Speaker #0Bonjour à toutes, bienvenue dans Réflexion d'entrepreneuse, votre nouveau rendez-vous sur l'entrepreneuriat au féminin. Ici, pas de tabou, je vous parle sans filtre de la vie d'entrepreneuse et de maman. Je ne suis pas là pour vous dire que je gagne 100 000 euros par an, que je vais t'apprendre à mettre en place des techniques en un mois pour tripler ton chiffre d'affaires, ou que je ne suis jamais stressée. Non, ici, je vais parler en toute transparence de l'entrepreneuriat féminin. Je m'appelle Marie-Alice. Je suis photographe professionnel depuis 2015 et maman d'une petite fille autiste depuis 2020. Si j'ai voulu créer ce podcast, c'est pour vous aider à développer votre business tout en vous écoutant et en prenant soin de vous. Et oui, on peut avoir une entreprise florissante, sans stress, tout en ayant du temps pour nous et nos familles. Depuis plus d'un an, j'ai décidé de dédier plus de mon temps à la formation et au coaching, afin d'aider les photographes qui sont aussi mamans. J'aime partager mon quotidien et montrer qu'avoir une entreprise qui a du succès, ça ne veut pas... pas forcément dire avoir un chiffre d'affaires à 6 chiffres. Pour moi, par exemple, le succès, c'est d'avoir un travail que j'aime, qui me permet de vivre, et surtout qui me permet de passer du temps avec ma fille. Je vais faire un petit retour en arrière. J'étais étudiante à Montréal quand j'ai décidé de revenir vivre en France, à Cherbourg plus précisément, pour lancer mon entreprise photo. Au début, je ne savais pas trop vers quoi me spécialiser, mais je suis partie naturellement vers les mariages comme beaucoup de photographes. C'est un peu ce qu'il y a de plus facile quand on n'est pas encore connue au tout début. En 2018, j'ai fait un énorme burn-out. Cet été-là, j'ai fait 18 mariages. J'ai enchaîné. J'ai même fait deux mariages sur un week-end. Résultat, je me suis retrouvée complètement exténuée, découragée. Je n'avais plus envie de travailler. Il faut savoir aussi que pour les photographes, quand on fait des mariages, ça représente plusieurs jours de retouches après sur l'ordinateur. Ça peut aller de 3 jours à 5 jours. C'est un travail qui est extrêmement fatigant. Donc en fait, rien que l'idée de retoucher des photos me donnait des crises d'angoisse. Je savais que je devais absolument procéder à des changements. J'ai pris le temps de m'écouter, de me reposer et de réfléchir à ce qui pourrait m'aider. J'ai revu toute ma façon de travailler. J'ai décidé de ne plus me spécialiser dans les mariages, mais plutôt dans les familles et surtout les nouveau-nés. J'étais très stressée à l'idée de faire un tel changement, mais je n'avais pas le choix. Là, vraiment, ma santé mentale en avait pris trop un gros coup. Donc en 2018, 3 ans après mon lancement, j'ai dépassé enfin les 30 000 euros de chiffre d'affaires. Je sais que souvent quand on se lance dans l'entrepreneuriat, ça nous fait peur, on a l'impression que le chiffre d'affaires ne rentre pas. Honnêtement, on va arrêter d'écouter les coachs en ligne qui vendent tout et n'importe quoi. Et plutôt se concentrer sur la réalité, c'est que souvent ça prend 2 à 3 ans pour avoir un vrai revenu qui ressort de notre entreprise. Parce qu'en fait, il faut juste le temps de se faire connaître. Il faut le temps aussi de trouver une bonne organisation, de trouver des bons tarifs et ça prend du temps, ça tombe pas du ciel. Donc je dépassais enfin les 30 000 euros de chiffre d'affaires. J'étais très paniquée à l'idée de changer de spécialisation et d'identité, je changeais absolument tout. Finalement, je me suis écoutée et j'ai fait en sorte que mon entreprise se soit encore plus développée. En fait, j'étais plus épanouie, j'ai mis en place une meilleure stratégie, j'ai fait des choses qui me plaisaient vraiment, ça se ressentait. Et j'ai dépassé les 43 000 euros de chiffre d'affaires l'année suivante de ce changement. Ce qui est incroyable. Ensuite, j'ai connu un autre bouleversement en 2020. La naissance de ma fille. Donc en fait, avant, je travaillais de chez moi. Ensuite, j'ai eu un studio et je travaillais au studio toute la journée. Un peu comme un boulot, comme tout le monde. Je partais le matin avec ma gamelle et je rentrais le soir. Mon ordinateur était là-bas, je faisais tout sur place. Et là, je tombe enceinte. Et une énorme fatigue me prend, des douleurs, j'étais pas bien. Donc j'ai décidé déjà de bouger mon ordinateur chez moi, de me remettre à travailler chez moi. Et surtout, on a décidé avec mon conjoint du fait que j'allais m'occuper de ma fille à plein temps. Avant le début de l'école, on ne voulait pas prendre de nounou de crèche. Et il fallait que je sois donc maman à plein temps, sans aide, et tout en continuant de développer mon entreprise. C'était un sacré challenge. Donc en fait, ce qui se passait, c'est que dès qu'elle dormait, pendant les siestes, le soir, je travaillais. C'était très intense. Mais est-ce que je le referais avec plaisir ? Oh que oui, vraiment. Même si aujourd'hui, avec du recul, je me demande comment j'ai fait pour tenir, je suis super heureuse de l'avoir fait. Parce que tous ces moments que j'ai passés avec ma fille, je pourrais jamais les retrouver. Ils sont passés, c'était magique et c'était d'une douceur infinie malgré la fatigue. En fait, si j'ai créé mon entreprise à l'époque, c'était justement pour pouvoir être une maman présente. Je savais que je voulais être à mon compte afin de gérer mon planning pour passer du temps en famille. C'était très important pour moi. Et puis, on a eu une autre chose qui nous est arrivée. En 2023, le diagnostic de troubles du spectre de l'autisme est posé pour ma fille. Ça a été une claque, mais surtout du soulagement, parce que toutes nos difficultés prenaient du sens. Et je me suis surtout rendue compte à ce moment-là que j'avais beaucoup de chance d'être déjà à mon compte, d'avoir une entreprise qui fonctionnait. Parce qu'avec ce handicap, il y a un nouveau quotidien qui arrive et qui est rythmé par de nombreux rendez-vous médicaux. Je courais partout, entre moments de qualité avec elle, entre mes séances, entre ses rendez-vous médicaux, entre mes retouches. Et ça s'est un petit peu calmé depuis le début de l'école parce qu'elle est dans une super classe qui spécialisait avec ses rendez-vous à l'école. Pas tous, mais presque tous. Mais l'année prochaine avec le primaire, ça va changer. C'est ok, ça fait partie de la vie, il y a des changements qui arrivent. Mais je sais que ça me stresse un petit peu parce qu'il va falloir que j'adapte de nouveau mon travail à ses besoins. Et si j'en parle, c'est parce que toute mon organisation de travail est liée à ma fille. Mon entreprise est alignée avec qui je suis, avec mes valeurs. Donc en fait, je travaille en moyenne 25 heures par semaine. Je bosse quand ma fille est à l'école et les samedis matins où... ou en soirée sur les périodes estivales pour les séances. J'ai du temps de qualité avec elle, mais j'ai aussi du temps de qualité pour moi. Je trouve qu'il y a trop d'entrepreneuses qui l'oublient. Voilà, j'aime vraiment honnêtement le soir, c'est très très rare que je travaille. En général, je passe du temps avec elle, je cuisine. Une fois qu'elle est couchée, c'est de la lecture. Ça va être une série avec mon conjoint, ça va être de jouer aux jeux vidéo. En fait, je prends du temps pour moi. Il ne faut pas s'oublier, c'est très important. Et tout ça, ça ne m'a pas empêché de dépasser les 50 000 euros de chiffre d'affaires en 2024. C'est possible. Et je ne suis pas là pour vendre du rêve, mais juste pour dire, on peut dépasser un chiffre d'affaires assez conséquent sans s'épuiser. On peut le faire. En fait, je n'en peux plus d'entendre des gens dire qu'on ne peut pas être chef d'entreprise et maman, que tu vas t'épuiser forcément, ou alors en fait tu ne vas pas beaucoup travailler. Et les gens me disent « Ah, c'est juste un passe-temps au final, tes mères au foyer. » Non, ce n'est pas parce que je ne rentre pas dans le moule que je ne suis pas une entrepreneuse. Ce n'est pas parce que je ne bosse pas nuit et jour sur mon entreprise que je ne suis pas une vraie chef d'entreprise et que je ne fais pas d'argent. Et c'est ça la magie de l'entrepreneuriat. On peut créer notre business de la façon qu'on veut. Tu choisis tes horaires, tu choisis où tu travailles, tu choisis tes tarifs. Et cette liberté, personne ne pourra me la reprendre. Si je m'adresse surtout aux femmes, c'est parce qu'on ne parle pas assez de l'entrepreneuriat au féminin. Et pour moi, c'est quelque chose de très important. Ça veut dire quoi l'entrepreneuriat au féminin ? Pour moi, ça veut dire qu'on entreprend tout en s'écoutant et en mettant en place des stratégies de slow marketing. On a souvent nos enfants avec nous. Alors oui, c'est vrai, il y a des papas qui sont très présents aussi, mais il faudrait qu'ils le soient un peu plus parfois. Mais globalement, les mamans, c'est souvent elles qui vont chercher les enfants à l'école. qui vont gérer toute la charge mentale, même si on est en 2025. Mais au-delà de ça, je veux aussi parler des hormones et de l'endométriose par exemple. Moi je ne vis pas ça, mais je connais beaucoup d'entrepreneuses qui se sont lancées à leur compte pour pouvoir gérer cette période du mois douloureuse. En tant que femme, on a des choses dans notre vie, dans notre quotidien, qui sont différentes des hommes, et c'est ok d'en parler. Et on n'a pas forcément envie d'avoir la même vie. que les hommes. On va pas se mentir. Donc vous voyez, dans ce podcast, on va parler de tout ça. Je parlerai aussi plus spécifiquement de la photographie sur certains épisodes, mais j'ai vraiment envie d'amener les réflexions au-delà de la photographie et de parler aussi juste de l'entrepreneuriat au féminin, au sens large. Parce que je pense qu'on a tout à apprendre chacune des autres. Ce podcast n'aura pas une organisation fixe parce que la vie est imprévisible et comme vous l'avez un peu compris, c'est ma fille qui aiguille mon quotidien. Certains épisodes seront des réflexions en solo d'une dizaine de minutes ou plus, parce que vous allez voir, parfois je suis très bavarde, donc je parlerai de sujets très spécifiques. Et d'autres épisodes seront des discussions avec d'autres entrepreneuses, photographes ou non, parce que j'ai vraiment envie de discuter un peu avec tout le monde des difficultés qu'on peut croiser dans notre quotidien d'entrepreneuse, peu importe le métier qu'on fait. Alors maintenant, si ça vous plaît. pensez à vous abonner pour suivre les prochains épisodes. A bientôt et merci de votre écoute.