Description
Trois scènes, vingt ans d'écart, un même homme et une même question : que fait Césaire de la Martinique quand il parle au monde ?
1946, l'Assemblée nationale. Le Rapport 520, relu non comme l'acte de naissance d'une intégration mais comme un renversement stratégique dont nous vivons encore les conséquences.
1958, Fort-de-France. Le discours d'accueil à André Malraux, et ce que dit la manière dont on reçoit la République chez soi.
1966, Dakar. Le colloque sur l'art nègre, l'humanisme, la critique de l'impérialisme et de la réification des peuples. Et le point aveugle : le Martiniquais dissous dans une antillanité qui le décentre.
Cette série ne démolit pas Césaire et ne l'embaume pas davantage. Elle lui garde ce qui lui revient, la négritude comme nécessité historique accomplie, et elle pose ce qui reste à faire. Tant que les Martiniquais ne se constituent pas en peuple, aucun bloc caribéen ne deviendra une force du bassin.
Un universel qui vaut quelque chose est un universel qui a une adresse.
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