- Speaker #0
Radio Copalim, Radio Copalim, le podcast de la plus grande coopération associative d'Occitanie.
- Speaker #1
Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans Radio Copalim pour ce nouvel épisode. Je suis Christelle Élisée et aujourd'hui nous nous décentrons du sujet de l'aide alimentaire pour nous intéresser à une problématique plus globale, celle de la lutte contre la pauvreté. En Occitanie... Cette lutte est portée par de nombreuses organisations qui mènent des projets autour de l'insertion, de l'écologie, de l'éducation et bien d'autres thèmes que nous allons découvrir ensemble. Nous sommes le 26 mars, place Saint-Etienne, à la préfecture de Toulouse et c'est ici que se tient la journée du bilan des perspectives de la DRETS Occitanie. La DRETS, c'est la Direction Régionale de l'Économie, de l'Emploi, du Travail et des Solidarités. Ce podcast a été réalisé avec l'intervention de Sophie Saran, journaliste, que vous retrouverez au moment de la présentation de chaque projet. Je vous souhaite une très bonne écoute.
- Speaker #2
Bonjour, je suis Éric Pélisson, commissaire de la lutte contre la pauvreté auprès du préfet de région Occitanie. Radio Copalim accompagne depuis un peu plus d'un an maintenant un groupe de travail qui s'appelle Copalim, qui est réuni ici en Occitanie. C'est unique en France, ça n'a pas son équivalent ailleurs. L'ensemble des associations régionales de lutte contre la pauvreté et les fédérations d'épicerie sociale. Et de la même façon, nous avons 14 autres groupes sur des thématiques aussi diverses que la petite enfance, les bidonvilles, l'égalité des chances, qui travaillent. Et donc l'objectif de la journée, c'est de faire un bilan de l'action de ces groupes de travail qui parfois travaillent depuis 7 ans et de dresser des perspectives. Parce que pour ma part, je pars à la retraite. Et donc pour ma successeur, qu'elle ait un bilan et des perspectives qui soient dressées. Et par ailleurs, c'est aussi l'occasion de dire merci aux acteurs qui sont engagés bénévolement, parce que certains sont des salariés qui sont mandatés par leur structure, ont des fonctions officielles dans des administrations, des organismes de protection sociale, des collectivités, mais beaucoup d'autres viennent du milieu associatif et donc sont complètement bénévoles. Et donc moi j'ai l'habitude de dire que je suis tout seul, mais très nombreux.
- Speaker #1
Retour en salle avec Éric Pélisson qui s'adresse à l'auditoire. Il insiste sur les notions de matricialité et de décloisonnement. On l'écoute.
- Speaker #3
Nos groupes de travail, vous le voyez, certains d'entre eux sont sur les publics, petites enfances, sur des territoires, pour autant, il est rural, sur des thématiques. En fait, ils n'ont aucune forme de matricialité. Alors, on le faisait jusqu'à l'année dernière en réunissant avec la Fondation GEP, entre eux, l'exclusion, les animateurs. Cette année, il m'a semblé important de réunir également les membres. des groupes de travail, y compris les quasi-groupes de travail, mais effectivement cette dimension de matricialité, de transversalité est fondamentale. Un des enjeux importants, nous sommes très attachés à l'impact direct auprès des publics de citations pour otter, mais c'est aussi l'accompagnement au changement des pratiques professionnelles, l'accompagnement à la transformation du regard, je pense beaucoup, bien entendu, au pouvoir d'agir, à la participation, le triple décloisement. Le déclosement des territoires, on ne le dira jamais assez, 13 départements en Occitanie, nous ne savons pas suffisamment ce que fait le voisin. Déclosement des institutions, on a encore trop d'institutions qui sont propriétaires, poussez-vous de là, c'est moi, c'est mon sujet. Et puis déclosement des métiers, on a besoin de travailler tous ensemble, parce que seul on n'y arrivera pas.
- Speaker #1
Vous l'avez compris, Éric Pélisson part à la retraite, et c'est Amélie Dessouza qui lui succède. Donc Amélie Dessouza.
- Speaker #4
Je suis la nouvelle commissaire à la lutte contre la pauvreté de la région Occitanie. En fait, je pense que ce que j'en ai retenu, c'est plutôt la lecture que j'en fais aujourd'hui au regard de mon passage au sein du ministère de l'Intérieur. C'est-à-dire que quand on travaille au sein des associations ou quand on travaille au quotidien auprès des publics qu'on accompagne, ce qu'on arrive à voir au final, c'est dans un périmètre de travail qui certes s'élargit progressivement en fonction des partenaires qu'on rencontre. Mais pas forcément dans la mécanique de la construction de la politique publique. Et là, je vois les connexions possibles entre les propositions qui sont faites, entre le niveau de réflexion qui a avancé et comment on va pouvoir le mettre dans le cadre des mécaniques de la construction des politiques parce que je pense que ça se joue aussi beaucoup là. Et on va pouvoir agir là-dessus. Moi, ça m'a donné des idées de connexion, de lien que j'allais pouvoir faire. Je me suis toujours promis de réussir à capitaliser ce que j'ai fait. donc je ne suis pas venue par hasard au sein du ministère latérieur je l'ai dit tout à l'heure c'est vraiment cette envie de comprendre quand j'étais dans le secteur associatif je me disais mais c'est pas possible ils ne comprennent pas, ils n'ont pas cette visibilité il y avait des choses qui m'agassaient au quotidien en me disant qu'il y a quelque chose qui m'échappe. Du fait que je n'arrive pas à avoir certaines réponses, ça veut dire qu'il y a quelque chose qui m'échappe. Donc j'ai besoin souvent, et c'est mon fonctionnement, de passer par l'expérience pour réussir à avoir une analyse un peu de recul en me disant bon d'accord. Donc ça y est, j'ai fait l'expérience, j'ai compris. Ce n'est pas qu'ils ne comprennent pas, c'est que le prisme et les organisations sont différentes. Et je pense qu'il faut qu'on arrive à trouver en tout cas le moyen de parler le langage des uns, de parler le langage des autres, et ajuster nos... Nos mots, voilà.
- Speaker #1
Amélie Dessouza prend elle aussi la parole devant le public.
- Speaker #4
J'ai mené ce travail de compréhension du monde, de l'intérieur, du ministère de l'Intérieur et donc de toutes ces politiques publiques et cette inter-ministerialité-là. Ça me permet de me dire que je vais essayer de faire en sorte d'être ce trait d'union, comme j'ai toujours essayé de le faire, en tout cas jusqu'à présent, pour réussir à partir des prises, des positions des uns et des autres, qu'on arrive à avancer tous ensemble avec le même but. Et en tout cas, je sais qu'avec vous, au moins, les choses sont déjà gagnées parce qu'on a travaillé ensemble dans les mêmes objectifs.
- Speaker #1
C'est maintenant Anne Rubinstein qui se présente et nous détaille les objectifs de cette journée.
- Speaker #5
Bonjour, je suis Anne Rubinstein et je suis déléguée interministérielle à la prévention et la lutte contre la pauvreté. Alors cette journée, elle est pour nous sur deux dimensions. Il y a une dimension très locale avec tous les acteurs des solidarités d'Occitanie. Et puis nous on a choisi de faire le même jour notre séminaire national à la fois de ma délégation et de l'ensemble des commissaires à la lutte contre la pauvreté de France, hexagonal, ceux d'outre-mer ne pouvaient pas venir, pour travailler nous aussi sur finalement à la fois le bilan et puis surtout tracer des perspectives d'amélioration. On n'est pas satisfait des résultats. Notre système de protection sociale est extrêmement vertueux. Il protège environ 5 millions de nos concitoyens de la pauvreté au sens monétaire du terme. Mais néanmoins, il y a de plus en plus de personnes en situation de pauvreté. Donc, ça veut dire qu'il faut vraiment faire un bilan, un bilan lucide, sans concession de nos forces, nos faiblesses, ce qui marche, ce qui ne marche pas. Ce qui se fait dans les territoires et qui mériterait d'être peut-être essaimé, porté nationalement, mais qui n'existe pas, est de comprendre quelles sont les conditions dans lesquelles on peut se dire qu'on a réussi, et éventuellement aussi d'orienter et de décider de se séparer d'actions qu'on reconduit parfois presque naturellement, alors qu'elles n'ont pas beaucoup d'impact.
- Speaker #1
Anne Rubinstein s'adresse elle aussi aux acteurs qui œuvrent pour lutter contre la pauvreté, en rappelant que cette question centrale de pauvreté doit faire partie du débat.
- Speaker #5
Moi j'ai l'habitude de dire qu'un de ces enjeux, c'est de mettre ce sujet dans le débat public. Ce débat n'est pas qu'un débat entre qui n'intéresserait que des travailleurs sociaux et des personnes pauvres. C'est vraiment un débat de société.
- Speaker #1
Enfin, Radio Copalim interview FAS31, l'association qui organise cette journée spéciale. On les écoute.
- Speaker #6
Thierry Coste, directeur de FAS31.
- Speaker #7
Timothée Delacôte, délégué général de la Fondation FAS.
- Speaker #6
Alors FAS31, on est une association, membre du réseau de la Fondation Agir contre l'exclusion. Et on est comme la Fondation, on est là pour engager les entreprises sur des actions concrètes en matière de retour à l'emploi des personnes. Travailler l'orientation scolaire des élèves et également travailler auprès des ménages en grande précarité.
- Speaker #7
On a 45 clubs locaux comme FAS 31 sur le territoire national et 6000 entreprises partenaires qui nous accompagnent dans des actions concrètes avec la mobilisation de 8000 salariés en mécénat de compétences pour nous permettre d'accompagner chaque année 400 000 personnes en situation d'exclusion.
- Speaker #6
Alors nous, nous sommes les organisateurs... Désigné par M. Pélisson à l'organisation de cette journée. Pourquoi FAS 31 ? Tout simplement parce que nous avons été pendant plus de trois ans l'animateur de l'ensemble des groupes de travail qui se sont déroulés sur l'Occitanie. Et notre rôle c'était justement d'outiller ces groupes de travail, de les accompagner et surtout de rendre les travaux de ces groupes de travail en action concrète et en livrable concret. Donc il nous apparaissait tout naturellement d'organiser cette journée qui est finalement le bilan. C'est cette année d'action sur le territoire de l'Occitanie. Nous, ce qu'on attend, c'est déjà que les travaux qui ont été menés depuis les 7 ans soient très lisibles, très concrets, déjà de pouvoir communiquer sur ces travaux-là. Et ensuite, ce qui nous intéresse bien entendu, c'est la suite. Qu'est-ce que nous allons faire dans les prochaines années ? Une nouvelle commissaire va arriver ? Quelles seront les orientations ? Donc, plein d'interrogations. Avec tous les acteurs qui ont travaillé avec nous sur ce volet-là, on s'aperçoit, on sait que beaucoup de défis nous attendent, beaucoup de challenges, pour au final aider les personnes qui sont vraiment les plus à marge de notre société. C'est là que ça fait sens cette journée.
- Speaker #7
On peut peut-être dire que dans le contexte qu'on connaît de baisses très importantes des financements publics sur les questions de solidarité, on a un peu un double challenge. Le premier, c'est quand même de continuer à porter auprès des pouvoirs publics et de l'État en particulier la nécessité absolue de maintenir un socle de financement suffisant pour accompagner les personnes. personnes qui en ont besoin, ça c'est extrêmement important. Et je pense que la logique de pressurisation des acteurs, associatifs, etc., elle a atteint très largement ses limites. Collectivement, on tire quand même une sonnette d'alarme, je pense qu'il y a quand même cet enjeu-là. Et deuxièmement, quel travail nous on peut faire en termes de mutualisation, en termes d'efficacité, d'optimisation de notre action aussi collective, pour faire peut-être encore plus ensemble qu'avant. C'est-à-dire que chacun trouve aussi sa place en complémentarité dans cette grande chaîne de l'inclusion aussi, avec ce que chacun peut apporter.
- Speaker #1
Maintenant que nous avons bien compris tous les enjeux de cette journée, donnons la parole à chaque groupe de travail. C'est parti !
- Speaker #7
Yves Jarlan, je travaille à l'ADI,
- Speaker #8
je suis en charge des partenariats et de la transition écologique. Je travaille pour le groupe Entreprise et Emploi qui se réunit depuis 2018 et qui a pour objectif, avec France Travail, Phase 31, deux conseils départementaux. et un syndicat professionnel de rapprocher l'univers de l'emploi avec celui des entreprises, en rapprochant les collectivités, les intercommunalités, la région, les structures associatives et les entreprises pour apporter des solutions plus près du territoire aux publics les plus précaires.
- Speaker #9
C'est quoi la problématique principale ?
- Speaker #8
La problématique principale, c'est que l'emploi des personnes les plus en difficulté, qu'ils soient jeunes, qu'ils soient femmes, qu'ils soient personnes migrantes, ne progresse pas. que les gens qui restent en difficulté n'ont pas de réseau, n'ont souvent peu ou pas de moyens de mobilité. Et donc il s'agit au plus près des initiatives qui existent déjà sur le territoire, de les faire connaître, de partager ce qui fonctionne, de voir comment aussi on peut impliquer les entreprises sur ces sujets de précarité. Les entreprises cherchent plutôt des compétences que des gens en difficulté, elles n'ont pas envie de s'embarrasser forcément de toutes ces difficultés. et donc de rapprocher tout ça, de faire connaître les bonnes pratiques.
- Speaker #10
Sois-y de Gandour, je suis déléguée régionale Occitanie de l'AFEV, l'association de la Fondation étudiante pour la ville et animatrice du groupe de travail Égalité des chances dans le parcours des jeunes dans le cadre du pacte des solidarités.
- Speaker #9
Bon, parlez-moi un petit peu de ce groupe justement.
- Speaker #10
C'est un groupe qui a réuni plus d'une centaine d'acteurs sur huit sessions. avec une cinquantaine de réunions de travail depuis 2024, donc pas depuis si longtemps, pour travailler sur la question de l'égalité des chances dans le parcours des jeunes. Donc, on a travaillé plusieurs thématiques, en particulier le mentorat comme outil d'égalité des chances pour les jeunes, l'égalité dans l'accès à la formation diplômante et qualifiante, l'égalité... des chances pour lutter contre le décrochage en première année d'études supérieures, la question du soutien en famille et de la parentalité dans l'égalité des chances, l'engagement des jeunes, la prévention de la santé mentale des jeunes pour améliorer l'égalité des chances, l'orientation, l'orientation et l'aide à l'orientation pour les jeunes, et quels sont tous les dispositifs qui existent. Et à chaque fois, le principe, c'était de travailler sur des expériences existantes. de voir ce qui pouvait se consolider et surtout de travailler sur des coopérations pour éviter du décrochage et des jeunes qui sortent des dispositifs communs. Aujourd'hui, le message que j'aurais à dire, c'est très bien d'innover, mais il y a plein de choses qui existent et comment on arrive à les consolider pour que ça puisse être pérenne, surtout quand ça marche.
- Speaker #9
Et la suite, c'est quoi ?
- Speaker #10
Alors la suite, là, on a un gros focus qui rejoint plusieurs urgences, qui est le public de l'aide sociale à l'enfance. Et la loi Taquet qui promeut le mentorat pour les jeunes de l'aide sociale à l'enfance. Donc on a normalement une prochaine session le 20 mai à Toulouse avec l'ensemble des partenaires de l'aide sociale à l'enfance, les collectivités, en particulier le conseil départemental, la DRETS aussi qui est pas mal sur ces sujets, et bien évidemment les professionnels de l'aide sociale à l'enfance et des acteurs du mentorat qui permettent pour un certain nombre de jeunes et on espère demain plus, pouvoir venir les accompagner. tout au long de leur parcours. Ensuite, la semaine prochaine, le 2 avril, à Albi, à l'université Champollion, sera mis en avant l'expérience de la vie étudiante comme levier pour les étudiants issus de milieux populaires. Comment cela a permis leur émancipation ? Quels sont les dispositifs, les actions qui sont mis en place avec une multiplicité d'acteurs ? Deux thématiques encore, la question du logement des étudiants. En ce moment, on parle beaucoup de crise du logement, c'est une réalité. Et donc, il y aura un événement aussi dans le cadre du pacte des solidarités le 3 juin à Montpellier pour présenter le logement étudiant et une solution de colocation à projet solidaire. Et un dernier point sur lequel j'ai été mandatée pour 2026, c'est aussi une rencontre avec madame la commissaire pauvreté, notre future commissaire pauvreté. et l'ensemble des associations du collectif Mentora Occitanie, qui se réunit depuis maintenant, je crois, six ans, pour présenter l'ensemble des actions qui sont menées sur le territoire.
- Speaker #11
Bonjour, je suis Josie Salen, la déléguée régionale du réseau Mobile Occitanie. C'est le réseau porte-voix des acteurs de la mobilité inclusive, solidaire et durable. Donc nous avons deux axes, le savoir bouger et le pouvoir bouger.
- Speaker #9
Et vous travaillez sur quel groupe aujourd'hui ?
- Speaker #11
Sur le groupe Mobilité Solidaire, j'en suis l'animatrice, j'en suis très heureuse. C'est un lancement puisque c'est la première fois que le groupe se réunit aujourd'hui. Donc je suis très contente d'avoir retrouvé les différents partenaires et on va essayer effectivement de travailler et d'avoir une feuille de route la plus efficace possible.
- Speaker #9
Pourquoi ce groupe s'est imposé dans le cadre du Pacte des Solidarités ? Pourquoi il n'existait pas jusque-là ?
- Speaker #11
Et ben... Disons qu'il n'existait pas à proprement parler parce que la thématique était travaillée dans d'autres groupes de travail, lutte contre la pauvreté en milieu rural, insertion, transition écologique. Et effectivement, on s'est dit avec M. Pélisson que ce n'était pas donné tout l'honneur que méritait cette thématique à part entière qui s'impose et qui est un des nombreux freins. retour à l'emploi, formation, accès aux droits. Et donc, effectivement, on a beaucoup échangé et on s'est dit que cette thématique qui amène l'inclusion et l'accès aux droits, il fallait qu'effectivement, il y ait un groupe à proprement parler.
- Speaker #9
Je sais que vous êtes au début du travail, mais selon vous, qu'est-ce qui bloque aujourd'hui sur cette question de la mobilité ? Qu'est-ce qui fait qu'on arrive à ces chiffres ?
- Speaker #11
Il existe beaucoup d'acteurs qui travaillent la mobilité, pour certains depuis les années 80. Donc ce n'est pas un nouveau thème, ce n'est pas un thème qui est à la mode. Mais je pense que depuis 2019 et la loi d'orientation des mobilités, la mobilité solidaire effectivement est rentrée dans la loi, comme l'éducation, la santé, c'est vraiment un droit fondamental pour les personnes. Mais que depuis 2019, on a un peu de mal peut-être avec les politiques publiques à installer tout ça, parce que c'est compliqué aussi. Alors dans cette région, on a profité d'avoir un commissaire à la prévention et à la lutte contre la pauvreté qui était très proactif sur ce sujet de la mobilité solidaire, qui a pas mal soutenu les acteurs et le réseau Mobin. Et puis, on travaille beaucoup avec la région, les différentes collectivités. Et on fait effectivement le même constat que notre région est vaste. C'est aussi 13 départements, ce qui peut expliquer ce taux de 23 %. On a pas mal de territoires ruraux aussi. Et puis, je pense que dans ces solutions qui existent, malheureusement, elles ne sont pas toujours visibles. Donc l'objectif du groupe et notre objectif aussi chez Mobin, c'est de rendre visible l'existant, l'offre qui existe, de fluidifier un peu tout ça et surtout de coordonner.
- Speaker #0
Radio Copalim, Radio Copalim.
- Speaker #12
Bonjour, je suis Nicolas Coste, coordinateur de la Fédération des acteurs de la solidarité Occitanie.
- Speaker #13
Et moi Laure Viard, chargée de programme Intervention sociale, culture et participation à la face Occitanie.
- Speaker #9
Parlez-moi un petit peu de votre groupe de travail.
- Speaker #12
Oui, il s'agit du groupe de travail participation qui réunit à la fois des acteurs institutionnels et associatifs et qui vise à outiller les professionnels sur les pratiques de participation et les conditions de la réussite de la participation.
- Speaker #9
Quel est l'enjeu de ce groupe de travail dans le cadre du Pacte des Solidarités ?
- Speaker #13
L'enjeu, ça va être justement d'accompagner les professionnels dans leur pratique de la participation, qu'ils puissent aussi en interconnaissance s'entraider, se donner des idées de « nous, on a mis telle chose en place dans notre structure, vous pourriez essayer de l'analyse des pratiques, tout simplement » .
- Speaker #9
Quel bilan vous tirez déjà ?
- Speaker #12
Un engagement de plus en plus fort des institutions et des associations. On voit notamment à travers le sondage régional sur la participation, sur lequel il y a de plus en plus de répondants année après année, puisque depuis 2023, nous sommes passés de 2021 à 40 répondants, à plus de 200 en 2025. Donc, une franche réussite pour ce sondage, qui montre l'intérêt des acteurs pour le sujet. Et par ailleurs, des instances participatives qui fonctionnent, par ailleurs le La FAS Occitanie accompagne le Conseil Régional des Personnes Accueillies et Compagnies, qui travaille en lien avec les institutions publiques. On peut voir son dynamisme et l'écoute que peuvent lui prêter les institutions publiques.
- Speaker #9
Et maintenant, c'est quoi la suite ?
- Speaker #13
On va continuer avec le groupe de travail à travailler sur, justement, c'est toujours cette même question de participation, en faisant des séances de co-développement, d'analyse des pratiques. On continue aussi le projet Participact. qui vise à certifier les compétences des personnes concernées quand ils ont participé à des projets dans leur structure, par exemple. Et puis, on continuera aussi le sondage régional qu'on fait déjà depuis deux ans et qu'on relancera cette année pour continuer à évaluer la mise en place des dynamiques de participation dans les structures.
- Speaker #0
Radio Copalim, Radio Copalim.
- Speaker #14
Alors bonjour, moi c'est Kessie Jordier, je suis chargée de mission cohésion territoriale à Ville et territoire Occitanie, qui est un centre de ressources politique de la Ville et cohésion territoriale. Donc on a cette petite particularité d'investir les enjeux de lutte contre la pauvreté, en particulier dans la ruralité, en parallèle de la politique de la Ville qui est plutôt le pendant urbain.
- Speaker #9
Et justement, sur quel groupe vous travaillez ?
- Speaker #14
Donc je travaille sur deux groupes de travail en particulier, donc le groupe de travail Pauvreté en milieu rural. et le groupe de travail Connaissance. Le premier a vocation à fédérer les différents acteurs travaillant dans la ruralité afin de favoriser l'échange de pratiques, le partage de connaissances, aussi l'interconnaissance entre les différents acteurs. Parfois, on ne sait pas exactement qui fait quoi, qui se situe où, alors qu'on pourrait tout à fait s'inspirer ou s'entraider les uns les autres, créer des réseaux et ainsi mieux combler les trous dans la raquette. Donc voilà, on travaille sur cette connaissance de la pauvreté, de la lutte contre la pauvreté, les projets territoriaux. en milieu rural, aussi problématiser des choses, parce que parfois, il ne suffit pas juste de se dire on agit, il faut savoir sur quoi on agit et pourquoi on le fait. Donc, c'est la vocation de ce groupe de travail de permettre à tous ces acteurs locaux qui ont une fine connaissance de leur territoire et de leurs problématiques, de mettre tout dans le pot comment, afin d'envisager des solutions concrètes et réalisables pour lutter contre la pauvreté en milieu rural. Alors, un enseignement attiré de ce groupe de travail, je pense, c'est vraiment tout ce qui s'articule autour des enjeux de coopération. Quand on parle ruralité, on pense souvent à l'absence, ce qui manque. On pense souvent au manque. Et pour combler le manque, quoi de mieux que de tous se mettre ensemble autour de la table pour identifier effectivement ce qui manque et si ça manque réellement, dans le sens où parfois on a des conceptions, on a des a priori, on se fait une idée parfois biaisée de la réalité. Donc coopérer pour mieux connaître notre sujet, notre territoire et dans la même logique, coopérer pour également proposer des solutions qui répondent réellement aux besoins et qui ont un réel impact à la fois sur les organisations humaines, au sein des collectivités, au sein des associations, mais aussi un impact sur les personnes, les premiers concernés. Donc les familles monoparentales, les personnes en situation... d'insertion, d'insertion socio-professionnelle, les personnes isolées, les personnes âgées, voilà, j'en passe. On pourrait citer précisément, mais il y a une myriade de publics qui bénéficieraient, qui gagneraient en fait à ce que les professionnels coopèrent, que ce soit entre eux, mais aussi avec les publics pour s'assurer effectivement de l'adéquation entre les actions et les besoins.
- Speaker #9
Donc si je vous résume, la clé c'est la connaissance.
- Speaker #0
Et la coopération.
- Speaker #15
Je suis Timothée Courtois et je suis responsable du pôle coordination départementale à la CAF de la Haute-Garonne.
- Speaker #1
Et je suis Chloé Anastas, donc attachée de direction à la direction du service aux partenaires de la CAF de la Haute-Garonne.
- Speaker #9
Est-ce que vous pouvez me parler de votre groupe de travail en quelques mots ?
- Speaker #0
Le groupe de travail, il est orienté autour de la petite enfance et de la parentalité, donc il vit depuis 2019, c'est un des groupes je pense qui existe depuis le début de la stratégie pauvreté, et donc il réunit plusieurs acteurs, des associations, des institutionnels comme les CAF, mais les conseils départementaux aussi, et parfois aussi des familles ou des représentants des familles comme les UDAF, et donc on a travaillé ces dernières années autour... à la fois d'aspects communicationnels vers les élus, plutôt ensuite dans une seconde partie sur de l'expérimentation de projets à destination des publics en grande précarité, puis dorénavant plutôt sur des cycles de webinaires pour mettre en avant des initiatives locales.
- Speaker #1
Donc au niveau de cette thématique, il y a un enjeu bien sûr sur la connaissance déjà des dispositifs qui sont existants ou d'initiatives qui peuvent être intéressantes à valoriser qui ont lieu dans certains départements. un objectif d'interconnaissance et de faire connaître ce qui existe notamment aussi auprès des institutionnels et auprès des élus et il y a aussi un enjeu très opérationnel dans le soutien qui peut être apporté aux parents sur notamment un des objectifs dans les webinaires sur l'une des thématiques c'était comment est-ce qu'on développe les modes de garde en milieu rural par exemple donc il y a à la fois un objectif de connaissance et un objectif très pratique de comment est-ce qu'on amène les publics vers les structures ou les actions qui existent déjà.
- Speaker #0
Les freins sur ces thématiques, ils sont avant tout financiers, je dirais. La petite enfance et la parentalité sont plutôt quand même des secteurs qui sont bien financés par les CAF et également par les collectivités locales. Mais quand on parle de publics en situation de pauvreté ou de grande précarité, on sait que ça engage aussi un accompagnement plus large et que... La question du financement, mais aussi des moyens humains, d'accompagnement, de travail social, etc., sont primordiaux. Et on sait qu'aujourd'hui, c'est une limite dans les politiques publiques que l'on porte.
- Speaker #1
Les motifs d'espoir, ils existent toujours forcément. Et puis si on est encore là aujourd'hui, 7 ans après, c'est que le sujet, il est complexe, mais aussi il est toujours existant. Donc il faut de toute façon... ne pas l'abandonner. On voit aussi dans le groupe et dans la motivation des personnes qui sont là et le souhait toujours de faire connaître les initiatives, c'est que sur le terrain, il y a des besoins, il y a des choses et des réponses qui ne demandent qu'à être développées. Donc l'espoir, il est forcément là. Et effectivement, il y a des politiques publiques comme le service public de la petite enfance qui vient tout à fait répondre aussi à ces questions-là. Donc l'espoir, il y est, et c'est également par ces journées et en faisant connaître ce qui existe que l'intérêt et le besoin ressort. Par les professionnels qui, au quotidien, accompagnent ces familles et ces personnes, notamment en situation de précarité.
- Speaker #2
Radio Copalim, Radio Copalim.
- Speaker #3
Je m'appelle Jean-Louis Clément, président du groupement des épiceries sociales et solidaires d'Occitanie. Et à ce titre, je suis aussi animateur d'une coopération régionale, Coop Alim Occitanie, qui regroupe les principales têtes de réseau de l'aide alimentaire, que sont les Restos du Coeur, les banques alimentaires, le Secours Populaire, le Secours Cacodolique, la Croix-Rouge, l'ANDES, l'Association Nationale des Épiceries Sociales et Solidaires, et le GESMIP.
- Speaker #4
Aujourd'hui, on est là pour parler des groupes de travail. Quel est le groupe de travail sur lequel vous êtes ?
- Speaker #3
Nous sommes allés au-delà d'un simple groupe de travail. puisque nous avons décidé de nous constituer en coopération. Donc ça veut dire qu'ensemble, nous abordons tous les sujets, nous ne nous interdisons aucun sujet auquel nous sommes confrontés sur le terrain, au jour le jour, et nous travaillons ensemble avec une volonté et deux objectifs. Une volonté d'interconnaissance, c'est-à-dire de savoir exactement, de connaître exactement nos partenaires, ce qu'ils font, leurs points forts, leurs besoins. et aussi une volonté de travailler ensemble, de faire ensemble. Donc, ce qui nous amène à aborder différents sujets, comme par exemple la qualité des collectes au niveau de la grande distribution, des sujets sur l'approvisionnement de nos structures, la logistique, mais aussi beaucoup d'autres thèmes, comme l'amélioration de la qualité alimentaire et bien d'autres choses. Alors l'enjeu c'est de sortir l'aide alimentaire, je dirais, de son ghetto, c'est peut-être un peu fort comme mot, mais de là où elle est enfermée, cantonnée. La précarité c'est un ensemble, ce sont des choses bien plus vastes et il y a bien sûr des besoins d'alimentation. Souvent, le besoin alimentaire est une porte d'entrée, mais les publics qui sont accueillis, qui sont concernés, aussi abordent justement... d'autres problématiques sur lesquelles nous ne pouvons pas rester seuls. Et cette question de la précarité, si on veut l'aborder et la traiter, ne peut pas être traitée que par le biais de l'alimentation, même si c'est un vecteur important. Donc notre défi aussi, c'est d'aller travailler avec tous les partenaires, qu'ils soient institutionnels, mais aussi les autres partenaires associatifs qui peuvent apporter des solutions, justement, en tout cas, à ces situations de précarité, pour apporter le meilleur service possible. et être le plus pertinent possible.
- Speaker #2
Bonjour,
- Speaker #5
moi je suis Nolwenn Rivière, je suis conseillère technique lutte contre les exclusions et enfance de nette famille à Luriops, Occitanie.
- Speaker #6
Et moi c'est Virginie Matteoni, je suis chargée de programme sur les questions d'hébergement de logements et réfugiés migrants au sein de la Fédération des acteurs de la solidarité Occitanie.
- Speaker #5
Alors nous avons travaillé sur les publics en errance et notamment du coup les questions de maraude et d'allée verte.
- Speaker #6
Donc il y avait pas mal d'enjeux sur ce sujet puisque voilà on constate quand même une augmentation et une précarisation des personnes qui sont à la rue, avec une diversification des publics aussi de plus en plus de femmes, de familles, avec des enfants même en très bas âge. Merci. des personnes âgées, des personnes immigrées. Et du coup, qui se retrouvent dans ces situations-là, notamment au fait qu'il y a une saturation de l'ensemble des dispositifs, finalement, de la rue au logement. Et donc, l'enjeu, c'était aussi de voir comment on peut travailler auprès de ces publics, essayer de déjà recréer du lien et d'essayer de construire avec eux, peut-être, des choses pour qu'un avenir soit meilleur pour eux.
- Speaker #4
peuvent être les principaux leviers sur lesquels il faudrait travailler, en tout cas selon vous ?
- Speaker #5
Alors déjà, il y a une question de financement de la politique publique. On sait que sur ce qu'on appelle le programme 177, c'est le programme au niveau de l'État qui finance toute la question de l'hébergement au logement, et aussi la veille sociale. Donc on est sous-budgétisé de façon chronique depuis des années. C'est-à-dire que du coup, les associations sont obligées de maîtriser parfaitement l'art de la bidouille. pour aujourd'hui réussir à faire quelque chose et avoir des résultats. Alors qu'avec un financement sincère, à hauteur des besoins, on arriverait à développer plus de choses. On aurait un accompagnement qui soit plus respectueux des personnes. Et on pourrait aussi développer des solutions nouvelles, peut-être mieux ciblées vers les besoins qu'on peut repérer. On discutait par exemple avec des professionnels de la prévention spécialisée qui disaient, les jeunes, qui sont en errance aujourd'hui, eux, ils ne se projettent pas, en fait, vers les distributions alimentaires, vers les accueils de jour, vers toutes les solutions qu'on met en place pour les sans-abri, parce que forcément, qui a envie de se voir, en fait, peut-être dans 10 ans, dans 20 ans, parmi ces gens-là, ils ne se reconnaissent pas dans ce public-là. Et donc, il faut pouvoir développer pour eux des solutions particulières. Donc, il faut vraiment qu'on puisse ensemble faire alliance pour soutenir ces personnes et, du coup, développer des projets avec elles. Donc on a une partie, une responsabilité de l'État, la nécessité de l'engagement de l'État, mais aussi des collectivités locales, parce que finalement, c'est elles qui sont au plus près du terrain et elles peuvent nous aider à développer des services. Elles peuvent également soutenir les actions, faciliter, favoriser les différentes actions menées par les associations sur la mise à disposition d'espaces, sur la délocalisation aussi de leur permanence, parce qu'elles font de l'accès au droit. C'est elles aussi faire de l'allée verte. Mettre à disposition parfois aussi du mobilier, du matériel, si elles ne peuvent pas faire du financement direct. Mais il y a d'autres solutions possibles, y compris de la coordination, de la coopération. Vraiment, il faut se faire confiance entre pouvoir public et association, pour faire alliance, pour travailler pour les personnes démunies.
- Speaker #6
On parlait effectivement de la saturation des dispositifs. Aujourd'hui, de par le manque de moyens. On assiste aussi à des mises en concurrence des publics et des fois aussi des remises en question des droits qui sont inhérents à ce secteur, notamment la question de l'inconditionnalité de l'accueil et de la continuité de l'accueil. Sans respect aussi de ces fondamentaux et de ces droits, on met aussi un certain nombre de publics en difficulté. Il faudrait pouvoir aussi être en mesure de les faire respecter. Donc moi c'est Camille Brevedan, je suis coordinatrice de la résorption des bidonvilles à la ville de Montpellier.
- Speaker #7
Audrey Hernandez, je suis responsable du pôle hébergement et inclusion sociale à la ville de Toulouse et aux métropoles.
- Speaker #4
Bon, parlez-moi de votre groupe de travail.
- Speaker #8
Donc nous on est co-animatrice depuis 2022 du groupe de travail résorption des bidonvilles, avec justement l'objectif d'avoir deux têtes institutionnelles, Toulouse et Montpellier, qui co-animent ce groupe de travail.
- Speaker #4
Et ce groupe, il doit répondre à quelles problématiques principales ?
- Speaker #7
L'objectif d'abord, le choix de mélanger les deux territoires, c'était de pouvoir favoriser l'interconnaissance entre nous. On a pu au moins échanger sur nos pratiques. L'objectif a été de pouvoir rassembler les acteurs qui interviennent sur les bidons vides pour essayer de favoriser les meilleures réponses pour les publics lors des expulsions.
- Speaker #8
Aujourd'hui, la principale problématique qui se pose sur les territoires, c'est à la fois les enjeux de pouvoir établir une stratégie concertée entre acteurs. On a des acteurs qui sont très divers, entre des acteurs institutionnels, étatiques, municipaux, intercommunaux et des acteurs associatifs sur le terrain. L'objectif, c'est d'arriver à trouver des approches concertées et cohérentes sur comment gérer la question des bidonvilles, à la fois dans la vie quotidienne des bidonvilles, mais aussi dans les éventuelles évacuations, résorptions. selon les nécessités ou pas que les personnes soient relogées et la question évidemment du relogement derrière et des typologies de propositions qu'on peut faire.
- Speaker #7
Et cet enjeu est de plus en plus prégnant, comme on l'évoquait déjà, c'est qu'on est dans un contexte financier qui est quand même en train, et donc ça nécessite encore plus d'avoir une feuille de route vraiment globale pour avoir un meilleur maillage et ne pas faire de saupoudrage dans les financements.
- Speaker #4
Vous l'avez dit, le groupe de travail est né en 2022, en 4 ans. Quel enseignement principal vous en avez tiré ?
- Speaker #8
Alors l'enseignement principal, c'est que ça a quand même beaucoup intéressé globalement. Beaucoup d'acteurs, et sur Toulouse, et sur Montpellier, et pas que, puisqu'on a eu aussi des membres parfois qui venaient de l'Ariège ou qui venaient d'autres départements. Mais il y a en fait un intérêt vraiment très fort des acteurs de mieux se connaître, parce qu'on se rend compte finalement qu'on est très cloisonnés dans nos territoires et que souvent, ce qui se passe sur un territoire n'est pas forcément connu même au sein de la même région. Un très fort intérêt, avec évidemment après les difficultés que ça représente quand on est très nombreux d'arriver à échanger et de construire des temps d'échange qui sont... qui amènent à quelque chose et de définir ensemble finalement quels objectifs on poursuit.
- Speaker #4
Et sur la journée d'aujourd'hui, qu'est-ce que vous pouvez me dire ? C'est une journée intéressante, vous n'allez pas me dire le contraire. Pourquoi c'est des moments importants ?
- Speaker #8
Alors c'est des moments importants parce que déjà c'est des moments où en fait nous, dans notre agenda professionnel, on peut se poser et justifier pendant une journée de consacrer un temps à la question de l'animation des groupes de travail, du pacte des solidarités. Parce que c'est souvent un enjeu en tant qu'animateur de trouver le juste équilibre pour trouver du temps pour ça. Donc c'est vrai que ça nous permet vraiment de consacrer une journée entière, de se poser les questions sur la suite, de faire le bilan aussi sur ce qui s'est passé. Et puis, comme on le disait tout à l'heure, c'est toujours hyper intéressant de se retrouver en présentiel avec les différents acteurs avec lesquels on échange souvent en vidéo, par mail. Et ça crée des moments formels, mais aussi beaucoup de moments informels qui sont toujours hyper riches.
- Speaker #7
Peut-être que là, ça nous a permis aussi de requestionner. l'intérêt du groupe, de reprendre aussi à tâche avec les différents intervenants en physique, parce que des fois on a été beaucoup en visio et donc ce n'est quand même pas pareil dans la relation. Et c'est vrai que là on a pu mesurer qu'il y avait quand même l'envie de poursuivre, alors que nous des fois on aurait pu dire, pris dans le quotidien, la charge de travail, c'est difficile de trouver tous ces équilibres. Mais effectivement on repart assez motivés.
- Speaker #9
Je suis Régis Bégor, directeur académique adjoint du département du Gard et je suis chargé par madame la rectrice de l'académie de Montpellier de la mission de lutte contre la pauvreté. Je travaille sur la question de la réussite scolaire effectivement, même si aujourd'hui j'ai vu qu'il y avait d'autres thématiques dans lesquelles l'éducation nationale était interpellée.
- Speaker #4
Et la réussite scolaire c'est quoi l'enjeu dans le cadre du pacte des solidarités ?
- Speaker #9
L'enjeu c'est de s'adresser aux élèves les plus vulnérables. Et l'enjeu, c'est de réduire les écarts de parcours de ces enfants-là. Un enjeu central, c'est une question de valeur. Cette problématique-là, dans le projet académique porté par Mme la rectrice, est inscrite dans le pôle valeur, dans l'axe valeur de notre projet académique. Donc c'est un enjeu, mais c'est aussi une valeur que nous défendons. Et un système vaut ce que vaut son maillon le plus faible.
- Speaker #4
Et quels sont les leviers et les freins pour agir ?
- Speaker #9
Les leviers sont très nombreux en fait. Je milite pour que les leviers soient dans la classe en premier lieu. Donc forcément c'est à l'attention portée à ces enfants, à leur parcours, à leur identification, à leurs problématiques, à leurs besoins. Et forcément c'est une question aussi de formation de nos personnels, d'accompagnement de nos personnels. Je vous cite une innovation dans l'Académie de Montpellier par exemple, c'est la création d'une certification académique Alliance éducative. Nous sommes en train de former... des chefs d'établissement, des inspecteurs, des professeurs à cette thématique-là pour qu'ils deviennent des formateurs sur la question de l'alliance éducative qui est centrale puisque nous nous adressons souvent à des parents qui sont eux-mêmes en situation de vulnérabilité.
- Speaker #2
Bonjour,
- Speaker #10
je m'appelle Yves Paubert, je suis médecin généraliste de formation et je préside le groupe de travail consacré à la lutte pour la réduction des inégalités sociales de santé au sein de la... Commission régionale santé-autonomie, qui est une instance de démocratie en santé. En fait, de toute ma vie professionnelle, j'ai porté un intérêt à ces problématiques et à un moment donné, il a paru important au sein de la CRSA que ces thématiques soient portées en avant. Les inégalités sociales de santé sont un phénomène peu connu. Souvent, on confond les soins aux plus pauvres, qui sont indispensables, nécessaires, et il ne s'agit pas de remettre ça en cause. L'espérance de vie à la rue, 48 ans, c'est un scandale, c'est tragique. Et en même temps, Comme dit un personnage connu, en même temps, les inégalités sociales de santé, ça touche toute la population selon ce qu'on appelle un gradient social continu. Et pour prendre un dernier chiffre, il y a huit ans de différence d'espérance de vie entre un non-diplômé sorti de l'école sans diplôme et un diplômé d'études supérieures. Huit ans en France, c'est la différence entre la France et les pays du Sud-Sahara. Donc, il faut chercher des moyens d'agir par rapport à ça. Je reprends les égalités sociales de santé et après on reviendra sur la grande précarité. Une des réponses, c'est ce qu'on appelle l'universalisme proportionné. L'idée, ce n'est pas l'égalité. L'égalité, c'est donner pareil à tout le monde. C'est inéquitable. L'équité, c'est de donner à tout le monde, pour éviter ce que j'appellerais les jalousies sociales, mais en même temps de moduler les réponses en fonction des besoins des personnes. Je prends un exemple à PMI. On imagine toute femme qui vient d'avoir un enfant a le droit, la légitimité d'être vue en PMI et l'équipe de PMI peut très bien évaluer le besoin de la famille en fonction de tous ses déterminants et décider de l'intensité de la réponse. Mais on n'a pas exclu des personnes, on n'a pas créé non plus de dispositif spécifique pauvreté. C'est un peu l'idée. Alors qu'est-ce qu'on vient faire là-dedans ? Il existe des centres de santé communautaires. Il y en a deux principaux, un à Human Santé à Montpellier, la case de santé à Toulouse, qui travaillent sur ces notions-là, qui accueillent toute la population, mais qui travaillent dans tous les déterminants de la santé. Ces centres de santé communautaire, ils sont typiquement dans ce qu'on appelle l'universalisme proportionné. Et moi, je pense et je ferai un plaidoyer pour qu'ils soient soutenus et surtout qu'ils bénéficient, pas seulement eux, d'ailleurs tous les intervenants qui sont là. de financement pérenne. Je dirais, on ne peut pas demander à des gens de travailler sur la précarité en la mettant eux-mêmes en précarité par des recherches de financement.
- Speaker #4
Ce groupe de travail a été créé quand ?
- Speaker #10
Il a été créé au moment de la construction du projet régional de santé, c'est-à-dire il y a plus de 4 ans, il a été créé en 2023.
- Speaker #4
Donc en 4 ans, vous avez déjà appris des choses. Question simple, réponse j'imagine complexe. Pour répondre aux enjeux que vous venez de définir, quels sont les principaux leviers et quels sont les principaux freins ?
- Speaker #10
Les leviers c'est la formation, la sensibilisation. L'idée c'est que chaque personne qui a à un moment donné des décisions dans le domaine de la santé s'arrête, réfléchisse. Est-ce que la décision que je vais prendre est de nature à aggraver, à améliorer ou est neutre sur cette situation-là ? Donc l'idée c'est déjà... Cette situation, cette formation, ça c'est un levier. Le frein, ce sont les a priori. Confondre la santé et le soin. La santé, c'est une affaire. Quand je vous demande comment ça va, je vous demande comment ça va. Je ne vous dis pas ça va, tu n'as pas de maladie aujourd'hui. Donc la santé, c'est un état global. Il ne faut pas confondre la santé et le soin. Et donc, il ne faut pas confondre l'accès à la santé et l'accès aux soins. Mais tout ça, ça suppose de répéter les messages. Et les répéter, les répéter. Il y a des gens qui ne les comprendront jamais parce que c'est comme ça. Mais c'est un travail de plébouillé.
- Speaker #4
Dernière question. Les perspectives à venir pour votre groupe de travail ? Continuer, j'imagine ?
- Speaker #10
Oui, continuer, les tendre. Alors, ça ne m'appartient pas parce que la CRSA va être renouvelée entièrement l'an prochain. Mais dans la mesure où on a un groupe de travail issu de la commission permanente et que la commission permanente a présenté la réduction des illégalités sociales de santé comme une des priorités. de la CRSA. Je suis confiant pour qu'on le poursuive ce travail.
- Speaker #2
Radio Copalim. Radio Copalim.
- Speaker #11
Je suis Kelly Guernigou, chargée de mission Transition écologique à la CRES Occitanie.
- Speaker #4
Sur quel groupe vous travaillez ?
- Speaker #11
Je travaille sur le groupe Transition écologique juste et solidaire. Les enjeux du groupe sont larges. C'est de réunir des acteurs à la fois de la transition écologique et des acteurs de la lutte contre la précarité. pour les faire travailler ensemble et décloisonner les enjeux. Donc travailler à la fois sur des enjeux sociaux, de justice sociale et des enjeux de transition écologique.
- Speaker #4
C'est un groupe qui est récent, qui a un an, c'est bien ça ?
- Speaker #11
Oui, c'est ça. C'est un groupe qu'on a créé il y a un an, au mois de mars 2025, suite à une grande journée régionale lancée par l'ADEME et par le commissariat contre la pauvreté autour de la transition écologique juste. Le retour d'expérience, et c'est ce qu'on se disait ce matin, C'est hyper enrichissant de croiser le vécu et le quotidien à la fois des acteurs de la transition écologique, que ce soit des acteurs publics ou des acteurs de l'ESS, de l'économie sociale et solidaire, avec le quotidien des acteurs de la lutte contre la précarité. Ce sont des mondes qui ne se rencontrent pas forcément. Et donc le premier retour d'expérience, c'est que ce groupe de travail est intéressant pour décloisonner, pour faire de l'interconnaissance et mieux se connaître. Donc ça, c'est le premier renseignement. Et le deuxième, c'est qu'il y a beaucoup de choses à faire et qu'il faut continuer à travailler ensemble pour aller vers des politiques publiques systémiques et valoriser les bonnes pratiques des acteurs sur le terrain.
- Speaker #4
Et quels sont les principaux freins ?
- Speaker #11
Les principaux freins, c'est qu'aujourd'hui, dans les politiques publiques, ce n'est absolument pas décloisonné, que les services fonctionnent en silos, que la recherche de financement par les acteurs de terrain, typiquement, elle est vite confrontée justement à ces silos. Je prends l'exemple des centres sociaux qui sont un peu catégorisés comme agissant pour la lutte contre la précarité, la lutte contre l'isolement. En fait, ces centres sociaux font aussi beaucoup de démarches de transition écologique. autour de l'alimentation durable et saine, etc. Mais ils ont du mal à faire financer et à se faire soutenir pour ces démarches-là, alors que ce sont des démarches de transition écologique. Et donc l'idée de ce groupe de travail, c'est de venir dépasser ça, décloisonner et de valoriser toutes ces démarches systémiques.
- Speaker #12
Hélène Bouchillou, directrice de l'Institut de formation en travail social de Croix-Rouge Compétences Occitanie.
- Speaker #4
Est-ce que vous pouvez me dire sur quel groupe de travail vous êtes aujourd'hui et quels sont les enjeux ?
- Speaker #13
Alors c'est le groupe de travail sur la réflexion sur le travail social de manière générale et en fait c'est le comité régional du travail social et du développement social que nous avons constitué depuis fin 2018.
- Speaker #4
Donc quels sont les enjeux de ce groupe de travail ?
- Speaker #13
Les enjeux c'est vraiment ouvrir un espace de réflexion sur le travail social. On est dans les suites des états généraux du travail social, du livre blanc du travail social qui est sorti fin 2023 et qui n'a pas produit tous les effets attendus. Les recommandations n'ont pas tellement été suivies. Donc on essaye au niveau du comité régional d'être vraiment dans cette réflexion. Le travail social aujourd'hui, qu'est-ce que c'est ? De quoi il a besoin ? Comment on peut y réfléchir ? Mais cette réflexion doit se faire en associant les travailleurs sociaux, les cadres du social, mais aussi et avant tout les personnes concernées. qui effectivement au quotidien rencontrent les travailleurs sociaux.
- Speaker #12
Alors, nous avons pu mener des travaux sur la participation des personnes accompagnées et les mettre au cœur des dispositifs, et notamment dans le cadre des interventions collectives des structures de travail social. Nous avons également travaillé sur le parcours, le parcours des personnes et en quoi ça interroge l'approche des travailleurs sociaux. Et ça doit être pris en compte pour accompagner au mieux les personnes.
- Speaker #4
Quels sont les manques aujourd'hui, à priori sur le travail social ? On manque de travailleurs sociaux, si j'ai bien compris.
- Speaker #13
On peut être en difficulté pour recruter des travailleurs sociaux. Donc il y a une vraie crise d'attractivité. C'est d'ailleurs une de nos perspectives de travail sur le comité régional. La question à la fois de l'attractivité de ces métiers, comment redonner envie à des jeunes ou des moins jeunes de venir vers ces métiers et de leur faire découvrir la richesse de ces métiers. Et puis la question de la formation, parce qu'effectivement le travail social est complexe et nécessite des formations très larges. Et donc effectivement ces questions-là nous intéressent beaucoup dans un contexte là aussi de réforme de la formation en travail social. qui va se mettre en œuvre en septembre 2026.
- Speaker #4
C'est une question volontairement naïve, mais c'est peut-être nécessaire de rappeler pourquoi les travailleurs sociaux sont indispensables dans notre société.
- Speaker #12
Les travailleurs sociaux permettent de faire société. Ils sont le maillon indispensable pour permettre aux personnes qui se trouvent aujourd'hui en situation d'exclusion, d'isolement ou de grandes difficultés sociales de pouvoir faire partie du corps social, y être acteur et pouvoir bénéficier des meilleures conditions de vie possibles.
- Speaker #13
Les perspectives, c'est ce que je commençais à vous dire, c'est effectivement travailler sur les questions de l'attractivité et de la formation. Et après, effectivement, nous sommes convaincus, là on est 15 structures à participer, à piloter ce comité régional. On est convaincus que cet espace de réflexion en dehors, de la mise en œuvre de dispositifs, de politiques sociales, mais vraiment de réflexion sur le travail social. Comment est-ce qu'on décline ça ? Comment est-ce que les travailleurs sociaux peuvent le mettre en œuvre ? C'est indispensable. Ces espaces de réflexion sur le travail social, sur ce qu'on veut qu'il soit, comment il prend bien en compte la parole des personnes, est indispensable. Et on a besoin pour ça, on a déjà pu discuter avec M. Pélisson, d'avoir effectivement des moyens pour pouvoir faire fonctionner cet espace. et accueillir le plus d'idées et de réflexions possibles.
- Speaker #14
Et c'est Mme Rubinstein, la déléguée interministérielle, qui donne le mot de la fin de cet épisode de Radio Copalime.
- Speaker #15
Ce que a apporté en tout cas la stratégie depuis 2018, et encore plus peut-être par les pactes des solidarités, c'est la coopération d'acteurs. Ce qui veut dire que chacun peut donner sa part de réponse au sujet, de façon cohérente, articulée. avec une même vision et une vision basée sur le parcours des personnes et pas sur la défense de la structure auquel appartiennent ces différents acteurs. Donc ça, c'est plutôt positif.
- Speaker #2
Radio Copalim, Radio Copalim, le podcast de la plus grande coopération associative d'Occitanie.
- Speaker #14
C'est la fin de ce nouvel épisode de Radio Copalim. Merci à toutes et tous pour votre fidélité. Nous dédions cet épisode à Éric Pénisson, ancien commissaire à la lutte contre la pauvreté en Occitanie, qui est parti à la retraite depuis le tournage de cet épisode. Mais nous le retrouverons très bientôt lorsque nous ferons le premier bilan de Copalim Occitanie. D'ici là, restez connectés. A bientôt dans Radio Copalim.