Speaker #0Bienvenue dans Prends une pause, je suis Loubna, thérapeute psychocorporelle spécialisée en régulation émotionnelle. Ici on explore le lien entre tes émotions, ton corps et ton système nerveux, parce que ce que tu ressens ne se joue pas seulement dans ta tête, ça vit aussi dans ton corps. Mon intention ici est de t'aider à ne plus te laisser submerger par ce que tu ressens, en apprenant à le réguler par le corps plutôt qu'à l'analyser sans fin, pour retrouver plus d'apaisement, de sécurité et de liberté. Aujourd'hui, j'ai envie de te parler de cette phrase que tu as déjà sans doute déjà entendue peut-être de la part de quelqu'un, d'un ami, d'un proche, que tu as peut-être aussi lu quelque part, même dans une application de méditation, ou de ta propre voix en fait, que tu te dis à toi-même tard le soir quand tu n'arrives pas à te coucher, vas-y c'est bon, lâche prise, arrête de penser à tout ça. Et donc si tu es là, je me doute que ce que tu as répondu là dans ta tête c'est oui je sais, je dois lâcher prise, mais je n'y arrive pas. Bonjour à tous, je suis ravie de vous retrouver aujourd'hui pour un nouvel épisode avec la thématique que tu as entendue déjà. Alors si tu me regardes en vidéo, tu te rends compte que je porte mon micro à la main. Alors je ne l'ai pas dévissé comme j'ai pu le faire les derniers temps et je me rends compte qu'il est très très lourd. Et en fait il est peut-être temps que j'investisse dans un nouveau micro. Voilà, j'étais en train de me dire ça en commençant à enregistrer. Mais c'est vrai que ce micro a un côté très sentimentel pour moi, donc je rentre vraiment dans les confidences. C'est le premier micro, c'est mon premier micro, mon seul et premier micro que j'ai pour enregistrer mes podcasts, qui m'a été offert par mon frère. Quand je lui ai dit, écoute, je pense que j'ai besoin d'une impulsion pour commencer mon podcast, j'ai pas de micro, et si j'ai mon micro, je commence. Il m'a offert ce micro et j'ai commencé, donc voilà, ça a un côté sentimental, je pense souvent à mon frère quand je parle dans ce micro. Mais bon, il est quand même temps que j'investisse dans un autre micro plus facile et plus léger. Je referme cette parenthèse sur ma vie privée, et je reviens à nos moutons, à notre histoire de lâcher prise. Donc déjà, je vais commencer par quelque chose, déjà annoncer la couleur. Parce que je te le dis tout de suite, le fait de ne pas arriver à lâcher prise, ça n'a rien à voir avec un manque de volonté. Ça je le dis parce qu'il pabilise énormément de ça. En fait, dans cet épisode, on va regarder ce qui se passe vraiment dans ta tête, mais surtout dans ton corps, et je te propose, en plus à la fin, Une petite pratique à faire avec moi, donc tu verras si tu peux la faire là maintenant avec moi lors de l'écoute ou si tu es en voiture ou si tu es au travail, peut-être que tu le feras plus tard dans la journée. Alors commençons déjà par cette phrase, lâche prise. Alors souvent elle part d'une bonne intention, les gens qui te la disent, te la disent parce qu'ils ont envie de t'aider. Mais regarde ce qu'elle fait quand elle arrive chez toi cette phrase. En fait, tu es déjà fatigué, tu tiens beaucoup déjà de choses et on te dit lâche prise. Et ce que tu entends, en fait, au fond, c'est fais encore quelque chose, fais un effort de plus. Et celui-là, surtout, fais le bien. Alors du coup, tu vas essayer, tu vas essayer de respirer, de faire des séances, tu vas te mettre sur YouTube, tu vas chercher des séances, tu te dis, allez, ça va aller. Et tu essaies, en plus, de ne pas y penser. Et là, tu te retrouves avec une tâche en plus sur ta liste, qui est déjà assez remplie, réussir à lâcher prise. Et quand ça marche pas ? C'est ça le problème en fait, c'est quand ça marche pas, qu'est-ce que tu te dis dans ce moment-là ? C'est « je n'y arrive même pas, les autres y arrivent et pas moi, donc il y a un problème chez moi » . Donc si tu te reconnais là-dedans, je veux que tu entendes vraiment ça, tu n'as pas raté quelque chose, on t'a donné en fait une consigne que le corps, que ton corps ne peut pas exécuter sur commande. Et je vais t'expliquer pourquoi. Alors voilà ce que je vois depuis des années avec des femmes que j'accompagne et que j'ai observé aussi pour moi, parce que... Il faut le dire, je suis une ancienne contrôlante, donc je sais de quoi je parle. Le contrôle, c'est une stratégie, une stratégie de sécurité que ton corps a appris. Je m'explique. Quand tu as grandi ou vécu longtemps dans un contexte où il fallait faire attention, anticiper, ne pas déranger, tout gérer, ton corps a appris quelque chose de très simple. Si je surveille, je suis en sécurité. Si je prévois, il n'arrivera rien de grave. Si je tiens, personne ne s'écroule. Et ça a plutôt bien marché, j'ai envie de dire. C'est ça qu'il faut vraiment bien comprendre. C'est que ça t'a servi. Ça t'a permis de traverser des périodes difficiles, d'être fiable, d'être celle ou celui sur qui on peut compter aujourd'hui. Le problème, en fait, c'est que ton corps, lui, ne sait pas que la période est finie. Il continue, en fait, à surveiller. Il continue à se tenir prêt. C'est un peu comme un gardien qui aurait reçu l'ordre de ne jamais quitter le poste dans lequel il se trouve et à qui personne n'aurait dit que le danger était passé. En fait, on appelle ça, en langage de tous les jours, être en alerte. Ton corps, en fait, il est en vigilance. Et encore. En vigilance, il ne peut pas lâcher. Pense à ça, si tu es debout sur un sol qui tremble, et on peut te dire autant de fois qu'on veut « détends-toi » , en fait, tu ne vas pas pouvoir le faire. Ton corps, il a besoin de sentir un sol stable d'abord. Et c'est pour ça que lâcher prise quand ton corps ne se sent pas en sécurité, ce n'est pas possible. Et c'est même, je trouve, assez logique, parce que si le contrôle est ce qui te fait sentir en sécurité, ton corps ne va pas le lâcher parce qu'on lui demande poliment « c'est bon, lâche prise » . En fait, c'est même imprudent de le faire. Donc ce que j'ai envie de dire aussi, c'est que le contrôle, on n'est pas là pour le combattre. On va même peut-être d'une certaine façon le remercier, il a fait son travail. Et ensuite, ça va être l'étape d'après, c'est qu'on va aider notre corps à comprendre qu'il peut se reposer un peu. Maintenant, il y a un deuxième point que je vois aussi très souvent. Et c'est là que beaucoup de femmes disent « pourtant j'ai fait plein de choses » . Parce que oui, tu as lu. pas mal de choses sur le sujet, tu as sans doute fait des thérapies, tu as compris aussi d'où ça venait, ce contrôle, ce manque de lâcher prise. Tu as parfois fait des années de travail sur toi. Il y a même une femme qui me disait, ça me revient en tête, j'ai beaucoup intellectualisé et j'ai de la peine à revenir à mon corps. Et une autre, j'arrive à gérer, mais j'ai toujours un fond de quelque chose. Et tu sais quoi ? Rester dans ta tête, c'est aussi une protection. Parce que comprendre, analyser, mettre des mots, Ça donne une impression de maîtrise. Quand on comprend, on a l'impression que ça ne peut plus nous surprendre. La tête, elle, elle sait faire ça très très bien. Et le corps, lui, ça fait longtemps qu'on ne l'écoute plus. Et voilà ce qui arrive au fur et à mesure du temps, c'est qu'un jour on va te demander qu'est-ce que tu ressens, et là tu ne sais pas. Ou tu vas répondre aussi avec une pensée, donc tu vas répondre avec ta tête, je pense que je suis fatiguée. Ou je pense que c'est lié à mon enfance. Et en fait tu vas... raconter ton histoire, mais pas ce qui se passe véritablement dans ton corps à l'instant où on te demande ça. Et ça, c'est vraiment quelque chose que j'entends très souvent en consultation, vous me le dites, et c'est pour ça que vous venez très souvent, c'est « je ne sais plus ce que je ressens » . Je me sens coupée, en fait, de mon corps, de ce qui s'y passe, je suis partout et je suis nulle part à la fois. Et il y a autre chose aussi dont il faut avoir conscience, c'est que quand une sensation arrive, ta tête, elle va s'en emparer tout de suite. En fait, elle va interpréter. Ce serment que tu ressens dans ta poitrine, c'est de l'angoisse, ça va empirer et là, elle va juger. Je ne devrais pas ressentir ça, c'est exagéré. Elle est toujours dans le jugement. Résultat de ça, tu n'as même pas eu le temps de sentir, la tête est passée avant. Et là aussi, c'est une protection parce que si je ne ressens pas vraiment, je ne risque pas d'être submergée. Et c'est très intelligent, c'est même très très intelligent. Mais le prix à payer de ça, c'est de la fatigue. Parce qu'il faut un effort énorme. pour maintenir tout ça en place tout le temps. Et voilà pourquoi comprendre ne suffit pas. Le corps n'a pas lu de livre en fait. Il n'a pas suivi de thérapie. Lui, il a besoin de vivre autre chose. Il a besoin d'expériences concrètes où il se passe quelque chose de sûr. Alors j'en viens à cette question. Ok, parce que que vous me posez ? Quand vous m'appelez en consultation découverte, c'est alors comment on fait ? Si on ne peut pas lâcher sur commande, qu'est-ce qui nous reste ? Comment je fais ? Alors voilà vraiment ce qui se passe concrètement. C'est que le corps lâche quand il sent qu'il peut le faire, pas avant. Il ne le sent pas parce qu'on l'a décidé, il le sent parce qu'il vit plusieurs fois de petites expériences où il ne se passe rien de grave quand il relâche un peu. Alors ça implique trois choses. D'abord, on commence petit. Alors, pas lâcher toute ta vie, mais lâcher une main, une épaule, dix secondes. Ton corps, en fait, il va vérifier, est-ce qu'il m'est arrivé quelque chose ? La réponse va être non. Et il garde l'information. Ensuite, la deuxième chose, c'est qu'on y revient souvent. C'est pour ça que les pratiques de deux ou trois jours donnent l'impression de ne rien changer. En fait, le corps a besoin de répétitions, de répétitions douces, mais de répétitions pas d'un grand coup, une fois de temps en temps, de répétitions régulières, un peu chaque jour, ça construit une base. Et quand cette base est là, le lâcher prise arrive tout seul sans que tu l'aies forcé. Enfin, la troisième chose, c'est si pendant la pratique, ton corps n'arrive pas à lâcher. En fait, tu viens de recevoir aussi une information. En fait, ton corps te dit, pas encore. Là, ce n'est pas encore le moment pour moi de lâcher. Et c'est une réponse qui est à respecter. Tu vois, il y a vraiment une différence entre se forcer à lâcher et créer les conditions pour que ça se fasse. En fait, le premier te fatigue, alors que le deuxième, c'est un chemin. Et dans ce chemin, il y a des choses à respecter, il y a des piliers. j'ai envie de dire à respecter. Donc d'abord, on va aider le corps à se détendre, aider le système nerveux à se calmer, parce que tant que ça tient en alerte, en fait, rien d'autre peut sortir. Ensuite seulement, on va aller regarder ce qui est resté, ce qu'on porte encore depuis longtemps, ce que j'appelle libérer, relâcher les tensions. Et après, on va apprendre à vivre autrement ce qu'on ressent aujourd'hui. En fait, là, ce que je te partage, c'est vraiment ce qu'on fait dans mes accompagnements, dans mon accompagnement individuel et bientôt dans mon accompagnement de groupe aussi. On part en fait du corps, des sensations, de la respiration. En fait, le principe, c'est de ne pas chercher à se calmer vite, c'est on va chercher à ce que... Tu te sens assez en sécurité pour ne plus avoir besoin de tout contrôler. On en vient à une petite pratique que j'ai envie de te proposer, qu'on va faire ensemble. C'est deux minutes. Si tu conduis, bien évidemment, tu la gardes pour plus tard. Ou si vraiment tu n'es pas dans le contexte dans lequel tu peux fermer les yeux et être tranquille, tu la gardes pour plus tard. Alors, installe-toi confortablement. Le mieux, c'est vraiment d'être assise, les pieds au sol, le dos appuyé sur un dossier si tu peux. Alors moi, j'ai le micro dans les mains, je vais essayer de le poser. J'espère que tu vas bien m'entendre comme ça. Si tu veux garder les yeux ouverts, tu peux, mais idéalement, c'est de fermer les yeux quelques instants. Je vais quand même rapprocher le micro pour que tu m'entendes bien. Et tu vas poser les mains sur tes cuisses. On va commencer tranquillement. Déjà, tu trouves vraiment la posture confortable sur ta chaise. Tu trouves un peu de calme en toi. Tu peux juste sentir un peu ta respiration, l'air qui rentre, l'air qui sort pendant quelques instants. Et tu vas commencer par serrer. On va commencer par serrer, oui, parce qu'il y a un corps en alerte, à l'habitude de serrer, alors on va lui donner l'occasion de le faire volontairement. Alors je vais te proposer d'inspirer par le nez, et en même temps, tu bloques ta respiration et tu serres les poings. Tu serres les deux poings très fort sur tes cuisses, tu serres, tu serres, tu serres pendant 5 secondes, et tu souffles. Tu expires lentement par la bouche, comme un soupir, et tu ouvres les mains. Tu réouvres tes mains, tu laisses tes mains se positionner sur tes cuisses tranquillement, comme si tu leur permettais de se relâcher. Reste là juste quelques instants avec cette sensation au niveau de tes mains. Qu'est-ce que tu ressens ? Est-ce que c'est de la chaleur, de la tension ? Juste être présent dans ce que tu ressens au niveau de tes deux mains. Tu peux aussi rien ressentir et c'est tout à fait valable aussi. Je vais te proposer de le faire une deuxième fois. Donc la même chose, grande inspiration. Tu bloques ta respiration et tu serres fort tes poings. Tu serres, Et tu relâches, tu souffles longuement. Tu réouvres tes mains. Tu les poses délicatement sur tes cuisses. Tu récupères ta respiration calmée et tranquille et pendant quelques instants, tu t'intéresses aux sensations dans tes mains. Imagine que c'est la première fois que tu es en train d'observer tes mains de l'intérieur, les sensations. Je vais te proposer une dernière fois de faire encore cet exercice, vaste inspiration par le nez. Tu bloques ta respiration et tu serres tes deux poings, tu serres, tu serres, tu serres le plus longtemps possible. Et tu souffles longuement par la bouche et tu relâches. Voilà, tu replaces tes deux mains. De nouveau, tu t'intéresses à tout ce qui s'éveille dans tes mains. Sensation au niveau des doigts, paume de main, dessus des mains. Voilà l'exercice que je voulais te proposer. Vraiment de créer une tension volontaire dans le corps pour... pousser au relâchement, des fois qu'on n'arrive pas à relâcher, je le dis souvent, ce n'est pas s'asseoir et méditer, c'est des fois se mettre en tension, aller même courir, ou vraiment être dans du mouvement ou de la tension au niveau du corps pour pouvoir aller un peu plus dans le relâchement. Donc même je peux te proposer, si ça c'était assez facile, assez confortable, tu peux le refaire même avec vraiment tous les bras, les poings, les bras serrés, les épaules rehaussées. Tu rehausses les épaules jusqu'au niveau des oreilles, et tu fais la même chose, tu inspires et tu contractes vraiment tout le bras. Voilà, et tu le fais pareil trois fois en inspirant profondément par le nez, tu bloques et tu souffles, tu relâches. Et en fait, cet exercice te montre aussi, ce que j'ai pu dire tout à l'heure, c'est que ton corps, en fait, on va l'aider à lâcher par petits morceaux. En fait, tu lui permets petit à petit de sentir la relaxation. Donc là, on commence par les poings, on peut après continuer avec les bras, on peut continuer avec les jambes. Et petit à petit, en fait, on montre à notre corps qu'on peut se sentir en sécurité en relâchant petit à petit. Alors pour résumer ce qu'on a vu ensemble aujourd'hui. 1. Tu n'arrives pas à lâcher prise parce que ton corps a appris que le contrôle le protégeait. Donc ta volonté n'y est pour rien. Important. 2. Comprendre ne suffit pas parce que la tête aussi te protège et que ton corps aussi a besoin de vivre autre chose. 3. Ton corps lâche quand il se sent en sécurité. Alors on commence petit et on y revient souvent et on arrête de se juger. Alors si tu te dis Tout ça, c'est moi. Et que tu sens que tu as déjà fait un bout de chemin, mais que ça ne suit pas à l'intérieur, je te propose qu'on en parle ensemble. Comme je l'ai dit tout à l'heure, je propose des consultations découvertes, offertes, c'est sans engagement, c'est un temps d'échange pour comprendre où tu en es, ce que ton corps porte, et voir aussi si mon accompagnement est la bonne direction pour toi. Et pour information, c'est les dernières consultations que j'ouvre. En novembre, donc vraiment si tu as envie de cette consultation, prends-la ce mois-ci, parce que je ferme les accompagnements à la fin du mois. En décembre, je ne prends pas d'accompagnement. Si tu as envie de terminer l'année ou de la commencer en janvier de façon différente avec un corps qui se sent plus en sécurité, c'est peut-être le moment de réserver ton appel avec moi. Le lien est dans la description de l'épisode. Voilà, j'en ai terminé avec cet épisode. J'espère sincèrement qu'il a pu t'aider à cheminer, à comprendre aussi pourquoi aujourd'hui tu n'arrives pas à lâcher prise et peut-être te donner des pistes pour... commencer à sortir du contrôle et à relâcher ce que tu as envie de relâcher. En attendant d'avoir tes retours sur cet épisode, je te dis prends soin de toi et à mercredi prochain pour un nouvel épisode.