Description
Penser avec les hormones : un autre raisonnement clinique
Les deux premiers épisodes ont posé la mécanique et décrit les erreurs produites quand la variable hormonale disparaît du raisonnement clinique. Cet épisode traite de ce qui change quand elle revient.
Pas dans un futur théorique. Dans certaines pratiques qui existent déjà.
Le diagnostic change d’abord. La question n’est plus seulement “quel trouble ?”, mais “à quel moment du cycle, à quelle phase de vie, dans quel contexte physiologique ce tableau apparaît-il ?”.
La prise en charge change ensuite. Certaines interventions deviennent plus pertinentes à certains moments du cycle. Certaines fluctuations cessent d’être lues comme des résistances thérapeutiques ou des défauts de motivation. Le coût cognitif de la régulation cesse d’être traité comme constant.
La lecture relationnelle change aussi. Réintégrer la variable hormonale ne signifie pas déresponsabiliser les femmes ni psychologiser leurs réactions autrement. Cela signifie distinguer ce qui relève d’une variation physiologique, d’un contexte relationnel, ou d’un véritable problème clinique.
Et l’environnement organisationnel change à son tour. Produire le même travail ne mobilise pas toujours le même coût. Une partie importante de la fatigue cognitive féminine vient du masquage permanent de cette variabilité dans des systèmes construits autour d’une attente implicite de constance.
Au fond, cet épisode traite d’un double bind clinique. Quand la variabilité hormonale est nommée, elle est souvent réduite à une fragilité. Quand elle est tue, les difficultés qu’elle module sont relues comme des défauts personnels. Changer le raisonnement clinique commence par sortir de cette alternative.
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