- Speaker #0
Bienvenue dans la saison 2 du podcast « Les entrepreneures » . Cette nouvelle saison marque un retour. Un retour à des échanges plus lents, plus profonds, plus incarnés. Des conversations où l'on ne cherche pas à enjoliver les parcours, mais à comprendre ce qu'ils racontent vraiment. Des récits sans filtre, où l'on parle aussi bien de ce qui fait avancer que de ce qui oblige à s'arrêter, à douter, à réajuster. De ce que l'entrepreneuriat transforme, parfois en profondeur, dans une vie, de ce qu'il implique au quotidien. Les élans, les renoncements, les ajustements, et cette nécessité parfois d'apprendre à composer avec ses propres limites. Pour ouvrir cette saison 2, j'avais envie d'une voix sincère, d'un témoignage sans posture, d'un partage d'expérience assumé. Mon invitée s'appelle Emeline Bocherelle. Avocat fiscaliste,
- Speaker #1
elle m'a fait le plaisir de me recevoir au sein de son cabinet, installé dans la charmante ville d'Ancenis.
- Speaker #2
Si vous deviez vous présenter aujourd'hui,
- Speaker #0
Emeline, sans parler... Forcément de votre activité professionnelle, évidemment, mais qui êtes-vous ?
- Speaker #2
Une maman multi-entrepreneur qui a des milliers d'idées à la minute et qui passe son temps à réussir à prioriser tout au maximum pour pouvoir arriver au bout des idées, concilier vie personnelle, vie professionnelle, vie de maman, pour pouvoir trouver un équilibre serein dans tout ça, et qui a à cœur d'accompagner au mieux... ses clients, ses partenaires, ses fournisseurs, les autres femmes de mon réseau pour leur permettre effectivement de pouvoir trouver l'équilibre que je pense être en train de réussir à trouver.
- Speaker #0
Quel mot décrirait le mieux la personne que vous êtes aujourd'hui ? Quand j'ai dit mot, ça peut être des verbes. Je le note que vous êtes plutôt dans l'action que dans l'inaction.
- Speaker #2
C'est ça.
- Speaker #0
donc des verbes, mais peut-être aussi des adjectifs.
- Speaker #2
J'aurais dit audacieuse. Certains diraient mompreneur, certains diraient hyperactive, d'autres extra-empathique, ça dépend des points de vue. Moi, j'irais audacieuse, j'aime bien ça.
- Speaker #0
Pourquoi audacieuse ?
- Speaker #2
Pourquoi ? Parce que la vie m'a amenée à devoir me poser des questions. dans ce que je voulais faire, ce que je ne voulais pas faire. J'ai parfois été confrontée à des murs auxquels je n'avais même pas... Je n'aurais pas pensé avoir des murs particuliers. Par exemple, je suis une femme. OK, je suis genre,
- Speaker #1
je suis une femme, je suis...
- Speaker #2
Je ne pensais pas qu'être une femme m'empêcherait de faire certaines choses et qu'on viendrait me... possiblement me tirer dans les pattes parce que, justement, venir contredire certains de mes propos, réagir à certains de mes postes... pas sur le fond ou la forme, mais plutôt sur des réactions qui ne sont pas forcément, on va dire, adaptées à ce que je dis, mais plutôt au seul fait que je sois une nana qui le dit. C'est plus ça qui m'avait surprise à un moment. Et autant, à certains moments, ça a pu m'atteindre, autant aujourd'hui, j'ai ce côté un peu aux ombres. Donc c'est ça le côté audacieux qui me plaît. C'est que j'ai des idées, peut-être qu'elles sont beaucoup trop grandes pour moi. Peut-être qu'il me faudrait d'autres personnes autour de moi. Peut-être que certains considèrent que je ne vais pas les porter parce que je suis une femme, parce que j'ai 35 ans, parce que je suis en campagne, j'en sais rien. La question n'est pas là. Je considère que je peux oser les porter. Et si ça ne plaît pas, tant pis.
- Speaker #0
Avec le recul, est-ce que vous avez trouvé les racines de votre vie d'entrepreneuse ? entreprenueuse ou entrepreneur, R-E-S, au sens pluriel, puisque vous l'avez indiqué, vous avez plusieurs activités. Donc avec ce recul, est-ce que vous avez identifié les racines qui font qu'aujourd'hui vous entreprenez ?
- Speaker #2
Je pense qu'il y a plusieurs choses. L'une des premières qu'on retrouve chez beaucoup d'entrepreneurs, c'est la volonté de faire. et possiblement même de faire autrement. Ça, je pense que c'est quelque chose qui est important. et qui est liée aussi à ce côté liberté. Les deux vont ensemble. Ça veut dire qu'on a envie d'essayer de faire les choses à sa manière, quitte à sortir un peu du cadre, des cases habituelles. Et sur les entrepreneurs qui restent longtemps, c'est ce que je vois. Ce souhait de liberté. Pas juste de liberté pour se décharger de managers toxiques, comme on peut voir chez beaucoup de personnes qui testent de se mettre à l'heure. Par contre, après des années de salariat, pour finalement revenir dans le salariat après, on a cet enjeu de liberté, volonté de s'aérer. Dans cet état, ça c'est liberté de vouloir le faire et la manière dont on veut le faire. Ça, je pense que c'est essentiel. Dans les autres racines qui aujourd'hui sont essentielles pour moi aussi et qui, je pense, sont essentielles pour énormément d'entrepreneurs que j'ai pu interviewer aussi ou accompagner et qui ont confirmé aussi, c'est ne pas être seule. On peut entreprendre seul. Moi, mes entreprises, je suis seule associée d'une cabine d'avocats, je suis seule associée d'une boîte. Une autre, on est quatre associées, donc on est cinq en tout. Enfin, j'ai quatre associées, donc on est cinq. Être seule, ce n'est pas forcément s'associer avec quelqu'un. Mais par contre, c'est savoir s'entourer des bonnes personnes autour de soi pour nous accompagner. Ça peut être un entourage personnel. Je pense plutôt beaucoup à l'entourage professionnel. Et moi, quelque chose qui a été... essentielle dans l'entrepreneuriat et qui a justifié aussi le fait que j'ai osé à un certain moment et que je continue à oser régulièrement, c'est que j'ai eu l'occasion de me créer un réseau de femmes entrepreneurs autour de moi qui sont des personnes incroyables et qui me montrent à leur manière qu'on peut entreprendre, on peut oser, on peut faire des choses, je leur soumets parfois des idées, parfois ils vont me dire que c'est bon, parfois ils vont me dire que c'est pas bon, et elles sont vraiment là. Et aujourd'hui, j'ai tendu au départ, c'était quelque chose qui était très féminin. Aujourd'hui, j'ai tendu ça, c'est ce que des entrepreneurs, des start-upers ou parleront d'un advisory board, c'est la possibilité de pouvoir avoir des gens autour de soi auprès desquels on peut partager parfois ses moments de solitude, ses moments de faiblesse, ses doutes, avec lesquels on peut partager des idées pour les challenger, vérifier si ça peut fonctionner, tester son premier marché, ou qui peuvent nous accompagner sur des sujets plus particuliers, par exemple le RH ou les salariés. Il y a des moments où on a besoin de ne pas être seul. Donc, si on ne l'a pas dans son entourage personnel, on peut se créer un vrai entourage professionnel vraiment chouette autour de soi. Il se construit, ça, au fur et à mesure des années. Et aussi les réseaux, de façon plus générale. Je sais que je donne de mon temps aussi pour Réseau Initiative à Nantes. C'est incroyable, en fait, aussi, de voir l'accueil qu'on peut recevoir de très, très nombreux organismes, associations, collectifs, clubs, ou autres. énormément de choses aujourd'hui qui nous permettent de ne pas être seule. Et aujourd'hui, je pense que c'est essentiel. Donc la liberté et envie de faire. La racine, ne pas être seule. Donc savoir s'accompagner et bien s'accompagner auprès de soi. Et puis, je dirais toujours ce mot audace. Ou plutôt le mot culot. J'aime bien le spectacle d'une comédienne là-dessus qui s'appelle Culotté. C'est un peu ça. Je trouve que ces termes vont bien. Normalement, c'est plus juste oser. Oser avoir le culot de le faire.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui vous donne aujourd'hui le sentiment d'avancer ? Même, on pourrait le dire lentement, même si lentement, je ne pense pas que ce soit l'adverbe qui correspond vraiment à votre activité. Qu'est-ce qui vous donne aujourd'hui le sentiment d'avancer à votre rythme ?
- Speaker #2
Les évolutions que j'ai vues dans le cabinet, les questions que je me pose régulièrement. J'ai reculé souvent, parce que parfois il faut reculer pour mieux avancer,
- Speaker #1
comme on dit.
- Speaker #2
J'avais une idée qui a beaucoup bougé et je suis contente de ce qui arrive aujourd'hui. Chaque phase a ses besoins. Sur l'équilibre vie pro et vie perso, par exemple, je suis montée à un moment très vite. Mon cabinet ressemble le plus à une start-up qu'à un cabinet d'avocats normal. Tout seule, j'ai recruté jusqu'à cinq salariés, j'avais des freelances à côté aussi. J'avais une équipe qui pouvait monter entre cinq et dix personnes sur les semaines ou les mois. à gérer seule, c'était quand même assez fou. Ça nous permettait d'aller très vite, d'aller très loin, de vraiment avancer. Mais en même temps, je me perdais. J'avais cette idée de, pour moi, avancer, c'était monter un cabinet, avoir de plus en plus de clients, avoir des clients qui... de la cible qu'on vivait qui était de plus en plus gros. Enfin, le nombre était plus gros, pas forcément des plus gros clients, mais un nombre qu'on limitait au maximum des clients qui n'étaient pas dans notre cible à la base. qu'on avait une équipe de plus en plus grande, qu'on fonctionnait tous. C'était cette logique que je finirais par associer à mes propres collaborateurs et qu'on finirait par monter un cabinet d'une vingtaine, d'une trentaine de personnes. peut-être même dans plein d'autres endroits, peut-être même dans le monde, on réfléchissait au Canada, il y avait plein d'idées qui passaient comme ça. Donc il y avait cette idée-là. Et en fait, aujourd'hui, je suis redescendue à tout beaucoup plus bas. Je suis maman solo aujourd'hui, donc il y a eu un moment où j'ai dû aussi faire un choix, donc de retrouver un job pour certains de mes salariés, laisser certains salariés partir, leur offrir d'autres opportunités, parce qu'il y a eu un moment aussi, cette hyper-croissance ne me correspondait plus. parce que je me faisais par être bouffée de tout ça et je ne trouvais plus ce fameux équilibre dont on parlait au départ. Plus le temps de développer mes différents projets. Donc ça a été aussi ce moment-là de me dire, on va peut-être faire une pause, on va redescendre un peu, qui allait plutôt bien finalement aussi avec les modifications économiques qu'on a connues ces derniers mois ou années. On a quand même eu une baisse de nombre de dossiers, une baisse des concurrences très différentes. L'avènement de l'IA a aussi eu son impact sur nos métiers. Donc on voit bien que ça a été assez fluctué. Et ce qui me permet aujourd'hui de pouvoir avoir une vraie souplesse, pour pouvoir avoir du vrai temps pour ma fille. Ce que je ne pensais pas nécessairement faire au départ, mais effectivement, très vite je me suis mise à mi-temps. Personne n'aurait pensé que je pouvais me mettre à mi-temps, mais effectivement j'avais envie d'avoir ce temps avec ma fille. Du temps pour moi aussi, pour me reconstruire aussi à côté. Et aujourd'hui j'ai un équilibre qui est ce qu'il est. Alors ça m'a changé, ma fille va rentrer à l'école, donc je sais que je vais pouvoir aussi augmenter mon volume de travail au fur et à mesure. Et c'est ça aussi, je trouve, qui est important. C'est ma manière à moi d'avancer. Certains pourraient penser que je recule, parce que je passe d'un cabinet à 5 000 personnes, à toute seule. En réalité, j'ai l'impression, au contraire, d'aller encore plus loin, puisque j'accompagne les clients de manière beaucoup plus... Je ne sais pas comment dire ça. Avec mes mains, vous le voyez, mais à l'oral, vous ne l'entendrez pas. Mais on va dire plus un côté un peu plus coucou, un peu plus personnalisé, encore plus personnalisé, encore plus individualisé. J'ai l'impression de... de pouvoir leur offrir un service d'encore meilleure qualité. Et finalement, c'est peut-être ça qui me manquait. Plutôt qu'essayer de monter une jolie entreprise, former des super personnes, leur permettre de s'épanouir, de devenir des personnes incroyables, j'avais perdu l'essence même qui était de pouvoir faire un vrai accompagnement différenciant pour mes clients.
- Speaker #0
Est-ce que vous avez le sentiment aujourd'hui que vous êtes à votre place ?
- Speaker #2
C'est une question que je me poserai toute ma vie, je pense. Les femmes ont un vrai gros syndrome de l'imposteur. Il paraît que ce ne sont pas que les femmes, mais ça c'est un vrai échange que j'ai eu avec un super entrepreneur. On se pose toujours tous ces questions. Il paraît que le syndrome de l'imposteur est plutôt un signe positif des renouvels, même si maintenant je le vois comme une boussole, plus que comme un frein. Non, je me poserai toujours cette question. Est-ce qu'effectivement je suis vraiment à ma place ? Est-ce que le conseil que j'apporte est bon ? Est-ce que j'offre un service qui est adapté à ce que veut le marché ? en tout cas les choses est certaine c'est que je sais qu'aujourd'hui le salariat je suis il faudrait une entreprise qui m'accorde beaucoup beaucoup beaucoup de liberté je pense que je suis incapable de pouvoir être salarié après est-ce que dans 5 ans, dans 10 ans ça n'aura pas encore changé je ne sais pas, je pense que c'est ça aussi à être entrepreneur en tout cas ma vision à moi c'est une résilience totale qui nous permet aussi d'avancer au fur et à mesure et de pouvoir faire des choses complètement différentes
- Speaker #0
quelles sont les qualités personnelles qui se sont révélées à vous comme indispensables dans votre parcours ?
- Speaker #2
L'intelligence émotionnelle réelle, que je pensais être un défaut à la base, parce que trop sensibles, trop empathiques, trop machins, le trop comme on l'entend beaucoup, en fait qui est pour moi essentiel, parce que ce n'est pas parce qu'on fait de la fiscalité qu'on n'accompagne pas des hommes, enfin des humains. dans le sens général du terme, et donc des émotions. Et au contraire, on a énormément d'émotionnels à gérer, avec des chefs d'entreprise qui parfois ont déjà du mal à payer tout, qui se retrouvent avec un contrôle fiscal, qui savent pas ce qu'il se passe. Ils ont besoin d'être vraiment accompagnés parce qu'on peut avoir des éclats de colère ou de détresse réels. J'ai vu des chefs d'entreprise qui ont envisagé le suicide, donc c'est quand même des choses qu'on sous-estime, mais qui sont là. Donc, être en capacité de pouvoir être vraiment là pour eux quand il le faut. S'adapter aussi parce que justement, on est face à des émotions. Il faut aussi savoir aussi gérer des choses et ne pas les prendre personnellement. Et dans le monde, quand on gère des équipes, c'est encore pire. Je comprends mieux pourquoi est-ce qu'effectivement, il y a des choses qui m'ont blessée auparavant. Je pense qu'un manager doit développer une vraie intelligence émotionnelle s'il a envie de pouvoir guider ses équipes sans non plus être... trop dedans et après derrière il y a des capacités de réflexion de réaction, une résilience il y a plein d'autres choses qui sont essentielles j'ai un profil très fin très carré, j'ai besoin que les choses soient hyper rigoureuses, j'ai besoin de tout planifier, j'ai besoin que ça avance bien, j'ai une capacité à pouvoir très vite me réadapter, changer complètement tous mes plans s'il le faut, mais il y a ça, je pense qu'un entrepreneur si il ne veut pas se faire déborder, doit à un moment, même s'il est très créatif, même si pas dans tous les sens, savoir se recentrer et prioriser, organiser pour aussi mieux avancer. Donc savoir dire stop aussi un peu à son intelligence émotionnelle pour remettre, on va dire, un petit peu de... bleu pour des personnes qui connaissent les différents d'NBTI, Inside Discover, et tous ces trucs-là. Remettre un petit peu plus de bleu, on va dire, de rigueur et de planification pour être plus transparent. Et éviter de faire ce que je suis en train de vous faire, partir dans tous les sens.
- Speaker #0
Après, nous sommes dans une conversation et mon rôle aussi est de rapporter un peu plus de cadre. Le câble aussi, ou de redire, il y a une boussole et on garde le câble. C'est ça. Sur quoi ou sur qui pouvez-vous vous appuyer quand vous doutez ou quand vous avez l'impression de partir dans tous les sens ? Peut-être pas forcément tout de suite sur votre fille puisqu'elle est encore un peu petite.
- Speaker #1
Alors,
- Speaker #2
on a chacun nos sources de ressourcement, on va dire ça comme ça. en dehors du réseau dont je parlais tout à l'heure, où effectivement je sais que si j'ai des doutes, j'ai, on va dire, des personnes qui sont... J'ai dû me faire un cercle d'une quinzaine ou une vingtaine de personnes que je peux appeler, à qui je peux évoquer mes problématiques et mes doutes, et qui me permettront vraiment d'avancer, ça c'est une première chose. J'ai eu l'occasion d'être coachée aussi, donc j'ai eu des coachs sur pas mal de sujets différents, ça m'a beaucoup... beaucoup d'idées. Un psy, je pense que quand on est entrepreneur, on est obligé de se poser des questions à un moment et d'avoir un psy avec soi, de temps en temps, régulièrement, quand on s'abarque trop loin. Et en dehors de ça, on va dire, moi, je me suis aussi créée des agents qu'il y a, désolée, je vais le dire clairement, mais oui, qui me permettent aussi de temps en temps de pouvoir poser. Alors, avant, j'écrivais beaucoup. Ça me permet aussi de poser et de me permettre d'aller à des endroits où j'oserais pas aller sinon. Donc, pour essayer de comprendre pourquoi est-ce que j'ai un doute pour m'avancer. Et ma source de ressourcement première aussi, moi, c'est avec la nature. Après, chacun a son truc. Mais j'ai besoin soit d'être entourée, de pouvoir échanger avec des gens et évoquer tout ça, soit poser mes doutes à un côté et aller me balader, faire mon potager, voir d'autres choses pour me permettre après de pouvoir me dire, est-ce que mes doutes étaient certains ou est-ce que finalement, ce n'était pas une peur qui était là à un moment, qui était liée à un moment de stress.
- Speaker #0
Même si le perso et le pro le considèrent personnellement, pour avoir déjà échangé avec d'autres entrepreneurs, que ce soit au féminin ou au masculin, il y a un effet de vase communiquant. Quand l'un va, l'autre potentiellement va, ou en tout cas nourrit le côté positif comme le côté négatif, y a-t-il eu des moments de découragement profond ? Si oui, comment vous... les avez, alors peut-être pas surmontées, mais en tout cas, comment vous avez fait face ?
- Speaker #2
Ça m'arrive régulièrement. Quand il y a des moments, il y a pu avoir plein de choses qui se sont passées, qui m'ont amené les vrais questionnements sur est-ce que c'est à ma place ou autre. Le comment, ça a été varié.
- Speaker #1
Je me suis même allée jusqu'à postuler à des tracts de travail.
- Speaker #2
de chercher des CDI dans des organismes publics. Ce qui m'a permis de me faire du bien, c'est effectivement rapporter la structure. Moi, c'est ça dont j'ai besoin. Je pense que quelqu'un a sa solution. C'est me rapporter la structure. Donc, si à un moment, j'ai eu un doute, ça dépend de quelle était le doute. Est-ce qu'il était financier ? Est-ce qu'il était sur un type de contrat particulier ? Est-ce que c'était auprès... Parce que j'ai eu des remarques de clients, de partenaires, de fournisseurs qui m'ont fait du mal. Est-ce que ça a été parce que je n'ai pas été identifiée comme quelqu'un ? source pour des choses particulières, ça dépend. Quand tu as eu un moment où j'ai fait un quasi arrêt cardiaque parce que j'étais surmenée, parce que j'en faisais trop, est-ce que c'est vraiment quelque chose qui est fait pour moi, est-ce que je ne suis pas en train de me détruire ? Il y a tous ces moments-là qui sont passés. Moi, j'ai besoin de rapporter du cadre. Chacun a sa technique, mais moi, c'est ça. J'ai besoin de rapporter du cadre, de poser les chiffres, de poser les choses, d'écrire, de tout ça, et de le confronter. Ce qui me fait tout bien, c'est que souvent, j'ai ce fameux cercle d'entrepreneurs qui m'ont dit régulièrement, mais tout entrepreneur passe par ces moments de doute et de remise en question. Et c'est ça qui nous permet justement d'aller encore plus loin, de se poser des questions, parce que si on ne se pose jamais de doute... Si on n'a jamais de doute, si on ne se pose jamais de questions, finalement, c'est peut-être là le problème. Et tout entrepreneur a des vrais moments de down. Et c'est la manière dont l'entrepreneur va réussir à les surmonter et à transformer ces choses-là en autre chose, qu'effectivement, on y voit sa vraie valeur. Donc, c'est plutôt ça. Donc, ça a été des mots qui m'ont fait du bien. de me dire que c'est une phase, c'est un moment, c'est repasser à l'action, soit trouver des solutions pour essayer de me dire que j'ai une montagne à gravir, je pense que je suis incapable de la gravir. En fait, si peut-être, si tu fais une rétrospective pour gravir cette montagne, quelles sont toutes les étapes que tu as besoin de faire ? Et dans ce cas-là, mets un plan de combat et avance.
- Speaker #0
Est-ce que vous avez quand même réussi à composer avec vos limites ? On fait un peu d'introspection quand même.
- Speaker #2
comment est-ce que j'ai réussi à je suis pas du tout à trouver une réponse si on pouvait reformuler la question ça donnerait quoi à partir de quand vous voyez que là vous n'allez pas aller au bout si je le reformule un petit peu différemment quand j'ai l'impression d'être dans un vrai brouillard ou sinon, ça dépend si c'est dans un cadre un projet que j'ai envie de mener ou un retour client on va dire un cas client quand c'est face à un cas client très vite dans mon métier on peut vite être confronté à ses limites ça veut dire que je vais avoir un client qui va me demander de faire une matière qui n'est pas du tout la mienne par exemple du droit du travail Je vais le dire tout de suite. Ce n'est pas dans mes domaines. Je peux effectivement faire appel à un professionnel qui va nous accompagner là-dessus. Ou sinon, je vous donne directement les coordonnées. Vous contactez directement cette personne. Donc ça, il y a certaines limites que j'arrive assez facilement à traiter. Quand on est sur ma matière, j'ai ce fameux syndrome de l'imposteur qui arrive vite. Et comme je le disais un peu tout à l'heure, à un moment, ça a été un frein. Maintenant, je le considère comme une boussole. Ça veut dire que si effectivement, il y a un moment, je sens mes limites, Est-ce que je peux anticiper, est-ce que je peux les surmonter ? C'est-à-dire que cette boussole, c'est est-ce que je peux arriver à un moment, est-ce que je peux me surpasser ou me dépasser ? De quoi je vais avoir besoin pour pouvoir dépasser cette fameuse limite ? Si j'arrive à trouver le comment, là dans ce cas-là je vais y aller. Si je n'arrive pas à trouver le comment, ou si ça suppose par exemple de devoir reprendre des années d'études ou faire vraiment des choses qui sont en dehors de ma zone de confort ou autre, dans ce cas-là je vais essayer de les jeter. Après, ça ne veut pas dire que je ne suis pas allée même à des moments où... Ça, c'est bien quand on détecte ses limites. Le souci, c'est que parfois, je n'ai pas détecté mes limites. Et je l'ai identifié à un moment, par exemple, quand j'ai monté ma deuxième boîte. Donc, j'avais le cabinet d'avocats. À ce moment-là, en plus, il y avait un projet d'association pour créer, on va dire, un sur-cabinet d'avocats, donc une sorte de réseau d'avocats, un gros cabinet d'avocats avec quatre autres avocats. donc je passais je venais de monter mon cabinet je lançais ce truc là derrière et j'avais un projet de monter une deuxième boîte en faisant de la formation en ligne, formation juridique en ligne. Et là, je me suis dit, c'est bon, je peux tout faire. J'ai une capacité de travail beaucoup plus importante que certaines personnes, ça je le sais, la vie me l'a appris. Je savais que je pouvais le faire, donc j'ai dit, allez, on y va. Et là, je travaillais, j'avais réparti mes journées d'une certaine manière, donc je travaillais sur les dossiers clients du cabinet. La journée, le midi, j'étais sur l'association et le soir, soit j'étais sur l'association, soit j'étais sur l'autre projet où je me formais, où j'apprenais à tourner des vidéos, où j'apprenais à faire du montage, où j'apprenais à coder, à no-coder, comme on disait, à faire du no-code pour créer une plateforme toute faite. Le week-end, je faisais la même chose, je me formais, où j'apprenais, où je faisais. Je passais un temps énorme là-dessus. Et à côté, je développais aussi une clientèle un peu plus importante. Je suis toujours intervenue dans la crypto. Enfin, très, très tôt, je suis intervenue dans la crypto. Sauf que je n'étais pas identifiée. Ça m'embêtait de ne pas être identifiée. Donc, je me mettais en plus sur des réseaux de crypto. C'est le moment où je me suis mis aussi sur TikTok. Et en fait, je me faisais bombarder de messages, de sollicitations tout le temps. Et finalement, je dormais presque plus. Quand je dormais, je ne dormais pas vraiment bien. Et là, effectivement, mes limites, ça a été mon corps qui m'a dit « Stop ! » où j'ai fait un quasi-arrêt cardiaque en sortant de la douche un matin, au moment où on n'est plus détendu normalement. Et c'est là que mon corps m'a renvoyée. Là, tu vas trop loin. Et effectivement, c'est à partir de ce moment-là que j'ai compris mon mode de fonctionnement. Je n'ai pas un mode de fonctionnement classique. je ne suis pas du matin par exemple, je suis plutôt du soir, je peux travailler, je suis extrêmement concentrée entre 11h et 15h, je peux même oublier de manger, c'est mon fonctionnement. Il y a plein de gens qui ne sont pas du tout en capacité de faire ce genre de choses, mais c'est ok, chacun a son mode de fonctionnement. Et je peux avoir des forces capacités de travail hyper concentrées où il pourrait se passer un bombardement autour de moi, je ne vais rien. Ou des moments où en fait le moindre petit bruit va me faire sursauter et je n'arriverai pas du tout à me concentrer sur ce que je fais. Et donc, en fait, c'est identifier ces phases-là pour savoir quels sont les moments où je peux être hyper productive et extrêmement bien travailler pour mes clients, sur des projets de fonds, sur des choses comme ça. Et les moments où j'ai vraiment besoin de faire toute autre chose, parce que j'ai besoin de ce moment de ressourcement, même si c'est en plein milieu de la semaine. Et donc, mon travail aussi, à un moment, ça a été me déculpabiliser aussi. Ce que j'ai lu sans doute de la bonne élève, du « il faut faire, si on ne fait pas, c'est qu'on est flémar, ce n'est pas bien d'être flémar, on est des traves » . travailleurs dans la famille, on est des travailleurs en tant qu'avocat, on travaille beaucoup, beaucoup, beaucoup. C'est normal. Il y a un moment, non, en fait, prendre soin de soi, c'est aussi essentiel pour justement être toujours performant. Donc voilà, il y a un peu ce côté-là. Et ça a été un long apprentissage. Je ne suis pas sûre d'être encore jusqu'au bout du truc. J'ai quand même l'impression que ça va beaucoup mieux, parce que maintenant, on me demande des conseils. Donc ça doit être un peu mieux. Et puis, bah oui, c'est rapporter du cadre, en fait. C'est justement parce qu'avant, je n'apportais pas ce cadre-là que je suis partie. Et c'est apporter de la souplesse à ce cadre. Ce n'est pas parce que je me suis geek qu'il faut que j'appelle 3 CGP par semaine que s'il y a une semaine que je n'ai pas réussi, il faut que je me sente mal. Non, si j'ai besoin de me reposer, c'est que j'ai besoin de me reposer. Ce n'est pas par flemme parce que je n'ai pas envie de bosser. Non, c'est que là, mon corps est en train de me dire stop, va dormir, va te reposer, va faire du sport, va bouger, va faire autre chose. Tu as besoin de te détendre et de te reposer. Et c'est ce qui me permettra après de faire en 4 heures ce que des gens feront en une semaine.
- Speaker #0
Pour qui ou pourquoi, deux mots, faites-vous tout cela au fond ?
- Speaker #2
Par exemple, Freitag, quand je l'ai mis en place, il y avait deux objectifs. Le premier, c'était de pouvoir faire ce que je n'arrivais pas à faire dans ma vie de tous les jours. Donc vraiment, essayer de donner au maximum aux entrepreneurs des solutions pour être autonomes dans la gestion juridique, sans partir par des legal techs qui ne leur conseillaient absolument rien, sans qu'ils ne comprennent rien. Ça m'était hors de moi d'avoir des gens qui... qui faisaient des CGV en ligne ou qui copiaient-collaient sans comprendre ce qu'il y allait et qui venaient nous voir quelques mois après pour leur dire « on ne m'a pas payé » . Forcément, je vais voir au CGV. Ou qui se prenaient des amendes des GCCRF à l'époque. Donc je m'étais dit, je vais trouver une solution. Au départ, il y avait ce projet-là, aider les autres, parce que c'est quand même quelque chose qui est souvent derrière. Et je m'étais dit, et si je fais un max d'argent avec mon projet ? Parce qu'on a toujours des enfils d'eux. Moi, ce n'est pas pour moi parce que j'ai une vie très frugale et ce n'est pas ce que je veux nécessairement, même si j'ai envie d'apporter la sécurité suffisante pour ma fille et possiblement pouvoir lui transmettre un minimum pour qu'elle puisse faire ce qu'elle a envie après dans sa vie, c'est plutôt comme ça. Je ne le fais pas pour être méga riche, chacun ses options, mais par contre, je me suis dit, si effectivement j'arrive à être méga riche, ça va me servir à tout autre chose, et notamment d'acheter des terrains pour reboiser la France, reboiser l'Europe. pour essayer d'apporter le plus de biodiversité possible au monde. Ou donner à des associations qui le feront. Et où, je voulais monter une fondation pour la protection de la biodiversité en France. Il y avait pas mal de choses, mais si jamais je gagne ça. Tout dépend des projets. Mon cabinet d'avocat, c'était différent. Parce qu'il y avait vraiment une volonté d'accompagner. Il y avait pour moi envie de faire exercer le métier comme j'avais envie de l'exercer. Ça, c'était une chose importante. Pouvoir m'éclater dans ce que je fais tous les jours. Ça aussi, c'est essentiel. et accompagner quand même les clients, apporter une proposition de service que je ne voyais pas dans le reste des choses. Ça a beaucoup évolué aujourd'hui. Aujourd'hui, il y a toujours cette question de sur-mesure et apporter des solutions extrêmement innovantes à mes clients. Ça, c'est toujours là. À l'époque, il y avait aussi prouver que je peux monter un cabinet d'avocats rentable avec qui il y a des fortes valeurs humaines et sociales. où on peut avoir une équipe qui est hyper épanouie dans ce qu'elle fait tous les jours. Bon, ça, je l'ai mis de côté aujourd'hui, par exemple. Mais voilà, tout dépend de ce qu'on veut faire. Je sais très bien que mon cabinet d'avocat, demain, il ne vaudra rien. On le sait aujourd'hui. C'est comme des cabinets de médecins en route. On ne se revend pas. C'est fini, à cette époque, on revendait des cabinets. Donc, je ne crée pas quelque chose pour le revendre. Par contre, je crée quelque chose pour moi, maintenant. Ça, c'est devenu une priorité, ce qui n'était pas avant pour moi, pour mes clients.
- Speaker #0
Pour innover dans le droit aussi, parce que ça fait partie des choses qui sont importantes pour moi, même si j'ai d'autres moyens d'eau. Et après, chacun des projets, ça dépend.
- Speaker #1
Comment mesurez-vous au final l'impact de votre action, même de façon informelle ?
- Speaker #0
Les retours. J'adore avoir des clients qui viennent me voir en disant « C'est chouette d'avoir enfin trouvé un acteur qui nous comprenne. » Mes retours de mes collaborateurs, quand j'ai vu des collaborateurs qui se sont arrivés. tout timide, qui n'osait pas parler, qui était comme ça. Qui sont sortis confiants, qui pouvaient, qui ont bien aimé le mine, qui sont devenus coprésidents d'une association, qui sont revenus, qui ont été porteurs de projets, qui voulaient avancer, qui sont devenus entrepreneurs. Je me suis dit, ça y est, j'ai réussi quelque chose. J'ai réussi à donner, à partager cette graine. Aujourd'hui, on a monté aussi, pour l'incubateur du Barreau de Nantes, un incubateur, qu'on accompagne aussi des projets innovants. Et quand je vois ces projets qui... Je me dis que je sers quand même à quelque chose, je sers à poursuivre l'innovation juridique. Et puis même le retour de confrères ou d'autres gens autour de moi. J'ai l'impression, quand on a fait un codev hier pour une amie qui a un projet tout autre dans la santé, une amie entrepreneur, et en fait, on a fait le retour du codev. Et les mots que j'ai dit, j'ai senti que ça avait tout de suite fait tilt dans sa tête, alors que je suis la plus jeune du groupe. il me dit bah finalement, j'arrive quand même à aider un peu et permettre à d'autres d'avancer à leur manière.
- Speaker #1
On va continuer dans cette voie de transmission pendant le temps qui nous est encore imparti. Comment aimeriez-vous que l'on parle de votre parcours dans quelques années ? De votre parcours dans 5, dans 10 ans ? Parce que vous l'avez rappelé, vous êtes entre guillemets au début ou en tout cas dans le premier tiers de votre carrière professionnelle. comment aimeriez-vous qu'on parle de votre parcours ?
- Speaker #0
Alors je ne me considère pas comme au début de ma carrière professionnelle si je peux me permettre de dire ça je me dirais que je me considère au deux quarts au deux quarts si on peut dire ça comme ça au premier tiers au deux quarts si ça va dans l'idée que j'ai quand même l'impression d'avoir eu toute une phase avant qui m'a permis d'être ce que je suis aujourd'hui là je suis en train de repenser à plein plein d'autres trucs et donc voilà bon bref j'ai recadré un peu l'idée je pense que j'ai shifté aujourd'hui je suis encore à un autre niveau J'aimerais, enfin ce qui m'intéresserait c'est dire c'est qu'on puisse dire que, alors pas elle mais effectivement le, enfin oui il y a quand même du un peu elle mais pas moi mon parcours mais on va dire ce qui s'est plutôt passé elle a donné l'exemple qu'on pouvait oser faire faire autrement, faire avec de la manière dont on avait envie de le faire et ça nous a donné envie de faire pareil, pas faire comme elle mais faire D'innover, de réfléchir à travailler autrement, de se lancer, de créer des projets intrapreneurs autres, d'avancer. En tout cas, c'est comme ça que le vent. On peut faire autrement sans limite et sans qu'on nous pose des questions sur notre âge, notre genre, notre nation, notre truc.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui vous donne encore envie d'explorer ou d'apprendre ?
- Speaker #0
Je pense que j'ai envie d'apprendre toute ma vie. Parce que j'ai 10 000 idées à la minute et que mon rôle, et que comme je fais souvent des choix parce qu'on ne peut pas tout développer et que 1 est mieux que 0, c'est important effectivement de se concentrer sur certaines idées. Donc il y en a beaucoup trop que j'ai mis de côté pour ne pas avoir envie de continuer à en développer d'autres. Parce que j'ai l'impression qu'il y a encore plein de choses à faire. Et je vois par exemple avec l'avènement de l'IA qui a complètement transformé... la manière de consommer du droit, si je peux dire ça comme ça aujourd'hui, par côté utilisateur. Je vois aussi tout le travail que nous, on peut faire en tant qu'avocat. Au moins, on ne sera pas remplacé, ça n'est qu'un outil, mais par contre, on va complètement évoluer. Et j'ai l'impression qu'on est en train de vivre une phase incroyable où on peut vraiment... Je pense que c'est comme les avocats qui ont vécu le passage à l'Internet. Moi, je le vis vraiment comme ça. Le passage à l'Internet. Bon, bref. j'ai vraiment l'impression d'être à un moment charnière dans l'évolution de la profession et j'ai envie d'être actrice de ça alors je vais le faire à ma manière et je vais peut-être me tromper plein de fois je me suis trompée plein de fois j'ai eu des réussites j'ai eu des échecs mais c'est ok, j'ai envie d'y aller quand même et j'ai envie de voir si j'arrive à faire partie de cette évolution pas à faire évoluer les autres pas du tout cette prétention de ne considérer que. Mais en tout cas, oui, être actrice de ça.
- Speaker #1
J'ai une dernière question, Emeline. Si vous deviez résumer ce que entreprendre a changé dans votre vie ? Que diriez-vous ?
- Speaker #0
Le sentiment que tout est possible, de ne pas avoir besoin d'attendre des autres, qu'on peut construire par soi-même, mais surtout que c'est essentiel de savoir aussi construire avec les autres et connaître ses limites. Je pense que c'est ça, ça m'a permis énormément d'apprendre sur moi-même, d'oser, de me sentir plus puissante que je le pensais. Et continuer à grandir et devenir une personne qui est incroyable. Enfin, je ne pense pas que je suis incroyable, mais en tout cas, je vais essayer de l'être.
- Speaker #1
Au final, du temps, de l'énergie, de l'attention, et parfois même la nécessité de ralentir pour continuer à avancer. C'est cette combinaison qu'Emeline a choisie. Une manière d'entreprendre, pensée dans la durée, consciente des contraintes, attentive aux autres, et profondément liée à l'humain. Je remercie Emeline Bocherelle de m'avoir ouvert sa porte et d'avoir partagé, avec autant de liberté et de sincérité, son parcours et ses choix. Comme l'écrivait Simone de Beauvoir, on ne naît pas femme, on le devient. Peut-être pourrait-on dire aussi que l'on ne naît pas entrepreneur. On le devient à force de décisions, d'ajustements et de remises en question. Je rappelle que ce podcast n'est lié à aucun... partenariat commercial, ni à aucune forme de rémunération. Le podcast Les Entrepreneurs continue, avec d'autres voies, d'autres trajectoires, et toujours cette même envie de comprendre ce que l'on construit et à quel prix.