Speaker #0Pour une parentalité apaisée Saison 2, épisode 1 Écran, combien de temps pour mon enfant ? Alors, combien de temps je peux laisser mon enfant devant un écran ? Question très fréquente, la réponse est simple et vous surprendra. D'ailleurs, mais c'est justement parce qu'elle mérite des explications qu'elle ne sera révélée qu'en fin de l'épisode. Comme de la saison précédente, ici pas d'injonction mais des explications claires, basées sur des données fiables, pour en tirer des conseils pratiques. Et déjà, si vous vous posez cette question, c'est que vous êtes prêt à engager la discussion avec votre enfant. Vous osez la parentalité numérique et rien que pour ça, bravo ! Bonjour, je m'appelle François-Marie Caron, je suis pédiatre, je suis l'ancien président de l'association française de pédiatrie ambulatoire et l'un des nombreux experts de notre site de conseil pour les parents, mpedia.fr. En cherchant, vous allez trouver des réponses à cette question de temps d'écran, mais elle varie. Des recommandations officielles, des avis d'experts qui sont plus ou moins autoproclamés, ou alors des conseils plus ou moins fondés. Mais alors, que dit la science ? Et surtout, est-ce que cette question du combien de temps, purement quantitative, a vraiment du sens ? La science est en difficulté pour nous aider sur cette question très précise. Par contre, elle sait nous donner des repères fiables pour le sommeil, selon l'âge, pour l'activité physique, avec les recommandations de l'OMS, et pour la sédentarité. à limiter autant que possible. Aussi, vous pourrez vous dire que si le temps d'écran vient grignoter ces piliers-là, c'est qu'il devient trop. Commençons par le sommeil. Le sommeil a un super pouvoir pour les enfants. On a souvent l'impression que dormir, c'est perdre du temps. Pourtant, en particulier chez les enfants, c'est tout le contraire. Pendant le sommeil, le cerveau est en pleine activité. Il trie les informations de la journée, consolide ce qu'on a appris, renforce la mémoire et même il stimule la créativité. C'est un peu comme appuyer sur reset chaque nuit pour mieux apprendre et mieux comprendre le lendemain et mettre à la poubelle tout ce qui ne sert à rien. Et ce n'est pas tout, la nuit le corps secrète aussi l'hormone de croissance, essentielle pour grandir, pour réparer les tissus et construire le corps de demain. Dormir c'est donc recharger le corps et recharger le cerveau. Voici quelques repères simples selon l'âge. A 3-4 ans, entre 10 et 13 heures de sommeil. De 6 à 11 ans, entre 9 et 11 heures. De 12 à 17, entre 8h30 et 9h30. Et toujours avec des heures de coucher et de lever régulières. Mais voilà où les écrans peuvent perturber ce rythme. La lumière bleue qu'ils émettent bloque la sécrétion de mélatonine, l'hormone du sommeil. Résultat, l'horloge biologique se dérègle et le cerveau croit qu'il est midi. C'est prouvé, pas d'écran au moins une heure avant le coucher. Alors, première règle à retenir, pas d'écran dans la chambre et le téléphone se recharge dans la cuisine avec celui des parents. Eh ben oui ! Et pour répondre à l'argument que ne manquera pas d'utiliser votre ado, « Et comment je me réveille ? » Eh bien, dans le commerce, il existe encore des réveils, et cela, il n'envoie pas de notification. Et maintenant, bouger. Bouger, c'est bien plus qu'un jeu. Quand un enfant court, quand un enfant saute, qu'il grimpe, qu'il fait du sport, il ne fait pas que se défouler. Il construit sa santé pour aujourd'hui et pour demain. L'activité physique va développer le cœur, les poumons, les muscles, ça aussi. Mais aussi la coordination, l'équilibre, la motricité fine. Et surtout, elle permet de construire le capital osseux, un stock qu'on forme principalement avant 25 ans et qu'on garde toute la vie. Oui, c'est maintenant que ça se joue. Et ce n'est pas bon que pour le corps, l'activité physique c'est aussi un boost pour le cerveau, une formule gagnante. Elle améliore l'attention, la concentration, la mémoire, elle diminue l'anxiété. Un enfant qui bouge, c'est un enfant qui apprend mieux et qui se sent mieux. Voici ce que recommande l'OMS pour simplement rester en forme. De 3 à 4 ans, 180 minutes d'activité physique par jour dont 60 soutenues. De 5 à 17 ans, 1 heure par jour avec au moins 3 séances par semaine d'activité plus soutenue, là où on transpire. Et à l'inverse, rester trop longtemps immobile, c'est la cata. Chez les enfants comme chez les ados, passer trop de temps assis ou allongés. A l'école, devant un écran, en voiture a des conséquences. Plus de risque de surpoids, plus de troubles métaboliques et une baisse de la forme physique. et aussi un impact possible sur la santé mentale. Alors même si la science n'a pas encore été utilisée, Pour définir un seuil exact de temps à s'y à ne pas dépasser, on sait une chose, ce n'est pas bon de rester inactif trop longtemps, moins de 5 ans, ne jamais rester immobile plus d'une heure d'affilée. Pour les autres, il suffit de bouger 1 à 3 minutes toutes les heures, se lever, s'étirer, danser, sauter, n'importe. Ce qui compte c'est rompre l'inertie. Vous l'aurez compris, il n'y a pas une durée universelle, magique, qui conviendrait à tous. Ce serait tellement plus simple, mais aussi beaucoup moins juste, beaucoup moins vrai. Le vrai repère, c'est celui-ci. Si les effets en grignotent le sommeil, s'ils diminuent l'activité physique, et s'ils augmentent trop la sédentarité, alors ils prennent trop de place. Et c'est là qu'il faut agir pour les réduire. Sinon, si tout ça va bien, et bien où est le problème ? La bonne question à se poser, c'est donc, pas combien de temps, mais plutôt... À quoi mon enfant utilise-t-il les écrans ? À quel moment de la journée ? Et que cela remplace-t-il ? Parce qu'au fond, ce n'est pas le temps passé devant un écran qui compte, c'est le reste du temps. Ce qu'on en fait, ce qu'on fait quand on est avec, ce qu'on fait, et ce qu'on n'a plus le temps de faire quand on est devant les écrans. En conclusion, toujours la même question, alors combien de temps devant les écrans ? Vous l'aurez compris, poser la question du temps d'écran, c'est légitime, mais y répondre uniquement en minutes ou en heures, Ça suffit pas. Ce n'est pas en tant que combien de temps, mais à quoi, comment, à quel moment. Un temps d'écran qui empiète sur le sommeil, l'activité physique, les échanges familiaux ou le temps scolaire, c'est trop. Un temps d'écran partagé, encadré, choisi, adapté à l'âge, intégré dans un équilibre quotidien, c'est complètement différent. Le défi, ce n'est pas de chronométrer chaque minute, mais d'accompagner les usages, de rester en dialogue avec son enfant avant d'ajuster les règles en fonction de son âge, de ses besoins, de son bien-être. Et si vous cherchez des règles simples pour commencer, en voici quelques-unes. Impérative, pas d'écran pendant les repas, pas d'écran au moins une heure avant de dormir, pas d'écran dans la chambre, une heure d'activité physique modérée par jour, pas au lieu du sport mais du trajet à pied, escalier plutôt qu'ascenseur, vélo, skate, trottinette, roller, bref, on se bouge. Et trois fois par semaine on est plus actif, une activité plus intense, bref, un truc où on transpire. Une pause pour bouger toutes les heures quand on est assis, et des temps pour parler, pour jouer, pour créer ensemble avec ou sans écran. La parentalité numérique, c'est pas une science exacte, mais un chemin. Et à propos de bouger, vous venez de faire un grand pas. Alors la prochaine fois, on va expliquer un peu pourquoi le temps d'écran dans les études, qui est indispensable pour essayer de savoir combien de temps passent nos enfants devant les écrans, n'a peut-être pas tant de sens que ça. On parle souvent d'exposition aux écrans, mais on n'est pas exposé aux écrans. On est devant un écran et on y fait quelque chose. Donc vous voyez, la prochaine fois, on va revenir dans les études et on va montrer que ça n'a peut-être pas de sens de parler de temps d'écran. Alors, si vous avez aimé, vous pouvez liker, partager à vos amis, vous abonner à la chaîne. et n'hésitez pas à poser des questions et à très bientôt