- Speaker #0
Aujourd'hui, en Europe, la part des jeunes qui ont déjà consommé de l'alcool est passée d'environ 88% dans les années 90. à environ 74% aujourd'hui. Donc concrètement, notre génération boit moins que les précédentes. Et quand on a vu ça, on s'est posé pas mal de questions. Est-ce que c'est un choix ? Est-ce que c'est lié à notre mode de vie ? Est-ce que c'est une question d'image ? Ou est-ce que c'est juste une évolution naturelle ? naturel. Et puis surtout, pourquoi ça intrigue autant ? Parce que dans la vraie vie, dire que tu bois pas, c'est encore un peu un sujet. Et pour en parler avec moi cette semaine, elle dit à tout le monde qu'elle mesure 1m63 alors qu'elle mesure 1m61. En bonne trentenaire, elle adore aller danser en boîte mais aussi se coucher à 20. 22h et elle ne dit jamais non à un dessert au chocolat. Aude est avec nous.
- Speaker #1
Salut Armand !
- Speaker #0
Elle compte les jours avant Noël à partir du 26 décembre. Elle a toujours une bille œil de lynx en porte-bonheur et sa controversial opinion, c'est que Katniss est le pire personnage des années 2010. Salut Marie !
- Speaker #1
Salut Armand ! Enfin, il s'est racheté un Tamagotchi avant de se rappeler à quel point c'était relou et bruyant. Son animal totem, c'est la chouette. Et si vous le cherchez, il est probablement en train de se recoiffer devant un miroir. Armand anime ce podcast.
- Speaker #0
C'est très vrai.
- Speaker #1
Ah le coup du miroir !
- Speaker #0
Et ensemble nous débriefons des années 90 et 2000. Et pour commencer cet épisode, je me suis dit qu'on allait déjà se poser la question de quel était notre rapport à l'alcool pour commencer. Et donc... Pour commencer cet épisode, petit éthylotest.
- Speaker #1
C'est hyper drôle. Incroyable.
- Speaker #0
On a des vrais éthylotests. Sachez que c'est la première fois que je vais en faire un. Made in France. C'est fou. On va les ouvrir.
- Speaker #1
Ça,
- Speaker #2
c'est la partie ASMR du bonheur.
- Speaker #1
Pour le contexte, Aude sort d'un repas de famille, donc potentiellement, c'est elle qui aura le plus haut taux d'alcool.
- Speaker #0
C'est exactement ce que je me suis dit. En parallèle, c'est quoi, vous, votre rapport à l'alcool ? moi je bois beaucoup moins je bois très peu en réalité suite à des soucis de santé mais parce que c'est vrai que j'ai moins d'attirance vous c'est quoi votre rapport à l'alcool ?
- Speaker #1
moi je bois assez facilement en soirée j'ai une consommation d'alcool qui est assez mondaine je bois assez facilement en soirée je peux faire partie des gens qui se détendent avec un verre dans des situations sociales un peu stressantes quand je connais personne à une soirée, un mariage ce genre de choses, la petite coupe de champagne la petite bière qui permet d'étendre l'atmosphère ça me fait toujours du bien Mais je sais que je ne bois jamais outre mesure et il n'y a jamais de deuxième verre si je ne suis pas dans une safe place avec des gens que je connais et avec qui je me sens en sécurité. C'est vraiment un peu ma norme pour boire.
- Speaker #2
Oui, je comprends.
- Speaker #0
Et toi, Aude ?
- Speaker #2
Écoutez, aujourd'hui, moi, je bois rarement. Franchement, ça peut être un cocktail au restaurant, peut-être un peu plus en vacances ou pendant l'été. Je ne fais plus trop d'apéro plusieurs fois par semaine comme je pouvais le faire un peu plus jeune. Mais ça m'arrive encore de faire des soirées où là, je bois... Beaucoup d'un coup. En fait soit je bois pas, soit c'est une grosse soirée et alors là je prends un verre et puis on finit à 3h du matin et j'en ai bu 12 quoi.
- Speaker #0
C'est vraiment de mondialité. Alors sachez qu'on est en train de galérer à ouvrir.
- Speaker #1
Oui c'est très compliqué. Moi j'ai réussi à ouvrir le truc mais par contre je comprends pas les étapes d'après qu'est-ce qu'il faut que je fasse. En fait il faut réussir à retirer déjà le tube. Non mais ça c'est très simple par contre.
- Speaker #0
Vraiment.
- Speaker #1
Vas-y je te laisse faire Je m'en sors pas Il n'y a pas besoin de déchirer Regarde tu le sors par ici Ça s'ouvre au milieu Et en fait tu le fais glisser Ah oui c'était vraiment très très simple C'était Oui il n'y a pas besoin de D'accord Ensuite Ensuite il faut le presser Percuter en pressant les deux côtés A few moments later
- Speaker #0
Et pendant qu'on est en train de dégonfler,
- Speaker #2
je pense que si t'es vraiment bourré t'arrives pas à faire le test.
- Speaker #1
C'est peut-être ça le test. Moi c'est bon, donc je suis en train comme autre de dégonfler mon ballon. Et c'est vraiment... Alors le couillement, je sais pas si vous l'entendez, mais vraiment, on dirait un enfant qui essaye de gonfler un ballon, c'est-à-dire qu'il y a rien qui fonctionne.
- Speaker #2
Retirez le tube, vous devez constater un échauffement du tube, donc déjà c'est normal.
- Speaker #0
Moi c'est complètement raté parce que c'est pas du tout chaud. Alors attendez
- Speaker #2
Une fois, on a le tube dans la main. Moi, quand ça va sonner, les 3 minutes, il faudrait que je regarde la couleur des cristaux. Si c'est rouge, c'est positif. J'ai une alcoolémie supérieure ou égale à 0,25 mg par litre d'air.
- Speaker #0
Et c'est censé sonner comme un Tamagotchi ?
- Speaker #2
Non, pas du tout. Mais tu n'as pas... Je viens de le lire. Il n'écoute rien. Vous êtes tous témoins.
- Speaker #1
Aude a mis un petit timer. Et toi aussi, c'est rouge. Toi aussi, c'est rouge. Donc, j'ai mis un timer.
- Speaker #2
Il reste deux minutes, c'est long quand même.
- Speaker #0
C'est assez long. Alors du coup, reprenons. Moi, mon rapport à l'alcool, pour le coup, il a beaucoup changé. C'est vrai que quand j'étais surtout en école sup, pour le coup, les soirées étudiantes, etc., tu bois quand même pas mal. Et après, effectivement, moi j'ai eu des soucis de santé qui m'ont amené à de toute façon un peu arrêter la consommation d'alcool. Mais je me suis rendu compte que c'était un peu un prétexte parce qu'en fait, je n'aimais pas tant ça. que ça.
- Speaker #2
Je suis bien d'accord. Voilà.
- Speaker #0
Et aujourd'hui c'est devenu un peu un prétexte justement pour ne pas boire parce que ça reste encore un gros sujet de ah bon pourquoi tu ne bois pas ? Enfin tu peux pas ne pas boire sans qu'on te pose la question de...
- Speaker #2
Tu dois avoir une raison.
- Speaker #0
Voilà tu dois avoir un peu une raison.
- Speaker #1
Moi je sais que je suis un peu françoise de la française dans le sens où moi j'ai un vrai goût pour notamment le vin. J'ai appris à goûter le vin. Si vous voulez tout savoir, j'ai un beau frère qui travaille dans le vin, donc forcément j'ai un peu d'expertise. Et c'est vraiment quelque chose que j'apprécie beaucoup. C'est une boisson qui, gustativement, me plaît énormément. Donc c'est vrai que j'ai quand même ce truc-là sur l'alcool de... Ça reste quelque chose qui me plaît, ne serait-ce que gustativement, sans même parler des effets du côté fun, euphorique, tout ça, etc. Mais un bon verre de vin, moi, c'est quelque chose qui va me faire autant plaisir qu'une tablette de chocolat.
- Speaker #2
C'est vrai qu'aujourd'hui j'arrive à apprécier l'alcool mais alors je suis encore très difficile on va dire. J'ai trouvé quelques alcools qui me plaisent et pour le coup je les apprécie vraiment mais du coup j'en bois pas tant, c'est plutôt je prends un verre et je le déguste alors qu'avant c'est un peu quand t'es étudiant effectivement. Tu prends ce qu'il y a, tu bois ce qu'il y a, quitte à te boucher le nez.
- Speaker #0
Tu te fais les fameux Jägerbombe.
- Speaker #2
Les fameux cercueils aussi. Les cercueils. Ça, on en reparlera.
- Speaker #1
On est en train de donner des idées aux gens, ça ne va pas du tout.
- Speaker #0
Et votre première consommation d'alcool, petite question, elle a été familiale ou pas ?
- Speaker #1
Oula, toute première consommation d'alcool... Je pense que oui, parce qu'il y a très certainement le mariage d'un cousin de... Ah, ça sonne !
- Speaker #0
Désolé, on t'interrompt, mais priorité au direct,
- Speaker #1
exactement !
- Speaker #2
Regardez la couleur de vos cristaux ! Ben c'est blanc ! Eh bien moi aussi ! Je n'ai pas bu ce midi, tout le monde est déçu.
- Speaker #1
On est très déçus.
- Speaker #2
Ah,
- Speaker #0
donc c'est pour ça que ça ne marche pas ?
- Speaker #1
Ben t'aurais dû ! T'aurais dû nous dire qu'il fallait que quelqu'un picole avant de venir.
- Speaker #0
Non mais donc, me voilà rassuré, donc tout le monde est sain en tout cas.
- Speaker #2
On peut tous qu'on est en mesure de faire ce podcast avec vous.
- Speaker #1
On peut tous conduire, surtout Armand et moi qui n'avons pas le permis.
- Speaker #2
Voilà, sachant que vous attendiez que je boive, donc en gros on n'était pas dans la merde.
- Speaker #0
Nous sommes les Sam de ce podcast. Oui, donc du coup pour reprendre, moi je pose la question parce que j'ai eu ce qui a été, à mon avis, le cas de pas mal de personnes. La première fois que j'ai bu de l'alcool, c'était familialement, c'est le petit verre de vin qu'on te donne. Tu sais, c'est vraiment tout petit fond parce que la logique était celle de mes parents, que je peux comprendre. Je préfère que mon enfant découvre de l'alcool dans le cadre familial plutôt qu'en dehors et de manière inconsidérée.
- Speaker #2
Je pense que moi aussi c'était ça, mais alors plus pas vraiment de la consommation mais goûter. Dans les événements un peu familiaux, anniversaire, mariage, c'était « Ah, maman, tu bois quoi ? » Bon, ok, le petit doigt dans le champagne, mais pas plus.
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
exactement c'est vraiment l'alarme c'est marrant parce que moi j'ai un souvenir très clair de mes premiers cafés qui se sont passés comme ça où c'était vraiment tu fais un canard donc tu mets ton sucre dans le café de ta grand-mère pour goûter ça et en fait tu manges un carré de sucre mais alors pour l'alcool j'ai pas de souvenir hyper précis je pense vraiment que ça devait être un mariage ou quelque chose comme ça où il devait y avoir une bouteille de cidre sur la table des enfants ou un truc comme ça et à mon avis ça a dû être mon premier contact avec l'alcool Oui.
- Speaker #0
Il y a une vraie différence en tout cas qui s'est jouée à notre génération et puis celle pour le coup de nos parents, voire de nos grands-parents, parce que je pense qu'on a tous vu des documentaires à ce sujet ou alors on nous en a parlé directement. Mais c'est vrai qu'il y a encore quelques années, enfin plutôt quelques générations en arrière, il y avait encore le vin à la cantine, voilà jusqu'aux années 50 et 60 quand même en France. Il y avait le vin qui était consommé aussi car l'eau parfois était insalubre. Donc il y avait quand même un rapport à l'alcool qui était très différent d'aujourd'hui. des croyances aussi sur le fait que ça donnait aussi de la force. Est-ce que c'est des choses que vous avez entendues autour de vous ?
- Speaker #2
Pas tant sur le côté force. J'avoue que ça, c'est un truc que je découvre là avec toi. En revanche, j'ai beaucoup vu et entendu tout ce qui était un peu effectivement purification. C'est plus safe que de l'eau. On ne savait pas forcément si c'était de l'eau qui était saine. Et encore aujourd'hui, on entend des vieilles générations qui parlent de l'eau de vie qui purifie.
- Speaker #0
Tout est fait.
- Speaker #2
Et je pense notamment à l'épisode du Covid, où il y a carrément des reportages qui sont sortis qui montraient d'anciennes générations qui disaient, nous, on n'a pas eu de Covid parce qu'on a tout lavé à l'eau de vie. On se lavait les mains à l'eau de vie, on buvait de l'eau de vie tous les jours et on n'a pas eu de problème. Tu dis, d'accord.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai qu'on l'a aussi pas mal entendu. Et toi, Marie ?
- Speaker #1
Eh bien moi, je sais que dans ma famille, il y a toujours eu la tradition d'avoir du vin à table le dimanche pour les repas de famille, etc. Et sur les générations d'au-dessus, j'ai eu une arrière arrière grand-mère où il y avait un verre de vin tous les jours. C'était classique, c'était normal, c'était accepté, c'était comme ça. Même lorsqu'elle vivait seule, tout ça, vraiment, c'était très, vraiment très, très normalisé.
- Speaker #0
Oui. C'était vraiment une préconisation médicale. Moi, j'ai vraiment souvenir des médecins qui te disent, tu sais, le fameux petit verre de vin rouge à chaque repas. Pour le cœur. Exactement. Bon pour le cœur. C'est vrai. Oui, oui. L'air de rien. Il y avait quand même... Je n'ai jamais su si c'était vrai ou faux. C'est faux. Voilà, on est d'accord.
- Speaker #1
Laissez-moi vous dire aujourd'hui.
- Speaker #0
C'est faux. On est d'accord. Ça n'a aucun impact. C'est comme le régime couleur.
- Speaker #1
Exactement. On en parlait dans notre épisode sur le culte de la minceur. Exactement. C'est marrant parce qu'à côté de ça, de cette vraie normalité, surtout du vin, parce que... Moi je viens d'une famille qui est vraiment François la Française quoi, on s'y retrouve donc le vin était vraiment la norme de l'alcool à table et en parallèle de ça, j'avais quand même la préconisation inverse parce que moi j'ai été bercée au livre de la Comtesse de Ségur dans lesquels l'alcool c'est le mal, avec un grand M et un accent circonflexe sur le A si vous voulez.
- Speaker #0
Et pourtant je sais qu'à la même période, comme je disais, il devait sûrement y avoir du vin à la cantine.
- Speaker #1
Complètement. Complètement, le paradoxe était déjà assez incroyable.
- Speaker #0
Est-ce que ça vous choque ? C'est vrai que c'est la première fois que j'ai vu ça dans des reportages. Ça m'a complètement choqué. J'étais halluciné de l'histoire. Je crois que même encore maintenant, le coup du vin à la cantine me laisse complètement fasciné.
- Speaker #2
C'est vraiment hallucinant. Tu te dis qu'en fait, ils n'avaient pas du tout la même vision de ce qu'était l'alcool par rapport à nous aujourd'hui. En fait, c'était quelque chose de complètement naturel. C'est fait à base de fruits. Il n'y a pas de raison pour que ce soit mauvais.
- Speaker #1
Nous, on avait les petites briques de jus de fruits dans lesquelles tu devais planter ta paille. Ils avaient une bouteille de vin. C'est vraiment ça.
- Speaker #2
C'est ça. Et puis, en plus, c'était aussi des générations où tu buvais beaucoup par habitude. Tu vois, toi, tu dis, il y a toujours eu la bouteille de vin à table. Oui, complètement. Mais c'est le cas pour beaucoup de monde, pour beaucoup d'anciennes générations. Évidemment, à table, il y a du vin. Et du coup, je pense que ça passait aussi par là pour les cantines, pour les enfants. C'est-à-dire, oui, bon, c'est pas vraiment de l'alcool. En fait, il y a l'alcool haute vie. Là, c'est vraiment de l'alcool. Et puis après, t'as... T'as les boissons qui, oui, ok, ont un petit peu d'alcool, mais le vin, la bière... Oui,
- Speaker #1
c'est pas un cocktail, c'est pas une petite prune ou quelque chose comme ça.
- Speaker #0
Moi, j'avais entendu aussi un peu de bière dans les biberons des enfants parce que ça immunise.
- Speaker #2
Mais c'est fou.
- Speaker #0
Voilà, c'est complètement dingue.
- Speaker #2
Les croyances qu'il pouvait y avoir à l'époque... Donc ouais, on buvait beaucoup par habitude. Et je pense par exemple à mon arrière-grand-père qui travaillait dans la mine. Quand il rentrait du boulot... c'était un peu les générations qui rentrent qui sortent leur bouteille d'alcool fort et puis qui restent un peu dans leur coin et lui et toute sa génération pouvaient avoir ces habitudes là en fait c'est même pas une consommation qui réfléchit c'est un automatisme on est dans l'ordre de l'habitude à ce stade là exactement et puis il y avait énormément de publicité comme tu disais pour promouvoir l'alcool je pense notamment aux bouteilles Ricard, peut-être que c'est une info que vous connaissez déjà
- Speaker #1
Le Ricard, ça fait partie des marques qui ont la plus grosse identité de marque sur le domaine de l'alcool en France.
- Speaker #2
Au début, quand ils ont sorti les bouteilles Ricard, ils mettaient une pièce entre le goulot de la bouteille et la capsule, ce qui constituait le premier pourboire des serveurs. Et en fait, les serveurs te proposaient de prendre ça. Comme ça, eux, c'est eux qui récupéraient cette fameuse pièce. C'est une technique qui a été utilisée justement pour faire connaître la marque et un peu envahir le marché.
- Speaker #0
Mais Ricard, je... Encore aujourd'hui, j'ai l'impression qu'il y a quand même beaucoup de polémiques qui en ressortent. Il y a quelques années, on avait entendu parler aussi des cadres ou de ceux qui démarchaient en tout cas et qui buvaient des Ricards à chaque fois. Parce que forcément, quand tu vas démarcher des entreprises, tu fais goûter le produit. Et il y avait un gros sujet d'alcoolisme au sein de la société à cause de ça.
- Speaker #2
Aujourd'hui, les anciennes générations ont gardé les mêmes habitudes, mais elles ne tolèrent pas du tout d'être traitées d'alcooliques ou de parler d'alcoolisme. Parce que c'est culturel. Aujourd'hui, l'alcoolisme est considéré à partir de deux verres par jour, que ce soit homme ou femme. Mais les générations d'avant ne buvaient pas d'eau quasiment. Donc à l'époque, l'alcoolique, c'est un peu le cliché de l'homme ivre en permanence, qui rate sa vie, qui a plus de travail. Être comparé à ça aujourd'hui, c'est inacceptable pour la plupart des gens de cette fameuse génération. Alors que selon nos nouvelles normes, ils boivent trop.
- Speaker #0
Et c'est beaucoup plus... caché je pense aujourd'hui parce qu'on a beaucoup plus un souci de l'image on est quand même une génération de l'image, on fait beaucoup plus attention et aujourd'hui effectivement on est très très loin de cette image là, moi je pense à Jérémy Ferrari qui a avoué avoir eu des gros soucis d'alcoolisme, d'addiction contre lequel il se bat encore aujourd'hui, s'il n'en avait pas parlé on ne serait jamais douté qu'il était en proie à tous ces démons liés à l'alcool alors moi j'ai quelques
- Speaker #2
petit chiffre pour vous, parce que vous savez que j'adore les chiffres, c'est un peu ma spécialité.
- Speaker #1
C'est la minute chiffre de Aude.
- Speaker #2
On va te faire un jingle,
- Speaker #1
c'est sûr.
- Speaker #2
J'apprécierais, merci. Je vais y travailler. Alors sachez qu'en 1976, il y a 21 000 personnes qui sont mortes des suites d'un alcoolisme. Environ un quart des accidents du travail sont liés à l'alcoolisme de la victime et environ 40% des internés en psychiatrie le sont pour psychose alcoolique.
- Speaker #0
C'est chaud.
- Speaker #2
À l'époque, on estime à peu près entre 2 et 3 millions de Français qui sont alcooliques.
- Speaker #1
C'est énorme.
- Speaker #0
C'est impressionnant.
- Speaker #2
Donc il n'y a pas tant de temps que ça non plus. Enfin, c'était il y a 50 ans quand même.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #2
Et aujourd'hui, le seuil d'alcoolémie... Il est à 0,25 mg par litre d'air,
- Speaker #0
d'après ce que je lis sur l'alco-test, l'éthylotest qu'on a fait. Eh bien,
- Speaker #2
sachez qu'en 1983, il était à 1,2 g par litre.
- Speaker #1
C'est vraiment genre 5 fois plus.
- Speaker #2
Voilà, on pouvait mourir à tout moment sur les routes.
- Speaker #0
Non mais tu m'étonnes qu'il y avait aussi des problèmes cardiaques qui ont découlé.
- Speaker #2
Absolument. Et donc, sachez aussi que boire de l'alcool, ce n'est pas nouveau. Parce qu'au XIXe siècle... un pharmacologue berlinois qui s'appelle Lewis Levin a écrit la première classification scientifique des drogues et dans ce fameux ouvrage il explique que la première consommation d'alcool répertoriée débute à la préhistoire ça m'étonne pas une seule seconde quand je vois déjà tout ce qu'on sait sur les civilisations grecques et romaines,
- Speaker #1
notamment justement de la consommation d'alcool et de substances hallucinogènes ça m'étonne pas une seule seconde que ça data encore avant.
- Speaker #2
Elle va s'agir que l'humain aurait consommé consciemment et pour leur effet, des boissons alcoolisées préparées à l'époque à base de fruits sucrés, de miel, de céréales, de sève de certains arbres et de lait.
- Speaker #0
Et puis avec le crise qui a multiplié le pain et le vin, ça n'aidait pas beaucoup.
- Speaker #2
Oui, mais ça, c'était pas la préhistoire. Il n'est pas fort en histoire et en date.
- Speaker #1
En revanche, je veux savoir si les dinosaures buvaient de l'alcool aussi ou pas. C'est très important.
- Speaker #0
Je ne suis pas sûr. On pourra se renseigner, mais je ne suis pas sûr.
- Speaker #1
Peut-être les herbivores avec les fruits qui avaient commencé à pourrir sur le sol. Non, mais c'est sûr que... très probablement les premières consommations d'alcool ça devait venir de quelque chose qui avait fermenté dans l'estomac d'un animal mort. Moi ça me paraîtrait extrêmement probable.
- Speaker #2
Les premières fois étaient probablement accidentelles et puis après ils ont recherché et retrouvé cet effet enivrant.
- Speaker #0
Mais sur quel accident est-ce que tu te bases pour découvrir de l'alcool ? C'est quand même une bonne question.
- Speaker #2
Des fruits qui sont trop mûrs et qui ont commencé à macérer.
- Speaker #0
Et donc le premier homme préhistorique a fini complètement boé.
- Speaker #2
Combien de boé ?
- Speaker #1
Tu crois que c'était incroyable, on refait pareil ?
- Speaker #0
Mais justement, ça c'est un vrai sujet, c'est incroyable, c'est souvent lié à quelque chose de festif, de joyeux, de drôle, alors que ça reste quand même un produit dangereux, ça reste un produit addictif. Il y a cette prise de conscience, je trouve qu'on a à notre génération, depuis les années 2000 en tout cas, qui est assez présente, mais en même temps les excès continuent. Je pense qu'on en a tous fait les frais, ou en tout cas on en a tous fait face en soirée étudiante. C'est quand même quelque chose qu'on a tous dû vivre. Et puis on a tous connu quand même autour de nous le « il tient bien l'alcool » . Comme un compliment. Exactement. C'était presque un super pouvoir. Exactement. Et c'est fou parce qu'à la fois on est très éloigné de cette image d'alcoolique des années 50-60 et en même temps notre consommation a sûrement diminué. Mais quand on consomme, on consomme de manière à mon avis beaucoup plus excessive.
- Speaker #2
Oui et puis pas du tout pour les mêmes raisons. parce que c'est vrai que Avant, l'alcool n'était pas aussi festif, c'était plus une question d'habitude, alors que là maintenant, tu parles de toutes les soirées étudiantes. Moi, j'étais en école de commerce. Je peux vous dire que la quantité d'alcool consommée, et puis pas de qualité. On est vraiment ras des pâquerettes. Est-ce que ça tâche ? Oui, c'est parti. C'était compliqué. Sachez que moi, quand j'étais plus jeune, j'ai eu une période pendant laquelle je buvais beaucoup, vers mes 15-16 ans. alors pas boire seule chez soi c'était vraiment les vacances l'été En fait, j'étais la plus petite de mon groupe de copains. Donc, j'étais la seule qui était mineure. Et c'était génial de traîner avec des grands à l'époque. Je les suivais un petit peu partout dans les soirées. Je faisais comme eux. Et c'est vrai qu'ils se mettaient vraiment des grosses caisses. Et donc, moi, je me suis mise à me mettre des grosses caisses avec eux. Donc, très mauvaise idée. Je ne vous conseille pas du tout de faire ça.
- Speaker #1
On a testé pour vous.
- Speaker #0
Pour s'intégrer.
- Speaker #2
Pour m'intégrer. Puis aussi parce que tu fais un peu comme tout le monde. Et puis, c'est marrant. Franchement, c'est marrant. Et puis, à l'époque, je buvais des trucs. Aujourd'hui qui me donne une migraine rien que d'y penser par exemple du passoire, de la manzana, des choses comme ça. Bon ça va vous faire remonter des souvenirs particulièrement désagréables et je m'en excuse.
- Speaker #0
C'est vraiment des alcools de 20 ans effectivement, jamais de ta vie tu ne consommes pas après.
- Speaker #2
C'est des alcools, en fait c'est méga sucré, ça cache un peu le goût de l'alcool et il y a ce côté bon allez c'est un peu dégueu mais c'est moins pire que se faire un whisky. Donc on boit ça pour chercher l'effet et à l'époque j'ai eu une énorme gueule de bois parce que... Je parlais des cercueils tout à l'heure, peut-être que vous ne savez pas ce que c'est. C'est clairement la pire chose à faire en soirée, c'est-à-dire que tu prends tous les fonds de bouteilles des alcools qui traînent, tu mets ça dans un saladier et tu bois ça. Voilà, donc en général c'était suivi...
- Speaker #1
Tu peux rajouter des glaçons ou...
- Speaker #2
Si tu veux, au point où tu en es, tu pourrais rajouter du gasoil, tu verrais pas trop la différence. Et en fait, en soirée, une fameuse soirée, je me suis retrouvée avec la personne qui devait boire le cercueil. Je rappelle que je devais avoir peut-être 16 ans, allez 17 grand max, et j'ai eu la plus grosse gueule de bois de ma vie, ça a été atroce, j'ai cru que j'allais décéder. Donc ça m'a calmée et j'ai pas bu pendant des années. Après ça, j'ai pas touché un verre, même pas un demi de bière que d'elle, parce que ça m'a un peu traumatisée. Et donc j'ai fait mes premières années d'école de commerce, sobre.
- Speaker #0
Et ça c'est fort en école de commerce Et c'est très fort
- Speaker #2
Mais alors sachez que j'ai quand même obtenu le respect de mes pères En expliquant que si je ne buvais pas C'était parce que j'avais une trop grosse gueule de bois Et alors là c'était un peu comme si on me donnait un badge Ok c'est bon, t'as été badass T'as ta petite étiquette,
- Speaker #0
tu as le droit C'est fou quand même, c'est fou le rapport qu'on en a C'est vu comme effectivement quelque chose de festif De joyeux, beaucoup de gens d'ailleurs Disent ne pas être capable de passer une bonne soirée S'ils ne boivent pas pas d'alcool, ce que moi je trouve complètement hallucinant. Et en fait, c'est le côté aussi désinhibant qui aide beaucoup de personnes timides à pouvoir passer une bonne soirée.
- Speaker #1
Alors c'est marrant parce que moi aussi, mes premières années d'études, j'étais complètement sobre pour une raison extrêmement différente, c'est que j'ai commencé à vraiment consommer de l'alcool d'un point de vue personnel vers mes 20-21 ans, pas avant. J'aimais pas ça, première chose. Vraiment, le truc qui circulait, c'était la bière. Là, c'est hyper amer, c'est dégueu. Pourquoi est-ce que vous essayez de me faire boire ça ? Donnez-moi... Un jus de fruits, un coca, que sais-je. Et donc, j'ai pas du tout bu au début. Et moi, du coup, mon premier rapport avec les grosses soirées comme ça, c'était tenir les cheveux des copines dans la rue. C'était vraiment des expériences trop cool.
- Speaker #2
On a sauvé des gens.
- Speaker #1
Voilà, exactement. Et moi, un de mes plus grands traumatismes, j'étais à une soirée d'anniversaire. Je faisais vraiment partie de ceux qui avaient le moins bu. J'avais dû boire deux verres de vin ou quelque chose comme ça. Et en fait, il y a eu un accident. On dansait. Il y a une fille qui s'est ouverte l'arcade sourcilière sur un coin de radiateur. C'était même pas un accident lié à l'alcool. C'était vraiment juste, tu danses et tu fais pas gaffe à ce qu'il y a autour de toi. On a donc dû appeler les pompiers parce qu'une arcade sourcilière ouverte, ça se recoue. Ça s'envoie donc à l'hôpital. Et une des premières questions, c'est moi qui les ai appelées. Une des premières questions qu'ils m'ont posées, c'est est-ce que vous avez bu ? Et j'ai dû répondre oui. Et j'ai été traumatisée de cet instant. je sais pas ça m'a culpabilité immédiate tu t'es dit non un adulte responsable m'a grillé exactement et j'ai vraiment eu ce truc de oh mon dieu mais c'est horrible l'alcool fait des ravages peut-être qu'on va tous mourir vraiment le truc qui m'a atteint de plein fouet c'était horrible comme expérience moi j'ai eu aussi un
- Speaker #0
peu un coup une claque comme ça dans la figure pareil c'était une soirée dans un appartement avec des amis et en fait il y en avait un qui avait bu avant la soirée pour certaines raisons et qu'on a appris après et qui était effectivement complètement éméché pour rester correct il va falloir trouver d'autres synonymes et en fait du coup on a dû appeler les pompiers et en fait moi j'étais sobre parce que du coup déjà à ce moment là je ne buvais plus d'alcool et c'est vrai que j'attendais les pompiers avec lui et je me suis dit mais c'est quand même fou c'est à dire qu'en fait là on est en train de mobiliser les pompiers pour juste quelqu'un qui a juste trop bu alors qu'en fait il y a peut-être quelqu'un qui est réellement en danger et c'est vrai que ça m'a fait un énorme déclic de me dire mais en fait c'est quand même pas normal en fait de... de ne pas être capable de se contrôler, d'appeler les pompiers pour ça, alors que ça se trouve, les pompiers ont déjà d'autres choses à traiter. Et ça a été un peu aussi un déclencheur là-dessus pour moi.
- Speaker #2
C'est vrai que c'est assez connu que dans les très grosses soirées étudiantes, ils mobilisent aussi des secours sur place, parce qu'ils savent qu'il va y avoir des dérives et que les jeunes vont trop boire. Ça va partir en live et du coup, tu as une ambulance sur le côté, au cas où.
- Speaker #0
Oui, et puis après, on a grandi aussi dans ce contexte-là, parce qu'effectivement, on... Nous, on a forcément des amis qui sont notamment passés par des écoles de commerce ou des écoles de médecine. Il faut voir comme les soirées d'écoles de médecine sont décrites comme légendaires. Parce que justement, il y a tous les produits illicites qui circulent. Il y a de l'alcool à foison. Et en fait, c'est là où tu te dis, il y a quand même un énorme paradoxe. C'est-à-dire que comme c'est les premiers échos que tu as de la vie étudiante, tu te dis que c'est forcément ça. Donc, c'est vu comme cool. Et donc, il y a aussi plein d'écoles qui, derrière, ne sont pas du tout des écoles de médecine. Ce sont des écoles privées. mais qui veulent adapter ça comme si c'était une caution de regarder nous aussi, on va être aussi cool en termes de vie étudiante. Et vie étudiante est liée à consommation d'alcool avec excès.
- Speaker #2
Clairement, ça me fait penser à mon WAY, mon week-end d'intégration à l'époque. Je rappelle, j'ai fait ça sobre. C'était clairement la recherche du toujours plus. On n'était pas dans la demi-mesure. Je me rappelle à l'époque, c'était sur un week-end de... Allez, on va dire un jour et demi, parce que t'es là deux jours, mais en réalité le temps d'arriver et puis le temps de partir, bon voilà. Il y avait 500 litres de vodka, 500 litres de whisky et 6000 litres de bière.
- Speaker #0
Et 2 litres d'eau.
- Speaker #2
On était 250. Donc, pour vous donner une idée, ça fait environ 24 litres de bière et 4 litres d'alcool à plus de 40 degrés par personne en deux jours. Et dites-vous qu'au bout d'un jour et demi, il n'y avait vraiment plus rien, quoi.
- Speaker #0
Mais je pense même que s'ils n'avaient pas commandé tout ça, ça aurait été vu comme décevant.
- Speaker #2
Oui,
- Speaker #0
c'est ça. C'est vraiment tout un système. C'est-à-dire que ça aurait été vu comme décevant. Et puis aussi parce qu'on voyait la consommation d'alcool de manière cool ailleurs. Moi, j'ai en tête les recettes pompettes avec Monsieur Poulpe sur YouTube. C'était quand même vachement fun. On va faire une interview bourrée de quelqu'un de célèbre, notamment Stéphane Bern. Ça, j'avoue, c'était une très bonne idée.
- Speaker #1
Stéphane Bern, c'est toujours une très bonne idée.
- Speaker #0
Mais n'empêche que c'était vu de manière cool. C'est ça qui est fou. On a grandi avec cette image effectivement loin. de l'alcoolisme, mais c'est cool. Et c'est là où, à mon avis, ça pose un certain problème.
- Speaker #2
C'est vrai qu'il y a tout le côté où l'alcool, ça désinhibe. Donc, à la fois, il y a des choses qui sont quand même drôles qui se passent. On peut créer des jeux d'alcool aussi. Donc, ça permet à la fois d'occuper les soirées et puis de mieux se connaître. Parce que c'est vrai que parfois, tu démarres une soirée, tu ne connais pas grand monde. Bon, t'inquiète pas, à la fin de la soirée, tout le monde connaît tes secrets les plus intimes. Tout le monde est ton meilleur pote. T'as bien joué.
- Speaker #0
Piccolo a explosé à ce moment-là,
- Speaker #1
l'application Piccolo. Et c'était pas la seule, il y avait plein d'autres applications de jeux à boire.
- Speaker #2
Il y en a énormément. Et puis pour être honnête, quand il y a de l'alcool qui est impliqué, il y a toujours des conneries qui se passent, mais en tout cas quand il y a un certain niveau d'alcool qui est impliqué, et ça fait aussi les souvenirs les plus drôles. C'est ça qui fait qu'on continue.
- Speaker #0
Oui, mais c'est ça le problème, c'est que c'est à nouveau lié au côté drôle et fun, et en fait on oublie que c'est quand même un produit addictif, c'est quand même dangereux pour la santé. Et il y a ce côté effectivement où c'est compliqué aujourd'hui, quand tu dis que tu ne consommes pas d'alcool, tu n'es pas drôle.
- Speaker #2
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Oui, il y a ce côté où du coup tu sais pas te lâcher, tu sais pas profiter.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Et c'est qu'en fait t'es complètement désinhibé à partir d'une certaine consommation d'alcool. Et donc forcément c'est comme si tu disais aux autres moi je ne suis pas prêt à me lâcher complètement comme c'est le cas chez vous. Exactement. Et les personnes en face le prennent mal. Exactement. Elles le prennent personnellement.
- Speaker #1
Ouais, t'es pas drôle et je vais aller voir quelqu'un d'autre qui est comme moi et qui lui boit de l'alcool.
- Speaker #2
Oui c'est marrant parce que tout le monde en fait très vite une affaire personnelle. Les gens sont très vite en mode... ah tu prends un jus de fruits,
- Speaker #1
t'es en train de boire un verre en terrasse tu commandes ton coca ou quoi que ce soit ah tu veux pas d'alcool en quoi ça te dérange toi personnellement c'est un affront à ta religion je pense que c'est un affront à mon avis aussi au côté moralisateur qui en sort c'est à dire en fait du coup je suis un miroir de ah du coup moi je passe pour un alcoolique parce que je bois et pas toi et je pense que aussi c'est ce côté là qui est fui aussi dans ce genre de situation tu te sens mieux que moi c'est ça ? et donc je vais aller voir quelqu'un d'autre qui boit parce que lui au moins ne pourra pas me faire de remarques sur le fait que je bois
- Speaker #0
Mais c'est fou que ce soit mal vu de ne pas boire alors que c'est vrai que si t'es une fille c'est toléré si t'es enceinte et à la fois boire seule c'est triste, on le juge donc en fait c'est un peu comme si l'alcool était toléré que dans certaines conditions très précises si tu peux pas boire tout seul chez toi parce que sinon t'es une personne un petit peu ratée, t'as un problème mais si tu bois pas en soirée avec les autres t'es quelqu'un de chiant,
- Speaker #2
donc en fait tu dois boire avec les autres Il y a vraiment une liste de conditions derrière la consommation d'alcool qui est quand même assez effrayante en fait quand tu regardes
- Speaker #1
Mais vous, est-ce que du coup, vous avez déjà senti cette pression-là face à ça, face à consommer ? Et est-ce qu'aujourd'hui encore, la consommation d'alcool que vous avez, c'est par plaisir ou c'est finalement aussi un peu une pression sociale ?
- Speaker #0
Aujourd'hui, du coup, je ne bois que ce qui me plaît vraiment. Donc je ne bois plus grand-chose parce qu'en plus, les alcools que j'aime sont des alcools ultra spécifiques qu'on ne peut trouver nulle part.
- Speaker #1
Comme ?
- Speaker #0
Comme le Moscato d'Asti, qui est un vin italien pétillant, que j'adore et il n'est pas disponible même dans certaines trattoria. Ou alors le Umeshu, qui est une liqueur de prunes japonaises. Ouais, je suis une connasse.
- Speaker #1
Aude ne fait pas ses courses au Franprix, vous l'aurez compris.
- Speaker #0
En fait, c'est juste que je ne suis pas une grande fan d'alcool. J'ai testé beaucoup de choses quand j'étais plus jeune et c'était vraiment du social. Parce qu'il y avait des choses, il fallait trouver. Bon, je buvais un peu ce qu'il y avait. Et en plus, quand t'es plus jeune, t'as moins de moyens. Donc tu bois aussi des trucs un peu cheap, une bouteille de vodka à 20 balles. Bon bah oui, elle va taper avant même que tu rentres chez toi. Ça va être très compliqué. Donc j'ai pas aimé l'alcool avant longtemps. Et j'ai aimé l'alcool quand j'ai fait des dégustations plus en voyage. Et y'a pas grand chose que j'ai aimé. Mais du coup, ce que j'ai aimé, c'est... pas des choses de chez nous.
- Speaker #1
Donc, forcément, tu limites ta consommation.
- Speaker #0
Je limite ma consommation, voilà. Par défaut. Alors que moi, je sais que lorsque j'étais...
- Speaker #2
Moi, j'ai pas trop eu l'impression de ressentir la pression sociale parce que j'ai souvent été la meuf coincée du groupe. Et du coup, j'étais la caution meuf coincée. Donc, on me laissait un peu tranquille. On m'a jamais poussée à boire à outrance ou quoi que ce soit.
- Speaker #0
C'est normal, elle boit pas, elle est chiante. Mais tout le monde le sait.
- Speaker #2
Mais c'était vraiment ça. J'étais vraiment cette...
- Speaker #1
cette meuf là parfois ça vaut le coup d'être considérée comme chiante pour qu'on vous laisse tranquille exactement ça c'est vraiment ce que j'ai marqué sur mes notes genre presque mot pour mot encore faut-il avoir la confiance en soi de justement à être accepté effectivement que ça nous coule dessus le côté effectivement bah oui je suis chiant mais au moins ça nous coule dessus Armand comme de l'alcool de l'alcool exactement qui coule à flot et
- Speaker #2
du coup j'ai vraiment pas trop eu l'impression de devoir boire face à une pression sociale et je sais qu'aujourd'hui je ne bois que dans des circonstances qui me conviennent j'ai aucun scrupule à Euh... À table, prendre un verre d'eau au lieu d'un verre de vin. En terrasse, prendre un soda à la place d'une bière ou quoi que ce soit. Après, c'est vrai que moi, j'aime bien la bière, j'aime bien certaines bières, j'aime bien le vin, j'aime bien beaucoup de vin. J'aime moins les alcools forts. C'est moins mon truc. Mais en tout cas, vin et bière, c'est toujours une consommation plaisir pour moi.
- Speaker #0
C'est vrai qu'on peut vite arriver à des dérives par habitude. Moi, j'ai eu pas mal d'amis qui buvaient beaucoup en école de commerce. Et en fait c'est très insidieux parce que tu bois un peu pour rire et puis en soirée, puis tu fais beaucoup de soirées, puis après ça devient un peu un réflexe. Et j'ai souvenir d'un de mes amis, à chaque fois qu'il rentrait de soirée, ça va être dégueu, attention, trigger warning, il vomit, il vomissait vers fluo. Et en fait, on a appris qu'il avait fait une intoxication alcoolique, et donc à chaque fois qu'il buvait de l'alcool, il vomissait vers fluo.
- Speaker #1
C'est à la fois, effectivement... dégoûtant et fascinant.
- Speaker #0
Je vais quand même vous le raconter, parce que même si c'est dégueu, c'est un peu marrant. C'est pas marrant, mais c'est un peu marrant quand même.
- Speaker #1
Merde,
- Speaker #0
elle n'a pas compris le principe même. Sachez qu'on a des écrits d'hypocrates qui racontent ces gueules de bois. C'est quand même très marrant, et c'est hyper intéressant de lire les dérives liées à l'alcool chez lui, ou même chez Hérodote, ou Pline, et j'en passe. Parce qu'à partir du moment où quelque chose existe, évidemment, il y a des abus. Et j'ai envie de vous partager une... petite anecdote. Alors c'est plus... C'est plus une anecdote historique que fun qui me concerne. Je voudrais vous lire un petit extrait d'un article que j'ai trouvé sur l'alcoolisme et les définitions de l'alcoolisme. J'ai hâte. Sachez que le 25 décembre 1871 se réunit à l'Académie de médecine de Paris une première ligue contre l'alcoolisme qui se nommera successivement Association française contre l'abus des boissons alcooliques, Société française de tempérance, Ligue Nationale contre l'Alcoolisme, Comité National de Défense contre l'Alcoolisme. Voilà, donc ça fait un moment quand même qu'on essaie de combattre ce fléau et on n'y arrive toujours pas.
- Speaker #1
Oui, alors cela dit, on y arrive un petit peu. C'est-à-dire qu'il y a quand même beaucoup d'articles qui parlent d'une baisse de la consommation de manière générale et même auprès des jeunes. Moi, ce qui me fascine à chaque fois, c'est la façon dont c'est formulé. C'est les jeunes boivent moins qu'avant. Et je me dis, mais pourquoi ce moins ? C'est-à-dire quoi ? C'est-à-dire qu'on est en dessous d'une certaine limite, en dessous d'une certaine norme. pourquoi est-ce que c'est pas présenté comme tant mieux la consommation baisse et ce truc de tiens c'est bizarre les jeunes consomment moins et ça devrait pas être ils devraient consommer plus c'est vrai que je trouve que médiatiquement il y a aussi un gros sujet et on le voit d'ailleurs aussi on l'a vu avec Artus dans quelle époque avec Léa Salamé où il expliquait qu'il ne buvait pas d'alcool et Léa Salamé lui a dit en rigolant oui vous êtes chiant quoi mais en fait c'est assez... mais c'est très révélateur en fait elle a voulu faire une vanne mais c'est très très révélateur et c'est quand même chaud sur le service public, j'ai l'impression d'être Nicolas Sarkozy quelle indignité sur le service public effectivement d'avoir une prestatrice qui dit ouais vous êtes chiant parce que vous consommez pas d'alcool c'est quand même et ça montre à quel point effectivement le sujet est ancré dans la société. C'est très révélateur et en même temps je pense que cette baisse de la consommation à notre génération elle est aussi due au fait qu'on soit une génération d'images on est la génération des réseaux sociaux on poste beaucoup de choses, on partage beaucoup de choses beaucoup de choses, le lien est beaucoup plus ténu entre notre vie publique et notre vie privée on sait que maintenant avec des téléphones on peut tout filmer, on a des vidéos de nous, des photos de nous qui peuvent tourner donc je pense qu'on fait beaucoup plus attention à notre image et donc ça implique aussi à mon avis un contrôle de soi qui est à mon avis beaucoup plus important où on ne veut pas perdre le contrôle même de manière générale et je pense que effectivement l'alcool a cette image effectivement logiquement de perdre le contrôle donc on consomme moins pour garder le contrôle de la situation Merci.
- Speaker #0
Je suis d'accord avec toi et je pense qu'il y a plusieurs aspects aussi à prendre en compte. Déjà, il y a toujours eu une volonté de la jeunesse de s'éloigner des habitudes des anciennes générations. Donc les habitudes du vin à table, etc. C'est quelque chose que je retrouve beaucoup moins aujourd'hui chez les personnes qui m'entourent. Et même quand je regarde la génération de mes sœurs, leurs amis, etc. C'est moins commun qu'avant, on va dire. Il y a aussi un aspect financier, parce que les jeunes ont de moins en moins de moyens. La vie coûte de plus en plus cher. Donc ce qui est de l'ordre du plaisir devient aussi occasionnel. Et ensuite, les nouvelles générations, la Gen Z, après, je ne sais pas si ils ont l'âge déjà, je suis un peu vieille, donc si ça se trouve, oui.
- Speaker #2
Si t'es née dans les années 2000, tu as l'âge de voir. Voilà.
- Speaker #0
Donc ils consomment quand même de l'alcool. C'est pas arrêté définitivement, mais ils ont été beaucoup plus sensibilisés aux dérives. Parce qu'avant, il y avait peut-être des études en cours, mais les résultats sortaient pas, ils n'étaient pas médiatisés. Aujourd'hui, on a très facilement accès à l'information sur ce qui provoque... tel ou tel problème, maladie, etc. Donc il y a à la fois l'aspect où ils savent très bien ce qui va arriver, donc ils ont moins envie de se projeter sur des choses comme ça. Et puis, est-ce que vous vous rappelez aussi de la pub Sam ?
- Speaker #1
Celui qui conduit, c'est celui qui ne boit pas ? Exactement,
- Speaker #0
si t'as pas le Sam, t'as le SEM.
- Speaker #1
Bien sûr !
- Speaker #0
Parce que ça, on s'en est beaucoup moqué, mais c'est resté.
- Speaker #2
Bien sûr !
- Speaker #0
Et moi aujourd'hui, il y a plein de gens qui me disent « Allez, c'est moi qui fais le Sam ce soir ! » C'est vrai ! Systématiquement, c'est devenu une appellation.
- Speaker #1
Mais tout le temps !
- Speaker #2
toutes les soirées il y a et c'est effectivement ce terme qui est encore utilisé c'est je suis le Sam de la soirée je ne bois pas ça c'est vrai c'est rentré dans le langage courant c'est une vraie réussite non mais c'est très simple moi j'ai un mariage ce week-end on n'a pas encore décidé qui était le Sam mais c'est un débat qui est en cours c'est quelque chose où on est tous en mode il faut qu'il y ait un Sam pour cette soirée et c'est nommé comme ça c'est pas juste c'est la personne qui ne boira pas c'est tu es le Sam de la soirée on cherche pas un conducteur on cherche un Sam et
- Speaker #0
à l'époque c'est quelque chose qui n'existait pas c'est arrivé à notre génération et du coup c'est resté et les nouvelles générations elles ont aussi ça en tête. Donc, pareil, en fait, elles boivent moins, parce qu'en fait, elles ont été responsabilisées, elles ont été sensibilisées. Et maintenant, la consommation, elle est beaucoup plus réfléchie.
- Speaker #1
Oui. Et moi je suis vraiment un Sam nul parce que je ne bois pas, mais j'ai pas le permis non plus.
- Speaker #0
C'est juste un boulet en fait. Je suis vraiment un anti-Sam parfait, je bois et je bois le permis, donc qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Moi ce que je trouve assez fascinant aussi, c'est que quand on parle de nouvelle génération,
- Speaker #2
pour moi c'est aussi la génération qui a grandi avec, attention, terme d'histoire géo, la mondialisation ! Oui, oh là là, je suis en cours là ! C'est fou hein ! Et en fait, je pense principalement à l'influence nord-américaine, états-unienne en... Plus spécifiquement, parce que les États-Unis, c'est un pays qui a un rapport à l'alcool qui est quand même très compliqué. Ils ont eu la prohibition jusque dans les années 30. et puis tous les États du Sud qui ont ce côté très bien pensant, très tempérance, etc. Et donc il y a encore des vrais tabous autour de la consommation d'alcool qui sont passés dans la culture internationale via l'ouverture des États-Unis au monde avec la mondialisation. Et je pense notamment à la représentation de l'alcoolisme dans énormément de séries et de films. Citez-moi une série de plus de cinq saisons dans laquelle il n'y a pas un personnage alcoolique qui va faire un tour chez les alcooliques anonymes ou qui va... avoir un problème ou qui va devoir partir en désintox. Tout le monde a ça, genre Grey's Anatomy là, toutes les séries sur des pompiers, il y a forcément un capitaine qui boit, il y a systématiquement quelque chose comme ça. C'est devenu une représentation hyper normée dans tous les formats de pop culture.
- Speaker #0
Je suis en train de réfléchir, mais...
- Speaker #1
Moi, même dans des séries historiques comme The Gilded Age, dans la dernière saison, il y a tout un arc narratif autour justement des cercles de tempérance et de l'impact de l'alcool. Donc c'est même intégré dans ce genre de séries.
- Speaker #0
Il y a des trucs comme ça dans How I Met ou dans New Girl ? Parce que franchement, ça ne me dit rien.
- Speaker #2
Dans How I Met, il y a des trucs sur... Alors, How I Met, c'est un peu plus centré sur le fait qu'il mange des sandwiches, c'est-à-dire qu'il fume des gros joints. C'est vrai, c'est vrai. Donc on est plus sur le côté drogue que sur le côté alcool. Et dans Friends,
- Speaker #0
c'est la cigarette avec Chandler, ça y est, je me rappelle. Oui, et dans Friends, il y a quelque chose d'autre. C'est des addictions au global, en fait.
- Speaker #2
Et dans Friends, il y a quelque chose d'autre. Il y a Fun Bobby, qui est un des copains de Monica dans les premières saisons. Et en fait... On découvre que Fun Bobby, il n'est pas fun lorsqu'il est sobre. Il est fun que quand il est bourré, sauf que comme il est bourré tout le temps, on ne s'en était pas rendu compte. C'est traité.
- Speaker #0
C'est vrai qu'il y a une scène où ils comptent chacun les verres de vin qu'ils ont bu, et ils se rendent compte du nombre de bouteilles ouvertes, et ils disent « les calculs ne sont pas bons, Kevin » .
- Speaker #1
Ils disent littéralement ça.
- Speaker #0
En français dans le texte.
- Speaker #2
C'est d'ailleurs Aude qui a écrit le doublage de cette scène. Absolument. et qui la double vous pourrez réécouter cette scène vous verrez elle est vous reconnaîtrez sa voix et donc ils ont ce truc de ah mais en fait c'est Fun Bobby qui a vidé toutes les bouteilles à lui tout seul et après ils font le point ils sont là c'est marrant t'as remarqué comme toutes ces anecdotes commencent par j'étais en train de boire un verre ou bien ah j'étais complètement bourrée ou bien et puis après il y a Monica qui est là mais c'est marrant parce qu'en fait je me rends compte que c'est juste que on est toujours dans des situations sociales où tu dois boire comment tu fais pour ne pas boire si tu vas à une dégustation de vin au resto et là elle bug elle fait Au zoo ?
- Speaker #0
Là ? Mais c'est vrai que d'ailleurs, après, quand ils enchaînent, c'est Monica qui se met à boire pour supporter du coup le caractère complètement chiant, disons-le, de pas fun Bobby, de dépressif Bobby.
- Speaker #2
Exactement.
- Speaker #0
Et au final, elle a une intervention de la part de ses amis qui lui disent « Non mais là, tu as un sac entier de mignonettes pour ton week-end. Ah, il s'est remis à boire ? Non, c'est pour moi. Parce que sinon, c'est trop lourd. Dans ce cas-là, il faut partir, madame. » Exactement.
- Speaker #1
Mais comme quoi, on a quand même grandi dans un univers qui monte l'alcool de manière très très cool. Moi, je pensais au film Very Bad Trip.
- Speaker #0
Ah oui !
- Speaker #1
Very Bad Trip, quand même...
- Speaker #0
Hyper drôle ! Mais du coup, ça rend encore fun, l'alcool.
- Speaker #1
Very Bad Trip, en vrai, le sujet est horrible, mais comme c'est traité de manière drôle, ça passe. Mais tu le traiterais de manière sérieuse, ça serait hyper badant, justement, comme film.
- Speaker #2
Tu fais partie de la minorité à cette table qui n'a pas vu Very Bad Trip.
- Speaker #1
Eh bien voilà, on t'accepte quand même.
- Speaker #0
Pas moi. Est-ce que tu peux quitter la salle, s'il te plaît ? Au revoir. c'est clair que les nouvelles générations elles ont pas du tout le même rapport et puis effectivement je te rejoins sur l'aspect avec les réseaux sociaux aussi on a une volonté d'avoir une bonne image etc et puis d'ailleurs il y a la volonté d'atteindre un idéal tous les concepts de clean girls de gomuscus le but c'est d'avoir une vie saine et il y a carrément un mouvement qui a été développé qui s'appelle le mouvement sober curious vous avez peut-être entendu parler moi ça me parle Merci. C'est un mouvement qui a été lancé en 2018. Et en fait, le principe, c'est juste de questionner sa consommation d'alcool. Donc, ce n'est pas l'arrêter, mais juste d'avoir plus d'intention, de conscientiser ses choix, de se dire, OK, comment je consomme de l'alcool ? Pourquoi est-ce que je consomme de l'alcool ? Quels sont les contextes ? Et en fait, ça te permet d'avoir une sorte de recul sur toi-même et sur ton quotidien, tes habitudes. Et tu mets face à ça les idéaux que tu peux voir sur Instagram. ou TikTok, tu dis, ah bah cette personne, elle a une vie parfaite et elle met en avant le fait qu'elle ne boit pas, bah ça devient un rôle modèle et puis c'est bon, on limite la casse.
- Speaker #1
Mais effectivement, je pense qu'autant nous à notre génération, alors autant effectivement à la génération de nos parents, de nos grands-parents dans les années 50-60, c'était quelque chose qui était tout à fait normalisé comme à peu près tout. On parlait aussi du culte, dans le culte de la minceur, c'est-à-dire au niveau des normes physiques, bah on se posait juste pas la question, c'était normalisé. Nous, à notre époque, ça a été plutôt le côté pop culture, les films, les séries. Youtube etc. Je pense qu'effectivement la nouvelle génération c'est exclusivement les réseaux sociaux et effectivement à travers lequel ça passe et notamment effectivement tous les dérivés, les sous-dérivés des notamment nombreux sportifs, contre-sportifs etc. de fit girls qui te dit il faut se réveiller le matin à 8h. Prendre une douche froide, ne pas consommer d'alcool, lire, apprendre toujours quelque chose, etc. Et je pense qu'effectivement ça joue aussi d'un point de vue assez masse sur la baisse de consommation d'acide d'alcool chez les jeunes.
- Speaker #0
Et puis même en termes de sensibilisation, même au niveau des entreprises, parce qu'indépendamment de ta consommation dans ton quotidien, en soirée ou autre, et des réseaux sociaux, maintenant dans les entreprises il y a de plus en plus de dépistage d'alcool. même dans des bureaux.
- Speaker #1
Ça, je n'en ai jamais connu pour le coup. Par exemple,
- Speaker #0
moi, j'ai fait plusieurs entreprises dans lesquelles il y avait des contrôles aléatoires.
- Speaker #1
S'il n'y avait que toi, c'est faute de poser des questions.
- Speaker #0
Je ne comprends pas, c'était très ciblé.
- Speaker #1
Ce n'était pas aléatoire, aléatoire.
- Speaker #0
Tous les lundis matins.
- Speaker #2
C'était juste odeur.
- Speaker #0
Non, mais c'est vrai, il y en a de plus en plus. Et là, typiquement, dans mon boulot actuel, il y a une grande campagne de dépistage d'alcool où c'est annoncé, ça va être random, c'est-à-dire qu'à n'importe quel moment de la journée, quelqu'un peut venir te voir et te faire souffler.
- Speaker #1
Mais pourquoi ce point-là ?
- Speaker #0
En fait, c'est pour sensibiliser les salariés à éviter une consommation d'alcool, que ce soit au travail ou dans leur quotidien, mais aussi de pouvoir détecter les personnes, les salariés en l'occurrence, qui ont des problèmes de dépendance. Toute la campagne est axée sur ça. Et alors, pour le coup, c'est très égalitaire, parce que ça a démarré en disant, par exemple, sur des chantiers ou des personnes qui prennent la route dans le cadre du travail, c'est pour la protection. Donc il faut éviter de consommer de l'alcool et puis c'est assez encore courant de prendre un verre de vin à table le midi. Mais en fait non, il ne faut pas et surtout pas dans le cadre du travail. Donc ça a démarré un petit peu comme ça et puis pour que ce soit plus égalitaire, on a dit même les gens qui sont dans les bureaux, qui viennent à vélo, tu pourrais venir à pied, ce serait pareil. Et en fait tout le monde se retrouve à passer ces tests-là et le but c'est vraiment de pouvoir accompagner. Donc tu as aussi cette sensibilisation, même dans le cadre du travail, où on te dit bah... C'est pas que c'est interdit, mais c'est quand même vachement contrôlé. Donc on applique aussi la petite gommette de « ce mec il est pas content, c'est pas terrible de boire de l'alcool » . Donc ça participe aussi au mouvement où aujourd'hui on conscientise plus le fait que c'est pas une si bonne chose que ça.
- Speaker #1
Complètement. Et ça je pense que l'idée générale est quand même vachement diffusée pour le coup aujourd'hui. Pour conclure, petite question, c'était mieux avant ou pas du coup ?
- Speaker #0
Pour moi, il n'y a pas de mieux ou de moins bien. Pour moi, il n'y a pas de problème tant que la consommation est maîtrisée. et que notre qualité de vie n'est pas affectée. Parce que pour moi, le problème, il réside systématiquement dans les abus. Si vous buvez un verre de temps en temps, vous n'allez pas vous empoisonner complètement, vous n'allez pas avoir de gros problèmes. Mais en revanche, il faut faire attention.
- Speaker #2
Moi, j'aurais tendance à dire que c'est mieux maintenant parce qu'on a la chance d'appartenir à une génération qui commence à libérer la parole sur énormément de sujets, notamment les addictions qui sont très liées à la santé mentale de manière globale. Et qu'en plus, on est la génération de l'information. Donc en fait, on... Il y a un moment où on commence à avoir pas mal de clés en main pour gérer ce genre de choses. Je ne dis pas que c'est irréprochable, je ne dis pas que c'est parfait, je dis juste que je trouve qu'on a la chance d'avoir accès à pas mal de choses pour nous aider à gérer, en ce cas précis, notre consommation d'alcool.
- Speaker #1
Moi je dis aussi que c'est mieux maintenant, parce qu'en fait, comme je le disais, la consommation baisse, et je pense que c'est quand même quelque chose sur lequel on peut s'en réjouir. Après, évidemment, c'est toujours une question, enfin je suis assez d'accord avec toutes les deux, l'idée c'est aussi de d'être mesuré dans ce qu'on consomme, mais ça reste quand même un produit addictif et dangereux. Donc s'il y a une consommation générale, en tout cas, qui diminue, je pense que ça reste une bonne chose. Donc oui, factuellement, je pense que c'est un peu mieux quand même. Pour terminer, est-ce que vous avez des recos sur le sujet ?
- Speaker #2
Moi, j'ai juste une petite reco globale. Écoutez les paroles des chansons que vous écoutez. Il y en a énormément qui traitent de l'alcool de manière dont on ne s'y attend pas trop. Je pense notamment à la chanson TikTok de la chanteuse Keisha. qui est vraiment une chanson sur la gueule de bois et le fait que le meilleur moyen d'en s'en sortir c'est de boire dès le matin voilà, insérez ces voix ce genre de parole je l'ai écouté en boucle au collège je viens d'apprendre le sujet de cette chanson c'est littéralement ça elle commence la journée avec a bottle of jack, donc une bouteille de whisky littéralement je pense à d'autres chanteurs comme Amy Winehouse et sa chanson Riab donc voilà, la désintox ce genre de choses, penchez-vous sur des et Des textes francophones à la Gainsbourg, à la Renault. Il y a de l'alcool. Il n'y en a pas qu'un peu. Et ce n'est pas joyeux, joyeux.
- Speaker #0
Et moi, je vais vous partager mes meilleures techniques en cas de consommation d'alcool. Déjà, buvez un verre d'eau entre chaque verre d'alcool. Évitez les mélanges. Évidemment, évitez les abus. Mais surtout, parlez à votre entourage. Si vous commencez à boire seul ou vous vous rendez compte que vous commencez à développer une addiction, une dépendance, ne restez pas seul. C'est vraiment important d'en parler. Vous serez soutenus, vous pouvez contacter Alcool Info Service, ils sont disponibles 7 jours sur 7. Et vous pouvez aussi intégrer des groupes d'alcooliques anonymes. Alors je sais qu'on fait souvent des blagues sur ces trucs-là, mais c'est des organismes qui sont super. Moi j'ai des personnes de mon entourage qui sont dans ces groupes, et vraiment vous êtes accompagnés par des personnes qui savent exactement ce que vous vivez, parce que ce sont des anciens alcooliques, ou des anciens dépendants, quelle que soit la substance. Vous êtes parrainés, tout est fait pour que vous ne soyez pas seuls. Alors franchement n'ayez pas peur de demander de l'aide. Parce que c'est très bienveillant en face et surtout c'est sans jugement.
- Speaker #1
Merci beaucoup Aude pour ces préconisations. Merci Marie pour cette recommandation. Merci à vous de nous avoir écouté une fois de plus jusqu'au bout pour cet épisode. N'hésitez pas à laisser un commentaire, à vous abonner, 5 étoiles comme d'habitude. Et puis on se retrouve dans deux semaines pour l'épisode bonus que nous a préparé Marie.
- Speaker #0
On a hâte d'y être.
- Speaker #2
Ça va être incroyable.
- Speaker #1
A dans deux semaines, salut.
- Speaker #0
A bientôt.