Speaker #0Bienvenue dans ce nouvel épisode de Presque Indem, un espace dédié à celles et ceux qui avancent à contre-courant, qui ont la sensation de se battre chaque jour pour se faire une place, pour se faire comprendre, pour exister dans une société souvent trop rigide. Ce podcast s'adresse aux différents, aux brisés, aux résilients, à tous ceux qui refusent d'abandonner malgré les tempêtes et les jugements. Aujourd'hui, je vais vous partager un peu de mon parcours, ce joyeux chaos qui, pris de près, peut sembler effrayant, mais qui, avec un peu de recul, révèle tout son sens. Si vous avez déjà eu l'impression de bricoler votre vie, de foncer sans plan précis mais avec une détermination féroce, cet épisode est pour vous. Alors prenez un instant pour souffler, pour écouter, et peut-être pour reconnaître un morceau de votre propre histoire dans la mienne. Parce qu'au fond, qu'importent nos blessures ou nos doutes, nous sommes tous là pour avancer, à notre manière, presque indemne. Mes parents étaient éducateurs spécialisés quand ils se sont rencontrés. Nous étions famille d'accueil même jusqu'à mes 6 ans. Autant vous dire qu'il n'y a pas meilleure école pour faire sauter les barrières du jugement et mettre une grosse dose d'humilité dans votre biberon. Alors, j'ai grandi, entourée d'adultes, car après cette première vie, mes parents ont ouvert plusieurs commerces. Des restaurants, des bars, un hôtel. Je suis fille de commerçants, de celles qui grandissent vite. qui sont parentifiées et débrouillent. Enfant, j'étais déjà une touche à tout. Je faisais beaucoup de sport et j'ai fait de la politique très jeune, dès mes 14 ans. J'ai toujours adoré prendre des responsabilités et ça ne me faisait pas peur de porter plusieurs casquettes. J'avais beaucoup d'idées, d'énergie et j'avais un besoin d'engagement. J'étais extravertie, j'écoutais énormément de musique et j'avais des posters du Seigneur d'Anziano dans ma chambre. J'ai énormément déménagé aussi. Pour vous donner une idée, j'en suis à une trentaine de déménagements à même pas 33 ans. Et j'ai eu mon bac de façon chaotique. Non pas que j'étais une mauvaise élève, au contraire, mais je me suis cassée la main droite quelques semaines avant. J'ai dû passer l'examen début septembre, alors que j'avais déjà été admise en école de communication. Mes études, parlons-en. J'étais partie pour faire un master. Mais impossible de tenir le rythme. Mon école était privée, non reconnue par l'État, donc pas de bourse. Je travaillais une trentaine d'heures à côté des cours. J'étais épuisée. J'étais vraiment épuisée à la fin de ce bachelor. Et pour valider mon année, il me fallait effectuer un stage. Pour valider mon année, il me fallait effectuer un stage. C'était impossible pour moi. J'avais besoin d'argent, donc j'ai demandé à la direction de me valider mon année sans stage pour que je puisse enfin entrer dans la vie active. Bon, vous voyez, mon truc à moi, c'est d'obtenir les diplômes et les avancer à ma façon. C'est-à-dire différente, bancale, bricolée. Mais ça passe. C'est ma vie depuis que je suis née. Je maintiens le cap, j'arrive à bon port avec énormément de tumultes, mais j'y arrive. Alors, pourquoi choisir ce nom, presque indemne ? Après avoir vécu cette enfance mouvementée, ces études épuisantes, et traversé une dépression sévère qui a atteint son paroctisme lors d'une tentative de suicide, l'expression s'est imposée elle-même, presque indemne de la vie, du manque d'argent, de la frustration, de cette sensation d'être parfois de trop, et puis, après ? J'ai aussi cette fierté de mon parcours. Je ressens énormément de gratitude pour mes parents, pour moi, pour mes échecs. Alors de la résignation à la résilience, je suis presque indemne de mes traumas, de mes expériences, de mes regrets. Dans le dictionnaire, indemne signifie qui n'a subi aucun dommage, aucun mal ou influence néfaste. Mais pourtant, nous avons tous subi des dommages, des maux et des influences néfastes. Et nous en subissons encore. Pourtant, qu'en faisons-nous ? J'essaye de me questionner sur mes comportements, de me changer et de m'élever. J'essaye de vivre avec des vieux souvenirs pourris, des gestes dégueulasses, des réflexions assassines. Chaque jour, je me bats contre cette petite voix dans ma tête qui me dit que je ne me suis pas légitime, que l'on va se moquer de moi, de parler de sujets aussi sensibles pour notre société. Ouais. J'essaie d'être tout simplement vulnérable. Et j'essaye. Et j'y vais. J'ose. Alors, suis-je presque libre ? Oui et non. Parce que je me fous de plus en plus de l'opinion des autres. Et ça, ce n'est vraiment pas gagné. Il m'a fallu du temps pour lâcher le cerveau illégaux et moins me questionner sur l'avenir et la répercussion de mes actes. J'avais un melon tellement gros que j'imaginais que tous mes proches surveillaient mes faits et gestes et qu'ils attendaient de moi un comportement exemplaire. Comme si j'allais être canonisée à la prochaine Sainte-Lucie. Quelle connerie. Combien de projets cette pensée a dû aborter ? Je n'ose l'imaginer. Vous savez quelle est l'émotion qui me fait le plus de mal ? qui me fait partir dans la noirceur instantanément ? La culpabilisation. Cette émotion qui me prive de ma liberté. Vous la connaissez peut-être, cette sensation qui vient dans la gorge, puis dans le ventre, puis partout jusqu'au bout des doigts. Cette lourdeur, ces picotements de stress, parce que vous avez déçu, posé une limite de façon un peu brutale, et que vous regrettez parce que vous avez peur d'avoir blessé quelqu'un, ou d'être passé pour une personne qui fait des erreurs. Moi, cette culpabilisation, c'est vraiment ma kryptonite. Si jamais je fais tomber mon masque de la perfection, c'est tout mon monde qui s'écroule. Et pourtant, il n'y a rien de parfait dans mon parcours. Mais je reviendrai sur la culpabilisation dans un prochain épisode. Cependant, comment ne pas me présenter et introduire mes réflexions sans en parler ? J'ai lu sur Wikipédia que la culpabilité... était un sentiment causé par la transgression d'une norme morale. Il s'agit d'un sentiment proche du concept du remords. La seule morale que je transgresse est souvent la mienne. Je me mets une barre tellement haute que je me mets une mauvaise pression, celle qui m'empêche de faire à défaut de mal faire. Alors ensemble, à travers ces épisodes, je vais tenter de transgresser et de me débarrasser un peu de cette culpabilité qui me pèse. Mais d'ailleurs, c'est quoi la liberté pour moi aujourd'hui ? Le premier point qui entre dans ma définition de la liberté, c'est d'avoir une activité rémunératrice non salariée. J'ai essayé, je n'y suis jamais arrivée. Cela a toujours été très difficile pour moi d'effectuer un job avec une obligation de présence, répondre à des ordres qui n'ont pas de sens, ou de ne pas admirer mes supérieurs. Rater des événements familiaux, être crevée au point de rien pouvoir faire, à part travailler, manger, dormir et recommencer. C'est sincèrement ma vision, je ne juge en aucun cas les personnes à qui ce modèle convient. Et pour l'anecdote, je me souviens avoir fait une crise d'angoisse en troisième à l'annonce du siège de fin d'année de 15 jours. J'avais si peur de devenir adulte pour être obligée de faire 35 heures. Quand je parle de liberté, il y a une deuxième notion qui me vient à l'esprit. C'est la liberté d'aimer. D'ailleurs, le prochain podcast sera sur ce sujet. En quelques mots, j'aspire à un couple bien plus complet et coloré que celui que la société nous impose. Je tiens à ma liberté de désirer et d'évoluer, de créer le couple sur mesure. Et enfin, il y a la liberté d'être. Parfois d'être une femme trop intense, trop insatisfaite. Mais ce n'est pas grave, je tiens à la liberté de pouvoir agir autant que je le désire, dire et faire, m'exprimer, réfléchir et grandir, comme je l'entends. Alors grâce à ce premier épisode, j'ai pu vous dresser un portrait synthétique et subjectif de qui je suis. Cela va me permettre d'enchaîner sur les prochains sujets, maintenant que les bases sont posées. Un grand merci d'avoir pris le temps d'écouter cet épisode de Presque Indem, et de plonger avec moi dans ce beau chaos. J'espère que mes réflexions sur la liberté, la culpabilité et le parcours atypique auront résonné en vous, ou peut-être simplement éveillé quelques pensées. Si cet épisode vous a plu, je vous invite à continuer cette aventure avec moi. Vous pouvez me retrouver sur Instagram, à Lucie Lebas underscore, pour échanger, partager vos expériences ou simplement me laisser vos impressions. N'oubliez pas de vous abonner au podcast, de le partager autour de vous et de lui donner une note ou un commentaire pour m'aider à le faire grandir. Le prochain épisode sera consacré à un sujet qui me tient tout autant à cœur, la liberté d'aimer. On parlera de couple, de désir. et de cette quête pour construire des relations qui nous ressemblent vraiment. Je vous dis à très bientôt.