- Speaker #0
Malice, malice, malice. Podcast, podcast, mode d'emploi. Que vous soyez entrepreneur, passionné par ce que vous faites, ou indépendante slash indépendant, ou même simplement curieux du monde du podcasting, vous êtes au bon endroit. Dans Podcast Mode d'Emploi, je vous dévoile tous les secrets du podcast, comment l'utiliser pour booster votre entreprise, capter l'attention de votre audience, ou tout simplement faire passer votre message de manière authentique et impactante. Malyce, malyce. Vous n'imaginez pas tout ce que l'on peut faire avec un peu de malyce. Aujourd'hui dans Podcast Mode d'Emploi, j'ai le grand plaisir d'accueillir une invitée, c'est Mélissa Chambard qui est sage-femme, elle vit en Belgique, maman de cinq enfants, une femme magnifique au cœur gros comme ça. J'ai eu le bonheur de la rencontrer via l'académie du podcast dans laquelle je suis de la formation continue au Canada. Mélissa fait aussi comme moi partie du club des élites, un club d'entrepreneurs au sein de l'académie dans lequel on est tous des entrepreneurs, on utilise tous le podcast comme moyen de communication. Et puis Mélissa propose chaque semaine un épisode de son émission « Sache-femme authentique » qui fait vivre de magnifiques émotions autour des sujets qui parlent de la périnatalité. Salut Mélissa !
- Speaker #1
Salut, bonjour Cindy !
- Speaker #0
Est-ce que tu aimerais rajouter quelque chose à cette petite présentation ?
- Speaker #1
Bah écoute, c'est déjà bien complet, donc c'est vrai que le podcast c'est quelque chose qui prend beaucoup de temps chez moi parce que j'ai même deux épisodes par semaine.
- Speaker #0
Ah, c'est deux épisodes par semaine.
- Speaker #1
Deux épisodes par semaine.
- Speaker #0
Encore mieux alors. On va parler justement aujourd'hui de l'utilité du podcast dans ton domaine. Qu'est-ce qui t'a donné le déclic de transformer ta pratique du haut quotidien en podcast ?
- Speaker #1
Je dirais que c'est quelque chose que j'avais envie de lancer déjà depuis longtemps. Je pensais juste pas du tout parler de ce que je parle sur, finalement, sur Sage-Femme Authentique. Au tout début, je pensais donner la parole aux sages-femmes et je voulais aller rencontrer les sages-femmes, parler des sages-femmes, etc. Et quand j'ai fait le challenge de l'académie du podcast, je me suis tout de suite dit, en fait, ce n'est pas de ça qu'il faut que je parle. En fait, il faut que je parle de mon expertise à moi, puisque ma spécificité, c'est que j'accompagne les naissances en dehors des hôpitaux. Donc, j'ai monté ma propre maison de naissance qui a déjà cinq ans et demi, là, comme ça. On va parler en et demi, comme les enfants. et Et en fait, je travaille en dehors des hôpitaux et je pratique les accouchements à domicile déjà depuis 11 ans. Donc du coup, j'avais une expertise à mettre en avant parce que l'accompagnement des naissances hors des hôpitaux, qui est vraiment pro-physiologie, pro-respect du processus de la grossesse, de la naissance, etc. Tout en gardant la casquette du pro de la santé qui est capable aussi de détecter quand il y a une complication et qui va agir si jamais c'est nécessaire. Il y a beaucoup de gens qui pensent que je suis juste dans le monde des bisounours, et je dis, ben non, en fait, mon job, c'est pas que d'accompagner les naissances physio, etc. C'est aussi de savoir agir, de pouvoir avoir de la réflexion, et savoir quand est-ce que je dois sortir du cadre de l'extra-hospitalier pour aller vers l'hospitalier, pour être plus en sécurité. Mais donc voilà, je pensais que c'était important, justement, de démystifier beaucoup de peurs sociétales, beaucoup de questionnements qu'ont les gens. Je pense qu'autour de la périnatalité, il y a comme un énorme Je dirais même pas un boulevard, c'est l'autoroute vers laquelle tout le monde va. Et puis, moi, je parle du petit chemin bucolique parfois, difficile certainement à certains moments, etc. Mais en tout cas, le chemin annexe, qui n'est pas mauvais, mais qui n'est pas assez connu, puis surtout qui est décrit comme quelque chose de dangereux, de compliqué, etc. Et donc, expliquer pourquoi est-ce que ce n'est pas si difficile que ça, démystifier, raconter, remettre, moi je dis souvent remettre du sens. et de la conscience autant pour les parents, les futurs parents, que pour les professionnels.
- Speaker #0
Et concrètement, ça a changé quelque chose dans ta relation avec tes patientes, d'avoir un podcast à leur proposer ?
- Speaker #1
C'est comme un outil supplémentaire pour elles. J'ai beaucoup de patientes finalement maintenant qui arrivent à la maison de naissance parce qu'elles ont écouté le podcast. Donc elles disent en fait moi je veux être accompagnée par votre équipe. Quand on parle dans tes podcasts, je trouve ça vraiment génial, etc. Donc en fait avant, quand les gens venaient, je devais les convaincre de pourquoi c'était une bonne idée et que c'était safe et que c'était ok, etc. Maintenant, j'ai quand même une grosse partie de la patientelle qui arrive à la maison de naissance qui a... déjà écouté mon podcast et du coup ils sont là en mode non mais nous on voulait juste te rencontrer au vrai c'est bon c'est confirmé on travaille avec toi ou alors en fait quand je les ai en ligne ou par téléphone etc que les gens prennent contact je leur conseille d'écouter le podcast avant de venir et je leur conseille certains certains de mes épisodes qui parle justement de la sécurité des naissances extra hospitalière etc donc et je leur dis toujours quand on va se rencontrer la première fois je dis toujours toujours, prenez une feuille ou votre téléphone ou ce que vous voulez, enfin voilà, mais notez toutes les questions que vous avez, tout ce qui vient, il n'y a pas de bête question, et je leur dis vous pouvez écouter les podcasts, souvent les mamans elles me disent, ah oui c'est mon conjoint, il n'est pas trop d'accord, etc. Je dis, il y a aussi des podcasts pour les papas, donc il peut aller écouter tout ça, et revenir avec des questions auxquelles moi je pourrais répondre en direct, parce que je dis parfois ça va être quelque chose de très pointu, par exemple, je ne sais pas moi, ma tante, elle a mis au monde un bébé avec le cordon autour du cou et il est handicapé. J'aime bien pouvoir discuter de ces questions-là avec eux, expliquer qu'est-ce que c'est que le cordon autour du cou, qu'est-ce qui a potentiellement pu se passer, qu'est-ce qui est dangereux, qu'est-ce qui ne l'est pas, etc. Parce qu'en fait, il y a tellement de mythes et de légendes urbaines autour des naissances aussi, que c'est important parce que ce n'est pas parce qu'il s'est passé quelque chose pour quelqu'un que ça veut dire que ça va se passer pour vous. L'obstétrique et peut-être la clarté par rapport à ce qui se passe n'était pas la même peut-être à ce moment-là et maintenant. Donc il y a beaucoup de choses à démystifier, à parler. On parle aussi de leur naissance, etc. Donc le podcast, pour moi, c'est un outil supplémentaire pour donner de l'information et peut-être poser des intentions, même déjà avant le premier rendez-vous.
- Speaker #0
C'est vrai que moi, je parle souvent du fait que le podcast permet une connexion avec les auditeurs parce que quand ils viennent te voir, ils te connaissent déjà. Ils arrivent là déjà en confiance. Toi, tu as remarqué quand même cette différence-là ? Ça te différencie aussi peut-être des autres professionnels qui ne proposent pas ce genre de communication ?
- Speaker #1
Oui, je pense sincèrement que ce qui est drôle, c'est qu'elles ont déjà l'impression de me connaître. Donc, j'ai déjà été ouvrir la porte de la maison de naissance et dire bonjour, bienvenue. Elles me disent ça me fait bizarre, je connais tellement ta voix. Enfin voilà, donc c'est rigolo finalement. Avant, ça m'arrivait parfois d'avoir une... des gens qui me reconnaissaient par rapport aux réseaux sociaux, ce genre de choses. Mais depuis le podcast, ça a pris une amplitude qui est tellement grande. Et puis voilà, maintenant j'ai quand même beaucoup d'épisodes. Je pense que j'ai 230 ou 240 épisodes. Donc clairement, j'ai aussi été distillée un peu de mes podcasts, parfois sur des groupes que je suis, etc. Mais donc du coup, ça m'est déjà arrivé... plusieurs fois que quand les gens arrivent à la maison de naissance, en fait, c'est déjà, c'est comme la révélation pour eux, en mode, ah, ça y est, enfin, je te rencontre pour de vrai, etc. Bon, ben, voilà, c'est chouette aussi, effectivement. Mais c'est une étape, en fait, qui est déjà faite. Et moi, j'explique souvent que dans ce qu'on propose comme accompagnement, le fait d'avoir un lien de confiance, c'est ultra important. Donc, je pense que quand la confiance, elle est déjà là, alors qu'on ne s'est pas encore rencontrés, c'est déjà... C'est déjà un level qui est énorme.
- Speaker #0
Oui, c'est clair. Puis on le sait, toi et moi, le podcast, il a aussi une grande valeur émotionnelle. Surtout que toi, tu es hyper forte dans le storytelling. Tu racontes des histoires et puis tu nous embarques dans l'histoire de la personne. On arrive à trouver une connexion avec notre propre histoire aussi. En tant que maman, forcément, il y a des liens qui se font. Ça aussi, c'est hyper fort de créer ce lien émotionnel. Parce que forcément, on se sent concerné. Donc la confiance, elle s'installe tout de suite.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Mais aussi partager beaucoup de notre pratique. Je me rappelle que dans mes tout premiers épisodes, il y a quelqu'un qui m'avait demandé « Qu'est-ce qui se passe quand ça ne file pas facile, quand c'est un peu plus difficile, etc. ? Qu'est-ce que tu fais quand c'est compliqué ? » Et du coup, c'était un épisode hyper touchant parce qu'en fait, j'avais vraiment raconté parfois mon ressenti, qu'est-ce qui me connecte à ce qui est en train de se passer. pour la maman comme pour le bébé, etc. Et j'ai raconté une naissance où j'avais visualisé que le bébé n'était pas avant le lever du soleil. Et puis, comment est-ce que finalement, j'avais aidé cette maman à traverser ces moments un peu difficiles ? Mais je disais, c'était un cadeau finalement que quelqu'un me demande un sujet là-dessus. Puis moi, je pouvais vraiment raconter ce que je ressens en fait, moi, en tant que sage-femme, un peu connectée à ce qui se passe. Parce que quand on est à une naissance, en fait, tout est ouvert. C'est toutes les possibilités, tout est ouvert, etc. Et puis, des fois, c'est comme des ressentis. C'est comme quelque chose qui est peut-être du sixième sens. C'est un peu pas toujours explicable, on va dire, scientifiquement prouvé, etc. En tout cas, je parle avec mes collègues. Et puis, quand je ressens des choses, on est nombreux à ressentir ça. Mais du coup, en parler et trouver les mots, moi, je trouve que c'est hyper intéressant. Et effectivement, la possibilité de raconter des histoires, de parler de brides, d'accompagnement, etc., je crois que c'est un levier très intéressant parce que les gens, effectivement, s'identifient. Je parle de choses qui sont vraies. Je ne raconte pas juste des histoires en mode, si je crée une histoire sur je ne sais pas quoi. D'ailleurs, je t'ai dit tout de suite je ne sais pas quoi parce que c'est pas... c'est pas authentique finalement le sage-femme authentique c'est pas pour rien mais quand tu racontes vraiment les expériences de toi-même en tant que professionnel mais aussi de tes clients ou patients pour ma part je trouve que c'est tellement fort et tellement puissant et les retours que j'ai sur ces épisodes sont toujours beaucoup émotionnellement ça a beaucoup pris les gens ça bouleverse quand tu touches dans le coeur ça marche
- Speaker #0
Oui, c'est clair, la connexion, elle est là tout de suite. Comment est-ce que tu choisis les sujets ? Tu dis, il y a peut-être des gens qui te soumettent des idées, des questions, et puis des fois, c'est toi qui dois les trouver. Comment est-ce que tu fais ? Tu t'inspires de ton quotidien ?
- Speaker #1
Ah oui, clairement. Alors, c'est drôle parce que je suis coachée comme toi par l'académie du podcast, et puis Marco, il fait des analyses parfois, et puis il me dit, ah oui, toi, c'est parfait, tu as tout ce qu'il faut dans tel domaine, tel domaine, tel domaine. et je dis... Mais moi, je ne calcule pas du tout ça. C'est vraiment, dans la semaine, je suis en contact avec quelqu'un qui me raconte quelque chose et puis je dis, ah, ça, c'est un bon épisode de podcast. Et alors, je fais un podcast là-dessus, tu vois. Par contre, les épisodes, donc j'ai le lundi, c'est un épisode où soit j'interview quelqu'un, soit je développe par rapport à une thématique que je trouve intéressante ou importante à ce moment-là. Donc ça, c'est la thématique du lundi. C'est un épisode qui, en général, est un peu plus long. Et puis le mercredi, c'est l'épisode de questionner la sage-femme. Et donc là, je pars de questions qui m'ont été posées. Donc, je sais pas, par exemple, j'ai eu des questions sur est-ce qu'il faut décaloter les petits garçons ? Ou quelles sont les meilleures positions pour accoucher, etc. Donc là, c'est des épisodes plus petits, mais qui partent des questions qui me sont posées par les auditeurs. Donc régulièrement, je repose des... Posez-moi vos questions et puis voilà, je réponds au fur et à mesure. aux questionnements qu'il peut y avoir.
- Speaker #0
Tu as beaucoup d'interactions avec ton auditoire.
- Speaker #1
En tout cas, j'essaye parce que le podcast, la difficulté, c'est qu'on est quand même un peu isolé de son côté. C'est bien, on parle devant son micro, etc. On met en ligne, on voit que les écoutes augmentent, mais après, l'interaction avec les gens n'est pas forcément toujours facile. Mais comme j'ai lié aussi avec mes réseaux sociaux, etc. J'ai plus effectivement des retours, je pose des questions aussi aux auditeurs, etc. Et je répète souvent, vous avez mon mail, vous avez moyen de me communiquer par message privé, etc. Allez-y, parce que moi ce que j'aime, c'est que ça réponde le plus possible à vos besoins. Et c'est ce qu'ils font, sincèrement, c'est ce qu'ils font. Et alors j'ai aussi toutes mes anciennes patientes qui régulièrement m'envoyaient un message en mode « Ah, tu pourrais faire un épisode sur ça ? » « Ah, je ne me rappelle pas si tu as fait un épisode là-dessus, etc. » Donc en fait, j'ai... des gens parfois qui viennent vers moi et qui m'envoient un message en mode ah tiens on m'a parlé de ça, je sais pas si t'as déjà fait un épisode sur la question mais ça serait intéressant etc. La communauté autour de moi j'ai envie de dire est vraiment proactive finalement dans ce qu'ils souhaitent avoir et puis dans les idées que je peux avoir autant dire qu'on est à 230 des épisodes surtout quand tu laisses les gens sur...
- Speaker #0
poser leurs questions c'est sûr par contre ça a pris du temps pour que ta communauté s'installe parce que je dis toujours le podcast il faut quand même le voir sur la longueur c'est pas un truc qui en deux semaines va décoller et avoir 10 000 auditeurs en deux semaines
- Speaker #1
Non, très rapidement, ça a très bien fonctionné. Je pense que les mille écoutes, en tout cas, ont été atteintes très rapidement. Puis, ça n'a fait que grandir et que grossir assez vite. Clairement, le fait d'être accompagné et de ne pas juste le faire, soit par rapport à ce que tu proposes, je pense que ça a tellement de sens de pouvoir avoir quelqu'un qui va te dire exactement. et puis en plus si tu montes, etc. Je pense que c'est un game change énorme.
- Speaker #0
Oui, oui, oui.
- Speaker #1
Mais clairement, je trouve que, tu vois, d'être accompagnée dans le processus du podcast, ça permet quand même de ne pas se sentir seule parce qu'au début, ça peut prendre du temps et puis on peut se dire, tout ça pour ça, voilà. Et puis après, de ce que je sais de ton accompagnement aussi, c'est pas que le podcast. Les gens, après, ils doivent apprendre à mettre en avant leur podcast. Parce que tu peux faire des épisodes de podcast, les mettre sur Internet, mais si tu n'en fais pas la promotion, il n'y a pas beaucoup de gens qui vont te découvrir. Moi, j'ai eu de la chance, c'est que j'avais la communauté de la maison de naissance qui était déjà montée. Enfin, j'avais des réseaux sociaux pour la maison de naissance. Donc, évidemment, quand j'ai commencé à poster sur le fait qu'il y avait un podcast qui allait commencer, ça a pris très rapidement parce que j'avais déjà cette assise qui était là. Après, je pense que pour aller quelqu'un qui a déjà effectivement une communauté, dire qu'il commence un podcast, c'est... C'est un outil tellement puissant. C'est extraordinaire.
- Speaker #0
Oui, ça c'est sûr. Quel conseil tu donnerais alors à un professionnel de la santé, par exemple, qui hésite à se lancer dans l'univers du podcast ?
- Speaker #1
Un professionnel de la santé ? Je ne sais pas vraiment quelle est notre spécificité. Peut-être juste la question de l'anonymat, du secret professionnel, etc. Il faut être au clair sur comment est-ce qu'on... Tu vois, quelle est la partie touchy de ces éléments-là. Mais je pense qu'on a besoin de mettre plus de clarté dans les pratiques médicales, parce qu'actuellement, les gens finalement, ils ont de moins en moins confiance. Moi, quand je rencontre les gens, ils me disent « Non, mais moi, je n'ai pas confiance dans les hôpitaux. » Je trouve ça triste, en fait, tellement triste. Alors, ça ne veut pas dire que je ne suis pas au clair sur qu'est-ce qui les amène à avoir ce discours-là, etc. Mais je trouve ça triste parce que finalement, on devrait mettre... plus de transparence dans ce qu'on fait, plus d'authenticité, plus de connexion, plus de conscience. Et peut-être que le podcast c'est justement un moyen de communiquer sur qui on est réellement, comment est-ce qu'on pratique. Et je suis persuadée qu'en fait, les gens qui viennent à la maison de naissance, qui viennent pour être suivis par nous, ils le font d'autant plus maintenant qu'ils sont clairs sur comment est-ce qu'on travaille. Et moi, ils viennent vraiment en me disant ... Moi, je veux un suivi personnalisé. Je ne veux pas me faire broyer par le système. Je veux avoir le choix. Je veux être accompagnée. Et même si je dois aller à l'hôpital, j'ai envie que vous soyez avec moi. Donc, en fait, c'est comme si la connexion et la création du lien avec les gens est clairement déjà faite. Alors après, en plus, au fur et à mesure des rendez-vous, etc., ça s'amplifie. Et puis, nous aussi, on apprend à les connaître parce qu'autant ils me connaissent, moi, mais ils ne connaissent pas forcément mon équipe. Enfin, voilà. Donc... Il y a tout un jeu avec ça. Mais je trouve qu'on a besoin de mettre plus de transparence dans nos pratiques de spécialistes médicales, etc. Et que le podcast, ça peut être un moyen tellement puissant de communiquer sur ce qu'on fait. C'est parce qu'on voit beaucoup de gens sur les réseaux sociaux qui font des petites vidéos, etc. Très, très courtes. C'est bien. Mais le podcast, c'est un média finalement que les gens écoutent. de manière vraiment beaucoup plus attentive. Les vidéos sur les réseaux sociaux, etc., c'est quelques secondes, puis on swipe très rapidement, et donc parfois, le message, il ne passe pas. Oui, il y a des vidéos qui cartonnent, mais d'autres qui passent complètement à la trappe, etc. Les épisodes de podcast, quand tu développes vraiment une communauté, que les gens continuent à t'écouter, en fait, ça grandit, ça nourrit aussi, puis en fait, ça se transmet, les gens disent, ah tiens, il y a tel épisode de podcast, ça pourrait te plaire, etc. Moi, j'adore. Vraiment, j'adore. Et je pense que pour les professionnels de la santé, ça peut être vraiment un très, très chouette moyen de communiquer et d'éclaircir finalement nos pratiques.
- Speaker #0
Et toi, tu l'as dit, ça te prend quand même pas mal de temps puisque tu crées deux épisodes par semaine. Qu'est-ce qui te plaît le plus dans la création de ces épisodes de podcast ?
- Speaker #1
Hum... Je crois que le fait de changer les sujets, d'être maître de ce que je propose, c'est ce qui m'anime le plus parce qu'au final, mon mari m'a dit il y a quelques semaines, il m'a dit « en ce moment, tu es en colère dans ton podcast » . En ce moment, ça me permettait de me libérer parce que j'avais accompagné des naissances où j'avais pu observer vraiment des trucs qui n'étaient vraiment pas cool. Je me suis dit « mais ce n'est pas possible, il faut en parler, il faut le dire, ce n'est pas OK » . Donc... J'ai envie de dire que mon côté militant et mon côté rentre-dedans, il trouve son compte parfois. Puis parfois, c'est de raconter des belles histoires. Donc peut-être qu'en toute honnêteté, mon podcast, je pense qu'il vit des moments et des vagues différentes en fonction aussi de ce que je rencontre et de ce que je vis avec mes patientes. Mais ce qui me nourrit le plus, c'est la connexion aussi avec les gens. C'est de voir les retours. C'est de voir que ça fonctionne. Pour moi, c'est énorme.
- Speaker #0
C'est une belle reconnaissance pour ton travail.
- Speaker #1
Exact. Parce que sinon, les sages-femmes qui pratiquent en autonomie comme ce que nous on fait, on a l'habitude d'être finalement dans l'ombre, de ne pas trop centrer. Parce que ce n'est pas super bien vu par le système médical conventionnel. On a rarement des équipes qui sont en clair avec ce qu'on fait, rarement des médecins qui sont en clair avec ce qu'on fait. Du coup, c'est plus de la peur, c'est plus du jugement. Après, à leur décharge, quand ils nous voient, c'est que ça a merdé à un moment donné ou à un autre. Donc, l'image qu'ils ont de nous, c'est que ça merde toujours avec elles. Alors, c'est faux. C'est un biais qui est mauvais. C'est juste que nous, on reconnaît que quand on sort de la physiologie, on va aller chercher le médical parce que c'est ce qui est responsable et c'est ce qu'il faut faire. Mais du coup, leur vision à eux, c'est qu'ils font n'importe quoi. mais non, on ne fait pas n'importe quoi, on vient parce que justement c'est nécessaire on n'est pas irresponsable moi je dis souvent, on n'est pas des kamikazes on ne danse pas nue avec des tambours autour des femmes on est là en conscience, on sait ce qu'on fait, etc mais je pense qu'on a vraiment besoin de se faire connaître et sortir justement de l'ombre, sortir de ce côté non, je ne veux pas déranger Donc moi, comme je suis très militante et que ça ne me pose pas de problème, j'aime bien ce côté-là de dire, mais en fait, c'est sécure. En fait, c'est OK. En fait, voilà qu'est-ce qu'on fait quand il y a telle complication, etc. Puis après, si les gens ont envie de reparler avec moi et de me dire, dis, c'est un peu bizarre ce que tu fais là, on peut en reparler. Oui, oui, oui. Moi, j'aime bien. Ça déclenche une vie à rebondir. Oui, oui, vraiment.
- Speaker #0
Et à l'inverse, est-ce que tu as eu quand même des défis particuliers sur ton parcours de podcasteuse ?
- Speaker #1
Alors, au départ, honnêtement, la technique. Au début, quand je repense à mes premiers épisodes, à quel point j'ai galéré un peu au niveau de la technique, etc. Ça, c'était des gros défis, vraiment. Je me disais, il me fallait je ne sais plus combien d'heures pour mixer un épisode, pour préparer un épisode, etc. Alors que maintenant, c'est presque, j'allume mon micro, je fais juste deux petites trois notes, puis je lance. Oui. Ça n'était pas évident. Et je pense que le fait d'être accompagnée m'a quand même énormément aidée. C'était un challenge pour moi. Le podcast, je le visualisais depuis longtemps. Je l'ai beaucoup procrastiné. En mode, ce serait bien de lancer un podcast, etc. Mais voilà. Puis le fait d'être accompagnée, ça m'a beaucoup aidée parce que... Je ne pensais pas que je pouvais faire ce que je fais avec mon podcast. Je ne l'aurais jamais mis au centre de mon business. Moi, je pensais juste que je vais enregistrer, je vais le mettre sur Internet et les gens qui sont intéressés vont écouter. Et en fait, c'est tellement plus que ça.
- Speaker #0
C'est une cabane d'Ali Baba, le podcast.
- Speaker #1
Oui, mais vraiment, autant j'avais peur de bloquer et de ne plus avoir de sujet, autant je me rends compte qu'il y en a encore des multitudes et des multitudes. et que voilà. Mais... Autre problème j'ai envie de dire, bah en fait dans ma réalité et voilà le fait que je suis appelable à tout moment, à tout instant, ça m'arrive des fois de pas être à jour et de pas avoir de podcasts pour poster et ça ça m'embête toujours parce que j'espère toujours avoir assez d'aller d'avance pour pouvoir pouvoir être confortable par rapport à ça. Il y a des moments dans ma vie où c'est le cas, où j'ai de l'avance et donc je suis là. c'est bien, c'est cool. Et puis il y a des moments où je rush et en fait c'est dans la journée où je suis censée poster mon épisode que j'enregistre mon épisode. Donc le côté un peu de ramer, d'avoir les épisodes à pouvoir publier. Tu vois par exemple, on est jeudi, mon épisode de lundi n'est pas encore fait, celui de mercredi non plus. Donc je suis en mode, quand est-ce que je vais bloquer du temps et que je vais enregistrer mon podcast et que voilà. Bon j'ai l'idée du sujet donc ça c'est ok mais c'est un peu... Et dans ma vie de famille, voilà, maman de cinq enfants, des fois le challenge c'est quand même de dire « Oh, les enfants, vous n'iriez pas un peu jouer dans le jardin ? » C'est moi tranquille, 20 minutes le temps que j'enregistre, après c'est ok, mais c'est une réalité.
- Speaker #0
C'est une réalité, mais par contre on est d'accord que si tu loupes une semaine, il n'y a pas mort d'homme, tout se passe bien.
- Speaker #1
Oui, en fait, ça, j'ai appris à lâcher prise. Autant dire qu'avant, c'était très difficile pour moi. Ça m'est arrivé de poster un épisode à 23h59. C'est débile, en fait. oui c'était en mode il a quand même été publié le bonjour alors qu'en fait enfin et alors des fois c'est rigolo mais j'en parle et puis je dis en fait c'est con parce qu'il y a personne qui est devant son téléphone en disant c'est lundi il n'y a pas l'épisode de Melly tu vois non il n'y a personne qui fait ça mais moi je me sentais super coupable donc en fait j'ai appris aussi à lâcher prise là-dessus en disant bon bah en fait il n'y aura pas d'épisode cette semaine et c'est pas grave parce que des fois, j'ai eu par exemple des semaines où j'ai enchaîné des naissances et puis quand t'as plusieurs naissances après t'as tous les postpartums qui s'enchaînent par la suite, enfin bref donc en fait trouver du temps pour réellement faire les choses et être présent pour tes enfants c'était juste pas possible Le lundi, je dis, vous ne m'avez pas eu la semaine dernière. Je raconte un peu aussi, parce que du coup, les gens, ils aiment bien savoir. Oui, j'ai eu quatre naissances. Et ça met juste du sens. Je trouve que quand on est une sage-femme authentique, comme j'ai décidé de l'être, ça fait partie aussi de la réalité. Oui, oui, oui. Ce n'est pas rentré dans mon planning. Ce n'était pas possible.
- Speaker #0
C'est ça. Et en fait, le mot authentique, je pense que je l'utilise dans... chacun de mes épisodes de podcast. Donc, c'est le temps plus important que ça ressemble aussi dans cette interview que voilà, ça fait partie aussi de cette aventure du podcast, de parfois partager un petit peu notre quotidien et d'expliquer pourquoi ça ne se joue pas. Comme tout à l'heure, mon chat qui vient miauler derrière moi et qui depuis est couché sur mon bus. Ça fait partie de l'authenticité aussi du podcast et ça, c'est hyper cool.
- Speaker #1
D'ailleurs, en parlant d'authenticité, dans trois minutes, tu auras l'église qui va sonner. D'accord. L'église qui est dans tous mes podcasts, quasi. Donc, en fait, des fois, je dis aux gens, voilà, il y a l'église qui sonne. Donc, quand je l'enregistre à 3h du matin, je dis, ah, il est 2h du matin. Ils me disent, ah non, il est 3h. Parce que des fois, dans mon authenticité, j'enregistre aussi en revenant du naissance ou parce que j'ai une insomnie et que je me dis, là, la maison est calme, tout le monde dort, je peux enregistrer tranquillement.
- Speaker #0
Ah,
- Speaker #1
ouais. Mais aussi, voilà, dans des circonstances un peu...
- Speaker #0
Un peu rigolote. Et c'est ce que je dis aussi, on n'est pas obligé d'être dans un studio complètement insonorisé. On peut le faire comme ça, un peu à la fraîche, on dit, mais de s'installer où on trouve de la place, parce que c'est à ce moment-là qu'on a l'inspiration, parce qu'aussi, un métier créatif, enfin, le podcast, c'est quand même quelque chose de créatif, ça ne se fait pas forcément de 8h à midi dans un bureau.
- Speaker #1
Moi, le premier micro que j'ai acheté, c'était un micro justement portatif. Et c'était vraiment dans l'idée de je peux enregistrer partout. Genre, je sors d'une naissance et en fait, je suis animée par un truc que j'ai vécu. Je peux prendre mon micro qui est dans mon sac et je peux enregistrer directement un épisode. Comme ça, direct. Parce que ça fait partie justement de l'authenticité. C'est-à-dire, là, je viens de vivre un truc, il s'est passé quelque chose. Je me suis tout de suite dit que je voulais transmettre et partager là-dessus. Je peux le faire tout de suite. Et donc, je le dis. J'enregistre dans ma voiture. Là, vous allez peut-être entendre du bruit, etc. Tu mets le contexte, quoi. Oui, oui, je sors d'une naissance, je suis dans ma voiture, voilà, et c'est OK. C'est pas... Effectivement, ça doit pas être que insonorisé, que dans un studio professionnel, etc. En fait, il y a moyen de faire du podcast. Je connais quelqu'un qui fait un podcast, tu vois, il enregistre avec son téléphone, quoi. Oui, oui, oui. Les oreillettes, le téléphone, et puis il enregistre comme ça, en faisant sa marche ou je ne sais quoi, enfin, tu vois.
- Speaker #0
Parce que c'est à ce moment-là que les idées, elles viennent, quoi. C'est génial.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
clairement, clairement. Donc arrêtez de se mettre la pression aussi sur la perfection. Ça, il y en a beaucoup qui n'osent pas passer le cap ou qui enregistrent cent mille fois le même épisode en se disant c'est toujours pas bon. Aussi, arriver à lâcher ce côté imperfection, justement, et passer à l'imperfection et de se dire que c'est tout à fait OK.
- Speaker #1
En fait, dans la vie de tous les jours, on ne parle pas de manière parfaite.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Et je crois que ce qui est génial avec le podcast, c'est que c'est quelque chose de très intime. Les gens nous écoutent dans leur voiture, ils nous mettent dans leurs oreilles, enfin voilà. Et finalement, ce qui les rapproche de nous, c'est qu'ils ont comme cette sensation d'être en conversation avec nous. Moi, en fait, du coup, j'écoute beaucoup de podcasts. À l'inverse, j'essaye d'écouter des livres audio. J'ai trouvé ça boring. Parce que les gens, ils lisent, tu vois. Et il n'y avait pas du tout ce côté naturel et discussion. Et pareil, les gens qui lisent réellement, totalement leur podcast, parfois, ce n'est pas confortable. Mais parce que j'ai l'habitude. Alors, il y en a qui lisent et qui font ça très bien, d'autres fois. Mais je trouve que la lecture pile poil, parfois, ce n'est pas confortable.
- Speaker #0
Après,
- Speaker #1
c'est quelque chose qui se travaille au fur et à mesure. Puis, je pense que quand on est en interaction, comme ce qu'on est en train de faire maintenant, ça, c'est naturel, c'est spontané. en toute honnêteté, toi et moi, on n'a rien préparé. Tu ne m'as pas donné une série de questions que je devais préparer, etc. Et je trouve que du coup, c'est une conversation entre toi et moi sur un sujet a priori que je maîtrise un petit peu. Ça fait deux ans et demi que je fais du podcast. Donc j'aime bien le fait que oui, je peux bredouiller, chercher mes mots, mais ça ne dérange pas en fait. C'est juste une conversation, c'est OK. Mais en toute honnêteté, mes premiers épisodes, je les ai nettoyés autant. possible, j'ai enlevé tous les petits machins. Et puis en fait, maintenant, je relève vraiment les gros bruits qui sont dérangeants, mais sinon, même des fois, je cherche mes mots. Alors si c'est très long, je vais couper quand même. Mais des fois, je vais juste dire, je ne trouve pas le mot. Ah oui, c'est ça. En fait, je le laisse. Ça aussi, c'est authentique.
- Speaker #0
Bien sûr, bien sûr.
- Speaker #1
Que si j'avais coupé et que ça avait fait un drôle de truc.
- Speaker #0
Oui, oui, ou la voix, elle change parce qu'on a repris derrière et ce n'est plus la même hauteur de voix, etc. C'est clair. Donc, pas trop se prendre la tête sur la technique, lâcher la perfection et puis juste donner son cœur et ça fonctionne.
- Speaker #1
C'est ce qui fonctionne le mieux, en fait. J'ai un épisode, en toute honnêteté, je trouve que c'est le pire au niveau technique, au niveau audition. J'étais super mal parce que vraiment, je n'ai pas réussi à le nettoyer. Mais le truc, c'est une derle. C'est vraiment un épisode, c'est une perle, et je ne me voyais pas re-enregistrer cet épisode, juste pour dire de ré-enregistrer, alors que dans la spontanéité, dans ce qui s'était dit, c'était vraiment génial. C'est un épisode qui fonctionne du tonnerre, il est écouté maintes et maintes fois, je vois qu'il continue à augmenter, etc. Pourtant, je te jure que c'est... En toute honnêteté, il est mauvais au niveau technique. oui mais le contenu est authentique et fonctionne vraiment très bien et il est écouté très très souvent donc en fait voilà parfois il faut juste lâcher prise des fois je me suis dit bon est-ce que je le réenregistrerai maintenant etc mais ça sera pas la même chose parce que même imaginons je reprends la trame alors je vais revenir ah je lis parce que je veux rien oublier de ce que j'avais dit la première fois et qui était vraiment bien bah du coup on va rentrer dans quelque chose qui est pas... non donc je l'enregistre pas je lâche prise c'est ok Merci.
- Speaker #0
Parfait. Et puis moi, je vous conseille alors à 12 000 % d'aller écouter le podcast de Mélissa, Sage Femme Authentique. Je vous mettrai le lien dans la description d'ailleurs de cet épisode pour que vous le retrouviez très facilement. Mélissa, je te remercie infiniment pour ce moment qu'on a partagé ensemble. C'était vraiment précieux. Merci beaucoup.
- Speaker #1
Un tout grand merci à toi et bonne suite.
- Speaker #0
Merci à toi aussi. À tout bientôt.
- Speaker #1
À bientôt, oui.
- Speaker #0
Malyce, Malyce, Malyce.
- Speaker #1
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- Speaker #0
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