Speaker #0Bonjour, bienvenue dans Psy Neuropsy. Je suis Sandrine Brun de Meo, psychologue et neuropsychologue clinicienne. Aujourd'hui, on va parler de la dépression après une naissance et de trois situations qu'on confond parfois. Le baby blues, la dépression et la psychose du postpartum. Je vous propose une scène composite. Trois semaines après la naissance, une femme répond à sa mère. « Ça va, je suis fatiguée, mais ça va. » Elle raccroche et pleure. Son bébé dort. Elle le regarde, mais ne ressent pas le bonheur qu'elle croyait devoir ressentir. Ce qui l'inquiète, ce n'est pas seulement la fatigue, c'est ce vide qu'elle n'ose pas nommer. À la visite suivante, la sage-femme lui demande comment va son moral. Elle répond encore « Ça va. » Pas parce qu'elle veut cacher quelque chose, mais parce qu'elle ne sait pas ce que sa réponse risque de déclencher. Je vais distinguer le baby blues d'un épisode dépressif et d'une urgence psychiatrique. On parlera aussi de ce qui peut aider à repérer ces situations sans transformer chaque difficulté en maladie. Je vais nommer clairement les signes qui demandent une aide urgente. Si vous vous reconnaissez dans une situation qui vous inquiète, ne vous servez pas de cet épisode pour poser un diagnostic, contacter un professionnel. En cas de danger immédiat, appelez le 15 ou le 112. Cet épisode ne demande pas d'observer sa propre souffrance à distance, comme s'il fallait d'abord prouver qu'elle est assez grave. Il donne des repères. Une personne peut demander de l'aide avant d'avoir trouvé le bon mot. Le baby blues, ou blues du postpartum, est fréquent dans les premiers jours après la naissance. Selon les études et la façon de le mesurer, les estimations vont souvent d'environ 1 femme sur 2 à 4 ou 5. On parle surtout de larmes faciles, d'irritabilité, d'émotions qui changent vite, parfois d'anxiété. Il apparaît généralement dans les premiers jours, souvent autour du deuxième ou du troisième, puis s'atténue spontanément en quelques jours. Chez la plupart des femmes, il a disparu dans les deux semaines. Ce n'est pas une preuve que les hormones expliquent tout. La naissance, le manque de sommeil, la douleur et le bouleversement du quotidien comptent aussi. Certaines personnes sont surtout irritables, d'autres pleurent facilement ou se sentent anxieuses. Ce ne sont pas des profils séparés et ce n'est pas une faute de ne pas vivre cette période avec sérénité. Pour s'orienter, regardez surtout le moment où les signes commencent et leur évolution. Un blues peut être intense. Ce qui doit faire demander conseil, c'est une souffrance qui s'aggrave, dure ou empêche de prendre soin de soi, de dormir dès qu'une occasion se présente. ou de fonctionner comme d'habitude. La durée donne un repère, mais personne n'a besoin d'attendre deux semaines pour parler à sa sage-femme ou à son médecin. Une femme peut pleurer beaucoup en après-midi sans que cela suffise à conclure à une dépression. A l'inverse, il ne faut pas attendre le quatorzième jour si elle se sent en danger, si son état se dégrade ou si elle est inquiète. Demander du soutien n'oblige pas à poser un diagnostic. Une proche peut commencer par une question simple. Est-ce que tu voudrais que je reste un peu ou que je prenne le bébé pendant que tu te reposes ? Même transitoire, le blues mérite de l'attention. Du repos quand c'est possible, un relais concret et quelqu'un qui écoute sans répondre trop vite, c'est normal. Une difficulté attendue peut quand même être pénible. Si les larmes ou l'anxiété persistent, s'aggravent ou vous inquiètent, dites-le à un professionnel. Ce n'est pas à vous de choisir seul entre un baby blues et une dépression. Et même quand il s'agit bien d'un blues passager, un relais concret et quelqu'un qui écoute peuvent changer la façon de traverser ses journées. Dans le manuel diagnostique DSM-5-TR, le repère du début péripartum s'applique quand un épisode dépressif commence pendant la grossesse ou dans les quatre semaines après la naissance. Il sert à classer le début, pas à fixer une date limite pour souffrir ou demander de l'aide. En France, l'HAS inscrit le repérage et la prise en charge des troubles psychiques périnataux dans la grossesse et l'année qui suit la naissance. Une souffrance qui commence au quatrième ou au sixième mois mérite donc aussi une évaluation. La date de début aide à comprendre la situation. Elle ne décide pas, à elle seule, si une personne a droit à de l'aide ou non. Un épisode dépressif caractérisé associe plusieurs symptômes présents presque tous les jours. pendant au moins deux semaines, avec une souffrance ou un retentissement important. Il faut notamment une humeur dépressive ou une perte d'intérêt et de plaisir. Le professionnel vérifie l'ensemble du tableau, son évolution et les autres explications possibles. Les mêmes critères prennent une couleur particulière après une naissance parce que certaines choses, sommeil, énergie, attention, sont déjà mises à l'épreuve par les soins au bébé. Après une naissance, la fatigue et les nuits coupées sont fréquentes. Elles ne permettent donc pas, seules, de reconnaître une dépression. Une question utile est, quand une occasion de dormir ou de souffler se présente, qu'est-ce qui se passe ? La réponse donne un indice. pas un verdict. Si le bébé se réveille toutes les heures, la fatigue s'explique en partie. Si une mère reste tendue, éveillée et incapable de profiter d'un relais, c'est aussi utile à raconter. Le lien avec le bébé ne ressemble pas toujours à ce qu'on imaginait. Certaines mères se sentent proches tout de suite, d'autres ont besoin de temps. Ne pas ressentir un attachement intense dès les premiers jours ne suffit pas à évoquer une dépression. On s'intéresse plutôt à l'ensemble. Perte de plaisir dans plusieurs domaines, désespoir, culpabilité envahissante, retrait et retentissement dans la durée. Une mère peut accomplir les soins avec sérieux tout en se sentant vide ou étrangère à ce qu'elle fait. L'un n'annule pas l'autre. La culpabilité peut prendre beaucoup de place. Je devrais être heureuse. Je ne suis pas à la hauteur. Elle peut accompagner une dépression, mais elle n'est pas spécifique de ce trouble. Ce qui compte, c'est sa fréquence. son intensité et la place qu'elle prend dans le tableau global. L'irritabilité aussi peut être au premier plan. Une mère peut s'emporter, puis avoir honte. Là encore, ce signe ne permet pas de conclure seule. Il prend sens avec les autres changements et leur durée. L'anxiété mérite d'être entendue, même sans tristesse marquée. Par exemple, une mère peut vérifier plusieurs fois que le bébé respire, rester en alerte quand il dort ou ne plus réussir à se reposer. Une inquiétude répétitive qui épuise ou gêne le quotidien justifie d'en parler, qu'elle soit associée ou non à une dépression. Parfois, elle craint qu'un événement arrive. Parfois, elle doute de chaque geste. Avoir posé le bébé dans son lit, préparé un biberon, oublié quelque chose. La question n'est pas de savoir si l'inquiétude est raisonnable en général, mais si elle est devenue envahissante pour cette personne. Pour un épisode dépressif caractérisé, les classifications retiennent au moins 5 symptômes sur une période de moins de 2 semaines, dont une humeur dépressive ou une perte d'intérêt. Les autres peuvent toucher le sommeil, l'appétit, l'énergie, la concentration, le ralentissement ou l'agitation, la culpabilité et les idées de mort. Ce n'est pas une liste d'autodiagnostics. L'évaluation tient compte du contexte, du retentissement et des autres causes possibles. Le sommeil, par exemple, peut être perturbé par les réveils du bébé, par l'anxiété, par une dépression ou par plusieurs de ces éléments à la fois. Un professionnel peut aussi vérifier si une cause physique contribue à certains symptômes. Par exemple, une atteinte thyroïdienne peut modifier l'énergie ou l'humeur après la grossesse. Ce bilan dépend des symptômes et du contexte. Il n'est pas automatique pour toutes les femmes. Pour repérer une dépression après une naissance, les professionnels peuvent utiliser un questionnaire appelé EPDS, l'échelle de dépression post-natale d'Edimbourg. Il comporte 10 questions sur ce que la mère a ressenti au cours des 7 derniers jours. La possibilité de prendre du plaisir aux choses, la culpabilité, l'anxiété, la tristesse ou encore des pensées de se faire mal. Chaque réponse apporte entre 0 et 3 points. Le total va donc de 0 à 30. Plus il est élevé, plus les symptômes recherchés sont présents. Deux seuils sont souvent utilisés pour le repérage. A partir de 10 points, le résultat invite à approfondir les difficultés, à examiner les soutiens disponibles et à prévoir un suivi. A partir de 13, la suspicion de dépression est plus forte et une évaluation clinique approfondie est indiquée. Mais 10 ne signifie pas dépression légère et 13 ne signifie pas dépression sévère. Ce sont des seuils de dépistage. Celui de 10 permet de repérer davantage de femmes susceptibles d'avoir une dépression au prix de davantage de résultats positifs chez des femmes qui n'en ont pas. Celui de 13 est plus spécifique, mais laisse aussi passer certaines dépressions. Aucun des deux ne suffit à poser un diagnostic. Dans l'Hérault, une étude menée en 2024 a inclus 263 entretiens post-nataux précoces. Parmi les 248 femmes ayant rempli ce questionnaire, près de 30% atteignaient le seuil de 10. et 16% celui de 13%. Ces 16% sont déjà compris dans les 30, on ne les additionne pas. Ces proportions décrivent les femmes évaluées dans cette étude. Elles ne représentent pas toutes les mères de France. Et l'évaluation qui suit, concrètement ? C'est un entretien clinique avec un professionnel formé. On reprend les symptômes, leur durée, leur évolution et leurs conséquences. Est-ce que cette mère peut encore éprouver du plaisir, prendre soin d'elle, se reposer lorsqu'un relais est disponible ? On explore aussi son histoire, l'anxiété, les conditions de vie. et les aides dont elles disposent. L'objectif est de comprendre ce qui se passe et de choisir une réponse adaptée. Plusieurs difficultés peuvent coexister. Une réponse évoquant des pensées de se faire du mal demande une évaluation immédiate, même si le total reste inférieur à 10. On ne laisse pas l'addition effacer une réponse préoccupante. Le questionnaire aide à ouvrir l'entretien. Le score ne doit jamais le refermer. La psychose du postpartum. Les estimations la situent autour d'une à deux naissances sur mille. Elle commence souvent dans les deux premières semaines, parfois rapidement. On peut voir apparaître une confusion importante, des idées délirantes ou des hallucinations. Certaines personnes sont très agitées, exaltées ou ne dorment presque plus. Une dépression sévère peut aussi comporter des symptômes psychotiques. Ce n'est pas l'euphorie qui à elle seule fait le diagnostic. Ce qui frappe les proches, c'est parfois un changement rapide, une personne qui ne se reconnaît plus, qui parle d'une réalité que les autres ne partagent pas, ou qui semble ne plus vouloir s'arrêter. C'est une urgence psychiatrique. Il faut obtenir une évaluation sans attendre, souvent à l'hôpital. Des unités mère-bébé existent dans certaines régions. L'équipe évalue si une hospitalisation conjointe est possible et adaptée à la situation. Un antécédent personnel de psychose, du postpartum ou de deux troubles bipolaires augmente fortement le risque et doit être signalé pendant la grossesse. Les antécédents familiaux de troubles bipolaires comptent aussi. Mais l'absence de ces antécédents ne permet pas d'écarter l'urgence si les signes apparaissent. Je veux distinguer ces signes des pensées intrusives qui peuvent beaucoup effrayer les jeunes mamans. Par exemple, l'image du bébé qui glisse dans l'escalier ou d'un accident avec un couteau. Une étude longitudinale menée auprès des femmes enceintes et de nouvelles mères a montré que ces pensées non voulues sont fréquentes. Dans une autre étude, elles n'étaient pas associées à davantage d'agressions physiques envers le bébé. Une pensée qui surgit et horrifie la personne ne prouve donc pas qu'elle veut passer à l'acte. Certaines femmes n'en parlent pas, justement parce qu'elles craignent qu'on confonde l'image qui leur fait peur avec un projet. C'est une raison de créer un espace où elles peuvent la décrire. Ce n'est pas une raison pour banaliser la souffrance qu'elle provoque. Mais on ne peut pas évaluer la sécurité d'une personne à partir d'une phrase isolée. Il faut demander si la pensée est voulue ou non, s'il existe une intention ou un plan, si la personne se sent capable de résister, et si elle garde un contact avec la réalité. Si une pensée vous effraye, dites-le à un professionnel. Vous n'avez pas à trancher seul entre c'est normal et c'est dangereux. Ce sont des questions sensibles, mais elles ne sont pas interrogatoires. Elles aident à choisir la bonne réponse qui peut aller d'une consultation de soutien à des soins urgents. Ce qui demande une aide immédiate, c'est notamment une intention ou un plan de faire mal, le sentiment de ne plus pouvoir assurer sa sécurité ou celle du bébé, des hallucinations, des convictions délirantes ou une pensée qui se désorganise rapidement. Dans ces cas-là, appelez le 15 ou le 112. Les idées suicidaires demandent elles aussi une réponse rapide. Si le danger est immédiat, de la même façon appelez le 15 ou le 112. Pour parler à un professionnel et être orienté, vous pouvez également appeler le 3114 gratuitement 24h sur 24 et 7 jours sur 7. La psychose du postpartum se soigne. Une prise en charge précoce et un suivi spécialisé sont essentiels. L'évolution et le risque de récidive dépendent de l'histoire de la personne. Ce n'est pas une raison de se taire par peur. C'est une raison de ne pas rester seule avec les signes. On me demande souvent, si toutes les femmes traversent une chute hormonale après l'accouchement, pourquoi certaines font-elles une dépression et d'autres non ? Parce qu'une variation biologique peut compter sans tout expliquer. La dépression du postpartum ne se résume pas à une cause unique. Les chercheurs décrivent plusieurs dimensions qui peuvent se combiner. Elles augmentent ou diminuent une vulnérabilité. Elles ne prédisent pas avec certitude ce qui arrivera à une personne. Il y a des facteurs biologiques. Antécédents de dépression ou de troubles bipolaires, sommeil très perturbé et sensibilité particulière aux changements hormonaux chez certaines femmes. Les mécanismes hormonaux et cérébraux sont étudiés, mais ils n'expliquent pas encore à eux seuls pourquoi une dépression survient. Parmi les pistes étudiées, il y a l'alloprénianolone, un neurostéroïde qui agit sur les récepteurs GABA-A du cerveau et dont le taux change beaucoup pendant la grossesse et après l'accouchement. Cela a inspiré des traitements comme la brexanolone et la suranolone. Aux Etats-Unis, la FDA a autorisé la suranolone chez l'adulte pour la dépression du postpartum. En France, l'HAS a refusé son accès précoce en 2025. Ce résultat ne prouve pas que la dépression soit hormonale. Il montre qu'un mécanisme possible peut ouvrir une piste thérapeutique, sans expliquer tous les cas. L'existence d'un traitement ciblant un mécanisme ne signifie pas que ce mécanisme soit présent de la même façon chez tout le monde, ni que les médicaments soient accessibles. dans tous les pays. Il y a aussi le vécu psychologique. Un épisode dépressif ou anxieux antérieur, une naissance vécue comme traumatisante ou des attentes impossibles envers soi-même. Quand une mère pense qu'elle devrait aimer son bébé immédiatement et se sentir heureuse, une adaptation plus lente peut être vécue comme une faute personnelle. Enfin, il y a les conditions de vie, isolement, manque de relais, difficultés matérielles, nuit très morcelée ou reprise du travail compliqué. Un problème d'allaitement peut ajouter de la souffrance, surtout quand la personne le vit comme un échec. Ce n'est pas un défaut de volonté. Il peut aussi exister des tensions dans le couple, des violences, un logement trop petit ou une situation financière qui laisse peu de marge. On ne règle pas cela avec un conseil sur la respiration. Il faut écouter la réalité quotidienne et orienter vers les soutiens pertinents. Aucun de ces éléments ne permet de prédire à lui seul qui fera une dépression. Deux femmes. peuvent vivre la même naissance et ne pas avoir la même suite. Une femme sans facteur de risque repéré peut aussi aller mal. Il ne s'agit pas de trouver une faute ou une cause unique, mais de comprendre ce qui pèse et ce qui pourrait aider. Imaginez une mère qui se sent bien pendant les visites, puis s'effondre le soir, quand elle est seule, avec un bébé qui pleure. Sa difficulté ne se résume ni à son histoire médicale, ni à ce qu'elle a ressenti à la maternité. Le moment de la journée, Le manque de relais et son état psychique comptent ensemble. Le coparent peut lui aussi traverser une dépression pendant cette période. Si les deux parents vont mal, le quotidien devient alors encore plus difficile à tenir. Cela mérite une attention pour chacun, sans déplacer le regard de la mère qui demande de l'aide. Quand un partenaire dit « je ne dors plus, je n'arrive plus à travailler et je m'isole » , ce n'est pas seulement une question d'aider davantage sa compagne. Lui aussi peut avoir besoin d'un rendez-vous. Voici trois scènes composites. Elles ne correspondent à aucune personne en particulier. Elles servent à rendre les différences plus concrètes. Première scène. Une femme, six semaines après son premier accouchement. Elle se sent triste presque tous les jours depuis plusieurs semaines. Elle ne prend plus plaisir à regarder sa série du soir. Elle pleure souvent, se juge comme une mauvaise mère. et dort mal même lorsque quelqu'un prend le relais. Sa sœur lui propose de garder le bébé une heure. Elle répond qu'elle n'a pas le droit de partir se promener tant que la maison n'est pas rangée. Ces signes justifient une consultation rapide. Seul un entretien peut déterminer ce qui se passe. Deuxième scène. Dix jours après la naissance, une mère voit parfois l'image du bébé qui tombe dans l'escalier. Elle en est horrifiée et évite de le porter près des marches. Elle n'a pas envie de lui faire du mal. Elle a peur de l'image et de ce que les autres penseraient si elle le racontait. Cette pensée mérite d'être racontée à un professionnel, surtout si elle envahit son quotidien. À elle seule, elle ne prouve ni une intention, ni un réel danger. Troisième scène. Une semaine après la naissance, une femme ne dort presque plus depuis plusieurs nuits. Elle parle très vite, ses idées s'enchaînent et elle est convaincue que son bébé porte un message qu'elle seule peut décoder. Il faut appeler les urgences. Confusion, conviction inhabituelle et absence de sommeil forment ici un tableau qui ne peut pas attendre un rendez-vous ordinaire. Ces scènes ne sont pas un outil de tri à appliquer chez soi. Elles montrent pourquoi on pose des questions différentes selon ce que l'on observe. Humeur et fonctionnement, pensée subie ou intention, contact avec la réalité, sécurité immédiate. Dans le doute, un professionnel évalue la situation avec vous. Une observation qui inquiète suffit à appeler un professionnel. On n'a pas à attendre d'avoir réuni tous les signes d'une catégorie. Dans les deux premières scènes, la difficulté aurait pu rester cachée derrière un « ça va » . Une question plus précise, sans jugement, « qu'est-ce qui a été plus difficile cette semaine ? » peut parfois ouvrir l'échange. Elle ne remplace ni l'écoute, ni une évaluation. On peut aussi demander à la mère ce dont elle aurait besoin maintenant. Une présence, un relais, un rendez-vous, ou simplement qu'on l'écoute sans résoudre quoi que ce soit tout de suite. À retenir donc, le baby blues, la dépression et la psychose du postpartum sont des situations différentes. Leur durée, leurs signes et le degré d'urgence ne sont pas les mêmes. La dépression ne se résume pas à de la tristesse. Elle peut toucher le plaisir, le sommeil, l'énergie, la concentration et la façon dont on se juge. Une pensée intrusive ne signifie pas automatiquement une intention. Si elle vous fait peur, parlez-en. Si vous craignez un passage à l'acte ou perdez le contact avec la réalité, demandez une aide urgente. Le 20 octobre, on parlera des facteurs qui peuvent se combiner et de ce qui rend parfois la prise de parole si difficile. Le 30 octobre, je vous proposerai des repères. pour préparer une conversation avec un professionnel. Merci beaucoup de m'avoir écouté et à très bientôt.