Speaker #0Relationnellement Votre, un podcast pour avancer sur le chemin de vos guérisons et améliorer vos relations. Hello, bienvenue sur ce 87e épisode de Relationnellement Votre, la saison d'épisodes sur les traumatismes complexes continus avec un sujet un peu particulier, à savoir comment aller de l'avant sans demande de pardon. Combien d'entre nous avons attendu, espéré qu'une personne qui nous a blessés présente des excuses ? Mais lorsqu'il s'agit de nos parents, d'un partenaire de vie, d'un ou d'une amie, ou toute autre personne avec laquelle nous avons tissé des liens traumatiques suite à des violences, des abus, des négligences sous diverses formes, que faire ? Si vous avez l'impression que votre vie est sur pause, qu'une partie de votre vie demeure dans l'attente d'une démarche que vous ne voyez pas venir, ou si vous connaissez quelqu'un qui est dans cette situation d'attente d'une demande de pardon, Alors je vous propose d'écouter cet épisode jusqu'au bout. Nous allons voir ensemble ce qui se cache derrière la tendance à attendre des excuses lorsqu'on a été blessé, d'autant plus après un traumatisme complexe. Ensuite, nous verrons en quoi il est préférable de sortir de cette attente. Et enfin, je vous partagerai quelques exemples des moyens qui s'offrent à vous pour guérir et aller de l'avant, sans excuses présentées ni demandes de pardon. Tout d'abord, pourquoi avons-nous tendance à attendre des excuses, à attendre que la personne nous demande pardon ? Si vous regardez le comportement des tout-petits, vous remarquerez que lorsqu'un enfant fait mal à un autre enfant, l'enfant blessé va spontanément regarder la réaction de l'adulte. Derrière ce regard, il y a implicitement et même inconsciemment divers besoins. Un besoin immédiat de réconfort, accompagné d'un besoin de soutien, d'un besoin de reconnaissance et de validation de sa douleur, ainsi que d'un besoin de justice. L'enfant n'a pas conscience de tout ça, mais c'est ce qui se cache derrière cette démarche. Il y a une profonde insécurité. qui va renvoyer à « j'ai mal, qu'est-ce que je fais de cette douleur, est-ce qu'elle est légitime ou pas, et qu'est-ce que l'adulte va en faire ? » Il y a tout un message à travers ce regard plein de larmes. « Aïe, ça fait mal, tu as vu ce qui s'est passé, on est d'accord que ça ne se fait pas. Non, mais il ne peut pas s'en tirer comme ça. » J'extrapole, mais très sincèrement, quand on voit le regard d'un enfant qui a été bousculé, mordu, ou à qui un autre enfant a mis un coup avec un jouet ou des choses comme ça, Vous voyez dans le regard de cet enfant qu'il est désemparé, il ne sait pas quoi faire. Et si ces besoins sont pris en considération, si ces besoins sont comblés, bien souvent l'adulte va demander à l'enfant qui a fait mal de demander pardon. L'enfant apprend que cette démarche est légitime. Lorsqu'on a fait mal à quelqu'un, que ce soit volontaire ou involontaire, on demande pardon. Mais lorsque les besoins ne sont pas pris en compte, ou lorsqu'il n'y a pas d'adulte pour transmettre les compétences sociales, les codes relationnels à l'enfant, il peut développer inconsciemment un sentiment de colère, d'injustice, un besoin de reconnaissance et de validation de sa souffrance, des besoins qui peuvent ressortir à travers la démarche de systématiquement solliciter une tierce personne pour combler ces besoins, ou sinon de faire justice soi-même en se vengeant, ou encore l'enfant peut garder tout ça au fond de lui, et c'est malheureusement ce qui crée le plus de dégâts sur le plan émotionnel et relationnel. Je ne sais pas quel comportement se rapproche le plus de votre mode de fonctionnement, Si c'est le côté de chercher la validation d'autrui, d'une tierce personne, sa défense, sa protection ? Si c'est de vous venger ? Ou si c'est au contraire de tout intérioriser, de ne rien dire, de ne pas réagir ? En tout cas, ce que je viens de vous expliquer permet d'illustrer d'où vient cette attente d'une demande de pardon. Elle vient de nos besoins de considération, de respect, de validation et parfois même de justice. Le fait qu'une personne reconnaisse qu'elle a mal agi, qu'elle n'aurait pas dû le faire, qu'elle le regrette, Ça vient répondre à ses besoins. Dans le cas de trauma complexe, le message attendu derrière une vraie demande de pardon peut prendre différentes formes. Toutefois, la finalité demeure la même, à savoir répondre à un des besoins énoncés. Et au final, ça peut prendre la forme de « je reconnais avoir mal agi » , « je reconnais t'avoir fait du mal » , « tu ne méritais pas ça, je te demande pardon » , « j'entends ta souffrance et je regrette terriblement de t'avoir fait souffrir » . Je n'aurais pas dû agir comme ça. Je vois combien tu as mal. J'assumerai les conséquences du mal que je t'ai fait et j'aimerais pouvoir réparer. Je ferai tout ce que je peux pour ne plus recommencer. Ce sont des phrases qui peuvent être présentées comme demande de pardon. Ce sont ces besoins non comblés qui tentent à alimenter inconsciemment la position d'attente d'une reconnaissance, d'une validation, d'une considération à travers ces mots. Je te demande pardon. Le hic. C'est que la plupart des traumas complexes se sont causés durant l'enfance ou l'adolescence dans des relations dites toxiques. La personne dont le comportement est négligent peut ne pas se rendre compte des conséquences de ces négligences dans la vie de l'enfant et va donc continuer sans pour autant présenter d'excuses pour le coup. Et même une fois adulte, lorsque des enfants devenus adultes expliquent à leurs parents combien ils ont souffert de certaines négligences, les parents vont leur dire « je ne me suis pas rendu compte, je n'avais pas réalisé » . Et ils n'auront pas le réflexe de demander pardon. Certains le font, effectivement. Et ça peut apporter comme un baume sur la blessure, mais ce n'est pas le plus fréquent. Sans prise de conscience, il peut difficilement y avoir une remise en question. Et donc sans remise en question, il ne peut pas y avoir de demande de pardon. Dans le cas de personnes aux comportements violents, abusifs, bien souvent il y a ce réflexe de trouver un motif, une explication à leur comportement qui évite d'en assumer la responsabilité. Ou alors... Leur structure psychique est telle que même avec l'intervention de la justice, la personne concernée n'est pas capable d'empathie ni de remise en question. Et ça maintient donc dans une position d'attente que ce besoin de considération, de reconnaissance de la souffrance, de validation, soit comblé. Un autre élément qui peut involontairement encourager à rester dans l'attente, c'est lorsqu'au fond de vous, il y a l'espoir d'un changement de comportement, d'une amélioration de la relation. ou même d'une réconciliation. Vous imaginez ce que serait la relation si cette personne agissait différemment, si vous pouviez faire quelque chose pour ne plus être rejeté, humilié, violenté, abusé, pour tout simplement être aimé. Il y a cette volonté de maintenir le lien, de garder cette personne dans votre vie, malgré la souffrance que cette relation crée. Vous vous dites, si seulement il reconnaissait, elle reconnaissait le mal qu'il me fait, qu'elle me fait. Si seulement il ou elle me présentait des excuses, ça pourrait aller mieux. En d'autres termes, la difficulté à mettre de la distance avec cette personne fait que vous espérez cette demande de pardon pour maintenir le lien, maintenir la relation. Qu'il s'agisse de cet espoir ou des besoins énoncés plus tôt, en demeurant dans l'attente, c'est comme si vous vous enfermiez dans la prison de la souffrance en pensant que la clé de cette prison est entre les mains de la personne qui vous a fait du mal alors que cette clé et dans cette prison, juste à côté de vous, parce qu'elle vous appartient. Avant de voir comment sortir de cette prison, de l'attente d'une demande de pardon, j'aimerais vous expliquer en quoi il est préférable de mettre fin à cette attente plutôt que d'y demeurer. Et je vais donc commencer par vous partager trois raisons pour lesquelles l'option de sortir de la prison de l'attente est préférable. Il y a bien sûr beaucoup plus que trois options. Mais 3, c'est déjà de quoi ouvrir la réflexion dans votre tête et laisser tranquillement infuser jusqu'à ce que cela descende au fond de vous, sur votre cœur. La première raison pour laquelle il est préférable de sortir de la tente, c'est parce que c'est bénéfique pour votre santé physique, psychologique, affective, spirituelle et relationnelle. Rester dans cette prison de la tente, c'est étouffer qui vous êtes, c'est regarder uniquement à ce passé qui ne vous définit pas en plus. C'est vous éteindre alors que vous avez la vie devant vous. Être dans l'attente, c'est considérer que le cours de votre vie appartient à la personne ou aux personnes qui ont créé cette situation de laquelle le trauma complexe est né. Et c'est cette fausse croyance que vous ne pourrez reprendre le cours de votre vie que lorsque cette personne aura décidé de vous y autoriser. Or, la personne qui vous a fait du mal continuera à avoir du pouvoir sur votre vie uniquement si vous acceptez que ce soit le cas. Quand vous êtes enfant, vous êtes vulnérable et dépendant. Mais une fois adulte, vous avez cette liberté de choisir si vous restez, si vous entretenez la relation, ou si vous mettez une certaine distance, ou même parfois si vous coupez les ponts. Vous n'êtes plus obligé de subir. Donc si une alarme s'allume en vous pour vous dire que ce n'est pas normal ce qui se passe, que ça suffit, vous avez la possibilité de prendre votre vie en main, de solliciter l'aide nécessaire pour vous libérer de l'emprise de cette relation. Ce sera la première démarche dans le sens de prendre soin de vous. Et c'est important. Ce qui m'amène justement à la deuxième raison pour laquelle il est préférable de sortir de l'attente d'une demande de pardon. Cette deuxième raison, c'est qu'en choisissant l'option de sortir de l'attente, pour une fois, vous vous choisissez. Là, il n'est plus question de laisser la volonté, les besoins, les désirs Merci. tout ce que vous voulez des autres, passez avant vous. Vous êtes belle et bien en vie. Alors que dites-vous de vivre cette vie, de ne plus la subir en fonction des autres ? Et une fois de plus, je ne peux que vous encourager à vous faire accompagner en ce sens. La troisième raison pour laquelle sortir de la tente d'une demande de pardon est préférable, c'est parce que guérir, ce n'est plus être sous l'influence négative de ce qui vous est arrivé. Vous avez le choix de la prison de la tente, ou le choix de la liberté de soigner petit à petit les blessures causées et leurs conséquences. Et ce, à votre manière, à votre rythme. selon vos conditions. Vous êtes une personne qui a du pouvoir sur sa vie. Et c'est important d'en avoir conscience pour cesser de donner trop de pouvoir et trop d'importance aux autres, sur vous-même, sur votre vie. Alors, vous vous dites peut-être, c'est bien beau de dire tout ça Kelly, mais concrètement, comment fait-on pour aller de l'avant après un ou même plusieurs traumas complexes, sachant que cela contribue à la guérison lorsqu'une personne reconnaît ses torts et demande pardon ? Comment faire sans cette demande de pardon ? Tout d'abord, il est important de savoir où vous en êtes par rapport aux liens traumatiques. Êtes-vous actuellement encore en relation avec l'une des personnes ayant amené le trauma ? Votre réponse à cette question est fondamentale car il y a une différence entre guérir d'une blessure passée et guérir d'une blessure en cours. Continuez à donner pleinement accès émotionnellement. Continuez à donner votre temps, votre énergie. A quelqu'un qui continue à vous faire du mal et n'exprime ni remords, ni regrets, et vous n'avez aucun repentir de sa part, alors il sera difficile de guérir car ce n'est pas un événement passé, mais c'est quelque chose qui se poursuit dans le présent. Donc il est temps de réfléchir au niveau de connexion, au niveau d'accès que vous voulez donner, accordé à ceux qui continuent à vous faire du mal. Une première étape sur le chemin des guérisons sans demande de pardon, c'est de prendre le temps d'identifier quels sont vos besoins spécifiques, cachés derrière cette demande de pardon. Qu'auriez-vous aimé entendre et de la part de qui ? Je vous propose de faire la démarche à l'écrit. Et une fois que vous avez fini de noter ce que vous auriez aimé entendre et de la part de qui, de pouvoir dire à haute voix, je reprends le contrôle de ma vie et je me libère de cette attente de demande de pardon. Je sais ce que j'ai vécu, je sais que ce n'est pas normal, que cela n'aurait pas dû se passer ainsi. J'en ai souffert, j'en souffre encore parfois et je choisis de guérir, je choisis de vivre, que cette demande de pardon arrive ou pas. Je n'ai pas besoin de cette demande de pardon pour aller de l'avant, j'y arriverai sans. Une deuxième étape sur le chemin des guérisons sans demande de pardon, c'est de ramener votre regard sur le présent, non plus sur le passé. Le présent vous offre des opportunités d'évolution, de changement, quel que soit votre passé, quelle vie voulez-vous construire et de quoi avez-vous besoin pour avancer dans cette direction ? Peut-être que vous avez besoin de l'aide d'un ou d'une professionnelle pour avoir de la clarté, pour savoir par où commencer ? Il est vrai que les traumas complexes ont tendance à mener à un sentiment de confusion, de perte de sens, comme ça a pu être expliqué dans les épisodes précédents. Donc, si la réponse à cette question « quelle vie voulez-vous construire et de quoi avez-vous besoin pour avancer dans cette direction » ne vous vient pas spontanément, c'est ok, laissez-vous le temps, allez-y à votre rythme, avec les moyens qui s'offrent à vous. Une troisième étape sur le chemin des guérisons sans demande de pardon, c'est de voir ce cheminement comme un cadeau que vous vous faites à vous-même. Vous faites preuve d'autocompassion. Vous vous positionnez en votre faveur. Vous défendez votre santé et vos intérêts. En d'autres mots, vous acceptez petit à petit de vous donner de l'amour, de la valeur. Je dis bien petit à petit. On ne méprise pas. pas les petits commencements, car ce sont ceux qui durent le plus longtemps. Chaque pas, chaque progrès compte et mérite d'être valorisé, quelle que soit son ampleur. Vous pouvez faire autant d'étapes que nécessaire. Personnellement, je m'arrêterai à quatre dans cet épisode. Et donc, une quatrième étape sur le chemin des guérisons sans demande de pardon, c'est de considérer qu'on ne peut guérir seul. On ne peut pas guérir seul. Les besoins de reconnaissance, de validation, de soutien, évoquées en début d'épisode peuvent aussi être comblées par une tierce personne à qui vous partagez la situation vécue et ce que vous auriez aimé recevoir des personnes présentes à ce moment-là. Ne vaut-il pas mieux une présence différée et une personne avec laquelle vous vous sentez en sécurité ? de pas de présence du tout. Nous approchons de la fin de cet épisode et en bonus, j'aimerais vous partager une clé dont l'impact peut avoir une portée qui nous dépasse. Il s'agit de la demande de pardon par procuration. Alors, c'est pas moi qui l'ai inventée cette démarche, mais en tout cas, je l'utilise en psychothérapie quand je sens que c'est adapté et nécessaire. Cette démarche consiste à demander pardon à la personne blessée, notamment à la personne qui souffre d'un trauma complexe. Cette demande de pardon, je la fais au nom d'une figure, au nom d'une personne que je ne suis pas, mais que je vais symboliquement et temporairement représenter. Par exemple, il m'est arrivé d'accompagner un homme victime d'abus sexuels durant son enfance. Nous avons travaillé ensemble sur la première étape, à savoir exprimer ce qu'il aurait aimé recevoir comme demande de pardon. D'exprimer les besoins cachés derrière la colère, derrière l'insécurité qu'il ressent. Et il a pu trouver des mots pour exprimer les attentes et les besoins qu'il avait vis-à-vis des adultes qui l'entouraient à cette époque-là, durant son enfance, et qui malheureusement n'ont rien fait, parce qu'ils ne se rendaient pas compte de ce qu'ils vivaient. La séance suivante, ce patient m'a tendu une perche et j'ai donc pu demander pardon à l'enfant qu'il était. je me suis adressée à l'enfant en lui, au nom des adultes qui l'entouraient, qui n'ont pas vu, qui n'ont pas vu. pas entendu sa souffrance, qui n'ont pas compris ce qui se passait et qui n'ont pas pu le protéger ou qui n'ont pas su le protéger. J'ai repris ce qu'il aurait aimé entendre à l'époque, ce qu'il a exprimé de ses besoins. Et là, il s'est effondré en larmes. Il a pu libérer la colère, la douleur qui était au fond de lui. Et je vous assure qu'il y a littéralement eu un avant et un après chez lui suite à cette séance. Il a fait des progrès, des pas de géant dans son chemin de guérison, c'était impressionnant. Il n'en revenait pas lui-même. Et la particularité qu'il y avait chez ce patient, c'est qu'il a associé sa foi à la démarche. Je vous partage ce témoignage, non pas pour que vous vous appréciez de faire la même chose avec les gens qui vous entourent, qui ont vécu des traumatismes. Il est important d'être accompagné et d'être à l'écoute de la temporalité de la personne blessée. Brusqué, précipité. « Bacler une démarche fait plus de mal que de bien en ce qui concerne les traumas, et notamment les traumas complexes. Cela peut intensifier la douleur au lieu de la libérer, et ce n'est pas le but recherché. » Je sais que je vous l'ai pas mal répété dans cet épisode, mais c'est pour votre bien. Solliciter l'accompagnement d'un ou d'une professionnelle peut vraiment être bénéfique, surtout si c'est une personne spécialisée dans les traumas. Ce sera approprié. est bien plus approprié que de rester seule sur le chemin de vos guérisons. Voilà, ce 87e épisode de Relationnellement Votre est terminé. Vous pouvez partager vos commentaires, vos suggestions directement sur la chaîne YouTube en pensant à vous abonner si ce n'est pas déjà le cas. Et si vous avez des questions ou un témoignage à partager, vous pouvez le faire par mail à l'adresse que je viens de vous communiquer, à savoir relationnellementvotre.com J'espère que cet épisode a pu vous aider. Si c'est le cas, un j'aime me permettra de le savoir et aidera le podcast à être poussé par l'algorithme YouTube afin que d'autres personnes puissent prendre connaissance de ce contenu et être aidées elles aussi. Au plaisir de vous retrouver dans deux semaines et d'ici là, bonne continuation à vous sur le chemin de vos guérisons, relationnellement vôtre.