Speaker #0« Relationnellement Vôtre » , un podcast pour avancer sur le chemin de vos guérisons et améliorer vos relations. Hello, bienvenue sur ce 97e épisode de « Relationnellement Vôtre » . Moi c'est Kelly, je suis psychologue, et si vous écoutez le podcast pour la première fois, en résumé, il s'agit d'un combo d'informations, d'explications et de clés en tout genre pour vous accompagner sur le chemin de vos guérisons et améliorer vos relations. Nous sommes actuellement dans une série d'épisodes sur les représentations erronées, les croyances limitantes qui se glissent insidieusement dans votre tête, alors que vous cheminez justement. Et je vous partage plus précisément un éclairage différent, afin de vous libérer des fausses idées, des idées reçues, concernant la guérison des psychotraumatismes. Certes, le trauma est dit complexe, mais cela ne signifie pas qu'il s'agit d'une fatalité en soi. Les blessures se soignent. Certaines d'entre elles demandent plus de temps. Et plus de soins que d'autres, c'est sûr. Toutefois, le plus important, c'est de pouvoir les soigner, n'est-ce pas ? Dans l'épisode précédent, vous avez pu découvrir les réajustements proposés concernant les sept croyances limitantes suivantes. La première fausse croyance au sujet de la guérison des traumas était « Ma situation est désespérée, ma vie est bousillée, je ne peux tout simplement pas m'en sortir. » Une deuxième fausse croyance se trouvait dans l'extrême opposé en croyant qu'il existe c'était une solution miracle qui vous guérirait instantanément sans douleur ni effort. La troisième représentation erronée évoquée dans l'épisode précédent se trouve dans le fait de croire que la guérison est possible sans avoir à revivre de moments douloureux ni de flashbacks ou sans avoir à faire face à des émotions désagréables. La quatrième fausse croyance évoquée se trouve dans l'idée « si je me soigne pendant quelques semaines, voire quelques mois, ensuite je serai guéri » . La cinquième représentation erronée abordée dans l'épisode précédent et de croire « je vais devoir gérer ces problèmes pour le reste de ma vie, alors à quoi bon me donner la peine de faire ce travail sur moi ? » La sixième fausse croyance ou croyance erronée abordée précédemment est que seules les personnes faibles ont besoin d'une thérapie. Et enfin, la septième croyance erronée abordée était de croire que la guérison est linéaire, que c'est une ligne droite ascendante. Si vous voulez en savoir plus sur les manières de vous libérer de cette représentation erronée que je viens d'évoquer, Vous pouvez écouter l'épisode 96. Le lien se trouve en description de l'épisode actuel. Passons maintenant à cinq autres idées reçues concernant la guérison des traumatismes complexes. Une huitième fausse croyance est « Si je fais tout correctement, j'arriverai à un point où je n'aurai plus de difficultés. » Cette croyance conduit aux conclusions du type « J'ai mal géré une situation, ce que je mets en place pour soigner les traumas ne fonctionne pas. » Ou encore « Je ne me sens pas bien, ça signifie que je ne suis pas guéri. » Soigner les traumas signifie vous libérer progressivement de leurs effets multiples dans votre vie. Cela n'implique donc pas de faire de vous une personne parfaite, qui réagit toujours bien, sur laquelle tout glisse. Nous restons les êtres humains avec ce que cela implique comme mouvement émotionnel. C'est l'intensité des émotions ressenties et les manières de les réguler qui vont être différentes au fur et à mesure que vous avancez sur le chemin des guérisons. Le travail sur vous-même aide à mettre des mots sur vos déclencheurs, donc vous serez plus à même de comprendre ce qui se passe. en vous. Ensuite, le processus de guérison permet de verbaliser des souffrances, d'exprimer les émotions qui n'avaient pas pu l'être, donc vous percevrez progressivement une évolution dans l'intensité de vos ressentis et dans vos réactions, dans vos réponses aux situations. Comme abordé dans l'épisode précédent, l'évolution n'est pas linéaire. Donc, vous pouvez être confronté à une situation compliquée à gérer émotionnellement. D'ailleurs, de vous à moi, même une personne n'ayant pas particulièrement de trauma complexe peut se retrouver dans un tel cas. Dans le processus de guérison, l'objectif est de vous autoriser à être, à ressentir, à vouloir, à refuser et surtout à pouvoir vous exprimer. Cela ne sortira pas toujours comme vous le voudriez, c'est sûr. Et vous avez des alternatives pour rattraper le coup. C'est l'art de la communication et des relations. Une neuvième idée reçue concernant la guérison des psychotraumatismes, c'est « Les échecs répétés signifient que je n'avance pas, voire que je suis revenue à la case départ. » C'est quelque chose que j'entends assez souvent dans les consultations, ce sentiment de ne pas avancer ou d'être revenu à la case départ. Tout d'abord, nous avons tous une définition, on va dire, assez subjective de ce qu'est l'échec en fonction de notre parcours de vie. Le dictionnaire, le Robert, donne la définition suivante. L'échec, c'est ne pas réussir ou ne pas obtenir quelque chose. Personnellement, je dirais que l'échec est une expérience tentée ou vécue dont le résultat est à l'opposé des attentes émises. Le sentiment d'échec est lié aux attentes que nous avons ou celles de notre entourage. Dans le cas du trauma complexe, compte tenu de toute la honte et la culpabilité traumatique, le sentiment d'échec va bien souvent au-delà des actes. il devient une identité. Vous pouvez alors penser que vous êtes un échec. Il y a donc un système de croyance qui alimente le sentiment d'échec. Maintenant, si vous voyez le processus des guérisons comme un cheminement sans itinéraire précis, une marche sur le chemin de la vie avec ce qu'elle peut réserver d'agréable comme de douloureux malheureusement, vous pourrez alors envisager que si une expérience ne se solde pas comme vous le pensiez, il est nécessaire de comprendre ce qui a amené ce résultat afin de... de pouvoir essayer une autre approche, envisagez de vous y prendre différemment dans ce type de situation. En d'autres termes, il y a plusieurs facteurs à prendre en compte dans la manière dont un échange, des émotions, des comportements évoluent dans une situation. Non, vous n'êtes pas un échec. Les événements de la vie ne suivent pas forcément nos attentes, les relations encore moins, et c'est important de l'accepter. Vous empruntez divers itinéraires. Vous prenez ce qu'il y a à prendre. ce qu'il y a à apprendre et aussi ce qu'il y a à comprendre à chaque étape. Vous ne revenez en aucun cas à la case départ car vous êtes quotidiennement enrichi de ce que vous vivez dans la journée, qu'il s'agisse de réussite ou d'échec à vos yeux. Comme le disait très bien Nelson Mandela, je ne perds jamais, soit je gagne, soit j'apprends. Une dixième idée reçue est associée à la précédente. Si j'échoue, la meilleure façon de me remettre sur les rails est d'être dur avec moi-même. Si nous partons du postulat que l'échec est une expérience dont nous tirons des leçons, dans le cas du trauma complexe, l'une des premières leçons sera justement de réaliser que plus vous êtes dur envers vous-même, plus vous vous replongez dans le stress chronique et donc dans le mode survie dont vous cherchez justement à sortir pour guérir. La meilleure façon d'avancer suite à une expérience désagréable, c'est de vous poser afin de comprendre d'une part ce qui s'est passé, ce qui a causé cette situation, sont les différentes possibilités qui s'offrent à vous si vous voulez obtenir un résultat différent. Si vous voulez un résultat différent, il est nécessaire de modifier au moins un paramètre à la situation. Par exemple, vous vous rendez compte qu'à chaque fois qu'un de vos proches vous demande votre avis, au final il n'en tient pas compte et ça vous met dans une colère noire au point de vous réfugier dans la nourriture. Vous vous culpabilisez énormément ensuite à chaque fois que ça se produit. Vous avez l'impression de ne pas avancer, vous essayez de lui dire que ça vous dérange mais vous avez trop peur de sa réaction. Être plus dur avec vous-même en vous traitant d'abruti ou en vous restreignant sur le plan alimentaire ou encore en vous punissant avec une séance de sport, est-ce vraiment la solution ? Dans ce cas, il est important d'aller voir du côté des blocages, du côté de la peur de la réaction de l'autre, des difficultés à exprimer vos besoins, à poser des limites pour vous faire respecter. Ensuite, vous choisissez un élément que vous vous sentez prêt, prête à faire évoluer. Et vous vous fixez cet objectif. Là, votre démarche est constructive et elle sera productive. Être plus dur avec vous-même est contre-productif, car le problème de fond n'est pas un problème de discipline en soi. Apprendre l'autocompassion sera votre meilleur allié. D'ailleurs, je vais vous partager une ou deux astuces en fin d'épisode, en bonus, pour vous aider à développer la compassion envers vous-même. Une onzième fausse croyance concernant la guérison des traumas complexes est Merci. Si je réussis mon rétablissement, mon partenaire de vie, les membres de ma famille voudront changer, eux aussi. Si la relation avec vos parents, vos frères et sœurs ou encore votre conjoint a été à l'origine des traumas complexes dont vous souffrez, il est fort probable qu'ils aient tendance à penser que vous avez des soucis, que vous êtes le problème, que vous avez besoin de vous faire soigner, mais pas eux. Cela ne veut en aucun cas dire qu'ils ont raison, on est d'accord là-dessus. Ce qui se passe, c'est qu'ils ont une part de responsabilité qu'ils refusent d'assumer. Et votre évolution ne garantit pas qu'ils se remettent en question à un moment donné. Il peut y avoir d'agréables surprises et il arrive effectivement qu'un partenaire de vie, qu'un ou plusieurs membres de votre famille, soient positivement influencés par les changements opérés en vous. Cela nécessite qu'ils ouvrent les yeux sur leur propre trauma et ça, ce n'est pas à vous de les y confronter. Vous pouvez éventuellement expliquer en quoi ils ont joué un rôle dans les traumas que vous avez vécu, en ayant en tête qu'ils sont libres d'avoir leur version des faits et de refuser leur part de responsabilité. Si vous faites la démarche de soigner des traumas, c'est pour vous, pour avancer dans votre vie, vous y épanouir en retrouvant du sens à celle-ci, quel que soit l'impact de votre cheminement sur votre entourage. Avoir pour attente que vos proches eux aussi se lancent dans un cheminement dans leur guérison, peut vous amener à une grande déception et vous empêcher de célébrer les victoires que vous avez remportées sur le chemin de vos guérisons. Ce serait vraiment dommage, vous ne croyez pas ? Chacun est libre d'envisager de soigner ses traumas ou de refuser de le faire. La guérison des vôtres n'a pas pour mission de convaincre les autres d'en faire autant. L'objectif de ces guérisons est personnel et il y a certainement d'autres personnes de votre entourage, des relations saines avec lesquelles vous pourrez célébrer vos progrès. Une douzième fausse croyance concernant la guérison des traumas complexes consiste à croire « Si je demande de l'aide aux autres, ils me verront comme un fardeau, comme une source d'ennui. Ils finiront pour en avoir assez de moi et ils m'en voudront. Alors il vaut mieux que je me débrouille seule. » Les traumas complexes précoces ont malheureusement pour conséquence de développer une peur de déranger. L'enfant, chargé d'une responsabilité qui ne lui revient pas, devient porteur de mots, M-A-U-X, de la famille. C'est de ta faute, si, et vous mettez ce que vous voulez derrière. Si tu étais plus comme si, moins comme ça, ça aiderait. Si tu pouvais éviter de te faire remarquer, ça nous ferait des vacances. L'enfant se croit source d'ennuis pour ses parents. Il a l'impression qu'exister et avoir des besoins à combler, C'est contraignant pour ses proches qui lui font ressentir que prendre soin de lui, franchement c'est fatigant, c'est des dépenses supplémentaires, etc. Il n'est pas question d'amour dans ce cas, mais d'obligation dans la relation. Tout cela amène l'enfant à la conclusion qu'il doit se débrouiller seul et être le moins pesant possible pour son entourage. Une fois adulte, on retrouve une tendance à s'excuser d'exister, s'excuser d'être là, de prendre de la place. Alors si, en plus, je ne vais pas bien, je ne dois pas le montrer ni le dire, sinon les gens vont me fuir, me rejeter. Bon, le tableau est plus que dressé, vous comprenez où je veux en venir et vous voyez les mécanismes qui se jouent. Mais comment en sortir ? Tout d'abord en goûtant à ne serait-ce qu'une relation saine. Une relation dans laquelle votre ami, votre partenaire de vie, ce membre de votre famille vous fait vous sentir aimé. vraiment aimer. Vous allez alors apprendre l'importance de la réciprocité dans la relation et apprendre que vous pouvez être accepté quelle que soit la météo dans votre cœur. Il est nécessaire que vous appreniez ce qu'est une relation où on écoute et où on est écouté. Une relation où on donne et où on reçoit. Une relation où on est là l'un pour l'autre, dans les hauts comme dans les bas. Et il n'y a que l'expérience vécue qui pourra vous libérer de cette croyance erronée dans certains cas. Il peut arriver que certaines personnes ne supportent pas d'être confrontées à la souffrance de l'autre, au mal-être que leurs relations peuvent exprimer pour des raisons qui leur sont propres. Je ne suis pas là pour juger. En tout cas, on dit non à la culpabilité. Vous n'avez pas à vous ajuster à ce type de relation. Ça ne va faire que vous maintenir dans les traumas. Que dites-vous de penser à votre santé globale et à votre épanouissement ? Ce ne sont pas des personnes avec lesquelles vous voulez construire des relations, parce que malheureusement, elles ne pourront pas être réciproques, et la réciprocité est un pilier fondamental des relations saines. Vous recherchez désormais des relations profondes et réciproques. Nous sommes faits pour vivre en relation, mais pas avec n'importe quelle relation. Nous avons le choix. Vous avez le choix. Bon, eh bien, nous approchons de la fin de cet épisode. Et en bonus, comme promis, j'aimerais vous partager deux astuces pour vous aider à développer l'autocompassion. Faire preuve de compassion envers soi est compliqué lorsqu'on a évolué et grandi dans un environnement où nous n'avons pas appris à tenir compte de nous-mêmes et où l'entourage ne se montrait pas spécialement empathique. Et cela ne veut pas dire pour autant que vous n'y avez pas accès, que vous n'y avez pas droit. Vous y avez complètement droit. Pour vous aider, la première astuce... c'est de penser à l'attitude et aux mots que vous auriez envers votre meilleur ami s'il ou elle avait vécu les mêmes traumas que vous. Vous avez droit à autant de compassion que vous en donneriez aux autres, car quoi que vous ayez vécu, vous ne valez pas moins qu'un autre être humain. Alors si votre meilleur ami était en plein parcours de guérison des traumas complexes dont il souffre ou elle souffre, seriez-vous dans le jugement, le rejet, la violence dans vos propos ? La dévalorisation ? Ou adopteriez-vous une attitude d'écoute, d'empathie, de bienveillance, de compréhension ? La deuxième astuce, c'est de répondre à la question suivante. Comment votre compassion envers cet ami prendrait-elle concrètement forme ? Est-ce que vous passeriez du temps avec lui, avec elle, pour lui changer les idées ? Est-ce que vous feriez preuve de douceur dans vos réactions envers les siennes ? Est-ce que... Vous chercheriez à comprendre ces ressentis, ces déclencheurs, au lieu de le juger ou de la juger ? Peut-être que vous proposeriez de l'aider en tenant compte de ses besoins. Voilà, vous pouvez désormais tenter d'en faire autant envers vous-même. Et ce que je vous propose, ce serait de noter vos trois règles d'or de l'autocompassion. Et vous pouvez même le faire en mode Yoda, si ça peut vous faire plaisir. Sur mon parcours de guérison, de douceur envers moi, je ferai preuve. La compréhension de mes réactions sans jugement, je chercherai. Identifier mes besoins, je ferai. Ça peut être sympa comme démarche pour vous familiariser avec cette autocompassion. Voilà, ce 97e épisode de Relationnellement Votre est terminé. Si cet épisode vous a parlé ou s'il a pu vous aider, vos j'aime ainsi que vos commentaires sont les bienvenus. Pensez bien à vous abonner à la chaîne YouTube en passant si ce n'est pas encore le cas. Vos témoignages, tout comme vos questions, sont aussi des bienvenus. Vous pouvez les communiquer par mail à l'adresse relationnellementvotre.com Eh bien, on se retrouve dans deux semaines avec la suite des fausses croyances concernant la guérison des traumas complexes, le troisième et dernier épisode de la série sur ce sujet. En tout cas, merci beaucoup pour votre écoute, vos retours et votre soutien. C'est hyper encourageant. Surtout, de votre côté, soyez aussi encouragés. Vous ne lâchez rien. Allez, bonne continuation à vous sur le chemin de vos guérisons, relationnellement vôtre.