Speaker #0Relationnellement Votre, un podcast pour avancer sur le chemin de vos guérisons et améliorer vos relations. Hello, bienvenue sur ce 93e épisode de Relationnellement Votre. Pour celles et ceux qui découvrent le podcast, moi c'est Kelly, je suis psychologue et Relationnellement Votre est une plateforme à votre disposition pour prendre soin de vous et de vos relations. Nous sommes actuellement dans une série d'épisodes sur les autosabotages amoureux liés au traumatisme complexe. Nous avons déjà abordé l'attirance envers les personnes émotionnellement indisponibles, le fait de fuir l'intimité, la confusion dans la répartition des responsabilités et dans l'épisode 92, donc dans l'épisode précédent, vous avez pu découvrir la suradaptation aux comportements et aux relations entre guillemets inacceptables. Pour chacun de ces autosabotages, il a été question de comprendre les mécanismes en présence Merci. et de voir quelles clés sont à votre disposition pour y mettre fin. Je vous propose d'en faire autant avec ce cinquième et dernier autosabotage amoureux abordé, à savoir la difficulté à accepter d'être seul. Pourquoi les psychotraumatismes entraînent-ils cette peur d'être seul ? Les traumas complexes étant vécus dans les relations et durant une période précoce de la vie, ils laissent une empreinte désagréable de l'expérience relationnelle. Comment avoir confiance en l'autre quand vous avez eu un parent absent, maltraitant, abusif, violent ? Comment relationner sainement avec une personne lorsqu'on n'en a pas pris les codes ? Il n'y a personne à qui parler en dehors des cris échangés à la maison. Pas évident d'oser parler de soi quand personne n'écoute. Pas évident d'oser parler de soi quand ce que vous ressentez, c'est principalement le désir de vous cacher parce que... Les traumas vécus vous amènent à avoir honte d'être vous. Vous l'aurez compris, l'une des conséquences majeures des traumatismes complexes, c'est la difficulté à entrer en relation avec les autres et à tisser du lien, à partager une relation en étant soi. Il s'en suit donc une forme de retrait et un profond sentiment de solitude. Pourtant, le désir d'être en relation, d'être aimé et d'aimer est bien présent, sauf qu'il est compliqué d'y répondre sans avoir peur de l'inconnu. Peur de souffrir, peur de faire souffrir, peur de mal faire, etc. Les liens dits traumatiques ont pour dynamique l'imprévisibilité émotionnelle. L'enfant veut être aimé, mais le parent se montre parfois aimant, parfois distant, violent, abusif ou absent. L'enfant n'est pas sûr d'être aimé. Et cette incertitude affective crée de l'insécurité. Elle alimente l'attachement insécure. Et je ne reviendrai pas en détail sur ce qu'est ce type d'attachement, puisque nous l'avons abordé dans les épisodes précédents. En tout cas, cette incertitude représente un vide. Et comme la nature a horreur du vide, l'enfant va chercher à le combler. De manière totalement inconsciente, des stratégies sont mises en place pour recevoir de l'attention, être apprécié des adultes, se sentir aimé dans ses relations scolaires, amicales, puis amoureuses. Vous avez par exemple l'enfant qui dit oui à tout, pensant que c'est ainsi qu'on est aimé. L'enfant prêt à tout pour aider, pour se rendre utile, qui se fait malheureusement abuser parce qu'on lui donne toutes les tâches à faire, notamment les plus ingrates. Il y a aussi l'enfant qui fait des cadeaux pour avoir des amis. Ou encore l'enfant qui veut être populaire, qui fait tout pour avoir les vêtements à la mode, les jeux, les objets tendances, les activités que tout le monde a ou veut avoir. À l'adolescence, avec la puberté et les rapports intimes, on retrouve des jeunes prêts à donner leur corps pour se sentir aimés, ce qu'ils n'obtiennent malheureusement pas en retour. Bien au contraire, il leur arrive plutôt des cœurs brisés et des ennuis sur les réseaux sociaux. Après avoir grandi dans des dynamiques relationnelles comme celles évoquées, l'enfant devenu adulte est comme émotionnellement affamé. Les nourritures affectives ont été insuffisantes ou inadaptées à ses besoins, et donc l'attention devient comme une drogue. Quand il en reçoit, il en demande encore et encore. Et des dépendances émotionnelles, des dépendances affectives se créent. Elles sont bien souvent associées à d'autres formes de dépendance, car en effet, il y a cette volonté de combler le manque affectif ou d'en faire taire la douleur. Et les moyens utilisés pour combler le manque affectif ou faire taire la douleur peuvent être variés, tels que la consommation de drogue, d'alcool. de nourriture, les jeux vidéo, les jeux d'argent, les relations virtuelles, la pornographie, des substituts qui, non seulement, ne comblent pas efficacement le vide, mais en plus sont destructeurs. Dès qu'une personne témoigne de l'attention à ce même adulte, il va y être très sensible et réactif. Il va vouloir en recevoir plus, comme je le disais, au risque de foncer tête baissée dans une relation amoureuse qui ne lui correspond pas. Quand nous avons faim depuis trop longtemps, nous sommes prêts à manger la première chose qui peut apaiser cette faim, n'est-ce pas ? Même si ce n'est qu'éphémère et pas très bon pour notre santé. Sur le plan émotionnel, le traumatisme complexe a les mêmes conséquences. La faim relationnelle, la faim affective, pousse à s'ouvrir très vite, trop vite, à une relation de couple sans prêter attention aux signes de toxicité présents dans les comportements, les interactions partagées. Vous êtes-il déjà arrivé de vous dire « une petite forme d'attention, d'affection, après tout, c'est mieux que rien » ? Sauf que le prix que vous payez en retour est bien trop élevé. Le prix de votre identité, le prix de vos valeurs, de votre santé mentale, de votre santé physique, de votre santé spirituelle, le prix de votre estime personnelle. Le sentiment de solitude ressentie peut devenir si insupportable que des décisions sont prises, effectivement, dans le but de fuir la douleur intérieure et de ne plus la ressentir. Je peux entendre et comprendre que ce sentiment soit vraiment, vraiment... difficilement supportables. Le hic, c'est que ce sont des décisions regrettées par la suite, car elles sont prises à partir d'une fatigue émotionnelle, d'une perte d'espoir, de partager une relation heureuse, épanouissante. Comme évoqué dans les épisodes précédents, l'enfant vivant dans un environnement relationnel propice au traumatisme complexe peut involontairement développer un seuil de tolérance élevé aux comportements irrespectueux, abusifs et aux négligences. Une fois adulte, son désir d'être en relation et sa peur d'être seul sont telles qu'il va se retrouver comme enfermé dans une relation destructrice, qu'il n'arrive pas à quitter parce qu'il y a cette forme de dépendance finalement qui s'est installée, même si la relation en elle-même est toxique. Vous avez l'impression de ne pas avoir le choix et d'être comme coincé. D'un côté, rester dans la relation c'est douloureux, et de l'autre, envisager la séparation c'est douloureux. En plus, pensez à la séparation réactive des angoisses. Des blessures traumatiques, des problématiques liées au deuil, à tel point qu'envisager de mettre fin à la relation n'est plus une option. Et bien que ce soit douloureux d'y rester, la relation devient le choix par défaut. Comme je le disais il y a quelques instants, il y a cette impression de ne pas avoir le choix et d'être comme coincé. Et bien, permettez-moi de vous dire qu'il y a malgré tout une issue. Par contre, elle nécessite de surmonter cette peur d'être seul. Vous vous demandez comment y arriver ? Ça tombe bien, c'est justement le point que j'allais aborder. Que faire pour surmonter cette peur d'être seul et accepter de vous retrouver avec vous-même ? La principale clé qui va être déclinée en plusieurs axes consiste à ramener de la stabilité intérieure et donc de la sécurité. Avant tout, ramener de la stabilité intérieure commence par apprendre à vous réguler émotionnellement. nerveusement parlant lorsque la dysrégulation vous surprend. Il y a différentes techniques d'ancrage pour vous aider à vous réguler. Vous pouvez par exemple utiliser vos canaux sensoriels préférentiels ou faire une activité qui vous aide à libérer vos émotions par exemple. Plusieurs outils vous sont proposés dans une vidéo de ma box à ressources. Je vous glisse le lien en description de l'épisode. Ensuite, dans ce même objectif de ramener de la stabilité intérieure et donc de la sécurité affective, il sera question d'apprendre à vous connaître sur le plan affectif. Quels sont vos langages de l'amour ? Quelles sont concrètement les ressources dont vous disposez pour les combler de manière saine ? Par exemple, l'un de mes langages de l'amour se trouve dans les moments de qualité. C'est un besoin que je peux combler avec les membres de ma famille, avec les amis, mais aussi seul. J'apprécie de me faire des moments où je me fais plaisir, je prête attention uniquement à mes besoins. Je vis à mon rythme, je fais preuve de bienveillance envers moi. Et ça peut sembler bizarre dit comme ça, pourtant c'est une démarche qui permet de continuer à combler nos besoins lorsque personne n'est disponible pour passer un temps avec nous et de bien le vivre finalement. Parce qu'il n'y a pas cette place, cet espace pour le manque. Il est comblé différemment. Vous ne dépendez pas du fait qu'une personne vienne répondre à vos besoins affectifs. Vous choisissez les manières de les combler en fonction de ce que vous avez. Il y a moins de frustration, voire même pas de frustration, car il n'y a pas d'attente projetée sur vos relations. Et de vous à moi, Sachez que ce mode de fonctionnement fait énormément de bien à la relation de couple. Le conjoint ne ressent pas de pression quant à vos besoins, quant à vos attentes. Dans la mesure où vous savez comment partiellement les combler, vous n'êtes pas totalement en manque. Et donc, il apportera son langage, ses langages de l'amour, quand il le peut, comme il le peut, et c'est ok. Je dis partiellement car nous sommes des êtres faits pour être en relation. Donc, nos besoins affectifs ne peuvent pas totalement. être comblés par nous-mêmes. Nous ne sommes pas autosuffisants. Un autre axe intéressant pour ramener de la sécurité intérieure et surmonter la peur d'être seul, c'est d'identifier ce que vous voulez fuir en évitant de vous retrouver face à vous-même. Ce n'est pas uniquement fuir le ressenti désagréable de la solitude. Et sur ce point d'identification des éléments de fuite, entre guillemets, l'aide d'un ou d'une professionnelle pourrait vous être utile. Essayez-vous de fuir des pensées négatives envers vous-même, cette autocritique dure et exigeante qui ne parle que de vos défauts ou de ce que vous faites mal selon vous ? Ou essayez-vous de fuir la douleur de blessures de rejet, de blessures d'abandon, de trahison, d'humiliation, d'injustice et des souvenirs qui y sont rattachés ? Ces blessures nécessitent des soins particuliers. La relation patient-thérapeute est un lieu sûr où vous pourrez non seulement apprendre à prendre soin de vous, Et aussi apprendre à relationner de manière saine, sans peur d'être jugé ni rejeté. C'est vraiment le bénéfice de cette relation patient-thérapeute. Pour en avoir fait l'expérience durant plusieurs années, quand je vois les fruits qui en sont sortis, je vous assure que si c'était à refaire, je le referais. Ce temps de restauration en thérapie vous amènera à un quatrième axe qui est d'apprendre à tisser différemment des relations. Oui, quand on a souffert au sein des relations, ça fait peur de prendre à nouveau le risque de sourire à quelqu'un, d'aimer. Il y a le risque de faire des erreurs, le risque de blesser, d'être blessé. Et il y a aussi la possibilité d'être apprécié, d'être aimé, de partager de magnifiques expériences de vie. Et ça, ça en vaut largement la peine. Vous pouvez aussi restaurer des relations amicales, familiales qui se sont... distendu parce que vous aviez besoin de cette distance ? Que dites-vous de vous poser et de voir si les comportements de ces personnes envers vous étaient effectivement à fuir ou si vous avez eu peur de comportements sains ? Pour rappel, le système nerveux peut réagir en mode danger à un comportement parce qu'il est inconnu, inhabituel. Mais ça ne veut pas dire que ce comportement est toxique pour autant. Quand vous êtes habitué à la toxicité relationnelle, votre système nerveux réagira en vous alertant si une personne se comporte sainement. Parce que ce qu'il connaît, c'est la toxicité. Le comportement sain est nouveau, inconnu, donc alertant. C'est pourquoi il est important de prendre le temps dont vous avez besoin pour faire le point sur vos relations, qu'elles soient familiales, amicales, professionnelles, que ce soit des relations de voisinage, ou encore des relations tissées au sein d'activités diverses et variées. Vous verrez que certaines personnes sont bienveillantes et se comportent de manière respectueuse vis-à-vis de vous, voire affectueuse parfois. Vous n'êtes peut-être pas si seul que vous le croyez, au fond. Si diverses personnes apprécient votre compagnie, c'est qu'elle est agréable cette compagnie. Donc, pourquoi la fuir ? Je vous entends déjà me répondre, c'est parce que les gens ne me voient pas telle que je suis vraiment. Allez, de vous à moi. Êtes-vous vraiment si différent, si différente que ça ? Ou êtes-vous juste une personne qui ne va pas oser poser des limites, qui ne va pas oser dire non ? Mais au fond, vous êtes quand même plutôt vous-même. Je vous laisse réfléchir à tout ça. Nous approchons de la fin de cet épisode, et en bonus, j'aimerais vous proposer tout simplement un exercice. Comme précédemment, un support plus développé, spécialement adressé aux abonnés à la newsletter, sera dans l'espace Abonnés. Si vous vous demandez ce qu'est l'espace Abonnés, c'est que vous n'êtes pas encore abonné à la newsletter. Et si vous souhaitez que ce soit le cas, le lien se trouve en description de l'épisode. Alors, j'en reviens à l'exercice en question. Il s'agit de faire une liste de 20 activités que vous pouvez faire lorsque vous avez du temps libre. L'objectif est de vous éviter de tourner en rond quand vous êtes seul à la maison. Il vous suffira de piocher dans la liste. Vous pouvez lister des activités en intérieur, en extérieur, des activités à faire seul et d'autres que vous pourrez faire avec une personne ou plusieurs. On est d'accord que les activités passives telles que vous poser dans un hamac, dormir, vous allonger au soleil dans un parc, vous faire masser, sont tout aussi valables que les activités où vous êtes pleinement en action. Pensez bien aux différentes sphères qui s'offrent à vous. Il y a la sphère sportive, artistique, culinaire, botanique, technologique, esthétique, ecclésiastique, humoristique. Et il n'y a pas que des sphères en hic. Il y a aussi la sphère culturelle associative pour ne citer que quelques exemples. Je vous propose de n'en lister que 20, mais si l'inspiration vous prend et qu'il vous en vient bien plus en tête, allez-y, surtout lâchez-vous, vous n'aurez que plus d'options au moment venu et c'est très bien comme ça. C'est au cours de ces activités, seules et avec les autres, que vous oserez pleinement être vous et que vous apprécierez d'autant plus d'être vous. Or, si vous appréciez d'être vous, Plus besoin d'éviter d'être seul. Vous retrouverez alors le choix de la relation. Vous ne vous sentirez plus obligé d'être en relation pour éviter d'être seul. Plutôt sympa comme perspective, non ? Voilà, ce 93e épisode de Relationnellement Votre est terminé. Si cet épisode vous a parlé ou s'il a pu vous aider, vos j'aime ainsi que vos commentaires sont les bienvenus sur la chaîne YouTube. En pensant à vous abonner en passant, bien sûr. Si vous avez des questions ou un témoignage à partager, vous pouvez nous les communiquer par mail à l'adresse relationnellementvotre.com. Peut-être qu'une personne de votre entourage sera encouragée et aidée à son tour en écoutant ce podcast, donc n'hésitez pas à le partager. Comme annoncé en début d'épisode, il s'agissait là du cinquième et dernier auto-sabotage de la série d'épisodes sur le sujet. On se retrouve dans deux semaines avec un nouvel épisode et donc... une nouvelle série dont vous découvrirez prochainement la thématique. D'ici là, bonne continuation sur le chemin de vos guérisons, relationnellement à vous autres.