- Speaker #0
Puissante, c'est un podcast pour les femmes qui ont beaucoup donné, à leur travail, à leurs projets et aux autres. Des femmes qui avancent, qui portent, qui construisent et qui parfois sentent qu'il est temps de se reposer certaines questions. Comment continuer à rêver grand sans s'épuiser ? Comment prendre soin de soi sans culpabiliser ? Comment rester ambitieuse tout en étant à l'écoute de son corps, de son rythme et de ses besoins ? Je m'appelle Nejma, je suis facialiste et à travers mon métier, j'ai compris une chose. Derrière chaque femme inspirante, Il y a une histoire invisible, faite de doutes, de choix, de renoncements parfois, et de beaucoup de travail intérieur. Bienvenue dans Puissante. Salut Jenny.
- Speaker #1
Salut.
- Speaker #0
Je suis ravie de t'accueillir dans Puissante. La coutume du podcast veut que ce soit moi qui t'introduise. L'idée, c'est que j'explique en quoi je te trouve puissante. Je l'ai fait évidemment avec ce que je savais de toi, donc tu n'hésiteras pas après s'il y a des choses à compléter, des choses qui ne sont pas tout à fait justes. Ça nous servira de point d'appui pour la suite. Alors Vénie, ce que je trouve puissant chez toi, ce n'est pas seulement ton expertise, ni ta maîtrise du leadership, des émotions, de la performance ou de l'équilibre, mais c'est surtout la façon dont tu as appris à redéfinir la réussite. À sortir des modèles tout fait, à dire qu'on peut être ambitieuse sans se brutaliser, et à prendre sa place sans s'oublier. Pendant des années, tu as évolué dans des environnements exigeants, des postes à responsabilité, des comités de direction, un rythme intense et des standards élevés. Tu sais ce que c'est que de performer, que de tenir et d'avancer coûte que coûte. Et puis, il y a eu un moment de bascule, le corps qui disque top, le système qui craque, et cette question, fondamentale il me semble, est-ce que vraiment c'est comme ça que j'ai envie de réussir ? Alors, tu as fait un pas de côté, tu t'es formé, profondément, tu as déconstruit, observé, et surtout tu as compris, tu as appris à t'écouter. Aujourd'hui, tu es coach, entrepreneur, autrice et podcasteuse, une voix de référence sur le leadership. féminin, une voix posée, claire et exigeante, et profondément humaine, c'est ce qu'on ressent de toi. Avec sensé, avec tes accompagnements, tu aides des milliers de femmes à reprendre le pouvoir sur leur trajectoire et à penser leur ambition autrement. À arrêter de se battre contre elle-même pour enfin avancer avec elle-même. Mais derrière la structure, la pédagogie et la justesse de tes mots, il y a aussi une femme sensible, engagée, profondément reliée à ses valeurs. Une femme qui parle de fatigue, de limites, de repos, et une femme qui autorise la nuance dans un monde qui aime les réponses un peu rapides. Ce que j'ai envie d'explorer avec toi aujourd'hui, ce n'est pas ce qui se voit, c'est ce qui se joue surtout à l'intérieur, même quand tout semble aligné à l'extérieur. Comment on continue à s'écouter quand on est devenu une référence, et comment on traverse le doute quand on accompagne les autres ? Comment on devient une femme puissante, non pas en faisant toujours plus, mais en apprenant à se respecter davantage ? Jenny. Bienvenue dans Puissante.
- Speaker #1
Merci. Merci pour ce beau portrait. Avec plaisir.
- Speaker #0
Avec plaisir. Il me semble que tu es aussi maman. Je ne l'ai pas mis dans la production, mais je pense que ça a aussi donné des clés et une trajectoire justement pour te choisir. On en reparlera.
- Speaker #1
Oui, tout à fait.
- Speaker #0
Quand on parle de femme puissante, qu'est-ce que ça évoque chez toi ?
- Speaker #1
Alors pour moi, la puissance, elle réside avant tout à l'intérieur. Une femme puissante, pour moi, c'est quelqu'un qui s'assume comme elle est. qui ose prendre sa place, qui assume aussi ses zones plus fragiles, de vulnérabilité. Pendant très longtemps, pour moi, la puissance, c'était vraiment le pouvoir. C'est-à-dire, une femme qui avait du pouvoir était nécessairement puissante. En fait, avec le temps, j'ai un peu redéfini ça. Pour moi, la puissance peut exister sans nécessairement avoir du pouvoir. Et d'ailleurs on peut même... avoir du pouvoir sans être puissante. Donc c'est assez intéressant, je trouve, parce que finalement, la puissance, elle est en soi. Et je crois que c'est vraiment être à l'aise avec soi-même et oser mettre au monde ce qu'on a à mettre au monde. Ça relève pour moi de la puissance.
- Speaker #0
Et comment tu l'as trouvée, toi, cette puissance en toi ? Et à quel moment t'as compris que ça venait de l'intérieur ?
- Speaker #1
Alors moi, je suis allée beaucoup sur le pouvoir. Très vite, très jeune, j'avais envie d'avoir du pouvoir. Je n'étais pas encore très au clair sur la notion de puissance. Je crois que c'est quelque chose que je ne m'interrogerais pas du tout dessus. Moi, ce que je voulais, c'est décider, avoir des responsabilités, gagner de l'argent. Donc, je suis allée vers des sphères de pouvoir, évidemment à une échelle très mesurée. Et puis, finalement, cette notion de puissance, je pense que je la vis et je la ressens beaucoup plus ces dernières années. Je crois que c'est... Une forme de maturité avec l'âge, aussi le fait que je suis coach, mais avant d'être coach, j'ai été coachée, je me suis passée pas mal de temps en thérapie, donc je me connais vraiment très bien. Et je me suis posé beaucoup de questions existentielles, parfois un peu trop. Donc aujourd'hui, finalement, j'assume assez bien qui je suis dans mes décisions du quotidien. C'est là que je touche du doigt parfois la puissance.
- Speaker #0
Oui, oui, oui.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Donc ça passe par une connaissance de soi qui est ultra profonde. Enfin, si je retombe ce que tu dis, mais pour quelqu'un qui serait un petit peu loin du coup de qui elle est, est-ce que tu aurais le premier conseil que tu aurais justement pour se rapprocher un petit peu de son fort intérieur ? Est-ce que c'est justement de la thérapie ? Enfin, tu vois, il y a moins de gens qui me disent que c'est la thérapie. Ou est-ce que c'est autre chose ?
- Speaker #1
Alors moi j'irais même avant ça, je pense que déjà ça dépend des gens, il y a des gens... Moi, je fais partie de ces personnes-là qui aiment énormément être accompagnées. Mais ça ne convient pas à tout le monde. Je dirais que la première chose, c'est vraiment d'être dans son corps. Moi, je passerais d'abord par le corps avant de passer par la parole. Parce que finalement, tout le monde en a besoin. C'est déjà être connecté à ce qu'on ressent, en fait. Parce que ça passe par là. Est-ce que je me sens bien ? Est-ce que je me sens moins bien ? Dans quel contexte ? Avec qui ? Quelle décision ? Quel choix génère de la joie ? Quelle décision, au contraire, m'éteigne ? Et tu vois, ça, ça nécessite d'être vraiment dans son corps, de ressentir. Or, on est dans un monde qui nous apprend à avoir la tête coupée du corps et à surtout penser, penser, penser, penser, analyser, sans vraiment écouter ce qui se passe. Et être puissante, c'est être connectée à son intuition. Donc ça passe aussi par le corps. Donc je dirais à quelqu'un qui a l'air d'être à des milliers d'années de lumière, commencer à s'interroger, mais en fait, comment je vais ? Qu'est-ce que je ressens quand cette personne me dit ça ? Qu'est-ce que je ressens quand je fais ci ou quand je fais ça ? Et ça déjà, c'est une forme de boussole qui permet d'orienter ses décisions et donc de prendre son plein pouvoir.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai que souvent on se coupe, on se dit non mais ça va passer, non mais ça ira mieux demain. au quotidien. Moi, je pense à mon passé où je m'écoutais beaucoup moins et où après, ça devient presque comme un muscle, tu vois, où tu te dis... Comme tu dis, une boussole, en fait. Je trouve que c'est vraiment le bon mot. Je comprends que toi, c'est venu avec le temps. Quel genre de petite fille t'étais ? Est-ce que t'as l'impression, aujourd'hui, que ce que tu fais, ça se rapproche de ce que t'aimais déjà bien faire quand t'étais petite ou pas trop ?
- Speaker #1
Oui. J'étais une aînée, déjà, donc de... Aînée de la fratrie. et la seule fille. Donc, j'étais très responsable. J'adorais être avec les adultes. Tu vois, quand il y avait un dîner, moi, j'aimais être à la table des adultes pour écouter tout ce qui se disait. J'avais aussi des amis très proches. J'étais beaucoup dans l'écoute, parler. J'adorais déjà avoir des conversations profondes. Ça, c'est un truc, ça m'a toujours habité. Moi, je voulais savoir ce que ma mère... pensait, ce qu'elle ressentait. Ça m'intéressait. Je voulais avoir des conversations avec... J'avais beaucoup de conversations avec mes parents sur la politique. J'étais ce type de petite fille. Donc finalement, je dirais que oui, ce que je... Le métier que j'ai aujourd'hui, en tant que coach, est très lié à la petite fille que j'étais, complètement.
- Speaker #0
Et ça, tu t'en es rendue compte tardivement ?
- Speaker #1
Finalement, non. En fait, j'ai toujours eu cette posture d'un peu conseillère. Alors, ce n'est pas tout à fait coach. C'était avant que je sois formée, mais j'étais un peu la conseillère. Conseillère des gens qui m'entourent, conseillère de mes amis. Puis ensuite, quand j'étais dans le monde corporate, j'étais une manager qui tirait beaucoup ses équipes et qui vraiment avait à cœur de développer leur carrière. J'avais presque plus d'ambition que les personnes que je manageais. Pour elle, je dis ça. Donc non, j'ai toujours aimé ça. Et donc finalement, c'est venu assez naturellement que j'en fasse mon métier.
- Speaker #0
Comment t'en es venue ? Et là, tu vas peut-être nous parler de comment ça s'est passé dans ta première partie de carrière. Mais comment t'en es venue à ce métier de coach ? Pareil, est-ce que c'est venu petit à petit ? Est-ce que c'est venu un petit peu...
- Speaker #1
Non, c'est venu du jour au lendemain. En fait, moi, dans ma première carrière...
- Speaker #0
Parce que c'est rare le jour au lendemain.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai, je ne me rends pas compte. Après, moi, je suis quelqu'un qui... Et je pense que ça, c'est vraiment très lié à ma personnalité. Une fois que je sais, je sais. Je n'ai pas besoin d'attendre, en fait.
- Speaker #0
De dire oui, non.
- Speaker #1
Ce qui va être peut-être plus long, c'est savoir. Mais quand c'est évident... Je ne me pose aucune question. Donc, j'ai d'abord eu une première carrière dans le secteur de la mode et du retail et qui était finalement une carrière très tracée, qui correspondait aux études que j'avais faites, qui me plaisait.
- Speaker #0
Tu as fait quoi comme études ?
- Speaker #1
Moi, j'ai fait Sciences Po et après, j'ai fait le Master 2 de l'Institut français de la mode, mais vraiment côté management. Donc, c'était assez logique après que je continue sur ce terrain-là. Et donc, j'ai fait ça pendant 12 ans. Et le dernier poste que j'ai occupé était en expatriation. Donc j'avais embarqué mon mari, mon bébé, qui avait 7 mois à l'époque. J'ai eu un bébé sur place aussi. Donc on était en Corée du Sud. Et donc les contrats d'expat, ils ont tous une fin en fait. Donc il y a un moment, t'es obligée de réfléchir à la suite. Tu dois toujours te projeter. Quand j'étais enceinte de ma fille, donc de mon deuxième enfant, j'étais donc en expatriation et il fallait que je me projette puisque j'avais plus qu'un an de contrat. Et en fait... Je sentais pas trop la suite. J'avais fait le tour de ce que j'avais à apporter. Et ce qu'on me proposait par la suite, c'était la même chose que ce que je faisais déjà dans un autre pays. En plus, mon mari voulait rentrer en France. Et c'était un peu notre deal aussi, parce que lui m'avait suivie. Et je me suis dit, non mais je vais pas rentrer en France. On va me proposer un poste qui va pas me plaire. Et je me suis dit, bon, faut trouver autre chose. Et en plus... j'étais régulièrement chassée, mais on me proposait exactement la même chose que ce que je faisais déjà. Pour moi, c'était vraiment synonyme d'ennui. Et donc, je me suis faite coacher.
- Speaker #0
À ce moment-là, OK.
- Speaker #1
Tout simplement. En fait, à l'époque, j'écoutais un podcast, justement, The Life Coach School de Brocastillo. Déjà, rien qu'écouter ce podcast de coaching a révolutionné ma vie. Et le jour où je me suis dit non, mais là, il faut passer à l'action. Du coup, j'ai suivi un coaching avec cette coach. Et en fait, en deux semaines, c'était réglé. C'était...
- Speaker #0
On va revenir tranquillement. Attends, du coup, qu'est-ce qui se joue pendant ces deux semaines ?
- Speaker #1
Je ne sais pas. En fait, je pense que j'avais déjà beaucoup avancé. Rien que quand j'avais mon carnet, mon crayon, j'écoutais son podcast. Et moi, j'étais bonne élève. Je faisais les exercices, les conseils qu'elle donnait et tout. Puis ça avait vraiment maturé. Et en fait, à partir du moment où je me suis lancée dans le coaching... Les vraies questions se sont posées. Qu'est-ce que je veux pour la suite ? Qu'est-ce qui me fait vibrer ? Moi, j'avais toujours voulu être entrepreneur. S'il y avait un truc que je savais, c'est un jour j'aurai mon entreprise.
- Speaker #0
Donc, tu le savais déjà même en ayant fait cette première partie de carrière. Oui,
- Speaker #1
je savais. Je ne savais juste pas quand. Moi, je disais tout le temps, de toute façon, un jour, j'arrêterai, je serai entrepreneur. Mais je ne savais pas dans quel domaine. Et donc, je me fais coacher. Donc là, je me dis, en fait, c'est le moment parfait pour entreprendre. que toutes les conditions sont réunies. Je me voyais déjà négocier mon départ. Et puis, je me fais coacher. Et là, je me dis « Non, mais en fait, les Français ne comprennent rien au coaching. » J'étais un peu présomptueuse. Je ne connaissais pas du tout de coach français. J'avais un esprit très critique sans le connaître. Mais en fait, moi, je me faisais coacher par une Américaine. Et c'était le monde des possibles. Tout est possible. Vraiment, à l'Américaine. Et moi, évidemment... J'étais à fond, je trouvais ça génial. Et donc, je me suis dit, en fait, c'est simple, je vais faire ça. Parce qu'au fond, je fais déjà ça. Je faisais ça pour mon équipe. Je faisais ça pour mes copines. À chaque fois qu'elles cherchaient un boulot, elles m'envoyaient leur CV. Elles me disaient, qu'est-ce qu'il faut que je dise dans l'entretien ? Combien je demande ? Et moi, c'était naturel. Ça faisait partie de moi, en fait. Et donc, je me suis dit, je vais me former. Et je vais monter une boîte un peu comme Brooke Castillo. un peu à l'américaine, mais en France. Parce qu'en France, il y avait un coaching très traditionnel qui se passait, à l'époque, c'était il y a 10 ans, en entreprise. Aujourd'hui, c'est très différent. C'était très protocolaire. Et moi, je me suis dit, finalement, le live coaching tel que j'ai envie de l'exercer, ça n'existe pas trop. Et donc, il y a un boulevard.
- Speaker #0
Et tu te souviens de ce qu'elle t'a dit dans ces deux semaines ? Donc, deux semaines de coaching, c'est relativement court.
- Speaker #1
Oui. Alors, non mais le plus incroyable... Et ça, je sais que pour beaucoup de gens, ça peut paraître complètement perché. Mais à l'époque, elle avait un programme de groupe. Mais quand je te dis un programme de groupe, ce n'est pas les programmes de groupe que moi, j'ai menés. C'est des programmes de groupe où il y avait des milliers de personnes dedans. Et ça se passait aux États-Unis. Moi, je vivais en Corée du Sud. Donc déjà, je n'étais pas sur la même zone horaire. Donc moi, la seule chose que j'ai faite dans ce programme, c'est regarder des vidéos et regarder des enregistrements de coaching. de personnes qui se faisaient coacher. Donc même à aucun moment pendant ce coaching-là, je n'ai été coachée moi-même en direct sur ma problématique.
- Speaker #0
Ça t'a aidée malgré tout ?
- Speaker #1
Et en fait, ça m'a suffit.
- Speaker #0
Oui, d'accord. Et c'était quoi en fait ? C'était des questions ? Qu'est-ce qui a créé un déclic ? Même si tu dis que tu avais pas mal potassé, bossé le sujet ? Oui,
- Speaker #1
en fait, pour moi, et c'est vraiment l'art du coaching, c'est... se poser des questions qu'on ne se poserait pas, en fait. En fait, assez spontanément, notre cerveau, déjà, nous pose des questions qui nous plombent, dans lesquelles les réponses sont forcément négatives, on est forcément perdant, etc. Enfin, on a un prisme, on a un bien négatif. Là, c'était des questions hyper ouvertes, hyper empouvoirantes. Et en fait, moi, je me pose deux, trois questions comme ça, je change ma vie. Je suis très réceptive, en fait, et très réactive. Et donc, tout simplement, j'avais à la fois l'expérience d'une coach qui montrait comment elle avait réussi, plein de podcasts, plus des cours qui m'expliquaient que mes pensées créent mes émotions et que mes émotions déterminent mon comportement et que, en fait, tout ce que je me raconte, c'est juste des pensées, ce n'est même pas des réalités, des vérités. Donc, je peux changer ce que je me raconte. Moi, une fois que j'ai compris ça, tu vois, ça suffisait à…
- Speaker #0
À enclencher la machine.
- Speaker #1
À enclencher. Après, je me suis fait coacher autrement. Et là, pour le coup, vraiment personnellement sur des problématiques, pour vraiment monter une boîte, la développer, etc. Mais en tout cas, pour la prise de décision, ça m'a suffi.
- Speaker #0
Oui, d'accord. Et elle, donc, elle ne coachait que des femmes aussi ? Non,
- Speaker #1
il y avait aussi des hommes, mais très peu d'hommes.
- Speaker #0
OK. Et qu'est-ce qui a fait que toi, tu t'es dit, je vais coacher des femmes ?
- Speaker #1
Alors, moi, déjà, je pense que je suis née féministe. Et j'avais vraiment cette conscience, et notamment parce que je l'ai beaucoup vécu en entreprise, que les femmes ne partaient pas avec le même bagage. Déjà parce qu'on est socialisé d'une façon qui fait qu'on est beaucoup trop gentille et qu'on ne s'impose pas assez. Et la deuxième raison, c'est que le monde du travail aujourd'hui est encore dominé par les hommes. Il n'y a qu'à voir qui sont les patrons, qui détient le pouvoir justement. Et moi je me suis dit, mais en fait, les outils de coaching sont... révolutionnaire, ça permet vraiment de changer d'état d'esprit et donc de changer de comportement, donc de positionnement. Ça permet de reprendre le pouvoir et je me suis dit ben je vais le mettre au service des personnes qui en ont le plus besoin, des femmes. Et en plus étant une femme moi-même qui avait déjà vécu quelques étapes de carrière, qui avait été au sein... un comité de direction uniquement masculin, qui avait dû avoir des conversations difficiles, des décisions difficiles, etc. Je me suis dit, en fait, j'ai aussi un bagage qui peut servir à d'autres, au-delà de ma compétence de coaching, que je me suis formée. Et donc, ça s'est fait assez spontanément, et parce que je kiffe, en fait. Tu vois, j'ai aussi, moi, un entourage très féminin, j'ai beaucoup d'amis filles, je me sens à l'aise. Et donc, je savais que c'était un truc... qui serait facile pour moi.
- Speaker #0
T'en fais une question, du coup, mais déjà au moins deux. Il y a eu vraiment un avant-après ce coaching ou est-ce que déjà tu savais ? Tu vois ce que tu viens de m'expliquer là, à travers le « tu changes tes pensées, tu changes ta manière d'agir » , etc. Tu l'avais déjà un petit peu en tête avant le coaching ou est-ce que c'est vraiment le coaching qui t'a permis de prendre conscience de ça ?
- Speaker #1
Je l'avais en tête depuis que j'écoutais le podcast.
- Speaker #0
Et avant ça, non.
- Speaker #1
Et avant ça, non. Pas du tout.
- Speaker #0
Un truc un peu français. Parce que moi, je trouve que c'est très français et... particulièrement dans les grands groupes, on te martèle à coup de « maintenant là c'est pas possible » , « maintenant là tu devrais faire autrement » , « ah on a déjà essayé mille fois mais ça on n'y arrive pas » . Et à force qu'on te le répète, qu'on te le répète, soit tu te dis « je rentre pas dans la case, je m'en vais » , soit tu finis par te dire « effectivement, tu te retrouves un peu dans un mouroir parce que tu dis de toute façon rien n'est possible, tu continues à gravir les échelons mais sans petite étincelle dans les yeux » . C'est pour ça que je te pose cette question. Effectivement, à travers les écoutes, déjà, tu avais pris quelque chose. En fait,
- Speaker #1
c'est le podcast qui m'avait vraiment déjà bien transformée. Et puis après, il faut dire, j'étais aussi dans une entreprise qui était moderne.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Tu vois ? Donc, moi, j'avais 30 ans. J'étais au Côte d'Ire, dans un pays en expat, avec un mari et un bébé. Je pense qu'il n'y a pas beaucoup d'entreprises qui envoient une jeune femme comme ça.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Tu vois ? Sortie de son congé mat, qui lui fait confiance. Oui. Globalement, j'étais quand même dans un environnement qui m'encourageait aussi à avoir cet esprit entrepreneurial.
- Speaker #0
Oui, d'accord, d'accord. Mais pour autant, tu fais ce coaching, tu décides de négocier ton départ.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Du coup, ça se passe bien, la négociation se passe bien, tu as ce que tu veux. Et après, les premières actions de lancement de boîte, comment ça se passe ?
- Speaker #1
Écoute, là, c'était vraiment dans le dur. J'ai créé l'entreprise, tu vois. J'ai fait la paperasse, j'ai trouvé un expert comptable. Et sur les conseils de mon mari, les conseils très avisés, il m'a dit franchement, ne bosse pas de la maison, ça va être horrible. Il me dit, prends un bureau. Et c'est ce que j'ai fait. Franchement, meilleure décision. Et voilà. Et après, j'avais un objectif, c'était de trouver ma première cliente. Donc là, je contacte tout mon entourage et j'ai eu la chance qu'une copine me... recommande à quelqu'un et voilà ça s'est fait comme ça et puis j'ai monté j'ai créé un podcast en fait ouais ouais j'ai monté ma boîte en mai et le podcast est sorti en septembre les premiers épisodes en fait comme le podcast avait vraiment littéralement changé ma vie je me suis dit en fait il faut que je fasse la même chose c'est clair ça va marcher et donc j'ai fait ça donc là ça fait huit ans le podcast à huit ans huit ans et demi un truc comme ça Tu vois, ça fait censé, ça fait longtemps.
- Speaker #0
Il a changé de nom.
- Speaker #1
Il a changé de nom plusieurs fois. Plusieurs fois. Et voilà. Et après, un compte Instagram, une newsletter. J'avais bricolé un site. Mon mari m'avait aidée. Et puis voilà, comme ça.
- Speaker #0
Et du coup, première cliente, les résultats sont rapides. Qu'est-ce qui fait qu'après, tu as une cliente, puis deux, puis trois, puis quatre ?
- Speaker #1
Alors moi, j'ai trouvé ça très long.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Parce que vraiment, c'était dur, tu vois. C'était dur. C'était à faire des appels de vente, te prendre des portes dans la figure. Mais finalement, somme toute, ça a été quand même assez vite. Avec le recul, je réalise que c'était finalement assez rapide. En fait, c'était simple. Je crois que le plus dur, c'est de signer une première cliente. Une fois que tu en as signé une, que tu l'accompagnes et que tu vois que ça fonctionne, c'est plus facile de signer la deuxième. Et puis après, ça se multiplie. Donc finalement, un an après le démarrage... Là, j'étais full et je me suis dit, il va falloir trouver des solutions parce qu'en fait, j'ai trop de boulot. Et donc là, j'ai pris une assistante et puis j'ai commencé à réfléchir à un programme de groupe parce que je ne faisais que de l'individuel à l'époque. Et voilà, en fait, ça se construit. En fait, ce que je trouve fascinant, c'est que quand on le vit, moi, quand je le vivais, ça avait l'air mégalent. J'étais vraiment en mode, mais en fait, tu as ces objectifs, mais tu n'arrives pas à tes objectifs. Et en fait, quand je vois le chemin parcouru en neuf ans, je me dis, mais c'est quand même hyper honorable.
- Speaker #0
Comment tu expliques ta réussite aujourd'hui ? Qu'est-ce qui fait que ça a bien fonctionné ?
- Speaker #1
Alors, ce qui fait que ça a bien fonctionné, déjà, c'est une opportunité de marché, soyons très clairs. Je suis arrivée à un moment où, un, il n'y avait pas beaucoup de podcasts, deux, le webmarketing se développait, mais c'était encore... Moi, j'ai quand même vendu avec la pub Facebook. Je vendais des programmes de coaching sans parler aux personnes que j'allais coacher. Moi, je trouve ça... Aujourd'hui, c'est impossible. Je veux dire, il y a peut-être des gens qui le font encore, mais moi, je ne le fais plus, en tout cas, parce que c'était des programmes haut de gamme. Ce n'était pas des petits trucs pas chers et tout. Il y a vraiment eu une opportunité de marcher. Après, j'étais aussi une des premières à parler de leadership des femmes. Très clairement. Alors aujourd'hui, tu trouves pléthore sur le sujet. Mais à l'époque, ce n'était pas le cas. D'ailleurs, les gens me demandaient « leadership, t'es sûre ? » « Leader ? Tu vas dire leader ? » « Femme, bah oui. » « Oui, oui, leader. » Donc voilà, cette opportunité. Et puis après, beaucoup de détermination. J'ai bossé.
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Ça ne se fait pas sans rien.
- Speaker #1
Et puis après, je me suis entourée aussi. Et bien entourée.
- Speaker #0
Aujourd'hui, tu as une petite équipe. Tu bosses avec une petite équipe.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Tu as qui dans ton équipe ?
- Speaker #1
Jusqu'à présent, j'avais dans mon équipe deux coachs. Parce que j'ai beaucoup...
- Speaker #0
À qui tu as transmis ta méthode ?
- Speaker #1
À qui ont été formés à la même école que moi. Et qui ont coaché beaucoup avec moi. Et puis, une personne responsable marketing. Qui s'occupait de tout le marketing. Et j'utilise le passé parce que... J'entame actuellement un nouveau chapitre de l'entreprise. Donc je te disais, j'ai vraiment bénéficié d'une opportunité de marché. Sauf que très clairement, le marché depuis deux ans est beaucoup plus compliqué.
- Speaker #0
Tu dirais un peu saturé ?
- Speaker #1
Je pense qu'il y a plein de choses. Alors il y a effectivement, je ne sais pas si c'est saturé, parce que moi je crois encore qu'il y a énormément de potentiel dans le secteur du coaching. Je pense qu'il y a plus de concurrence, c'est une certitude. Mais au-delà de ça, on vit une époque qui est très chahutée. Et je pense que les gens, en général, les gens et les entreprises ont peur. On peur de la suite. Et donc, en général, dans ces moments-là d'incertitude, il y a une contraction du marché assez naturelle qui fait que, par exemple, le taux d'épargne n'a jamais été aussi élevé en France. Les entreprises resserrent tout leur budget pour passer la crise. Et donc, très clairement... Ça fait, moi, deux ans que je sens que ça ralentit. Et moi, j'ai créé une structure qui portait un business en croissance. Donc le ralentissement, forcément, pour une toute petite structure, c'est un sujet. Et donc là, ça fait deux ans qu'on a beaucoup œuvré à maintenir le bateau. Et moi, j'ai décidé là, en début d'année, que finalement, j'avais envie d'autre chose. J'avais envie d'écrire un chapitre dans lequel je ne suis pas en train de me poser la question « Est-ce que le bateau va être maintenu ? » Parce que la réalité d'un chef d'entreprise, c'est à la fin, est-ce que tu peux payer les gens qui bossent pour toi ? Et moi, je n'avais pas envie de continuer à me poser cette question-là. Et donc, j'ai décidé de me réorienter sur mon cœur de métier et sur ce que j'aime faire, c'est-à-dire coacher. Du coup, ça a été une période... Là, on est en plein dedans, mais aujourd'hui, pour moi, maintenant que c'est fait et que c'est décidé, c'est beaucoup plus facile. Mais c'était une période difficile parce que j'ai décidé de me séparer de mon équipe.
- Speaker #0
Toute ton équipe ?
- Speaker #1
Toute mon équipe.
- Speaker #0
Pour, toi, te recentrer ?
- Speaker #1
Pour me recentrer sur mon cœur d'activité, accompagner les femmes leaders, accompagner les dirigeantes. Et comme le marché s'est contracté, finalement, je peux faire ça seule. Alors, en tout cas, pendant un temps... Voilà, les deux prochaines années. Et en fait, c'est assez... On parle très peu de phases de rétractation. On parle toujours beaucoup de la croissance, de ce qui fait rêver, des paillettes dans les yeux. Quoique je suis bien placée pour savoir que la croissance peut aussi être très difficile. Moi, j'accompagne beaucoup de femmes dirigeantes qui, parfois, subissent la croissance. Il y a d'autres enjeux. Mais donc moi, là, j'ai vécu une décroissance et que finalement, j'ai accompagné en me disant, en fait, j'ai deux choix. Dans ces moments-là, je pense qu'on a deux choix. On a soit, on se morfond et on serre les dents et on se cache un peu, on se voile un peu la face en se disant, allez, ça va passer. Ou alors, on se dit, bon, est-ce que c'est vraiment ça que je veux ? Et qu'est-ce que je veux, au fond ? Et finalement, j'ai fait le constat qu'il y a neuf ans, J'avais créé l'entreprise de mes rêves, mais que je n'étais plus la même personne qu'il y a 9 ans. Et donc quand je me suis reposé les questions de « Ok, qu'est-ce que tu veux pour les 5 prochaines années ? Dans quoi tu te vois ? Dans quoi tu t'épanouis ? » Finalement, je me suis dit « Je ne veux pas ce que j'ai vécu les deux dernières années. » C'est-à-dire tous les lundis matins, team meeting, le lancement ne s'est pas passé comme prévu. C'est bien, mais ce n'est pas assez bien pour pouvoir vraiment bien financer la structure. Et se dire, alors qu'est-ce qu'on fait ? Moi, ce que j'ai envie, c'est d'aider les femmes et de les coacher. Ce n'est pas de me poser 36 000 fois la question, est-ce que ça va le faire ? Et donc, ça m'a amenée à me dire, en fait, on va retourner à la simplicité, ce qui est mon mot de l'année par ailleurs, et puis simplifier et revenir à l'essentiel. C'est-à-dire, tant pis si je ne fais pas de volume, moi, ce que je veux, c'est de l'accompagnement de qualité. Et ça, finalement, je n'ai pas besoin d'une équipe pour le faire. même si ça a été très clairement un crève-cœur de dire au revoir. J'avais trois collaboratrices vraiment à la fois chères à mon cœur, mais en même temps avec qui j'ai beaucoup construit et avec qui on a fait des trucs de folie. Mais voilà, c'est une page qui se tourne pour en écrire une nouvelle.
- Speaker #0
Et comment tu l'as vécu, cette période-là ?
- Speaker #1
Déjà, ce qui est assez peut-être étonnant d'un point de vue externe, c'est que En fait, je ne pensais pas que ça allait arriver. C'est-à-dire que moi, j'ai vécu deux ans en me disant « Bon, c'est un peu plus dur, on va passer la vague, le creux de la vague. » Parce que mine de rien, on faisait quand même du business, pas que si on ne faisait rien. L'entreprise n'a pas perdu d'argent, donc c'est quand même important. Et moi, j'y veillais, mais j'ai passé deux ans à être gestionnaire. Et ce n'est pas mon métier d'être gestionnaire, ce n'est pas ce qui me fait kiffer. Sauf qu'un jour, je me suis dit « Là, je vois. » je commence à voir que là, ça ne va plus passer. La gestionnaire en moi a dit, là, on arrive à une croisée des chemins. Et j'ai commencé par me dire, bon, je vais licencier une personne. Et ça, ça a été très dur. Cette décision-là a été extrêmement dure parce que j'avais l'impression de laisser tomber quelqu'un et qui, en plus, faisait du super boulot. Donc, ce n'est pas comme si je me séparais de quelqu'un avec qui je n'avais plus à travailler. Mais ce qui est sûr, c'est que moi, je me suis dit, je veux continuer quelque chose qui est stable et solide. Je ne veux pas compromettre mon travail, en fait, et l'entreprise. Donc, il a fallu que je choisisse de faire ça. J'ai ressenti beaucoup de culpabilité et puis beaucoup de tristesse aussi.
- Speaker #0
Et puis, après, j'ai l'avantage de travailler dans le coaching et d'avoir affaire aussi avec une équipe qui est coachée. Et donc, ça m'a grandement facilité les choses pour traverser, absorber et puis passer à la suite. Donc ça, c'était une première étape. Et je pensais que j'allais continuer en équipe réduite. Et en fait, en début d'année, j'ai eu une révélation qui était que... J'ai discuté avec quelqu'un qui m'a beaucoup inspirée, qui me racontait une vie... absolument pas conventionnelle, dans laquelle elle avait eu mille vies et notamment créé plusieurs entreprises et s'était autorisée à parfois dire stop à certaines choses. Et en fait, quand je l'ai écoutée parler, je me suis dit, mais moi, est-ce que je m'autorise en fait ? J'ai réalisé que je ne m'étais même pas autorisée à envisager la possibilité que je pouvais avancer seule si je voulais. Et donc, à partir du moment où j'ai ouvert cette porte, j'ai vu que ça allait être... évidemment challengeant, parce que ça allait bouleverser beaucoup de choses, mais en même temps, ça m'apportait une forme de soulagement. Parce que c'était devenu difficile, en fait, et c'était difficile pas que pour moi, pour mon équipe aussi. Tu vois, toute cette incertitude, tous ces efforts produits qui ne donnaient pas forcément ce qu'on voulait. Et en fait, là, j'ai su, quand j'ai senti dans mon corps que oui, ça me donnait de l'élan de penser à ça. Je n'aurais jamais pensé que ce soit le cas. Je me suis dit, là... C'est que tu es arrivé au bout et il faut que tu écrives autre chose.
- Speaker #1
Une boussole encore. Exactement. Donc là, tu vois, tu te sépares de ton équipe. C'est assez récent. Là,
- Speaker #0
on est sur les derniers jours.
- Speaker #1
Et la suite, tu la vois comment, les prochaines années ? Écoute,
- Speaker #0
la suite, en tout cas celle qui se dessine aujourd'hui, est très claire. C'est l'accompagnement de femmes dirigeantes. Et de coaching d'excellence. En one-to-one ou en coaching ? Alors, j'ai toujours des groupes et j'adore le groupe. Donc, je ne lâcherai pas le groupe. Mais ce qui est sûr, c'est que j'ai ouvert depuis septembre dernier la possibilité de travailler en one-to-one avec moi. Chose que je n'avais pas ouverte depuis des années parce que je n'avais pas le temps de le faire. Et là, finalement, la vie m'apportait le temps nécessaire. Et en fait, je ne pensais pas que ça allait avoir autant de succès. Ça faisait tellement longtemps que je ne l'avais pas proposé.
- Speaker #1
Du coup, ça donne un accès direct.
- Speaker #0
Effectivement, un accompagnement très rapproché, très sur mesure, où j'ai l'opportunité aussi de proposer du présentiel, ce qui, moi, me manquait cruellement, d'être tout le temps à distance. Donc, tu vois, là, j'étais à Paris. Je suis à Paris aujourd'hui, mais en fait, j'ai vu une de mes clientes. Alors, on fait du distanciel, mais aussi du présentiel. Et en fait, moi, je suis très heureuse de faire ça. En fait, j'adore faire ça. Et finalement, il y a un besoin. Et j'ai aussi le réseau de femmes qui ont ces besoins-là, qui ont cette volonté aussi de se faire accompagner. Voilà, la suite, je ne la connais pas dans les détails, mais très clairement, il y a cet accompagnement individuel de grande qualité. Il y aura des groupes. Là, en ce moment, je viens de démarrer un groupe sensé. Il y en aura très certainement l'année prochaine. Tu vois, il y aura moins de lancements. Et quelque part, moi j'aspire, et ça, ça fait longtemps que j'aspire à ça, mais ce n'était pas possible quand on fait du volume. J'aspire à moins de marketing, en fait. Moins de webmarketing. Moi, ce que j'aime, c'est rencontrer les gens dans la vraie vie. C'est les relations proches. Et pendant toutes ces années, j'ai mis énormément d'énergie et d'investissement dans tout ce qui est réseaux sociaux, pubs Facebook, etc. et je t'avoue que... C'était important, ça m'a énormément apporté, mais ce n'est pas ce que je préfère.
- Speaker #1
Oui, tu as appris à redéfinir un petit peu les priorités. Pour celles qui nous écoutent, tu peux nous expliquer un peu comment ça se passe un coaching ?
- Speaker #0
Oui, un coaching... Alors déjà, l'art du coaching, c'est l'art de questionner. C'est-à-dire savoir poser les bonnes questions pour tirer le fil d'une problématique et pour permettre à une personne d'aller d'un point A à un point B. Donc, dans une séance de coaching, une personne... vient avec sa problématique. Et puis, normalement, elle repart avec plus de clarté, peut-être même des actions à mettre en place si elle en est venue à ces conclusions-là. Parce que ce qui est fondamental dans le coaching, c'est que la coach ne sait jamais mieux que la personne coachée. Le coach, il est là pour aider la personne à savoir ce qu'elle veut, comment elle veut le faire, etc. Moi, je ne donne pas mon avis. Et donc quand on travaille avec moi, notamment par exemple dans le programme Nova, qui est un programme pour dirigeantes, on a une demi-journée ensemble, ce que j'appelle une immersion stratégique, pendant laquelle on va tout mettre à plat. Et la dirigeante que j'accompagne, en fait, vient avec ses problématiques et ce qu'elle veut accomplir grâce au coaching. Où est-ce qu'elle veut aller ? Est-ce qu'elle a des enjeux d'équipe ? Est-ce qu'elle a des enjeux de chiffre d'affaires ? Est-ce qu'elle a des enjeux tout simplement d'énergie personnelle ? Parce que j'accompagne aussi beaucoup là-dessus. Et parfois, il y a plusieurs enjeux. Donc, on met tout ça à plat et on commence à bosser dessus. Et puis ensuite, on a une dizaine de séances de coaching à distance et un suivi. très rapprochée, tu vois, par messagerie. Donc, sur WhatsApp, des questions, de l'écrit, du vocal. En gros, pendant... Ça dure à peu près 4-5 mois. Pendant ce temps-là, je suis vraiment comme un partenaire de la personne que j'accompagne. Comme un miroir, quelqu'un qui lui permet de prendre du recul, d'être plus stratégique aussi dans ses choix, d'assumer ses choix, d'être un soutien aussi. Et puis, quand il le faut, et ça, c'est la particularité de mon accompagnement, je mets ma casquette de mentor parce qu'il y a plein de sujets, notamment sur les sujets de leadership, de gestion d'équipe, sur lesquels, en fait, je peux accompagner d'une façon différente du coaching, c'est-à-dire je peux donner des conseils. Parce que moi-même, j'ai été dans un code-vire, j'ai une entreprise, j'ai recruté, j'ai licencié, etc. Donc, c'est... Quand je vois que ça peut être utile, je mets cette casquette-là.
- Speaker #1
Donc, c'est là où il y a la frontière entre, finalement, le coach qui questionne, qui ne donne pas son avis, et le mentor qui, pour le coup, donne son avis, se positionne, etc.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Ça dépend quoi de la maturité, en fait, de la personne que tu as en face de toi ? À quel moment tu te dis, là, il faut que je... Ou c'est quand on te le demande, ou est-ce que c'est à un moment où tu dis, là, ce serait bien que je prenne ma casquette de mentor ? Ouais,
- Speaker #0
je le fais très intuitivement. Je dirais que les personnes qui ne se sont jamais faites coacher avant moi, on passe beaucoup de temps à coacher. Parce qu'en fait, si je commence à leur donner des conseils... C'est à leur détriment parce qu'elles ne tireront pas autant de notre accompagnement. Parce qu'à la fin, elles n'auront pas les réflexes de se poser les bonnes questions. Mais pour quelqu'un qui a déjà été beaucoup coaché ou que j'accompagne depuis longtemps, le mentoring est un accélérateur énorme.
- Speaker #1
En fait, c'est ça. Parce que du coup, l'intérêt du coaching, c'est aussi de ce que j'entends, d'apprendre à se poser les bonnes questions, mais limite toute seule. Une fois que tu as terminé ton accompagnement, à la fin, tu acquiers certains automatismes qui te permettent de te poser les bonnes questions pour aller mieux. Quel conseil tu donnerais à quelqu'un qui a besoin d'avancer vite, mais qui ne s'est jamais fait coacher ? Est-ce que tu dirais qu'il faut forcément passer par la case coaching ?
- Speaker #0
Parce qu'en fait, la raison pour laquelle certaines personnes ont besoin d'aller vite, c'est qu'elles ont perdu beaucoup de temps pendant longtemps, et c'est parce qu'elles ne se font pas coacher. En fait, le truc, c'est que le mentoring, pour que ça fonctionne, il faut que la personne soit prête à enclencher des changements. Et à suivre des conseils et puis aussi à avoir son propre arbitre interne pour se dire en fait ce qu'elle me dit là ma mentor, en fait j'ai pas envie de le faire et je vais pas le faire, tu vois. Ou j'ai envie de le faire parce que je trouve que c'est une bonne idée. Quand on s'est jamais fait coacher et qu'on arrive en général quand on se dit je vais me faire coacher, c'est qu'on a quand même quelques petites problématiques, tu vois. On a envie d'accélérer, on a envie de résoudre certains trucs. Et si on l'a jamais fait, en fait le mentoring risque d'être très très beau sur le papier, des actions à mener. En fait, on ne va pas les prendre, ces actions, parce qu'on est bloqués et que les gens ne savent jamais mieux que nous-mêmes ce qu'on doit faire. Le problème, c'est quand on est bloqué dans ses propres actions. Si, par exemple, j'accompagne une dirigeante qui est débordée et que je lui dis juste « prends ton agenda et mets une heure de sport dans ton agenda » , évidemment, elle ne va pas faire son sport. Le sujet n'est pas là. Il faut la coacher.
- Speaker #1
Et en quoi c'est différent ? Je vois bien le truc, mais... En gros, c'est fondamentalement différent d'une thérapie, finalement.
- Speaker #0
Alors, pour moi, c'est vraiment deux choses différentes, même si parfois, ça peut se recouper, parce que d'ailleurs, il y a des psychothérapeutes qui sont coachs. Et puis, j'imagine qu'il y a des coachs qui sont psychothérapeutes aussi. Une psychothérapie, le but, c'est quand même de t'aider à comprendre ton histoire et à résoudre aussi des problèmes quand tu as des pathologies, donc dépression, burn-out, etc.
- Speaker #1
Mais tu sais, des fois, il y a des mecs qui vont faire une thérapie. sans forcément avoir de symptômes de santé mentale qui baissent ? Alors,
- Speaker #0
bien sûr, mais on va beaucoup plus être dans l'analyse. Le coaching, le but, c'est de t'amener à changer ton comportement et à être dans l'action. Donc, on n'est pas sur les mêmes enjeux. Moi, je ne vais pas passer des heures à aider à quelqu'un à comprendre pourquoi elle fonctionne comme ça. On va s'intéresser à quelle est la pensée qui génère ce comportement, mais en fait, on ne va pas explorer 107 ans son passé. Nous, ce qu'on veut savoir, c'est... elle veut aller où, qu'est-ce qui la bloque et comment on fait pour qu'elle aille là où elle veut aller c'est très complémentaire en fait tu vois je dirais que dans une vie c'est bien d'avoir fait une thérapie pour bien se connaître mais c'est pas ça qui va changer ta vie après Le coaching, il va vraiment t'aider à l'action.
- Speaker #1
Toi, tu continues de te faire coacher ?
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Au quotidien ou vraiment à des moments, par exemple ? Alors,
- Speaker #0
j'ai deux pratiques de coaching. Une pratique hebdomadaire, parce que j'ai une amie qui est master coach, avec qui on s'échange du coaching. On fait ce qu'on appelle du peer coaching.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Donc ça, je le fais toutes les semaines. Et puis, je paye. Je pense que c'est important, j'utilise ce mot à bon escient. Je paye une coach. En ce moment, par exemple, je suis coachée. Depuis début janvier, je suis avec une coach qui m'accompagne justement sur cette transformation. Et ça, je le fais très régulièrement. Ces neuf dernières années, j'ai peut-être chaque année investi dans une forme de coaching. Parfois de groupe, parfois individuel, parfois très business, parfois très perso. Ça dépend des besoins. Et évidemment. parce qu'en fait, de mon point de vue, déjà, c'est un accélérateur de malade. Et en plus de ça, je pense vraiment qu'être coach et ne pas se faire coacher, ce n'est pas bien. Ce n'est pas bon pour ses clients.
- Speaker #1
Oui, oui, oui. C'est dans des moments toujours un peu transformationnels que tu te fais coacher ou ça dépend vraiment ?
- Speaker #0
Oui, ou quand j'ai un objectif et que je me dis qu'en fait, ça serait beaucoup plus simple si j'étais accompagnée pour y arriver.
- Speaker #1
Oui, mais tu ressens. De toute façon, tu te connais bien. Pour le coup, tu ressens. Et tu fais toujours une thérapie aussi ? Ou c'est vraiment tout que tu as laissé de côté ? Oui,
- Speaker #0
ça c'est fini.
- Speaker #1
J'ai compris mon histoire. Et maintenant, je vais plus sur la partie passage à l'action. Est-ce qu'on pourrait se dire finalement que tu as les automatismes de te poser les questions à toi-même ? Donc, pourquoi me faire coacher à des moments difficiles ? Mais ce que tu expliques, c'est que finalement, pour bien pratiquer, il faut aussi qu'il y ait quelqu'un qui soit extérieur, qui continue de nous poser les questions.
- Speaker #0
Oui, parce qu'on reste humain. Les blocages qu'on a, les peurs qu'on a. On a beau être coach et savoir quelles questions de se poser, à un moment, quand t'es bloqué, t'es bloqué. Si t'as pas quelqu'un en face qui fait miroir et qui est aussi un peu là pour te puncher gentiment ou te soutenir, c'est plus difficile, tout simplement.
- Speaker #1
C'est quoi la définition d'un bon coach pour toi ?
- Speaker #0
Quelqu'un, déjà, de formé.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Je pense que c'est important à dire, parce qu'il y a beaucoup de coachs qui ne le sont pas. Quelqu'un qui se fait coacher et qui walk the talk, tu vois. Je pense que c'est hyper important d'incarner ce que tu dis aux gens. Un coach qui coache un chef d'entreprise, mais qui, je ne sais pas moi, ne parle jamais de ses offres et n'arrive pas à parler de son travail, on peut se poser des questions.
- Speaker #1
Oui, un peu une sorte de montre l'exemple, inspire les gens.
- Speaker #0
Oui, je pense que ça, c'est important. Mais après, on n'est pas obligé d'être public. Tu vois, je pense que ça peut rester très intime. Et quelqu'un de très ancré, les deux pieds sur le sol.
- Speaker #1
Tu mets quoi derrière la définition d'ancré, justement ?
- Speaker #0
Quelqu'un dans son corps, déjà, qui est au contact de sa vie intérieure, de ses émotions, et qui n'en a pas peur. Moi, je suis quelqu'un de très connecté à ma spiritualité. Je vois qu'il y a beaucoup de coaching aussi très, très spirituel. En fait, c'est important aussi d'avoir les pieds sur terre et de lier ce qu'on vit, qui est peut-être moins palpable, d'une réalité du quotidien. Et je pense que ça, c'est important. Donc voilà, quelqu'un qui vit une vie de tous les jours, qui se pose des questions très basiques. Et je pense que c'est le meilleur moyen d'accompagner quelqu'un.
- Speaker #1
Est-ce que tu as ressenti le moment de te faire coacher ? Bien que tes enfants, tu les as eus avant, mais au moment où justement tu es devenue maman. Mais ce que je comprends dans le parcours, c'est que tu les as eus avant, avant d'entamer cette deuxième partie de carrière. Mais comment tu as vécu ces moments qui, dans la vie d'une femme, peuvent parfois bousculer ?
- Speaker #0
J'ai vécu ça de façon très difficile, très honnêtement. Surtout ma première expérience en tant que maman. J'étais très heureuse et c'était en même temps un énorme bouleversement. À l'époque, je n'avais pas du tout le réflexe du coaching. Donc, je ne me suis pas dit, je vais me faire coacher. Mais finalement, j'ai été en thérapie pas très longtemps après. Donc, ça m'a aussi aidée. Parce que finalement, quand tu donnes la vie, j'ai quand même l'impression qu'il y a plein de questions qui émergent, notamment dans ton rapport à tes parents.
- Speaker #1
Oui, complètement.
- Speaker #0
La thérapie, c'est the best pour gérer ça.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Même dans la manière d'éduquer, dans la manière d'interagir.
- Speaker #0
Oui, et puis quel enfant t'étais, et puis quel attachement.