Speaker #0Relationnellement Votre, un podcast pour avancer sur le chemin de vos guérisons et améliorer vos relations. Hello, bienvenue sur le 95e épisode de Relationnellement Votre. Nous sommes actuellement dans une série d'épisodes sur les mensonges et autres représentations erronées construites à partir des traumas vécus. Comme évoqué précédemment, les psychotraumatismes affectent notre manière de nous voir, de nous considérer, de fonctionner tant émotionnellement que dans nos relations. Toutes ces conséquences ont pour point commun un système de croyances déformés, assombris par les filtres des expériences douloureuses vécues. Voilà pourquoi je vous ai proposé d'aborder 10 mensonges des traumas sur vos relations. Vous en avez découvert 5 dans l'épisode 94, dans l'épisode précédent. Le premier mensonge levé était « Pour être aimé, vous devez être heureux tout le temps » . Le deuxième mensonge abordé se trouve dans le fait de croire que l'amour des autres se mérite. Le troisième mensonge consiste à croire que si vous aimez vraiment une personne et si elle vous aime vraiment, vous devriez deviner ses besoins sans qu'elle ne les exprime et réciproquement. Le quatrième mensonge cité est « Si j'exprime mes besoins, j'attire la pitié, je quémande et je risque de déranger. Donc autant prendre sur moi. » Et enfin, le cinquième mensonge évoqué dans l'épisode précédent consiste à croire que les relations n'ont pas de limite. Je ne peux pas poser de limite à ce que j'aime, ça ne se fait pas. Si vous voulez savoir comment ramener la vérité et vous libérer de l'impact de ces mensonges dans votre vie, dans vos relations, je vous invite à écouter l'épisode 94. Dans l'épisode d'aujourd'hui, je vais donc aborder les cinq autres mensonges, sachant que la liste n'est pas exhaustive. J'en ai sélectionné dix parce qu'il me semble que ce sont ceux qui sont les plus importants à lever si vous voulez vous libérer de l'emprise de ces mensonges et partager des relations saines. Alors ? Un sixième mensonge est de croire que les personnes saines sont un danger, qu'elles sont ennuyeuses et qu'elles vont vous juger, vous rejeter. Ayant eu involontairement l'habitude de vivre dans l'instabilité, voire le chaos, tout ce qui ressemble de près ou de loin à une routine peut sembler ennuyeux, voire même effrayant. J'ai déjà eu plusieurs patients ou patientes qui m'exprimaient combien ils ne comprenaient pas leur réaction à des comportements normaux, classiques, et je leur expliquais qu'ils ont été... habitué à vivre dans l'adrénaline et le cortisol élevé lié aux situations toxiques et aux relations abusives dans lesquelles il se trouvait. Et donc, lorsqu'il se retrouve dans une situation « normale » , saine, fonctionnelle et non dysfonctionnelle, ça surprend, c'est inconnu, ça fait réagir le système nerveux comme s'il y avait un danger. Il est probable que vous ayez besoin de mouvements, d'intensité, d'adrénaline pour vous sentir bien. Ça, c'est ce que votre système nerveux apeuré par le changement vous fait croire. Un élément incontournable du parcours des guérisons des traumas complexes, c'est la nécessité d'apaiser le système nerveux, de ramener le corps dans une sensation d'apaisement, de repos, et il n'y a rien de mieux que la routine pour cela. Pas une routine ennuyeuse, mais une stabilité. Une personne au comportement sain a des habitudes, c'est ce qui contribue à sa santé, cela ne la rend pas ennuyeuse pour autant, car les habitudes peuvent porter sur des tâches ou des activités enrichissantes, nourrissantes. Et c'est ça le plus important. Votre entourage vous a peut-être laissé entendre que les personnes dont le mode de vie et le mode de fonctionnement sont différents du vôtre vont forcément vous critiquer, vous rabaisser, vous juger négativement. Mais en réalité, une personne au comportement sain est souvent une personne bien installée dans son identité et donc suffisamment en sécurité dans sa vie dans ses relations, pour faire preuve de tolérance, d'ouverture et d'acceptation. Être en relation avec des personnes saines est un excellent moyen d'avancer dans la construction de relations saines, justement. Ça peut sembler dangereux, mais ça ne l'est pas. Au contraire, c'est salvateur. Ce type de relation vous semblera profondément inconfortable au départ. Vous aurez donc besoin d'y aller à votre rythme parce que vos repères seront chamboulés. Et vous aurez aussi besoin d'avancer un pas après l'autre, le temps de vous sentir en sécurité. et c'est totalement ok. L'avantage de la relation saine, c'est que la personne avec qui vous la partagez sera respectueuse de votre temporalité et de vos limites. Si ce n'est pas le cas, c'est que la relation n'est peut-être pas si saine qu'elle en a l'air. Ensuite, un septième mensonge peut-être de croire qu'après tout ce que vous avez vécu, vous pouvez vous contenter du peu d'affection que l'on vous donne, des miettes qui vous sont données dans vos relations. C'est la conclusion d'un enfant devenu adulte qui garde le sentiment de honte de son vécu et de la personne qu'il est devenu. Votre histoire a contribué à faire de vous la personne que vous êtes devenue, mais elle ne vous définit pas pour autant. Ne vous laissez pas enfermer dans une boîte. Maintenant que vous êtes adulte et que vous pouvez prendre vos propres décisions, vous pouvez découvrir la liberté d'être vous. Il y a de la richesse en vous, de l'or dans vos failles. Vous vous souvenez de l'épisode où je vous parlais du kintsugi ? Vous avez autant droit à l'amour que n'importe quel être humain. D'ailleurs, une personne qui vous aime, sincèrement ne voudra pas vous donner des miettes. Vous avez le choix. Quand vous aimez, j'imagine que vous ne donnez pas un tout petit peu d'affection. Certes, on n'attend pas des autres qu'ils nous donnent et qu'ils nous aiment à la hauteur de ce que nous donnons. Toutefois, un investissement réciproque dans la relation fait partie des signes qu'il s'agit bien d'une relation saine. Un huitième mensonge du haut trauma complexe est de croire que si une personne proche de vous n'est pas heureuse, c'est forcément que vous avez fait quelque chose qu'il ne fallait pas. Les discours très culpabilisants tels que « c'est à cause de toi que je me suis emportée » , « c'est toi qui m'as mis en colère » , « c'est parce que tu me laisses seule que je ne suis pas bien » , « si tu restais avec moi, je n'aurais pas peur » . Le fait qu'un adulte n'assume pas la responsabilité de la régulation de ses émotions amène l'enfant à intérioriser que c'est de sa responsabilité de le rendre heureux. J'en ai parlé plusieurs fois dans l'épisode 91 d'ailleurs. J'aimerais juste rajouter un point à ce sujet, c'est qu'il s'agit d'un mode de fonctionnement par défaut. La culpabilité traumatique est votre première réaction. Vous allez croire que c'est de votre responsabilité, voire que c'est de votre faute, si une personne à votre contact ne va pas bien. Alors que ce n'est pas du tout le cas. Il sera donc nécessaire de faire preuve de patience et d'autocompassion dans votre parcours de guérison pour chasser les mensonges qui se sont installés et vous libérer de cette forme de culpabilité. Seule la personne elle-même a la capacité de changer son humeur, de basculer d'une émotion à une autre, si elle le souhaite, quand elle le souhaite. Votre comportement peut effectivement contribuer à déclencher ou à apaisé, une émotion, mais uniquement parce que la personne concernée accepte que ce soit le cas. Là aussi, je vous propose l'épisode 77 pour vous aider. L'épisode qui parle de la culpabilité traumatique, si vous souhaitez aller plus loin. Quand je fais des renvois vers différents épisodes, sachez que vous pouvez récupérer les liens en description de l'épisode. Ensuite, un neuvième et avant-dernier mensonge concernant les relations consiste à croire Si une personne me pose une limite, c'est qu'elle me rejette. Il est important de préciser que ce raisonnement émerge du centre des émotions, autrement appelé le système limbique. Le cheminement suivant se produit. Si quelqu'un me pose une limite, en me disant qu'il ne peut pas me voir pour le moment, ça me fait mal, ça me renvoie à un sentiment de rejet. Comme je me sens rejetée, le cerveau émotionnel associe la situation au rejet. Mais il se pourrait tout à fait que la situation ne soit pas du rejet. Ce n'est pas parce que je me sens rejetée que la personne m'a rejetée. La personne en question n'est pas disponible, c'est une raison légitime pour ne pas me voir pour le moment, et ce n'est pas parce que je me sens rejetée que c'est véritablement du rejet. Et cela peut même aller plus loin dans le cas du trauma complexe. Ce qui se passe bien souvent, c'est que le comportement de l'enfant devient l'équivalent de qui il est. Vous faites une mauvaise chose, vous êtes mauvais. Vous faites une erreur, vous êtes un échec, ainsi de suite. Ce qui se produit aujourd'hui, c'est, tu me fixes une limite, tu rejettes peut-être un comportement, mais par conséquent, tu me rejettes. Et vous continuez à associer les deux dans votre raisonnement et constamment associer le faire et l'être, le comportement, les paroles et l'identité. Il est important de réaliser combien la distinction entre les deux est nécessaire. Une personne qui vous pose une limite par rapport à un comportement qui ne lui a pas plu, qui l'a blessé, qui l'a dérangé, elle ne vous rejette pas. Elle va vous demander de changer de comportement parce que cela la dérange, la blesse ou cela endommage la relation. Mais il s'agit bien du comportement, pas de toute votre personne. Gardons bien en tête que si des personnes proches de nous posent une limite et que cela vient d'une relation qui est un lieu sûr, alors la démarche est faite dans l'amour. Ils ne le font pas pour nous rejeter cruellement, ils le font parce qu'ils veulent une relation saine avec nous. Et tout cela, c'est motivé. par l'amour. Un dixième et dernier mensonge, c'est « je devrais constamment me sentir aimé, donc, si je suis dans une relation intime avec quelqu'un, je dois constamment me sentir amoureux de cette personne » . Ce raisonnement prend aussi naissance dans le cerveau des émotions, le système limbique. Notre culture a en quelque sorte acheté l'idée selon laquelle l'amour est un sentiment qui réchauffe le cœur. Un sentiment que je ressens constamment à chaque fois que je te vois, que je passe du temps avec toi, je dois sentir la chaleur de ce sentiment. Et ce raisonnement est loin d'être le reflet de la réalité. Replaçons-nous dans le contexte. Un bébé, un jeune enfant, fonctionne essentiellement avec son système limbique, son cerveau émotionnel, car son cortex n'est pas encore développé, n'est pas encore mature. Donc, il a besoin de ressentir l'amour. C'est son expérience initiale de l'amour. Il se sent aimé, il se sent validé, il ressent la chaleur de ce sentiment parce que c'est ainsi que ses besoins sont comblés. Il est pris dans les bras, serré contre soi, cajolé, consolé, câliné. Donc, toutes ces choses l'amènent à avoir le sentiment d'être aimé. Ce qui se produit ensuite, alors que l'enfant grandit et se développe, c'est qu'il commence à intérioriser cela et à se dire « je sais » . que je suis aimée parce que mes besoins sont constamment comblés. J'ai toujours un câlin quand je suis triste, j'ai toujours mes parents connectés à moi et présents pour moi, donc je sais que je suis aimée. C'est un fait. Maintenant, je peux m'éloigner de mes parents pendant quelques jours, je n'ai pas ce sentiment qui me réchauffe, mais je sais que je suis toujours aimée. On comprend donc que l'amour part d'un sentiment, puis au fur et à mesure qu'il est soutenu par des faits, des comportements constants qui comblent les besoins de l'enfant et le protègent, des comportements qui vont servir de preuve finalement, et bien l'enfant, puis l'adolescent et enfin l'adulte intériorisent cet amour et n'a plus besoin de l'émotion parce qu'il sait au plus profond de son âme qu'il a aimé et que ses proches sont là pour lui. Donc l'amour passe d'une expérience émotionnelle à un vécu intériorisé basée sur les actes de l'autre personne. Une personne qui a vécu un trauma complexe peut entrer dans une relation, mais avoir un cerveau qui fonctionne essentiellement dans le centre des émotions au lieu du cortex. Cette personne pense qu'elle a besoin de ressentir ses sentiments chaleureux tout le temps et elle tombe amoureuse de l'amour et de tout ce qui y ressemble. C'est ainsi qu'on réalise que c'est une manière d'aimer qui est comme celle d'un enfant. Il est nécessaire de pouvoir partager des relations dans lesquelles vous expérimentez cet amour sain, qui commence par des paroles, qui est associé à des actes, qui vont donner naissance à la conviction d'être aimé, qui pourra alors être intériorisée. Les sentiments vont et viennent. Donc en ayant cette conviction, vous ne serez plus dépendant des sentiments, parce que vous savez les faits, vous savez que vous êtes aimé. Nous approchons de la fin de cet épisode et en bonus, j'aimerais vous partager tout simplement un rappel. Si une personne vous exprime qu'elle ne souhaite pas poursuivre la relation avec vous, qu'il s'agisse d'une relation amoureuse ou amicale, rappelez-vous que tout ne dépend pas de vous. Une relation est une interaction entre au moins deux personnes. Donc, il y a interaction entre deux cultures, deux systèmes de valeurs, deux modes de fonctionnement, divers systèmes de croyances, etc. La fin d'une relation signifie que ça ne fonctionne pas pour l'un d'entre nous, voire les deux. Il est donc vraiment question du « nous » . Lorsque la culpabilité vient vous dire que si vous étiez plus comme si, moins comme ça, la relation aurait pu fonctionner, permettez-moi de vous demander qu'en est-il de l'autre côté ? Parce qu'au final, j'ai besoin de me sentir bien avec vous pour que la relation fonctionne, et réciproquement. Il faut que nos choix matchent, que nos affinités matchent, que nos valeurs matchent. Si ça ne correspond pas, ce n'est pas de ma faute, ce n'est pas de votre faute. C'est simplement que ça ne fonctionne pas pour des raisons qui sont propres à qui chacun de nous est. et à nos choix de relation, à nos choix de vie. Donc la personne qui met fin à la relation prend une décision, fait un choix qui peut être plus ou moins facile à accepter pour nous. Mais ça ne veut pas dire pour autant que c'est de votre faute ou de ma faute. Il y a une part de responsabilité partagée et donc pas de culpabilité à porter, mais un choix à assumer ou à accepter. Donc oui, la remise en question a du bon quand il s'agit de faire évoluer nos manières de faire. Par contre, si vous envisagez de changer votre manière d'être sur la base d'un point de vue, le point de vue d'une personne avec laquelle vous avez partagé une relation, permettez-moi de tirer la sonnette d'alarme. Parfois, il est nécessaire d'accepter que toutes les relations ne sont pas faites pour exister. Donc, inutile de les forcer. Que dites-vous d'investir votre énergie dans des relations où vous pouvez être vous-même ? Après tout, guérir, c'est aussi pouvoir librement être soi en l'assumant, n'est-ce pas ? Voilà, ce 95e épisode de Relationnellement Votre est terminé. J'espère que cet épisode vous aura été utile. Si vous avez des questions, des commentaires, des suggestions, vous pouvez les partager directement sur la chaîne YouTube ou les envoyer par mail à l'adresse relationnellementvotre.com Rendez-vous dans deux semaines pour un nouvel épisode sur les mensonges générés par les traumas complexes. Et d'ici là, bonne continuation sur le chemin de vos guérisons. relationnellement vôtre.