- Speaker #0
Bonjour à tous, bienvenue dans ce nouvel épisode de Dans le Rétro consacré cette semaine, enfin ce mois-ci d'ailleurs, puisqu'en fait c'est tous les mois, au rapport au travail et au burn-out, la façon dont ça a évolué. Je suis toujours avec Marie.
- Speaker #1
Bonjour ! Et Aude ! Salut à tous ! Ravie d'être là pour vous retrouver pour un sujet très joyeux. Ça a l'air tellement enthousiaste !
- Speaker #0
C'est incroyable.
- Speaker #1
C'est vraiment ma spécialité, le burn-out.
- Speaker #2
On est là pour le fun.
- Speaker #0
Oui, sujet qui concerne quand même beaucoup...
- Speaker #2
De monde autour de cette table.
- Speaker #0
Alors, de monde autour de cette table, et puis surtout autour de nous. C'est pour ça qu'en fait, on s'est un peu posé la question pour cet épisode. Est-ce que le monde du travail a évolué ? Parce que c'est vrai qu'on a l'impression de beaucoup parler de burn-out à notre génération, et pas du tout à la génération de nos parents ou de nos grands-parents. Est-ce que ça n'existait pas ? Est-ce que ça existait, mais on n'en parlait pas ? Qu'elles étaient... conditions de travail, je pense que c'est tout ce genre de choses qui sont hyper intéressantes et en plus je suis hyper légitime pour en parler vu que je reviens d'une semaine de vacances
- Speaker #2
J'ai vraiment cru qu'il allait dire vu que j'ai fait déjà un burn-out cette année, je sors de vacances Je reviens d'une semaine de vacances Au soleil de la montagne un peu quand même Non au soleil de Milan,
- Speaker #0
il faisait grave beau, il faisait grave chaud
- Speaker #1
Pour les JO d'hiver
- Speaker #0
Exactement Donc ouais une semaine, alors cela dit c'est pour le coup, lié vraiment à notre sujet, parce que c'est vrai que j'ai... En l'occurrence, je commençais à sentir avec le début de l'année, en janvier, que je commençais un peu à fatiguer, et ça a été un peu le signal pour moi de me dire, ok, là, c'est le moment de prendre une semaine pour se reposer. Je suis très très loin, effectivement, de l'épuisement que j'ai pu connaître, et dont je parlerai il y a un an, qui est arrivé progressivement, puis qui s'est accéléré à un moment donné, et en fait, justement, l'enseignement que j'ai eu de mon burn-out, que j'ai eu il y a exactement un an maintenant, C'était de me dire, OK, là, pause parce que tu as besoin de vacances et donc prends-toi une semaine de vacances. Et voilà, c'est important de savoir souffler avant que les choses arrivent. C'est l'enseignement que personnellement, j'en ai tiré. Je sais que toutes les deux, vous avez aussi fait face à de l'épuisement professionnel. Je ne sais pas si vous voulez commencer par... par là pour en parler, mais je pense que c'est quand même un bon...
- Speaker #2
Ça permet de faire le point sur un peu d'où on part avant d'entamer le projet.
- Speaker #0
On a vraiment trois expériences très différentes et en même temps très liées à ça.
- Speaker #1
Je te laisse commencer ?
- Speaker #2
J'y vais. Moi, j'ai pas à proprement parler fait un burnout. En revanche, moi, pour information, j'exerce ce qui s'appelle un métier passion. le grand piège du métier passion où c'est vraiment super, tu fais ce que t'aimes, c'est trop bien etc, du coup tu bosses, bah quand tu sors du boulot, tu es encore en train de bosser, puis le week-end si on t'appelle, tu vas répondre et puis si il faut rester 10 minutes de plus, tu vas rester 10 minutes de plus, puis tu vas arriver un peu en avant puis la pause d'âge va un peu rogner et puis non mais attends, tu vas pas laisser ta collègue faire ça toute seule et puis de toute manière, comme c'est un truc que tu kiffes, tu vas continuer à le faire tout le jour de ta vie jusqu'à ce que tu meurs évidemment.
- Speaker #1
C'est un flux de limites parce que c'est quelque chose que t'aimes.
- Speaker #2
Exactement, donc en l'occurrence moi je travaille dans le milieu du livre j'adore lire, j'adore parler de mes lectures donc quand c'est mon taf, je le fais tout le temps, y compris lorsque des gens que je viens de rencontrer à des soirées me disent ah tes libraires, tu pourrais me conseiller un livre et moi je suis là avec ma bière et je le fais parce que j'aime bien ça mais en fait c'est mon travail, sauf que là je le fais dans un cadre où je ne suis pas payée et ça c'est un vrai sujet,
- Speaker #0
la culture le monde du travail je pense que c'est vraiment le premier point et c'est vrai que c'est quelque chose sur lequel moi j'ai appris à être ultra intransigeant, je ne suis pas un métier patient en l'occurrence, je suis un métier de bureau et en fait qui est extrêmement prenant parce que je travaille dans les relations clients et en fait à partir du moment où je quitte mon travail il n'y a pas une nonce de travail qui rentre dans ma vie privée et c'est quelque chose sur lequel je suis hyper intransigeant c'est-à-dire que je n'ai absolument aucun numéro, aucun mail sur mon téléphone personnel pour la simple et bonne raison, comme je l'ai déjà dit, que si vous voulez que je sois disponible payez-moi un téléphone pro tout simplement ou un ordinateur pro ce téléphone je l'ai acheté avec mon argent donc Pas avoir de travail dessus. Et effectivement, je fais très très peu de télétravail. Je ne sais pas quel est votre rapport à vous par rapport au télétravail, parce que je n'ai pas envie justement que le travail rentre dans ma vie perso et vice-versa. Et je pense que c'est vraiment quand même un point clé à soulever aussi.
- Speaker #2
Sachant que moi, du coup, je n'ai pas entre guillemets ce loisir-là, dans le sens où je rentre chez moi, le truc que j'ai envie de faire, ça va être de lire parce que j'aime bien ça. Mais à partir du moment où je lis, je suis en train de travailler, parce que je suis en train de penser à... Est-ce que je vais pouvoir faire de ce livre ? Est-ce que je vais pouvoir le conseiller à des gens ? Est-ce que je vais le commander ? Est-ce qu'il va fonctionner ? Donc je n'ai pas cette rupture-là. En revanche, pour le télétravail, c'est très simple, mon métier ne se fait pas en télétravail, ça se fait en physique avec des clients en face de soi. Donc je n'ai pas cette problématique-là. Et du coup, toi Aude, ton expérience du burn-out ?
- Speaker #1
Alors du coup, moi je pense que je suis un petit peu entre vous deux. Donc effectivement, je fais un métier de bureau un peu comme Armand. Et en fait, dans la finance, on... te file toujours un ordi de bureau, un téléphone pro, qui a tendance à sonner parfois les week-ends. C'est pas forcément hyper clair. Mais après, j'essaye de faire des coupures aussi, mais c'est vrai que c'est pas évident parce que je réfléchis énormément à mes problématiques. Ce qui fait que ça m'est arrivé à peu près tous les week-ends de me dire, ah j'ai une super idée. En fait, je vais appliquer ce truc ou je vais changer mon calcul, ou j'y pense régulièrement. Parfois j'en rêve et du coup je me réveille. En étant hyper excitée de pouvoir avancer sur mon truc. Ça fait chaud. Je ne suis pas non plus un médecin de passion, mais c'est vrai que ça m'intéresse quand même énormément. Ce qui fait que la coupure que j'essaye de mettre en place, c'est de m'envoyer un mail sur ma boîte pro si jamais je suis en dehors de mes heures de travail. Ce qui fait que comme ça, je n'oublie pas mon idée et je m'y remets le lundi matin par exemple. Parce que sinon, avant, effectivement, j'ouvrais mon ordi. Un dimanche après, mais j'étais trop contente de pouvoir avancer, sauf qu'en fait c'est comme ça que tu finis en Burnout. Et dans mon cas, j'en suis déjà à mon deuxième. Je les collectionne comme le Covid ou les cartes Pokémon. C'est une catastrophe. Le premier Burnout que j'avais fait, c'était il y a peut-être 5 ans. Je crois que ça fait à peu près 5 ans. Et c'était arrivé de manière très insidieuse parce qu'à l'époque, j'aimais énormément mon métier. Et j'ai eu des managers qui en ont un peu profité, c'est-à-dire que j'étais très contente de bosser sur certains sujets. Et on m'a donné de plus en plus de boulot sous couvert de « Ah mais tu bosses tellement bien, c'est vraiment génial si c'est toi qui le fais, c'est à toi qu'on fait le plus confiance. »
- Speaker #2
Le fameux argument de « il n'y a que toi qui peut le faire ou bien c'est toi qui le fera le mieux » .
- Speaker #1
Exactement. Comme ça, je me suis retrouvée à bosser des nuits entières sur plusieurs dossiers en même temps. C'était un peu la catastrophe. Il y a des managers qui se sont disputés pour avoir mes heures. Et moi, je le prenais comme un compliment. J'étais super fière de ça. Au final, ça m'a complètement épuisée et j'ai changé de métier suite à ça. Et j'ai fait un deuxième burn-out il n'y a pas si longtemps que ça, mais dans un autre contexte. Parce que c'était cette fois dans un contexte de harcèlement au travail. Et là, pour le coup, j'étais aussi... Enfin, j'aimais beaucoup mon travail également, mais c'était plutôt, on va dire, mes skins en face. Et je me suis retrouvée à beaucoup travailler et être complètement déprimée parce qu'il y avait un gros manque de reconnaissance en face. Donc, ce n'était pas les mêmes contextes. Ça a été le même résultat.
- Speaker #0
Et est-ce que c'est parce que... Deux burn-outs, effectivement, c'est quand même assez impressionnant. Et surtout, on peut se dire, mais... Moi, je sais que la première fois où ça m'est arrivé, je me suis dit, mais plus jamais de la vie, je veux vivre ça. Et donc, ça paraît assez étonnant, en fait. Enfin, je trouve, dans Vivre 2, parce que tu te dis, mais en fait, du coup, tu n'as pas appliqué des changements pour pas que ça se reproduise. En fait, ce qui est hyper intéressant dans ce que tu dis, c'est qu'en fait, ça s'est passé de deux manières différentes. Donc, en fait, tu as pu être vigilante sur une chose la première fois, mais qui ne s'est pas reproduite la deuxième fois parce que c'est venu de manière plus insidieuse.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Mais même dans le fonctionnement du burn-out, ce qui est très... Très compliqué à gérer, c'est qu'en fait, le premier, quand il t'arrive, effectivement, c'est quand c'est trop tard, c'est que tu as trop donné, tu n'as pas vu les signes, tu n'as pas réussi à faire de pause. Et tu te dis que le prochain, tu vas faire attention. Sauf qu'en fait, quand tu as un premier burn-out, tu repousses tes limites. Et tu ne vois pas, enfin, tu vas beaucoup plus loin quand tu fais ton deuxième burn-out. Tu ne réponds pas les choses de la même manière.
- Speaker #2
Parce que tu as déjà vécu jusqu'à un certain point et du coup tu sais que jusqu'à un certain point c'est bon, je sais. En fait,
- Speaker #1
tu es capable de gérer, tu es capable de moins dormir, tu es capable d'endurer la pression. Parce que déjà, il faut se dire aussi que les gens qui font un burn-out, ce ne sont pas les gens qui sont nuls et qui ne travaillent pas. Ce sont les gens qui se soucient de leur boulot, qui veulent bien faire et qui souvent attendent de la reconnaissance en face ou alors qui ont beaucoup de pression. Ce qui fait qu'effectivement, tu as repoussé tes limites, tu ne te rends pas compte. que tu vas encore plus loin et la deuxième fois quand ça te tombe dessus, c'est beaucoup plus difficile de s'en remettre. Parce que normalement quand tu te fais un premier burn-out, il te faut environ un an pour t'en remettre complètement parce qu'il faut savoir que c'est tellement violent pour ton corps que tu as des vrais changements physiologiques qui se passent. Tu peux avoir des réponses au stress, c'est assez complexe. Mais quand on fait un deuxième, il arrive beaucoup plus fort, il va beaucoup plus loin, il arrive beaucoup plus fort et tu mets entre 3 et 5 ans à te remettre d'un deuxième burn-out.
- Speaker #0
Et parfois, tu en as même qui ne s'en remettent pas, enfin, qui peuvent garder des séquelles à vie. Moi, je sais que c'est la partie des choses qui m'ont le plus inquiété dans ce que j'ai vécu, c'était de me dire, parce que c'est extrêmement long, effectivement, de me dire, mais est-ce que là, ça va s'améliorer avec le temps, ou est-ce que, genre, juste, j'ai bousillé une partie de mon cerveau à force d'aller trop loin et d'aller dans la zone rouge ? Et il y en a pour qui c'est le cas, et il y en a qui ont eu des postes, que je connais, qui ont eu des postes à responsabilité, et qui, aujourd'hui, sont incapables de reprendre un poste à responsabilité, et vont, en fait, être toujours en dessous de leur capacité dans leur temps. travail futur, parce que ça les stresse beaucoup trop de reprendre à un poste où normalement ils ont totalement les compétences pour y être.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Tu peux développer un stress chronique et j'ai des gens dans mon entourage qui sont exactement dans la situation que tu décris, c'est-à-dire qu'ils étaient à des postes de manager et ça s'est très mal passé, ils ont fait un énorme burn-out, ils sont complètement craqués et aujourd'hui, ils ne veulent plus du statut même cadre, ils veulent avoir un job. où il n'y a pas trop d'heures, où il n'y a surtout pas de responsabilité. Et c'est assez intéressant à voir, c'est pas du tout le même rapport au travail qu'on a par rapport à ceux de nos grands-parents ou de nos parents, parce qu'aujourd'hui, il y a des gens qui veulent vraiment faire leur boulot, rentrer chez eux, et ne pas avoir de responsabilité, parce que c'est pas le principal de leur vie.
- Speaker #0
Une magnifique transition que tu m'offres, Aude.
- Speaker #1
C'est cadeau !
- Speaker #0
Parlons-en, du coup, du rapport au travail avant. Je ne sais pas pour vous, est-ce que vous avez entendu vos parents ou vos grands-parents vous parler de burn-out pour eux ou autour d'eux ? Moi, jamais.
- Speaker #1
Moi non plus, mais après j'ai des parents qui ont toujours fait beaucoup trop d'heures. Même moi, je leur dis de s'arrêter. Ça,
- Speaker #0
c'est hyper intéressant. C'est aussi un deuxième sujet. C'est du coup dans quel contexte aussi tu grandis qui te pousse à ça et ça joue énormément.
- Speaker #2
Alors moi, pour le coup, niveau grands-parents, pas du tout. Niveau grands-parents, nous, on a dans ma famille pas mal la culture du faire carrière. qui est très significatif pour moi de cette génération, le concept de faire carrière dans une boîte. Et tu vas gravir les échelons petit à petit, et c'est comme ça que tu vas avoir ta réussite professionnelle. En revanche, au niveau de mes parents, il y a eu des choses. Moi, j'ai un oncle qui a fait un burn-out. En revanche, ça n'a pas été dit. On a su que ça n'allait pas bien, son travail, mais on ne savait pas ce qui se passait.
- Speaker #1
Il n'y avait pas encore de mots posés dessus. Non,
- Speaker #2
il n'y avait pas de mots posés dessus. Et c'est venu beaucoup plus tard, lorsqu'il y a eu d'autres soucis familiaux divers et variés que je vais vous épargner. Mais où on a un peu ressorti ça de sous les fagots. Au fait, d'ailleurs, vous saviez qu'il a fait un burn-out. Ah, c'était ça ! Tout s'explique. Voilà, tout s'explique. Et en revanche, ça avait été diagnostiqué à l'époque. Alors, pas comme burn-out, parce que le mot n'existait pas encore dans le... dans le contexte médical de l'époque. On parlait d'épuisement, etc. Mais à la génération de mes parents, ça a commencé à arriver, ça a commencé à être diagnostiqué et on a petit à petit commencé à mettre des mots dessus, lentement, mais sûrement.
- Speaker #1
Pour le coup, je te rejoins assez là-dessus. Même si le burn-out, c'est assez récent comme concept pour nous, beaucoup plus démocratisé, on parlait déjà depuis les années 50 d'épuisement au travail, comme tu disais. Et c'était vraiment considéré comme une maladie en fait, c'était pas du tout un tabou, mais c'était plutôt considéré comme tu t'es tellement donné qu'il faut que tu fasses une petite pause. Et il n'y avait pas tous ces concepts de santé mentale, on n'en parlait pas encore, c'était plutôt de l'ordre du physique, de la fatigue physique.
- Speaker #2
Et en fait, je crois que le terme de burn-out est apparu techniquement dans les années 70, et au début c'était considéré comme étant une maladie mentale, c'est-à-dire que ça venait de toi. Enfin, c'était toi qui t'épuisais.
- Speaker #0
C'était pas la faute d'un élément extérieur, c'était toi le problème en fait.
- Speaker #2
Tout à fait.
- Speaker #1
Aujourd'hui c'est à cause de Corinne, ta manager.
- Speaker #2
Ça n'a rien à dire. Il a fallu attendre je crois 2010 pour que l'OMS, l'Organisation Mondiale de la Santé, reconnaisse que c'est un syndrome lié au travail, le burn-out. Mais avant c'était considéré comme une maladie mentale, donc un problème que toi tu avais, pas un problème que ton environnement de travail pouvait provoquer, que ton milieu professionnel pouvait développer ou aggraver ou quoi que ce soit.
- Speaker #0
Du coup, il y a deux choses qui sont hyper intéressantes. La première, c'est que ça existait avant, c'est juste que le mot n'existait pas, ou du moins on l'identifiait mal, mais il y a toujours eu un souci de santé mentale lié au travail. Et la deuxième chose sur laquelle je voudrais plutôt parler de mon expérience, je sais qu'au niveau de mes grands-parents, mes grands-parents sont d'une génération où mes grands-mères des deux côtés n'ont pas travaillé. et dans un milieu plutôt favorable, évidemment, des deux côtés. Et en revanche, c'était mes deux grands-pères qui, eux, ont travaillé. L'un, d'ailleurs, dans le cadre, en fait, de bancaire. Alors, il fait partie du fameux « il a passé 30 ans dans la même banque » .
- Speaker #2
Eh oui !
- Speaker #0
Ça aussi, c'est un sujet dont on parlera juste après. Mais moi, je sais que la façon dont papa me parlait de ça, c'est « mais à des années-lumières de ce qu'on connaît aujourd'hui » . C'est à dire qu'il était... directeur, je crois, d'agence. Ce n'était même pas non plus un poste très élevé. Ou même, comme aujourd'hui, tu peux avoir des jeunes qui bossent dans la finance dans des bureaux, effectivement. Mais directeur d'agence, un poste en responsabilité, etc. Ça, c'est très clair. Il avait une voiture de fonction.
- Speaker #2
Ah oui, les voitures de fonction, c'est un truc complètement différent.
- Speaker #1
Non, non, non. C'est peut-être pas dans ton... Non, mais ça existe encore, je vous rassure.
- Speaker #0
Alors, il avait une voiture de fonction. En étant directeur d'agence, il rentrait tous les midis chez lui. où sa femme l'attendait et lui préparait le déjeuner. Ça, c'était pénal. Ce n'était pas un souci pour ma grand-mère. C'est juste que ça indique qu'il avait le temps de rentrer chez lui, de retourner ensuite au travail et de terminer à 17h pour rentrer chez lui. Je pense aussi que c'est un vrai sujet.
- Speaker #2
C'est ce qu'on appelle un RTT de nos jours.
- Speaker #0
Aujourd'hui, ça n'existe plus. Et en fait, je pense qu'on n'arrête pas de dire « Ah oui, mais aujourd'hui, plus personne ne reste 30 ans dans une boîte. » En fait, je pense que la question aussi, c'est aujourd'hui, quelle boîte est prête à garder un salarié 30 ans ? Et pour deux raisons. Déjà, combien de boîtes sont économiquement capables de se projeter sur 30 ans ? Aujourd'hui, tu n'en as quand même quasiment aucune, tout simplement parce que 90%, voire 95% des entreprises qui salarient aujourd'hui sont des TPE ou des PME, des toutes petites entreprises ou des petites et moyennes entreprises. Et elles sont en fait, aujourd'hui... Prise au coup par les charges économiques, les difficultés financières, l'inflation, etc. Et donc forcément, ça se reporte sur les salariés. Et soit le salarié part parce qu'avec surcharge de pression sur ses épaules, soit la boîte coule et elle ne tient pas 30 ans. Je pense qu'il y a aussi un vrai sujet d'évolution là-dessus entre nos grands-parents et nous.
- Speaker #2
Oui, et en plus, pour tous ceux qui travaillent dans des grands groupes, etc. Déjà, je perds du temps, les perspectives d'évolution, elles se font en... En trans... En interne. Ouais, et puis en interne, en transboîte, c'est-à-dire qu'on continue de bosser pour le même groupe, mais techniquement, on n'est plus dans la même entreprise, on ne bosse plus sur les mêmes produits, slash services, slash ce que vous voulez.
- Speaker #1
Je suis assez d'accord avec ce que tu dis, Armand. En fait, avant, on passait quasiment toute sa vie dans la même entreprise, principalement parce qu'il n'y avait pas tant d'entreprises que ça dans son coin, là où on était, on n'avait pas forcément une spécialité ultra variée. Et puis surtout, à l'époque, il y avait beaucoup plus de reconnaissance qu'aujourd'hui dans le travail, et il y avait plus de promotion qui accompagnait cette reconnaissance. Si on remonte un peu à l'époque de nos grands-parents, je rappelle qu'à l'époque, avec un salaire d'une personne qui travaillait, tu disais que tes grands-mères ne travaillaient pas, lui, il pouvait acheter une maison, entretenir toute la famille juste avec son salaire. Aujourd'hui, ce n'est plus du tout le cas. Et ce n'est pas la même définition qu'on accorde à son travail, ce n'est pas la même importance qu'on lui donne. Parce qu'à l'époque, c'était vraiment un statut social. On pouvait obtenir l'admiration de ses pères selon son travail, surtout dans des familles.
- Speaker #0
Ça l'est toujours comme un statut social, je trouve. Ça n'a pas évolué de ce côté-là ?
- Speaker #1
Pas de la même manière. Pour le coup, il y a de moins en moins de gens qui se définissent par leur travail. Et quand tu demandes, par exemple, la question classique en soirée, qu'est-ce que tu fais dans la vie ?
- Speaker #0
Exactement, c'est l'exemple. Moi,
- Speaker #1
il y a bien moins de personnes qui se présentent avec leur travail.
- Speaker #2
Moi, surtout, il y a bien moins de personnes qui posent cette question. Genre, j'ai l'impression que...
- Speaker #0
La question, c'est...
- Speaker #2
Naturellement... On a arrêté dans notre génération de poser systématiquement cette question qui était vraiment à la base le lanceur de conversation. Ça nous intéresse moins. On est un peu passé à autre chose. On n'a plus ce truc de « Ah, tu t'appelles comme ça. Ok, du coup, tu fais quoi ? » Pas du tout. On n'est plus reparti sur « Comment tu connais telle personne ? »
- Speaker #0
C'est ça que j'allais dire. Maintenant, la question, c'est « Comment tu connais l'or ? »
- Speaker #2
Oui, exactement. C'était souvent l'or, d'ailleurs, si je peux me permettre.
- Speaker #1
Ça dit aussi à l'importance que tu accordes à ton boulot dans ta propre vie parce que tu n'as pas forcément envie. qu'on te considère uniquement via ton travail et encore tu fais un métier passion donc je pense que ça peut être un peu plus intéressant pour toi parce que naturellement tu vas en parler mais dès que j'en parle on va me considérer comme une professionnelle en me demandant de faire mon travail gratuitement comme on demande à quelqu'un de faire un spectacle tu peux ne pas vouloir trop en parler pour être un peu tranquille moi je réponds si on me pose la question mais il y a des gens que j'ai rencontré en soirée qui n'ont aucune idée de ce que je fais dans la vie et je n'ai aucune idée de ce qu'ils font Parce que même moi, en fait, je pose pas forcément la question parce que ça m'intéresse pas. Tu fais tel travail, ok, et alors ? Qu'est-ce que ça change ? Ça change absolument rien. Alors que c'est vrai qu'avant, les générations de nos parents, de nos grands-parents, c'était « Oh, mon mari est médecin » .
- Speaker #2
Oui,
- Speaker #0
c'est vrai.
- Speaker #2
Il est avocat.
- Speaker #1
Mon mari est avocat.
- Speaker #2
Mon fils fait médecine, mon fils fait de la...
- Speaker #0
L'image que j'ai de ça, c'est le film « Le petit Nicolas » . Vous l'avez vu. Déjà, il est excellent. Vraiment, c'est une très bonne adaptation que j'aime beaucoup. Et vraiment, c'est l'image... Si, si, c'est une très bonne adaptation. Marie, tu n'es pas d'accord.
- Speaker #2
Je ne dis rien.
- Speaker #0
Mais vraiment, c'est cette image où vraiment cette scène, qu'Admira, qui joue le papa du petit Nicolas, doit inviter son patron et son épouse à dîner pour demander une augmentation. Et Valérie Lemercier, qui joue la maman du petit Nicolas, prépare un homard mayonnaise. Oui, le fameux homard mayonnaise. Le fameux homard mayonnaise. Et c'était en fait la norme. à l'époque, je crois. Enfin, vraiment, cette idée de devoir inviter son patron dans certains cas de figure chez soi pour pouvoir parler des negotiations, etc., ça n'existe plus. Parce que les augmentations n'existent plus, non plus.
- Speaker #2
Non, mais c'est vrai que c'est hyper intéressant parce que je trouve que le marqueur social a vachement changé de ce point de vue-là dans le sens où, en effet, il y a eu pour moi toute l'époque des « mon mari est médecin » , « mon mari est avocat » où là, il y avait vraiment ce concept de faire carrière. Et ensuite, il y a eu une génération qui, je pense, est juste avant la nôtre, c'était la génération des jobs-passions. C'est la grande époque de toutes les startups, de tous les gens qui lançaient leur truc un peu dans tous les sens, juste pour faire un truc qu'ils adoraient. Et pour moi, c'est cette époque-là qui a conduit au burn-out généralisé. Et qui fait qu'aujourd'hui, il y a la nouvelle tendance, la tendance des boring jobs qui arrive, enfin qui fait plus qu'arriver, qui est d'ailleurs bien installée maintenant.
- Speaker #0
Juste pour rebondir, et après je te donne la parole Aude.
- Speaker #1
Aude, à la main. Merci.
- Speaker #0
C'est hyper intéressant, et effectivement, je pense que tu soulèves un vrai point. en fait on est une génération et j'inclus nos parents je pense dedans qui avons grandi avec deux images merveilleuses, deux contes de fées qui a touché à la fois les garçons et les filles et je pense que là pour le coup c'est vraiment scindé en deux les garçons ça a été et moi j'ai grandi avec et mon frère aussi ça a été effectivement les start-up alors tu commences dans le garage ils ont fait fortune,
- Speaker #1
Facebook ils ont commencé dans le garage avec les 200 millions d'euros de papa sur le compte bancaire. Non,
- Speaker #2
mais c'est vrai que c'était Bill Gates, c'était Mark Zuckerberg.
- Speaker #1
Oui, mais ils avaient déjà tellement d'argent. Mais on ne le savait pas, nous.
- Speaker #0
On ne le savait pas. Mais c'était raconté comme un compte. C'était vraiment les nouveaux comptes modernes, c'est-à-dire, c'est des jeunes, ils ont créé leur boîte et ils sont devenus millionnaires. Et tu peux faire la même chose, créer ta boîte.
- Speaker #2
Et c'est aussi ce qui s'est passé avec l'exemple des Youtubers.
- Speaker #0
Exactement. Et donc ça, ça a été l'image pour les garçons, je trouve. Enfin, ça les a beaucoup plus touchés. Et pour les filles, ça a été Et... Bah tout simplement en fait, là plutôt la génération de nos parents, l'émancipation des femmes au niveau du travail. Et moi je le remarque en fait, ça a été une génération aussi où... Alors, elles ont beaucoup plus fait d'études qu'avant, forcément. Et surtout, du coup, on se concentrait plutôt sur les garçons. Et donc, on s'en foutait un petit peu des études qu'elles allaient faire. Et donc, on les laissait beaucoup plus libres de faire des études d'archi, par exemple, etc. Ce qu'on aurait sûrement refusé à des garçons de faire, en disant, tu vas faire de l'économie ou de la finance, parce que ce n'est pas sérieux de faire des lettres ou de faire... Oui, ok, dans ce sens-là, je vois très bien, oui. Et donc, de ce point de vue-là, effectivement, comme ça a été la première génération à vraiment faire des études de manière assez massive, quand même, on les a laissées beaucoup plus tranquilles. Et on les a bercés aussi de cette illusion de la fameuse « tu vas pouvoir être une femme, une épouse, une maman parfaite » . Et t'es en mode genre non. Tu vas pouvoir tout faire, dormir. Exactement. Et non mais l'air de rien, ce discours, on l'a entendu pendant très très très très longtemps. Je trouve que ça fait que depuis 4-5 ans que maintenant on commence à dire que non, c'est pas possible en fait d'attendre les trois. Mais c'est un discours qu'on a entendu pendant très très longtemps. Être une épouse parfaite, une femme accomplie et une parfaite maman, c'est pas possible.
- Speaker #1
C'est surtout que ça a été un peu vendu. A des petites filles, par exemple, je parle de ma génération, où en fait tu grandis avec autour de toi ton entourage qui te dit tu peux tout faire, tu es capable de tout faire, tu peux tout faire. Ce qu'ils ont oublié de préciser, la petite astérisque qu'on n'a pas regardé, c'était tout faire en même temps. Il va falloir être au fourneau, à la lessive, au travail, aux courses. En fait, effectivement on peut tout faire, mais en fait on ne veut pas tout faire. qui a dit qu'on voulait tout faire. C'est pas le cas.
- Speaker #2
Et je trouve qu'il y a eu aussi un peu un impératif derrière, en mode, maintenant tu peux tout faire, tu peux faire le métier que tu veux, et du coup tu dois faire quelque chose. Exactement. Tu dois faire des études parce que tu en as la possibilité.
- Speaker #0
Et tu dis, qui a dit qu'en fait on pouvait tout faire, etc. ? Ça revient effectivement à ce qu'on disait juste avant, parce qu'en fait, comme avant, socialement, on se définissait par son travail, toutes les mères au foyer, dans le cadre, en tout cas, dans celle qui avait des enfants, des familles qui avaient des enfants, n'était pas considérée parce que la seule chose qui socialement était considérée, c'était le travail. Alors qu'on le sait, c'est déjà un travail à temps plein de s'occuper effectivement d'une famille en plus d'un boulot. Mais ce n'était pas considéré. C'est pour ça qu'on a poussé en réalité, je pense, les femmes à aller de plus en plus dans le monde du travail parce que c'était pour saisir ce statut social qui avant ne revenait qu'aux hommes. Et donc, ce n'était pas dans le cadre de dire, genre, en mode, faites plein de choses, ça va être formidable pour vous. C'était plutôt, genre, développez-vous professionnellement parce qu'en fait, la société, c'est là où elle vous donne un statut. Et si malheureusement, même si vous êtes déjà prise tout le temps, toute la journée par votre famille, malheureusement, la société n'entendra pas compte, n'entendra pas rigueur. Et c'est, à mon avis, ça qui a poussé à ce discours-là.
- Speaker #1
Et tu peux te retrouver à faire un burn-out au travail et même à la maison maintenant.
- Speaker #0
Et socialement, effectivement.
- Speaker #1
Tu peux faire un burn-out partout. Sur place ou en portée ?
- Speaker #0
Je vais aller faire la vanne.
- Speaker #1
Et oui, je voulais mentionner tout à l'heure qu'en fait, il y a des études qui ont été faites pour s'intéresser un peu aux générations qui sont présentes sur le marché du travail actuellement. Et quelles sont leurs attentes ? Parce qu'on n'a pas tous les mêmes attentes. On disait qu'avant, on se définissait par le travail, qu'aujourd'hui, beaucoup moins. Carrément, la Gen Z qui arrive cherche des boring jobs. Et en fait, ils ont vraiment fait des recherches sur ce phénomène-là. Et du coup... J'ai quelques informations à vous donner.
- Speaker #0
Elle a des chiffres,
- Speaker #1
je le vois sur sa feuille. J'ai des chiffres, je suis la financière, j'adore ça les chiffres. Donc déjà, aujourd'hui, il y a moins de 10% de baby boomers dans la population active. Et pour eux, le critère principal à l'époque, c'est, même aujourd'hui, qui reste de l'époque encore, c'est la loyauté. Et c'est pour ça qu'on peut l'associer avec... Le côté je fais 30 ans de carrière dans la même boîte, je suis arrivée en tant que stagiaire ou alors je lavais les vitres et maintenant je suis PDG de la boîte, c'est super. Et ensuite on va avoir la génération de nos parents plus la Gen X, où là ils sont à environ 30%. On voit déjà une baisse du sentiment d'appartenance et de la confiance dans l'organisation. Donc on voit déjà que le rapport a déjà un petit peu commencé à changer avec le travail. Nous on est plutôt génération millenial, je suis désolée de vous la prendre, on n'est pas Gen Z, on est un peu vieux maintenant.
- Speaker #2
Je suis dans le déni. Moi ça va très bien.
- Speaker #1
Sachez qu'on représente 45% de la population active.
- Speaker #2
Yes !
- Speaker #1
Et en fait ce qui nous caractérise principalement c'est notre débrouillardise, notamment avec la technologie. Parce qu'on a grandi en pleine expansion des technologies, et c'est pour ça que c'est nous qu'on vient voir quand le manager ne sait pas faire tourner un PDF ou imprimer quelque chose. C'est nous qui nous trouvons à le faire. D'ailleurs,
- Speaker #2
tu pourrais mettre un jour mon téléphone, il y a un message bizarre qui s'affiche.
- Speaker #1
Exactement. Et on est aussi la génération où il y a les études les plus élevées. Parce que, effectivement, comme tu disais, les femmes se sont mises à faire des études, génération de nos parents, on les a un petit peu poussées à faire ça. Mais du coup, nous, on a aussi grandi avec l'idée que maintenant, c'est les études qui ouvrent les portes.
- Speaker #0
Maintenant, ça ne sert à rien de commencer à travailler à 17-18 ans. Il vaut mieux faire des études plus longues. Et comme ça, on arrive directement à des postes qui sont un petit peu shiny, avec des jolis titres, des responsabilités, un beau salaire. Et donc, on fait des études encore plus longues. Et toute la génération de nos parents nous ont poussé à faire ça. Ce qui fait qu'on arrive tous bardés de diplômes. Et puis, il n'y a pas forcément en face beaucoup de jobs qui nous attendent. Et qui ont l'utilité pour ça. Et on se retrouve avec des Master 2 qui travaillent au McDo. Ou à la FNAC ou partout. Voilà,
- Speaker #1
bonjour, j'ai un barricadeux et je rends la monnaie.
- Speaker #0
Et nous, ce qu'on cherche d'après cette étude, c'est plutôt une autonomie et une recherche de sens dans ce qu'on fait. Donc on est aussi la génération qui va le plus péter un câble. Et on peut voir, par exemple, des grands financiers, des grands carriéristes qui finissent par péter un câble et aller élever des chèvres dans le Vaucluse. Il n'y a pas de problème, c'est normal, on est cette génération-là. Et je l'observe autour de moi d'ailleurs, j'ai beaucoup d'amis autour de moi qui sont en train de remettre complètement en question leur carrière, qui font des pauses, des années sabbatiques, voire qui se réorientent complètement, parce qu'en fait, ils se rendent compte qu'au bout de quelques années, c'est pas ce qu'ils voulaient faire, ils sont pas heureux. Et enfin, on a la Gen Z, qui pour le coup représente à peu près 15% de la population active, qui a cette culture de l'instantané. Donc c'est celle qui a grandi avec déjà les technologies mises en place, et puis l'émergence de l'IA, TikTok, etc. On a vraiment... la culture du tout de suite. Et alors pour eux, faire carrière dans la même entreprise, mais plutôt mourir, quoi. C'est vraiment un cauchemar. Ils n'ont pas envie de rester longtemps quelque part et eux, leur vrai désir, c'est l'entrepreneuriat. Donc effectivement, dans ce que tu disais tout à l'heure, le côté, un peu le rêve de n'importe qui peut réussir qui a été mis en avant par YouTube et qu'on voit aussi beaucoup sur TikTok, des TikTokers qui deviennent multimillionnaires, qui se montrent avec des Porsche et je ne sais pas quoi parce qu'ils ont fait trois vidéos qui ont cartonné. La Gen Z, elle a quand même ça en tête. Elle veut tout tout de suite. Elle ne veut pas faire carrière. Et elle a ce désir de lancer sa boîte ou son concept qui va fonctionner.
- Speaker #2
Oui, c'est hyper intéressant. Et en fait, j'y pensais aussi par rapport au sens. Je trouvais ça hyper intéressant quand tu disais c'est une génération qui cherche du sens. Je pense que ça joue aussi énormément, je n'y avais pas pensé. On est dans une époque qui est de plus en plus en perte de sens, de manière globale. Je pense qu'on est tous un peu d'accord pour le dire. Et qui justement se tourne de plus en plus vers une recherche de sens à la vie. Et c'est aussi pour ça que c'est notre génération sur laquelle c'est le plus développé, tout ce qui est développement personnel. C'est une recherche de sens en fait, le développement personnel, etc. Complètement. Il y a eu ce qui est arrivé, je perds le terme, c'est quand tu fais un point. pour savoir vers quoi t'orienter.
- Speaker #1
Les bilans de compétences.
- Speaker #2
Les bilans de compétences. C'est aussi arrivé à notre génération parce que c'est lié à cette demande-là de retrouver du sens. Et je pense que la pression, on se la met aussi soi-même parce qu'à un moment donné, on va se retrouver bloqué en se disant mais en fait, ma vie n'a pas de sens. Qu'est-ce que je veux faire, etc. Question qu'on ne se posait beaucoup moins, à mon avis, avant parce que, c'est ni bien ni mauvais, mais parce que juste, tout simplement, on rentrait dans un cadre où effectivement, tu grandissais, tu sortais de l'école. Pour certains, tu faisais des études. Pour d'autres, tu travaillais. Tu te mariais dans la plupart des cas, tu avais ta famille et puis voilà. Et c'était de l'accomplissement et on n'en demandait pas plus. Et je pense que pour le coup, ça a été parasité par la mondialisation aussi des informations, des contenus. Là où avant, on était dans un truc effectivement qui pourrait être très familial, même au niveau des entreprises. En fait, il y avait beaucoup d'entreprises qui survivaient parce que juste à taille humaine et à échelle familiale et locale, elles permettaient de garder leurs salariés alors qu'aujourd'hui, le moindre floriste... s'il veut pouvoir effectivement économiquement tenir, il est obligé d'avoir un compte Instagram, des réseaux sociaux, communiquer, etc. C'est un peu la folie aussi. Oui,
- Speaker #1
complètement.
- Speaker #0
C'est aussi lié au fait qu'on n'a pas grandi dans les mêmes contextes économiques non plus. Quand tu regardes la génération des baby-boomers, ils avaient le plein emploi. C'est curieuse. Il y avait beaucoup plus de facilité qu'aujourd'hui à trouver du travail. Je rappelle, depuis 1973, on vit des périodes de chômage de masse. Notre génération a vécu... trois crises financières et des licenciements de masse. Et c'est pas fini ! Et c'est pas fini ! Et effectivement, on cherche du sens parce qu'on essaie de se raccrocher à ce qui nous concerne parce qu'en fait, effectivement, avec cette mondialisation de l'information, déjà, on a accès à des informations qu'on ne devrait pas avoir, notamment l'intégralité des guerres dans le monde, la moindre personne qui meurt à l'au-delà de la Terre ou le C. Mentalement, c'est quand même un très gros poids, ça a un impact sur tout le monde. Et dans les situations où... C'est la merde partout. Et tu te dis mais plus rien n'a de sens là, on voit ce qui se passe avec les Etats-Unis, la guerre en Ukraine, enfin il y a tellement de sujets. En fait c'est comme une forme de protection que de se recentrer sur soi et de se dire ok qu'est-ce qui me rend heureux, qu'est-ce que je sais bien faire, enfin si l'extérieur doit brûler, est-ce que je peux me trouver un petit cocon plus ou moins douillet dans le quotidien quoi.
- Speaker #1
Il y a aussi l'idée d'utiliser ses compétences pour le mieux, pour le... bien pour ce qu'il y a de mieux possible. Et du coup, on retrouve cette idée de refaire le point sur soi-même et de se dire à quoi est-ce que je pourrais servir aussi. Du coup, de se mettre un peu en perspective par rapport à ça. Et je trouve que c'est aussi un truc... J'ai retrouvé ce que je voulais dire tout à l'heure et du coup, j'en profite pour rebondir un peu dans ce sens-là. Mais on est aussi des générations qui allons travailler plus longtemps parce que le vieillissement de la population, c'est réel. Les progrès de la médecine, on vit plus longtemps. Les réformes des retraites font qu'on travaille plus longtemps. Et du coup, on a un peu ce truc de... On ne va pas se laisser enfermer dans un job qui ne nous plaît pas. On ne va pas se laisser complètement avaler par un modèle dans lequel on ne se reconnaît pas. Et on va être beaucoup plus prêt à se remettre en question régulièrement pour presque recommencer à zéro un chemin professionnel, juste histoire d'être bien dans ce qu'on fait.
- Speaker #0
On travaille plus longtemps, mais on commence plus tard aussi.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai.
- Speaker #0
C'est comme si c'était décalé. Oui.
- Speaker #2
On commence plus tard parce que c'est... Je n'ai pas rebondi tout à l'heure dessus, mais parce que c'est un statut social, une fois de plus. Je trouve qu'on dit que le statut social, aujourd'hui, n'a plus la même importance. Il est important, mais il a changé. En fait, il n'est plus le même. Mais le statut social est quand même toujours très important. C'est pour ça qu'on a poussé aux études. C'était pour dire, effectivement, les études avant sont réservées à une caste privilégiée. On ne veut plus, effectivement, de cette élite-là, ce qui est tout à fait compréhensible. Et donc, il faut qu'on... pousse au maximum, un maximum de gens à faire des études parce que c'est un statut social une fois de plus. Et on en revient à ce que tu disais, c'est-à-dire que c'est très bien mais en fait, si tu as 500 personnes formées tous les ans pour des postes qui ne concernent qu'une seule personne par entreprise, c'est pas donner un avenir viable et du sens aux 499 autres personnes tous les ans qui donc du coup vont avoir ce fameux diplôme mais sans poste derrière. Et derrière, on dit qu'il y a beaucoup de chômage, je suis entièrement d'accord, mais on a... complètement abandonné les métiers manuels, les métiers de l'artisanat. On a aussi complètement abandonné les filières professionnelles qui étaient énormément dénigrées déjà à notre époque. Alors que n'empêche que beaucoup qui se sont orientés dedans et qui ont pu arriver sur le marché de travail plus tôt et qui se sont épanouis dedans. Et il y en a beaucoup qui justement y vont. C'est un peu ce que tu disais quand tu vas effectivement élever tes chèvres dans le lardac. C'était beau,
- Speaker #1
plus, mais pas de problème. Ouais, vraiment, rien à voir.
- Speaker #2
C'est le même idée.
- Speaker #1
Je pense que vous suivez mieux qu'Arnaud.
- Speaker #2
Mais c'est ça, c'est-à-dire qu'en fait tu te dis peut-être que tu n'aurais pas fait tout ce parcours-là, tu aurais peut-être commencé par élever tes chefs dès le départ et peut-être que tu serais plus épanoui. Alors évidemment j'exagère, mais je pense qu'il y a une erreur aussi à pousser tout le monde vers des métiers d'études qui sont de facto des métiers de bureau, forcément dans 90% des cas. Et donc bah oui, en fait, si l'issue de tout ça c'est de te retrouver avec 499 collègues qui font la même chose que toi dans des open space, dans des bureaux de 8h à 18h, non, effectivement, ce n'est pas ça qui va donner un grand sens à la vie.
- Speaker #0
Ça me fait sourire parce que c'est un sujet de conversation que j'ai eu il n'y a pas très longtemps avec mon conjoint. C'est qu'en fait, souvent on parle de tes parents t'ont poussé à faire des études. Moi, j'ai fait des études, j'ai fait un master 2. Je suis en train de considérer potentiellement de reprendre des études pour compléter un peu mon parcours. Et pour le coup, mon conjoint, lui, n'a pas du tout fait d'études. Et ce n'était pas un truc particulier dans sa famille. Moi mes deux parents sont bardés de diplômes, ils ont été dans des grosses boîtes avant de monter la leur, c'est un peu des exemples de réussite classique de leur génération. Et quand je discute un petit peu de ce que je voudrais pour des enfants potentiels pour le futur, moi pour le coup je suis très axée métier manuel. Je voudrais vraiment mettre l'accent sur les métiers de base parce que pour le coup, c'est des métiers dont on a vraiment besoin. Je parle souvent de mon job comme un bullshit job et encore je suis dans la finance et je gère des trucs très concrets. Je ne suis pas sur des marchés. des trucs de fin je suis je suis vraiment sur la réalité des chiffres et des analyses des métiers qui ont un petit sens quand même entre guillemets en tout cas qu'il y ait une application directe et donc c'est pas mieux pour l'adultère en tant que ça reste pour moi dans tous les métiers un peu de bureau tout ce qui est marketing finances etc pour moi c'est vraiment des bullshit job c'est à dire qu'en fait si demain l'aspect financier s'effondre bah t'auras quand même besoin de ton plombier si t'as un p**** problème de lier à des os, quoi. Tu vas te faire manger du pain, tu vois ce que je veux dire ? Il y aura toujours ce truc-là, et pour le coup, c'est assez marrant, parce que j'ai vécu pendant un an en Australie, et ces métiers-là, des métiers très manuels, très concrets, ils sont bien mieux payés que chez nous. Tu peux être boulanger et gagner 5000 dollars par mois.
- Speaker #2
Et le plombier, il te fera toujours payer extrêmement cher, d'ailleurs, le fait que tu aies besoin de lui un dimanche matin.
- Speaker #1
Le serrurier te fera toujours payer extrêmement cher.
- Speaker #0
Mais voilà, c'est des métiers, Pour le coup, qui ont un sens. C'est peut-être pas le métier passion, je suis d'accord. On ne va pas rêver de refaire sa serrure tous les quatre matins, mais pour le coup, c'est des métiers qui ont une vraie utilité et qui sont complètement sous-prêtés.
- Speaker #1
Pour l'anecdote, mon voisin a claqué sa porte trois fois en quatre mois. Voilà, donc je pense qu'il appelle le...
- Speaker #0
Tu lui donneras mon numéro !
- Speaker #1
Je pense qu'il connaît son serrure et pas son prénom à ce stade-là.
- Speaker #2
Je connais quelqu'un et il est menuisier. Il a monté sa boîte, il y a 10 ans, ok ? Il l'a fermé au bout de 6 ou 7 ans parce qu'il avait énormément de demandes, énormément de clients, mais pas assez de personnes qui bossent avec lui. Je me souviens de le voir poster tous les mois sur ses stories Instagram, partout, je recherche, je suis prêt à recruter, immédiatement, j'ai des chantiers, j'ai des contrats, etc. Pendant des années, sa boîte tournait, mais il n'avait pas suffisamment de personnes pour travailler avec lui et malheureusement, il a dû fermer sa boîte à cause de ça. Et ça, c'est quand même troublant.
- Speaker #0
On est tous occupés à faire des PowerPoint, c'est pour ça.
- Speaker #1
Oui, mais exactement le même type d'exemple. Pour le coup, c'est les parents d'un ami. C'est la génération au-dessus qui, à la base, comme tes parents, scénario classique, réussite individuelle. Ensuite, ils ont créé leur boîte, etc. Sauf que leur boîte, c'était une boîte de luminaires. C'était un truc manuel. C'était créer des lampes design diverses et variées. Et ils ont dû fermer parce qu'ils n'ont pas été capables d'honorer toutes les commandes qu'ils avaient. Parce qu'il y avait trop de commandes et que, bah, impossible de recruter, impossible de suivre le truc et juste impossible de trouver des gens pour travailler et honorer toutes les commandes qu'ils avaient.
- Speaker #2
Donc en fait, l'enjeu, c'est que il y a du travail. Peut-être qu'il n'y a pas juste simplement à traverser la rue, mais en tout cas, il y a du travail. Très belle. For sure. cet épisode sera très daté non mais il y a du travail mais en fait à force d'avoir mis tout le monde dans un même couloir avec forcément des mêmes postes on arrive à beaucoup trop de gens pour pas assez de boulot et de l'autre côté beaucoup de boulot, il n'y a pas assez de gens et je pense qu'il y a déjà un rééquilibrage à faire dessus et puis la conclusion aussi si j'en comprends bien c'est que en fait ce qui... pousse aussi aujourd'hui au burnout, c'est aussi la recherche de sens qui nous touche et parce que c'est toujours des histoires aussi de pression de la société, de statut social. C'est vraiment quelque chose qui est quand même assez inhérent à toutes les époques. Pas de la même manière, mais c'est quand même quelque chose qui est toujours présent.
- Speaker #0
Pour moi, il y a aussi un aspect qui est très important et qu'on n'a pas encore abordé jusque-là, c'est vraiment le traitement que tu peux recevoir dans ton travail. Aujourd'hui, je parle uniquement de nos nouvelles générations, de notre génération, mais des nouvelles qui arrivent. Parce qu'en fait, la considération qu'on accordait aux employés, elle a complètement changé. Maintenant, on est passé d'employé à salarié, le vocabulaire se transforme. Mais surtout, avant, de ce que j'ai compris, de ce que j'ai observé, on était sur des boîtes qui étaient peut-être un peu plus petites. Quel que soit le métier que tu faisais, si c'était très manuel dans l'usine ou un peu des métiers plus de bureau, moi, dans mon domaine financier, la compta, elle se faisait à la main. On n'avait pas forcément Excel, on passait beaucoup plus de temps sur certaines tâches. Et en fait, avec l'arrivée des nouvelles technologies, ça a été un énorme boost pour énormément de métiers de bureau qui se sont vus accompagnés par des nouveaux outils. Et donc, en fait, on a demandé encore plus. Et il y a pas mal d'entreprises aujourd'hui qui se montent, qui ont directement des financements d'un peu partout dans le monde. et le... Même le patron d'une boîte aujourd'hui, il n'a pas vraiment les pleins pouvoirs parce que c'est plutôt basculé du côté des investisseurs. Et alors moi, côté financier, c'est un truc que je vois énormément. C'est le sacro-saint investisseur à qui on doit tout donner et pour qui on doit tout sacrifier. Et pour le coup, ça, c'est hyper dangereux pour les salariés. Et c'est pour ça qu'on observe aussi pas mal de burn-out. C'est qu'en fait, au fur et à mesure des années, l'investisseur, il veut avoir une rentabilité. Donc il met ses sous quelque part et il faut lui y rendre. le maximum possible. Ça implique quoi ? Ça implique d'être rentable et d'être toujours plus rentable. Donc là, aujourd'hui, on ne se contente pas de faire de l'argent, de payer tout le monde et tout le monde est content et c'est super et on n'est pas obligé de tout s'épuiser parce que ça fonctionne. Non, pas du tout. Ça doit être toujours plus, ça doit être encore plus séduisant, on veut investir encore plus d'argent, c'est un peu la quête impossible et infinie de l'expansion perpétuelle. Et en fait... Au bout d'un moment, tes ressources, elles sont finies. Tu vises l'infini, mais tes ressources ne le sont pas. Et quand tu as baissé tous tes coûts, que tu ne peux pas négocier mieux tous tes contrats, que ta matière première, elle est vraiment genre tu payes le minimum, etc. Il reste quoi ? Il reste la masse salariale. Et c'est ça que tu vas compresser. Tu vas demander plus avec moins. Et tu peux te retrouver à faire le boulot de trois personnes. Parce qu'en fait, il y a des personnes qui sont parties. Et puis ça coûte trop cher de les remplacer aujourd'hui parce qu'elles étaient dans la boîte depuis dix ans. Elles n'avaient jamais négocié leur salaire. Elles n'ont jamais été augmentées. Puis aujourd'hui, les personnes qui arrivent, elles se retrouvent à avoir beaucoup plus de responsabilités parce que forcément, chaque année, ta to-do liste s'allonge un petit peu plus parce qu'il y a des nouvelles exigences de la part de tout en haut. Et en fait, tu n'as pas le temps, les personnes ne sont pas forcément remplacées, tu te retrouves à faire des heures pas possibles. Là, j'ai eu le cas d'une copine, elle s'est retrouvée à bosser, elle faisait le travail de 4 personnes, parce qu'il y a eu 2 burn-out, 1 congé mat, et je crois juste un arrêt, je ne sais plus trop ce que c'était, mais on aurait dit maladie classique, on va dire. Elle s'est retrouvée à faire le boulot pour 4 personnes en plus, c'était la seule temps plein. Pendant des mois, elle a demandé à ce qu'ils recrutent au moins des personnes temporaires, ils ont fini par prendre 2 juniors. qu'elle a dû du coup former en plus, donc charge de travail supplémentaire, et elle a réussi à tenir pendant six mois. Quand la situation s'est plus ou moins rétablie à la normale, on va dire, elle s'est complètement effondrée, épuisée, elle avait vraiment tout donné. Et elle a été communiquer ça à ses hiérarchies en disant « je vais vraiment pas bien, j'ai tout donné ces derniers mois et là j'ai besoin d'aide » . Et ils lui ont répondu que « oui mais techniquement c'est un peu de sa faute » parce qu'ils lui ont pas dit de faire tout le boulot. en attendant le boulot, il fallait bien qu'il soit fait.
- Speaker #2
Je pense qu'il y a aussi, c'est extrêmement vrai, je le retrouve totalement dans ce que tu viens de dire, et c'est aussi en plus, je pense, un mélange des genres, de la culture du travail qui s'est américanisé en France, parce que tous les exemples qu'on a cités, c'était que des exemples américains, les youtubeurs, facebook, etc., les startups qui ont cartonné, qu'on a voulu reproduire en France, en vantant un modèle effectivement merveilleux. pour plein de jeunes ou plein de personnes de tu vas pouvoir faire fortune en créant ton entreprise et en étant rentable et en gagnant des millions je pense que en fait ce qu'on a oublié c'est que si ça marche aux Etats-Unis si cette histoire là marche aux Etats-Unis c'est parce qu'il y a une culture de travail qui est différente de celle qui existe en France et il y a un rapport aux choses qui est différent de la France et on a voulu imposer un modèle américain à une culture qui n'est pas du tout adaptée à ça Et je pense que c'est pour ça que dans 99% des cas, en fait, les startups n'ont pas marché en France parce que le modèle économique, culturel et social n'a rien à voir avec les États-Unis. Et il repose là-dessus. Le succès aux États-Unis repose sur un ensemble de choses qui est beaucoup plus profond que juste « j'ai lancé ma boîte, ça a marché et j'ai gagné des millions » . Et je pense que l'erreur, elle est là. Ça a été d'avoir un mélange des genres en fait en termes de culture du travail, ce qui a poussé du coup à vendre du rêve. Et en fait, ce qui ne pouvait pas marcher en dehors des États-Unis.
- Speaker #0
Oui, je suis d'accord. Puis on voit que certaines entreprises aujourd'hui qui n'arrivent plus à séduire, elles utilisent des moyens un peu détournés pour essayer d'attirer des nouveaux salariés. Je pense par exemple aux entreprises qui mettent en place des salles de sieste.
- Speaker #1
Mais le pire, c'est que ça fait rêver. Le pire, c'est que je suis hyper d'accord. J'ai très envie de bosser dans un endroit où il y a une salle de sieste.
- Speaker #0
En fait, c'est vraiment un piège. Il ne faut pas tomber là-dedans.
- Speaker #2
C'est merveilleux. Mais j'ai fait six mois dans cette boîte et j'ai fait un lien en burn-out.
- Speaker #0
Voilà, parce qu'en fait, alors, ils essayent de nous attirer avec ça. Donc, salle de sieste, des jeux, un petit baby-foot à côté de la cantoche, une conciergerie, une salle de sport. En fait, ce qui se passe, c'est qu'on cherche à nous faire passer tout notre temps au travail. En fait, on remplace les moments d'indépendance qu'on avait. Et là, c'est, ben non, t'as pas besoin de rentrer chez toi faire ta lessive. Regarde, on a une conciergerie, il y a un service pressing. Tu peux te détendre, tu es fatigué, mais va faire une sieste. T'as pas besoin de rentrer dans ma chez toi. Et en fait, tu ne quittes jamais. le bureau.
- Speaker #2
Moi je trouve que c'est hyper intéressant. Dernier petit tour je pense, est-ce qu'on aurait chacun peut-être des choses, des conseils à donner ou une expérience à donner ? Moi ce que je voudrais dire, c'est juste si effectivement vous êtes dans le cas de figure d'un épuisement professionnel que vous le sentez, parfois ça peut être assez insidieux, c'est-à-dire qu'on sent qu'on ne va pas bien, on n'arrive pas à comprendre pourquoi, c'est peut-être déjà un premier signe. Faites attention, parce que le danger c'est de se dire, et on est tous passés par là pour ceux qui malheureusement ont connu ça, C'est de se dire, non mais c'est que passager, ça ira mieux après et je prendrai le temps de me reposer. Et en fait, c'est faux parce qu'en fait, il y a toujours des choses. Si vous avez beaucoup de choses à gérer à l'instant T, ça veut dire que c'est une boîte qui vous donne déjà beaucoup de choses à gérer en trop. Et donc, elle ne va pas se calmer par la suite. Et donc, en fait, c'est une fuite en avant. Et vraiment, faites attention parce que ça s'accélère très très vite. Donc, vraiment, prenez le temps de, parfois, s'il faut, de manière un petit peu brutale, de prendre de la distance ou même de prendre un temps de pause. plusieurs semaines, il vaut mieux ça plutôt qu'effectivement comme on le disait, passer des mois ensuite à essayer de se remettre d'un burn-out avec les séquelles que ça peut engendrer et la deuxième chose, moi que je dirais, c'est vraiment effectivement ce que je disais déjà avant, bien séparer les deux moi je sais vraiment que mon conseil c'est vraiment le pro reste professionnel et le privé reste privé et ne pas mélanger les deux, je pense que c'est ce qui aussi crée une confusion aussi pour notre esprit
- Speaker #0
Oui, je suis d'accord avec toi. Pour le coup, je vais rajouter aussi que la fatigue qu'on prend sur soi quand on fait un burn-out, il faut bien préciser que ce n'est pas de la fatigue physique. Donc si vous prenez trois semaines de vacances, deux mois de vacances ou même six mois d'arrêt, si vous avez fait un burn-out violent, en fait, c'est la fatigue neurologique. Donc vous reposez, vous allez reposer votre corps, vous pouvez reposer un petit peu votre esprit, mais en fait, il y a un vrai bouton de protection qui s'active dans le corps. Il faut travailler dessus pour pouvoir vous sortir de cette situation de gros stress. Et ce n'est pas six mois de repos qui va changer ça. En fait, il faut vraiment se faire accompagner par un psychologue. Et j'ai un petit conseil aussi à donner, surtout dans le cadre d'intégrer de nouvelles boîtes ou quand vous êtes en recherche d'emploi. N'hésitez pas à demander le taux de turnover dans l'entreprise. Je précise qu'en gros, c'est un indicateur qui vous guide pour savoir si les salariés partent beaucoup. En fait, est-ce que les salariés quittent leur entreprise ?
- Speaker #2
Et à quel rythme ?
- Speaker #0
Voilà, à quel rythme ils quittent l'entreprise ? Parce que vous promettre des promotions, on vous dit souvent que vous avez de belles perspectives d'évolution, c'est super, mais ça veut dire qu'il y a des gens qui partent, parce qu'il n'y a pas forcément de postes qui se créent tous les quatre matins. Donc si on vous vend une boîte avec des promotions rapides et des belles perspectives d'évolution, ça veut souvent dire qu'en fait il y a beaucoup de départs et là il faut chercher pourquoi il y a des départs.
- Speaker #2
Et un recrutement rapide aussi. Recrutement rapide. Et vous ? Poser la question. Rapide, en disant, ceux qui vous disent, oui, oui, c'est vraiment à zap. C'est souvent pas bon aussi.
- Speaker #0
Voilà, c'est comme l'entreprise qui va vous dire, ici, on est une grande famille. Il y a deux, trois mots clés qui sont vraiment red flag. Et moi, je vais m'arrêter là-dessus. Ce sera de dire, voilà, demandez le taux de turnover et surtout demandez pourquoi le poste est ouvert et dans quel cadre la personne précédente est partie.
- Speaker #1
Et si je dois terminer, moi mon petit conseil ce serait en effet un burn-out, il y a sur le coup de la fatigue physique, mais c'est majoritairement psychologique, c'est majoritairement neurologique, c'est dans votre tête. Et la manière dont ça va en général transparaître le plus facilement, c'est votre comportement social. Donc, soyez entouré de gens à qui vous pouvez faire confiance et écoutez ce que vous disent vos proches lorsque vous avez une sœur, un père. Un ami, deux amis, trois amis qui vous disent « t'as pas l'air d'aller bien en ce moment » , écoutez-les, ils peuvent avoir raison.
- Speaker #2
Aude, Marie, merci beaucoup du coup pour cet épisode. Je pense qu'on a fait le tour du sujet. N'hésitez pas à nous dire également en commentaire les expériences que vous avez pu avoir ou ce que vous en avez tiré en écoutant cet épisode. Si vous avez des choses aussi à nous recommander, n'hésitez pas à nous laisser un commentaire. Je vous remercie beaucoup.
- Speaker #1
Merci à toi.
- Speaker #2
Merci. et merci à vous de nous avoir écoutés et on vous donne surtout rendez-vous le mois prochain premier vendredi premier vendredi à bien noter donc on sera le je ne sais pas combien écoutez vous regarderez mais premier vendredi de chaque mois évidemment un nouvel épisode de Novel Retro salut à tous merci beaucoup salut