Speaker #0Trop souvent, on parle pour ne rien dire. Discuter de la pluie et du beau temps, faire la conversation, combler les blancs. Beaucoup de mots pour trop peu de communication. Je suis Lucie, j'aide les humains à exprimer et donner vie à leur vérité. Les mots, c'est mon dada. Avec Prise de Parole, je voulais que mes invités viennent nous partager cet instant où ils ont réussi à exprimer ce qui vibre très fort à l'intérieur. Qu'il s'agisse d'une prise de parole préparée pendant des mois ou d'une situation où c'est sorti tout seul, que ça ait eu lieu dans l'intimité d'une relation ou sur une scène. Ils nous racontent ce jour où ils ont trouvé les mots, comment ils ont fait et ce que ça a provoqué. Prépare-toi à être inspiré, étonné, ému et qui sait, peut-être que cette histoire te donnera toi aussi l'envie de prendre la parole. Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode solo de Prise de Parole. Les épisodes solos sont des épisodes qui me sont inspirés par le partage qui a été fait par mon ancien, mon dernier invité, pardon, et sur lesquels je réfléchis et j'aime bien t'amener à réfléchir avec moi. Dans le dernier épisode, j'ai eu la joie de recevoir Mehdi. Si tu n'as pas écouté cet épisode, je ne peux que t'encourager à l'écouter. Pourquoi ? Parce que j'ai vraiment été bluffée par la sagesse. de Mehdi et sa capacité à mettre des mots sur les choses et à sublimer aussi les choses qui peuvent nous arriver dans la vie par des mots. Et typiquement, c'est de ce sujet-là dont j'avais envie de te parler. Les mots, parler, c'est une manière de reprendre de la maîtrise sur ce qu'il t'arrive. S'il y a bien quelque chose qu'on ne maîtrise pas dans la vie, c'est les épreuves qui peuvent être mises sur notre chemin. En revanche, là où tu as toujours la main, c'est sur ce que tu décides de faire des épreuves qui arrivent. Alors, peut-être que tu le sais, peut-être que tu ne le sais pas, mais bon, voilà, moi aussi j'ai eu mon lot d'épreuves, comme nous tous. Et c'est vrai que parler, écrire. Et parler, ça a vraiment été pour moi une façon de me réapproprier ma propre histoire et aussi d'en tirer des apprentissages pour pouvoir en fait construire après. Puisque j'aime bien cette idée-là, je faisais une petite vidéo là-dessus d'ailleurs tout à l'heure, sur cette notion des cadeaux mal emballés. C'est-à-dire que lorsqu'il t'arrive des épreuves, aussi horribles puissent-elles être, Il y a toujours... Une possibilité d'en tirer un apprentissage hyper précieux pour la suite de ton chemin. Alors bien évidemment, il ne s'agit pas d'être dans le monde des bisounours ou en tout cas de complètement occulter la difficulté des épreuves qui t'arrivent. C'est important de traverser les choses, de pouvoir vivre la tristesse, la colère, la peur, de te laisser vivre des deuils, de te laisser... te remettre d'un burnout, de te laisser te remettre d'une rupture, de te laisser, bref, récupérer, quelle que soit l'épreuve qui a pu croiser ton chemin, ou te tomber dessus d'ailleurs, parce que croiser parfois c'est un petit peu, c'est une métaphore encore un peu douce pour la violence de certaines choses qui arrivent dans notre vie. Néanmoins, ça c'est quelque chose que je vois beaucoup en séance et que j'entends énormément dans beaucoup de partages. Et toi aussi d'ailleurs, sans doute que c'est des histoires que tu entends. Par exemple, c'est des podcasts que j'aime beaucoup écouter, c'est des podcasts qui vont renforcer aussi cette idée-là, typiquement le fait qu'en fait tu peux vivre des choses atroces dans ta vie. Au final, ça t'a permis de réorienter les choses pour être plus épanouie aujourd'hui. Ça me fait penser à des podcasts comme Les Rescapés, comme Ça va bien se passer, je crois que ça s'appelle comme ça. Comme le podcast aussi de Blandine Lehoux qui s'appelle Happy End, c'est vraiment cette idée-là, l'idée des cadeaux mal emballés, c'est que quand bien même, clairement, ça ressemble à de la merde, là c'est de la grosse grosse merde, et bien au bout du bout, t'es pas à l'abri qu'à l'intérieur il y ait un cadeau qui soit d'une valeur de fou. Et typiquement, je voulais profiter de cette idée-là et... et notamment de cette idée de sublimation dont parle Mehdi dans le podcast. Donc c'est vraiment l'idée de pouvoir faire du joli avec du moche pour te parler aussi des preuves que j'ai traversées moi et qui m'ont appris beaucoup. et pour lesquelles je me rends compte qu'en fait, parler et en parler, ça a vraiment été une partie de la reprise de contrôle sur ces épreuves. Moi, j'ai travaillé dix ans en agence de communication, donc vraiment, c'était mon premier boulot. J'étais arrivée à la suite d'un stage, donc je commence à 21 ans, tu vois. Et puis, autour de mes 30 ans, j'ai une de mes... meilleures amies qui tombent malades. On apprend qu'elle a un cancer. Et en fait, elle est malade pendant un an et demi, avec des phases où vraiment on pense que ça y est, elle va s'en sortir de la maladie. Parce que quand bien même on t'annonce un cancer, bien sûr que tu penses tout de suite à la mort, mais après les traitements, etc., font que l'espoir renaît, parce qu'elle réagissait bien aux traitements, etc. Et jusqu'à une phase où les traitements ont été stoppés pour ensuite prévoir une chirurgie. Et donc potentiellement la fin de cette galère. Et finalement, à peine deux semaines après avoir arrêté la chimio, elle est retournée à l'hôpital. Et là on s'est rendu compte que ça allait commencer à devenir très compliqué, critique. Et que globalement elle ne se sortirait pas de cette maladie. Et quand il t'arrive des choses comme ça, donc bien évidemment je vais recentrer le récit sur moi, parce que c'est de ça dont j'ai envie de te parler aujourd'hui, et de ce que cette perte m'a permis. Mais bien sûr, petite et grande pensée pour Clémence, mais bon, je pense à elle tous les jours, donc en fait il y a un moment... Moi j'ai cette petite croyance qu'elle est là quelque part et qu'elle dit oui, bon bah c'est bon. écoute, ça suffit, arrête de parler de moi là maintenant. Bref, en fait, cette perte, j'avais à peine 30 ans, et elle aussi, du coup, on a fêté ses 29 ans en novembre, et puis elle est décédée en février 2020. Et ça m'a mis en lien avec... Avec un truc très fort de « ça peut se terminer du jour au lendemain cette histoire, quand même je suis encore jeune » . Et surtout, il y a quelque chose qui est... Alors c'est horrible de perdre quelqu'un et puis c'est horrible de traverser une maladie. Je n'ose même pas imaginer toutes les nuits blanches de la terreur qui ont dû s'emparer de Clémence. Néanmoins, il y a un truc qui est un vrai luxe. qui est que quand tu sais que quelqu'un va partir, t'as des conversations qu'il y a plein d'autres départs qui ne te le permettent pas. Et là, pour le coup, c'est le choc. Il y a plein de choses qui restent non dites. Et moi, j'ai eu ce luxe-là de pouvoir parler avec Clémence, de pouvoir parler de la mort, parler de nous, et même de lui dire au revoir. Parce que concrètement, je l'ai vu la veille. de son départ et vraiment on s'est dit au revoir, on savait, on a eu la joie pour le coup. Ça peut paraître fou et indécent, j'espère que ça paraît indécent pour personne ce que je dis là, mais chacun traverse les choses à sa manière, mais on a eu la joie de pouvoir se dire au revoir. Moi c'est une vraie joie que j'ai eue quand même, c'est un des moments les plus douloureux de ma vie, c'est aussi un des moments les plus beaux. Et c'est ça qui est intéressant dans la vie, c'est que très souvent... La frontière entre les deux est assez mince, finalement. Bref, et donc à la suite du décès de Clémence, déjà, c'est rigolo, mais Clémence est partie. J'avais tout juste commencé à écrire mon premier passage de stand-up. J'ai fait un petit peu de stand-up pendant trois ans. Et d'ailleurs, sachant qu'elle n'allait pas pouvoir venir me voir, j'ai fait un exercice. qui, je pense, je m'en rappellerai toute ma vie, parce que je pense que c'était le plus difficile que je n'ai jamais fait de prise de parole en public, c'est que, sachant qu'elle n'allait pas pouvoir venir voir ma première, je lui ai fait mon passage devant elle et sa maman à l'hôpital. Parce qu'en fait, je ne voulais pas la priver de voir ça. Elle était trop contente aussi de voir ça et tout, machin. Et waouh ! Là, c'était costaud. C'était costaud déjà pour le contexte, et puis c'était costaud aussi parce que je voulais s'imaginer en termes d'ambiance. L'hôpital, ta pote malade, sa mère à côté, le fait que tu dis putain j'aimerais tellement pouvoir te le faire juste en te voyant, en te discernant à peine au premier rang parce que je suis sous les spotlights et que toi t'es là et que je vois juste ton sourire, plutôt que de te voir sur ce putain lit d'hôpital. Mais bon écoute, puisque la vie en a décidé ainsi, faisons-le quand même. Et donc, le décès de Clémence arrive au moment où je commence à écrire, vraiment. Et donc, Clémence décède en février 2020, tu le vois venir donc, mars 2020, nous sommes confinés. Et moi, coup sur coup, le fait de perdre une super pote, et puis derrière, de perdre des humains, en fait, parce que globalement... Moi, ce que j'adorais dans mon métier, c'était que j'étais au cœur d'une équipe et là, en fait, je perdais mon équipe. Ça m'a... À la fois, ça m'a fait me rendre compte que je pouvais vivre sans les gens et à la fois, ça m'a fait me rendre compte que je pouvais absolument pas vivre sans les gens. Un apprentissage très clair, donc. Mais bon, je vois ce que... Je pense que tu vois ce que je veux dire. Et c'est comme ça qu'a commencé à se semer cette graine de me dire « Ouais, mais en fait, je crois que j'aime plus les gens que mon métier, donc peut-être qu'il va falloir que je change de métier. » Sans pour autant savoir ce que je voulais faire comme métier après. Mais bon, parce que quand t'as fait qu'un seul métier toute ta vie, c'est pas toujours très simple. En tout cas, pour moi, ça l'était pas, de savoir ce que je voulais faire après. Il n'empêche que, voilà, les mois passent et en fait, je fête mes 30 ans, donc en octobre. Et quelques semaines après, je me rends compte que je suis enceinte. Alors, c'était pas tout à fait prévu dans l'histoire, mais bon. On savait qu'on courait le risque et qu'on était prêts à l'assumer si ça arrivait. Donc, écoute, c'est arrivé. Je me suis dit, très bien, la vie, elle a dit, écoute, Lucie, c'est bon, tu as suffisamment profité maintenant, tu as eu 30 ans. Bim, bam, boum. C'est parti pour la parentalité et la maternité. Je te la fais courte, mais globalement, trois mois après ça, on fait l'écho des trois mois, qui était ma première écho. Je n'avais pas fait d'écho avant ça et l'écho n'est pas bonne. Je dois faire des examens complémentaires, une biopsie, etc. révèle que... Enfin voilà, que l'embryon, à ce stade, c'est encore un embryon, ou un fœtus, je ne sais pas, je crois que c'est encore un embryon, était difficilement viable, viable mais difficilement viable. Bref, on a fait le choix d'interrompre médicalement la grossesse. C'est un sujet dont je te parle assez librement parce que, justement, j'ai fait la paix avec ça parce que ça m'a permis plein de choses, et c'est ce dont je veux te parler aujourd'hui. Si c'est un sujet qui est trop difficile pour toi, je te conseille tout de suite de mettre fin à cet épisode, parce que ça ne va pas s'arrêter là. Mais on va en parler d'une manière non pas légère, parce qu'il ne s'agit pas de prendre les choses par-dessus la jambe, parce que c'est des choses qui sont importantes, mais en tout cas, voilà, ce sont des sujets avec lesquels je suis personnellement en paix. En revanche, si ça n'est pas ton cas pour le moment, et je peux le comprendre à 100%, ben voilà, t'infliges pas t'infliges pas ça, tu reviendras plus tard ou pas, et puis c'est pas très grave donc pour ceux et celles qui sont restés à ce stade du racing donc il m'arrive ça une première grossesse qui n'aboutit pas et en fait j'avais commencé à écrire, parce que j'avais commencé à faire du stand-up, j'avais fait mon premier passage que j'avais donc présenté à Clémence, qui s'était bien passé qui pour le coup était sur un sujet très très léger, sur les surnoms pour tout te dire Et ben en fait, je pouvais pas ne pas en parler dans le stand-up. Notamment parce que, comme il m'est arrivé ça, parce que moi je m'étais jamais intéressée à ces sujets d'interruption médicale de grossesse, même de grossesse tout court. Quand j'ai appris que j'étais enceinte, il était inconcevable pour moi d'en parler avant les trois mois. Pourquoi ? Je sais pas, c'était comme ça, c'était intégré en fait, faut pas en parler avant les trois mois. Bon, en soi, ça m'a pas trop posé problème parce qu'on était en confinement à ce moment-là. Donc voilà, j'ai pas trop eu besoin de cacher les choses. Et en fait du coup, je me suis dit mais c'est pas possible ce truc-là. Pourquoi est-ce qu'on n'en parle pas suffisamment ? Parce que j'ai appris à cette occasion que les grossesses qui n'aboutissaient pas, c'était une grossesse sur quatre. Je répète, les grossesses qui n'aboutissent pas, c'est une grossesse sur quatre. Donc ça veut dire que c'est 25% des grossesses. C'est énorme. C'est énorme et j'ai l'impression que les femmes portent ça comme une énorme... culpabilité, c'est horrible en fait le fait de taire ce truc-là. Ça fait que les femmes se disent que le problème c'est elles, alors que non, c'est la nature, c'est 25%. C'est d'une banalité sans nom. Et ça fait aussi qu'on se retrouve avec des hommes qui se prennent des buses dans la tronche globalement. Parce que typiquement, mon mec était persuadé que ça allait rouler cette histoire. Pour le coup, j'étais un peu plus sensibilisée et donc un peu plus prudente. Mais vraiment, lui, il ne s'attendait pas à ce que ça puisse pas rouler. Et donc pour tout ça, je me suis dit, mais en fait, il faut en parler. Et donc j'ai écrit là-dessus. J'ai écrit et ça a vraiment été une manière pour moi de rendre cette épreuve. Pour le coup, très honnêtement, et c'est aussi pour ça que j'en parle facilement, moi j'ai eu cette chance. Je dis que c'est une chance parce que je... Je sais pas si c'est lié à ma personnalité ou quoi, mais en fait, il y a des femmes qui tombent enceintes et elles se sentent tout de suite maman. Et voilà, c'est comme ça, c'est ni bien ni mal, c'est un fait. Moi, c'était pas le cas. Moi, j'ai vraiment été molly mollo, on attend les trois mois, on verra, tout ça restait assez abstrait. Et donc ça fait aussi que, oui, c'était pas une bonne nouvelle, mais ça m'a pas dévastée. Je me suis dit, bon bah... Voilà, c'est comme ça, ça arrive en fait. Et du coup, forte de me sentir comme ça, et en même temps, un peu prudente, parce qu'il y a beaucoup de gens qui me disaient « Oui, mais tu dis que ça va bien, mais tu vas prendre un retour de bâton. » Et moi, novice en histoire, je me suis dit « Je ne vais pas faire la maligne, je vais commencer quand même à me regarder un petit peu le nombril. » Et commencer moi-même à être accompagnée sur des choses. Il ne s'agirait pas que je me prenne effectivement un retour de bâton à un moment. Et puis ma manière de prendre du contrôle et de m'introspecter... Je ne sais pas si c'est un terme qui existe, mais tu racontes ce que ça veut dire. Ça a été d'écrire là-dessus. Et donc, j'en ai fait un passage dans un passage de stand-up. Et il se trouve que la vie a fait que, on s'est dit, ça n'a pas marché cette fois-ci, réessayons et on a réessayé quelques temps après, bref. Et là, pour le coup, je suis retombée enceinte. J'ai fait une écho plus précoce, non pas parce qu'il fallait prendre des précautions, mais parce que ma sage-femme m'a dit « j'imagine que vous serez preneuse d'avoir des nouvelles un peu plus tôt que la dernière fois » . Oui, effectivement. Et au final, on fait cette écho et bon, long story short, j'ai fait une fausse couche. Mais en fait, on s'en rend compte juste au moment de l'écho, c'est-à-dire qu'il ne s'est rien passé concrètement pour moi, mais on se rend compte qu'en fait, la grossesse est non évolutive. Et en fait, à ce moment-là, déjà, très clairement, il y a un truc qui a switché dans ma tête. Où je me suis dit, pour revenir sur cette notion des cadeaux mal emballés, où je me suis dit, en fait, écoute Lucie, c'est que ce n'est pas maintenant. Ça ne doit pas être maintenant. Mais du coup, si ce n'est pas maintenant, alors c'est quoi maintenant ? Et en fait, clairement, la réponse, ça a été, change de boulot. Voilà, donc c'est grâce à tous ces deuils-là. À commencer par celui de Clémence, qui m'a mis en lien avec ce dont j'ai envie profondément, ce que j'ai envie de faire de ma vie. Et puis ces deux projets de maternité et de parentalité qui n'aboutissent pas, où là je me suis dit, ok, donc en fait, c'est que le plan, c'est pas ça là tout de suite. Donc c'est quoi le plan ? Et donc c'est comme ça que je me suis lancée dans ma reconversion. Il n'empêche que cette deuxième grossesse, donc, et cette fausse couche, pour le coup, Ça m'a fait vivre encore d'autres manières la fin d'une grossesse. Et vivre encore d'une autre manière aussi quelque chose que je n'avais pas anticipé, c'était que, encore une fois, je te le dis, moi j'ai eu cette chance de ne pas souffrir dans mon cœur de maman. Parce qu'en gros, il n'avait pas encore commencé à grandir avec ces deux projets-là. Et encore une fois, je ne juge absolument pas les femmes et les hommes pour qui c'est différent. Vraiment pas. Mais il se trouve que moi, c'était comme ça. Donc d'une certaine manière, ça m'a rendu service. Je ne sais pas ce qu'il adviendra pour une prochaine grossesse. Ça se trouve, dès le premier jour, je vais me sentir hyper maman. Et s'il se repasse quelque chose, je vais souffrir le martyr. Donc voilà. Puisque je suis là pour parler des faits, les faits sont là. C'est comme ça que ça s'est passé. Néanmoins, comme il m'était arrivé ça et que j'allais bien, Je me suis confrontée à un truc qui est, je sais pas, la honte. En fait, genre, bah oui, il m'est arrivé ça, mais je vais bien et pour autant je suis pas un monstre. Première chose. Et la deuxième chose aussi, du coup, ça m'a donné plein d'histoires assez drôles à raconter sur le corps médical. Et notamment le fait qu'ils ont été hyper désarçonnés par le fait que je prenne les choses un peu comme elles venaient. Donc, globalement, ça m'a permis de faire un sketch dédié qui était très chouette et qui m'a permis de faire passer des messages qui me tenaient hyper fort à cœur, qui étaient, c'est une grossesse sur quatre. Globalement, il n'y a personne qui va décider à votre place si vous devez souffrir ou pas des choses qui vous arrivent. Si vous allez bien, et bien c'est très bien. Si vous allez mal, et bien c'est très bien. Et dans les deux cas, c'est normal. Si après ça, vous avez envie de réessayer tout de suite, et bien vous pouvez. Si vous n'avez plus du tout envie d'essayer, et bien vous pouvez. Si en fait, vous n'avez plus envie d'avoir de bébé, et bien en fait, vous pouvez. Et en fait, je voulais faire passer ce message de... On est libre de faire ce qu'on veut des épreuves qui nous arrivent quand même. Merde, s'il y a bien un truc, déjà qu'on n'a pas la main sur ce qui nous arrive, alors si en plus on est obligé de réagir d'une manière ou d'une autre, en fait, il y a un moment, c'est juste l'enfer, cette histoire. Et donc, ma manière de faire du beau et donc de sublimer ces épreuves qui me sont arrivées, pour moi, ça a été d'écrire et d'en faire des passages de stand-up qui, tu l'auras bien compris... Je n'avais pas simplement pour vocation de faire rire avec ça, mais bien sûr aussi de faire réfléchir ce qui est un petit peu ma marque de fabrique. Et au final, tout ça, ça rejoint cette notion des cadeaux mal emballés. Et du fait que s'il y a bien quelque chose que tu peux décider dans la vie, c'est ce que tu fais des choses qui t'arrivent. Alors on n'est pas toujours en capacité de décider. Il y a un moment où parfois on est à terre, où c'est trop dur, où en fait t'es plus du tout en lien avec ta ressource parce que t'es terrassé. Et ça, ça n'est pas grave. Laisse-toi le temps de récupérer encore une fois. Mais vraiment, garde en lien. Et je trouve que dans ces moments où on va si mal, continuer à croire, quand même c'est difficile d'y croire, mais continuer à croire qu'il y aura un bout du tunnel à un moment et qu'à un moment tout ce truc-là qui n'a aucun sens finira par... Faire un petit peu sens, ne serait-ce pas parce que tu vas décider toi-même d'en remettre à l'intérieur, parce qu'en fait c'est que comme ça que ça fonctionne, c'est-à-dire que c'est pas tout à coup magique et tout à coup les choses vont s'arranger et tout va faire sens. Non, non, c'est aussi un travail d'introspection, un travail d'intuition, un travail de mise en relation de faits entre les faits, entre ce qui t'arrive, comment tu te sens. ce que t'as pu faire dans ta vie, les choix que t'as fait, etc. Et donc, c'est tout ce travail-là qui demande du courage et de la force, encore une fois. Donc vraiment, si t'es dans une période où t'es terrassé, c'est pas le moment. Et c'est normal, et t'inquiète. Il y a un moment où l'énergie va un petit peu remonter et où les choses ont commencé à se mettre un petit peu... à s'imbriquer, comme ça. Mais pour que tu puisses voir cette lumière au bout du tunnel, il faut remettre du sens, et ce sens, il n'y a que toi qui peux le remettre. Et surtout, il n'y a que toi. qui est maître ou maîtresse du sens que tu as envie de mettre dans les choses qui t'arrivent. C'est toi qui gères ta vie, c'est toi qui fais tes choix, c'est toi qui fais comme tu veux, et c'est toi qui décides de comment est-ce que tu as envie de parler de ce qui t'arrive. Voilà ce que j'avais envie de te dire aujourd'hui, en tout cas ce qui m'a été inspiré par le partage de Mehdi. Mehdi, sa manière, c'est écrire des poèmes. La mienne, pendant un temps, ça a été faire du stand-up et puis maintenant, c'est de faire passer des messages dans les vidéos, dans les podcasts, en séance, pouvoir t'ouvrir le champ des possibles en te partageant l'histoire d'autres personnes. C'est quoi la tienne ? Comment est-ce que toi, tu peux trouver ta manière de parler pour reprendre de la maîtrise et pour remettre du sens sur ce qui t'arrive et pour rendre les choses... pour trouver et sublimer ce cadeau mal emballé que la vie met parfois sur notre chemin. Je te laisse réfléchir là-dessus. Si tu es dans une période qui est compliquée, je t'envoie vraiment toute ma douceur. J'espère que ça t'aura ouvert un petit bout de fragment de lumière de quelque chose. Laisse-toi du temps. Si, au contraire, tu as derrière toi une période qui a été compliquée et que maintenant ça va mieux, C'est vraiment le bon moment pour te poser la question de qu'est-ce que je veux faire de ce nouveau chapitre, de quoi j'ai envie qu'il soit fait, et comment est-ce que je fais pour en mettre davantage à l'intérieur. Je te laisse réfléchir à tout ça. ravie de te découvrir. A très bientôt !