- Speaker #0
Générique
- Speaker #1
Bonjour à tous et bienvenue dans ce nouvel épisode de Dans le Rétro. Alors avant de commencer cet épisode, il y a quand même une chose importante à vous dire. Aucun de nous trois n'avons d'enfant. Et c'est donc exactement pour cette raison que nous nous sommes dit que nous étions tout à fait légitimes pour parler de parentalité aujourd'hui. Nous, dès que l'on peut donner notre avis sur quelque chose, on est chaud.
- Speaker #2
Surtout si on n'est pas qualifié.
- Speaker #1
Et c'est d'ailleurs pour ça que moi, j'adore voter, perso.
- Speaker #0
Alors après, Odin, chat, donc est-ce que ça compte ?
- Speaker #2
C'est mon fils.
- Speaker #1
Mais c'est surtout parce que la parentalité est devenue bien plus qu'une affaire de partenaire. parents aujourd'hui, depuis quelques années, c'est l'un des sujets qui cristallise le plus les débats entre les générations. On entend partout que les enfants d'aujourd'hui ne sont plus élevés comme avant, que les parents sont trop stricts ou au contraire trop permissifs, qu'il y a trop d'écrans, trop de règles, trop de psychologie ou pas assez. Bref, tout le monde semble avoir un avis sur la façon d'élever un enfant. Alors nous, bien évidemment, nous ne sommes pas là pour vous dire qui a raison ou qui a tort. On est encore moins là pour juger les parents qui, dans l'immense majorité des cas, font simplement de leur mieux avec leur époque, leurs contraintes et leurs conviction et comme dans chaque épisode épisode de Dans le Rétro, notre objectif est beaucoup plus simple, on va juste essayer de comprendre à notre auteur comment on en est arrivé là, et pour cela on s'est appuyé sur des articles, des études, des interviews des témoignages, et sur tout ce qui nourrit aujourd'hui le débat autour de la parentalité et comme vous en avez l'habitude, on va simplement essayer d'analyser tout ça avec notre gars sans prétendre détenir la vérité. Donc là, pour commencer, on va tous s'allonger sur un divan et on va commencer à parler de nos parents. Aude Marie, c'était quoi votre relation à vos parents ?
- Speaker #2
Alors, moi, de mon côté, mon père est un fils d'artiste et ma mère, elle est fille de militaire. Donc, j'ai un cadre qui était plutôt équilibré.
- Speaker #1
Ah bah oui, ça compensait des deux côtés.
- Speaker #2
Exactement. J'ai eu un cadre que je considère très juste parce que j'étais à peu près autant punie que félicitée
- Speaker #1
Et toi Marie ?
- Speaker #0
Moi, cadre plutôt strict puisque je suis fille de militaire, petite fille de militaire arrière, petite fille de militaire Moi je fais partie de ces enfants qui ont vouvoyé leurs parents et qui ont été absolument traumatisés et vécu un choc culturel lorsqu'ils ont découvert que ça n'était pas la norme Donc je sais pas si vous voyez le sketch de Paul de Saint-Sernin. Pas du tout, je l'ai pas vu.
- Speaker #2
Alors moi j'aime beaucoup cet homme.
- Speaker #0
Donc Paul de Saint-Sernin qui est un humoriste, et il a un sketch comme ça où il raconte comment il a découvert que tout le monde ne vouvoyait pas ses parents. Donc il explique que lui il a toujours vouvoyé ses parents, et un jour il est invité par un de ses copains pour aller passer l'après-midi chez lui, et quand ils arrivent dans la maison, ils ouvrent la porte, et en fait il se trouve que la maman est en train de se balader en petite tenue dans la maison. Et son copain s'exclame « Oh maman, tu me mets trop la honte, va t'habiller ! » Et lui, il était choqué, pas parce que la dame était toute nue, mais parce que son pote tutoyait sa maman !
- Speaker #2
L'essence des priorités ! Voilà,
- Speaker #0
exactement. Et bien moi, j'ai un peu vécu ça, lorsque j'ai découvert que les gens ne vouvoyaient pas leurs parents, j'étais un peu en mode « Mais pourquoi ? » Enfin, qu'est-ce qui s'est passé exactement ? Ça a toujours été comme ça.
- Speaker #1
Alors, moi, à l'occurrence, je tutoyais mes parents. mais d'ailleurs mon père tutoyait ses parents ma mère vouvoyait ses parents et je vouvoie mes grands-parents donc en fait j'ai grandi quand même avec les deux, je connaissais les deux c'est à dire que mes grands-parents je les voyais, mes parents je les tutoyais et puis sinon cadre familial que je pense qu'on jugerait aujourd'hui assez strict je pense que ça va être l'objet de l'épisode mais néanmoins moi j'ai eu la chance de grandir avec beaucoup d'amour de la part de mes parents qui et qui se sont beaucoup investis pour moi. Mais effectivement, je pense qu'aujourd'hui, on jugerait l'éducation qu'on a reçue avec mon frère de manière assez stricte. Et puis, j'ai eu ma maman est architecte, en l'occurrence. Mon papa a travaillé aussi pour elle. Il est professeur d'histoire et il a été militaire réserviste. Donc, un cadre aussi... Un peu cadré, c'est le cas de le dire. Décidément, c'est fou ça. Voilà, qui serait sûrement peut-être un peu jugé aujourd'hui, mais je pense que c'est tout l'intérêt justement de cet épisode.
- Speaker #2
Et ce serait plutôt du côté de ton père ou de ta mère le plus sévère ? Le ou la plus sévère ?
- Speaker #1
Alors, je dirais les deux, pour le coup. C'est une excellente question. Pas de la même manière. Je pense que papa a... Alors déjà, il faut savoir que j'ai un contexte qui n'est pas le plus courant. C'est-à-dire que moi, j'ai connu le concept de papa au foyer. Et de maman qui travaille, voilà. Je le fais dans les grandes lignes évidemment, mais parce que, évidemment, en l'occurrence, mon père a travaillé pour ma mère qui était à son compte en tant qu'architecte, donc l'aidait beaucoup sur toute la partie administrative, etc. Mais il faut savoir que ma mère a été architecte, elle l'est toujours, et a travaillé notamment pour le ministère des Affaires étrangères, et donc était amenée à beaucoup se déplacer pour travailler pour des ambassades, etc. Donc quand j'étais petit, maman... On était beaucoup en déplacement, au Canada, etc., un peu partout, et donc c'est papa qui s'occupait de nous. Et moi j'ai vraiment cette image-là de papa qui cuisine, papa qui est là pour nous, papa qui s'occupe effectivement... Un homme moderne finalement ! Voilà, et d'ailleurs c'est l'une des images les plus mignonnes que j'ai quand je repense à ça, c'est que, en fait, maman, je l'appelais le soir à 11h avant de me coucher parce qu'elle était au Canada, et donc pour lui dire bonne nuit, j'avais maman au téléphone avant de me coucher. alors cela dit elle a arrêté de... Vraiment, je pense que quand elle était au Canada, ça a été la dernière mission à l'étranger qu'elle a faite parce qu'après, elle a voulu effectivement, logiquement, être présente pour ses enfants, pour moi qui étais petit et pour sa famille, donc elle s'est vraiment concentrée sur la France.
- Speaker #0
Moi, j'aurais juste à revenir sur une info. T'as dit que t'estimais avoir une éducation assez stricte, mais à 11h, t'étais encore debout.
- Speaker #2
J'avoue.
- Speaker #0
Franchement, on n'a pas la même notion. Il y a des mentions que je préférais dans cette émission.
- Speaker #1
Comment ça, 11h, j'étais debout ? Moi, je suis debout depuis 8h du matin en s'enregistrant aujourd'hui. Comment ça, 11h ?
- Speaker #0
Mais t'as dit...
- Speaker #2
Attends mais 11h du matin ?
- Speaker #1
Comment ça 11h ?
- Speaker #0
T'as dit à 11h t'as appelé ta maman...
- Speaker #1
Ah 11h pardon de ce que je viens de raconter, non 11h du soir !
- Speaker #2
Bah ouais mais comment t'étais encore debout à cette heure là ?
- Speaker #1
Ah, c'était peut-être 22h30, je sais plus, mais je me souviens qu'en tout cas, c'était juste avant de me coucher. Une bancale,
- Speaker #2
cette histoire.
- Speaker #0
Ouais, excuse-moi, mais là, c'est n'importe quoi, parce que... Cette anecdote est fausse. Moi, perso, à partir de 20h30, on commençait à mettre tout le monde dans son lit, et à 21h, il n'y avait plus de lumière dans la maison.
- Speaker #1
Cette info ne me plaît pas, je pense qu'elle est fausse. Non, mais je me souviens que c'était en tout cas tardif, et que c'était avant de me coucher, on appelait maman, on avait maman au téléphone.
- Speaker #0
On va se renseigner.
- Speaker #1
Et voilà, et maman revenait. Je peux vous en parler pendant des heures, mais là, c'était... Ouais, on va se couper court. Et Marie,
- Speaker #0
toi, c'était...
- Speaker #1
mais moi on venait du Canada avec des chaussons indiens fourrés etc et moi quand j'étais petit j'étais persuadé que maman allait en grande délégation dans les réserves indiennes et en fait pas du tout j'ai découvert des années plus tard qu'elle allait non juste au musée en l'occurrence de l'histoire amérindienne où elle achetait la boutique et moi j'avais une image de maman hyper aventurière tu vois c'est toujours et Maman est une aventurière. Mais c'était pas la même chose d'imaginer maman qui va à la boutique que maman qui va en grande éducation.
- Speaker #2
T'as grandi avec une mèche de super héroïne.
- Speaker #1
Rencontrer Yakari et toute sa famille.
- Speaker #2
C'est génial.
- Speaker #0
Elle aurait pu traîner les petits tonnerres directement. Mais oui,
- Speaker #1
mais moi j'imaginais ça. J'étais ébahi de mes parents.
- Speaker #2
Et alors toi, qui était le plus sévère ?
- Speaker #0
Alors moi, pour le coup, j'ai grandi avec une maman au foyer. Chance que je n'ai mesuré que très tardivement, évidemment. Et donc, j'avais toujours ce truc de on obéit à maman, on obéit à maman, etc. Mélique. grosse punition, c'était papa. C'était papa qui avait la grosse voix et qui grondait fort. Voilà, j'ai toujours eu un petit peu ce schéma-là. Après, la punition qui m'a le plus marquée quand j'étais petite, c'est vraiment maman qui me l'a donnée. C'est très spécifique.
- Speaker #1
C'était quoi ?
- Speaker #0
C'est très spécifique. Je ne sais plus pourquoi j'ai été punie, sachez-le. Mais j'ai été privée de regarder l'épisode de C'est pas sorcier sur les rapaces qui était diffusé à la télévision.
- Speaker #1
Ça me fait mal au cœur pour toi.
- Speaker #0
Et vraiment... C'est pas sorcier, c'était le rituel en rentrant de l'école. Bien sûr. Et l'épisode sur les rapaces, on regardait le programme télévision pour savoir sur quelles thématiques étaient les épisodes. Et l'épisode sur les rapaces, ça faisait 15 jours que j'avais vu qu'il était annoncé et j'ai été punie ce jour-là.
- Speaker #2
J'ai pas pu le regarder.
- Speaker #1
Passionnant les rapaces en plus quand t'es petit. Exactement. Là vraiment je suis en train de le vivre. Je l'ai pas vécu mais je me sens punie.
- Speaker #2
Et ça ça a été vraiment, dans ma tête c'est la grosse punition de mon enfance.
- Speaker #0
C'était ça, c'était être privée. de ses passeports.
- Speaker #1
Je comprends.
- Speaker #2
J'ai un peu le même truc que toi. Mes deux parents travaillaient, mais j'étais souvent punie par ma mère, plus rarement par mon père. Mais par contre, c'était un peu si papa s'en mêle, là, ça va chier. Là, c'est plus drôle du tout. Après,
- Speaker #0
je pense qu'on ne s'est jamais vraiment rendu compte à quel point c'était une menace en l'air. Ou bien, peut-être maman qui nous fait les gros yeux.
- Speaker #2
Moi, ce n'était pas une menace en l'air parce que quand mon père s'en mêlait, ma mère était là, non ! Après, il y avait... Enfin, en vrai, j'avais aucun des deux qui était vraiment sévère. Ils ont toujours été très exigeants. Mais après, j'avais le soutien qui accompagnait l'exigence, tu vois. Je n'étais pas lâchée dans mon coin. Et le plus important, c'était toujours la communication. Donc, si jamais je galérais à faire un truc ou je faisais une bêtise, j'étais complètement libre de venir en parler. Et après, si j'en parlais, on venait m'aider, tu vois.
- Speaker #1
Moi, j'ai une question. À partir de quel âge... Est-ce que vous avez compris que si maman vous disait non Ça servait à rien d'aller voir papa Parce que tu voulais tout le temps plus s'engueuler On l'a tous vécu ce moment L'un nous dit non Du coup on va aller voir l'autre comme si de rien n'était En disant rien et nous on se faisait deux fois plus s'engueuler Il faut toujours commencer par demander à papa
- Speaker #0
Parce que papa Elle a dit quoi maman ?
- Speaker #1
Moi j'ai fait l'inverse J'avais demandé à maman Je me sens plus du tout du sujet J'étais allé voir papa Et c'était et c'était... Enfin, deux fois pire quand du coup, papa est allé voir et il va dire « Oui, comme ça, ma maman, en plus, t'avais déjà dit non, etc. »
- Speaker #0
T'as essayé de nous arnaquer ! Il faut commencer par aller voir papa parce qu'au pire, il va te dire « Elle a dit quoi à ta mère ? » Et tu vas dire « Je sais pas » . Et là, il y a deux solutions. Soit il va lui demander, soit il va te dire oui. Oui, mais non.
- Speaker #1
Oui mais ça va trop se mettre sur moi forcément à un moment donné parce que du coup maman elle va débarquer en disant mais comment ça tu lui as dit oui alors que je lui avais dit non c'est ça De toute façon le oui du papa n'a pas de pouvoir C'était retombé sur moi
- Speaker #2
C'est un oui en l'air
- Speaker #1
Je pense que c'est vraiment un apprentissage commun qu'on a tous fait Ça c'est clair Alors je pense qu'il y a quand même un premier sujet à aborder là-dessus dans l'éducation année 90 qu'on a reçu en tout cas année 2000 c'est quelque chose qui revient quand même assez souvent, ce souvenir de plus grande liberté. En tout cas, c'est ce qu'on entend beaucoup. J'ai des chiffres qui sont, pour lancer juste le sujet, qui sont assez hallucinants, qui sont tombés de cette année. 64% des enfants aujourd'hui de 5 à 12 ans passent moins d'une heure par jour dehors. Il faut savoir qu'une heure, c'est le minimum d'exercice en plein air prévu par les règlements d'Ela de l'ONU pour les prisonniers. Donc la conclusion, c'est qu'actuellement, des jeunes passent moins de temps dehors que des prisonniers. Est-ce qu'on peut en parler ? Parce qu'il y a un vrai sujet où moi, le souvenir que j'ai, c'est que je pouvais jouer dehors et je pouvais jouer dehors sans mes parents. Et il fallait que je rentre avant l'heure du dîner ou les lampadaires se rallument. Tu vois, tu avais toujours un truc qui, aujourd'hui, visiblement, ça n'existe plus.
- Speaker #0
Moi, j'avais vraiment le truc du code des lampadaires qui se rallument et il fallait que je rentre à la maison. C'était vraiment avant de savoir lire l'heure. J'ai su que lorsque les lampadaires se rallumaient, il fallait que je sois rentrée. C'était vraiment le code et je passais des heures à jouer dehors. Alors après moi j'ai eu de la chance sur un point, c'est qu'on a très souvent habité dans des résidences d'immeubles un peu fermées avec une cour, un jardin, quelque chose comme ça. Donc on avait un espace clos, on n'était pas dans la rue ou quoi que ce soit pour jouer. Mais c'est vrai qu'on passait des heures à jouer dehors, d'ailleurs j'étais championne de garde de sautée à l'époque, c'est pour une raison.
- Speaker #1
Et dis donc madame, on ne se rend pas compte de qui on a autour de la table. Exactement.
- Speaker #2
Pour le coup moi j'avais pas du tout ça parce que j'ai grandi à Paris et ben... T'as pas tant de liberté de rêve, parce qu'on va pas te laisser jouer dans Paris, dans les rues aussi facilement. Non mais les parcs, parce que moi j'ai grandi à Paris aussi. J'avais une nounou quand j'étais petite, parce que mes deux parents travaillaient beaucoup, ils rentraient tard, ils partaient tôt, donc j'avais une nounou qui venait me chercher à l'école, etc. Et après, avec mes petites sœurs, elle nous emmenait au parc. Et là on jouait, mais t'as pas vraiment de liberté à ce point-là, parce que du coup on te regarde, on te surveille. En revanche... En vacances peut-être un peu plus, c'est ça. Déjà chez les grands-parents, parce que mes grands-parents... ont une maison en Auvergne. Donc là, c'est les grandes balades dans la forêt où tu prends ton petit bâton de marche, c'est vraiment un bout de bois. Et puis après, tu pars faire une grande balade et t'es beaucoup plus libre. Faut pas que tu t'éloignes trop, tu marches pas sur la route directement. Mais à part quelques règles comme ça, effectivement, nous on avait une cloche chez mon grand-père et quand il sonnait la cloche, c'était un truc qui cassait les oreilles. T'entendais la cloche, il fallait que tu reviennes en... courant parce que ça veut dire que c'est l'heure de la douche et ensuite du dîner. Oui,
- Speaker #1
exactement, c'était retour pour la douche avant le dîner. C'est ça. Exactement.
- Speaker #2
Et pour le coup, en grandissant, parce que les vacances scolaires étaient quand même assez longues, et donc on commençait les vacances scolaires chez mes grands-parents en Auvergne, et ensuite on allait plus dans le sud, on était dans un genre de parc résidentiel de loisirs où chacun a sa petite caravane, enfin c'est pas vraiment une caravane mais t'as un mini-maison. Et après il y a... Une piscine, un terrain de tennis, un mini-golf, c'était vachement chouette. Et ça, c'est un endroit qui est sécurisé. Donc en fait, les enfants peuvent se balader librement. Et là, pour le coup, j'ai eu énormément de liberté pendant toute mon enfance. Et d'aller retrouver des copains, d'essayer de rentrer quand même pour le dîner, c'était un peu la règle. Oui parce que bon si ton enfant n'est pas là Au moment du dîner quand même tu peux commencer Oui mais en fait comme tout le monde est là Tu peux très bien aller dîner chez un copain Mais en fait non tu rentres quand même, tu préviens Ou tu demandes en avance etc mais en fait t'as tellement de liberté Les parents entre 14h et 18h Ils savaient pas où j'étais
- Speaker #1
Moi je me souviens très bien du truc où effectivement Quand tu étais effectivement chez des amis Tu avais les parents qui appelaient D'un téléphone fixe à l'autre téléphone fixe pour prévenir C'est à dire il est arrivé, il est reparti Il y avait ça aussi Après pour le coup J'... Je ne sais pas ce que vous pensez. Je pense que pour le coup, le côté de... Il y a de la liberté quand tu es effectivement en vacances ou dans certaines maisons un peu à la campagne, etc. Je pense que c'est toujours le cas aujourd'hui. Le vrai sujet, c'est comment est-ce que ça a évolué en ville plus tôt ?
- Speaker #0
Moi, j'ai un souvenir extrêmement précis de la première route que j'ai été autorisée à travers toute seule, qui était en effet dans une maison à la campagne. C'était la route qui passait le long de la maison de vacances de mes grands-parents. Et c'est la première route où je devais avoir peut-être 7 ans. Et j'ai eu la permission de la traverser toute seule, sans aucun... aucune supervision adulte en visuel. Et c'était vraiment un sentiment de liberté de dingue. Et je me rappelle également du premier trajet en ville que j'ai eu le droit de faire toute seule, voire qu'on m'a poussée à faire toute seule. C'était pour aller acheter du pain au bout de la rue. Et en fait, moi, papa militaire, on a beaucoup déménagé. Donc on venait d'emménager dans une ville. Il y avait une boulangerie sur le même trottoir. Je n'avais pas de passage piton à traverser. Et je me rappelle d'avoir... J'ai eu cette peur incroyable de me dire mais je suis lâchée en ville toute seule et il faut que j'aille toute seule jusqu'à la boulangerie pour acheter une baguette. Oh mon dieu mais qu'est-ce que c'est que ce truc ? Et c'est vrai qu'à l'heure actuelle, je ne le ferais pas faire à un enfant de l'âge que j'avais. J'avais 9 ans, je n'étais pas non plus complètement minuscule. Mais notamment parce que les dangers en ville sont montés sur les trottoirs. Coucou les trottinettes électriques !
- Speaker #1
Ah non mais au-delà des trottinettes, alors oui, tout à fait, trottinette électrique je pense que ça doit avoir 6 ans, quelque chose comme ça, 6-7 ans, quelque chose comme ça.
- Speaker #0
Et en fait, comme nous c'est un truc qu'on n'avait pas, les trottoirs c'était vraiment des safe place pour tout le monde, le truc le plus dangereux c'était une poussette qui prenait de la place.
- Speaker #1
C'est hyper intéressant, quel était l'âge auquel on vous a permis de faire quelque chose de seul la première fois ? Par exemple, moi le souvenir que j'en ai, c'est rentrée de l'école, j'habitais en l'occurrence à 5 minutes à pied de l'école. Et donc la première fois que j'ai pu rentrer de l'école seul, je pense que je vais être en CM1, CM2, quelque chose comme ça. Donc je dirais 10 ans, quelque chose comme ça. Toi Aude ?
- Speaker #2
Alors moi je me rappelle très bien parce que ça a été un véritable traumatisme. Le matin, c'était quand j'étais en primaire, je pense que je devais avoir entre 8 et 9 ans. Et en gros tous les matins mon père nous déposait à l'école en voiture. Et ensuite, on rentrait avec la nounou. Et moi, j'avais demandé à rentrer toute seule, parce qu'on rentrait avec le bus. C'était pas un très gros trajet, mais j'avais envie de prendre le bus toute seule, parce que toutes mes copines, elles avaient le droit de rentrer toutes seules. Et donc, j'ai demandé ça. Et ma mère m'avait acheté un portefeuille à scratch, Total Spies, et elle avait rempli de tickets de bus mon portefeuille. Mais je devais en avoir genre 20 ou 30, vraiment c'était abusé, j'en avais énormément. Et le premier jour, je sors de l'école et je dis bon bah salut, je rentre chez moi, ouais je prends le bus toute seule, ouais. Je me suis assise dans le bus et j'ai oublié mon portefeuille dans le bus.
- Speaker #0
Oh non !
- Speaker #2
Et alors là, non mais j'ai encore mal parce que j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps parce que j'avais perdu mon super portefeuille à scratch de Tannis Paris. Je me suis faite ! défoncée parce que j'avais perdu l'équivalent de 3 carnets de tickets de métro et on a appelé on a appelé le bus, tu pouvais appeler le centre etc, personne ne l'a jamais retrouvé, ma mère me disait évidemment que personne l'a retrouvé évidemment un carnet plein de carnets machin et on embrasse ta maman moi j'aurais le seum aujourd'hui c'était même pas les prix d'aujourd'hui c'était même pas les prix d'aujourd'hui c'est te dire
- Speaker #0
Mais alors moi c'est marrant parce que le premier trajet que j'ai fait toute seule en Bop-Logo c'était en rentrant du collège parce que c'était quand j'étais en 6ème parce que moi j'ai des petites soeurs qui sont assez rapprochées et donc on a toujours été dans la même école et donc en fait il y avait toujours quelqu'un de plus petit que moi qui devait être pris en charge par un adulte. Donc en fait, jusqu'au collège, qui est le moment où on n'était plus dans le même établissement géographiquement parlant, je suis toujours rentrée avec ma maman ou avec la personne qui venait nous chercher parce qu'il y avait forcément une petite sœur avec qui avait deux ou trois ans de moins que moi et donc qui, elle... nécessiter la présence d'un adulte par sécurité.
- Speaker #2
Oui, ok.
- Speaker #0
Donc de ce point de vue-là, voilà. Mais après, c'est marrant parce que moi, j'ai beaucoup d'écarts avec mon plus jeune frère. On a 14 ans d'écart, ce qui est considérable, on va pas se mentir. Et donc, c'est vrai que j'ai vu l'évolution des types de libertés qu'on pouvait avoir. Et ça, je vais en reparler un peu plus tard.
- Speaker #2
Mais c'est marrant parce que je considère qu'on a quand même pas mal de libertés, nous déjà, à notre génération. Mais il y avait encore plus de libertés avant, et j'en ai un petit peu discuté avec mes parents. Par exemple, ma mère, elle a grandi à Paris aussi, parce que mon grand-père était pompier. Et donc, elle a grandi dans une caserne.
- Speaker #0
Ah, j'adore.
- Speaker #1
C'est incroyable.
- Speaker #2
Ouais. Et en fait, quand elle avait... Donc, elle était en sixième. Donc, sixième, t'as quoi ? T'as 11 ans, peut-être
- Speaker #0
12 ? Ouais, je crois que tu fêtes tes 12 ans l'année de ta sixième, si je me trompe pas.
- Speaker #2
Ouais, un truc comme ça. Et bien, elle, le soir, quand elle rentrait de l'école, au lieu de rentrer à la caserne directement, elle allait au musée du Louvre toute seule.
- Speaker #1
Ah oui, d'accord. Ok.
- Speaker #0
C'est une autre époque.
- Speaker #1
Non mais c'est incroyable,
- Speaker #2
parce qu'aujourd'hui je sais pas si le musée du Louvre il a centré des enfants de 11-12 ans comme ça.
- Speaker #0
C'est vrai.
- Speaker #1
En revanche on salue la curiosité artistique et intellectuelle. C'est une femme extraordinaire.
- Speaker #0
On va faire un battle des mamans à un moment dans cette émission.
- Speaker #1
Personne pourra gagner.
- Speaker #2
Je trouve ça trop marrant de se dire l'autonomie des enfants dans les années 80-90 même encore avant. Parce qu'effectivement nous on parlait de rentrer avant la nuit. Mais à l'époque on n'avait pas de téléphone portable donc en tout cas jusqu'au collège nous c'était plutôt au collège où il y a eu les premiers téléphones portables qui sont arrivés.
- Speaker #1
Les Nokia 3310. Voilà,
- Speaker #2
moi j'avais un Motorola Aclaper Rose, excuse-nous.
- Speaker #1
Alors c'est vrai qu'en plus il y avait plein de téléphones différents, il y avait ceux qui se zippaient là. Qui coulissaient.
- Speaker #0
Moi j'ai eu un des premiers qui coulissait pour laisser apparaître l'intégralité du clavier. Ah ouais, j'ai stylé.
- Speaker #2
Trop stylé ! Ensuite, il y a eu la team BlackBerry.
- Speaker #1
BlackBerry, pour le coup, c'est vraiment exceptionnel.
- Speaker #2
J'ai toujours été team iPhone, et j'ai toujours été fascinée, parce que les touches des BlackBerry étaient minuscules. Comment tu arrives à taper là-dessus ?
- Speaker #1
Moi, j'avais une copie de BlackBerry, pour te dire, en premier téléphone, et je te confirme que c'était un enfer. J'étais trop géant, parce que sur les BlackBerry, il y avait les BBM, les BlackBerry Messenger. Et ça, c'était vraiment le réseau de communication interne aux BlackBerry. ça n'existe plus je pense les Blackberry ça existe encore ?
- Speaker #2
non ça n'existe plus je trouve ça assez marrant parce qu'effectivement il n'y avait pas ça et il y avait beaucoup plus de débrouillardisme, moi je me rappelle déjà quand j'étais toute petite et que mon grand-père et mon père voulaient qu'on fasse des jeux rien que sur ça, on pouvait construire des cabanes avec 3 bouts de ficelle en fait t'étais tout le temps dehors tu trouvais un bâton, c'était un truc de sorcier et t'avais énormément d'autonomie aussi par exemple Moi je sais que mon père quand il rentrait à l'école Il pouvait se faire à manger Il rentrait, il se faisait à manger,
- Speaker #1
il se faisait son goûter Mais ça c'était des enfants autonomes tu vois c'est quand même bien
- Speaker #2
Déjà il y avait aussi la vraie capacité de s'ennuyer Qu'on a totalement Et moi j'ai eu quelques échanges Où je me dis pour moi c'est complètement normal De me poser dans un coin Et de juste penser Et tu peux regarder le mur pendant deux heures parce que tu penses T'es dans ta tête et...
- Speaker #1
et il y a des gens qui font pas ça tu te dis mais si t'as pas un écran devant toi et là on va arriver au débat de est-ce qu'on se parle à soi-même quand on est seul mais ça c'est vraiment un tout autre sujet là où je voulais rebondir c'est que je suis assez d'accord et c'est vraiment quelque chose qu'on voit de plus en plus passer, c'est des témoignages de parents que j'ai beaucoup vu passer en interview c'est que les enfants sont de moins en moins dehors parce que le dehors est de moins en moins sécurisé parce qu'on parlait des trottinettes si ce n'est que ça je suis désolé de le dire mais entre toutes les histoires d'enfants qui se font enlever, d'enfants qui se font agresser, on en a, mais malheureusement, tout le temps, des enfants qui disparaissent, le dehors est devenu dangereux, et donc l'extérieur pour un enfant est devenu rare. Et en fait, c'est pas tant que les parents ne veulent pas, à mon avis, que leur enfant profite de l'extérieur, c'est juste le danger, et ça va effectivement avec le sujet des responsabilités. C'est-à-dire qu'avant, on allait dehors, et puis quelque part, c'était le début de la transsage des responsabilités, parce que parfois on faisait des bêtises, on voulait pas que les parents s'allagent, donc on répare le truc comme on peut, Tu sais, Et donc, en fait, il y a cette double peine, à mon avis, aujourd'hui, à la fois sur le fait de ne pas pouvoir profiter de l'extérieur et du début de l'apprentissage des responsabilités.
- Speaker #2
Et donc, effectivement, on a eu de moins en moins de liberté parce que quand on pense aux années 70, déjà, à l'époque, il y avait de plus en plus de femmes qui se sont mises à travailler. Les enfants étaient plus livrés à eux-mêmes entre l'école et le dîner. Donc, en fait, ça a créé aussi un climat qui était idéal pour apprendre à se réguler émotionnellement. Tu pouvais aller jouer avec tes copains. Faire ton goûter et te sentir bien dans la solitude, sans avoir besoin d'être stimulée constamment. Et donc ça crée aussi un climat où on fait confiance aux enfants pour se gérer. Et eux, ça leur donnait aussi une confiance en eux-mêmes. Parce que la légitimité, ça se construit seul, ça ne vient pas de l'extérieur. Et le syndrome de l'imposteur s'est fortement développé avec notre génération, qui a moins appris par elle-même que par les validations extérieures, à la maison ou à l'école. On n'a pas posé nous-mêmes nos limites, parce qu'on nous les a imposées. Donc on se retrouve parfois à se faire marcher dessus, parce qu'on ne sait pas faire... Aujourd'hui, on n'a pas de filet de sécurité. Et quand je pense à mon père, quand il a grandi, pareil, mon grand-parent était en Auvergne, lui, il était plutôt du côté limousin. Il a grandi la campagne. La liberté qu'il avait à l'époque, déjà, de ne pas être dans une grande ville, et en plus, dans les années, je ne sais plus en quelles années, il y a longtemps. Dans les années, il y a longtemps. Les années d'antan. Et en plus, fils d'artiste, je vous laisse imaginer. L'éducation, elle était moins rigoureuse, mais elle ne manquait pas d'attention non plus. Mais c'est assez drôle parce que ma grand-mère qui était peintre, artiste peintre, elle faisait souvent des mots pour louper l'école. Quand il n'avait pas envie d'aller quelque part, elle lui faisait un mot en disant intoxication alimentaire. Donc ma grand-mère, elle avait une réputation de très mauvaise cuisinière. Alors qu'en fait, non, c'est juste qu'elle n'était plus permissive. Il avait envie d'aller jouer avec ses copains. Allez, va jouer avec tes copains, c'est pas grave. C'est pas très important.
- Speaker #0
Moi, j'ai pas vécu ça, moi.
- Speaker #2
Et mon père a fait une dinguerie avec ses copains qui serait aujourd'hui impossible. On est vraiment genre... Ce serait même pas imaginable. Il a fait croire avec ses copains, à la mairie de sa ville, que Chirac allait venir en visite officielle.
- Speaker #1
C'est très drôle.
- Speaker #2
Sauf que c'est parti tellement loin La mairie a organisé un événement de bienvenue pour l'attendre à la sortie, enfin à la gare, à l'arrivée du train et avec les journalistes, avec tous les officiels.
- Speaker #1
Les journalistes locaux !
- Speaker #0
J'espère qu'il y avait un buffet de bienvenue et qu'il a pu grignoter.
- Speaker #2
Alors ça je saurais pas vous dire mais c'était hilarant parce qu'ils ont organisé tout ce truc là, ils en ont parlé dans tout le village, je sais plus exactement ce qu'ils ont fait, s'ils ont distribué des tracts ou quoi. On ne sait plus. Mais en tout cas, le jour où Chirac devait arriver, ils se sont pointés avec des masques. Évidemment. Ça a été cramé assez vite. Mais bien sûr. Mais ça c'est incroyable parce que tu te dis aujourd'hui, c'est impossible, tu ne peux pas faire croire.
- Speaker #1
C'est tellement drôle. Mais oui, c'est vrai que l'information circule tellement rapidement qu'en fait...
- Speaker #2
Non mais même en termes de sécurité.
- Speaker #1
Ah oui, bien sûr.
- Speaker #2
Tu ne peux pas juste dire, on suppose que quelqu'un vient, donc on va... juste l'accueillir avec des bonbons et des ballons et des journalistes. Pas du tout. Il va falloir un service de sécurité entier, une vérification du périmètre. Enfin, c'est pas du tout. Et eux, des gamins, se sont faits, mais défoncés, alors que c'est extraordinaire. Oui,
- Speaker #0
et puis moi, ce qui me fascine, c'est qu'ils se sont faits défoncés, c'est-à-dire qu'il y a genre trois grandes personnes qui leur ont expliqué que c'était pas bien. Ils ont peut-être été privés de sortie ou de je ne sais quoi à ce moment-là.
- Speaker #2
Mais ça fait une anecdote qui traverse les générations.
- Speaker #0
Oui, mais alors que si... quelqu'un réussissait à faire ça aujourd'hui, ça serait genre usurpation d'identité, genre on partirait directement dans un truc périple.
- Speaker #2
Ouais, et d'ailleurs, si on voit un petit peu les différences, en 1971, déjà, 80% des enfants qui allaient seuls à l'école sont plus que 9% aujourd'hui. Donc déjà, tu vois que le cercle, il est beaucoup plus restreint. 9% ? Ouais, 9%. Et effectivement, là, aujourd'hui, avec l'arrivée massive de l'information, notamment des faits divers par rapport aux années 80, Il y a la peur qui monte et on commence à surveiller les déplacements, on commence à donner des horaires aux activités. Par exemple, après l'école, t'as judo, donc je sais que si à telle heure t'es pas rentré, c'est qu'il y a un problème. Le monde, il est pas pire qu'avant forcément, mais en fait avec les informations qui circulent plus vite et plus facilement et toutes les choses horribles, bah en fait, tu es beaucoup plus vite tombé dans quelque chose de sensationnel et de terrifiant. Et avec le temps, comme on est passé de plus en plus à une surveillance massive, Tu peux observer par exemple des AirTags dans les chaussures. C'est ce que j'allais dire,
- Speaker #0
les parents qui mettent des AirTags dans les sacs de leurs enfants. C'est ça,
- Speaker #2
tu as la géologue en permanence et en fait tu as une bulle de stress collective qui a engendré une surprotection.
- Speaker #1
Moi je l'ai vu passer effectivement aussi sur des articles, des interviews de parents qui en parlent et ça recoupe ce que je disais au début. c'est à dire que en fait ce manque de liberté et le fait que les enfants passent peu de temps dehors c'est que, on parlait des trottinettes mais si c'était que ça en fait tu as beaucoup de Les sujets, c'est qu'aujourd'hui, tu es inondé et les tribunaux sont inondés, la police aussi, de sujets d'enfants qui sont enlevés, qui sont kidnappés, qui subissent des agressions toutes plus horribles les unes que les autres. Et en fait, la rue, malheureusement, l'extérieur, le dehors n'est plus sûr. Et donc, ou du moins, en tout cas, sans vouloir caricaturer ou juste les choses, mais en tout cas pour un enfant, pour quelqu'un qui est seul, isolé comme un enfant, qui est fragile. ce n'est plus un endroit effectivement où on peut se dire bon il peut vivre seul le problème c'est que quand tu es seul effectivement dehors avec tes amis c'est là aussi que tu apprends tes premières responsabilités tu fais des bêtises, tu essayes de les réparer avant que les parents le découvrent et en fait c'est du coup tout un apprentissage qui se perd ultra sécurisant pour les parents ce qu'on comprend mais qui effectivement peut-être manque pour les enfants de ce premier apprentissage des responsabilités et puis pour rebondir sur ce que tu disais par rapport à l'extérieur qui est devenu un endroit de danger Oui.
- Speaker #0
En fait, on a eu un développement d'une phobie de la disparition. Avant, un enfant où on ne savait pas où il était, il était certainement en train de jouer, il était certainement en train de prendre du temps pour lui, avec ses copains, ou bien tout seul en regardant un mur, dans le cas de Aude. Mais voilà. Et maintenant, un enfant où on ne sait pas où il est, il est forcément en danger. On a vraiment...
- Speaker #1
Je serais curieux...
- Speaker #2
On imagine le pire directement.
- Speaker #1
Je serais curieux de savoir, parce qu'effectivement, j'ai l'impression qu'il y a 20 ans, si un enfant disparaissait, la police allait dire très souvent Attendez quelques temps, c'est peut-être une fugue. Je pense, je vous le dis ça au dos mouillé, vraiment, je n'ai absolument aucune information. Je me demande à quel point aujourd'hui les lancements de recherche se font beaucoup plus rapidement qu'avant. Et aujourd'hui, on se dit, ok, direct, on lance une recherche et pas juste qu'on attend un peu parce que ça peut être une fugue.
- Speaker #2
Mais tu as complètement raison, parce que ce qu'on a déjà observé sur la partie...
- Speaker #1
Mon information au doigt mouillé du coup a marché. Oui,
- Speaker #2
absolument, parce qu'en fait, si on s'intéresse un petit peu aux affaires criminelles et aux disparitions d'enfants qui sont connues médiatiquement, en fait ça commence systématiquement par la police qui dit oui oui bon on verra, vous êtes sûr qu'ils jouent pas dehors est-ce que machin, bon et en fait ça traîne, et en fait les affaires qui nous ont traumatisés c'est les affaires qui ont été fortement médiatisées et souvent c'est la famille qui a dû aller voir, aller chercher les médias parce qu'ils étaient pas pris au sérieux par la police et ça a tellement fait des scandales que aujourd'hui effectivement on prend pas le temps de se poser 15 questions, il y a un enfant qui a disparu, on met tout de suite tout le monde sur le coup.
- Speaker #1
Exactement, on ne prend plus aucun risque, ce qui, quelque part, tant mieux, évidemment, mais je pense, est assez révélateur d'un changement, pour le coup, de société.
- Speaker #0
Et je pense que c'est tellement passé dans l'éducation que j'ai l'impression que le concept de la fugue a disparu. de la société. C'est quelque chose qui s'est éteint avec notre génération. Aujourd'hui, il n'y a plus aucun enfant qui parle de fugue.
- Speaker #1
Les enfants ne vont plus dehors.
- Speaker #0
Nous, on avait un peu ce truc où c'était une espèce de revendication de notre génération, la fugue. Oui,
- Speaker #2
parce qu'on a connu l'extérieur comme un espace de liberté. Donc, c'était notre manière de nous réapproprier notre liberté.
- Speaker #1
Exactement. Et en fait, dans l'idée de la fugue, il y avait ce truc de je peux quitter chez moi parce que je connais l'extérieur.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
Exactement ce que tu dis. À partir du moment où tu ne connais pas l'extérieur, En fait, c'est un grand inconnu, donc est-ce que t'as envie, enfin ça fait quand même beaucoup de quand t'es petit, que d'aller dans un grand inconnu. Je pense effectivement que ça va pas mal jouer, mais c'est vrai que les enfants passent aujourd'hui à côté aussi d'une partie de leur éducation, qui pour le coup n'est pas parentale, qui est propre à chaque individu.
- Speaker #0
Tu veux dire qu'ils passent à côté de l'expérience de la fugue ? Parce que moi je peux raconter la mienne si vous voulez. Ah,
- Speaker #1
on a très envie que tu nous racontes !
- Speaker #0
Je ne sais même plus pourquoi, je voulais fuguer. probablement parce que c'était un truc un peu à la mode pour faire genre j'étais une ado rebelle c'est vrai qu'il y avait un peu une tendance fugue c'est pour lui le dire d'ailleurs mais c'était une tendance c'était pas quelque chose de dangereux on était pas encore dans une déviance on était dans une tendance et moi je me rappelle avoir pris mon e-spac avoir mis dedans je pense un paquet de BN ou un truc comme ça ok pas mal tu peux survivre un goûter mon doudou parce que Merci. c'est hyper important et ça ça prouve que c'est un acte décisif et réfléchi il y a le truc genre tu parles avec ton doudou ça veut dire que t'as prévu de passer la nuit dehors il y a un truc comme ça et je pense à peu près tout et être partie avoir marché 20 minutes m'être assise sur un caillou ensuite être rentrée à la maison et être tombée sur ma mère qui faisait réviser ses tables de multiplication à ma soeur et que c'était pas du tout rendu compte que j'étais fuguée la première fois que j'ai fugué je crois que pareil
- Speaker #2
personne s'en est rendu compte et moi j'étais encore plus vexée de ça parce que tu pars en disant de toute façon vous me comprenez pas et quand tu reviens t'es en mode mais tout le monde s'en fout c'est fou mais moi je crois que je l'avais déjà raconté dans un précédent épisode je sais plus ce que j'ai raconté en arrivant au stade si
- Speaker #1
je me redis si vous me répète vous me le dites mais non moi j'avais pas fugué j'avais réfléchi mais en fait moi j'étais vraiment j'avais cette égo là de me dire si je fugue faut que ça soit ultra réussi tu vois et le truc c'est que je m'étais toujours dit ok mais tu vas aller jusqu'au bout de la rue et ensuite et bah
- Speaker #2
comme j'avais pas le et ensuite je n'ai jamais fugué j'ai trouvé un truc qui est hyper intéressant sur des études qui montrent qu'il y a un lien direct entre les troubles anxieux et le jeu libre on a un petit peu parlé des troubles anxieux dans notre épisode du Burnout donc si vous ne le connaissez pas n'hésitez pas à aller le regarder, enfin le écouter et en fait nous on est une génération qui a développé des troubles anxieux et il y a des études, des travaux du psychologue Peter Gray Ok ? que je vous encourage à lire, c'est très intéressant. Et en fait, il montre que plus on a du temps de jeu libre, moins on a des troubles anxieux. Parce qu'en fait, on a une autonomie qui est concrète, on développe de la patience, on développe la gestion de l'échec, et tout ça s'est remplacé petit à petit par la planification, par l'hyper-connectivité, par la peur du risque. Et c'est un peu comme sauter sans filet de sécurité quand tu n'as pas appris à connaître le terrain. Comme on disait tout à l'heure, l'extérieur, tu le connais, donc c'est une safe place. Quand tu n'as pas développé ça dans tes années de jeunesse, on va dire, ça fait très peur en tant qu'adulte. Et donc en fait, tu as très peur de tout ce que tu ne connais pas, alors qu'en enfant, ce que tu ne connais pas, c'est un futur terrain de jeu.
- Speaker #0
Je trouve ça hyper intéressant parce qu'en parlant de génération avec des troubles anxieux, etc., on a quand même à l'heure actuelle une génération d'enfants, d'ados, etc., qui sont de plus en plus diagnostiqués de troubles divers. Je pense notamment à tout ce qui va être la dyslexie, ça c'est notre génération. On va avoir tout ce qui va être la dyspraxie, toutes les autres formes de dys qui existent. On a également tous les diagnostics sur les TDAH, sur les troubles de l'attention, sur ce genre de choses. Et évidemment tous les hauts potentiels, intellectuels, émotionnels, etc. Il y a vraiment quelque chose de diagnostiqué.
- Speaker #1
Je ne sais pas où tu veux aller.
- Speaker #0
Je ne trouve pas le mot. Il y a des médecins qui ont mis un mot dessus. Moi,
- Speaker #1
c'est quand même quelque chose qui, pour le coup, ne date pas d'aujourd'hui. Il y a un peu eu une recrudescence, pour le coup, qui a été montrée par les chiffres. Effectivement, moi, je suis dyslexique. Mon père aussi est dyslexique, dyscalculique. Il y a quand même aussi une grosse tendance depuis longtemps. Donc ça, pour le coup, ce n'est pas générationnel. Enfin, peut-être, mais déjà quand on était enfant. Le truc de mon enfant est forcément un génie, mon enfant est forcément supérieur, mon enfant est forcément en avance. Et d'ailleurs on l'entendait beaucoup au début de l'année 2000, maintenant on l'entend moins parce qu'on commence à se rendre compte, vu que c'est suivi, que c'est pas forcément bon signe que ton enfant soit très en avance et que ça peut être aussi quelque chose qui va être très compliqué à gérer et pour toi et pour ton enfant par la suite. Mais moi je me souviens très bien que dans les premiers jobs que je faisais, je... Dans des kermesses, des fêtes d'école, etc. Je vendais des jeux vidéo pour une boîte qui faisait des jeux vidéo historiques. Tu vois, des stands, etc. Et qui étaient super. Et c'est vrai que souvent j'ai des parents qui passaient et qui me disaient « Oui, mais c'est pour quel âge ? Parce que mon enfant est quand même déjà très avancé, etc. » Et c'est vraiment quelque chose que j'entendais beaucoup dans les années 2000. J'ai l'impression qu'on l'entend encore aujourd'hui. Mais ça c'est vraiment quelque chose, en fait, c'est un truc qui est perpétuel. Tout le monde y a échoué. Et pour information... moi pour compléter le sujet mon père a quand même connu une époque où il était dyslexique c'était pas du tout reconnu d'ailleurs il a redoublé deux fois à cause de ça et je sais que ça a quand même assez marqué aujourd'hui il y a une recrudescence chez les orthophonistes et ils le disent de parents qui viennent en disant mon enfant a des difficultés à l'école il est forcément dyslexique et en fait ils le disent aujourd'hui 9 enfants sur 10 qui viennent et qu'on dit accentique en tout cas sur le sujet d'être dyslexique ne sont pas dyslexiques juste votre enfant est normal, il peut juste avoir des difficultés et c'est normal.
- Speaker #2
Ça, c'est surtout parce qu'aujourd'hui, on a l'impact des écrans qui n'existait pas auparavant. Aujourd'hui, si dès tes deux ou trois ans t'es devant des écrans, en fait, il y a des études qui montrent qu'il y a des zones de ton cerveau qui se développent pas correctement. Et tu peux développer des troubles, déjà des troubles de l'attention, ça c'est évident, aujourd'hui on en a tous, mais ça peut être très poussé et tu peux avoir des difficultés sur plein d'autres aspects. Justement parce que tu ne t'es pas développé comme il aurait fallu. Parce qu'on voit que ça dérègle le sommeil, il y a une stimulation constante, il y a un nombre de plans qui est bien plus élevé. Si on regarde les dessins animés d'aujourd'hui par exemple, les personnages font tout le temps quelque chose, ils expliquent tout ce qu'ils font, il n'y a plus la place pour comprendre par soi-même, et tu as un nombre d'images qui est bien plus élevé, chaque personne qui parle, elle est affichée à l'écran. Ça, c'est un détail, mais les dessins animés d'avant, déjà, on avait des dessins animés comme Bip Bip et le Coyote. Il n'y avait pas de texte. Absolument. Il n'y avait pas de texte. Tu regardais l'histoire et puis tu comprenais quand même.
- Speaker #0
Tu déduisais.
- Speaker #2
Mais ça te faisait réfléchir. Et puis, dans les dialogues, parfois, ça montrait un autre personnage quand un autre n'avait pas fini de parler. Et du coup, tu te doutais bien que c'était l'autre qui n'avait pas fini sa phrase. Mais aujourd'hui, non. C'est découpé, c'est prémâché. Et en fait, ça paraît bête. Mais dans le développement d'un enfant, ça fait partie de micro-mécanismes à développer pour son futur.
- Speaker #1
Oui, en même temps, je trouve qu'aujourd'hui on dit beaucoup, ah là là... les écrans c'est une catastrophe pour les enfants, ils sont mis de plus en plus tôt devant, etc. Moi j'ai envie de dire en fait, les écrans, on était aussi devant, enfin peut-être pas moi personnellement, je suis d'accord, peut-être pas moi personnellement parce qu'en tout cas effectivement, je n'avais pas de télévision comme je l'ai déjà dit avant 13 ou 14 ans, l'ordinateur c'était la même chose, etc. Mais quand même, d'un point de vue générationnel, il y avait Tefoumax, donc ça veut dire qu'on mettait les enfants aussi devant la télévision tôt le matin avec tous les dessins animés. Il y avait Disney Channel, par exemple, qui était présent. Donc en fait, il y avait déjà ce sujet de l'enfant qui est devant une télévision qui est un écran. Aujourd'hui, certes, quand on dit devant les écrans, c'est plus la même chose. Ça veut dire devant une tablette ou devant un téléphone. Mais en réalité, pour moi, le sujet des écrans, il est là depuis longtemps. En revanche, le contenu a changé. Ça, c'est vrai.
- Speaker #0
Je suis très d'accord sur le fait que le contenu a changé. Et en plus de ça, comme le type d'écran a changé, l'écran va avec l'enfant. Avant, l'enfant avait le cadre de « il faut qu'il aille » . dans le canapé s'asseoir devant la télévision. Dans un espace commun ? Dans un espace commun, qui plus est. Maintenant, l'enfant a le cadre de ça rentre dans sa poche, donc c'est avec lui tout le temps.
- Speaker #2
Et puis au restaurant ? C'est-à-dire que ton enfant, il en a marre du restaurant, tu lui mets l'iPad ?
- Speaker #1
Moi, du coup, contre exemple à nouveau, j'ai connu aussi, et c'était fantastique, la Game Boy au restaurant.
- Speaker #2
Ok, alors du coup, j'en profite pour préciser quelque chose.
- Speaker #1
Un resto en Bretagne qui fournissait des Game Boy Color. aux enfants et c'était génialissime je vais y aller parce que j'ai jamais eu de Gameboy je ne sais plus le nom, c'était une crêperie et qui fournissait des Gameboy Color aux enfants le temps d'attendre les menus mais ça c'est génial et ça n'a rien à voir avec les écrans parce que ça restait un jeu et donc tu étais actif, c'est vrai,
- Speaker #2
aujourd'hui quand on se dit que les écrans c'est un fléau pour l'avenir de l'humanité, notamment pour les jeux à l'immigration en tant que vieux schnock que nous sommes c'est très vrai parce qu'il y a deux choses à prendre en compte, la première chose c'est que Au-delà de, oui, le format a changé parce qu'on est passé d'une télé dans un salon à un iPad ou un iPhone dans la poche, il y a aussi l'écran en lui-même. Avant, on avait des télévisions à tube cathodique, il n'y avait pas de lumière bleue, il n'y avait pas la même surstimulation du cerveau. Donc déjà, c'est différent. Et ensuite, aujourd'hui, effectivement, on est passé de, par exemple, d'oral exploratrice qui te dit « Alors, il est où le truc ? » J'y pensais.
- Speaker #1
Et tu te criais devant ta télévision Donc tu étais actif Et tu avais plusieurs secondes de silence Pour que l'enfant puisse participer Et aujourd'hui ça n'est pas le cas
- Speaker #2
Aujourd'hui tu es passif et on le voit très bien dans les études, dans toutes les recherches qui sont faites, c'est pas le même développement de l'enfant parce que c'est pas la même stimulation du cerveau.
- Speaker #1
Oui complètement, ça c'est vrai. Et il y avait aussi une différence où il y avait certes des écrans mais à côté de ça, comme on disait, on pouvait sortir dehors, on pouvait faire des cabanes, il y avait des magazines, on pouvait lire, etc. Et il n'y avait pas que ça, il y avait d'autres options.
- Speaker #0
Alors que maintenant toutes les options existent sur les écrans, donc en fait on n'en sort pas.
- Speaker #1
Mais pour aussi à nouveau défendre les parents aujourd'hui, toutes ces options ont beaucoup disparu. Comme on le disait, l'extérieur est devenu plus vraiment une zone sécurisée. Les magazines jeunesse, ils ont quasiment tous disparu. Tout le contenu qui était produit à notre génération pour enfants n'existe quasiment plus aussi. C'est ça le problème.
- Speaker #2
Là, sur le sujet des écrans... De mon point de vue, les parents ne sont absolument pas responsables. Si dès le premier caprice, tu as sorti une tablette, je te juge un peu, mais je n'ai pas d'enfant, je ne me rends pas compte à quel point ça peut être difficile. Là, le sujet, c'est vraiment au niveau de l'industrialisation, c'est au niveau des producteurs, pour moi, moins de la consommation, mais plus de la production.
- Speaker #0
Oui, dans le sens de la société de consommation qui va du coup pousser le...
- Speaker #2
C'est ça, c'est-à-dire qu'on a effectivement, dès que les écrans ont commencé à arriver chez nous, C'était une source d'informations. Chaque foyer s'est mis à avoir une télévision. Avant, c'était la radio. Quand on a eu la télévision, tous les foyers se sont équipés de la télévision. Il y a eu des programmes qui ont voulu toucher la jeunesse. C'est super, on a tous plus ou moins grandi avec. Moi, je me rappelle, ma grand-mère, elle m'enregistrait sur cassette les épisodes de Ma sorcière bien-aimée qui passaient. J'étais très contente et à aucun moment, on me disait non, arrête de regarder, va jouer dehors parce que c'était un temps où on était devant la télé et ensuite, on allait jouer. En revanche, si le format, le support sur lequel tu... Tu as ces temps de divertissement, ils changent. C'est pas toi, en tant que parent, qui dois avoir la main complètement là-dessus. T'es aussi victime du process. Et aujourd'hui, on observe de plus en plus de personnes qui rachètent des lecteurs cassettes, qui rachètent des vieilles télévisions pour les chambres d'enfants et pour les salles de jeux d'enfants, parce qu'elles se rendent compte que c'est la merde. Et donc, elles veulent revenir à quelque chose de plus safe.
- Speaker #1
J'en parlais dans l'épisode aussi sur Disney Channel, c'est qu'en fait, le contenu qui était produit à l'époque était quand même beaucoup plus safe. Et en fait, les parents pouvaient légitimement beaucoup plus se laisser regarder la télévision parce qu'il n'y avait pas de doute sur ce qui était montré. C'était quand même très... Voilà, on savait qu'il n'y allait pas avoir de sujets qui allaient être abordés. C'était des sujets qui étaient à hauteur d'enfants, etc. Aujourd'hui, j'ai l'impression que les parents checkent beaucoup plus. Tous les dessins animés qui sont montrés vont être regardés par les parents avant pour vérifier si effectivement ça peut correspondre à l'enfant. Pareil pour les dessins animés, pareil pour les livres, les romans jeunesse, etc. Je pense aussi que, enfin ça revient à ce que tu disais sur le contenu qui était produit, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, même les parents ne sont plus trop sereins sur ce qui est produit et vont checker là où avant on était quand même plus tranquille en se disant bon ben voilà c'est du dessin animé, on sait qu'il n'y aura rien de préoccupant pour mon enfant.
- Speaker #0
c'est marrant parce que du coup on se rend compte qu'on a une forme de parentalité qui évolue puisque les parents vont se retrouver à absolument tout vérifier pour leurs enfants là où avant ils les laissaient entre guillemets plus libres, après c'est aussi parce qu'il y a plus de besoins, mais du coup la figure parentale évolue avec l'époque,
- Speaker #1
avec tout ce qu'il y a à côté les parents sont en ultra vigilance maintenant de tout parce que en fait Les choses ont changé, en bien ou en mal, ça effectivement, sans tomber dans le c'était mieux avant, même si comme je l'ai dit c'est pour ça qu'on fait ce podcast, mais c'est sûr qu'effectivement ça nécessite aujourd'hui, je pense en tant que parent, d'avoir une ultra vigilance permanente sur le contenu que va regarder nos enfants, sur l'extérieur, sur l'activité en plein air, sur plein de choses, c'est sûr que ça n'aide pas.
- Speaker #2
C'est vrai que ça a énormément changé, parce que là aujourd'hui, si je vous dis, je ne sais pas où est mon enfant,
- Speaker #1
Là vous vous dites, oh mais vous êtes un mauvais parent en fait. Ça me stresserait, je suis d'accord.
- Speaker #2
Alors que par exemple, mes parents, eux à leur époque, c'était déjà un tout petit peu le début. Et encore, c'était pas si marqué que ça, mais mes grands-parents, tu sais pas où est ton gamin, c'est normal, il est en train de jouer quelque part, c'est bon, on n'est pas des flics.
- Speaker #1
Il va revenir, oui.
- Speaker #2
Il va revenir, il reviendra quand il aura faim. C'est vraiment le truc, il reviendra quand il aura faim. Un peu comme un animal sauvage quelque part.
- Speaker #0
C'est des amis qui ont perdu leur chat et ils sont là genre, oh il reviendra quand il aura faim.
- Speaker #2
C'est ça. T'as juste le sac de croquettes, nous c'était la cloche dans le jardin. Mais effectivement, aujourd'hui, si tu ne sais pas où est ton enfant, t'es un mauvais parent. Et il y a eu un début de courant comme ça quand j'étais petite, parce qu'effectivement, on en parlait tout à l'heure, il y a eu de plus en plus de peur, on a entendu des histoires, comme le petit Grégory, etc. Quand j'étais en vacances, je ne sais plus quel âge j'avais, peut-être que je devais avoir 7-8 ans, un truc comme peut-être un peu plus. J'ai 4 ans de plus que mes petites sœurs, et on était en Auvergne en vacances, et en fait... époque, mes sœurs allaient souvent jouer chez leurs voisines. Et il y a eu un moment... où mes petites sœurs sont parties sans rien dire, parce qu'elles étaient vraiment petites. Elles sont allées chez la voisine, sauf que la mère a dit « Oui, oui, vous pouvez aller jouer au sous-sol, bisous. » Et elle est partie faire des courses. Et le père est rentré, il s'est endormi sur le canapé, et ma mère a commencé à chercher mes sœurs partout, on ne savait pas où elles étaient. Moi, j'étais un peu stressée de me dire « Je ne comprends pas où est-ce qu'elles sont passées, je ne sais pas, je ne les ai pas vues depuis longtemps. » Et en fait, on a fini par... appelé la police, qui s'est déplacée, qui a posé des questions à tout le monde, qui a sonné chez les voisins, et le père qui ouvre en disant « Non, il n'y a personne à la maison, je ne sais pas où elles sont. » Et le policier a demandé à ma mère « Elles sont habillées comment ? » Et ma mère a dit « J'en ai aucune idée. » « Quoi ? Mais vous ne savez pas comment sont habillées vos filles, vous êtes une mauvaise mère. »
- Speaker #1
Mais attends,
- Speaker #2
tu as plein de gamins, tu les habilles tous les jours, tu ne connais pas toutes leurs fringues par cœur.
- Speaker #1
Je ne sais même pas si tous les matins, j'ai bien fermé la porte de chez moi.
- Speaker #2
et en fait ça, toute la pression de si tu retrouveras des enfants c'est tu te rappelles pas comment ils se sont habillés bon au final on les a retrouvés et tout allait bien ça a fait un gros coup de frayeur sinon on s'aurait plombé l'épisode en fait il y avait déjà un début de jugement de la parentalité qui n'existait pas du tout quand mes parents étaient beaucoup plus jeunes, parce qu'eux m'ont dit qu'ils ont plus ou moins vécu cette arrivée là Et effectivement, se faire juger par un inconnu parce que tu connais pas la couleur du t-shirt de ta fille, tu te dis mais attends, elle a 70 t-shirts, qu'est-ce que tu me racontes ?
- Speaker #0
Mais c'est marrant parce que dans tous les courants éducatifs qu'on a pu voir passer ces derniers temps, moi j'avais vu passer ce truc de quand tu déposes ton enfant quelque part, tu le prends en photo.
- Speaker #2
Mais ça c'est terrifiant !
- Speaker #0
Pour avoir une image des vêtements qu'il portait, de à quoi ressemblent ses cheveux, de ce genre de choses.
- Speaker #1
C'est l'ultra-vigilance dont on parlait, dont les parents font face aujourd'hui.
- Speaker #2
Mais ça c'est trop, c'est pas possible.
- Speaker #1
Oui, mais en fait, parce qu'on parlait de liberté tout à l'heure, mais moi, le souvenir que j'ai aussi, c'est que moi, mes parents me disaient, me répétaient souvent en boucle, tu ne parles pas à un inconnu dans la rue, tu ne suis pas un inconnu dans la rue, tu n'acceptes rien en termes de nourriture de la part d'un inconnu dans la rue. Et ça, on l'a très, très, très souvent répété dès, je dirais, le primaire. Vraiment, c'est dès les premières classes, alors que j'étais accompagné à l'école, etc. Mais tu avais quand même ce truc de, en fait, parfois, les parents vont arriver avec deux, trois minutes depuis que tu es sorti. Moi, j'ai le souvenir de... Si mes parents n'étaient pas là, on sortait quand même dehors. Et j'attendais mes parents deux, trois minutes, le temps qu'ils arrivent. La nounou, en l'occurrence, le temps qu'ils arrivent. Aujourd'hui, les enfants... Très bien, d'ailleurs. Mais reste à l'intérieur. Ne sorte pas. Tu sens qu'il y a aussi... C'est devenu un vrai sujet.
- Speaker #0
C'est même contrôlé du point de vue de l'école. Maintenant, c'est l'école qui ne laisse plus sortir les enfants. Et lorsque tu arrives, tu dois montrer patte blanche. Si tu n'es pas le parent que les surveillants connaissent, tu dois montrer une pièce d'identité, être inscrite sur un registre.
- Speaker #1
pour avoir le droit de récupérer l'enfant Moi c'était m'arriver avec une amie j'étais aller chercher sa fille à l'école et c'était prévu et en fait il manquait un truc et j'ai dû l'appeler sauf qu'en plus elle était à un enterrement donc hyper compliqué elle me connaissait donc elle disait je comprends pas pourquoi je peux pas sortir et j'étais là bah oui mais c'est logique elle la petite fille ne comprenait pas moi je comprenais qu'on ne m'autorise pas et surtout qu'on sait très bien que les disparitions d'enfants c'est souvent plus lié à de l'entourage ou aux familles et Et voilà, c'est vrai qu'aujourd'hui, c'est ultra sécurisé. Et ça veut dire quelque chose aussi.
- Speaker #2
Oui, mais heureusement qu'il y a toute cette sécurité-là, parce qu'effectivement, il y a eu tellement de dérives dont on connaît l'existence, parce que j'imagine qu'il y a eu des problèmes dont on n'a pas conscience, parce qu'il n'y a pas les réseaux sociaux non plus. Et c'est pour ça qu'aujourd'hui, l'exposition des enfants sur les réseaux sociaux, c'est aussi les mettre en danger, parce que tu montres le quartier dans lequel ils sont, tu peux montrer éventuellement l'école dans laquelle ils vont. leur routine, etc. Et en fait, c'est extrêmement dangereux quand tu sais que la pédocriminalité, elle sévit, parce que, effectivement, tu ne trouves pas de poissons ailleurs que dans l'eau. Donc, c'est une très mauvaise analogie pour dire que dès qu'il y a des enfants, il y a des pédocriminels dans la zone. Donc, effectivement, heureusement qu'il y a de la sécurité dans les zones où il y a des enfants parce que ce sont des êtres qui sont quand même fragiles et c'est là où il y a le plus de danger pour eux.
- Speaker #1
C'est ça, c'est que malheureusement, la société aussi évolue et évolue avec plus de dangers, ou en tout cas, on en a plus conscience. Et forcément, c'est logique qu'on essaye d'en faire face.
- Speaker #2
Et effectivement, tout ça, c'est bien que la société s'organise aussi pour pouvoir encadrer et protéger les enfants, parce que c'est pas que de la responsabilité des parents. Aujourd'hui, on peut voir un million de livres sur la parentalité, énormément de... d'exemples, de contre-exemples, des choses qui disent A, B, franchement on peut trouver tout et son contraire, mais en fait il n'y a pas de guide pour être parent. Déjà ça dépend de ta personnalité, ça dépend de la personnalité des enfants, chacun fait comme il peut et il ne faut pas de jugement. À la limite tu peux avoir de l'aide de ton entourage, mais c'est vrai qu'aujourd'hui tu as de plus en plus de critiques parce qu'en fait il y a de la peur qui met une pression énorme.
- Speaker #0
Oui, et puis ce qui me fascine, c'est qu'avec les critiques, à chaque fois, il y a des modes d'emploi du parent parfait. Déjà, il n'y a pas deux modes d'emploi du parent parfait qui disent la même chose. C'est ça, exactement. Première chose, entre ceux qui disent qu'il faut serrer la vis, ceux qui disent qu'il faut laisser plus de liberté, les montessoris, les antimontessoris, ce genre de choses, il n'y a pas de guide de parent parfait. Chaque parent va composer avec les angoisses que la société lui provoque, le caractère de son enfant, parce que devinez quoi, tous les enfants sont différents.
- Speaker #2
Dans la même famille, avec les mêmes parents, tu n'as pas les mêmes caractères d'enfant.
- Speaker #0
Donc vraiment, il y a une espèce de pression qui s'est mise par la société autour de la parentalité, de l'éducation, etc. Quand je vois toutes les chaînes YouTube, les comptes Instagram de papa, de maman, de je donne mes conseils, je vous fais mon témoignage, et en même temps, je vais un petit peu juger si vous ne vous faites pas comme moi, c'est compliqué d'équilibrer tout ça.
- Speaker #2
C'est ça. Je pense que là, à la fois, on va... trop dans les extrêmes et que ça devient très anxiogène et qu'à la fois, avant c'était un peu mieux pour le développement, il y avait plus de liberté mais pour autant il y avait peut-être un petit peu plus de risque, en fait l'idéal ce serait de trouver un équilibre mais je pense qu'on va fatalement enfin pour moi ça devait être un petit peu cyclique à un moment tu pourrais pas tout contrôler il va y avoir une espèce de lâcher prise peut-être, j'espère parce que là on est à deux doigts de mettre nos enfants en laisse fois.
- Speaker #1
Pour terminer quand même sur une petite note un peu plus légère, avant de conclure, je vous propose un petit jeu qui est en fait de donner son avis. Oui, j'adore donner mon avis. C'est OK ou c'est pas OK. Ah oui. C'est OK ou c'est pas OK. Je vais vous donner des situations qu'on a connues dans les années 90 et 2000 et vous allez me dire si c'est OK ou pas OK encore en 2026 avec la vision que l'on en a. Alors, vous êtes prêtes ?
- Speaker #2
Oui, on adore les jeux.
- Speaker #1
Allez, c'est parti. N'hésitez pas aussi à participer en commentaire. Première situation, à 8 ans, rentrée seule de l'école à pied. Est-ce qu'aujourd'hui, ça serait... On l'a tous connu, comme on l'a dit. Est-ce qu'aujourd'hui, ça serait OK ou pas OK ?
- Speaker #2
À 8 ans, ça dépend. On est en ville ou à la campagne. 8 ans, c'est quoi ? C'est CO2 ?
- Speaker #0
C'est 20, CO2 ?
- Speaker #2
Oui,
- Speaker #1
quelque chose comme ça.
- Speaker #2
8 ans, oui, CO2.
- Speaker #0
Moi, avant le CM, j'ai un peu de mal à dire oui. Après, voilà, c'est toujours pareil, on n'a pas d'enfant, donc c'est vrai qu'on donne notre avis sur une situation qui ne nous concerne pas.
- Speaker #2
Je dirais que je tricherais. C'est-à-dire que je dirais sûrement oui, c'est ok, mais je serais derrière à épionner.
- Speaker #0
Sans pas derrière.
- Speaker #1
Moi, très honnêtement, ça ne serait pas ok. Je ne sais pas que ce ne soit pas ok, mais je ne serais pas du tout serein. Effectivement. Deuxième situation, passer effectivement toute l'après-midi dehors et juste rentrer quand les lampadaires s'allument. Ok ou pas ok en 2026 ? Pas ok,
- Speaker #2
franchement pas ok. Quand je vois comment je cherche mon chat dans toute la maison quand je ne sais pas où il est au bout d'une heure.
- Speaker #0
Les fenêtres et la porte sont fermées donc il est à l'intérieur. Oui,
- Speaker #2
c'est ça. Je vais dire pas ok.
- Speaker #1
Je trouve que tu fais un gros transfert vis-à-vis de ton chat.
- Speaker #2
Énorme transfert. C'est mon fils, je l'ai déjà dit.
- Speaker #1
On n'en a pas parlé aussi mais les voisins ou les commerçants qui grondent un enfant à la place des parents. Est-ce qu'on l'a connu aussi ? Est-ce que c'est ok, pas ok pour vous en 2026 ?
- Speaker #2
Pour moi c'est ok.
- Speaker #0
Pour moi c'est très ok. En tant qu'ancienne commerçante qui a déjà eu des enfants en liberté, avoir des comportements complètement inacceptables, quel que soit ton âge.
- Speaker #1
Et ça c'est hyper intéressant, comment les parents réagissent. Parce qu'à l'époque c'était ok, parce que les parents en plus ne réagissaient pas. C'était vraiment ce truc de... C'était un adulte, en fait quel qu'il soit. C'est un adulte qui a fait une remarque. Et en fait, cet adulte a même autorité, entre guillemets, là-dessus, de te faire des remarques si quelque chose ne va bien que moi en tant que parent. Aujourd'hui, comment est-ce que les parents réagissent quand tu le faisais ?
- Speaker #0
Alors moi, la plupart du temps, quand ça s'est produit, c'est parce qu'il n'y avait pas d'adulte, justement. C'est que l'enfant était livré à lui-même. Donc moi, j'étais commerçante, j'étais en librairie. Et je parle là, par exemple, d'enfants qui maltraitent des livres qui sont des objets que nous allons vendre en état neuf, normalement. Et donc, je fais des remarques. Non, ça, c'est pas OK. Et en général, ce sont donc des enfants qui sont seuls. J'ai eu quelques fois un parent qui a rejoint et qui l'a mal pris. Mais en vrai, qui ne m'a jamais rien dit. Juste, j'ai eu droit à des vieux regards un peu en mode « t'es qui toi ? » Et qui sont tout de suite sortis de la librairie avec leur enfant. Enfin, vraiment, voilà. Et puis, plusieurs fois, des parents qui ont approuvé derrière. Qui sont venus en mode « oui, la dame a raison, il faut que tu fasses plus attention » .
- Speaker #2
Pour moi c'est très ok aussi je me dis que de toute façon sur l'éducation d'un enfant ça peut pas reposer que sur les parents les parents peuvent pas forcément les parents peuvent pas toujours tout voir donc je trouve ça bien effectivement que d'autres personnes puissent s'en mêler évidemment avec des limites parce qu'on est toujours pas dans les extrêmes mais si un adulte random ou un commerçant se met à hurler sur ton enfant ça n'est pas ok parce que forcément la forme est aussi importante que le fond et en revanche il y a effectivement tout ce qui est jugement de valeur. ou là c'est un peu apprendre avec des pincettes tu vois dire à un enfant ah t'es timide t'es timide bah non peut-être que juste il te fait pas confiance pour l'instant Donc c'est pas terrible de lui coller forcément des étiquettes. Par contre, s'il fait de la merde, oui, carrément, c'est bien de le recadrer.
- Speaker #0
Il faut juste faire attention à ne pas se substituer aux parents. Si le parent est là, c'est à lui de faire la remarque. S'il ne fait pas la remarque, moi j'ai déjà fait des remarques aux parents. J'aurais déjà dit, est-ce que vous pouvez dire à votre fils ou à votre fille de ne pas faire ça ?
- Speaker #1
Obliger un enfant à finir son assiette même s'il n'a plus faim ?
- Speaker #2
Non,
- Speaker #0
c'est pas ok.
- Speaker #2
pourtant on l'a connu j'ai été traumatisé par un morceau de pêche qui est resté devant moi pendant une heure et demie ok moi c'est ma petite soeur qui a mâché elle a mâchouillé un steak haché on lui a dit tu n'as pas le droit de sortir de table je pense qu'elle a passé 5 heures assise à cette table et en fait ça n'a aucun sens parce que si l'enfant n'a plus faim le forcer puis c'est comme la phrase qu'on a déjà tous entendu il y a des gens qui meurent de faim dans le monde il faut que tu finisses ton assiette de toute façon cette assiette elle va pas être expliquée à l'autre bout du monde justement Ils ont faim, donc je dois manger ? Pardon, on partage un estomac ?
- Speaker #0
Ma sœur est déjà partie à l'école avec la bouche pleine du déjeuner, qu'elle n'avait pas avalé parce qu'elle est déjà partie avec la bouche pleine.
- Speaker #2
Mais ça ne sert à rien. Et en plus, ça empêche l'enfant de se créer la sensation de satiété et de pouvoir identifier ça. Par exemple, moi, on m'a toujours forcé à finir mes assiettes, etc. Ça a été très compliqué pour moi de connaître la sensation de satiété. par la suite.
- Speaker #1
Moi je pense qu'il y a vraiment un entre-deux c'est-à-dire qu'effectivement c'est important quand même d'apprendre que derrière la logique c'était on ne gâche pas et surtout en fait on ne choisit pas non plus son alimentation en disant ça j'aime, ça j'aime pas, etc. Mais cela dit c'est pas ce que je dirais moi je dirais c'est surtout en fait dans ce cas peut-être mieux revoir parce que si effectivement c'est une fois sur un repas alors que d'habitude la portion que tu donnes à ton enfant ne pose pas de problème, là effectivement tu peux te dire bon, la portion en général, il y a mange entièrement, je sais plutôt bien gérer, donc s'il ne termine pas, c'est qu'effectivement, il y a peut-être un sujet. Mais voilà, l'idée, c'est le fameux truc, on a tous connu ça avec des enfants, genre, j'ai plus faim, j'ai sa moitié de mon assiette, ah, mais il y a un dessert après, tu as faim, oui, voilà. Et ça, c'est vrai que ça fait quand même partie de l'éducation de dire, il y a un moment donné aussi, ça fait partie de l'éducation alimentaire, etc., de tout goûter, de tout manger, de terminer son assiette, même si tu n'as pas aimé. Et après, effectivement, de dire ça, j'aime bien, ça, je n'aime pas, etc. Oui, alors qu'il n'y a que les légumes que tu n'as plus envie de manger. Frère,
- Speaker #0
on t'a vu.
- Speaker #2
Oui, mais là, c'est encore un autre sujet.
- Speaker #1
Ça va un petit peu avec. C'est pour ça que je te donne. En revanche, effectivement, si ça arrive régulièrement, peut-être que là, pour le coup, il y a un problème de portion que tu donnes à ton enfant. Et là, effectivement, il y a peut-être un sujet à avoir. Autre question. Les parents qui fouillent dans la chambre ou lisent le journal intime de leur enfant.
- Speaker #2
C'est tellement pas OK.
- Speaker #1
Pourtant, on l'a... Connu, enfin genre moi j'ai... Moi jamais,
- Speaker #2
mes parents ils ont toujours respecté mon intimité.
- Speaker #1
Moi j'avais pas de journal intime parce que je n'écris pas, donc vraiment ça n'avait pas de sujet. Mais en revanche, oui j'avais toujours eu le sentiment que ma chambre était une pièce parmi tant d'autres de tout l'appartement dont mes parents avaient accès aussi bien que le salon ou le reste.
- Speaker #0
Alors moi je différencie les deux, genre lire le journal intime c'est pas ok.
- Speaker #1
Ça je pense qu'on est d'accord.
- Speaker #0
Genre vraiment j'ai ce truc de... Mais l'accès à la chambre. C'est hors de question. En revanche l'accès à la chambre... Pour moi, c'est...
- Speaker #1
Tu restes quand même, par an, c'est ton appartement.
- Speaker #0
Et je vais rentrer dans un sujet extrêmement spécifique de l'ado en possession de drogue dans sa chambre. Parce que le responsable légal qui, du coup, se prend potentiellement une amende pour possession de drogue, c'est le parent. Donc rien que pour ça, c'est OK que... Ouais,
- Speaker #1
mais tu peux trouver la même logique pour le journal intime ou peut-être que ton enfant est en train de raconter d'une souffrance pas possible et qu'il veut pas t'en parler. Enfin, tu vois, t'as toujours...
- Speaker #2
entre guillemets une bonne excuse de t'immiscer dans ce cas dans la vie de ton enfant pour moi c'est pas la même chose pour moi aucun des deux n'est ok après je pense pas forcément à des situations extrêmes comme la possession de drogue tu veux dire que ton chat n'est pas encore dans une situation il dit de l'herbe à chat en fait tu le sais pas parce que t'as jamais fouillé son panier non mais moi ça me choque énormément parce que j'ai vraiment alors pour autant moi j'ai J'ai eu à la fois énormément de respect sur mon intimité et à la fois on m'a retiré ma porte.
- Speaker #0
Mais c'est qui c'est ? C'est toi !
- Speaker #2
Alors non mais moi il faut savoir que j'étais vraiment une enfant, une ado à problème. Mais problème chill, c'est-à-dire que j'étais insupportable mais je faisais pas des vraies grosses conneries. Mais juste j'étais... punie tout le temps parce que je faisais... On sait que t'es une rebelle de toute façon. J'étais tellement une rebelle, pas du tout, j'étais juste une sale gosse. Et en fait, je claquais les portes quand j'étais fâchée. Je balançais, je finis, et puis après je partais, je claquais la porte. Ça te va tellement bien. Très souvent, mon père me disait, si tu claques encore la porte, je te l'enlève, je la dégonde et t'auras plus de porte à claquer. Et moi j'étais là, ouais c'est ça. Et sachez qu'un jour c'est arrivé.
- Speaker #1
C'est très drôle.
- Speaker #2
Et que c'est pas drôle du tout quand tu le vis parce que souvent, tu n'as pas 10 ans. quand ça t'arrive, non, tu en as 15 ou 16 et c'est vraiment un âge où t'as envie d'avoir ta porte tu as besoin d'avoir de l'intimité et c'est insupportable Et puis il y a aussi le côté où, dans ma chambre, c'était assez spécifique, la lumière du couloir était à l'intérieur de ma chambre. Donc pour allumer la lumière du petit corridor dans lequel il y avait les placards de garde-manger, il fallait ouvrir la porte de ma chambre, allumer la lumière, refermer la porte de ma chambre. Ce qui fait que ma porte s'ouvrait toute la journée. Et donc il y avait aussi le côté, arrêter d'ouvrir ma chambre, toquer, mais tu vas pas toquer à chaque fois que tu vas allumer la lumière. Mais pour autant, sur mon intimité, dans l'intention, on a... jamais lu mes journaux, j'avais pas... J'avais des débuts de journaux, mais voilà. On n'a jamais fouillé dans mes ordis, dans mes livres. Enfin, j'ai toujours eu ce truc-là. Si j'étais avec des copains à la maison, on toquait avant d'entrer. Donc, moi, aujourd'hui, ça me paraît impensable de faire irruption dans la chambre de mon enfant pour commencer à fouiller dans ses affaires. Ça me paraît fou.
- Speaker #1
Mais je pense que les parents qui font ça ne font pas... irruption en se disant il faut que j'aille fouiller mais tu sais genre en fait tu es en train de ranger la baraque, tu passes dans la chambre de ton enfant, tu fais le tri, le linge etc, tu ranges deux trois trucs, tu tombes sur un truc tu regardes, enfin tu vois je pense que ça se fait plus dans la situation que vraiment le parent qui va se dire aujourd'hui je fais une opération de ma chambre de mon enfant dans dans LOL,
- Speaker #0
c'est le film LOL avec Sophie Marceau, c'est ce qui se passe elle range le linge dans la chambre de sa fille et elle tombe sur le journal intime qui est évidemment caché au milieu des culottes et des chaussettes Hum. Et elle va commencer à le feuilleter et elle va découvrir la vie de sa fille comme elle ne l'a jamais vue.
- Speaker #2
Oui, mais ça, tu vois, pour moi, c'est un choc. Tu vois que c'est un journal intime, donc tu le reposes. Ah oui, moi, je suis d'accord.
- Speaker #0
Moi, le journal intime, je suis très d'accord. Tu vois que c'est un journal intime, tu le refermes. Là, c'est une question de confiance entre toi et ton enfant. Mais c'est ça, en fait. De la relation que tu as construite avec ton enfant.
- Speaker #2
Tu détruis la confiance. Et derrière, évidemment, que ton enfant ne va pas te parler. Tu ne le respectes pas.
- Speaker #1
Dernière question, donc, pour clôturer cet épisode. Est-ce que c'était plus facile d'être parent avant que maintenant ?
- Speaker #2
Alors moi je dirais que c'était moins anxiogène en tout cas, qu'aujourd'hui on va un peu trop dans les extrêmes. Et après bon, aujourd'hui c'est mieux pour la partie sécurité, mais avant c'était mieux pour la partie développement de l'enfant. Donc je sais pas, je dirais qu'il faudrait un équilibre entre les deux.
- Speaker #1
Si tu dois choisir ?
- Speaker #2
Je dirais avant.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Moi je vais dire maintenant, parce que certes avant c'était moins anxiogène, il y avait plus de liberté en tout cas pour l'enfant etc. mais aujourd'hui On a tellement plus d'informations que j'ai l'impression qu'on peut faire quand même des choix au niveau de l'éducation qui sont très éclairés et même si rien n'est parfait évidemment, genre personne ne l'est, aucun parent, aucun enfant non plus d'ailleurs, mais je trouve qu'on a quand même un peu ce truc de... On a accès à de l'information qui nous permet de poser des choix d'éducation un peu en toute conscience, là où les générations d'avant y allaient un peu au pif au maître quoi.
- Speaker #1
Moi je dirais que c'était... C'était, je dirais maintenant, parce qu'en fait je pense que le sujet n'a pas bougé au niveau de la parentalité. En réalité, c'est un peu ce qui en ressort pour moi de cet épisode. En fait, les problèmes sont toujours les mêmes, la difficulté d'élever un enfant reste toujours la même. C'est plutôt l'époque où on fait effectivement avec l'époque. Et comme on le dit, c'est plus intense d'être parent aujourd'hui à mon avis, je pense qu'avant. Et à cause justement de tout ce qui se passe, de la société. En fait, ce n'est pas la parentalité, je pense, qui change la façon d'élever nos enfants. C'est la société, en réalité, avec laquelle on doit composer. Et donc, de fait, forcément, en tant que parent, tu dois t'adapter à ça. Donc, je dirais que comme ça n'a pas bougé, je dirais maintenant. Voilà.
- Speaker #2
Super.
- Speaker #1
On termine toujours avec trois recos, Marie.
- Speaker #0
Oui, j'ai des petites recos à vous faire. La première, c'est un livre. Ça s'appelle Chasseurs, cueilleurs, parents. C'est Mikaëline Douclef qui l'a écrit. Et en fait, c'est une expérience sociale. Elle part avec sa fille de 3 ans dans plein de cultures éducatives du monde entier. Donc elle va aller voir comment est-ce que chez les Inuits, on élève un enfant, comment est-ce qu'aux États-Unis, on élève un enfant, comment est-ce qu'en Europe, en Afrique, dans des endroits développés, sous-développés, sur-développés, des endroits où ce sont uniquement des... des systèmes qui prennent en charge l'enfant depuis sa naissance, des endroits où c'est vraiment encore très familial. Et du coup, c'est vraiment une espèce de témoignage melting pot de tous les systèmes d'éducation du monde dont je crois que ça a été écrit genre en 2011 ou quelque chose comme ça. Et deux autres recommandations, je vais vous recommander des petits dessins animés parce qu'on adore ça. Et les deux sont des Pixar d'ailleurs, je suis en train de me dire.
- Speaker #1
J'adore Pixar.
- Speaker #0
Vice-versa. les deux qui sont vraiment pour moi des histoires d'utilité publique parce que donc certes ça décrypte les émotions etc mais notamment il y a toute la partie où vous allez avoir la manière dont les petits personnages qui représentent les émotions dans la tête des parents réagissent face à ce qu'ils perçoivent comme uniquement le comportement de l'enfant alors que dans le film on vous explique ce qui se passe dans la tête de l'enfant et je trouve que le rapport entre les deux est hyper bien expliqué c'est d'ailleurs un peu il était une fois la vie de notre génération complètement et dernière recommandation c'est un film qui est encore à l'affiche alors qu'on enregistre ce podcast parce qu'il s'agit du cinquième volet de la saga Toy Story dans laquelle les jouets sont mis en compétition avec une tablette donc un écran Et la manière dont le sujet est traité est hyper intéressante parce que ça reprend beaucoup de choses, notamment sur l'imagination, le fait de savoir jouer en dehors des écrans et de ne pas être passif face à ça.
- Speaker #2
D'être autonome.
- Speaker #0
D'être autonome, etc. Et en plus, la morale n'est pas du tout noire et blanche. On part, je vous spoil un petit peu, mais on part sur le concept que les écrans en soi ne sont pas mauvais. C'est la manière dont on les utilise qui va conditionner le fait que ce soit quelque chose de bon ou de mauvais, notamment pour les enfants. Et le film est vraiment très bien réalisé.
- Speaker #1
n'hésitez pas à le voir merci beaucoup pour ces trois recos qui sont super pertinentes merci à vous en tout cas de nous avoir écouté jusqu'au bout une nouvelle fois voilà n'hésitez pas à laisser comme d'habitude un commentaire 5 étoiles et à vous abonner sur votre plateforme et on se retrouve dans deux semaines pour un prochain épisode oui à bientôt