- Speaker #0
Prête ?
- Speaker #1
Oui. Un peu stressée ? Ouais un peu stressée, mais ça va aller, ça va aller. Ça va être cool.
- Speaker #0
Point commun. A la rencontre de celles et ceux qui aiment le pays ! Tous ensemble, tous ensemble ! Aujourd'hui, on t'emmène chez Lumière.
- Speaker #1
Hiver 2026. Ça fait peu de temps qu'on a reposé nos valises à Paris. En pleine préparation de Noël, on commence doucement à réécouter les interviews faites en 2025. Et après 8 mois dans une petite voiture, on va pas se mentir, on est aussi très content de traîner un peu sur le canapé. Pour se donner bonne conscience, on allume Arte. Et le reportage qui cartonne, c'est High School Radical de Max Lollum. Un jeune journaliste qui se demande pourquoi ses vieux potes de lycée votent Trump.
- Speaker #0
Je saute sur l'occasion d'un événement gratuit pour aller le voir en vrai. À la conférence, à côté de lui, il y a une autre invitée. Je ne la connais pas du tout, mais très vite, il y a un truc qui m'accroche dans son discours.
- Speaker #2
C'est un moment de clarté dans un monde de flou. C'est un moment de solidarité dans un monde de compétition.
- Speaker #0
On est tous les deux enfants de profs. On a vécu la même enfance dans l'un et on partage un même constat. Il faut la jouer plus collectif.
- Speaker #1
Et du coup, tu es rentré, tu m'as dit j'ai acheté son livre et j'ai son numéro de téléphone.
- Speaker #0
Pour simplifier, c'est ça. J'ai pris mon petit courage à deux mains et je lui ai parlé du podcast. C'est quoi le podcast ? Je sais plus.
- Speaker #1
On la rejoint chez elle un matin de janvier, alors qu'elle est en pleine mobilisation pour les élections municipales.
- Speaker #0
C'est inquiet.
- Speaker #1
Quand on dit chez elle, c'est dans son appartement à Paris. Mais la plupart du temps dans nos échanges, chez elle, ça veut dire dans son village natal de Lens. Loumyr nous prépare un thé bien chaud et on déballe des petites brioches à la praline. Vous l'aurez compris, elle a accepté d'enregistrer un épisode.
- Speaker #2
Bonjour à toutes et à tous, je m'appelle Loumyre, j'ai 33 ans, je viens de Lens, un superbe département rural et industriel entre Lyon et Genève. Je suis activiste, ce qui est un vrai métier. Mon travail consiste à lutter contre la montée de l'extrême droite dans les campagnes françaises, en faisant des campagnes, des campagnes électorales, des campagnes syndicales, des campagnes citoyennes. Aujourd'hui, j'utilise pas mal de mon temps pour former des gens à faire campagne chez eux, par exemple en ce moment pour les municipales. Mon travail inclut aussi le fait d'écrire. J'ai écrit un livre qui s'appelle « Ces gens-là » , qui est une plongée dans mon village et mon coin d'enfance, où je suis rentrée habiter après le Covid, et aux raisons qui poussent les gens que j'aime à se tourner de plus en plus vers le RN. Voilà, dans la vie j'aime lire. Boire du Bourgogne, parler de politique, beaucoup, jouer avec mon chat et globalement passer du temps avec les gens que j'aime et prendre le temps.
- Speaker #0
Quand je l'ai entendu à la conférence, ce qui m'a interpellé, c'est son retour dans l'un. Parce qu'il retournait, c'était une démarche que j'envisageais pour le podcast.
- Speaker #1
Et après avoir dévoré son livre en deux jours, on s'est aussi dit que son parcours était plein d'expériences collectives. Une enfance dans l'Inde, des études à Sciences Po Lyon, plusieurs expériences militantes aux Etats-Unis et une campagne pour les législatives. Aujourd'hui, le fondement de son métier d'activiste, c'est de réfléchir à ce qui peut mobiliser les gens, d'identifier ce qui les divise et surtout de comprendre ce qui pourrait les rapprocher. En gros, de recréer du collectif. Pour commencer, on a voulu profiter de son analyse pour aborder un cliché tenace quand on discute d'individualisme entre citadins. La vie de village. Et pour ça, avant d'aborder les causes et les solutions, on lui a demandé ce qui avait changé depuis son enfance dans son territoire.
- Speaker #2
Alors j'ai grandi dans un village de 200 habitants à peu près à l'époque. qui était un village plutôt très populaire, un hameau même d'un bourg, avec ma maman qui est prof d'histoire géo. Et c'était étrange comme expérience, c'était à la fois génial parce que tout le monde se connaissait, ma meilleure pote d'enfance était un peu une figure centrale du village, donc j'étais invitée grâce à elle, c'était un peu mon sésame pour être invitée dans tous les collègues. Même si moi j'habitais dans une famille très bizarre pour le village, avec une mère célibataire, enfant unique, non remariée, intello, donc c'était pas la norme. Mais comme j'étais plutôt très sociable et que j'étais pas compliquée, j'étais invitée à plein d'endroits. Et donc très vite j'ai découvert qu'il y avait plusieurs mondes, il y avait un monde chez moi qui était fait de calme, de livres. avec un cadre fort autour de l'école, ça clairement par contre, et tout un autre monde qui était le monde majoritaire en dehors de chez moi où je regardais la télé avec mes copines, ce que je ne faisais pas trop chez moi. Il y avait toujours des grandes tablées avec plein de cousins, de voisins, de gens qui passaient, de gens qui prenaient l'apéro, de gens qui parlaient de trucs très concrets, de travaux, de vie quotidienne qui étaient des conversations que j'avais assez peu à la maison. Donc très tôt, j'ai quand même compris qu'on pouvait vivre de plein de manières différentes, même si socio-économiquement, on était un peu dans le même... Enfin, on gagnait tous la même chose, donc il n'y avait pas vraiment de différence de classe sociale, mais il y avait une différence de capital culturel qui était assez forte, mais qui ne m'a pas du tout empêchée, moi, d'être bien chez moi. J'avais plein de copines, j'étais heureuse de... Je suis très heureuse d'avoir grandi là où j'ai grandi, c'est pour ça que j'ai choisi d'y retourner, d'ailleurs. Alors sur la manière dont ça a changé, chez moi ça a beaucoup changé. Quand je grandissais, c'était vraiment du rural. Aujourd'hui, c'est du périurbain. Et ça se voit à plein de choses. À l'endroit où les gens font leurs courses, ils vont beaucoup plus loin. À l'endroit où les gens travaillent de plus en plus loin. Par exemple, maintenant, il y a des gens qui habitent chez moi et qui travaillent à Lyon. Moi, j'allais à Lyon une ou deux fois par an. C'était vraiment le « the » sorti. pour faire les soldes avec mes copines à partir du lycée, enfin vraiment c'était... Oh ! L'événement ! Vraiment ! Aujourd'hui il y a des gens qui y vont tous les jours. Moi-même j'ai des potes maintenant qui vont à Lyon pour faire un concert, boire un coup, enfin c'est assez rapproché et nous on s'est beaucoup éloigné. En conséquence, parce que quand tu vas à Lyon toute une soirée, tu passes vachement de temps dans ta bagnole quand même, parce que certes, les distances mentales se sont réduites, mais les distances physiques, elles sont toujours aussi grandes. Et surtout, ça a changé le centre de gravité où les gens socialisent. Par exemple, j'en parlais avec, dans mon livre, elle s'appelle Colette, qui est vraiment une ancienne ancienne du village. Elle me disait, quand j'étais petite, elle connaissait tous les gens qui habitaient dans le village. Mais pas juste leur nom, mais leur histoire, où ils travaillaient, avec qui ils étaient mariés, enfin, total. Aujourd'hui, elle n'est plus capable de me dire qui sont la moitié des gens du village. C'est un truc de fou, moi, je trouve. Et pour revenir encore un cran avant, donc comme beaucoup de Françaises et de Français, j'ai une origine agricole, et mon père a grandi dans un village du Charolais. où mes deux grands-parents sont devenus instits, mais ils viennent tous les deux de famille agricole. Et ils étaient les seuls dans leur famille à devenir instits et à sortir du milieu agricole, ou presque. Et mon père disait, quand on était petits, oui, Pépé et mes deux grands-parents étaient les instits, mais déjà c'était un truc de notable, à l'époque c'était respecté, ce qui est vachement moins le cas aujourd'hui. Ils représentaient la République. C'était quelque chose, un peu comme le curé représentait la religion. C'était un peu le curé de la République. Et en même temps, ils étaient fondamentalement liés dans la fabrique locale. Mon pépé était un site, mais il était aussi secrétaire de mairie parce qu'il mettait ses compétences au service de la mairie parce que c'était celui qui écrivait le mieux. Mais il faisait aussi le banquet de la Saint-Vincent et le concours de Coinge. Et donc en fait, il n'y avait pas de séparation aussi nette entre les classes non diplômées et les classes diplômées. Et ça, je pense que c'est une vraie différence. Comme je disais, ma mère, elle est vraiment dévouée à ses élèves et elle fait un travail absolument essentiel. Mais le samedi soir, il n'y a pas les parents des gamins autour de la table en fait. Ils ne sont pas amis. Et mine de rien, je pense que ça change des choses sur comment les classes populaires voient les personnes diplômées et inversement. Et mon père, il dit que quand il était petit... Tous les week-ends, ils aidaient aux travaux agricoles. Qu'ils aient une ferme ou pas, mais tout le monde se filait des coups de main. C'était avant la mécanisation, mine de rien. Et donc à partir du moment où les gens ont eu leur propre machine, ils n'ont plus besoin les uns des autres. Et où il y a eu la télé, mon père marque vraiment la différence des années 80, où en fait, ce qui était montré... comme désirables à la télé étaient tellement loin de ce que eux faisaient au quotidien qu'il y avait eu un peu un sentiment de dire on préfère vivre dans ce faux monde qui n'est pas le nôtre mais qui est tellement désirable avec des gens bien habillés, des musiques, des trucs exotiques plutôt que d'aller au bar du coin qui lui est réel mais qui n'est pas du tout aussi désirable dans l'imaginaire. Et ça, moi, j'ai vu encore... Donc ça, c'était le moment où tout le monde vivait en communauté. Puis, il y a eu des moments où, comme moi, je pense que je grandissais, c'était des survivances de ça, où en fait, les gens ne vivaient plus en communauté, mais ils se connaissaient. Ils ne travaillaient plus forcément ensemble, mais ils se rendraient des services. C'était plus un truc de soirée, de week-end, qui était déjà orienté un peu autour d'amitié. Et maintenant, c'est 100% orienté autour d'amitié, dans le sens où maintenant, tu invites les gens chez toi. Tu restes chez toi, tu choisis chaque personne qui vient chez toi. Et moi je l'ai vu à des trucs très cons. Par exemple, quand je grandissais, personne n'avait de portail. Enfin, les gens avaient un portail, mais il était tout le temps, tout le temps, tout le temps ouvert. Moi je me suis déjà pris une gifle de ma voisine. C'était complètement ok de faire ce genre de trucs. Aujourd'hui, quelqu'un met une gifle à quelqu'un qui n'est pas son enfant, mais je pense que les parents peuvent porter plainte. Et après, je ne dis pas que c'est super de mettre des gifles déjà aux enfants, et ensuite aux enfants qu'on ne connaît pas, mais ça dit quelque chose, je pense, de à qui appartiennent les enfants, et donc les enfants, c'est quand même l'avenir du collectif. Le portail, par exemple, quand je grandissais, on avait ce portail qui était avec des trous, je veux dire, on ne fermait jamais. Et bien, il y a quelque temps, ma mère, elle s'est mise à fermer le portail quand elle n'était pas là en week-end, par exemple. Puis maintenant, elle ferme le portail tous les jours. Et quand je lui ai dit « Maman, mais pourquoi tu fais ça ? » Elle me dit « Je ne sais pas, tout le monde le fait. » Je lui ai dit « Ce serait bizarre aujourd'hui d'avoir un portail ouvert. Ce serait bizarre. » Et donc ça, je me dis « Mais c'est quoi cette histoire en fait ? » On s'est barricadé chez nous, littéralement. Et donc c'est pour ça que je pense qu'il y a vraiment un espèce de mythe de... En tout cas, chez moi, dans ma ruralité, qui est de la ruralité de plus en plus périurbaine, qui est donc orientée socialement, professionnellement, en termes de consommation, en dehors du village. En fait, le village où on y vit, c'est un village dortoir aujourd'hui. En fait, on se raconte, et je le vois, il y a des Lyonnais qui viennent post-Covid, qui sont venus chercher les petits oiseaux, un jardin et une vie de village. Les gars, vous avez des oiseaux et un jardin, mais vous n'avez pas une vie de village, en fait. Ça n'existe plus. Ça n'existe plus. C'est choisi, en fait. Et c'est pour ça que c'est d'autant plus difficile quand tu débarques. Parce que si t'es pas dans les bails, t'es pas invité. Et il n'y a pas vraiment d'endroit où tu peux rencontrer les gens aujourd'hui. Et donc je comprends la solitude de plein de néo-ruraux qui sont un peu là, mais comment je m'intègre ? Franchement, bon courage. Parce que c'est vraiment pas facile.
- Speaker #0
Il y a des codes aussi. Moi, j'ai le souvenir que ça me semblait moins prégnant à une époque quand j'étais enfant, À quel point les... code de si t'as pas tendu ta pelouse tu le fais pas parce que t'as envie de tendre ta pelouse tu le fais parce qu'en fait tu vas être très jugé par les voisins et ouais c'est ça et j'avais quand même l'impression qu'à une époque c'était peut-être moins choquant peut-être parce que j'étais enfant j'en sais rien mais j'avais l'impression que c'était non on s'en foutait plus oui
- Speaker #2
bien sûr mais c'est un peu comme ce que je disais sur on a tellement perdu l'habitude de recevoir que maintenant quand on reçoit ça doit être un truc de fou plutôt que de juste dire c'est pas rangé on s'en fout en fait et je pense qu'il y a vraiment un Mouah ! Si je reviens sur l'expérience de mon père, moi, ce qui me fout droit quand même, c'est qu'à chaque fois qu'on a le choix, on choisit de faire seul. On choisit le confort. Parce qu'en fait, mon père, il disait, mais avant les machines, on n'avait pas le choix de céder. C'était de la communauté obligée, en fait. Et en montagne, c'est un peu pareil. La solidarité, elle est obligatoire. Et moi, ça m'interroge vraiment sur notre nature humaine, qui est qu'à partir du moment où on peut choisir, on préfère le confort de la solitude et de l'individualisme. Je ne sais pas ce que ça veut dire, et surtout, je ne sais pas comment on lutte contre ça, mais ce n'est pas anodin, en fait, quand même.
- Speaker #0
Est-ce que ce n'est pas juste... Je simplifie beaucoup, mais est-ce que ce n'est pas juste une histoire de manque de perspective sur ce qu'apportent les collectifs, une histoire de culture aussi, une histoire de...
- Speaker #1
D'habitude aussi, d'apprentissage.
- Speaker #0
C'est juste une adaptation continue à ce système-là, et du coup, le fait de vouloir survivre dans ce système fait que tu t'y adaptes, et que ce système est un système qui pousse l'individualisme, et donc, est-ce que c'est un vrai choix de confort ou un choix de survie et d'adaptation ?
- Speaker #2
En tout cas, ce qui est sûr, c'est que de fonctionner autrement aujourd'hui dans ce système actuel, ça demande un effort supplémentaire, ça c'est sûr. Et moi, je le vois parce que j'échoue beaucoup à le faire. Il y a plein de moments où je me dis, il faudrait que je fasse ci, il faudrait que je fasse ça, et en fait, j'y vais pas. Et à chaque fois que j'y vais... je suis trop contente. Donc c'est vraiment le sujet de l'effort. Mais c'était tellement plus facile de rester assis à scroller. Ça demande moins 12 d'efforts de rester assis à scroller. Même au moins quand tu regardais la télé en famille, au moins il y avait de l'interaction. Mais maintenant, chacun est sur son truc. C'est vraiment de l'individualisation absolue du cadre de vie. Et du temps, en fait. Surtout, on passe tellement de temps seul.
- Speaker #0
Sans dire que tout était mieux avant, c'est vrai que c'est difficile de ne pas constater qu'on s'éloigne de plus en plus d'une vision idéalisée de la ruralité. Et si le constat est aussi flagrant, la raison ne peut pas être simplement individuelle. Lumière, elle en identifie bien les causes sur son territoire de l'Ain, et elle l'analyse même en détail dans son livre.
- Speaker #1
Par exemple, ce qu'elle constate aujourd'hui découle entre autres de ce qui s'est passé dans les années 60-70. À une période où des usines ferment dans le nord et l'est de la France, en périphérie de la métropole lyonnaise, la plaine de l'Ain hérite de plusieurs projets de zones industrielles et d'une centrale nucléaire. Ça amène de l'emploi, les habitants ont du mal à s'y opposer. Et c'est aussi un choix politique des dirigeants de l'époque, de regrouper ces structures-là, loin des bastions ouvriers syndiqués. Plus récemment, la région a aussi vu pousser comme des champignons les entrepôts logistiques, qui créent des postes, mais souvent précaires, avec 30 à 40% d'intérim.
- Speaker #0
Dans l'échange qui suit, on a choisi de s'attarder un peu plus sur deux des conséquences de l'évolution de notre société sur les dynamiques collectives. D'abord, une qui nous a marqués à la lecture du livre. D'après Lumière, l'évolution de la société a changé la perception qu'on a des autres. Elle a changé la façon dont on se jauge, et du coup, de ce qui nous valorise dans le groupe.
- Speaker #1
Ensuite, on voulait discuter de l'impact des choix politiques en matière d'infrastructure. Parce que c'est un sujet qu'on a retrouvé dans les autres interviews de la saison. L'importance des transports, et surtout des lieux. C'est aussi pour ça qu'on se dit que son analyse peut paraître très spécifique à son territoire, et en même temps avoir un côté plus universel.
- Speaker #0
Tu parlais de l'impact sur le territoire du travail, en fait, qu'en fait c'est l'évolution du travail qui crée aussi une évolution des collectifs. Tu parles un peu dans ton livre de ça, en fait, le lien aujourd'hui entre les gens, il se fait à travers du jugement, notamment à travers ton statut de travailleur. Est-ce que tu peux nous parler brièvement de ça, de qu'est-ce qui tisse le lien entre les gens aujourd'hui ?
- Speaker #2
Je ne veux pas faire de trucs réducteurs. Il y a aussi plein de liens, ce qu'on appelle non marchands, chez nous, gratuits. Mais il est vrai que dans un espace, notamment un espace social, il faut rappeler quand même que l'immense majorité des gens qui habitent à la campagne sont des classes populaires, 4, 10, 75 %. On parle donc de personnes faiblement diplômées qui ont peu eu accès à des motifs de fierté reconnus dans la société, c'est-à-dire un diplôme, c'est-à-dire un métier... no-subaltern, c'est-à-dire un métier où tu décides pour toi ce que tu fais au quotidien, ça c'est... se pose la question parce que je pense que c'est fondamentalement un besoin humain que de se dire de quoi je suis fière, qu'est-ce qui me rend fière de moi sur un marché où il est de plus en plus difficile d'être propriétaire, d'avoir un CDI, etc. Ce qui te reste, c'est est-ce que tu bosses, oui ou non, et est-ce que tu bosses dur, oui ou non. Et donc les choses même qui participent à la création de collectifs, c'est-à-dire le soin, c'est-à-dire le temps, sont dévalorisées au profit d'une capacité à, pour citer mes potes, se buter au travail, à investir pour faire des travaux et revendre, à être malin et un peu à baiser les autres. Et ça, pour moi, c'est vraiment absolument quelque chose qu'il faut qu'on réfléchisse, qui est comment est-ce qu'on offre d'autres motifs de fierté à plein de gens qui pourraient et devraient les trouver dans le collectif. Pour moi, c'est vraiment évident que ce n'est pas très difficile de faire une transition de l'individualisme à la communauté chez nous. Des valeurs hyper importantes sur être quelqu'un sur qui compter, être une personne fiable, être une personne qui s'engage. Alors, on n'est pas obligé de voir ça comme travail H24, mais en fait, semer à disposition, etc., pour moi, c'est quand même vraiment les qualités qu'on cherche. quand on veut faire une communauté saine et qui grandit. Par contre, il y a vraiment un sujet de ce qu'on valorise. Et là, c'est là où je crois qu'aujourd'hui, ce qui est valorisé, c'est la compétition, c'est d'être mieux que le voisin, c'est d'avoir un meilleur taf, de gagner mieux, d'avoir plus réussi à acheter un truc et investir. Et bien évidemment quand on se sent en bas de la pyramide, on a toujours envie d'être l'avant dernier, on veut jamais... C'est normal, personne n'a envie d'être le dernier. Et donc du coup qu'est ce qu'on fait ? On trouve ceux qui sont encore plus vulnérables que nous et on leur marche dessus en se disant bah si ça va me faire gagner quelques centimètres. Et ça pour moi c'est vraiment aussi la résultante. Si ça ça a été possible, si cette vision du monde elle a été rendue possible, c'est parce que les autres visions du monde ont disparu. La vision du monde où ensemble on est plus fort, où c'est le collectif qui sauve, ça a été remplacé par quand on veut on peut, moi j'ai besoin de personne, voir les autres sont un danger dont il faut se protéger, et on n'a pas parlé de vote, mais c'est pas surprenant que... Les zones rurales soient de plus en plus en train de se radicaliser à la droite et à l'extrême droite parce qu'en fait, au-delà d'un vote, c'est la résultante d'indivisions du monde où le collectif et le soin passent au deuxième plan parce que c'est vu comme quelque chose de faible, quelque chose qui fait perdre du temps, quelque chose qui ne permet pas de gagner au jeu du capitalisme.
- Speaker #1
milieu périurbain et tout, donc il y a des particularités, mais quels lieux existent encore ou est-ce que tout a un peu disparu ? Et selon toi, est-ce qu'il y aurait des types de lieux qui seraient possibles ou désirables pour le futur ?
- Speaker #2
Il y a vraiment un sujet de lieux. Et c'est pour ça que j'aime tant les US aussi, c'est qu'il y a des lieux collectifs, les bibliothèques, les églises, les parcs. Les gens sortent encore vachement de chez eux. Alors je sais que dans les zones rurales où je suis allée, pas partout, mais en fait, eux, ils ont plus de liens non choisis, notamment grâce à l'église et au sport. Tout le monde fait du sport, y compris à l'école, etc. Et donc, moi, ce que j'ai vu, c'est que ça, ça permet de garder des liens entre des gens qui n'ont aucune raison d'être en lien, en fait, à travers les classes sociales, à travers... Et puis, mine de rien, c'est un pays où il y a tellement d'espace. que c'est pas difficile de trouver de l'espace pour faire un truc. Par contre, en France et dans le pays urbain, moi je le vois de moins en moins, nous on n'avait pas de lieu quand on était gamines. On allait sur le banc du cimetière, après ça ne nous empêchait pas. Et donc je pense qu'on a vraiment un enjeu à créer des lieux où les gens peuvent se réunir gratuitement pour... Pour rien, en fait, de base. Le projet naîtra, je pense, après. C'est pour ça que les maisons de jeunesse, les MJC, c'est des endroits qui sont tellement importants. Et je pense qu'une des grandes chances qu'on a à la campagne, c'est qu'on a de la place. Mais comme on s'est barricadés chez nous, on n'a plus de... Ces endroits ne sont plus ouverts. Et je me dis que c'est quand même con, parce que le nombre de garages, de granges, de... Ciao ! d'endroits où les gens pourraient se voir, ça ne manque pas. Donc il y a quand même vraiment un sujet de pourquoi est-ce que c'est si difficile pour les gens de faire de ça une priorité. Et puis après, il y a quand même un sujet de qui est invité dans le lieu aussi, parce que c'est un peu ça que je vois notamment chez les néo-ruraux qui ouvrent des cafés, des trucs. Bon, en fait, si ton café, tu l'ouvres, il n'y a que des néo-ruraux qui y viennent. Alors tu rends un service pour les néo-ruraux, c'est pas déconnant, mais par contre tu fais pas un lieu de lien social, c'est pas vrai. Et c'est pas facile, enfin je sais que c'est pas facile d'être accepté quand t'es nouveau, mais bon pour moi il y a quand même vraiment un truc de comment est-ce que tu fais avec les gens. Et la vraie sauce c'est quand t'as des nouveaux et des anciens quoi, à mon sens. Et c'est possible, c'est possible, ça arrive à plein d'endroits, mais ça suggère vraiment de lier... D'en faire un projet, que ce soit intentionnel encore une fois.
- Speaker #1
Et toi, tu l'as vu, tu l'as expérimenté un peu ?
- Speaker #2
Je l'ai expérimenté pendant ma campagne. On avait un QG de campagne qui était ouvert. Et si on n'avait pas eu ce QG de campagne, il y aurait eu vachement moins de trucs qui se seraient passés. C'est un endroit où tu mets du matos, où tu fais une sieste, où tu viens boire un café. Et c'était vraiment trop, trop bien. Vraiment, c'était un lieu, on en avait fait un lieu beau. On l'avait décoré, on a mis des tapis, on avait mis des canapes, c'était important aussi que ce soit pas juste un espèce de truc froid comme la mort là, ou un endroit où tu te sens accueilli,
- Speaker #1
je pense que c'était important. Dans ton livre tu parles beaucoup aussi, tu nous le disais aussi, des distances en voiture, les trajets, et en fait est-ce qu'il n'y a pas une barrière de la distance et du mode de transport ? Parce qu'en fait si tu passes à pied et que tu vois qu'il y a quelqu'un que tu connais, tu vas rentrer. Mais si tu traverses en voiture ou que tu prends la rocade et que tu ne passes pas du tout par le centre-ville ou tu ne passes pas devant tel ou tel lieu, finalement, tu ne t'y arrêtes jamais sans avoir pris rendez-vous.
- Speaker #2
Quand je travaillais à l'usine, je me suis vraiment dit que nos vies, c'est qu'on se réveille dans une moyenne boîte, notre maison, on rentre dans une petite boîte, notre voiture, on la gare et après, on rentre dans une grosse boîte, l'entrepôt. Et après, on refait la même chose. Je me suis dit que ce n'était pas possible, on ne pouvait pas vivre comme ça. Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Et encore une fois, ça vient au qu'est-ce qui est confortable, qu'est-ce qui est simple. Il y a un enjeu d'infrastructure. Moi, chez moi, je ne peux pas faire de vélo. Je ne recommande à personne de faire de vélo sauf s'il veut mourir. C'est un vrai problème. Que foutent les mairies ? Que fait l'État ? Et du coup, qu'est-ce que nous, on fait ? Parce que comment est-ce qu'on exige et qu'est-ce qu'on gagne des choses qui changeraient nos vies ? Et je pense sincèrement que si... S'il y avait des pistes cyclables dans toute la France, ça serait plus simple, rien que pour les gens qui ne peuvent pas conduire. Moi, quand j'étais ado, je ne pouvais pas conduire, parce que je n'avais pas de voiture, j'avais 15 ans, je ne pouvais pas aller chez mes copines. Et donc forcément, la voiture devient la réponse à tout quand il n'y a pas d'autres solutions. Mais je pense que l'infrastructure, elle formate, elle façonne le monde dans lequel on vit. Et donc si on a un monde qui est plus ouvert, il n'y a pas de raison que ce ne soit pas plus simple. pour les gens de se retrouver. Ça nécessitera toujours un effort parce que rentrer à pied ou rentrer en vélo, c'est plus difficile que rentrer en voiture, surtout quand il pleut, surtout quand il fait froid. Mais moi, j'ai quand même vraiment l'impression que là, collectivement, on arrive à un moment où les gens se disent en fait, on ne peut plus vivre là-dedans. C'est plus possible, ce système il est à bout, on n'est pas heureux. Et pour moi le vote RN il est largement une résultante de ça, qui est une résultante d'un deuil qui est impossible à faire, de millions de gens qui se disent mais en fait moi j'ai suivi toutes les règles. Vous m'avez dit c'est ça le jeu, il faut bosser, il faut pas se mettre en arrêt maladie, c'est pas grave si t'as pas fait des études, tu travailleras dur. Et en fait c'est ça que j'ai à la fin. Des crédits, des traites, et pas de temps pour voir mes gosses, et des inquiétudes, et des factures. Et au-delà des enjeux matériels qui sont réels, moi je pense qu'il y a une crise spirituelle en fait de... Mais c'est ça la vie ? Tout ça pour ça en fait ? Je pense vraiment le tout ça pour ça. Je crois qu'il y a beaucoup de gens qui se disent ça.
- Speaker #0
On partage un même constat, il faut redonner l'inspiration de la jouée collectif. Et j'espère qu'on va réussir à y apporter notre petite touche.
- Speaker #1
Oui, moi aussi. Et sinon, en tant qu'architecte, je retiens aussi ce qu'elle a dit sur le besoin de lieux qui rassemblent. Elle passe un peu vite dessus, mais elle parle du principe d'un lieu qui ouvre sans programme très défini et qui prend forme et se précise au fur et à mesure des besoins et des envies. C'est une idée que j'aime beaucoup et qui a déjà été expérimentée dans d'autres lieux, en ville comme à la campagne. L'hôtel Pasteur à Rennes, le couvent des Clarisses à Roubaix.
- Speaker #0
Je suis d'accord que c'est un vrai sujet, et on ne manquera pas d'en reparler très bientôt.
- Speaker #1
Et pour conclure cet épisode, ce qui fait qu'on a eu envie d'interviewer Lumière, c'est aussi qu'elle propose des solutions et des actions.
- Speaker #0
Alors, on a eu envie d'entendre ce qu'il anime.
- Speaker #1
Un début du podcast, c'est un peu d'inspirer, mais du coup, c'est hyper important d'évoquer les problèmes. Mais au-delà du coup de ce constat, toi, tu tires quand même la conclusion que le territoire rural que tu connais, c'est potentiellement un terreau important des collectifs. Et du coup, est-ce que tu peux... Nous dire quels sont éventuellement les leviers qui permettront d'aller vers quelque chose de plus collectif et plus largement quels seraient pour toi les leviers au-delà de ce territoire-là pour réactiver la culture des collectifs ?
- Speaker #2
En fait pour moi il y a deux solutions. Il y a soit on attend de ne plus avoir le choix, et en fait ça ne va pas trop tarder. C'est un peu horrible mais la crise elle arrive, les crises. successives, notamment la guerre, mais aussi les crises écologiques, les pandémies, il suffit de voir le Covid. En fait, quand il y a une pandémie mondiale, t'es obligé de faire avec le collectif et t'es obligé de faire en hyperlocal. Y'a pas vraiment de choix. Donc bon, voilà. J'espère qu'on n'en arrive pas là, ou en tout cas qu'on l'anticipe. Moi, ce que je constate, c'est quand même que les seuls moments où... On arrive à obtenir ce qu'on veut, c'est quand on se met en ce moment. Il suffit de voir les manifestations contre la police de l'immigration aux Etats-Unis. Les seuls moments où il y a des arrestations, des kidnappings, on peut le dire même, par des voyous armés, masqués, non identifiés, non immatriculés, enfin c'est zinzin quand même. Les seuls moments où ces gens n'arrivent pas à kidnapper des voisins et des voisines, c'est quand les gens autour se disent « Eh, mais en fait, lui je le connais, tu veux dire ? » Non, hors de question. Ça fait 20 ans qu'il est là, ou ça fait 2 ans qu'il est là, on s'en fout d'ailleurs, il n'y a pas à prouver. Mais il fait partie de ce collectif, et tu ne vas pas le kidnapper en fait, c'est hors de question. Et pour moi, c'est là où on nous parle beaucoup de sécurité, mais le collectif c'est une sécurité monstrueuse. Monstrueuse ! En fait, demain, c'est marrant parce qu'on en discutait à Noël, on discutait de ça avec ma famille, et on se disait, imaginez demain, là, hop, paf, on doit être tous coincés, tous ensemble, qui fait quoi ? Et en fait, c'est comme ça aussi que tu construis des collectifs de moi, je fais à manger. Ah oui, toi, tu sais super bien faire le jardin. OK, trop bien. Toi, tu fais de l'art et tu nous destraira. Et je me dis, on était un collectif vraiment très diversifié en âge, en genre, en métier. Il y avait des agris. Vraiment de tout. Tout le monde peut trouver sa place dans le collectif, c'est incroyable. En fait, on a tous et toutes une place, y compris pour des gens qui sont rejetés par le système capitaliste parce qu'ils sont pas assez performants. En fait, c'est trop bien. Ça veut dire qu'on peut toutes et tous participer. À ce collectif, qu'on soit en situation de handicap, qu'on soit âgé, on a des trucs à apprendre. Je pensais à ma mamie qui aujourd'hui est considérée, il faut voir comment cette société, elle considère les femmes notamment âgées mais comme rien en fait. Et bien en fait, pardon, mais ma mamie elle tricote hyper bien. Demain si on a un problème et qu'on peut plus faire l'ivrishine et je souhaite que ça arrive, on va devoir avoir chaud. Elle sait cuisiner plein de trucs. Elle s'est raconté des histoires au coin du feu. Donc je me dis, il faut vraiment qu'on arrive à voir que c'est positif de recréer ça. Je crois que les espaces ruraux, ils sont des lieux d'expérimentation de tout ça. Ils sont des espaces de fragmentation très forts, contrairement à l'image un peu d'épinal qu'on en a. Mais ils sont aussi des lieux où on peut faire machine arrière facilement. Déjà parce qu'il y a de l'espace. Donc en fait, c'est plus facile d'expérimenter des trucs quand il y a de l'espace. Ensuite parce qu'il y a déjà une unité définie de gens hyper différents, que c'est simple. Par exemple, je pensais au maire de Vinsieux, le plus jeune maire de France, qui pour Noël a fait un dîner avec tout son village, donc avec 400 personnes. Mais c'est incroyable de faire ça en fait. Et donc je pense qu'on a de la terre pour essayer une autre agriculture. On a à disposition du temps aussi, avec des espaces où il y a pas mal de personnes retraitées. énormément de mélange intergénérationnel, beaucoup de personnes immigrées aussi. Il faut arrêter de croire que moi, dans l'Inde, il y a quasi 12% d'immigrés. C'est autant que le Rhône ou les boucheries du Rhône où il y a Lyon et Marseille. Donc en fait, on peut essayer plein de trucs. Et je ne dis pas ça en mode start-up nation, laboratoire expérimental, je ne sais pas quoi, mais je pense juste qu'on l'a eu fait et que... Ce que je nous souhaite, c'est qu'on arrive à le refaire intentionnellement avant qu'on soit forcé de le faire et que ça se fasse par la brutalité et la violence.
- Speaker #1
Et ce serait quoi pour toi les leviers à activer sur ces territoires-là ou plus largement ?
- Speaker #2
Je pense que déjà, il faut se compter, se connaître. Alors un truc très simple pour moi, c'est un groupe WhatsApp avec tout le village. Il n'y a personne ou presque qui fait ça et je l'ai vu faire aux US, ça change tout. Par exemple, nous... Du coup, on a fait un groupe WhatsApp juste pour cet immeuble, mais c'est trop bien. En fait, c'est des conneries comme, au début, ça a commencé, récupérer mon colis, machin. Maintenant, ma voisine du tout, elle apprend à jouer de la trompette, je l'entends, je lui dis, c'est vachement mieux que la semaine dernière. Il y a eu des fêtes des voisins, il y a des gardes de Ausha. Alors, ça reste encore, comme on est quand même sur une population privilégiée, on pense aussi à des gens qui peuvent payer pour des services, mais a fortiori dans des zones populaires. Et c'est fait de toute manière. L'écologie de la débrouille, le fait de garder les enfants les uns des autres, c'est pas moi qui l'invente, ça existe déjà. Là où je me dis que ça pourrait être super que ce soit objectivé en dehors des liens préexistants, c'est qu'en fait ça puisse accueillir d'autres personnes. Et donc franchement, si vous nous écoutez, que vous habitez dans un village, faites un groupe WhatsApp de toute votre rue, de tout votre hameau, ça commence comme ça, et organisez un apéro. Il faut être la première personne chelou. qui fait ce genre de truc. C'est comme faire un porte-à-porte, c'est chelou. En fait, faire un truc qui n'est pas fait habituellement, c'est chelou. Au pire, les gens disent non. Au mieux, vous passez un bon moment. Et puis, encore mieux, vous construisez quelque chose. C'est vraiment trop stylé.
- Speaker #1
Elle parle bien quand même Lumière. On aurait envie que la discussion s'arrête pas non ? Et ben tu sais quoi ? On te réserve une petite surprise.
- Speaker #0
Mais on l'a déjà dit dans l'intro.
- Speaker #1
Ouais c'est vrai. Bon mais peut-être que tu t'en souviens pas. On te propose un second épisode. En fait, ce que t'as entendu, c'est qu'une partie de la discussion. Mais on va pas te spoiler, l'épisode arrive dans 15 jours. Tout ce que je peux te dire, c'est que tu n'as pas tout découvert de son analyse, et de pourquoi, comme nous, elle pense que l'avenir est collectif.
- Speaker #0
En tout cas, de son côté, Lumière est persuadée que ça se fera dans les campagnes, là où l'échelle et l'espace le permettent. Ça, c'est déjà une perspective positive. Et puis j'aime beaucoup aussi ce conseil d'oser être la première personne chelou qui fait un premier pas vers les autres. Qu'est-ce que nous on pourrait faire comme truc à notre échelle ?
- Speaker #1
On peut vous raconter ce qu'on a tenté récemment. On a voulu faire un week-end porte ouverte. C'était une expérimentation qu'on a envie de retenter. Le temps d'un week-end, on a « ouvert » les portes de notre appartement. On propose un petit programme, et l'idée c'est simplement de recréer autour de nous une forme de collectif, et puis de simplifier les choses. Venez quand vous voulez, la maison est ouverte.
- Speaker #0
En attendant l'épisode 2, si t'es trop impatient, on te conseille d'aller écouter l'épisode 28 des Couilles sur la table. Tu verras que ça vient bien compléter ce que Loumy raconte sur l'évolution des relations à la campagne.
- Speaker #1
On a plein d'autres recommandations de ce type et on a plein de livres à lire sur le sujet des collectifs. Alors si ça t'intéresse, viens nous suivre sur Instagram, on va essayer de te résumer leur travail.
- Speaker #0
Et si jamais t'as pas Instagram, écris-nous par mail.
- Speaker #1
Et si vous êtes assez nombreux, on en fera une newsletter.
- Speaker #0
Merci d'avoir écouté cet épisode de Point commun. On vous partage quelques ressources pour aller plus loin. Vous trouverez toutes les infos en description.
- Speaker #1
Et n'hésitez pas à nous soutenir en partageant cet épisode autour de vous ou en mettant des étoiles, des pouces, des cœurs, ce que vous voulez.
- Speaker #0
On serait aussi trop content de recevoir vos réactions, vos avis et aussi vos recommandations et vos idées pour continuer l'aventure.
- Speaker #1
Et à dans 15 jours, pour un nouvel épisode de Point commun.