Speaker #0Relationnellement Vôtre, un podcast pour avancer sur le chemin de vos guérisons et améliorer vos relations. Hello, bienvenue sur ce 92e épisode de Relationnellement Vôtre. Moi c'est Kelly, je suis psychologue et c'est une joie pour moi de mettre à votre disposition de quoi cheminer dans vos guérisons. Oui, j'utilise le pluriel car il y a différents niveaux de guérison. Tout comme il y a différentes couches de peau, et donc une profondeur variable à la blessure lorsqu'on se coupe ou lorsqu'on se brûle, on peut dire que c'est aussi valable à l'échelle de notre être entier. Différentes sphères sont affectées par les traumas complexes, notamment les sphères psychologiques, neuropsychologiques, corporelles, relationnelles, spirituelles, à des niveaux de profondeur différents. Comme vous le savez, tout est en étroite connexion au niveau de notre être, donc tout est en interaction. Bon. Tout ça pour vous dire que c'est une introduction un peu longue, je me permettais de refaire une mise au point. En tout cas, nous sommes actuellement dans une série d'épisodes sur les autosabotages amoureux, conséquences et traumatismes complexes. Nous avons déjà abordé le fait d'être attiré par des personnes émotionnellement indisponibles. Nous avons aussi parlé des déclencheurs émotionnels qui font de l'intimité un danger à fuir plutôt qu'une alliée aux multiples bienfaits. Dans l'épisode précédent, il était question de la confusion dans la répartition des responsabilités. Pour chacun de ces autosabotages, nous avons bien sûr vu des moyens de sortir de ce mode de fonctionnement. Et c'est aussi ce que nous allons faire en abordant un quatrième autosabotage amoureux qui consiste à s'adapter aux comportements et aux situations inacceptables. Alors, dans un premier temps, d'où vient ce mécanisme d'adaptation à l'inacceptable, à l'intolérable ? Il est important d'avoir en tête qu'être confronté à des adultes violents abusifs, à des adultes addicts ou bien être confronté à des camarades de classe violents physiquement ou verbalement, pouvant aller jusqu'au harcèlement, tous ces comportements exposent très tôt l'enfant à des situations difficilement tolérables auxquelles ce dernier cherche à survivre. Dans ces situations, l'éventail des options est limité. Une fois de plus, mode survie égale combattre, fuir, se figer ou se soumettre. La peur du rejet, la peur de l'abandon ou encore la peur de la réaction de l'adulte poussent à la soumission. L'enfant va accepter la situation telle qu'elle est et subir, la supporter tant qu'il le peut. Tout comme une zone brûlée à répétition devient moins sensible à la chaleur, l'enfant va involontairement développer un seuil de tolérance élevé à la souffrance. Et ça ne s'arrête pas qu'à la souffrance. Ce seuil de tolérance peut être élevé en ce qui concerne la violence, en ce qui concerne les abus, l'irrespect. Oh ! Lorsqu'il s'agit du comportement toxique d'un adulte, l'enfant n'a pas vraiment de référence pour savoir ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas. Il va donc considérer ses comportements comme « normaux » envers lui, bien que son ressenti soit désagréable voire douloureux. L'enfant va trouver des moyens de composer avec ses comportements de l'adulte envers lui ou ses comportements de ses camarades envers lui. il va composer en intériorisant ses ressentis ou en trouvant une bulle dans laquelle se réfugier. Ça peut être le sport, l'école, la musique, l'art, un rôle joué tel que l'enfant gentil, l'enfant serviable, l'enfant parfait. Tout ceci se fait de manière totalement inconsciente et donc involontaire, bien sûr. Quelles conséquences cette suradaptation à l'inacceptable a-t-elle sur les relations amoureuses une fois adultes ? Voici quelques exemples de comportements et de situations que cet enfant devenu adulte va... continuer d'accepter. Des relations dans lesquelles l'adulte se retrouve coincé, sans pour autant forcément se rendre compte que mettre fin à la relation ou à la situation est dans son intérêt. Pour ne citer que quelques exemples, il y a la relation de codépendance, vouloir réparer l'autre. C'est un projet intéressant quand on veut éviter d'avoir à s'occuper de soi, parce qu'on ne sait pas par où commencer pour construire sa vie, avoir des projets, prendre soin de soi. Le hic, c'est qu'en focalisant tout, Et en centrant tout sur l'autre, on s'oublie, on se perd et ça peut aller très loin. Il y a aussi les relations de contrôle, d'emprise à travers diverses formes de manipulation psychologique telles que la culpabilisation ou le gaslighting. Le gaslighting est une forme de manipulation mentale, de détournement cognitif qui vise à remettre en question la réalité de la personne manipulée et à la faire douter de ses propres perceptions, de ses souvenirs. Cette technique permet au manipulateur de maintenir intentionnellement son emprise psychologique sur la victime et de maintenir cette emprise aussi longtemps que possible. Un autre exemple de situation de relation amoureuse dans laquelle un adulte peut se retrouver coincé. Ce sont les relations d'intimidation à travers des violences physiques, verbales ou psychologiques. Ce sont trois exemples, trois types de relations amoureuses dans lesquelles un adulte peut se retrouver enfermé en supportant la situation, en supportant la relation. Ces comportements qui, à la base, sont censés être intolérables, inacceptables, mais dont les psychotraumatismes vécus durant son enfance l'ont amené finalement à tolérer, à supporter ce genre de situation. La suradaptation est alimentée par les mécanismes suivants. Une mésestime de soi avec des croyances erronées. Vous vous dites peut-être que vous n'êtes pas assez pour vivre autre chose que la souffrance dans la relation. Ou que vous n'attirez que ce profil de personne qui vous manque de respect, qui vous méprise. Non, vous n'êtes pas un aimant à personne au comportement toxique. Par contre, peut-être qu'en changeant votre manière de vous voir, vous vous affirmerez et poserez les limites nécessaires dans vos relations. Un autre mécanisme sous-jacent à la suradaptation à l'inacceptable, c'est la peur du rejet, la peur de l'abandon. Il peut arriver de s'accrocher de toutes nos forces à une personne dont le comportement nous fait souffrir parce que nous avons peur de perdre l'amour de cette personne. Sauf qu'il ne s'agit pas d'amour, il s'agit d'un lien traumatique. Il y a une courte vidéo sur le sujet dans ma box à ressources, le lien se trouve en description de l'épisode. On peut aussi ajouter la tendance à se montrer hyper compréhensif. au point de justifier le comportement toxique d'autrui en lui trouvant des circonstances atténuantes. Il n'a pas eu une enfance facile. Ça se comprend qu'il ait des accès de violence. Elle a vécu des choses vraiment compliquées. Ça se comprend qu'elle s'emporte comme ça systématiquement. Vous n'accepteriez pas de vous comporter comme ça vis-à-vis d'une autre personne. Donc ça montre bien qu'il peut y avoir une compréhension accrue, voire même disproportionnée, par rapport à des comportements censé vous faire réagir et vous amener à dire non, stop, ça je n'accepte pas. Un autre mécanisme sous-jacent à la suradaptation à l'inacceptable, c'est le syndrome de l'infirmier ou le syndrome du sauveur. Cette idée que vous réussirez à soigner les blessures de l'autre, à faire évoluer son comportement en restant près de lui, près d'elle, et en l'aidant autant que vous le pouvez. Sauf qu'on ne peut aider une personne que si elle reconnaît avoir besoin d'aide, qu'elle accepte de travailler activement, Au processus de guérison, si vous vous pliez en quatre dans le but d'aider une personne qui pense que tout va bien dans sa vie, ou qui pense que son comportement est irréprochable, ou encore que le problème vient des autres, elle considère que c'est aux autres de changer. Et dans ce cas, vous risquez de vous épuiser, d'y laisser votre santé, voire votre vie. Et ça, non, ce n'est pas acceptable. Si vous n'avez pas eu l'occasion d'écouter l'épisode 91, je vous encourage à aller faire un tour sur l'épisode précédent dans lequel je vous parle du fait d'arrêter de porter les responsabilités des autres. Le bien-être ou le mieux-être de votre partenaire de vie ne dépend pas de vous, mais de sa volonté à construire ce bien-être, ce mieux-être. Si une personne fait reposer sur vous une forme de culpabilité à travers des reproches du type « c'est de ta faute si je me suis comportée comme ça » ou J'ai réagi ainsi parce que tu m'as mis en colère, parce que tu m'as blessé, parce que j'étais triste à cause de toi. Stop. Je tiens à vous rappeler que vous êtes responsable de vos paroles, de vos actes, et votre vis-à-vis reste responsable de ses réactions, ses sons, choix. Je referme là la parenthèse concernant l'épisode 91. Je vous laisserai l'écouter si vous le souhaitez. Maintenant que vous voyez plus clairement les mécanismes qui amènent à s'adapter à des comportements, des relations, des situations inacceptables, la grande question c'est comment sortir de ces modes de fonctionnement ? Que faire pour mettre fin à cette forme d'auto-sabotage amoureux ? Dans un premier temps, il est nécessaire de passer par un travail de restauration, de réparation de l'estime de soi, de l'image de soi et de l'identité, avec un ou une professionnelle dont c'est la spécialité. Vous pourrez déraciner les fausses croyances, regarder dans le miroir et voir une personne qui a de la valeur, qui a fait du chemin et qui a non seulement beaucoup à donner, mais tout autant à recevoir dans des relations saines. L'objectif de ce travail sur vous-même est de vous redonner une acide solide en termes de confiance en vous et en termes d'affirmation de soi. Ainsi, vous pourrez petit à petit exprimer vos besoins, vos émotions, vos limites. Vous pourrez soutenir votre point de vue, porter votre voix et vous instaurer. Installez dans des relations qui vous ressemblent, plutôt que de vous adapter à des relations toxiques et d'y rester. Énoncé comme ça, le travail sur soi peut sembler très tentant, mais aussi effrayant, puisque c'est une forme de changement, que ça nécessite des efforts, et ça demande du temps. Il est vrai que ça nécessite de faire face à ce que vous voulez éviter, à savoir les zones sensibles, désagréables de votre parcours. Mais c'est pour la bonne cause. Allez, on a tous déjà au moins une fois dû désinfecter une plaie et douiller durant certains laps de temps parce que ça pique bien, bien fort. Puis la cicatrisation peut prendre du temps à mettre en place, ça fait plus ou moins mal. et ça dure comme ça pendant plusieurs jours, voire semaines, certains mois dans le cas de certaines fractures. Mais au final, nous sommes bien contents que cette blessure soit du passé lorsque la cicatrisation est terminée, que tout est refermé, n'est-ce pas ? Eh bien, il en va de même avec nos traumas. Sur le coup, ce n'est pas agréable. C'est vrai, je vous l'accorde. On n'aime pas faire ce travail de nettoyage de la plaie, de consolidation. Il y a plus sympa dans la vie, c'est très vrai. Après coup, ça fait tellement de bien ! Avez-vous envie de découvrir la version de vous guérie ? Envie de vivre des relations où vous n'avez plus à vous adapter à l'inacceptable, mais où vous pouvez être vous, tout simplement vous ? Alors faire ce travail personnel en vaut largement la peine. Une autre clé que vous pourrez ajouter au travail sur soi, c'est d'avoir en tête que soigner les traumatismes complexes implique de se redonner du cadre, de la stabilité. Ça permet d'apaiser le système nerveux et de pouvoir fonctionner non plus dans la dysrégulation, mais dans la régulation. Par cadre, ce que j'entends, ce sont des repères dans votre vie quotidienne, dans votre manière d'être en relation, qui vous permettent d'avoir comme une routine, un fil rouge, un fil directeur. Mais rien de rigide. Vos valeurs personnelles et vos croyances profondes sont des repères. cultiver des habitudes aide à garder un ancrage et donc mettre en place certaines habitudes à partir de vos valeurs et de vos croyances profondes ça peut vraiment vous aider dans vos relations avoir un certain cadre ce que vous acceptez ce que vous n'acceptez pas ce que vous n'acceptez plus en fonction de vos valeurs et de vos croyances profondes là aussi ça permet un ancrage or l'ancrage est indispensable pour soigner les traumas il est d'acte calmer le système nerveux et à réguler les émotions. Alors, qu'avez-vous envie de mettre en place dans votre routine ? Quelles sont les valeurs personnelles, les convictions profondes sur lesquelles vous avez envie de vous ancrer ? Ça n'a pas besoin d'être pesant, juste contenant, comme si des bras vous enveloppaient sans serrer trop fort, ni sans être trop mou, trop lâche. Juste ce qu'il faut de fermeté pour sentir ce soutien réconfortant. Inutile de vous mettre la pression, vous allez vous provoquer du stress. Je vous propose de commencer avec un élément que vous voudriez mettre en place dans votre cadre, juste un, un seul. Lorsque vous allez quelque part, on est d'accord que vous commencez par faire un pas. Vous ne commencez pas par courir, juste vous commencez par mettre un pied devant l'autre. Et bien là, il s'agit de la même chose. Trouvez un élément qui vous permettra de faire ce pas. Et lorsque vous aurez maintenu cet élément de cadre pendant plusieurs semaines, vous verrez si vous voulez en ajouter un autre en restant dans le choix. J'insiste vraiment là-dessus. Vous le faites parce que vous en avez envie et que vous savez que c'est bénéfique dans votre parcours de guérison. Vous ne le faites pas par contrainte, vous ne le faites pas par obligation, mais par choix dans votre intérêt. Si votre motivation n'est pas appuyée par une volonté d'y arriver, par un désir, un choix, je vous proposerais d'attendre que vous vous sentiez prêt, prête à vous lancer en prenant la décision. Ça sera d'autant plus bénéfique. Nous approchons de la fin de cet épisode et en bonus, j'aimerais vous proposer un court exercice qui vous aidera à garder le cap sur le chemin des guérisons. Tout à l'heure, je vous demandais si vous avez envie de découvrir la version de vous guérie. Eh bien, je vous propose de vous faire... une sorte de carte mentale de cette version de vous. Je vous proposerai de prendre une feuille sur laquelle vous allez noter votre prénom au centre, que vous allez entourer, et à partir de votre prénom, vous allez faire des branches au bout desquelles vous pourrez noter des caractéristiques de cette version guérie de vous. Par exemple, au bout d'une branche, vous pourrez marquer « je pose des limites dans mes relations » , au bout d'une autre « j'ai des relations saines » , etc. Dans la mesure où nous nous dirigeons vers ce que nous regardons, avoir cette représentation de vous guéri vous aidera à fixer cet objectif, à l'avoir sous les yeux et à continuer de vous diriger vers cela. Cela vous aidera à persévérer sur cette voie, quels que soient les obstacles rencontrés en chemin. Et ça, c'est important. Si vous êtes abonné à la newsletter de Relationnellement Votre, vous avez accès à l'espace abonné. Et j'y glisserai un document qui vous aidera à faire cet exercice. Si vous souhaitez vous abonner à la newsletter, et donc avoir accès à l'espace abonné, vous pouvez vous inscrire avec le lien qui se trouve en description de l'épisode. Voilà ! Ce 92ème épisode de Relationnellement Votre est terminé. Vous pouvez partager vos commentaires, vos suggestions directement sur la chaîne YouTube en pensant à vous abonner aussi à la chaîne YouTube si ce n'est pas encore le cas. Si vous avez des questions ou un témoignage à partager, vous pouvez le faire par mail à l'adresse relationnellementvotre.com J'espère que cet épisode a pu vous aider. Si c'est le cas, faites-le moi savoir avec un j'aime. Et puis, pensez à le partager. il pourra probablement aider quelqu'un d'autre. Bon, on se retrouve dans deux semaines avec un nouvel épisode sur les traumatismes complexes. Et d'ici là, bonne continuation sur le chemin de vos guérisons, relationnellement voutues.