La nature gardera-t-elle « ses droits » repris lors du confinement ? cover
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Radio REcyclerie

La nature gardera-t-elle « ses droits » repris lors du confinement ?

La nature gardera-t-elle « ses droits » repris lors du confinement ?

1h14 |29/09/2020|

498

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Description

Une conférence enregistrée le 21 septembre 2020 à La REcyclerie, avec Maxime Zucca, ornithologue et co-responsable du pôle écologie de Place Publique, et Clément Sénéchal, porte-parole climat de Greenpeace France.


Mars 2020. Totalement dépassé par la Covid-19, l’État français se voit contraint de confiner sa population. Les routes se vident ; l’air devient plus sain, silencieux. Pouvons-nous alors considérer que la nature reprend « ses droits », ou ne s’agit-il que d’une brève parenthèse enchantée pour quelques espèces ? Et au-delà d’un arrêt forcé des activités industrielles, comment nos sociétés modernes peuvent-elles mieux cohabiter avec le vivant ?

« La nature » ou « le vivant » ?

La nature – qu’il nous faudrait soit protéger, soit exploiter – est un concept aujourd’hui fortement critiqué par certains penseurs de l’écologie. Clément Sénéchal émet également des réserves quant à l’emploi de ce mot sur le plan de l’engagement politique. Le terme de nature, analyse-t-il, « crée un en-dehors absolu à l’être humain », et comporte une « connotation bourgeoise », « une conception décorative, muséale, abstraite. » Valorisons plutôt « le vivant », sans le substituer à « l’humanisme », résume le militant de Greenpeace.

De la résilience du vivant…

Selon Maxime Zucca, le vivant a partiellement « repris de l’espace », ainsi qu’une « forme de liberté d’expression » lors de cette parenthèse. Et si nous avons pu constater ce phénomène en ville, avec plus d’herbes folles, certains écosystèmes, comme les plages – « en général entièrement accaparées par les humains » –, ont particulièrement bénéficié du ralentissement de la machine, explique le naturaliste. « Cela illustre le pouvoir de résilience du vivant » mais, surtout, « notre emprise sur les écosystèmes. »

… à la résilience du capitalisme

« Le capitalisme est le régime de la séparation, affirme Clément Sénéchal : séparation du travailleur avec le produit de son travail, séparation des individus entre eux, et séparation de l’être humain vis-à-vis de son environnement. » L’urgence est donc de « réparer ce qui nous isole aujourd’hui, de lutter en permanence contre les logiques capitalistes. » Parallèlement, Maxime Zucca rappelle l’importance des expériences collectives, notamment menées dans les Zones A Défendre – ou « Zones Auto Gourvernées (1) » –, afin d’ouvrir « des espaces de possibles, de créativité citoyenne et démocratique. » Et renforcer « le tissu du vivant (2) ».


Note

(1) Écouter le podcast, Alain Damasio : « Il n'y a pas de lendemains qui chantent, il n'y a que des aujourd'hui qui bruissent » (Radio REcyclerie, février 2020).

(2) Lire le philosophe Baptiste Morizot, et son article Nous sommes le vivant qui se défend (Socialter, hors-série « Le réveil des imaginaires », avril-mai 2020).


L’équipe

Programmation : Les Filles sur le Pont.

Interview, podcast, rédaction : Simon Beyrand.

Illustration : Belen Fernandez – Olelala.

Sound design : JFF.

Description

Une conférence enregistrée le 21 septembre 2020 à La REcyclerie, avec Maxime Zucca, ornithologue et co-responsable du pôle écologie de Place Publique, et Clément Sénéchal, porte-parole climat de Greenpeace France.


Mars 2020. Totalement dépassé par la Covid-19, l’État français se voit contraint de confiner sa population. Les routes se vident ; l’air devient plus sain, silencieux. Pouvons-nous alors considérer que la nature reprend « ses droits », ou ne s’agit-il que d’une brève parenthèse enchantée pour quelques espèces ? Et au-delà d’un arrêt forcé des activités industrielles, comment nos sociétés modernes peuvent-elles mieux cohabiter avec le vivant ?

« La nature » ou « le vivant » ?

La nature – qu’il nous faudrait soit protéger, soit exploiter – est un concept aujourd’hui fortement critiqué par certains penseurs de l’écologie. Clément Sénéchal émet également des réserves quant à l’emploi de ce mot sur le plan de l’engagement politique. Le terme de nature, analyse-t-il, « crée un en-dehors absolu à l’être humain », et comporte une « connotation bourgeoise », « une conception décorative, muséale, abstraite. » Valorisons plutôt « le vivant », sans le substituer à « l’humanisme », résume le militant de Greenpeace.

De la résilience du vivant…

Selon Maxime Zucca, le vivant a partiellement « repris de l’espace », ainsi qu’une « forme de liberté d’expression » lors de cette parenthèse. Et si nous avons pu constater ce phénomène en ville, avec plus d’herbes folles, certains écosystèmes, comme les plages – « en général entièrement accaparées par les humains » –, ont particulièrement bénéficié du ralentissement de la machine, explique le naturaliste. « Cela illustre le pouvoir de résilience du vivant » mais, surtout, « notre emprise sur les écosystèmes. »

… à la résilience du capitalisme

« Le capitalisme est le régime de la séparation, affirme Clément Sénéchal : séparation du travailleur avec le produit de son travail, séparation des individus entre eux, et séparation de l’être humain vis-à-vis de son environnement. » L’urgence est donc de « réparer ce qui nous isole aujourd’hui, de lutter en permanence contre les logiques capitalistes. » Parallèlement, Maxime Zucca rappelle l’importance des expériences collectives, notamment menées dans les Zones A Défendre – ou « Zones Auto Gourvernées (1) » –, afin d’ouvrir « des espaces de possibles, de créativité citoyenne et démocratique. » Et renforcer « le tissu du vivant (2) ».


Note

(1) Écouter le podcast, Alain Damasio : « Il n'y a pas de lendemains qui chantent, il n'y a que des aujourd'hui qui bruissent » (Radio REcyclerie, février 2020).

(2) Lire le philosophe Baptiste Morizot, et son article Nous sommes le vivant qui se défend (Socialter, hors-série « Le réveil des imaginaires », avril-mai 2020).


L’équipe

Programmation : Les Filles sur le Pont.

Interview, podcast, rédaction : Simon Beyrand.

Illustration : Belen Fernandez – Olelala.

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Une conférence enregistrée le 21 septembre 2020 à La REcyclerie, avec Maxime Zucca, ornithologue et co-responsable du pôle écologie de Place Publique, et Clément Sénéchal, porte-parole climat de Greenpeace France.


Mars 2020. Totalement dépassé par la Covid-19, l’État français se voit contraint de confiner sa population. Les routes se vident ; l’air devient plus sain, silencieux. Pouvons-nous alors considérer que la nature reprend « ses droits », ou ne s’agit-il que d’une brève parenthèse enchantée pour quelques espèces ? Et au-delà d’un arrêt forcé des activités industrielles, comment nos sociétés modernes peuvent-elles mieux cohabiter avec le vivant ?

« La nature » ou « le vivant » ?

La nature – qu’il nous faudrait soit protéger, soit exploiter – est un concept aujourd’hui fortement critiqué par certains penseurs de l’écologie. Clément Sénéchal émet également des réserves quant à l’emploi de ce mot sur le plan de l’engagement politique. Le terme de nature, analyse-t-il, « crée un en-dehors absolu à l’être humain », et comporte une « connotation bourgeoise », « une conception décorative, muséale, abstraite. » Valorisons plutôt « le vivant », sans le substituer à « l’humanisme », résume le militant de Greenpeace.

De la résilience du vivant…

Selon Maxime Zucca, le vivant a partiellement « repris de l’espace », ainsi qu’une « forme de liberté d’expression » lors de cette parenthèse. Et si nous avons pu constater ce phénomène en ville, avec plus d’herbes folles, certains écosystèmes, comme les plages – « en général entièrement accaparées par les humains » –, ont particulièrement bénéficié du ralentissement de la machine, explique le naturaliste. « Cela illustre le pouvoir de résilience du vivant » mais, surtout, « notre emprise sur les écosystèmes. »

… à la résilience du capitalisme

« Le capitalisme est le régime de la séparation, affirme Clément Sénéchal : séparation du travailleur avec le produit de son travail, séparation des individus entre eux, et séparation de l’être humain vis-à-vis de son environnement. » L’urgence est donc de « réparer ce qui nous isole aujourd’hui, de lutter en permanence contre les logiques capitalistes. » Parallèlement, Maxime Zucca rappelle l’importance des expériences collectives, notamment menées dans les Zones A Défendre – ou « Zones Auto Gourvernées (1) » –, afin d’ouvrir « des espaces de possibles, de créativité citoyenne et démocratique. » Et renforcer « le tissu du vivant (2) ».


Note

(1) Écouter le podcast, Alain Damasio : « Il n'y a pas de lendemains qui chantent, il n'y a que des aujourd'hui qui bruissent » (Radio REcyclerie, février 2020).

(2) Lire le philosophe Baptiste Morizot, et son article Nous sommes le vivant qui se défend (Socialter, hors-série « Le réveil des imaginaires », avril-mai 2020).


L’équipe

Programmation : Les Filles sur le Pont.

Interview, podcast, rédaction : Simon Beyrand.

Illustration : Belen Fernandez – Olelala.

Sound design : JFF.

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Une conférence enregistrée le 21 septembre 2020 à La REcyclerie, avec Maxime Zucca, ornithologue et co-responsable du pôle écologie de Place Publique, et Clément Sénéchal, porte-parole climat de Greenpeace France.


Mars 2020. Totalement dépassé par la Covid-19, l’État français se voit contraint de confiner sa population. Les routes se vident ; l’air devient plus sain, silencieux. Pouvons-nous alors considérer que la nature reprend « ses droits », ou ne s’agit-il que d’une brève parenthèse enchantée pour quelques espèces ? Et au-delà d’un arrêt forcé des activités industrielles, comment nos sociétés modernes peuvent-elles mieux cohabiter avec le vivant ?

« La nature » ou « le vivant » ?

La nature – qu’il nous faudrait soit protéger, soit exploiter – est un concept aujourd’hui fortement critiqué par certains penseurs de l’écologie. Clément Sénéchal émet également des réserves quant à l’emploi de ce mot sur le plan de l’engagement politique. Le terme de nature, analyse-t-il, « crée un en-dehors absolu à l’être humain », et comporte une « connotation bourgeoise », « une conception décorative, muséale, abstraite. » Valorisons plutôt « le vivant », sans le substituer à « l’humanisme », résume le militant de Greenpeace.

De la résilience du vivant…

Selon Maxime Zucca, le vivant a partiellement « repris de l’espace », ainsi qu’une « forme de liberté d’expression » lors de cette parenthèse. Et si nous avons pu constater ce phénomène en ville, avec plus d’herbes folles, certains écosystèmes, comme les plages – « en général entièrement accaparées par les humains » –, ont particulièrement bénéficié du ralentissement de la machine, explique le naturaliste. « Cela illustre le pouvoir de résilience du vivant » mais, surtout, « notre emprise sur les écosystèmes. »

… à la résilience du capitalisme

« Le capitalisme est le régime de la séparation, affirme Clément Sénéchal : séparation du travailleur avec le produit de son travail, séparation des individus entre eux, et séparation de l’être humain vis-à-vis de son environnement. » L’urgence est donc de « réparer ce qui nous isole aujourd’hui, de lutter en permanence contre les logiques capitalistes. » Parallèlement, Maxime Zucca rappelle l’importance des expériences collectives, notamment menées dans les Zones A Défendre – ou « Zones Auto Gourvernées (1) » –, afin d’ouvrir « des espaces de possibles, de créativité citoyenne et démocratique. » Et renforcer « le tissu du vivant (2) ».


Note

(1) Écouter le podcast, Alain Damasio : « Il n'y a pas de lendemains qui chantent, il n'y a que des aujourd'hui qui bruissent » (Radio REcyclerie, février 2020).

(2) Lire le philosophe Baptiste Morizot, et son article Nous sommes le vivant qui se défend (Socialter, hors-série « Le réveil des imaginaires », avril-mai 2020).


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