- Speaker #0
On pensait que c'était fini, que le culte de la minceur c'était derrière nous, les jeans taille basse, les corps ultra fins, les couvertures de magazines un peu irréelles. Et puis récemment, sans trop savoir pourquoi, on a eu l'impression que ça revenait. Pas frontalement, pas comme avant, mais suffisamment pour que l'on se remette à se comparer un peu plus qu'avant. Et en parlant, on s'est rendu compte d'un truc assez troublant, on n'a peut-être jamais vraiment quitté cette obsession. Alors dans cet épisode, on va revenir sur ce culte de la minceur, comment il s'est imposé dans les années 80. des années 90, pourquoi on a cru s'en libérer et pourquoi aujourd'hui, il revient doucement sans faire de bruit. Et pour ma compagnie dans cet épisode, elle est restée coincée en 2009 puisque Bing est toujours son moteur de recherche par défaut, elle a un diplôme Disney Channel spécialité à la Montana et elle est obsédée par son chat, salut Aude !
- Speaker #1
Salut Armand !
- Speaker #0
Et elle a toujours une collection de VHS au cas où, ça revient à la mode, c'est une spécialiste de Friends et elle a une relation très toxique avec la SNCF, salut Marie !
- Speaker #1
Hello Armand ! Et à défaut de recevoir sa lettre de Poudlard, il s'en est écrit une lui-même. Il a été numéro 2 mondial de Cluedo en ligne. Son idole d'enfance,
- Speaker #2
c'est Jamy de C'est pas sorcier. Armand anime cet épisode.
- Speaker #0
Et ensemble, nous revenons toutes les deux semaines sur les phénomènes culturels des années 90 et 2000. Et donc cette fois-ci, on va parler du culte de la minceur. Est-ce que vous vous souvenez, première question, de la première fois où vous avez commencé à penser à votre corps ?
- Speaker #1
Moi, je sais que j'ai eu un rapport avec mon corps qui est passé par la hauteur. Plus que par la minceur, etc. Parce que je suis très grande. Donc pour information, nos chers auditeurs, je mesure presque 1m80. Et je mesure presque 1m80 depuis que j'ai à peu près 14 ans. Parce que j'ai eu une poussée de croissance assez jeune. Donc j'ai toujours été la plus grande de ma classe. J'ai toujours été, dans le fond, sur les photos de classe parce que c'est les grands derrière, etc.
- Speaker #2
La préposée au basket ?
- Speaker #1
Non, jamais. Même pas ? Jamais, jamais le basket. C'est badminton ? Plutôt badminton. Pour ceux qui suivent. Ouais, absolument. Et c'est vrai que moi, mon rapport au corps, c'est d'abord passé par le fait que j'étais trop grande. J'avais ce truc de je suis plus grande que tout le monde, je fais une tête de plus que tout le monde. Voilà. Et donc, j'ai eu ce truc plutôt sur ma taille, plutôt que sur mon poids ou ma largeur ou quoi que ce soit. Tout ça, c'est venu beaucoup plus tard en tant que fin d'adolescence, voire début d'âge adulte, pour avoir un peu cette conscience de mon poids. Avant, c'était vraiment très axé sur ma taille.
- Speaker #2
Ok, alors moi j'ai pas ce problème de taille, ou plutôt j'ai le problème inverse, parce que je suis plutôt petite. C'est Marie qui m'a volé tous mes centimètres en fait, à vous. Vous ne le voyez pas,
- Speaker #0
mais à chaque fois qu'on enregistre un épisode, on est là, Aude nous dit le micro est trop haut, et on lui dit vraiment c'est le plus bas possible Aude, on peut pas mettre plus bas que ça.
- Speaker #2
Il faudrait un rehausseur en fait, je devrais en piquer un dans un cinéma.
- Speaker #1
Je suis sûre que ça se trouve des rehausseurs spéciales Aude pour podcast.
- Speaker #2
Ouais, probablement. Pour le coup, c'était plutôt sur des questions de poids, pas tant de taille. Et je pense que la première fois que j'ai pris conscience de mon corps, déjà c'était en primaire, donc très jeune. Et c'est venu par les adultes, c'était pas tant les élèves, mais plus les parents, la famille, les grands-parents, les tantes, qui te font une petite remarque, qui te pincent quand tu prends un gâteau. Toi t'as 8 ans, t'en veux aller jouer, et bon, c'est pas ouf quoi. Clairement, ça démarre. Et au début, tu ne te formalises pas trop. Et en fait, petit à petit, dans la cour de l'école, les enfants répètent ce qu'ils entendent des parents. Et je pense que ça commence un petit peu comme ça.
- Speaker #0
Oui, et puis il y a quand même un truc où je pense que assez jeune, je ne sais pas comment, de manière un peu inexplicable, mais il y a déjà ce rapport au corps et à une certaine forme aussi de normes de beauté ou pas. On sent quand même déjà cette pression sociale, je trouve, quand on est jeune dans les cours de récré, d'une façon ou d'une autre. Moi, je sais que la première fois... Je devais avoir 6 ou 7 ans, je pense. C'est un peu un souvenir que j'ai, la première fois que je me suis regardé dans un miroir, genre pour de vrai, genre en mode, mais à quoi est-ce que je ressemble ? Et en fait, ça peut paraître un peu triste à dire, mais j'ai été déçu.
- Speaker #2
Oh non !
- Speaker #0
C'est plus du tout le cas maintenant.
- Speaker #2
Et pourtant, tu devrais... On ne shame pas ici. Non, jamais.
- Speaker #0
C'est fou quand même de se dire, 6 ou 7 ans, attends, je me regarde dans un miroir pour savoir à quoi je ressemble. Ça veut dire qu'il y a quand même une idée de... l'image que l'on renvoie et donc du coup aussi de se classer en fait dans une certaine norme. Ouais c'est ça, il y a déjà en fait une idée de comparaison. Alors c'était pas pour le coup sur une idée de poids parce que là c'est le sujet effectivement de l'épisode mais je pense que effectivement ça vient déjà très jeune. Je pense que c'est vraiment le souvenir qu'on a tous depuis longtemps, c'est vraiment que ça remonte quand même à assez tôt ce rapport au corps.
- Speaker #1
Moi je sais que j'ai toujours eu un rapport à mon physique en deux catégories. Parce que je porte des lunettes, je suis myope, et je les porte depuis extrêmement longtemps. Ce qui fait que j'ai toujours eu le souvenir de me regarder dans un miroir pour choisir une nouvelle paire de lunettes quand ma vue changeait, ou bien juste parce qu'elle était trop vieille ou abîmée et du coup il fallait en changer. Et donc j'avais ce rapport avec mon visage autour de mes lunettes, et le rapport à mon corps. autour de ma taille, et pour moi c'était deux choses très différentes. L'aspect de mon corps et mon visage, j'ai mis beaucoup de temps à appréhender ça comme un tout, comme étant une seule entité. Pour moi c'était vraiment deux critères hyper séparés pendant très très longtemps. Je ne sais pas du tout à quoi c'est dû. Je ne saurais même pas te dire vraiment vers quel âge j'ai commencé à vraiment avoir une perception de mon corps physique comme étant une seule entité et pas d'un côté mon visage et de l'autre le reste.
- Speaker #2
Un jour tu as touché ton cou, tu t'es dit hop.
- Speaker #0
putain c'est la même chose c'est collier les deux qu'est-ce que c'est que ça oh mon dieu trop bizarre moi j'ai et puis j'ai aussi été confronté personnellement à le fait de assez étrangement à une perte d'abord avoir pris du poids sans me rendre compte puis ensuite à une perte de poids j'ai perdu à peu près 16 kilos en moins d'un an quand j'avais 20 ans et donc mais en fait pendant toute une vous venez de l'apprendre non moi je le savais moi je le découvre là j'ai perdu 16 kilos en l'espace de 10 mois et en fait c'est vrai que Ça veut dire que quelque part, je m'étais transformé, j'avais pris du poids, mais pendant très longtemps. Je pense sur une période extrêmement longue, tellement longue que je ne m'en étais pas rendu compte. Mais en fait, à l'air de rien, il y a quand même 16 kilos de différence entre avant et maintenant.
- Speaker #2
C'est impressionnant d'arriver à perdre autant de poids.
- Speaker #0
En fait, je fais quelque chose que je ne recommande pas du tout. Parce que quand même, tu as mené chez le médecin, j'ai arrêté de manger tout simplement. Je prenais un repas toutes les 40 heures. C'est pas ouf. moi j'en parlerais de moi ce qui m'est arrivé un petit peu plus tard dans l'épisode mais en effet les prises et les pertes de poids c'est quand même un sujet un peu délicat on en parlera mais je trouve ça hyper intéressant ça veut dire que quelque part j'étais complexé par mon corps mais sans prendre conscience que le poids y était pour quelque chose et en fait j'en ai pris conscience beaucoup plus tard après effectivement nous on est tous de la génération des années 90 on a grandi dans ces années là c'est vrai qu'il y avait quand même une certaine Ce n'est pas forcément une idée de norme, mais en tout cas, il n'y avait qu'un seul type de corps qu'on montrait. Et ce n'était pas forcément de manière toxique, c'est juste que c'était vraiment le seul exemple qu'on montrait. Et je ne sais pas à quel point, vous, ça vous a touché ou affecté.
- Speaker #1
Moi, je sais que sur le modèle de corps, je vois très bien ce truc. En effet, les filles avec leur jean taille basse, où on voyait leur nombril, souvent avec un piercing. D'ailleurs, c'était la grande époque du piercing au nombril. Avec des ventres hyper plats, et je suis assez d'accord sur le fait que c'était un peu le seul truc qu'on montrait un peu partout. Il n'y avait pas plusieurs options, il y avait juste ça.
- Speaker #0
Vous avez la BD Les Nombrils ou pas ?
- Speaker #1
Oh ça me dit un vrai truc Ah tu as réveillé un souvenir, j'avais pas le droit de les lire je les lisais à la médiathèque parce que maman voulait pas qu'on lise ce genre de stupidité et donc je les lisais à la médiathèque sans les emprunter Tu veux nous en parler de ce que c'était ?
- Speaker #0
Tu les as lus ou pas ?
- Speaker #1
Je les ai lus mais c'était il y a longtemps et en effet c'est vrai que je me rappelle de ce dessin avec ce groupe de copines je crois, il me semble qu'il y avait aussi des soeurs à l'intérieur mais ça je suis pas hyper sûre de moi et le dessin représentait vraiment des filles extrêmement étirées, c'est à dire que déjà elles avaient l'air hyper souples Enfin genre, où étaient les os dans cette articulation ? C'était un bâtonnet de chelou. Elles étaient très longilignes. Exactement, et c'était vraiment toutes en longueur, avec au milieu le nombril apparent pour toutes, elles étaient toutes en crop top et en taille basse, et c'était très normalisé comme style de dessin, c'était hyper à la mode.
- Speaker #2
C'est vrai que les années 90 et même début 2000, c'était donc beaucoup d'exposition du corps, avec tous ces pantalons terribles, et puis la mode, je rappelle, c'était quand même héroïne chic. et pas pour avoir combattu des dragons c'était pour avoir l'air décharné comme un toxicomane les mannequins qui étaient populaires ils faisaient une taille 32 aujourd'hui ça me parait impensable on va voir mais il y a l'air de rien j'ai l'impression qu'on y revient quand même pas sous la même forme mais effectivement le côté héroïnique c'était Kate Moss la
- Speaker #0
référence de l'époque
- Speaker #2
Kate Moss, dans les années 2000, qui déclare en interview que son mantra, c'est « Nothing tastes as good as skinny feels » . Oh oui ! Donc, ce qui veut dire « Rien n'a aussi bon goût que la sensation de minceur » . Donc, on rappelle qu'à l'époque, les mannequins, c'était quand même les premiers influenceurs. Tout à fait. C'est très grave.
- Speaker #1
Et puis, en référence française, moi, je sais qu'à la télé, ce qui passait à ce moment-là, c'était la Starac. C'était Jennifer qui devait se peser toutes les semaines en direct à la télé et qui devait se priver de chocolat pour atteindre un certain poids. Pour chanter ?
- Speaker #2
Visiblement, ça a l'air très utile en effet.
- Speaker #0
C'était la logique, comme c'était la Star Academy, sur le papier il y a vraiment cette idée de, c'est pas qu'une école de chant, c'est une école pour créer et former les futurs stars. Et donc ça sous-entend qu'à l'époque, le poids, le physique, jouait beaucoup sur le côté star-idole. Et donc de fait, une star devait faire un certain poids, une certaine taille, et avoir un certain type de physique, parce que c'est ce qui allait faire vendre. Après, il ne faut pas oublier qu'on est aussi à l'époque avant les réseaux sociaux. Donc, c'est encore l'ère des stars avec les posters, avec les photographes de concerts. Donc, il y avait quand même cette... Je ne sais pas si vous vous souvenez quand même de ces photos de stars. qui étaient prises en concert en contre-plongée avec une lumière. Tout était fait pour les rendre comme des dieux ou des idoles dans la mise en scène. Donc effectivement, le poids était un gros sujet à l'époque.
- Speaker #2
Que ce soit dans les magazines un peu people ou même les magazines classiques qui parlaient absolument tous de perdre X kilos avant l'été. Il y avait le concept du corps de plage. Il ne fallait surtout pas avoir honte. Donc être très stricte toute l'année pour quelques semaines à la plage. C'était un peu l'épée de Damoclès. au-dessous de la tête de toutes les femmes à l'époque.
- Speaker #0
Oui, et puis surtout, effectivement, ces magazines-là, parce que j'en ai revu, et c'est hyper drôle, c'est-à-dire que tu as à la fois le côté, mais qui est resté assez longtemps, de trois mois pour perdre des kilos et être mince pour l'été, et la page d'après, tu as la recette de gournis ultra gourmande. Voilà, donc il y avait quand même toute une ambivalence en plus entre être à la fois effectivement « parfaite » physiquement, et en même temps être une épouse parfaite, parce que tu as la recette de gournis gourmand à faire. pour les voisines, pour les revues en top à white. Voilà, exactement. Donc il y avait quand même toute une ambivalence à l'époque qui était assez étonnante.
- Speaker #1
Et en parlant d'ambivalence, c'est aussi la période où dans toute la pop culture, la fiction, etc. on a eu l'apparition de la figure de la bonne copine qui est drôle et qui n'est pas jolie et du coup qui en général est la copine ronde.
- Speaker #2
Oui, tout à fait. Parce que les gros sont drôles, c'est connu.
- Speaker #1
Exactement. hyper connue d'ailleurs.
- Speaker #2
Mais tu vois ça dans beaucoup de films américains, etc.
- Speaker #1
Et en fait, c'est vraiment apparu fin des années 90, début des années 2000, tous les films pour les ados, etc. Il y avait ce concept de l'héroïne est hyper skinny, elle porte des tailles basses, on voit son nombril, elle est vraiment un morceau de fil prêt à disparaître si on la met de profil. Et à côté de ça, il y a la bonne copine qui, elle, elle a des formes, elle est bien en chair, voire elle est grosse, vraiment. Mais elle ne sera jamais l'héroïne.
- Speaker #2
On la tolère parce qu'elle est sympathique.
- Speaker #1
Exactement. Je pense à des références, par exemple, High School Musical, le premier, qui est sorti en 2006. Excusez-moi, mais regardez Vanessa Hudgens, si elle pèse plus de 40 kilos, c'est le bout du monde. Déjà, elle n'est pas très grande, mais en plus, elle est vraiment hyper mince. Et à côté de ça, on a le personnage joué par Monique Coleman, qui s'appelle Taylor dans le film, qui est sa bonne copine. Et qui est vraiment le rôle de la bonne copine. Bon, alors en plus, elle est intelligente parce qu'il y a le côté nerd dans le... dans l'univers du film, mais c'est vraiment la figure de la bonne copine qui est la meuf ronde, et à côté de ça, il y a l'héroïne qui est hyper mince.
- Speaker #0
Après, il y a quelque chose aussi dont on ne parle pas vraiment, c'est que les années 90, c'est un tournant dans l'objectification des corps. Pendant des siècles, ça a été effectivement le cas pour les femmes, mais en fait, les années 90, c'est aussi le tournant où les hommes commencent aussi à être concernés, notamment dans les publicités, notamment dans les films. souvent ce sont des personnes, enfin tu vas rarement voir des hommes qui sont vus comme gros sur toutes les pubs pour des sous-vêtements, pareil ça va rarement être le cas dans les magazines aussi, il va quand même y avoir toute cette tendance même dans les idoles, pour les femmes, pour les posters où il va quand même y avoir cette idée de, on a une sexualisation en fait aussi du corps masculin qui n'existait pas pendant des siècles et au moment des années 90 les deux commencent à se rééquilibrer jusqu'à maintenant Et c'est effectivement depuis les années 90 que le corps masculin commence aussi à... à lui être objet de désir pour vendre auprès d'une clientèle féminine.
- Speaker #1
D'ailleurs, dans Friends, ma série de références, il y a en effet un épisode où on dit à Chandler qu'il a pris du poids et où en fait, Monica lui fait tout un programme de sport pour le remettre en forme, etc. Et à chaque fois, je suis un peu choquée par cet épisode parce qu'il n'a aucune différence physique dans l'acteur entre l'épisode d'avant et celui-ci. C'est-à-dire que vraiment, Le côté de « il a pris du poids » , je cherche, vraiment, je sais pas où est le poids qu'il est censé avoir pris, mais c'est assez drastique.
- Speaker #2
Ouais, mais t'avais énormément de médias et d'émissions sur le poids qui sont sortis à cette époque-là, notamment je pense à « Relooking Extrême Spécial Obésité » , si ça vous rappelle des souvenirs. Alors personnellement, j'étais extrêmement fan de ces émissions, mais vraiment, je la regardais dès qu'elle passait, un peu comme une curiosité morbide, c'était pas du bon sein. Il y avait une forme de réassurance aussi, de voir qu'il existait des cas extrêmes, ça faisait relativiser. Mais c'était vraiment des émissions où on pointait du doigt des gens qui avaient une alimentation terrible, aucun sport, etc. Et en fait, c'était juste des gens qui étaient très gros et tu les regardais être... moins gros.
- Speaker #0
Tu regardais la version française ou la version américaine ?
- Speaker #2
Moi je regardais ce qui passait à la télévision, donc la version américaine mal traduite.
- Speaker #1
Excusez-moi d'être un peu pointu sur les sujets de télévision.
- Speaker #2
Non mais tout ça c'était avec la voix par-dessus, le mauvais doublage, c'était grandiose.
- Speaker #0
Parce que dans la version américaine, ou du moins il y avait peut-être une autre émission qui était équivalente, tu avais une partie justement du relooking qui était un passage obligatoire par la chirurgie esthétique.
- Speaker #2
Ah oui, oui, je me rappelle de ça. et d'ailleurs je continue un peu sur tout ce qui est émissions, films etc mais je sais pas si vous vous rappelez aussi de Super Size Me qui est sorti en 2003 ou 2004 qui était un documentaire je crois C'était un documentaire sur McDo. Alors nous, personnellement, dans mon école, on l'a regardé. On l'a regardé en cours aussi. Et moi, j'ai un peu l'impression que c'était pour nous matrixer sur le fast-food. En me disant, regardez, c'est terrible, vous allez devenir gros, ne mangez surtout pas ça. Alors juste,
- Speaker #1
du coup, le concept de Super Size Me, c'est un homme qui pendant... Ça dure combien de temps son expérience ? Un mois, je crois, ou plus ? Je sais pas. Se nourrit exclusivement chez McDonald's. Matin, midi et soir.
- Speaker #2
Et il observe les changements qu'il y a dans son corps.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
C'est ce que j'ai fait pendant un an aussi, c'est pour ça que j'ai dû perdre 16 kilos. C'est réel. Il y avait un McDo qui était juste à côté de mon école en post-bac. Et effectivement, plusieurs fois pour le déjeuner, même pour le goûter. Parce que tu avais des... Enfin, pas simplement pour le goûter, mais tu as des études de cas que tu dois rendre en groupe. Et on était là, hop, allez hop, on va se prendre une petite boîte de nuggets à se partager. Là,
- Speaker #1
c'était vraiment, je prends un Big Mac pour mon petit déjeuner en me réveillant à 7h. C'était l'expérience poussée un peu à son exprès.
- Speaker #2
Du coup, là, j'en profite aussi parce qu'en ce moment, il y a la sortie du film Le Diable s'habille en Prada 2.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #2
Et je ne sais pas vous, mais moi, perso, je me rappelle très clairement de l'obsession des personnages sur le poids et la taille. Et donc, Anna Tawai, elle se fait surnommer taille 40, comme si c'était un gros mot. Et aujourd'hui, les femmes, elles font entre le 42 et le 44, pour info. Et Émilie, qui partage son astuce minceur, elle ne mange rien du tout. Et quand elle va s'effondrer, elle avale un cube de fromage. Et elle souhaite avoir une gastro pour compléter le tout. Donc, c'est clairement de la maltraitance envers son corps. Et même si c'était un peu montré en riant, c'était quand même la tendance qui accompagnait la mode. Et quand Anne commence à réussir dans le milieu, elle annonce fièrement qu'elle est passée au 38, c'est perçu comme une victoire et ça y est, elle est devenue jolie, mince, stylée. Elle a gagné quoi.
- Speaker #0
Complètement. Et en l'occurrence, ça a forcément eu un impact aussi sur toute notre génération parce qu'on a grandi quand même avec toutes ces représentations-là, cette image-là, cette idée-là qui nous était. Et donc du coup... transféré à travers tous ces moments cool parce que le diapositive yamprada c'est cool à regarder les séries aussi etc vous à quel point est ce que ça vous a impacté parce que c'est quand même intéressant on a grandi quand même dans ce contexte là est ce que vous avez déjà changé quelque chose chez vous pour réussir à ressembler à ce que vous voyez justement à l'écran ou dans les magazines moi je sais que au
- Speaker #1
début ça passait donc comme je disais par tout ce qui était paires de lunettes etc j'ai eu une phase où c'est passé par des coupes de cheveux vraiment Et puis ensuite, dans ma phase ado à fond sur YouTube, les youtubeuses qui partageaient toutes leurs astuces, etc. Moi, c'était le jeûne intermittent qui a été hyper à la mode à une époque et où il fallait rémanger pendant un peu plus de 12 heures. Donc en fait, tu sautais un de tes repas, soit le dîner, soit le petit déjeuner. Et c'était censé rééquilibrer ton...
- Speaker #2
système digestif en le laissant complètement au repos en ne mangeant rien pendant une certaine période j'en profite pour faire une parenthèse pour souligner que ça ne fonctionne pas bien chez les femmes parce qu'on n'a pas un cycle hormonal de 24h donc ne faites pas ça si vous êtes une femme le jeûne intermittent c'est vraiment très dangereux pour la santé et
- Speaker #0
ça, il y avait ce type de régime mais aussi pour moi c'est l'époque de toutes les tendances de c'est le dernier régime à Hollywood ça on l'entendait tous les ans il y avait un nouveau régime, tous les ans il y avait une nouvelle star une nouvelle actrice, pour le coup c'était très féminin ça... Autant il y a l'objectification du corps à toucher les hommes, autant le côté régime, ce n'était pas le cas. Et ça touchait toutes les actrices, tous les étés. Trois mois avant l'été, il y avait le nouveau régime d'un tel, le nouveau régime d'un thème, le nouveau régime qui fait fureur à Hollywood. Et ça a duré des années, des années et des années.
- Speaker #1
Ma chinette a été transformée physiquement. Découvrez comment et suivez son top 3 de conseils.
- Speaker #0
Mais des régimes absurdes. Il n'y avait pas le régime vert ou le régime couleur. Il y avait des trucs comme ça,
- Speaker #1
où en fonction des jours de la semaine, tu ne mangeais que des aliments d'une certaine couleur. Exactement.
- Speaker #0
C'est délirant et en fait ça marchait pas dans le sens physiquement, ça marchait dans le sens où beaucoup de gens suivaient cette tendance alors que là si on réfléchit deux secondes à quel moment si tu choisis un jour une couleur ça a un impact sur une quelque perte de poids. Non,
- Speaker #2
mais c'était hyper dangereux pour la santé, parce qu'effectivement, il y avait des régimes improbables. Mais moi, je me rappelle aussi de la période où c'était très populaire d'acheter des poudres ignobles à avaler pour remplacer les repas. Vraiment, tu avais des publicités qui te disaient... Tu voudrais manger mais non pour perdre du poids fais toi un shaker à la vanille qui a plutôt un goût de ciment et comme ça si tu manges que ce truc là pendant trois mois tu vas perdre du poids tu m'étonnes tu vas aussi perdre ta joie de vivre à cette époque là moi je pense ouais c'est je sais plus en quelle année mais on pouvait commander des teignas sur internet des quoi ? des teignas le verre solitaire ça c'est quelque chose que j'ai vu personnellement passer et je rappelle que c'était les débuts d'internet donc vous voyez comme c'est parti en couille très vite Tu pouvais, en astuce minceur, commander des verres dormants que tu ingérais. Et du coup, le ténia grandit dans ton estomac, il mange tout ce que tu manges. Donc en fait, très concrètement, tu finis à l'hôpital. Tu peux en mourir, c'est vraiment très dangereux. Mais l'obsession de la minceur à l'époque était telle que tu pouvais trouver ça en vente libre sur Internet.
- Speaker #0
Mais là, je suis autant choqué qu'Aude qui a découvert que Jennifer avait fait la starac. Dans le dernier épisode, je suis en même état de choc.
- Speaker #2
Alors personnellement, j'ai toujours adoré manger tout ce qui n'allait pas, donc des bonbons, des chips, du chocolat, des frites dégoulinantes de fromage, pizza, burger. Je suis en train de me donner faim. Moi aussi j'ai faim là. Et je lisais partout que la solution c'était de manger une pomme. Je ne sais pas si vous avez vu ce truc là. Oui absolument. La pomme se ferait miracle. Ah mais pendant longtemps.
- Speaker #1
Le remède à tous tes soucis C'est ça C'est-à-dire que même Churchill en parlait à l'époque On rappelle Mais c'est vraiment ça La solution miracle Tu as faim,
- Speaker #2
mange une pomme Bon, c'est déjà pas le fruit le plus séduisant Mais en plus je trouvais ça vraiment déprimant Et j'ai passé des années à me persuader Qu'un jour je serais super mince Je mangerais que des pommes Et en fait en réalité un jour j'ai découvert Que j'étais allergique aux pommes Et du coup je me suis dit Bah tant pis, ce sera pizza
- Speaker #0
Parce que ça t'es pas allergique à la pizza du coup Ah ouais non,
- Speaker #2
étonnamment Pas de problème avec ça Et pour le coup, ouais sur l'évolution un petit peu du... poids que j'ai vécu, pendant très longtemps, j'étais persuadée que j'étais vraiment obèse, une boulette qui se balade librement dans les rues.
- Speaker #0
Mais qu'est-ce qui te faisait penser, pardon, que tu étais une boulette qui te baladait dans les rues ?
- Speaker #2
Écoute, je ne sais pas trop. Alors moi, j'ai l'impression que j'étais quand même entourée de filles qui étaient très, très minces et qui avaient beaucoup de troubles du comportement alimentaire. Mais à l'époque, on ne savait pas, on n'en parlait pas. Donc, tu te dis juste, attends. moi je suis un ogre en fait, pourquoi je mange toute mon assiette à la cantine alors que tu finis pas la moitié de ton plat ?
- Speaker #1
Je suis très d'accord sur le côté de finir son assiette à la cantine. À chaque fois, j'avais l'impression d'être la seule à manger tout ce que j'avais sur mon plateau et ça me terrifiait.
- Speaker #0
J'avais l'impression que ça a été un traumatisme pour beaucoup de gens, cette histoire, et pas du tout pour d'autres. Vous voulez en parler ? Parce que moi, perso, ça n'a pas du tout été un traumatisme.
- Speaker #1
Moi, j'avais vraiment ce truc de... Quand il y avait le menu américain à la cantine ou des trucs comme ça...
- Speaker #0
Le menu américain ? C'est quoi ça,
- Speaker #2
le menu américain ?
- Speaker #0
Quelle école ?
- Speaker #1
Il y avait des menus à Athènes, le milieu américain c'était juste des hamburgers surgelés. Mais c'est incroyable,
- Speaker #0
les hamburgers à la cantine !
- Speaker #2
Moi je sais pas si j'en ai eu, je me rappelle pas.
- Speaker #1
Nous on avait ça, et je me rappelle très bien, c'était un truc où lorsque tu passais à la cantine, t'avais droit à deux cheeseburgers, c'est des trucs surgelés donc c'est pas non plus... Et une assiette de frites. Et il y avait ce truc où toutes les filles elles en mangeaient qu'un seul, et du coup il fallait trouver des copains qui allaient manger ton deuxième cheeseburger, et du coup il y avait des concours de celui qui va en manger le plus. évidemment parce que sinon c'est pas drôle vous auriez pu m'appeler qui est très américain comme concours et moi j'étais la seule fille qui non seulement mangeait ses deux cheeseburgers mais en plus potentiellement mangerait un troisième en piquant dans l'assiette de ses copines et ça m'a toujours un peu traumatisée j'ai toujours eu ce truc de je suis la seule à demander du râle lorsqu'il y en a à être chaud pour manger deux desserts je suis un ogre quoi j'avais la même impression c'était un peu déprimant
- Speaker #2
Et ça... pèse en fait, avec les années ça pèse et puis ouais tu grandis bon il y a des phases qui sont pas faciles quand tu commences à être bourrée d'hormones parce que tu grandis c'est une période où en plus les enfants sont un peu méchants donc voilà, et c'est vrai que j'ai passé des années à me dire mais en fait ça va pas je suis trop grosse je suis trop grosse et ensuite je suis partie vivre à l'étranger pendant un an et pendant cette année je m'étais dit ok je vais rien manger c'est la première fois que je vais être toute seule je ne vais absolument rien manger et je vais... revenir et je serai la bomba latina que je pense être. Et je suis revenue avec 12 kilos de plus. Parce que j'ai mangé, mais c'était tellement bon. Et je peux vous dire qu'aujourd'hui, les 12 kilos, ils sont bien au chaud avec moi et qu'ils m'accompagnent partout. Et que je n'ai pas de problème de santé. Je ne suis même pas... Enfin, je suis en IMC normale. Et du coup, ça m'arrive de temps en temps de me dire mais comment j'ai pu croire que j'étais une énorme boule avant alors qu'aujourd'hui, tout va bien. Et je mange, si j'ai faim, je mange. Et puis j'adore la bouffe. Et vraiment, pour citer un grand homme, le gras, c'est la vie.
- Speaker #1
C'est une très belle citation. Moi, je tiens juste à rebondir sur ce que tu as dit par rapport à la bomba Latina, c'est-à-dire qu'avec le teint de caché d'aspirine que tu as, je vois pas à quel moment tu t'es dit que Latina, ça allait passer. Parce qu'à la limite, t'es revenue avec trois couteaux.
- Speaker #2
Mais j'allais pas dire la bomba belge, ça sonnait moins bien.
- Speaker #1
C'est vrai. Mais après, je sais aussi que... Donc moi, je fais partie des gens qui ont subi... pour le coup des pertes de poids assez importantes puisque suite à des petits troubles du comportement alimentaire j'ai perdu 10 kilos en l'espace de deux mois complètement contre ma volonté sans vraiment me rendre compte c'est à dire qu'un jour je me suis pesée et j'ai eu un instant de mais qu'est-ce qui est en train de se passer en fait là ça va pas c'est pas normal t'as perdu 10 kilos sans faire exprès ?
- Speaker #2
je pense que tu devrais ouvrir un blog parce qu'il y a beaucoup de gens qui seraient prêts à voir tes astuces voilà en l'occurrence c'était vraiment une période de la vie pendant laquelle j'allais très mal Non.
- Speaker #0
Les médecins la détestent. Est-ce que vous vous souvenez de cette pub ?
- Speaker #1
Elle est en train de m'aimer. Mais voilà, en l'occurrence, c'était symptomatique d'une période de ma vie où je n'allais pas bien. Et ça s'est vraiment reflété de cette manière-là. Et la chose qui m'a frappée, c'est que j'ai perdu du poids. J'étais donc extrêmement mince. C'était juste avant l'été en plus, donc la période du short, de ce que tu veux. Et autour de moi, j'ai eu plein de compliments.
- Speaker #2
Ah oui, ça c'est horrible.
- Speaker #1
J'ai eu plein de gens, entre ta grand-mère qui débarque et qui est là genre « Oh là là, t'as perdu vachement de poids, ça te va super bien ! » Alors que peut-être que tu vas très mal mentalement. Et ça m'a vraiment fait un électrochoc sur la perception que les gens se font de toi. Et notamment du fait qu'on associe très souvent la minceur à la santé. Et à la beauté. Et en fait, moi j'étais en mode, mais là je suis en train de vivre un des pires moments de mon existence. Et tout le monde me complimente.
- Speaker #0
Et puis surtout, on est hyper exigeant vis-à-vis du sujet d'être gros. On ne l'est pas du tout sur le sujet de l'anorexie. C'est quelque chose qui n'est absolument pas considéré, qui n'a jamais été considéré. Pour le coup, on va être honnête, même avec la tendance du body positiviste qui arrivait après, ce n'était pas du tout inclus dedans. Et le fait d'être ultra mince et d'avoir des difficultés justement, parce que moi, j'en connais une en l'occurrence. qui est passée par là et elle, elle m'a dit, moi le plus beau compliment qu'on puisse me faire, c'est t'as pris du poids quoi. Parce que, et elle a dû suivre des régimes médicaux pour lui faire prendre du poids et c'est hyper compliqué pour elle. Et c'est quelque chose qui n'est pas du tout, du tout considéré et limite on lui disait, ah là, de quoi te peins-tu ? Alors qu'en fait, elle en souffre réellement.
- Speaker #1
Oui, et juste lorsqu'on dit régime, ça veut pas dire alimentation pour perdre du poids. Un régime, c'est juste un type d'alimentation. Donc on peut faire en effet un régime particulier pour au contraire prendre du poids.
- Speaker #2
hyper protéiné, prise de masse etc et du coup ça me fait penser du coup avec ce que tu dis Armand le mouvement pro Anna, est-ce que ça vous parle ? ça me parle pas du tout alors je vais vous faire découvrir un truc très sombre je suis navrée on est passé du verre solitaire sur internet je suis la spécialiste pour avoir des anecdotes terribles et qui te font regretter de m'avoir adressé la parole en premier lieu salut ça va ? viens ici, viens avec moi les sombres histoires Merci. En fait, le mouvement Pro-Anna, c'est un mouvement qui est arrivé dans les années 90, tout début des années 2000, qui est un mouvement pro-anorexie pour suivre les tendances des mannequins. Et en fait, il y avait des blogs entiers et plein de partages de filles qui disent « Moi, ma meilleure astuce, c'est que je ne mange que 400 calories par jour et donc je fais 4 repas de 100 calories. » 5 tomates cerises, ensuite je mange une demi courgette à 17h machin. Tu avais ça, enfin moi j'ai vu ça pendant des années et en fait c'était comme un club parce que tu pouvais porter un bracelet rouge et le bracelet rouge c'était pour que tu le regardes et que tu te rappelles toute la journée quand t'as faim, non je dois pas décevoir Anna. Anna étant le dieu de l'anorexie, enfin la déesse de l'anorexie. Et donc tu regardais ton bracelet et tu te disais je ne dois pas manger sinon je vais décevoir Anna et tu pouvais croiser d'autres filles. qui avait le même bracelet et tu te reconnaissais tu disais toi aussi t'es pour Anna et tu pouvais avoir plein de signaux à droite à gauche c'est terrible je suis étonnée que Netflix n'en ait pas fait un documentaire je suis étonnée que vous n'en ayez jamais entendu parler moi en fait ce qui me choque c'est que là où moi j'ai eu de la chance c'est que lorsque moi j'ai eu mes problèmes de poids j'étais une adulte j'étais
- Speaker #1
déjà construite psychologiquement etc mais dans ce genre de situation on parle quand même de choses qui s'adressent plutôt à des adolescentes et je trouve ça terrifiant parce qu'en fait lorsque t'es adolescente t'es pas construite psychologiquement, t'es pas construite physiquement et ça ralentit et ça empêche ton cerveau et ton corps de bien fonctionner une fois que tu serais adulte je trouve ça vraiment terrifiant et surtout que c'était,
- Speaker #2
encore une fois c'était dans les débuts d'internet et c'était au moment de l'émergence de tous les blogs ce qui fait que c'était très facile de tomber sur ça et d'avoir beaucoup de contenu lié à ça parce qu'en fait internet était pas surchargé de tout un tas d'informations et très rapidement en fait de... Tu pouvais te créer toute une communauté, tu pouvais avoir des contacts et les filles elles s'appelaient parfois t'avais des messages de panique disant les filles c'est horrible j'ai craqué, j'ai mangé une boîte de gâteau en entier et les autres disaient fais-toi vomir mais fais attention, te fais pas vomir trop souvent sinon ça fait gonfler la gorge et tu vas quand même avoir l'air grosse
- Speaker #0
C'est chaud
- Speaker #2
Après là c'est vraiment une déviance qui est quand même très très particulière Il y a eu beaucoup de maladies mentales liées à l'apparence qui ont émergé parce que là je parle de de mouvements anorexiques, mais il y a aussi eu de la boulimie, il y a eu plein de dérives liées à l'alimentation, parce qu'à force de chercher absolument ce culte de minceur, d'idéal presque inatteignable, les gens devenaient fous.
- Speaker #0
Complètement. Et ça, c'est vrai que c'est très symptomatique. Justement, c'est un très bon exemple du miroir qui était la société à l'époque. Même si c'est extrême, ça renvoie bien justement les codes qui étaient exposés à tout le monde. Moi, pour le coup, c'est vrai que je le disais dans l'intro, J'ai perdu 16 kilos en l'espace de 10 mois. Je devais avoir 20 ans à ce moment-là. Donc oui, j'étais encore ado, jeune ado, jeune adulte. Voilà, exactement. Et j'étais aussi en l'occurrence à Londres. Donc j'étais loin de ma famille, loin de mes amis, seul. Et je me suis dit justement, c'est l'occasion parce que... J'avais ce rapport au corps qui était compliqué, où je ne m'aimais pas, et j'avais mis ça sur une question de poids et de physique. Pourquoi ? Parce que moi aussi, l'air de rien, enfin je dis moi aussi, mais je pense comme d'autres garçons, on a quand même grandi avec ces images de super-héros qui ne sont pas gros, on a grandi avec toutes ces images hyper idolâtrées de stars hollywoodiennes qui ne sont pas gros non plus, qui sont musclées, etc. Et donc forcément, d'une façon ou d'une autre, je pense que ça imprègne un petit peu comme pour les petites filles. Et donc moi j'ai arrêté, comme j'ai un côté assez radical, en tout cas je l'avais, j'ai vraiment arrêté de prendre des repas, de manger. Et je mangeais, je pense, une fois toutes les 48 heures, une salade. Et donc j'ai vraiment perdu du poids. Ce qui est intéressant, c'est qu'au début, je ne m'en suis pas rendu compte. Et comme j'étais très souvent sur Instagram à ce moment-là, c'est des gens qui me répondaient sur Instagram en disant « Alain, donc t'as maigri, t'es plus fin, etc. » Et c'est fou parce qu'on avait beau me le dire, je ne le voyais pas, je ne le constatais pas. Ah ouais,
- Speaker #2
t'étais complètement biaisé dans ton image.
- Speaker #0
Complètement. Et plus le temps passait, plus mes vêtements me tombaient. C'est-à-dire que mes pantalons, même avec une ceinture, me tombaient complètement. Et même là, je n'arrivais pas à me voir plus mince. Alors que physiquement, je flottais dans mes vêtements.
- Speaker #1
Je suis assez d'accord. Moi aussi, j'ai eu ce truc où les vêtements commencent à plus du tout aller.
- Speaker #2
Mais je n'ai pas fait le lien avec le fait que je perdais du poids.
- Speaker #1
C'était deux événements pas du tout liés dans ma tête.
- Speaker #2
Tu t'es dit que ta machine à laver a complètement bousillé toute ma garde-robe, je ne comprends pas.
- Speaker #1
Vraiment, incompréhensible.
- Speaker #0
Moi, à un moment donné, je m'en suis rendu compte et j'étais plutôt content parce que j'arrivais à mon objectif. Et là où j'ai commencé à m'en inquiéter, c'est qu'en fait, j'ai perdu le contrôle de ça. C'est-à-dire qu'à un moment donné, je me suis rendu compte que j'avais atteint la forme que je voulais avoir. Mais en fait... j'ai eu un élément déclencheur vraiment une anecdote que je vous raconte mais j'étais en Italie à ce moment-là à Milan et je me commande un McDo et comme vous le savez parce que je l'ai dit précédemment je consommais beaucoup beaucoup de McDo plusieurs fois par semaine ce qui m'avait amené justement à prendre du poids et pas les petits menus McDo le bon menu golden tel qu'on le connait quitte à aller à McDonald's autant exactement profiter et en l'occurrence je commande un menu McDo et je me rends compte que je suis calé au bout de la moitié de mon burger et je parle même pas des frites etc et tout et là je commence à me dire il y a un vrai problème parce que ça ne m'arrive jamais d'être calé à ce point là et j'ai appelé mon médecin à ce moment là et j'avais une semaine où je rentrais à Paris je suis allé voir mon médecin à ce moment là je faisais 60 kilos et c'est vrai que ça a été un peu l'élément déclencheur je me suis dit là je perds le contrôle et en fait le truc c'est que le corps humain aussi s'adapte c'est à dire que si tu commences à l'affamer l'estomac va se réduire et de plus en plus et donc en fait il va te faire manger beaucoup moins Et donc, tu sais, là où tu vas commencer à perdre le contrôle, il perd de plus en plus de poids. Et mon médecin, en l'occurrence, m'avait dit, là, comment vous sentez-vous dans votre corps ? Ce qui est quand même une bonne première question. Et je lui ai dit, là, bien, mais il faudrait qu'on arrête là. Et effectivement, il m'a donné un traitement à suivre pour pouvoir arrêter. Mais donc, tout ça pour dire que, oui, ne faites pas ce genre de choses de manière très radicale, parce que ça m'a quand même conduit à prendre rendez-vous chez le médecin et à un suivi médical un peu à côté.
- Speaker #1
Moi, j'ai eu aussi cette expérience d'avoir du coup l'estomac qui rétrécit. et j'ai dû réapprendre à manger. C'est vraiment un truc, ça m'a pris presque deux ans et à l'heure actuelle, je considère qu'il y a encore des choses qui ne sont pas tout à fait acquises. J'en ai conscience, donc ça va, c'est sous contrôle, mais ce n'est pas encore tout à fait acquis. J'ai dû apprendre à retrouver la sensation de faim. J'ai dû apprendre à retrouver l'appétit, la sensation de gourmandise et j'ai toujours des problèmes avec la sensation de satiété à l'heure actuelle.
- Speaker #2
C'est dans le sens où tu la ressens trop tôt ?
- Speaker #1
Je ne la ressens pas. Je n'ai aucun, quand je commence à manger, je n'ai aucun sentiment de est-ce que j'ai assez mangé ? Est-ce que j'ai pas assez mangé ? Est-ce que j'ai trop mangé ? Je ne sais pas. Vraiment, c'est toujours un peu flou. Donc j'essaye de faire des quantités qui m'ont l'air raisonnables et de finir mes assiettes histoire de me nourrir. Mais c'est vrai qu'on perd en fait toutes ces choses-là.
- Speaker #2
C'est important d'être bien entouré dans ces moments-là.
- Speaker #1
Absolument.
- Speaker #2
Et si vous êtes dans une situation où vous avez l'impression de perdre un petit peu le contrôle sur votre corps ou de vous faire contrôler par lui, N'hésitez pas à en parler avec votre entourage ou avec votre médecin si vous n'avez pas envie de vous faire juger. Parfois, on a un peu peur du regard des gens qui nous sont proches. Même communiquer avec des inconnus, ça peut aider.
- Speaker #0
Notre génération a connu donc ça, mais elle a aussi connu l'émergence du body positivisme, c'est-à-dire l'extrême inverse. C'est quand même très intéressant en l'espace d'une seule génération. Moi, le premier souvenir que j'ai de ça, la première fois où j'ai été confronté vraiment à cette idée de corps différent, je m'en souviens très très bien, c'était à la télévision, c'était en 2017. c'était Jamel Debbouze dans Quotidien qui avait fait des blagues je me souviens sur le physique d'une vidéo qui était passée d'un extrait sur le fait que la personne était grosse et comme j'étais sur les réseaux sociaux à ce moment là et notamment sur Twitter j'ai commencé à voir apparaître le hashtag grossophobie et j'ai pas compris je me suis dit bah ça va c'est de l'humour et c'est la première fois que littéralement je me souviens avoir été confronté à des gens qui se sont levés qui ont dit non c'est pas de l'humour C'est pas drôle, c'est pas de l'humour, et ça s'appelle de la grossophobie. Et moi je me suis entraîné avec la réaction la première fois, c'était de me dire, vous exagérez. Enfin vraiment, ça va, grossophobie, qu'est-ce que c'est que ce mot qu'on invente, on va pas mettre phobie autour de tout et n'importe quoi. Ça a été ma première réaction.
- Speaker #2
Ouais parce qu'il y avait aussi ce côté, en fait si t'es gros quelque part c'est que tu le choisis, c'est que tu t'alimentes mal, que tu ne fais pas de sport, que t'as pas un bon rythme de vie. Alors qu'en fait, il y a plein de raisons de prendre du poids, qui sont parfois hormonales, parfois c'est la santé mentale qui va pas bien.
- Speaker #1
Et même il y a plein de morphologies différentes. c'est tout, en fonction de ta structure osseuse tu ne pourras pas avoir une certaine silhouette ça sera physiquement possible j'ai les os lourds,
- Speaker #2
tu l'as déjà entendu celle-là ?
- Speaker #0
moi je ne l'avais jamais entendu ça ok je pèse 90 kilos mais c'est parce que j'ai les os lourds j'ai une grosse densité osseuse je ne l'avais pas entendu et après ça a été toute une tendance pour le coup qui est arrivée où les marques voulaient de plus en plus prendre position là-dessus de manière Merci. courageuse comme on le disait. Bon alors t'avais 90 marques qui l'avaient fait avant que Nike débarque et disant nous allons faire une campagne courageuse. Quand t'es la 90ème marque je sais pas si on peut appeler ça courageux mais bon tant mieux quelque part et voilà avec Lacoste etc qui mettait en avant pour le coup le contre-pied total. On voyait vraiment des corps qui étaient tous différents, des personnes qui étaient effectivement en ronde ou dites grosses en tout cas dans les campagnes de publicité, sur les podiums on s'en réjouissait. Il y avait vraiment ce contre-pied, même dans les stars en fait, il y avait des grandes personnalités, Adèle, Liso, qui ont quand même défendu ce body positivisme. Donc il y a vraiment eu un contre-pied total qui a commencé à partir de ce moment-là.
- Speaker #2
Oui, alors j'ai l'impression en tout cas que c'est très récent la représentation inclusive totale. Parce qu'au début du body positivisme, c'était quand même des mannequins qui faisaient du 38-40, qui faisaient les mannequins grande taille.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #2
Donc ça a mis un moment avant de commencer à inclure un petit peu tout le monde.
- Speaker #1
Et en plus, elles étaient là sous l'appellation mannequin grande taille.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
C'était pas du mannequin standard. C'était le mannequin grande taille. On vous tolère, vous avez une catégorie à part. Exactement.
- Speaker #2
Soyez contentes, quoi. Mais si, regardez, on a mis des vrais gens.
- Speaker #0
Oui. C'est vrai que ça allait avec l'idée aussi des vrais gens. Je me souviens que ça a été aussi l'émergence dans la publicité, en tout cas en France. de la norme sur laquelle les publicités, les photos de magazines, etc. devaient être indiquées comme retouchées.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #0
C'est arrivé avec, c'est-à-dire aussi de dire de l'autre côté « Non, ce que vous voyez dans les magazines ou les publicités, ce ne sont pas des vrais gens, ce sont des personnes qui aussi ont été retouchées, qui ont été préparées, la lumière, etc., le cadrage. » Parce que beaucoup de gens se comparaient aussi là-dessus en se disant « je ne ressemble pas à la personne que je vois dans le magazine » . Mais en fait, c'était inatteignable.
- Speaker #2
On a aussi vu l'émergence de ce mouvement-là sur Instagram parce qu'on a connu les débuts d'Instagram avec les photos, au début les photos pourries avec les filtres entre médiocres qu'on connaissait. Puis très vite, quand il a commencé à y avoir les influenceurs, les premières influenceuses, décors parfaits à la plage, photos ultra retouchées. Et on a vu aussi arriver sur ce média des personnes qui disaient le avant-filtre après-filtre. Oui, ce que vous voyez sur les réseaux, ça n'est pas la réalité. Moi, le matin, je ressemble à ça et on en a vu de plus en plus. Et encore aujourd'hui, j'en vois des filles qui disent « je suis super musclée, ça c'est ma photo que je vous poste » et puis ça c'est dix minutes avant quand j'avais mangé mon biscuit, que mon ventre avait très plein de volume, que je n'avais pas gainé mes bras, etc.
- Speaker #1
Oui, il y avait toute la tendance du no filter où on nous expliquait comment est-ce qu'une bonne lumière faisait en sorte qu'il n'y ait plus d'imperfections sur ta peau. que les ombres cachent ton double menton, ce genre de choses.
- Speaker #2
Plein d'astuces.
- Speaker #0
Et il y avait aussi l'effet inverse qui arrivait avec les réseaux sociaux. C'est-à-dire qu'avant, il y avait toute une communauté qui était majoritaire, qui pointait du doigt les personnes grosses en disant « tu es grosse, ce n'est pas bien » . Factuellement, c'était vraiment avec toute cette délicatesse-là. Ah oui,
- Speaker #2
vraiment, il y avait beaucoup de haine. On prend les gens avec des pincettes ici.
- Speaker #0
Non mais voilà, c'était vraiment factuellement ce qui se passait. Et il y a eu tout l'inverse après. C'est-à-dire que, enfin tout l'inverse, en tout cas, il y a eu vraiment une grosse bascule. où on voyait aussi des personnes qui décidaient de perdre du poids, qui se faisaient elles-mêmes, enfin, tu vois, qui prenaient la décision de perdre du poids et qui montraient tout ce cheminement-là sur les réseaux sociaux et qui se faisaient allumer par des personnes en les disant, c'est pas normal, tu rentres dans une norme, tu n'es plus l'exemple. Parce qu'il y avait ça aussi, en fait, le problème, c'est que beaucoup de gens se disaient, je suis enfin représenté et finalement, la personne qui me représente est en train de perdre.
- Speaker #2
Elle nous lâche, elle nous quitte, elle quitte notre team.
- Speaker #0
Et c'était le cas d'Adèle. C'est le cas, je vois que Marie allait réagir.
- Speaker #1
C'est exactement ce que j'allais dire. On a parlé tout à l'heure d'Adèle dans la catégorie des idoles grosses, rondes, etc. Et c'est vrai que lorsqu'elle a perdu du poids, elle s'est fait allumer. Elle s'est pris des bâches, mais monumentales. C'était un scandale.
- Speaker #0
En disant qu'elle suivait justement la norme, qu'elle perdait justement, qu'elle lâchait un peu toutes les personnes. Mais ce que l'on peut comprendre, en fait, toutes les personnes qui pendant des années n'ont pas été identifiées se disent j'ai enfin quelqu'un qui me défend et qui finalement... Et je crois que ça a été le cas de la chanteuse Lizzo aussi. Lizzo, il me semble qu'elle aussi, elle a quand même été vocale, comme disent les Américains, très longtemps quand même sur le sujet. En défendant justement son corps, en le mettant en avant, et finalement, elle est aussi tombée dans ce côté de « je vais quand même perdre du poids » , alors que ça a été quand même, elle, il y avait zéro doute sur le fait qu'elle défendait effectivement le bien-être, le body positivisme. Vous, quand est-ce que ça a été la première fois que vous avez été confrontée justement à un corps différent, valorisé ?
- Speaker #2
Alors moi, je pense que ça a été peut-être au tout début du body positivisme. En fait, les premiers souvenirs que j'ai de ça, je pense que c'est les Kardashians.
- Speaker #0
Ah ouais ?
- Speaker #2
Ouais, parce que dans mon entourage, tout le monde avait à peu près le même physique. Mais en représentation externe, vraiment télévision, médias, etc., les Kardashians, c'était les premières célébrités qui avaient vraiment des formes que je voyais. Il y en avait peut-être d'autres avant, mais elles ne sont pas réunies jusqu'à moi. Encore une fois, je ne suis pas le bon exemple pour tout ce qui est télé-réalité, etc. Mais bon. Et en fait, ouais, c'était un peu les premières où, bah, oui, elle a des seins énormes, elle a des hanches larges. Et elle est quand même censée être super belle. Et au début, ça faisait un peu réagir. Et puis après, elle a commencé doucement à devenir un modèle. Et il y a eu toute une tendance qui l'a accompagnée, qui a carrément créé la mode des chirurgies, notamment très dangereuses parfois, comme les implants fessiers, pour essayer justement d'avoir exactement les mêmes formes. Et je pense du coup aussi aux sœurs Jenner, notamment Kylie, qui s'était fait connaître parce qu'elle est passée de... Toute petite, toute menue, du jour au lendemain, une femme avec des formes énormes, une silhouette de sablier. Et tout le monde disait, mais qu'est-ce qui s'est passé ? Comment elle a fait ? Et puis tout le monde demandait ses conseils. Et elle a été propulsée comme influenceuse. Et il y avait beaucoup de gens qui la suivaient pour essayer de faire comme elle, qui demandaient des conseils.
- Speaker #0
Mais ce qui est hyper intéressant, c'est que dans le cas des Kardashians, il y a vraiment cette idée, parce que Dieu sait qu'on sait qu'elles ont eu beaucoup d'influence, et qu'elles ont toujours beaucoup d'influence quand même sur le monde. Je veux dire, effectivement, elles ont fait des chirurgies pour se transformer et on sait qu'il y a eu des millions de femmes qui ont derrière fait des chirurgies aussi dans le monde pour leur ressembler. Et à partir du moment où effectivement Kim Kardashian a commencé aussi à retirer toutes ces chirurgies, on sait très bien, ça a été montré dans les stats de centres de chirurgie, ils ont tous dit qu'on a eu une recrudescence aussi de personnes et de femmes qui sont venues pour aussi retirer leurs chirurgies. enfin vraiment elles ont une influence qui est colossale et en l'occurrence on sent qu'il y a eu un peu cette ambivalence là de à la fois Oui, effectivement, on veut surfer sur la tendance des formes, mais en fait, là où il faut.
- Speaker #2
Et c'est ça en fait. C'est-à-dire, oui aux formes. Au lieu d'accepter tous les corps, on cherche les rondeurs à des endroits précis.
- Speaker #0
Exactement. C'est oui aux formes, mais avec la minceur là où on veut. Et en fait, on répartit les choses là où on veut. On veut la minceur là où on le souhaite et on veut les formes là où on le souhaite. Et là, il y a une certaine forme, effectivement, un peu d'hypocrisie. Oui, effectivement, on n'est plus dans le cadre du culte de la minceur, mais quand même.
- Speaker #1
parce qu'en fait tu le contrôles quand même on est toujours dans le culte de la taille de guêpe en tout cas exactement,
- Speaker #0
passer la minceur au niveau du ventre le reste beaucoup moins c'est vrai que quand les Kardashians se sont mis à retirer leurs implants,
- Speaker #2
alors même moi qui ne suis pas forcément toute cette actualité là je suis très étonné que tu sois au courant mais ça m'a marqué justement parce que j'en ai pas tant que ça mais pour le coup ça m'a vraiment marqué et récemment alors je sais pas il y a quand même fond. récemment il y a peut-être un an, deux ans, trois ans, je ne saurais pas vous dire, mais en tout cas j'ai vu passer que alors je crois que c'était Kim Kardashian qui avait donné une interview et qui s'était pointée en plateau en fait elle avait des prothèses beaucoup plus petites de tous les côtés et ça avait fait un peu la une des articles en disant ah ça y est tout va bien la mode revient aux silhouettes un peu plus fines c'est bon allez on retourne sur un terrain qu'on connaît et j'ai vu passer ce truc là en me disant ah oui donc en fait elle elle, que j'ai vue représenter un petit peu les corps avec plus de formes retire ses implants et la tendance maintenant se renverse d'un coup c'était hallucinant complètement,
- Speaker #0
en fait cet espoir du body positivist qu'on avait vu venir on s'était dit, ça y est, on a beaucoup entendu sur toutes les personnes dans le monde de la mode des défilés dire ça y est, on est passé à autre chose enfin ça y est, on voit tous les corps différents sur des défilés entre guillemets il n'y aura pas de retour en arrière possible Et en fait, ça a duré moins de dix ans. Parce que je disais, moi, c'est 2017, le premier sujet que je vois vraiment faire polémique, en tout cas en France, sur la grossophobie. On est en 2026, on est moins du coup de dix ans après. Et on est déjà en train de revenir quand même sur ces sujets de minceur. Moi, j'ai un exemple aussi que j'ai vu en tête. C'est le marque, le slip français en l'occurrence, qui avait suivi aussi cette tendance-là. Je me souviens très bien, surtout sur les corps normaux. À un moment donné, avaient tous leurs mannequins sur leur site internet pour présenter effectivement leurs produits. étaient tous effectivement avec un peu de ventre, poilus, etc. Enfin, vraiment l'esthétique des hommes normaux. Et depuis deux ans, basta, tout ça a dégagé. On n'en voit plus un seul, plus aucun de ces mannequins, tous refourgués. dans les tiroirs et ils ont ressorti à nouveau des mecs fins, musclés, etc.
- Speaker #2
Mais tu ne peux pas porter un slip sans avoir d'abdos. Enfin moi ça me paraît évident. Je suis désolée mais...
- Speaker #0
Moi je suis bien d'accord mais...
- Speaker #2
Du coup on s'est baladés nus.
- Speaker #1
Non mais je suis hyper d'accord, notamment quand je vois sur des plateformes de divertissement comme Netflix, etc. où en effet il y a eu toute une phase où toute leur série, tout leur film, il n'y avait que des héroïnes qui étaient rondes, qui étaient potelées, etc. Et on est revenu à des normes qui sont hyper différentes. Je pense notamment à la série Stranger Things, dans laquelle il y a deux personnages, un duo amical, qui sont les personnages de Nancy et de Barbara. Le personnage principal, c'est Nancy. Nancy, elle fait 30 kilos tout mouillé et elle est de plus en plus maigre à chaque saison. C'est-à-dire que, j'en suis au début de la saison 4, je pense qu'à la fin de la saison 5, elle sera transparente à ce stade-là. C'est-à-dire qu'on voit plus ses os qu'autre chose. Et sa meilleure copine, c'est Barb, qui, elle, c'est... La copine drôle, la copine fameuse, et puis en plus, spoiler alert, c'est la copine qui va mourir rapidement. Et ça, c'est une série qui est sortie en 2016. Et on avait déjà le retour de ce duo de l'héroïne skinny et la bestie qui est drôle. Mais grosse.
- Speaker #0
Et ça, on l'a eu très longtemps. La copine de personnage principal, qui est fine, belle, qui a effectivement son faire-valoir à côté, qui est la copine sympa, qui est considérée comme moins belle et effectivement moins mince, c'est pendant très longtemps qu'on l'a eu.
- Speaker #2
Et moi, ça me fait penser aussi à Bridget Jones.
- Speaker #1
Absolument.
- Speaker #2
Si vous avez regardé, alors moi, j'en avais regardé qu'un, je ne suis pas très à la page, mais j'ai quand même souvenir qu'elle était censée être considérée comme une femme grosse.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #2
Et quand on revoit les photos aujourd'hui, tu te dis, mais pardon, enfin, où est le gras ? Si ça, c'est une femme grosse, elle ressemble à quoi les autres en fait ?
- Speaker #0
Là, on voit que ça a été toute une tendance aussi quand même, cette période du body positivisme, ça doit être de 2017 à peu près jusqu'à maintenant. C'est aussi quand on a commencé à voir des influenceuses fitness dire « j'assume mes formes alors qu'elles sont avec des abos et ultra minces » . Mais ça veut bien ce que ça veut dire. C'est-à-dire que même elle, c'était tellement puissant comme phénomène que même elle essayait de rentrer dans cette norme-là alors qu'elle n'y était pas du tout.
- Speaker #2
Oui, et alors après, faut aussi se dire que... T'as le côté, il faut absolument être mince, mais en fait, ça ne va jamais. Parce que si tu es très mince, tu es trop mince, et tu peux te faire aussi harceler parce que tu es trop mince. Tu te fais harceler parce que tu es trop gros, tu peux te faire harceler parce que tu es musclé, et que les muscles sur une femme, c'est pas joli. En fait, ça ne va jamais. Donc je pense que quelque part, le body positivisme, ça a pu toucher tout le monde, parce que n'importe qui peut se dire que mon corps corresponde ou pas à la norme. Moi, je ne me sens pas bien dedans, et ça me... bénéficie aussi de me sentir incluse dans toutes les représentations.
- Speaker #0
En fait, il y a un gros sujet, effectivement, de représentation. Je pense que quelles que soient les images que l'on aura, il y aura toujours quand même cette idée de se comparer aux autres, à ce que l'on voit. La différence, c'est que dans les années 90, il y avait cette norme-là, mais qui était énorme parce qu'on ne montrait que cette image-là. En fait, le reste n'existait pas. Donc en fait on ne te l'imposait pas, on ne te disait pas tu dois ressembler à ça, mais juste la seule image que l'on te montre c'est celle-là. Et puis ensuite c'est en train de revenir, contrairement à ce qu'on pensait, le body positivisme ça a un peu existé en un clin de main d'œil. Et c'est en train de revenir mais je trouve de manière encore plus violente parce que comme on est passé par cette phase-là de montrer plusieurs corps différents, maintenant il y a cette idée en plus de si tu ne ressembles pas à ça ou si tu ressembles au contraire à ça, c'est de ta faute. Et maintenant, c'est ta responsabilité de ne pas ressembler à ça, ou de, en tout cas, ce à quoi tu ressembles, c'est ta responsabilité. Et je trouve que c'est encore plus violent finalement que dans les années 90, où juste, il y avait ce truc plutôt de, bon, on se rend pas compte qu'en fait, il y a d'autres choses qui existent.
- Speaker #1
Oui, alors que maintenant, comme tous les clichés ont été déconstruits, étant donné qu'on a montré tous les corps, on a ensuite fait le point sur tout ce qui était sain, pas sain, le sport, etc. Donc maintenant, tu as toutes les clés en main pour que ton corps soit parfait. et s'il ne l'est pas, C'est que tu ne fais pas les choses bien.
- Speaker #2
Surtout qu'il est parfait selon les époques. Parce que quand on a vu là, il y avait le culte de la minceur qui s'est petit à petit orienté vers plus de rondeurs et là c'est en train de revenir. Mais je rappelle que la mode c'est cyclique, ça l'a toujours été. Et en fait ce qu'on cherche c'est la rareté. Donc en fait quand tout le monde est très mince, on commence à célébrer les rondeurs et puis maintenant que les rondeurs sont partout à la mode, on cherche à s'en éloigner de nouveau. Donc ça reviendra, j'ai aucun doute là-dessus.
- Speaker #0
Et puis au moins l'avantage c'est que, quitte à terminer sur notre positive, On peut dire qu'au moins aujourd'hui... on en parle et c'est quand même déjà un pas en avant qui est quand même assez important merci à beaucoup merci à beaucoup merci à beaucoup de vous d'être en écoute merci beaucoup à vous de nous avoir écouté jusqu'au bout merci beaucoup d'être si nombreux effectivement à nous suivre merci Aude, merci Marie toujours avec plaisir et puis on se retrouve dans deux semaines pour un épisode bonus que Aude nous a préparé
- Speaker #2
j'espère que vous avez hâte j'ai très hâte,
- Speaker #0
je n'ai aucune idée de ce qui nous attend mais j'ai très très hâte et puis en attendant n'hésitez pas en tout cas à nous laisser 5 étoiles un commentaire, à vous abonner et on se dit donc à dans deux semaines à dans deux semaines