Comment se repenser après tout ça ? cover
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Radio REcyclerie

Comment se repenser après tout ça ?

Comment se repenser après tout ça ?

1h16 |11/09/2020|

666

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Description

Une conférence enregistrée le 7 septembre 2020 à La REcyclerie, avec Michel Wieviorka, sociologue, directeur d’études à l’EHES, Aurélie El Hassak-Marzorati, directrice générale du Centre d’Action Social Protestant, et Serge Hefez, psychiatre et psychanalyste, responsable de l'unité familiale au l'Hôpital Pitié-Salpêtrière à Paris.

La pandémie de Covid-19 a bousculé – et bouscule encore ! – nos modes de vie, nos manières d’être ensemble, de faire société. L’occasion de revoir en profondeur notre logiciel de pensée ; de réparer les liens sociaux et de développer un nouveau rapport à la politique, au temps, au vivant ? 

Rompre avec le présentisme

Dans son dernier ouvrage, Pour une démocratie de combat (Robert Laffont, 2020), Michel Wieviorka fait état d’une société en manque de repères, dont « la projection vers l’avenir est si incertaine, nous dit-il, que des historiens, parmi les meilleurs comme François Hartog, s’inquiètent de la force du "présentisme", qui ramène tout à l’actualité et à l’instant présent. » Et si l’évènement majeur de la Covid-19 marquait un tournant historique, une rupture anthropologique ? « Cette crise nous a confrontés sinon à l’Histoire, du moins au tragique – la mort. Et nous sommes dans une société qui, depuis Mai 68, voire depuis la guerre d’Algérie, n’était plus confrontée au tragique de l’Histoire. […] Je pense que c’est le début d’une mise en cause du présentisme », conclut le sociologue. 

Repenser notre rapport au risque

« Une chose que cette épidémie peut nous amener à repenser, c’est notre posture par rapport au risque, au risque avec la mort » poursuit Serge Hefez. Selon lui, il est nécessaire d’ouvrir un espace, d’apporter de la nuance autour des mesures de santé publique, notamment pour le port du masque. « Négocier le risque, le discuter, le mettre en perspective, faire que tout le monde devienne un agent face à la perception du risque », voilà qui, d’après le psychiatre, nous permettra de mieux vivre avec la Covid-19.

Réinventer la solidarité

Cette pandémie, « absolument abominable », qui amène beaucoup de personnes précaires à la pauvreté, a toutefois permis d’ouvrir des voies pour le monde du social. « Dans les centres d’hébergements d’urgence et dans les accueils de jour, de belles choses se sont passées durant cette crise. […] Les personnes accueillies ont trouvé de nouveaux modes de vie, sont devenues de plus en plus autonomes, plus actrices dans la distribution des repas. Il y a eu dissolution des responsabilités, y compris du côté des salariés » témoigne Aurélie El Hassak-Marzorati. Un élan à poursuivre, « pour que l’exclusion ne soit pas la réalité de demain. »


Ressources

Serge Hefez, Transitions : réinventer le genre, Calmann-Lévy, 2020.

Ulrich Beck, La Société du risque : Sur la voie d'une autre modernité, Aubier, 2001.


L’équipe

Programmation : Les Filles sur le Pont.

Animation du débat, podcast, rédaction : Simon Beyrand.

Illustration : Belen Fernandez – Olelala.

Sound design : JFF.

Description

Une conférence enregistrée le 7 septembre 2020 à La REcyclerie, avec Michel Wieviorka, sociologue, directeur d’études à l’EHES, Aurélie El Hassak-Marzorati, directrice générale du Centre d’Action Social Protestant, et Serge Hefez, psychiatre et psychanalyste, responsable de l'unité familiale au l'Hôpital Pitié-Salpêtrière à Paris.

La pandémie de Covid-19 a bousculé – et bouscule encore ! – nos modes de vie, nos manières d’être ensemble, de faire société. L’occasion de revoir en profondeur notre logiciel de pensée ; de réparer les liens sociaux et de développer un nouveau rapport à la politique, au temps, au vivant ? 

Rompre avec le présentisme

Dans son dernier ouvrage, Pour une démocratie de combat (Robert Laffont, 2020), Michel Wieviorka fait état d’une société en manque de repères, dont « la projection vers l’avenir est si incertaine, nous dit-il, que des historiens, parmi les meilleurs comme François Hartog, s’inquiètent de la force du "présentisme", qui ramène tout à l’actualité et à l’instant présent. » Et si l’évènement majeur de la Covid-19 marquait un tournant historique, une rupture anthropologique ? « Cette crise nous a confrontés sinon à l’Histoire, du moins au tragique – la mort. Et nous sommes dans une société qui, depuis Mai 68, voire depuis la guerre d’Algérie, n’était plus confrontée au tragique de l’Histoire. […] Je pense que c’est le début d’une mise en cause du présentisme », conclut le sociologue. 

Repenser notre rapport au risque

« Une chose que cette épidémie peut nous amener à repenser, c’est notre posture par rapport au risque, au risque avec la mort » poursuit Serge Hefez. Selon lui, il est nécessaire d’ouvrir un espace, d’apporter de la nuance autour des mesures de santé publique, notamment pour le port du masque. « Négocier le risque, le discuter, le mettre en perspective, faire que tout le monde devienne un agent face à la perception du risque », voilà qui, d’après le psychiatre, nous permettra de mieux vivre avec la Covid-19.

Réinventer la solidarité

Cette pandémie, « absolument abominable », qui amène beaucoup de personnes précaires à la pauvreté, a toutefois permis d’ouvrir des voies pour le monde du social. « Dans les centres d’hébergements d’urgence et dans les accueils de jour, de belles choses se sont passées durant cette crise. […] Les personnes accueillies ont trouvé de nouveaux modes de vie, sont devenues de plus en plus autonomes, plus actrices dans la distribution des repas. Il y a eu dissolution des responsabilités, y compris du côté des salariés » témoigne Aurélie El Hassak-Marzorati. Un élan à poursuivre, « pour que l’exclusion ne soit pas la réalité de demain. »


Ressources

Serge Hefez, Transitions : réinventer le genre, Calmann-Lévy, 2020.

Ulrich Beck, La Société du risque : Sur la voie d'une autre modernité, Aubier, 2001.


L’équipe

Programmation : Les Filles sur le Pont.

Animation du débat, podcast, rédaction : Simon Beyrand.

Illustration : Belen Fernandez – Olelala.

Sound design : JFF.

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Description

Une conférence enregistrée le 7 septembre 2020 à La REcyclerie, avec Michel Wieviorka, sociologue, directeur d’études à l’EHES, Aurélie El Hassak-Marzorati, directrice générale du Centre d’Action Social Protestant, et Serge Hefez, psychiatre et psychanalyste, responsable de l'unité familiale au l'Hôpital Pitié-Salpêtrière à Paris.

La pandémie de Covid-19 a bousculé – et bouscule encore ! – nos modes de vie, nos manières d’être ensemble, de faire société. L’occasion de revoir en profondeur notre logiciel de pensée ; de réparer les liens sociaux et de développer un nouveau rapport à la politique, au temps, au vivant ? 

Rompre avec le présentisme

Dans son dernier ouvrage, Pour une démocratie de combat (Robert Laffont, 2020), Michel Wieviorka fait état d’une société en manque de repères, dont « la projection vers l’avenir est si incertaine, nous dit-il, que des historiens, parmi les meilleurs comme François Hartog, s’inquiètent de la force du "présentisme", qui ramène tout à l’actualité et à l’instant présent. » Et si l’évènement majeur de la Covid-19 marquait un tournant historique, une rupture anthropologique ? « Cette crise nous a confrontés sinon à l’Histoire, du moins au tragique – la mort. Et nous sommes dans une société qui, depuis Mai 68, voire depuis la guerre d’Algérie, n’était plus confrontée au tragique de l’Histoire. […] Je pense que c’est le début d’une mise en cause du présentisme », conclut le sociologue. 

Repenser notre rapport au risque

« Une chose que cette épidémie peut nous amener à repenser, c’est notre posture par rapport au risque, au risque avec la mort » poursuit Serge Hefez. Selon lui, il est nécessaire d’ouvrir un espace, d’apporter de la nuance autour des mesures de santé publique, notamment pour le port du masque. « Négocier le risque, le discuter, le mettre en perspective, faire que tout le monde devienne un agent face à la perception du risque », voilà qui, d’après le psychiatre, nous permettra de mieux vivre avec la Covid-19.

Réinventer la solidarité

Cette pandémie, « absolument abominable », qui amène beaucoup de personnes précaires à la pauvreté, a toutefois permis d’ouvrir des voies pour le monde du social. « Dans les centres d’hébergements d’urgence et dans les accueils de jour, de belles choses se sont passées durant cette crise. […] Les personnes accueillies ont trouvé de nouveaux modes de vie, sont devenues de plus en plus autonomes, plus actrices dans la distribution des repas. Il y a eu dissolution des responsabilités, y compris du côté des salariés » témoigne Aurélie El Hassak-Marzorati. Un élan à poursuivre, « pour que l’exclusion ne soit pas la réalité de demain. »


Ressources

Serge Hefez, Transitions : réinventer le genre, Calmann-Lévy, 2020.

Ulrich Beck, La Société du risque : Sur la voie d'une autre modernité, Aubier, 2001.


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Illustration : Belen Fernandez – Olelala.

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Une conférence enregistrée le 7 septembre 2020 à La REcyclerie, avec Michel Wieviorka, sociologue, directeur d’études à l’EHES, Aurélie El Hassak-Marzorati, directrice générale du Centre d’Action Social Protestant, et Serge Hefez, psychiatre et psychanalyste, responsable de l'unité familiale au l'Hôpital Pitié-Salpêtrière à Paris.

La pandémie de Covid-19 a bousculé – et bouscule encore ! – nos modes de vie, nos manières d’être ensemble, de faire société. L’occasion de revoir en profondeur notre logiciel de pensée ; de réparer les liens sociaux et de développer un nouveau rapport à la politique, au temps, au vivant ? 

Rompre avec le présentisme

Dans son dernier ouvrage, Pour une démocratie de combat (Robert Laffont, 2020), Michel Wieviorka fait état d’une société en manque de repères, dont « la projection vers l’avenir est si incertaine, nous dit-il, que des historiens, parmi les meilleurs comme François Hartog, s’inquiètent de la force du "présentisme", qui ramène tout à l’actualité et à l’instant présent. » Et si l’évènement majeur de la Covid-19 marquait un tournant historique, une rupture anthropologique ? « Cette crise nous a confrontés sinon à l’Histoire, du moins au tragique – la mort. Et nous sommes dans une société qui, depuis Mai 68, voire depuis la guerre d’Algérie, n’était plus confrontée au tragique de l’Histoire. […] Je pense que c’est le début d’une mise en cause du présentisme », conclut le sociologue. 

Repenser notre rapport au risque

« Une chose que cette épidémie peut nous amener à repenser, c’est notre posture par rapport au risque, au risque avec la mort » poursuit Serge Hefez. Selon lui, il est nécessaire d’ouvrir un espace, d’apporter de la nuance autour des mesures de santé publique, notamment pour le port du masque. « Négocier le risque, le discuter, le mettre en perspective, faire que tout le monde devienne un agent face à la perception du risque », voilà qui, d’après le psychiatre, nous permettra de mieux vivre avec la Covid-19.

Réinventer la solidarité

Cette pandémie, « absolument abominable », qui amène beaucoup de personnes précaires à la pauvreté, a toutefois permis d’ouvrir des voies pour le monde du social. « Dans les centres d’hébergements d’urgence et dans les accueils de jour, de belles choses se sont passées durant cette crise. […] Les personnes accueillies ont trouvé de nouveaux modes de vie, sont devenues de plus en plus autonomes, plus actrices dans la distribution des repas. Il y a eu dissolution des responsabilités, y compris du côté des salariés » témoigne Aurélie El Hassak-Marzorati. Un élan à poursuivre, « pour que l’exclusion ne soit pas la réalité de demain. »


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Serge Hefez, Transitions : réinventer le genre, Calmann-Lévy, 2020.

Ulrich Beck, La Société du risque : Sur la voie d'une autre modernité, Aubier, 2001.


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