- Romaric
Bonjour à tous et à toutes, bienvenue sur le podcast Auto-Entrepreneur. Je m'appelle Romaric, je suis le Community Manager du portail Auto-Entrepreneur. On entend souvent dire que la micro-entreprise est un parfait point de départ et puis qu'ensuite il faut passer au réel, créer une société ou en tout cas qu'il faut grandir. Avec notre invitée Vanessa, nous allons prendre le sujet à contre-pied puisqu'elle a exactement fait l'inverse. Elle a débuté en société et plus exactement en EIRL. Ensuite, elle est passée au salariat rapidement, puis elle est revenue en micro-entreprise. Avec elle, nous allons discuter de ses choix, des pièges qu'elle aurait pu éviter, et puis de ce qu'elle aurait aimé savoir au départ avant de se lancer. Et à la fin de cet épisode, vous saurez pourquoi la micro-entreprise reste l'un des meilleurs choix lorsqu'on veut se lancer en tant qu'indépendant. Bonjour Vanessa, bienvenue dans le podcast Auto-Entrepreneur.
- Vanessa
Ravi d'être là.
- Romaric
C'est un plaisir pour cette première interview de 2026. Tu as été en société, tu es revenu au salariat. Aujourd'hui, tu es en micro-entreprise. Qu'est-ce qui t'a fait dire cette fois je repars en micro-entreprise en quelques mots ?
- Vanessa
Plusieurs choses. D'abord, la simplicité de ce format-là, de ce statut-là. Et puis aussi au niveau, moi mon objectif, c'était d'avoir un salaire stable dès le départ. et pas m'aventurer dans une structure un peu trop complexe avec aussi toute une préparation en amont. Donc j'ai voulu me simplifier ma remise en route dans l'indépendance en passant par la micro-entreprise. Je trouvais que c'était beaucoup plus simple et que ça me permettait aussi de me consacrer vraiment à trouver des clients dans un premier temps avant de m'engager sur d'autres sujets qui pouvaient être spécifiques à l'entreprise.
- Romaric
D'accord. Alors justement, tu as eu auparavant ta première expérience en tant qu'entrepreneur, c'était une société. Et de par cette expérience, tu vas pouvoir justement nous expliquer un peu ton chemin qui est assez atypique, parce qu'on entend souvent la micro-entreprise, c'est le point de départ. Après, on peut grandir et passer en société. Toi, tu as fait l'inverse. Quand tu t'es lancée en EURL, c'était une EURL, qu'est-ce que tu cherchais à ce moment-là, à cette époque ?
- Vanessa
Alors, j'avais beaucoup d'ambition. Je ne dis pas que je n'en ai pas aujourd'hui, mais disons que je voulais tout de suite que ça fonctionne. Je pensais même embaucher, avoir vraiment une structure type agence très vite. Et puis aussi en termes de crédibilité vis-à-vis des clients. Je trouvais que c'était beaucoup plus crédible, en tout cas à l'époque, en 2018, d'être en société et non en micro-entreprise. En tout cas, de mon point de vue, de mon jugement, ça faisait un peu plus crédible. Et donc, je suis partie là-dessus. Ça a été une expérience, mais je pense que ça n'a pas été la bonne solution, en tout cas à ce moment-là. Mais bon, c'est pas...
- Romaric
Quand tu dis que ça n'a pas été la bonne solution, à quoi tu penses ?
- Vanessa
Parce que déjà, ça demande de la préparation. Moi, j'ai mis un an avant de monter ma structure. Ça demande, alors je ne dis pas qu'il ne faut pas faire ça, mais je ne connaissais pas l'entrepreneuriat. Je n'avais pas du tout des connaissances dans la prospection. J'étais quelqu'un d'assez réservé. Je n'avais pas de réseau. J'avais mon propre réseau qui était bien solide, mais pas assez conséquent pour pouvoir avoir des clients immédiatement. Donc, la préparation de l'étude de marché, le business plan, justement, l'expertise comptable, tout ça, toutes ces démarches-là, j'ai mis quand même un an à le mettre en place. Et du coup, c'est beaucoup de questions. Et on ne s'imagine pas qu'il y a d'autres choses importantes avant de se lancer dans un projet aussi conséquent que ça.
- Romaric
Quand tu parles d'un an avant de te lancer, Est-ce que c'est un an pour faire toutes les formalités pour ouvrir la société ou c'est un an avant ton premier client ?
- Vanessa
Non, alors c'est vraiment un an pour créer l'entreprise. Alors, ce n'est pas dans les formalités administratives, c'est vraiment dans la création du projet. En partant de l'idée jusqu'à, comme je l'ai dit, le business plan, avant l'étude de marché, l'enquête de satisfaction, tout ce qui est le business plan. Moi, je suis passée par un organisme qui m'a accompagnée justement pour mettre en place ce projet-là. Et puis, une fois, après la création d'entreprise, au final, les formalités étaient assez rapides parce que je passais en plus par l'expert comptable. Donc, ce n'est pas forcément moi qui ai fait les formalités.
- Romaric
D'accord. Et sur le type de société, justement, pourquoi l'EIRL ? C'est le contact qui t'a suggéré de partir en EIRL ou c'était un choix que tu avais depuis le départ ?
- Vanessa
Alors, j'étais obstinée pour la société, ça c'est sûr. Je voulais absolument être en entreprise. Donc après, lui, il m'a suggéré. Alors, il y a forcément l'entreprise individuelle, mais responsabilité limitée par rapport au patrimoine, par rapport à ma vie personnelle pour vraiment s'indélider.
- Romaric
D'accord. Donc petit rappel pour les auditeurs, d'ailleurs l'EIRL n'existe plus, en tout cas ce n'est plus possible d'en créer depuis 2022, mais désormais ces protections on les a aussi en EI classique au réel. Au quotidien, qu'est-ce que tu as trouvé le plus compliqué justement une fois que tu as réussi à te lancer au bout d'un an ? Qu'est-ce que tu as trouvé le plus compliqué quand tu as débuté ta société ?
- Vanessa
C'est de gérer tout ce qu'il y a à gérer justement pour une société. Moi, je n'avais pas conscience aussi des charges autant financières qu'administratives de temps, etc. Et même si ça restait une petite structure, ça demandait quand même de l'implication et du stress aussi. Parce que je ne dis pas que la micro-entreprise, on n'a pas de stress parce qu'on veut gagner quand même sa vie avec. Mais les charges, les impôts qu'on peut avoir à côté ne sont pas du tout les mêmes. Donc, les répercussions sont encore plus importantes, je dirais. Et donc, je pense qu'il y avait aussi cet élément-là, le stress, la peur de ne pas y arriver. Et je pense que ça donne un... En tout cas, moi, ça a pu aussi me bloquer dans ma démarche entrepreneuriale, en fait.
- Romaric
Pourtant, tu disais avoir été accompagnée, avoir un comptable. Et malgré ce support ? Tu as quand même été surprise par les charges ?
- Vanessa
Oui, parce que j'ai pris quand même beaucoup de choses par moi-même, d'un point de vue aussi financé, parce que plus on en demande les critiques de paire comptable, plus on paye, ce qui est normal. Donc, comme j'avais un bagage en administratif, en gestion d'entreprise en amont, j'ai gardé pas mal de choses pour moi, pour que je puisse m'en occuper et limiter les frais. Mais voilà, ça demande aussi beaucoup de place mentale. Et puis, du coup, ça pouvait m'éloigner aussi de l'objectif premier, qui était de trouver des clients et d'avoir un chiffre d'affaires convenable pour pouvoir avoir une rentabilité.
- Romaric
Donc, tu avais l'impression peut-être de faire que de la gestion, de l'administratif ou vraiment chercher des clients et faire ta mission numéro un ?
- Vanessa
Oui. Et ça a peut-être été aussi, pour moi, une espèce d'échappatoire, parce que la prospection à cette époque-là, je n'étais pas du tout briefée. C'était pour moi quelque chose d'insurmontable. Donc peut-être aussi que ça a été une espèce d'échappatoire pour éviter de faire cette prospection qui, au final, n'est pas...
- Romaric
C'est quoi cette idée un peu... Bon, il y a toujours une déclaration à faire, il y a toujours... Je dois regarder mes chiffres. Et du coup, ça te faisait...
- Vanessa
Tout ce qui est la saisie comptable aussi, la réception des factures, l'URSSAF. Puis j'ai eu une période où c'était la période Covid. Donc là aussi, même s'il y a eu une pause, j'ai eu la bonne surprise, même après avoir arrêté mon EIRL, d'avoir l'URSSAF qui est revenu vers moi en me disant « Madame, vous avez aidé pour le Covid, mais du coup, vous n'avez pas remboursé ce qu'on vous a » . Donc voilà, des petites surprises comme ça, même si on pense que c'est terminé, on en a toujours après.
- Romaric
En fait, tu as eu une exonération de cotisations pendant le Covid, comme de nombreux entrepreneurs.
- Vanessa
Voilà.
- Romaric
Et c'est une fois que tu n'étais plus entrepreneur que tu as dû repayer.
- Vanessa
Ils m'ont envoyé des courriers en me disant qu'il me restait. Donc, ça fait un peu mal, mais bon, il n'y a pas le choix. On doit régler nos dettes, comme on dit. Après, je n'étais pas forcément non plus hyper informée. J'étais surpris. J'avais même contacté mon expert comptable. Mais c'est comme ça.
- Romaric
Là, on a vu quand même pas mal de points un peu bloquants quand tu es en EIRL. Et en plus, c'est vrai que le contexte avec le Covid, tu parlais de prospection, c'est vrai que ce n'était pas du tout le meilleur moment pour trouver des clients, pour aller réseauter. Est-ce qu'il y a eu des bons côtés ? Qu'est-ce que tu en as appris quand même de cette période-là ?
- Vanessa
Alors, justement, c'est toute cette partie gestion. Quand même, ça permet de voir, même si ça restait une petite structure, c'était ce qui était non plus, qu'il y avait énormément de charges, de factures, etc. Mais ça permet quand même de voir l'envers du décor et ce que ça implique derrière. Et aussi la connaissance. Quand on faisait un point avec l'expert comptable, on essayait aussi d'équilibrer les choses, de prendre des décisions par rapport aux résultats, par rapport aussi personnellement au niveau de la retraite, au niveau des choses de ce genre, de ce type-là. Ça apprend quand même beaucoup de choses, même si c'est vraiment une charge mentale supplémentaire, je trouve, qu'on n'a pas forcément avec la micro-entreprise et pour lequel on peut se consacrer vraiment à faire vivre notre activité dans un premier temps.
- Romaric
Justement, tu viens de parler de retraite, qui est un sujet qui revient très souvent sur la table, même auprès des micro-entrepreneurs. Quand tu étais en IRL, est-ce que toi, tu avais fait des démarches spécifiques, je ne sais pas, par exemple, pour avoir une retraite complémentaire ? Ou est-ce qu'avec tes cotisations, tu te semblais déjà, à dire en sécurité, est-ce que quand tu payais tes cotisations, tu te disais, bon, c'est bon, là, pour la retraite, je suis bien ?
- Vanessa
J'étais un peu limite et c'est pour ça qu'avec l'expert comptable, on essayait, quand on faisait l'exercice comptable, de réajuster pour que je n'ai pas trop de pertes pour ma retraite. Mais c'était compliqué parce que le chiffre d'affaires n'était pas assez conséquent pour pouvoir assurer quatre trimestres sur une année. Donc c'était difficile à ce moment-là. Je n'avais pas de retraite complémentaire non plus. Je ne dis pas que c'est bien, mais c'était un choix dans un premier temps pour, là encore, limiter aussi des frais à côté. Mais ce n'était pas le plus évident, effectivement, ce côté-là. Mais c'est vrai que je ne me faisais pas non plus une fixation là-dessus. Je me disais que ce qui comptait, c'était de faire vivre mon activité dans un premier temps, même si je sais que c'est important d'envisager l'avenir aussi dans ce sens-là. Mais j'étais plus sur l'instant présent en essayant de pouvoir faire vivre mon activité.
- Romaric
D'accord. Donc, quand tu étais en EIRL, tu étais au réel.
- Vanessa
Oui.
- Romaric
Est-ce que, justement, c'est une des différences majeures avec la micro-entreprise, c'est que tu as pu déduire des frais ?
- Vanessa
Oui.
- Romaric
À ce moment-là, est-ce que tu en as beaucoup déduit ou justement, c'était un avantage que tu n'as pas assez utilisé ?
- Vanessa
C'est un avantage que je n'ai pas assez utilisé, ça c'est sûr. Après, j'avais une activité qui n'avait pas beaucoup de charges. C'est pour ça que je voulais absolument être en société. Mais au final, je n'avais pas énormément de charges que ça. Donc, ce n'était pas forcément très judicieux non plus. Ou alors, il fallait que j'investisse. J'investissais des fois dans des choses qui n'avaient pas forcément d'utilité majeure ou de priorité ou d'urgence, on va dire, pour justement pouvoir bénéficier de ces avantages-là. Mais c'est pour ça que l'entreprise, dans mon cas, en tout cas pour l'activité dans laquelle j'étais, ce n'était pas la plus judicieuse. Même si j'avais un objectif d'avoir une stroute des salariés, etc. ou un prestataire extérieur. J'ai mis la charrue avant les bœufs, on va dire.
- Romaric
Le comptable a dû se frotter les mains en le voyant arriver.
- Vanessa
Peut-être, mais en tout cas, sans doute. Bon, après, c'est moi qui aussi... Ça me sert de leçon aussi, justement. Ça m'a servi pour... Quand j'ai repris mon activité, je savais que ce n'était pas la bonne solution. Même si je reste ambitieuse dans ce que je veux entreprendre, mais on va y aller à petits pas.
- Romaric
Et donc, tu es restée en EURL. C'était une histoire de 2, 3 ans ?
- Vanessa
Alors, je me suis lancée en 2018 et je l'ai arrêtée en 2022. En
- Romaric
2022, donc. 4 ans. Et donc, tu parlais de résultats financiers tout à l'heure. Est-ce que sur les 4 ans, il y a eu des périodes positives ou dans l'ensemble, ça a quand même été toujours un petit peu « allez, il faut coller, il faut coller, il faut coller » et on va y arriver ?
- Vanessa
On va dire que c'était équilibré, quoi. Enfin, c'était zéro, quoi. Il n'y avait pas forcément… Je n'arrivais pas à me sortir un salaire.
- Romaric
D'accord.
- Vanessa
Clairement.
- Romaric
D'accord. Comment tu vivais alors ?
- Vanessa
J'ai eu des revenus en tout cas. Au départ, j'avais aussi tout ce qui était l'ACRE. J'ai bénéficié aussi de l'ARS pour avoir des cotisations moins élevées. C'est ça une fois, je ne confonds pas les deux.
- Romaric
Tu as fait la confusion entre les deux. L'ACRE t'a permis d'avoir moins de cotisations sociales. Et l'ARS t'a permis d'avoir deux.
- Vanessa
L'AR aussi, c'est ça. Bon, bref. En tout cas, j'avais ces aides-là de Pôle emploi à l'époque et France Travail aujourd'hui. Donc déjà, ça, ça soulage un peu. Et j'avais aussi, je sortais d'un licenciement économique. J'avais aussi de l'argent de côté qui m'a permis de... Et puis, je n'étais pas toute seule. Il y avait aussi mon compagnon de l'époque qui permettait aussi de faire l'équilibre durant ce temps-là. Mais ce n'était pas évident non plus parce que j'étais dépendante de lui.
- Romaric
D'accord. Et donc, en 2022, quand tu as décidé d'arrêter avec l'EIRL, est-ce que c'était une raison principalement financière ? D'autres raisons derrière ce changement ?
- Vanessa
Alors, il y a eu la raison financière, mais aussi, en fait, j'ai eu un changement de vie personnel qui m'a impliqué de faire un emprunt bancaire. Et en fait, les institutions bancaires, si on n'a pas, en tout cas, vu l'irrégularité de salaire que j'avais, en tout cas d'activité, de chiffre d'affaires, ne voulaient pas me suivre dans cet emprunt-là. Donc, j'étais obligée de retrouver un... Job salarié, pour que je puisse bénéficier de cet emprunt. J'ai eu la chance qu'une cliente des premières heures prenne le risque de m'embaucher en tant que salarié dans sa structure pour pouvoir justement bénéficier de cet emprunt. Malheureusement, le job n'a pas pu se prolonger au bout des six mois de CDT parce qu'elle avait pris un risque et ça ne rentrait plus dans son... Et voilà. Et donc après, j'ai continué dans le salariat, mais on va dire que je ne connaissais pas, que ce n'était pas forcément mes clients.
- Romaric
Tu as complètement changé d'activité d'ailleurs.
- Vanessa
En fait, je suis retournée à mon métier initial, en tant qu'assistante polyvalente, assistante de direction, office manager. Enfin, maintenant, ça change de nom.
- Romaric
Ça change souvent de nom. Comment tu l'as vécu, ce changement ? Est-ce que... Moralement, ça a été une période compliquée ou tu l'as plutôt vécu de façon optimiste en disant que c'est qu'une transition ?
- Vanessa
À cette époque-là, c'était un peu compliqué. Moralement, ça c'est sûr. Après, je ne me sentais pas capable de mettre l'énergie que j'avais pu mettre sur ces quatre ans. Je me disais que c'était fini. Et en plus, à ce moment-là, je me disais que je ne retournerais jamais à mon compte. Je pense que j'avais donné beaucoup.
- Romaric
Tu es sortie lessivée un peu de ces quatre ans.
- Vanessa
Oui, lessivée, peut-être une forme de déception aussi. Enfin, voilà, des sentiments qui... Et donc, je m'étais dit, de toute façon, je ne retournerai pas en tant qu'entrepreneur. Ce n'est pas fait pour moi. Bon, comme quoi, il ne faut jamais dire jamais.
- Romaric
Donc, pendant cette période, tu es revenue à ton ancienne activité. Tu as aussi suivi des formations ?
- Vanessa
Oui. Alors déjà, moi, ce que je trouve génial dans l'entrepreneuriat, c'est justement le fait qu'on est toujours dans cette recherche d'apprentissage. On est obligé d'être toujours en veille sur ce qui se passe sur beaucoup d'aspects. Et je trouve ça, c'est le plus enrichissant, je trouve, dans cette activité indépendante. Et oui, je me suis formée à pas mal de choses. En fait, j'ai mis beaucoup de choses dans mon panier, on va dire, à Arc. c'est que déjà j'ai mon métier de base qui était office manager assistant de direction après j'ai fait une certification en coaching professionnel ce qui m'a permis d'accompagner en bilan de compétences ou en reconversion professionnelle et puis aussi j'ai eu tout l'aspect marketing digital donc toute la communication sur les réseaux sociaux et aussi sur les sites internet et ça j'ai pris vraiment du plaisir pour mes clients et pour moi-même aussi quand je développais mon activité de coaching aussi en parallèle et donc de là enfin tout Tout l'aspect digital, je trouve qu'en tant qu'indépendant, aujourd'hui, c'est inévitable. C'est là où j'ai le plus appris aussi.
- Romaric
Et donc là, tu expliques avoir suivi des formations, tu disais en parallèle. Donc, c'était en parallèle de ton emploi salarié.
- Vanessa
Oui.
- Romaric
Donc, même si tu disais, bon, ce n'est pas pour moi l'indépendance ou revenir entrepreneur, tu étais quand même déjà en train de préparer quelque chose.
- Vanessa
Le truc, c'est que très rapidement, je me suis vite ennuyée dans mon travail. Et donc, au départ, j'avais envisagé effectivement, mais plutôt en side project, c'est-à-dire de garder mon job salarié et en développant une activité d'indépendante à côté. Et puis, en fait, l'histoire a fait que finalement, je me suis lancée à 100% et je ne regarde pas du tout. Mais voilà, donc ça m'a permis aussi, et même la partie prospection aussi. J'ai fait une formation qui était très bien, qui m'a encore apporté d'autres armes, entre guillemets. En tout cas, d'autres apprentissages pour justement aborder la prospection, non pas comme une prospection, justement, mais plutôt comme une relation qu'on crée. Et du coup, je l'aborde beaucoup différemment.
- Romaric
C'est le genre de formation que tu aurais aimé suivre plus tôt dans ta carrière ?
- Vanessa
Oui, oui, tout à fait. Mais c'était vraiment focus prospection que les formations que j'avais pu faire, notamment quand j'ai créé mon entreprise, étaient très, très larges. Ça englobait vraiment toute la création d'entreprise. Donc, il y avait une partie prospection, mais pas aussi étoffée, pas aussi précis que celle que j'ai.
- Romaric
D'accord. Donc, transition, formation, salariat. Tout ça, ça se passe plutôt bien. Tu avances, tu évolues. Et puis, tu fais un retour vers l'entrepreneuriat. Tu as créé ta micro-entreprise ce coup-ci. Oui. Dis-nous en plus, c'était à quel moment et pour quelle activité ?
- Vanessa
Alors, je l'ai créée le 2 janvier 2020 du Community Management. C'est sur les réseaux sociaux exclus pour les professionnels. Sur ces réseaux sociaux-là. Je me suis vraiment... niché là-dessus, c'est-à-dire que je bifurque ni sur le site, ni... Je suis vraiment focalisée sur les réseaux sociaux et sur du community management. Après, il peut arriver avec des clients, quand ça se passe bien, que je fasse d'autres choses, des newsletters, des choses comme ça, mais en amont, en tout cas, ma porte d'entrée pour que les gens me connaissent, en tout cas, c'est vraiment cette partie-là. Et ce qu'il faut savoir, c'est que ça s'est créé... Je me suis lancée à 100% le 2 janvier, mais six mois auparavant, j'ai relancé mon réseau qui était bien étoffé justement par rapport que j'avais mis en sommeil on va dire le temps de mon activité salariale et que j'ai réactivé 6 mois auparavant, j'ai repris à communiquer etc pour justement préparer le 2 janvier et que voilà de pas arriver comme un cheveu sur la soupe le 2 janvier
- Romaric
D'accord donc t'as quitté ton travail mais après avoir fait déjà cette démarche de prospection ou de réactivation en tout cas
- Vanessa
Après, mon employeur était au courant. C'était un accord aussi. Du coup, je pouvais communiquer librement aussi par rapport à ce pivotement.
- Romaric
D'accord. On reviendra sur le pourquoi tu as choisi la micro-entreprise. Une autre question qui me vient à l'esprit maintenant, c'est qu'est-ce qui t'a fait dire que cette fois-ci, le salariat, on remet de côté ? Alors que c'était à peu près trois ans avant, justement, tu venais d'expliquer que à ce moment-là, c'était vraiment l'optique totalement opposée où tu disais bon. fini l'entreprenariat. Et là, c'est fini le salariat et j'y retourne à fond.
- Vanessa
En fait, j'étais dans une très bonne entreprise. Vraiment, il n'y avait rien à dire par rapport à l'ambiance, la confiance qu'on pouvait me donner, la liberté aussi quand j'avais besoin, etc. Donc, je n'avais pas... Mais en fait, je sentais que je m'endormais, je m'enfermais dans une activité trop routinière. où je me sentais un peu bridée, mais pas forcément de par ma hiérarchie, mais parce que le fait de la structure de l'entreprise faisait que ce que je pouvais avoir comme idée ne pouvait pas forcément aboutir, ou était limité, ou freiné. Et ça, ça me gênait aussi. Et je sais ce que m'a apporté l'entrepreneuriat, et tout l'aspect aussi relationnel. Tout ce qui est réseau, faire de nouvelles rencontres, découvrir de nouvelles activités, de nouvelles singularités en termes d'individus, de... Ça, j'avais plus ce contact-là, cet enrichissement personnel que je pouvais avoir. Tout ça, l'apprentissage aussi, même si j'adore apprendre tous les jours et que je pouvais avoir des apprentissages. À un moment donné, en fait, ces apprentissages n'étaient plus là. Donc, j'ai l'impression de complètement m'endormir. Donc, c'est pour ça que je savais que finalement, ce que j'avais pu apprendre durant ces quatre ans et qui m'ont énormément apporté et m'ont fait grandir, il fallait que je retourne. Autrement, j'allais... J'allais mal vivre cette période professionnelle.
- Romaric
C'est marrant, on entend souvent ce côté-là, c'est qu'une fois qu'on a goûté à l'indépendance avec le travail, c'est dur de retourner au salariat. Toi, ça n'a pas été dur d'y retourner, mais c'était dur d'y rester, a priori.
- Vanessa
C'est ça,
- Romaric
exactement. J'imagine qu'il y a forcément des exemples qui vont prouver le contraire, mais c'est quand même assez commun, cette situation, où une fois qu'on est lancé en indépendant, c'est plus... plus possible de revenir sur un travail salarié classique.
- Vanessa
Oui, j'avoue, c'est dur. C'est dur parce que, oui, voilà, cette forme de liberté, d'autonomie, de prise d'initiative, de prise de décision. Je pense qu'il y a des entreprises qui laissent libre ces choses-là, mais pas toutes. Mais non, c'est vrai, c'est un enrichissement incroyable. Moi, c'est vraiment là où j'ai le plus grandi. J'ai plus appris sur moi-même aussi. Sortir de sa zone de confort aussi. Je trouve que c'est... Ça demande encore plus de le faire, d'oser le faire, que quand on est salarié, on peut justement rester dans cette zone qui est confortable pour beaucoup et à qui ça convient tout à fait. Mais pour d'autres, en fait, ça ne convient pas.
- Romaric
Donc, tu avais besoin de challenge, en tout cas de nouveaux challenges. Et cette fois, tu es partie sur la micro-entreprise.
- Vanessa
Oui.
- Romaric
Pourquoi pas de... Tu n'aurais pas pu refaire une IRL puisqu'elle n'existait plus, mais pourquoi avoir opté pour cette structure ?
- Vanessa
En fait, déjà, mon objectif... Je suis maman de trois filles, je suis maman solo de trois filles, donc je ne voulais pas faire n'importe quoi. Et donc, mon objectif, c'était vraiment d'avoir une stabilité financière mensuelle dans un premier temps. sans vouloir partir justement sur des projets un peu plus ambitieux qui peuvent mettre plus de temps. Et je savais qu'en allant justement vers cette niche de community management, de simplicité aussi, de compréhension pour mes clients qui savent que je fais ça et uniquement ça, de ne pas m'embarquer dans d'autres projets, parce que je peux très vite aussi me disperser là-dessus. J'avais vraiment cet objectif de stabilité financière et sans pour autant m'embarquer dans des complexités de gestion, de quoi que ce soit. Pour moi, la micro-entreprise était vraiment le statut idéal à ce moment-là et je ne voulais pas retourner non plus dans ce que j'avais pu vivre. Je ne dis pas que peut-être un jour je ne le revivrai pas, si jamais ça évolue d'une manière positive pour moi. Mais en tout cas, là, ce n'était pas ma priorité. Et la micro-entreprise, c'est facile à mettre en place. Et voilà la simplicité de gestion. C'est clair que...
- Romaric
Tu fais une grosse différence entre tes deux expériences.
- Vanessa
Oui, complètement. Du coup, même j'ai raisonné différemment, même au niveau de la rentabilité. Parce que la rentabilité d'une entreprise, la rentabilité d'une micro-entreprise, ça n'a rien à voir. il n'y a pas les mêmes données donc automatiquement ça simplifie pas mal les choses, c'est plus clair et je trouve que l'objectif est beaucoup plus limpide en tout cas pour moi elle était plus limpide je vais peut-être te prendre au dépourvu mais si comme ça tu devais me donner
- Romaric
3 avantages de la micro-entreprise 3 avantages simples, tu donnerais lesquels ?
- Vanessa
je vais mettre le mot comme j'ai pu le dire, c'est la simplicité franchement c'est Et... C'est la légèreté mentale aussi. C'est-à-dire qu'on a toujours cette déclaration à faire, nos facturations à faire, mais c'est quand même beaucoup moins conséquent qu'une structure où il y a quand même une saisie comptable à faire tous les mois, à faire en sorte d'équilibrer, de faire la déclaration de TVA. On peut la faire aussi en micro-entreprise. Mais bon, c'est quand même pas pareil. Et puis, je dirais qu'il y a moins de stress aussi. Même si on veut toujours avoir cette stabilité financière, mais je trouve qu'elle est beaucoup plus raisonnable ou en tout cas plus supportable quand on se lance. En tout cas. Et puis, je peux davantage me concentrer et me consacrer sur mes priorités, qui est effectivement, comme je disais, d'avoir des clients, de garder aussi cette fidélité avec mes clients, de garder ce lien-là, de vraiment me consacrer. consacré à ce qui compte le plus pour moi dans mon activité. Et de ne pas m'éparpiller sur d'autres tâches qu'impliquent une société.
- Romaric
Donc, pour résumer, simplicité, légèreté administrative et moins de stress. Et même ton ajout incutriel, donc plus de focus, plus de concentration sur l'essentiel qui sont tes clients. Il y a un autre élément dont on n'a pas parlé, et moi j'aime bien des fois sortir un petit peu de ce scope. de l'entreprise, tu disais avoir trois filles, être maman célibataire. Est-ce que justement, la micro-entreprise, ça te permet de concilier cette vie, la vie pro et la vie perso ensemble ? Est-ce que tu as le temps que tu veux, en fait ?
- Vanessa
Oui, complètement. Il y avait aussi cet élément-là qui est rentré en ligne de compte quand je me suis mise à mon compte. C'est que salariés, on a des horaires fixés, les horaires à l'aimé. En fait, j'avais l'impression de courir partout, de rentrer le soir, de ne pas profiter de mes enfants, de le week-end, de ne pas avoir le temps de qualité avec elles. Et je savais que quand j'étais à mon compte, c'était aussi une des raisons que je m'étais mise à mon compte, c'était aussi de profiter. profiter de mes enfants. Et donc là, j'avais l'impression justement de ne pas le faire et ça a été une des raisons pour laquelle je me suis remise à mon compte, c'est de pouvoir concilier cette vie de maman, de pouvoir profiter d'elle tant qu'elles sont encore on va dire... qu'elles ne soient pas parties de la maison et que... Pour moi, c'était une des raisons principales pour lesquelles je suis retournée aussi dans l'entrepreneuriat. C'est pour pouvoir concilier parce qu'en fait, on a cette flexibilité-là, c'est-à-dire qu'on n'a pas des horaires de bureau classique, on s'adapte. Moi, je m'adapte à l'emploi du temps de mes enfants. Il y a des jours où je vais moins travailler, des jours où je vais beaucoup plus travailler. Il y a mes clients aussi, en fonction de leur demande, évidemment. Mais en fait, j'arrive à m'adapter comme ça et ça me va très, très bien.
- Romaric
Oui, c'est plus facile.
- Vanessa
Là encore, moins de stress et moins de pression.
- Romaric
C'est plus facile pour les fameux trajets qu'on connaît quand on est parent, le matin pour aller amener à l'école et le soir pour aller chercher. Là, en tant qu'indépendante, tu... Ces moments-là, tu arrives à les libérer quand tu as besoin.
- Vanessa
Voilà, exactement. Et les activités extrascolaires, tous les à-côtés, les réunions, les rendez-vous, ça permet de libérer du temps. Ou même aussi, moi, ce qui me coûtait aussi, c'était quand une de mes filles était malade, demander à mon patron, même si elle me disait oui, de télétravailler. Ça me coûtait de devoir demander parce que mon enfant est malade. Pour moi, c'est pas...
- Romaric
Très bon point. Donc là, quand tu es reparti la seconde fois, version indépendante, mais version micro-entrepreneur, tu avais quand même beaucoup de bagage, tu avais de l'expérience, que ce soit en indépendance, plus après tes formations. Mais est-ce qu'il y a quand même des choses que tu aurais aimé savoir, que tu as découvertes sur les dernières années ?
- Vanessa
Tu veux dire sur l'année de freelance ou sur...
- Romaric
Sur la micro-entreprise. Quand tu t'es relancé, Est-ce qu'il y a des éléments de la micro-entreprise peut-être qui te manquaient et que tu as pris au fur et à mesure ?
- Vanessa
Alors, je t'avoue qu'il y a eu le moment du seuil au niveau de la TVA.
- Romaric
Ça en a beaucoup parlé en 2025.
- Vanessa
Moi, je travaille exclusivement avec des professionnels, donc c'était plus facile de faire passer la TVA. Parce qu'au départ, j'ai fait le choix de ne pas mettre la TVA dans un premier temps. Mais du coup, je ne connaissais pas les seuils. Quand on a eu l'information, c'était un élément dont je n'avais pas forcément conscience, véritablement. Aussi, le seuil fiscal et du seuil... Non plus, je n'avais pas cette connaissance-là. Une fois qu'on l'a, c'est bon. Mais c'est vrai que ça, j'avais appris. C'est plus en termes de chiffres. Après, au niveau de la micro-entreprise... Non, c'est vraiment la simplicité. Je trouve que moi, ça me... Alors, moi qui étais déjà dans le métier de l'administratif, de la comptabilité, si tu veux, pour moi, c'est vraiment...
- Romaric
Oui. Trouver le chiffre d'affaires, ça ne te pose pas de problème, quoi.
- Vanessa
Non, non, non, du tout. Enfin, franchement, ça me... Enfin, voilà, c'est vraiment cool, quoi.
- Romaric
Et justement, tu dis que tu as de l'expérience, en plus, en comptabilité un peu aussi. Quels sont les deux, trois pièges que tu donnerais à quelqu'un à éviter ? Voilà, quelqu'un qui a peut-être moins de connaissances ou qui se lance juste. Les 2-3 pièges à éviter ?
- Vanessa
Alors moi, je dirais de vouloir faire compliqué. Je reviens en fait à la simplicité. Moi, j'ai tendance à faire ça. C'est-à-dire que je voulais, je me souviens aussi quand j'étais en entreprise, je voulais que tout soit structuré. Donc même les process, qu'il y ait vraiment, même le tunnel de vente, des choses, vraiment que tout soit bien structuré. Et en fait, je procrastinais ou j'étais dans le perfectionnisme et ça n'avançait pas. C'était plus un blocage et ça bloquait aussi en termes de chiffre d'affaires. Donc, je dirais de ne pas trop parfaire au début, d'y aller vraiment plus, d'avoir une offre qui soit claire pour le client, mais d'y aller vraiment de manière à ne pas trop se prendre la tête avec une structure de surnotion, avec je ne sais pas combien de pages, pour que ça soit hyper, avec une to-do list bien ficelée. Il faut vraiment y aller petit à petit et les choses vont s'imbriquer au fur et à mesure en fonction de l'activité qui va évoluer. Et moi, je pense que ce que j'ai apprécié sur cette deuxième... Moi, le piège, je dirais, ce n'est pas se lancer tout de suite directement sans avoir quand même un minimum, travailler son réseau, d'avoir un peu la température à côté de soi, ne pas partir sur une activité tête baissée parce qu'on a envie de le faire. Alors, c'est bien, mais quand même voir avant, même si la micro-entreprise, on va dire qu'il y a moins de risques qu'une société. Mais je trouve que c'est important pour ne pas être déçu, pour ne pas se brûler les ailes ou ne pas donner de l'énergie dans quelque chose qui finalement n'a pas de résultat après. Oui,
- Romaric
tout à fait.
- Vanessa
Cette période de six mois, par exemple, excuse-moi, c'est une période de six mois où j'ai repris contact avec mon réseau. Si je ne l'avais pas fait, je n'aurais pas eu mes premiers clients. Donc indéniablement, c'est ce travail en amont qui a fait que j'ai pu avoir mes premiers clients dès le mois de janvier.
- Romaric
T'as réussi à t'atturer à peu près combien de clients juste par cette prospection en amont ?
- Vanessa
Alors j'en ai eu 3 mais alors moi il faut savoir que c'est pas des clients one shot c'est vraiment des clients de longue durée. Ces 3 là ils sont encore là.
- Romaric
Ok 3 ans après c'est ça à peu près tes 3 clients sont fidèles ?
- Vanessa
Bah un an parce que j'ai connu ces 3 clients ils sont encore là et normalement ils sont censés rester aussi voilà après il y a eu d'autres il y a eu du flux, il y en a aussi qui sont venus vers moi et qui finalement se sont rendu compte qu'au niveau du budget et au niveau du temps au départ ils n'avaient pas forcément quand on délègue quand même une prestation ça demande du temps en amont même si après le temps mais bon voilà donc oui ça m'a et même en fait ça m'a permis de créer des connexions avec d'autres réseaux que je n'avais pas au préalable Donc c'est vraiment des graines que j'ai semées qui aujourd'hui encore portent ses fruits. Donc c'est vraiment pas à négliger et justement de préparer en amont le terrain, même sans trop en faire, mais vraiment de manière de prendre contact avec des gens, de voir ce qu'ils en pensent, de rencontrer des personnes, discuter justement, prendre la température, voir comment ça se passe.
- Romaric
Là, clairement, on voit que c'est ta première expérience. Quand tu étais en IRL, tu as bien servi à anticiper cela. Aujourd'hui, avec ta micro, tu en es où ? Est-ce qu'au niveau du chiffre d'affaires, tu as envie d'être ? Est-ce que ça grandit à la vitesse que tu as envie que ça grandisse ? Est-ce que justement, tu as un seuil où tu te dis, c'est bon, il n'y a plus besoin de grandir, je suis très bien comme ça ?
- Vanessa
Alors, non. Pas forcément. J'ai trois clients qui sont fidèles. Début d'année, j'en ai eu deux qui sont partis parce que les deux étaient côté financier. Et aussi le temps. J'avais un électricien, entre autres, qui n'avait pas le temps imparti pour pouvoir échanger avec moi et me donner du contenu pour pouvoir communiquer. Donc là, aujourd'hui, on va dire que non, je ne suis pas dans une stabilité correcte puisque j'ai perdu des clients. Maintenant, les signaux sont assez positifs parce que j'ai toujours des contacts, des demandes. Ça prend un peu plus de temps au niveau de la prise de décision, mais je suis assez confiante. Et puis, je pars sur un projet en parallèle qui, j'espère, va me donner aussi du revenu complémentaire à mon activité.
- Romaric
Quel est ce projet ? Tu peux nous en dire plus ou c'est secret ?
- Vanessa
J'en ai parlé un petit peu vaguement sur mes réseaux sociaux. Tu vois, comme on est en train de faire, moi, j'aimerais lancer mon podcast à leur vidéo, du coup, comme là, en fait. Et l'idée, ce serait justement de mettre en valeur mes clients, mais pas que, justement, les entreprises, et qu'ils aient un package juste avec ce podcast pour pouvoir communiquer ensuite sur leurs réseaux sociaux.
- Romaric
D'accord, c'est intéressant.
- Vanessa
Là, on est au stade de vraiment de l'idée, vraiment... De base, on n'a pas encore étoffé, je travaille avec quelqu'un pour ça. Donc, à voir quand est-ce que ça va véritablement prendre forme et de quelle manière concrète.
- Romaric
Très bien, c'est un super projet. De ton expérience, on disait tout à l'heure, il y a des plafonds en micro-entreprise. Aujourd'hui, les plafonds de TVA, ils sont franchis ou pas encore ?
- Vanessa
Non, ils ne sont pas encore franchis.
- Romaric
Encore franchis. Avec l'expérience que tu as, est-ce qu'il y a un élément qui te ferait dire aujourd'hui la micro-entreprise ça ne suffit plus et qui te ferait repasser sur une autre structure ? Quel serait l'élément ? Est-ce que ça serait sur le temps, le fait d'avoir un employé ou tout simplement financier ?
- Vanessa
Je pense qu'il y a cet aspect, comme tu parlais de seuil de TVA. Je pense qu'à partir du moment où on commence à passer à la TVA, il faut peut-être aussi réfléchir éventuellement à y passer une autre structure. Je trouve que ça peut être aussi un palier. En tout cas, moi, je l'ai envisagé un peu dans cette manière-là. À partir du moment où ce seuil de TVA est franchi, réfléchir à comment envisager la suite. Et si on a cette ambition, ce projet de toujours grossir aussi, de... Là, je pense qu'effectivement, il faut envisager de passer à une autre structure. Je pense qu'il y en a certains, la micro-entreprise, je pense que ça leur convient très bien de rester. Mais d'autres ont d'autres ambitions, croître, développer. Donc là, quand on a envie d'aller dans ce développement-là, c'est à ce moment-là qu'il faut envisager, pour moi, de passer à une autre structure.
- Romaric
Et donc, la micro, c'est un excellent point de départ.
- Vanessa
Oui, tout à fait.
- Romaric
Tu viens de l'expliquer, ça peut permettre justement de grandir. Est-ce qu'avec le recul, tu n'aurais pas mieux fait peut-être de commencer en micro-entreprise lors de ta première expérience ?
- Vanessa
Oh si, je pense que c'est même sûr. Au vu des charges que j'avais, au vu de mon inexpérience et peu de réseau à ce moment-là, ça aurait été beaucoup plus simple pour moi. de me lancer en tant qu'en micro-entreprise. Ça, c'est une certitude. Mais je ne regrette pas non plus. Ça m'a permis d'apprendre pas mal de choses. Mais bon, ce n'était pas la bonne structure, en tout cas pour moi. Et c'est pour ça aussi que moi, je rebondis sur la deuxième activité en tant que micro-entreprise parce que ça m'a appris justement.
- Romaric
Donc, ton expérience, Allié à ton discours, prouve que ce qu'on entend très souvent, c'est-à-dire que très souvent on entend, on commence en micro-entreprise, si ça grandit, on passe au réel, on crée une société. Toi, tu avais fait l'inverse et aujourd'hui, avec le recul, tu dis que cette fameuse phrase, cette fameuse vérité était peut-être adaptée. On va passer sur un sujet qui est tendance. Tu parlais des seuils de TVA pour 2025. Le sujet tendance en 2026, c'est la facturation électronique qui va arriver dès septembre pour les micro-entrepreneurs. Est-ce que toi, tu te sens prête sur le sujet ou est-ce que c'est encore un peu flou ?
- Vanessa
Alors en fait, moi, je l'ai pris vraiment avec distance, ce sujet-là. Et j'ai la chance d'être avec une banque qui va être une plateforme agréée. Donc du coup... je me laisse porter par la banque avec qui je suis pour mettre en place ma place au final. Ils sont frais supplémentaires, donc je vais suivre. C'est vrai qu'on en parle beaucoup. À un moment donné, je me suis dit « Vanessa, t'inquiète-toi, parce que j'ai l'impression que tout le monde s'inquiète, mais sauve-toi. » Après, je pense que c'est pour d'autres... Moi, je laisse ma banque faire parce que je n'ai pas d'autres...
- Romaric
D'accord. Donc, ta banque fait aussi outil de facturation aujourd'hui, c'est ça ? Oui. Et je pense que tu l'as très bien résumé la situation, c'est qu'en fait, une fois que tu as déjà un outil de facturation, que tu as déjà chez quelqu'un qui va faire plateforme agréée, le changement va se passer tout seul. Et tu es le parfait exemple de comment aborder ce changement avec sérénité. Et je pense qu'il y a beaucoup d'agitation autour de tout ça parce qu'il y a des personnes qui n'utilisent pas d'outil de facturation aujourd'hui. Donc forcément, pour eux, il y aura un changement parce qu'il va falloir trouver une solution. Alors que toi, la solution, a priori, elle est déjà entre tes mains.
- Vanessa
Oui, oui, oui, tout à fait.
- Romaric
On va terminer par la question que l'on pose à tous nos invités au podcast Autant Entrepreneur. Je pense que tu as déjà donné pas mal de clés, mais on va le faire assez bref. C'est quel conseil tu donnerais à une personne qui hésite à se lancer en micro-entreprise ?
- Vanessa
Alors oui, effectivement, ça va être un peu ce qu'on s'est dit en... tout au long de cet épisode, c'est, moi, comme je préconisais, c'est de tester en amont, en fait. Vraiment, d'interroger son réseau, d'interroger aussi des personnes dans l'activité dans laquelle la personne veut se lancer, pour prendre, justement, des références, des informations, de voir le quotidien. Moi, j'ai des personnes qui sont venues m'interroger, justement, avant de commencer une formation de reconversion dans le... dans le community management pour voir comment je vivais mon activité. Et franchement, pour moi aussi, c'est enrichissant de discuter avec des personnes. qui sont dans ce changement-là. Et puis, pour elles aussi, ça permet d'avoir des clés. Donc, il ne faut surtout pas hésiter à initier ces contacts-là et de tester. La micro-entreprise, ça permet de tester. C'est vraiment un risque. Si on voit que les premiers mois sont compliqués, je trouve que ça permet de relativiser la prise de risque quand on se lance en micro-entreprise. Et pourquoi pas aussi dans un premier temps, comme moi j'ai voulu le faire au départ, un side project. Parce que ça permet de voir si ça nous convient aussi en termes d'activité, de charge, de la relation avec le client, tous les aspects de l'indépendance. Et puis si ça fonctionne, de se donner plus les possibilités d'aller un peu plus loin et de faire du 100%. Mais vraiment d'y aller petit à petit sans se mettre trop la pression. A l'inverse que moi, j'ai pu avoir avec l'entreprise. Ça donne une pression supplémentaire parce qu'on a des comptes à rendre. Donc, je ne dis pas qu'on n'en a pas en micro-entreprise, mais ce n'est pas du tout les mêmes comptes. En micro-entreprise, le compte qu'on a à rendre, c'est à soi. C'est aussi notre... C'est ton propre patron. Oui, voilà. Alors, en entreprise, on peut dire aussi que c'est la même chose, mais on a quand même beaucoup de responsabilités annexes qu'on n'a pas en micro-entreprise. Donc, de commencer à zéro, pas après pas, prendre confiance aussi dans les contacts. Et puis, si ça fonctionne, si ça a l'air positif, si les retours sont concluants, d'y aller progressivement. Et puis, les choses vont se faire petit à petit.
- Romaric
Merci pour ces conseils.
- Vanessa
Merci d'avoir fait de toutes ces questions. De revenir en arrière comme ça, c'est chouette. Ça permet de voir un peu le chemin parcouru aussi et les réflexions derrière, c'est bien.
- Romaric
Et c'est un très beau chemin, très beau chemin, plein d'enseignements et je suis persuadé qu'il inspirera nos auditeurs. Qu'est-ce qu'on peut te souhaiter pour terminer ?
- Vanessa
Peut-être pour mon podcast vidéo. Venez voir dès que je lancerai, regardez les teasings que je vais mettre en place pour lancer le podcast vidéo. Et puis peut-être que vous trouverez aussi des inspirations au travers de ce podcast.
- Romaric
On regardera ça. A très bientôt Vanessa, merci encore.
- Vanessa
Salut, au revoir Ika, merci à toi.
- Romaric
Vous l'avez vu, Vanessa a commencé en EIRL et ce n'était peut-être pas la meilleure chose à faire. Quelques années plus tard, elle a repris son indépendance et elle a créé cette fois-ci en micro-entreprise. Et comme elle a très bien souligné, la micro-entreprise lui a permis de se faciliter les choses. C'était beaucoup plus simple, beaucoup plus fluide et ça lui a permis de se concentrer sur l'essentiel, ses clients. Si, comme Vanessa, vous souhaitez créer votre micro-entreprise et vous concentrer sur l'essentiel, le portail Auto-Entrepreneur est là pour vous accompagner dans vos démarches de la création et de la gestion. Quant à nous, on se retrouve très bientôt pour un nouvel épisode. Mais d'ici là, prenez soin de vous et de votre entreprise.