Speaker #0Bonjour vous, bienvenue dans ce troisième épisode de Presque Indem. Je suis Lucie Lebas, consultante en communication, écrivaine, amoureuse des belles adresses et surtout, exploratrice de l'âme humaine. Aujourd'hui, on plonge ensemble dans un sujet vaste, intime et parfois inconfortable, l'affirmation de soi. Prenez une grande inspiration, installez-vous confortablement, on va parler de ce masque que l'on porte tous à un moment de notre vie, celui de la perfection. Le masque de la perfection, c'est aussi l'illusion du contrôle. Depuis toujours, j'ai cherché à plaire, à bien faire, à cocher toutes les cases d'une vie réussie aux yeux des autres. Et je sais que je ne suis pas la seule à faire ça. Pourquoi ? Parce que dès l'enfance, on nous apprend que la validation extérieure est une récompense. Une bonne note, un compliment, un sourire satisfait d'un parent, et hop, on se sent légitime. Mais que se passe-t-il quand on comprend qu'on ne pourra jamais satisfaire tout le monde ? Que nos différences, nos nuances, nos zones d'ombre et de lumière ne rentreront jamais dans un moule prédéfini ? Ça crée une immense fatigue, une frustration, mais surtout un sentiment d'être constamment à côté de soi-même. Et si on revenait à la source ? Si on replongeait dans cette enfance où tout a commencé ? Alors je vous emmène dans mon enfance. Imaginez-moi petite. En CM2, j'ai de bonnes notes, les professeurs m'apprécient, je suis sérieuse, studieuse, mais à l'intérieur, je me sens déjà différente. Quand les autres enfants jouent à chat dans la cour, moi je rêve d'organiser des projets, de diriger, d'apprendre encore et encore. Le soir, je suis au restaurant de mon père, installé sur une petite table à l'écart. Je fais mes devoirs seul, personne ne vérifie mon travail. Je récite mes poèmes non pas à mes parents. mais aux clients habitués. Et vous savez quoi ? J'adore ça. Je me sens utile, adulte, responsable, mais surtout, je me sens moi-même. Et pourtant, personne ne me dit que je suis spéciale, que c'est beau, que c'est moi. Non, non. Je grandis avec cette solitude invisible, avec cette compétition constante avec moi-même pour être toujours meilleure, toujours plus parfaite. Et en grandissant, ces attentes se sont complexifiées. Elles ont été nourries par les règles invisibles qui régissent notre société. Et je veux vous en parler de ça, de ces héritages invisibles, de ces injonctions sociales et familiales, ou même religieuses. Parce que quand on parle d'affirmation de soi, il est impossible de ne pas parler des injonctions sociales, celles qu'on nous inculque depuis des générations, parfois inconsciemment. Comme celle-ci, la valorisation du travail et du sacrifice. Travail dur et tu seras récompensé. Plus tu te donnes du mal, plus ta valeur augmente. Mais notre valeur ne se mesure pas à la quantité de ce reversé, ni au nombre d'heures passées à s'épuiser par un objectif. Il y a cette deuxième injonction aussi, la culpabilité comme moteur. Celle-ci nous fait dire, si tu échoues, c'est de ta faute. Et si on arrêtait de porter le poids du monde sur nos épaules ? Il y a aussi la peur du jugement. Ne fais pas de vagues. Ben non, on ne doit pas être vu différemment, par nos proches, nos amis, par les autres, de peur d'être abandonné, d'être mis sur le côté, de finir seul. Et si on acceptait que déplaire fait partie du chemin vers soi-même ? Il y a aussi cette injonction, la valorisation de l'humilité. On ne va pas se vanter, non, ne te vante pas. Mais pourquoi ne pourrait-on pas célébrer nos victoires, même petites ? Et puis... Il y a cette autre injonction, plus insidieuse, qui pèse encore trop souvent sur nous, celle qui régit nos vies amoureuses et sexuelles, l'injonction à la norme amoureuse et sexuelle. Dans nos sociétés, il existe une injonction tacite, qui nous dicte comment aimer, qui aimer, et même quand aimer. On valorise les couples stables, les mariages heureux, ou du moins qui en ont l'air, les familles parfaites. On parle très peu de liberté amoureuse, encore moins de liberté sexuelle. Et si on ose sortir du cadre, si on ose explorer, expérimenter, être curieux, on devient trop. Trop libre, trop légère, trop volage, pas assez sérieuse. Bon, vous l'avez compris, tout ça je l'ai ressenti. Quand je vous ai présenté plusieurs amoureux à ma famille, c'était perçu comme une instabilité émotionnelle. Alors que, pourtant, chaque relation est importante pour moi. Chaque histoire avait sa place dans ma vie. Et quand il est question de sexualité, le tabou est encore plus fort. Les femmes en particulier portent une culpabilité invisible dès qu'elles osent affirmer leur désir, leur besoin ou leur liberté sexuelle. Ici, on a arrêté de voir l'amour et la sexualité comme un tableau figé. Ici, on a accepté qu'il existe mille façons d'être amoureux, mille façons de se découvrir, mille façons de s'épanouir. Mais parfois... Ces injonctions prennent le visage d'une personne proche, d'une figure familiale forte. Et c'est ce dont j'ai envie de vous parler maintenant. Du jugement de ma grand-mère, où le mensonge s'est transformé comme un refuge pour moi. Petite, j'ai grandi avec une peur sourde du jugement de ma grand-mère. Elle avait une vision stricte de ce que devait être une petite fille bien élevée. Le fait que je passe mes soirées dans le restaurant de mon père, que je fasse mes devoirs sur une table au milieu des clients, c'était pour elle inconcevable. Elle posait des questions, beaucoup de questions. Tu passes encore tes soirées au resto ? Pourquoi tes parents te servent-ils pas plus ? Et moi, moi je mentais. J'éliminais le nombre d'heures que je passais au restaurant, je rassurais, je taisais, parce que je voulais la protéger, éviter ses critiques et surtout protéger mes parents, mon père, moi. Et ce que vous voyez, c'est comme ça qu'on apprend à mentir. Pas pour manipuler. Mais pour se protéger, pour éviter le conflit, pour ne pas décevoir. Mais à force de mentir, on s'éloigne de soi-même, on commence à mentir aussi à son propre reflet. Et aujourd'hui, je sais que ce masque de petite fille parfaite m'a suivi très longtemps, trop longtemps. Et pourtant, même si ces souvenirs me serrent encore un peu la gorge, ils m'ont appris une chose précieuse. S'affirmer, c'est arrêter de se mentir à soi-même et aux autres. Même si la vérité déplait, même si elle blesse. Le jugement des autres n'est qu'un miroir déformant. La peur du jugement est sans doute l'un des plus grands freins à l'affirmation de soi. Mais voici quelque chose que j'ai appris. Les gens qui t'aiment vraiment, t'aimeront encore plus quand tu seras toi-même. Bon, je vous rassure, heureusement, certaines relations évoluent. Certaines conversations changent tout. Et c'est ce qui s'est passé avec ma maman. Cette relation avec ma maman, c'est une relation qui s'est transformée au fil du temps. Ma mère et moi, on a traversé des tempêtes, des silences, des incompréhensions. Mais un jour... on a choisi de parler, de vraiment parler de s'écouter, de se pardonner et aujourd'hui notre relation est devenue une encre un refuge un espace où je peux être moi-même sans masque, sans peur ça peut être facile il a fallu du temps, de l'humilité, des pardons mais ça en valait tellement la peine si je vous raconte ça c'est pour vous rappeler qu'il est possible de réparer de transformer, de construire quelque chose de nouveau même après des années d'incompréhension S'affirmer, finalement, c'est conscientiser toutes les zones un peu bordéliques de sa vie. Les ranger, les démêler petit à petit. S'attaquer à chaque relation qui nous éteint. Comprendre pourquoi. Pourquoi elle nous éteint. Pour comprendre pourquoi on a un intérêt à la garder, cette relation. Et pourquoi si on veut la garder, si on choisit de la réparer. Soit on choisit de prendre nos distances, ou soit on disparaît. On ne peut pas jouer sur tous les terrains quand il est question de confiance en soi. Il y aura des gens qu'on laissera sur le côté. Il y aura des incompréhensions et c'est normal. La vie est faite de nuances. A nous de savoir si nous voulons révéler notre couleur, ou rester gris. A ne jamais prendre position, jamais prendre notre place pour ne pas blesser, ne pas faire de vagues, et parce que nous avons peur du conflit. Le conflit est aussi inconfortable que libérateur. J'ai rencontré une grande part de moi loin de ma famille, dans mes propres expériences. Alors faites, créez, essayez, cassez-vous la gueule, criez, pleurez, prenez ce billet de train pour cette ville que vous avez envie de voir, demandez cette rupture de contrat conventionnel, foutez-vous, on a rien mal à dire, il est temps de savoir quoi faire, prenez du recul, commencez un journal, demandez de l'aide sur ce sujet qui vous pèse tant, activez-vous, changez, osez, le monde de un ne s'ébroulera pas, et de deux il attend que vous. Alors maintenant, si vous voulez passer à l'action vous aussi, demandez-vous, qu'est-ce qui vous empêche de vous affirmer ? Cette relation toxique, ce travail qui étouffe, cette injonction amoureuse ou sexuelle qui bloque, une voix critique, peut-être celle d'une grand-mère, d'un parent, qui résonne encore en veau, alors prends cette feuille. Écris. Identifie ce qui t'empêche d'être toi-même. Quand tu parles du regard des autres, ce sont qui ces autres ? Puis fais un premier pas. Parce que le monde ne va pas s'effondrer, et quelque part il t'attend. Alors avant qu'on se quitte... Si cet épisode t'a touché autant qu'il m'a bouleversé de l'écrire, laisse-moi 5 étoiles sur la plateforme sur laquelle tu écoutes mon podcast. Ça m'aide énormément. Et viens me retrouver sur Instagram, sur mon compte Lucie Lebas underscore. Partage-moi tes réflexions, tes histoires, tes victoires. Et ose, même si tu trembles, que derrière chaque peur, il y a une liberté qui attend d'être découverte. Et moi je te dis à très vite, pour un prochain épisode.