tout petit peu d'impôts local, et celui qui fait beaucoup de chiffre d'affaires, il a peut-être été beaucoup plus aidé par ses parties prenantes locales, et donc c'est logique que lui, il fasse un peu plus de cotisations locales. arriver à négocier qu'un jour ou l'autre, on paye en pourcentage du chiffre d'affaires et pas de manière forfaitaire comme ça, un impôt qui est très difficile à calculer.

  • Speaker #1

    On ne va pas trop s'étaler sur la CFE aujourd'hui, ce n'est pas le sujet, mais je pense qu'il y aurait pas mal de choses à dire, notamment les différents taux selon les communes. Donc, tu nous disais que très rapidement, La FNAE a eu plusieurs milliers de membres. Aujourd'hui, la FNAE a un peu plus de 15 ans. Où elle en est ? J'ai lu qu'il y avait déjà 80 000 adhérents. J'imagine qu'il y a eu une grande augmentation du nombre d'adhérents durant les dernières semaines. Aujourd'hui, où en est la FNAE ?

  • Speaker #0

    Si on fait un tout petit peu d'histoire sur la FNAE, en fait, on a eu trois grandes périodes où on a progressé. On a eu une période assez fondamentale avec ce qu'on a appelé les poussins à l'époque, c'était en 2013, quand le gouvernement, je crois que c'était Jean-Marc Thiraud qui était Premier ministre, juste après l'élection de François Hollande, a voulu très rapidement remettre un coup d'arrêt au dispositif. C'était les poussins, on s'est beaucoup battus. Là, on est passé en gros de 15 000 à 30 000 adhérents. On a dû à peu près doubler notre nombre d'adhérents. Un combat qui a été très long, avec Laurent Grand-Guillaume, ça a été une histoire... hyper forte, ça a structuré la fédé, ça a donné une première assise et une première vraie crédibilité. On a gagné ce combat. La deuxième période qui nous a énormément renforcés, c'est bien sûr le Covid, où là on a été extrêmement actifs. En plus, on était l'une des seules organisations professionnelles à avoir mis en place des lives, donc on avait vraiment un rituel avec des lives. Toutes les semaines, pendant quatre mois, on a parlé à nos adhérents, on les a défendus avec le Fonds de solidarité. On a discuté énormément avec le ministre, on discutait en direct. Moi, j'avais le portable de la ministre en charge des PME et toutes les semaines, on se faisait un point. On échangeait les mères très efficaces.

  • Speaker #1

    C'est un peu pareil aujourd'hui, j'imagine ?

  • Speaker #0

    Aujourd'hui, les pages ne sont pas sans portable. C'est un peu différent, non, c'est pas différent. Mais en tout cas, à l'époque, c'était très constructif et elle avait pris sur elle de faire ça et on a vraiment compris des choses super. Donc là, on a dépassé, à partir du Covid, on a dépassé les 60 000 adhérents. C'est ce qui a permis la représentativité du coup. Donc on a gagné la représentativité à ce moment-là. Et puis évidemment la troisième période très forte, c'est celle qu'on vit en ce moment avec la TVA. Donc là, on a dépassé 80 000 adhérents effectivement. Donc ils ne se verront pas sur la prochaine mesure de la représentativité parce qu'on l'a déjà déposée, mais ils se verront sur celle d'encore après, dans les années 2030. Et donc là, on a clairement... Oui, une FED qui est représentative, qui est très structurée. J'ai un peu coutume de dire qu'on est devenu un peu une machine de guerre parce qu'avec nos outils digitaux et notre capacité à parler aux auto-entrepreneurs avec des cotisations très faibles en montant, on a une force et un volume assez important. Et on arrive même à aller chercher aujourd'hui des auto-entrepreneurs qui étaient adhérents à l'UDP, qui étaient adhérents à la CAPEB, qui étaient adhérents au MEDEF et qui ne se sont pas représentés par ces syndicats-là. Oui,

  • Speaker #1

    parce qu'aujourd'hui, à part la FNAE, pour les micro-entrepreneurs, il n'y a pas trop de choix pour adhérer à une fédération qui les représente aussi bien.

  • Speaker #0

    Non, je suis d'accord. Je vais changer ça, deux secondes, j'ai plus de batterie. Ça va être pareil. Il n'y a pas beaucoup de... Tu m'entends toujours, c'est bon ? Oui,

  • Speaker #1

    il n'y a pas de problème.

  • Speaker #0

    Je t'entends très bien. Il n'y a pas beaucoup de fédérations qui sont vraiment dédiées au régime. On a des gros syndicats comme le MEDEF ou l'UFDP, mais qui en fait agrègent au sein de leur branche énormément de métiers et surtout de régimes fiscaux et sociaux différents. À la FEDE, notre vraie raison d'être, notre vrai savoir-faire, c'est d'abord de défendre un régime et donc une philosophie d'entrepreneuriat. Entreprendre, c'est un peu notre baseline, c'est le droit d'entreprendre pour tous. C'est ça qu'on défend. Et donc évidemment que on est... des adhérents dans le bâtiment, qu'on ait des adhérents dans les services à la personne, qu'on ait des adhérents dans les productions informatiques, qu'on ait des adhérents dans le conseil, qu'on ait des adhérents dans la restauration rapide, qu'on ait des adhérents dans les gilets de chambre d'hôte, en fait, c'est normal, parce qu'on couvre une hétérogénéité de métiers, on couvre 180 métiers dans notre entreprise, mais... On est d'abord là pour les aider à défendre leur régime fiscal et social, leur simplification administrative et tout ce qui va avec.

  • Speaker #1

    Donc là, tu as très bien expliqué le rôle aujourd'hui de la FNAE. Aujourd'hui, on sent même que le rôle est encore plus grand que ça, parce que vous êtes le porte-parole des micro-entrepreneurs en général, et pas uniquement des adhérents. En tout cas, ces dernières semaines, c'est vraiment l'impression que ça m'a donné. Mais il y a quand même une question qui... Pour aller dans le sens de la FNAE, quel est le plus, pourquoi adhérer à la FNAE ? Alors que déjà, on voit que vous êtes là pour aider tout le monde.

  • Speaker #0

    Alors, c'est une très bonne question. Il y a deux réponses à ça. D'abord, il faut, et je pense que ça, il y a pas mal de gens qui l'ont compris, mais malheureusement pas tous, il faut qu'on soit de plus en plus nombreux dans cette structure. Cette fédération, elle ne nous appartient pas, elle n'appartient pas à l'équipe dirigeante, elle n'appartient surtout pas aux bureaux ou aux administrateurs. D'ailleurs... On est tous bénévoles et on est là pour un temps fini. Je ne vais pas faire encore 15 ans à la FEDE, donc de toute façon la FEDE va suivre à tout ça. Il va y avoir d'autres personnes qui vont reprendre le flambeau, et donc c'est important que les gens, par esprit syndical et par esprit de représentativité et de volume, nous rejoignent, dans tous les cas. Même s'il y a déjà 80 000 personnes qui ont fait ce choix-là, mais il pourrait y avoir 80 000 autres personnes qui fassent ce choix-là. Ce serait tout à fait normal au regard de la population globale, des 1,5 million de Français qui sont dans le préjugé. Ça, c'est la première raison. Donc l'union fait la force, clairement. La deuxième raison, c'est qu'on a, quand on est adhérent chez nous, des services. Et on a des services qui, pour certains, sont extrêmement centraux dans l'accompagnement d'un auto-entrepreneur. Comme on a eu le coutume de le dire, un auto-entrepreneur seul, c'est un auto-entrepreneur en danger. On a besoin d'une communauté et de services d'accompagnement. On fait de la médiation, on a un service de médiation qui est obligatoire pour tous les gens qui font du particulier. On a un service... de guides juridiques, de hotlines juridiques qui accompagnent vraiment l'auto-entrepreneur sur toutes les problématiques qu'il peut avoir et qu'il peut rencontrer avec l'URSSAF, avec les impôts, avec un client, avec un fournisseur, avec un bailleur. Tout ces sujets...

  • Speaker #1

    La palette.

  • Speaker #0

    Exactement. Et c'est central parce que dans d'autres fédérations, ils trouveront ce type de service mais à des prix beaucoup plus élevés ou alors ils ne les trouveront pas. Ils feront comme s'ils n'en ont pas besoin. sur les assurances c'est pareil sur les mutuelles c'est pareil il y a tout un tas de services on a un club aussi qui permet d'avoir des réductions sur beaucoup de choses, un club achat c'est assez apprécié, c'est très apprécié et donc tous ces points là font que on peut nous rejoindre aussi par intérêt personnel c'est qu'on n'est pas obligé d'avoir forcément de l'activité et une envie de défendre une communauté mais on peut aussi avoir besoin d'être adhérent par envie personnelle et aujourd'hui à combien est le prix de l'adhésion ? Alors, il y a trois adhésions. En fait, l'adhésion, elle est là aussi, on a réfléchi. Évidemment, en 15 ans, on a un peu essayé tous les modèles. Donc, tout ça est assez sec maintenant, mais ça a mis du temps à se stabiliser. Aujourd'hui, on a trois niveaux d'adhésion qui permettent d'avoir, en fait, trois niveaux de couverture, on va dire trois niveaux de service, qui permettent, en fonction des autres entrepreneurs, de leur maturité, de leurs besoins, de cotiser à partir de 12 euros par an. 12 euros par an, donc on parle de rien. On parle de trois cafés. Pas grand-chose. Voilà. Deux cafés à Paris. et jusqu'à 134 pour une cotisation qui apporte l'ensemble de la couverture. Donc il y a beaucoup plus de choses à 134 à 12, mais on peut s'y retrouver à tous les niveaux. Et puis par ailleurs on a des options, donc on peut avoir une option médiation, on peut avoir des options de formation, on peut avoir une option logicielle, on peut avoir plein d'options un peu partout pour rajouter en plus, pour ce que l'on souhaite. Mais rien n'est obligatoire et encore une fois, le plus important c'est un peu comme au sport, c'est de participer. Et donc, cotiser à 12 euros, c'est déjà un signe important, c'est un symbole fort. Et nous, on le voit depuis les trois semaines de combat, un mois de combat, il y a des semaines où on a gagné plus de 2000 adhérents.

  • Speaker #1

    D'accord, ça fait un beau ratio.

  • Speaker #0

    C'est beau, mais quand on est dans le domaine associatif, c'est jamais aussi simple que quand on est dans le domaine commercial.

  • Speaker #1

    Très bien. Donc là, pour les auditeurs, on mettra les liens pour adhérer à la FNE dans la description du podcast. Grégoire, on va... Arrivée sur l'actualité, sur le point qui fait parler, qui fait discuter, qui fait vibrer plein de personnes en ce moment. Pour faire un petit récapitulatif, on va revenir un petit peu en arrière. Le 3 février, le gouvernement adopte le projet de loi finance en utilisant le 49-3. Dans ce projet de loi finance, il y a un article qui prévoit d'abaisser le seuil des TVA à 25 000 euros. Première question, quelle était ta réaction ? En découvrant cet article, est-ce que tu avais déjà entendu parler que ça allait passer en amont ?

  • Speaker #0

    Oui, alors oui, oui, oui. Pour le coup, ça permet de remettre en avant une des forces de la FEDE, c'est que la FEDE, c'est 15 permanents. Dans les cases permanentes, on a assez bien organisé, c'est un peu une machine de guerre maintenant la FED, on a des personnes qui sont en charge de la veille législative, parlementaire, gouvernementale, réglementaire, administrative. Ceux qui ont fait ça ont fait une veille très vite, donc dès le 10 octobre, on a les archives sur le site web, pour ceux qui veulent suivre un peu le combat, dès le 10 octobre, on a levé l'alarme en disant attention, il y a trois amendements, dont un très clair, qui est porté par la Fédération française du bâtiment de la Haute-Marne, au Sénat. et qui demande dans le projet de loi de finances de baisser le seuil de TVA à 25 000. Donc on voit l'article tout de suite, enfin on voit l'amendement, tout de suite on lève le point. On avait fait déjà un petit article de presse à l'époque avec un journal qui s'était intéressé un peu de près à ce sujet, mais rappelons que c'était une période gouvernementale compliquée, le gouvernement n'était pas sûr de rester, d'ailleurs il a sauté, et les débats parlementaires étaient décousus, très décousus. Tout ça nous allait bien, de certaine manière, parce qu'on se disait, quelque chose, malheur est bon, le gouvernement ne va pas tenir, et donc toutes ces bêtises d'amendements qui sont présentes dans les textes vont sauter. Ça nous allait bien. Et on a suivi jusqu'à, effectivement, le 49-3, la motion de censure, le gouvernement qui saute, puis on est passé à autre chose. Et quand on a vu réapparaître, repris par le gouvernement à son propre compte, cet amendement, alors là, on a retiré la scène d'air beaucoup, beaucoup, beaucoup plus fort, parce que le nouveau gouvernement, en fait, même s'il dit ne pas l'avoir vraiment vu ou ne pas vraiment l'avoir compris, C'est eux qui ont décidé, alors que le précédent gouvernement avait donné un avis négatif, c'est eux qui ont décidé, le nouveau rapporteur du gouvernement, de donner un avis positif et de l'inscrire dans le texte. Et c'est du coup ce texte-là qui est arrivé en CMP et qui a été validé. Donc on a dit, attention, il y a une double tromperie. Un, le gouvernement sait très bien ce qu'il fait. D'ailleurs, il a un chiffrage à 400 millions d'euros, de recettes, cal. Donc un, le gouvernement sait très bien ce qu'il fait. Deux, le gouvernement fait ça de manière brutale. puisque jamais, alors que j'ai écrit, j'ai des preuves, j'ai écrit à Matignon, à Bercy et à l'Elysée, jamais ils n'ont répondu à mes sollicitations du mois de novembre. Donc, de manière brutale, ils imposent une réforme qui est, je l'ai déjà dit, assez inique, mal calibrée, pas concertée avec nous, avec des arguments qui sont fallacieux, puisque les arguments européens, en fait, ne tiennent pas, quand on voit surtout ce qui se passe.

  • Speaker #1

    Justement, est-ce que tu peux faire un petit récapitulatif des motivations ? du gouvernement pour abaisser ce seuil ?

  • Speaker #0

    Je pense qu'il y a deux motivations principales. La première, qui est une motivation purement budgétaire, c'est qu'on le sait bien, aujourd'hui, tout le monde cherche de l'argent. Et malheureusement, c'est la vie très personnelle, mais malheureusement, je pense que nos gouvernements ne sont pas capables de faire des économies là où ils devraient. Et au lieu de se poser les vraies questions sur le train de vie de l'État, sur l'ensemble des choses qui nous coûtent trop cher, ils... ils vont à la solution de facilité, donc ils lèvent de l'impôt. Et il est très évident qu'un haut fonctionnaire, quelque part dans un bureau inversé, a dit, je prends un Excel, j'applique à la TVA tous ceux qui sont au-dessus d'un certain seuil et j'en tire une recette. Ça, c'est la motivation numéro une, à mon sens. La motivation numéro deux, c'est une motivation qui est exclusivement liée au combat du BTP, qui n'a jamais désarmé, qui depuis 16 ans nous fait la misère dès qu'il peut sur le régime parce qu'ils n'ont qu'un objectif en tête. c'est faire sortir les auto-entrepreneurs du secteur du BTP pour réserver en fait, pour réglementer en réalité leur métier, réserver leur marché à un précaré d'entrepreneurs du bâtiment au droit commun, et se permettre de compter les prix. On est clairement sur cette stratégie-là, c'est une stratégie qui est très claire. Ça fait 15 ans que je les bats, que je les combats, que très souvent je les bats. On avait enterré malheureusement à l'âge de guerre, en gros depuis 2014-2015, les accords trouvés par Laurent-Guyome. Et malheureusement, cet amendement a déterré la hache de guerre et tout ce qui va avec.

  • Speaker #1

    Et tu as une explication de pourquoi le gouvernement ne va pas dans ce sens-là, dans le sens du BTP ? Enfin, en tout cas des porte-parole du BTP.

  • Speaker #0

    Je ne sais pas. Je pense que... Je ne suis pas dans le secret des dieux, des discussions et peut-être parlementaires d'ailleurs avec les fédérations du bâtiment. Il est évident qu'il y a sûrement un prêté pour un rendu dans cette histoire. Je sais que le gouvernement fait baisser les budgets ou les crédits sur la rédération énergétique, va avoir tendance à faire baisser aussi les dépenses publiques de construction ou de reconstruction du fait de la dette de l'État, et que donc, pour faire passer la pilule, on doit une carotte. Et elle en fait partie. Le régime de l'auto-entrepreneur dans le secteur du BTP fait partie de la carotte. qu'on peut avoir tendance à concéder au BTP. Je peux comprendre que dans une certaine logique d'échange gagnant-gagnant, ça se tienne, mais je ne veux pas que les auto-entrepreneurs soient les victimes expiatoires de ça. C'est ignoble.

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça. Même si ça fait gagnant-gagnant, ça laisse quand même beaucoup de perdants dans cette histoire.

  • Speaker #0

    Et là, c'est absolument ignoble de procéder à la guerre.

  • Speaker #1

    Justement, en parlant des perdants par rapport à ce projet, il y a eu de nombreuses craintes. Quelles sont les craintes majeures des micro-entrepreneurs par rapport à cet abaissement ?

  • Speaker #0

    Alors, je pense qu'on a deux grandes familles de craintes. Il y en a une principale qui est que face à cette difficulté, alors c'est évidemment plus dur pour ceux qui font de l'achat-revente, mais ça reste difficile pour tout le monde dans tous les cas, face à cette difficulté de franchir les seuils de TVA, qui voit comme un rubicon et ne pas franchir, je l'ai dit plusieurs fois dans la presse, c'est un repoussoir, c'est complexe, c'est un peu difficile, ça nécessite des opérations comptables auxquelles un certain nombre d'auto-entrepreneurs ne sont pas du tout familiers. Donc face à cette difficulté de franchir le plafond, les autres entrepreneurs vont se freiner dans leur activité et donc ne vont plus en tirer un revenu substantiel. Ça, c'est le premier risque. C'est la première crainte principale. La deuxième crainte principale, c'est que, comme ils vont se limiter dans leur activité, ils vont, pour une grande partie de ceux qui sont en dessous des 25 000, carrément fermer leur porte. Parce qu'en fait, quitte à se limiter à 25 000 et à en tirer un revenu qui ne permet pas de vivre, autant arrêter, tout court.

  • Speaker #1

    Oui, chercher une nouvelle activité en tant que salarié, par exemple.

  • Speaker #0

    C'est-à-dire que finalement, le jeu n'en vaut pas la chandelle. Surtout s'il faut commencer à accumuler un peu d'intérim, un peu de CDD, un peu de CDI à temps partiel, pour en parallèle garder une activité dont de toute façon, on ne peut pas envisager la croissance, puisque les difficultés administratives, comptables, etc. rendent les choses difficiles. Et quand on leur dit franchissez le plafond, ils répondent, et ils ont raison, ils répondent, mais de toute façon, nos clients ne sont pas prêts à payer la hausse. de prix. C'est un peu moins vrai dans le BTP parce qu'on a quand même pas mal d'activités dans le BTP qui sont à 5,5 de TVA ou à 10 de TVA. Donc on va dire que la vie pour le client final est moins dure à avaler. Mais dans les prestations de services, dans un certain nombre d'activités d'achat-revente, la TVA est à 20%. Dans le service à la personne, la TVA est à 20%. Et c'est extrêmement dur pour les auto-entrepreneurs d'imposer ces 20% à leur client final. même si je voulais franchir le seuil, en fait, rien n'indique que j'y arriverais parce que ça va mettre un gros coup de frein à ma clientèle. Et donc, soit je prends la paume pour moi, je ne gagne pas ma vie, soit je l'impose à mes clients, mais je perds des clients.

  • Speaker #1

    Et oui, c'est ça. C'est ce qu'on a pu voir durant les dernières semaines. Il y a beaucoup de personnes qui pensaient absorber la TVA pour eux et donc diminuer leurs revenus en solution si ça venait à passer. On a quand même l'impression que c'est en effet le BTP qui est la source des interrogations, et le fait que ça soit répercuté sur tout le monde, c'est une sorte d'injustice. Pour contrer cette injustice, il y a eu des concertations, dont la FNE a été l'un des... Alors, il y a une petite moue, c'est des concertations qui n'ont pas été satisfaisantes.

  • Speaker #0

    Non, mais on ne peut pas appeler ça des concertations. Moi, je l'ai dit à la ministre à la fin de la réunion finale de concertation, sans pas passer à une conversation. Je lui ai dit, écoutez, en 2013-2014, on a passé 18 mois avec Laurent Corguillaume, les fédérations du BTP. On s'est rencontrés tous les jeudis pendant au moins 4 mois à l'Assemblée nationale pour analyser les points un par un. Quid de la concurrence déloyale ? Quid de la distorsion de compétitivité ? Quid de la comparaison des régimes fiscaux et sociaux ? Quid de l'inégalité face Ausha sociales ? Quid... de la problématique des requalifications liées à des diplômes manquants. Quid du stage préalable à l'installation ? Quid des assurances décennales ? Tous ces points-là, on les avait vus, on les avait concertés, on les avait analysés, on avait deux missions de l'État, une de l'Aspection générale des finances, une de l'Aspection générale des affaires sociales, qui avait construit un rapport énorme, dans lequel il y avait eu des dizaines, des centaines d'auditions. L'ensemble des fédérations professionnelles avait été challengé, avait des questions précises. On avait des analyses économétriques sur la taille. des auto-entrepreneurs dans le bâtiment et en particulier dans la rénovation, la distorsion de compétitivité par rapport à des chantiers à 5-5 et au crédit TVA réel, c'est-à-dire la balance de TVA entre la TVA collectée et la TVA déductible. Et tout ça nous avait amené à des vraies conclusions, une vraie concertation et au final une acceptation d'un régime qui avait pris sa place dans le paysage entrepreneurial. Là, il n'y a rien eu de tout ça. On a eu une réunion de départ, une réunion d'arrivée, deux audios en one-to-one avec le cabinet de la ministre, ils ont auditionné autour de 50 à 60 fédérations professionnelles qui ont toutes dit « on ne veut pas de cette hausse » , à l'exception du BTP qui a dit « on en veut absolument » .

  • Speaker #1

    D'accord, justement, là tu soulignes un point, peut-être qu'on pouvait se poser la question, quel était l'avis des autres fédérations ? Donc a priori, la plupart sont d'accord avec le message de la FNF.

  • Speaker #0

    On connaît 75% des fédérations qui ont été auditionnées à Bercy, puisqu'elles sont soit adhérentes de la FNAE en parallèle, soit partenaires de la FNAE. Et elles sont sur un groupe WhatsApp commun avec nous, où on partage nos positions, nos analyses, nos sondages, nos points de vue, nos remontées de terrain, nos vidéos, etc. Donc on sait très bien ce qui s'est dit à Bercy. Mais Bercy, dans son communiqué, dit « une majorité des fédérations sont neutres ou favorables » . Déjà, ça ne veut rien dire, soit elles sont neutres, soit elles sont favorables. Et une minorité des fédérations sont opposées. Une minorité des fédérations en nombre ou en nombre d'adhérents ? Vous n'avez rien à dire. Si vous avez rencontré 25 fédérations qui vous ont dit « Nous, on est favorable parce qu'elles sont toutes du BTP » , vous en avez rencontré 25 autres qui sont toutes négatives parce qu'elles ne sont pas du BTP, mais elles représentent 3 fois plus de personnes, ce n'est pas la même façon de présenter les choses que de parler en nombre d'affiliés, ou en chiffre d'affaires d'ailleurs.

  • Speaker #1

    Clairement, il y a une vraie différence de narratif. Parce que moi, j'étais resté justement sur le message du gouvernement qui laissait penser que la FNAU était un peu isolée sur cette position. Et a priori, non. C'est une bonne nouvelle déjà. Oui.

  • Speaker #0

    Très bonne nouvelle. Alors, soyons clairs. La position gouvernementale aujourd'hui, elle est ambiguë. Parce qu'ils disent, on revient à ce qu'on disait au départ, ils disent qu'on ne veut pas dire au BTP qu'on n'a rien gagné. Mais en même temps, on a bien conscience qu'on ne peut pas faire tâche d'huile avec cette mesure sur l'ensemble des autres métiers qui sont globalement très impactés par cette baisse du plafond et qui n'ont rien demandé à personne, et qui ne sont en concurrence avec qui que ce soit, qui sont absolument en concurrence avec qui que ce soit. Jamais, nulle part. Et en plus, un argument supplémentaire qui se retourne un peu contre eux, c'est qu'en Europe, la plupart des pays sont plutôt en train d'augmenter les plafonds de franchise en base quand on regarde l'Italie à 85, ou l'Espagne qui vient de voter 50, alors qu'ils étaient à zéro. Ah oui. La France est en train d'aller à rebrousse-poil de l'ensemble des pays de l'Union. On est encore une fois en train de faire un truc qui n'a pas de sens. Donc ça, on leur dit, je pense qu'ils entendent. Le vrai point, c'est à quel moment on va réussir à atterrir avec ou sans le BTP. Nous, on a une position de principe qui est extrêmement forte. C'est qu'on ne veut pas laisser le BTP sur le côté. Pour deux raisons, essentiellement. La première, c'est que... aucun des arguments qui sont apportés aujourd'hui par les arguments par les fédérations du BTP ne sont valides. Il n'y a pas de concurrence déloyale, ce n'est pas démontré. Quand on fait 2,7% du chiffre d'affaires du secteur, c'est infime. Personne ne peut croire une seconde que 2,7% fassent concurrence au reste du secteur. Trois, quand on parle de la fraude, il n'y a pas plus de fraude chez les artisans auto-entrepreneurs que chez les artisans non auto-entrepreneurs. C'est peut-être même l'inverse. Quatre, il n'y a pas de problème de qualification. Tout le monde aujourd'hui a une qualification professionnelle pour faire ce métier, et c'est même les chambres de métier qui le vérifient.

  • Speaker #1

    Bien sûr, il faut un diplôme ou une expérience de 3 ans.

  • Speaker #0

    Il faut un diplôme ou une expérience de 3 ans, validée d'ailleurs. Et enfin, 5, dans les activités du BTP, je l'ai dit, la TVA est à 5,5 ou à 10, mais en plus de ça, il y a une récupération de la TVA sur le matériel et les matériaux, et donc la véritable collègue de TVA pour l'ETA, c'est Bercy qui nous l'a confié, c'est de l'ordre de 3 à 4. Donc la réalité, c'est que si on peut parler d'une distorsion de concurrence, elle est de l'ordre de 3 à 4 % sur les prix. Donc dans tous les cas, tous ces arguments s'effondrent dès qu'on commence à les creuser. Donc ça, c'est la première raison pour laquelle on dit non. Nous, intellectuellement, on ne peut pas se permettre de convenir avec vous qu'il y a une concurrence déloyale avec le BTP.

  • Speaker #1

    J'ai quand même l'impression, puisqu'il y a beaucoup d'entreprises du BTP qui font appel à des micro-entrepreneurs pour les aider sur des chantiers.

  • Speaker #0

    En plus de ça... sur le terrain, les avis ne sont pas partagés. Et c'est pour ça d'ailleurs qu'on a énormément d'auto-entrepreneurs et d'entrepreneurs individuels qui étaient adhérents à l'UDP ou à la CAPEP qui nous rejoignent en disant « mais en fait, vous êtes les seuls à nous défendre vraiment puisque sur le terrain, on voit bien qu'on en a besoin, nous, les autres entrepreneurs. » Et même en entreprise individuelle, ils adhèrent à la FED. Donc déjà, il y a un vrai sujet entre la distorsion d'un message politique et la réalité du terrain. Puis la deuxième raison pour laquelle on ne veut pas ça, c'est qu'à partir du moment où on ouvre la boîte de Pandore, C'est une première exclusion d'un certain secteur. Mais demain, les coiffeurs et les esthéticiennes vont venir nous voir, disons qu'il y a une concurrence déloyale entre les coiffeurs à domicile et les coiffeurs dans les salons. Et puis après demain, on va avoir la même chose avec les garagistes. On va dire, attendez, moi j'ai un garage, et puis j'apprends qu'il y a des gens qui font de la réparation et des changements de pneus et des menus mis à jour de voitures en auto-entrepreneur. Donc, en fait, ça va s'étendre, ça va faire tâcher. On va avoir à terme 20, 40, 50 professions qui vont nous demander de faire sortir du régime des métiers dont ils ne veulent pas pour précaire. Donc, pour toutes ces raisons-là, il est inentendable, inaudible. en mots français, de se passer une exclusion du BTP à l'occasion de cette loi. Donc on s'y oppose, point final.

  • Speaker #1

    D'accord. Et donc, par rapport à tout ça, il y a déjà eu des actions qui ont été orchestrées. Il y a eu notamment une pétition qui a reçu un grand succès. Les 100 000 signatures ont été... Ils sont arrivés en quelques jours.

  • Speaker #0

    Quelques jours et demi.

  • Speaker #1

    Alors que d'habitude, j'ai ce genre de pétition, mais plusieurs semaines, plusieurs mois, à avoir les 100 000 signatures. Il y a eu aussi un grand élan avec tous les courriers envoyés aux députés de la part des micro-entrepreneurs pour témoigner de l'injustice à laquelle ils font face. Et puis, il y a eu aussi la super vidéo que la FNE a partagée avec les nombreux témoignages. La prochaine étape, qu'est-ce que c'est ?

  • Speaker #0

    Alors, il y a deux étapes. Il y a une étape, on va dire plutôt de pression parlementaire qui continue, qui va reposer essentiellement sur la suite que le Sénat va donner à notre pétition, puisque la conférence des présidents va se saisir du sujet. On leur a écrit pour leur demander comment ils allaient faire les choses. A priori, il y a une mission flash qui va être menée par quelques sénateurs sur le sujet.

  • Speaker #1

    On a une idée à peu près des délais que ça peut prendre ?

  • Speaker #0

    Non, mais ça va être rapide, parce que de toute façon, quand ils parlent de mission flash, ils parlent d'une à deux semaines. Leur objectif, de toute façon, ils sont assez convaincus par la situation. Ils voient bien qu'il n'y a pas besoin d'une fronte fiscale supplémentaire aujourd'hui. Et clairement, pour faire plaisir au BTP, on ne va pas mettre à terre un million d'auto-entrepreneurs, dont 250 000 qui sont impactés immédiatement. Donc clairement, je pense qu'il y a un premier combat parlementaire et notamment au Sénat. On en a un autre qui concerne les propositions de loi qui sont déposées. Je rappelle qu'il y en a quatre. Ces propositions de loi cherchent toutes aujourd'hui une niche parlementaire pour être votées. Donc ça, c'est un grand enjeu en termes de gain de temps. On est en relation avec un certain nombre de députés. En tout cas, on connaît tous les députés qui ont déposé des propositions de loi. On a des auditions assez régulières avec eux. On se téléphone assez souvent. Et on essaie de voir comment ils peuvent orchestrer ça dans une semaine transpartisane, par exemple, ou lors d'une niche parlementaire. Ça, c'est plutôt parlementaire et politique.

  • Speaker #1

    Je rebondis sur ces propositions de loi. Maintenant, ça fait déjà plusieurs semaines qu'elles ont été déposées. Oui. Pour les micro-entrepreneurs qui nous écoutent et qui n'ont peut-être pas l'habitude du process, après avoir fait une proposition de loi, combien de temps il faut attendre aussi pour faire une action ?

  • Speaker #0

    C'est rapide, ça peut être très long. Une proposition de loi, soit il y a une niche parlementaire qui arrive, et il y a très peu de niches parlementaires, il y en a une par parti et par an, qui arrive assez vite et les textes pour cette niche parlementaire ne sont pas encore fixés. Et donc le député peut glisser sa proposition de loi dans la niche parlementaire. Et à ce moment-là, on la met en séance publique, on la fait voter en séance publique. Et à partir du moment où elle est votée en séance publique, là, elle commence sa navette, donc elle retourne au Sénat, elle va au Sénat, les sénateurs font la même chose, et ensuite, ça revient à l'Assemblée et c'est voté. Ça, ça peut être effectivement très rapide, mais ça peut être très lent, puisque comme il n'y a qu'une niche parlementaire par an et par groupe, il faut attendre parfois 3, 4, 5 mois pour que quelqu'un arrive à glisser un texte. Évidemment, ça peut faire peur. Il y a d'autres manières de faire. Il y a le fait que le gouvernement veut faire un projet de loi. Si le gouvernement dépose un projet de loi qui arrive à l'Assemblée, les députés peuvent aussi l'amender, avec ou pas l'aval du rapporteur général du gouvernement. Donc évidemment, on peut prendre n'importe quel projet de loi qui viendrait traiter le cas des autres entrepreneurs de la TVA et en modifier substantiellement la rédaction pour qu'il abroge tout ce qui a été prévu dans le projet de loi de finances et dans le projet de loi. Et puis après, on peut faire aussi d'autres techniques. qui est de faire un amendement sur un texte qui n'a rien à voir. On laisse passer un texte, on l'amende dans ce texte en rajoutant un article qui dit « à propos de la TVA, je change la règle, je reviens au 1er janvier 2025, mais le risque étant que ce soit jugé comme un cavalier, ce qu'on appelle un cavalier, c'est-à-dire un cavalier budgétaire, et en fait, on ajoute sur un texte qui n'a rien à voir avec le texte. »

  • Speaker #1

    D'accord. Évidemment,

  • Speaker #0

    si quelqu'un attaque ce texte au Conseil constitutionnel, l'article tombe.

  • Speaker #1

    C'est peut-être pas la façon la plus noble.

  • Speaker #0

    C'est pas la façon la plus claire. Maintenant, s'il faut passer par là, pourquoi pas. Je pense qu'on va peut-être pouvoir y arriver aussi. En tout cas, on essaye toutes les pistes et on est assez bien conseillés sur ce sujet. faire rentrer ça au bon endroit et au bon moment, et en tout cas avant le 1er juin. Le 1er juin n'est pas non plus une des butoirs à avoir absolument en tête comme un voyant rouge. Pourquoi ? Parce qu'en fait, il peut se passer plein de choses. Après le 1er juin, le gouvernement peut encore repousser la mise en œuvre, surtout si la gronde continue et si le texte n'a pas fini sa navette. C'est aussi une raison administrative. Et puis, n'oublions pas qu'on est dans une forme d'instabilité parlementaire et que rien n'indique que dans 3, 4 ou 5 mois, le gouvernement ne sera pas en fonction et le Parlement n'aura pas été dit. La prochaine dissolution, c'est septembre, je crois. Mais potentiellement, je ne vais pas dire que ça va être fait, potentiellement septembre. Donc, il peut y avoir aussi des choses qui se passent dans l'intervalle qui font que ça n'évolue pas comme prévu.

  • Speaker #1

    C'est vrai, après, on peut se projeter aussi loin, mais là, la suspension, elle va jusqu'au 1er juin.

  • Speaker #0

    Oui,

  • Speaker #1

    donc les micro-entrepreneurs, sans message clair du gouvernement, c'est vrai qu'il y a toujours plein de questions qui demeurent. Et en plus de vraiment la crainte de l'abaissement du seuil, je pense que la gronde vient aussi du fait que le message n'est pas clair sur ce qui peut se passer au 1er juin ou pas. Donc là, tu sembles nous rassurer. je pense, au portail auto-entrepreneur, les personnes qui regardent ça aussi ont tendance à être rassurants, mais pour les personnes qui n'ont pas le nez sur l'actualité, c'est vrai que on peut vraiment voir cette date du 1er juin comme, oui, je dois appliquer la TVA dès les 25 000 euros.

  • Speaker #0

    Alors, c'est la raison pour laquelle nous on appelle à manifester le 25 mars. En fait, il faut qu'on maintienne la pression pour que vraiment, et j'insiste là-dessus, on soit le plus clair possible au 1er juin. Le monde idéal, c'est le 1er juin, le texte était définitivement abrogé, on n'en parle plus, et on enterre l'âge de guerre avec le BTP, si il y a encore une raison de faire la guerre, et on passe à autre chose. Si les gens viennent le 25 mars, il faut qu'ils viennent pour cette raison, c'est-à-dire qu'on ne peut pas piloter une entreprise si petite soit-elle, avec autant d'incertitudes, autant de mépris de la part du gouvernement, une règle rétroactive, qui plus est rétroactive par rapport au chiffre d'affaires rédé en 2024. on en parlera peut-être, mais nous, on est prêts à aller au conseil parce qu'une QPC, une question prioritaire de constitutionnalité, a toutes les chances d'aboutir. Et ce qui est certain, c'est que venir le 25 mars pour dire ça, c'est remettre, en fait, dans le réel, un certain nombre de fonctionnaires, de décideurs, d'élus, qui n'ont pas compris comment fonctionnait une entreprise au quotidien, qui n'ont pas compris l'hétérogénéité des situations du régime, qui n'ont pas compris la... panade dans laquelle ils sont en train de mettre les gens avec des règles pas négociées, pas discutées, pas préparées, pas pédagogiques, pour certaines inapplicables, quand on regarde les gens qui sont en brocante, qui ne peuvent pas récupérer la TVA, parce qu'ils achètent des objets de deuxième cycle, troisième cycle, évidemment auprès des particuliers qui ne facturent pas la TVA, puisque c'est de l'achat de passion. Je veux dire, on découvre, en fait, les gens ont l'impression de découvrir ... comment fonctionne une boîte en France. Donc venez, c'est vraiment un appel, venez le 25 mars, dans la rue, il y a 15 villes en France, vous pourrez le dire, venez montrer à la presse, il y aura des parlementaires qui seront avec nous, je pense à l'Assemblée Nationale, venez montrer à tous que le 25 mars, on va déterminer à ce que ce truc ne passe pas.

  • Speaker #1

    Donc dans 15 villes différentes, il y aura donc à Paris, à l'Assemblée,

  • Speaker #0

    c'est ça ? On espère, on espère, à l'Assemblée Nationale, oui.

  • Speaker #1

    D'accord. Donc on va partager la carte que la FNE a déjà partagée avec les différentes villes où auront lieu les points de rassemblement, où seront les points de rassemblement pour cette manifestation. On va arriver à la fin de cette interview. J'ai deux grandes questions pour toi, plus tournées vers l'avenir, mais peut-être un avenir un peu plus lointain. Avec toute ton expérience, comment tu vois l'avenir de la micro-entreprise aujourd'hui ?

  • Speaker #0

    Alors, c'est une question qui pourrait nous occuper pendant trois heures, mais il y a deux choses qu'on peut dire. La première, c'est que je pense que le régime s'est suffisamment installé dans le paysage entrepreneurial. On l'a vu d'ailleurs à l'occasion de la journée des droits des femmes, où le régime a énormément féminisé la classe d'entreprise, alors que ce n'était pas du tout le cas dans les entreprises de droit commun. C'est un régime qui couvre, on l'a vu, des réalités tellement différentes. qui couvre beaucoup de ruralité aujourd'hui où on a vraiment des sujets de désertification économique, de précarité dans certains cas. C'est un régime qui a répondu aussi à l'économie de plateforme avec d'ailleurs plus ou moins de bonnes raisons, mais qui couvre aujourd'hui des livrars à vélo, des VTC. des gens qui font du bricolage, du service à la personne, etc. Donc je pense que, même si ce n'est jamais complètement gagné, d'ailleurs on le voit avec la TVA, le régime de l'auto-entrepreneur s'est installé durablement et me semble être vraiment plébiscité à la fois par les Français, mais aussi par un certain nombre d'élus. Je n'aurais pas imaginé, et c'est une grande découverte de cette année 2025, qu'on arrive à avoir une telle alliance. à l'Assemblée, entre les députés de la France Insoumise, les députés du Rassemblement National, les députés centristes, autour du fait que le régime, c'est intouchable. Mais c'est parce qu'il est hétérogène et parce qu'il recouvre tellement de réalités sociales différentes que finalement, tout le monde va m'aider à sa porte avec le régime.

  • Speaker #1

    Aujourd'hui, on a tous un micro-entrepreneur dans sa vie, on connaît tous un micro-entrepreneur, ce qui n'était pas le cas peut-être il y a une dizaine d'années.

  • Speaker #0

    Ce n'est pas encore le cas. Et on sait tous qu'on sera tous un jour ou l'autre micro-entrepreneurs pour une raison ou pour une autre. transition entre deux jobs, début de retraite, fin de mission, début d'études, il y a toutes les raisons qui font qu'un jour ou l'autre on peut facturer un peu une prestation, un conseil, trois travaux, enfin bref, même si c'est des travaux réglementés, je rappelle, on va mettre les trucs dans du BTP. Donc ça c'est la première chose, c'est que je pense qu'on a un régime qui est stabilisé. La deuxième chose c'est qu'on a encore beaucoup à faire pour consolider dans les prochaines années. On a des enjeux. Autour de la protection sociale, je pense notamment à la retraite. Nous, on se bat pour que les gens puissent cotiser de manière volontaire à quatre trimestres de retraite, même quand ils n'ont pas atteint le chiffre d'affaires minimum, pour éviter une bombe à retardement dans les prochaines années. On a des sujets encore sur la maternité et sur les années journalières. On a des sujets sur l'accès au travail, parfois, ça peut se poser. On a des sujets sur le travail avec les plateformes. On est en train de mettre en place le précompte pour que la plateforme cotise. versent la cotisation au nom et pour le compte de l'auto-entrepreneur. Mais c'est un travail, c'est un peu complexe, il y a beaucoup de sujets qui ressentent ce moment avec eux. On a des sujets sur la fraude, où on continue à travailler de manière pédagogique. On a un grand slogan, « Frauder, c'est se tirer une balle dans le pied » . On essaie d'amener les auto-entrepreneurs à comprendre les droits contributifs, à les amener vers plus de responsabilités. Et voilà, ces sujets, on en a quand même quelques-uns. On a aussi des sujets sur la formation de manière générale, notamment la compétition administrative du régime. Mais tout ça, ça viendra avec le temps. On a encore, je pense, cinq années solides de combat et d'avancée pour faire en sorte que le régime soit quasiment parfait. Ça ne sera jamais vraiment parfait. Ça peut être mieux qu'aujourd'hui et c'est déjà beaucoup mieux qu'hier.

  • Speaker #1

    Bien, merci pour cette jolie analyse. Tu ne dois pas échapper à la question habituelle qui termine et qui clôture chaque épisode du podcast Auto-Entrepreneur. Je pense que tu es tellement bien placé que ce... Je vais pouvoir aider beaucoup de monde. Quel conseil tu donnerais à une personne qui hésite à se lancer dans la micro-entreprise ? Qui est là, qui a un projet, mais qui hésite.

  • Speaker #0

    Alors moi je dirais, déjà il ne faut pas hésiter, parce qu'il n'y a pas de raison. Ça reste simple, sans risque, et finalement assez carré, assez bordé. Ce n'est pas comme envisager de grimper au sommet de l'Everest. Donc ne pas hésiter, je pense que c'est une bonne chose. Deux, se faire accompagner. Il y a pas mal de structures aujourd'hui qui sont crédibles sur le marché, qui accompagnent, sans investir des milliers d'euros. Mais se faire accompagner intelligemment, ça ne mange pas de pain, c'est toujours utile. Et mon troisième conseil, c'est que ça sera toujours une super expérience. Ça sera toujours une super expérience, même si ça ne va pas loin, même si c'est un peu compliqué de trouver des clients, ou de satisfaire, ou de lancer un service, ou de s'installer une clientèle récurrente. Ça sera toujours une bonne expérience, ça permettra de voir aussi un autre aspect de l'économie et du travail, tout simplement le poste salarial. Donc je pense que dans tous les cas, ça vaut le coup d'être joué.

  • Speaker #1

    Merci beaucoup Grégoire pour tes conseils et ton temps. Je crois que ton calendrier est très rempli, alors je ne veux pas te conserver plus longtemps. C'était un vrai plaisir de pouvoir échanger avec toi sur la micro-entreprise et puis sur l'actualité. Puis j'espère à une prochaine fois au podcast Auto-Entrepreneur.

  • Speaker #0

    Avec plaisir, merci Thomas. A bientôt.

  • Speaker #1

    Merci à vous d'avoir écouté cet épisode du podcast Auto-Entrepreneur. J'espère que vous avez pu trouver les réponses à vos questions concernant l'actualité et l'abaissement du seuil de TVA. Concrètement, aujourd'hui, nous n'en savons pas beaucoup plus sur ce qui va advenir de cette loi. Les signaux peuvent être positifs avec notamment le soutien de nombreux députés, avec la FNAE qui a fait entendre sa voix et surtout celle des nombreux micro-entrepreneurs qui avaient des craintes. Mais aujourd'hui, la mobilisation continue. La prochaine étape, ce sera la manifestation, ou je dirais plutôt les manifestations, le 25 mars dans 15 différentes villes en France. Je vais vous mettre toutes les informations dans la description de cet épisode pour que vous puissiez retrouver les points de rassemblement. Quant à nous, nous nous retrouvons bientôt pour un nouvel épisode hypnotique. Je ne vous en dis pas plus. D'ici là, prenez soin de vous et de votre entreprise.

Chapters

  • Introduction

    00:00

  • Qui est Grégoire Leclercq

    01:48

  • L'anecdote de la CFE

    05:01

  • Qu'est-ce que la FNAE et pourquoi adhérer

    10:55

  • Comment la FNAE a appris pour la réforme

    19:24

  • Pourquoi le gouvernement fait cette réforme

    22:17

  • Que craignent les micro-entrepreneurs avec cette réforme ?

    25:08

  • Le cas du BTP

    27:52

  • Les actions de la FNAE contre la réforme

    35:22

  • Quel avenir pour la micro-entreprise

    43:41

  • Les conseils de Grégoire Leclercq aux micro-entrepreneurs

    47:21

  • Conclusion et fin

    47:21

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